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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 21:39

On ne parle plus d’Edward Snowden. Comme toujours, dans l’actualité, on est occupé par autre chose. C’est une méthode pour ne pas approfondir les faits et les idées.

 

L’hebdomadaire de gauche new-yorkais The Nation a publié dans sa livraison du 28 octobre une interview de Snowden faite à Moscou le 6 octobre dernier. Le site « Mémoire des luttes » l’a traduite et l’a publiée en trois parties. Le site « Le Grand Soir » bien connu de nos lecteurs l’a republié en entier.

 

Dans la première partie, le « lanceur d’alerte » parle de lui-même, ce qui nous permet de mieux le connaître, et aussi de son combat. Il part d’un constat : « Les révélations sur la surveillance de masse ont indiqué que nos droits sont en train d’être redéfinis en secret » Il plaide pour la désobéissance civile comme moyen de résistance (nous aurons l’occasion d’en reparler).

 

Dans la deuxième partie, Snowden évoque la reconquête d’Internet par les citoyens en brisant son monopole.

 

Enfin, en troisième partie, il plaide pour une Magna Charta mondiale des droits numériques. On remarque ainsi que l’ancien employé de la NSA va bien plus loin dans sa démarche que la dénonciation aux risques de sa vie et de sa liberté du système d’espionnage orwellien de la NSA.

 

Il réfléchit à un autre système d’échanges d’informations entre tous. C’est-à-dire à une vraie démocratie : le pouvoir des peuples sur l’information. Et chacun sait que l’information, c’est 75 % du pouvoir.

 

Pierre Verhas

Edward Snowden réfugié à Moscou est toujours traqué par les autorités US qui en font un exilé forcé puisqu'elles lui ont confisqué son passeport.

Edward Snowden réfugié à Moscou est toujours traqué par les autorités US qui en font un exilé forcé puisqu'elles lui ont confisqué son passeport.

« Les révélations sur la surveillance de masse ont indiqué que nos droits sont en train d’être redéfinis en secret » (The Nation)

 

Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen 29 octobre 2014 Entretien avec Edward Snowden

 

Le 28 octobre 2014, l’hebdomadaire américain The Nation a publié un grand entretien réalisé avec le lanceur d’alerte Edward Snowden [1].

 

Mémoire des luttes propose une version exclusive de ce document en français. Leur rédaction a enrichi le texte, présenté dans sa quasi-intégralité, de plusieurs notes. L’ensemble est publié en trois parties sur leur site.

 

Lundi 6 octobre 2014, les journalistes Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen se sont entretenus à Moscou, pendant près de quatre heures, avec l’ancien consultant des services secrets. Dans cet échange, Edward Snowden évoque sa situation et ses rapports avec les autorités russes. Il rappelle que ce sont les Etats-Unis qui l’empêchent de sortir de son « exil ». L’ancien employé de la CIA et de la NSA (Agence nationale de sécurité) aborde plusieurs sujets centraux : est-il possible de renforcer le contrôle démocratique des actions des gouvernements et des entreprises sur Internet ? Si oui, de quelle manière ? Pourquoi est-il nécessaire de s’engager pour de nouvelles formes de « désobéissance civile » et de se battre pour défendre nos droits fondamentaux ? Faut-il saluer les initiatives des pays qui prônent le renforcement de leur souveraineté digitale ? De quelle manière Internet recompose-t-il les relations sociales et les pratiques politiques au niveau planétaire ? Pourquoi faut-il élaborer une Magna Carta (Grande Charte des libertés) pour Internet ? Quels seraient les contours de nos nouveaux « droits numériques » ?

 

Enfin, Edward Snowden expose pourquoi, selon lui, l’organisation de la production mondiale et la robotisation progressive des économies imposent la mise en place d’un revenu garanti pour tous.

 

PARTIE 1 - De la nécessaire désobéissance civile

 

The Nation : Nous sommes très heureux d’être ici avec vous. Nous venons souvent à Moscou pour notre travail et pour voir de vieux amis, mais, de votre côté, vous n’avez pas choisi de venir vivre en Russie. Arrivez-vous à travailler ici, à sortir et à rencontrer des gens ? Ou vous sentez-vous enfermé et vous ennuyez-vous ?

 

Edward Snowden (ES) : Je suis plutôt casanier, parce que je suis accro à l’ordinateur et je l’ai toujours été. Je ne sors pas ou je ne joue pas au football ou ce genre de choses — ce n’est pas mon truc. Je veux réfléchir, je veux construire, je veux parler, je veux créer. Aussi, depuis que je suis ici, ma vie est entièrement prise par mon travail, ce qui me satisfait pleinement.

 

The Nation : Avez-vous tout ce qu’il faut pour continuer à travailler ?

 

ES : Oui [mais n’oubliez pas que] je suis en exil. Mon gouvernement m’a confisqué mon passeport intentionnellement pour que je reste en exil. S’il voulait réellement me capturer, il me permettrait de voyager en Amérique latine parce que là-bas, la CIA peut opérer impunément. Ce n’est pas ce que voulait mon gouvernement : il a choisi de m’obliger à rester en Russie.

 

The Nation : Nous voyons que vous êtes une personne qui n’accordez pas une grande importance à la vie sociale, mais avez-vous quelques contacts et amis ici à Moscou ?

 

ES : Oui. Disons, assez pour satisfaire mes besoins.

 

The Nation : Si vous voulez juste rencontrer des gens pour discuter avec eux, pouvez-vous le faire ?

 

ES : Oui. Et je sors. On me reconnaît ici ou là. C’est toujours dans les magasins d’informatique. C’est comme une association par la pensée, parce que dans les épiceries, on ne me reconnaît pas. Même avec mes lunettes, j’ai beau ressembler exactement à ma photo, personne ne me reconnaît. Mais, même si je me rase, que je mets un chapeau et ne me ressemble plus du tout, dans les boutiques d’informatique, on me dit : « Snowden ? »

 

The Nation : Est-ce que ces gens se montrent amicaux ? Est-ce que ce sont en général des jeunes ?

 

ES : Oui. Oui.

 

The Nation : Parlons de la question de votre vidéo à la grande conférence de presse de Poutine cette année…

 

ES : Oui ça a été terrible. Ca s’est retourné contre moi ! J’espérais prendre Poutine en train de mentir, comme c’est arrivé avec James Clapper, le directeur de l’Agence nationale de renseignement (lorsqu’il a témoigné devant le Congrès). Aussi, j’ai posé la même question à Poutine sur la surveillance de masse en Russie. Je savais qu’il en fait autant mais il a nié. Si une seule source russe sortait, il serait dans de beaux draps. Et aux États-Unis, ce que j’ai fait en apparaissant à la conférence de presse de Poutine ne valait pas le coup.

 

The Nation : Alors, vous ne vous sentez pas prisonnier ici ?

 

ES : Non, par exemple, je suis allé à Saint-Pétersbourg — c’est une ville abominable.

 

La télévision est une technologie dépassée...

 

The Nation : Vous regardez la télévision ?

 

ES : Je fais tout sur ordinateur. Pour moi, la télé est une technologie dépassée.

 

The Nation : Vous regardez des chaînes américaines ?

 

ES : Oui, récemment j’ai regardé la série The Wire.

 

The Nation : Alors vous avez toujours des contacts avec les États-Unis via Internet ? Vous vous intéressez à la culture populaire ?

 

ES : [petits rires] Oui, mais je déteste ces questions — je déteste parler de ça, c’est tellement… pour moi, c’est tellement banal.

 

The Nation : Mais ça prouve que vous êtes un Américain qui regarde les séries que nous regardons tous aux Etats-Unis.

 

Le gouvernement utilise des lois en violant la Constitution pour réduire nos libertés.

 

ES : Oui, je regarde tout ça, Game of Thrones et toutes les autres séries. Si je regarde House of Cards ? Pour Boardwalk Empire— c’est une autre période de gouvernement tentaculaire, mais au moins ils ont recours au processus d’amendements ! Dans la vie réelle, l’exécutif, en violant la Constitution, utilise des lois au lieu d’amendements constitutionnels pour réduire nos libertés.

 

The Nation : Comment faites-vous pour vos entretiens par Internet ?

 

ES : J’ai construit mon propre studio. Je ne connais pas les termes techniques pour décrire ça parce que je ne suis pas un professionnel de la vidéo. Mais je suis un technicien. J’ai une caméra, tout le matériel qui permet de transférer ce que je filme sur l’ordinateur. J’ai mis au point une session « live » (séance en direct), et j’en assure la sécurité : j’ai mis un fond d’écran, aussi je peux le supprimer à partir de mon clavier, comme le font les présentateurs de nouvelles, et le remplacer par ce que je veux — et je peux être partout où il faut que je sois.

 

The Nation : Ceci nous conduit à vous demander : comment vos connaissances de « technicien » — comme vous vous qualifiez — ont-elles commencé à affecter votre manière de penser politiquement ?

 

ES : Ce qui m’intéressait lorsque je travaillais au sein des services de renseignement — en étant une personne qui avait un plus large accès que les individus ordinaires à des rapports, qui avait une meilleure compréhension de la situation globale — c’est que, après la seconde guerre mondiale, après la guerre froide, les sociétés sont allées dans deux directions : soit en gros autoritaire, soit [en gros] libérale ou libertarienne. Le modèle de société autoritaire considérait que les droits individuels étaient essentiellement octroyés par les gouvernements et déterminés par les États. L’autre modèle, le nôtre, tendait à penser qu’une grande partie de nos droits étaient des droits fondamentaux et qu’ils ne pouvaient pas être abrogés par les gouvernements, même si cela paraissait nécessaire. Et la question qui se pose, surtout après les attentats du 11 septembre, est de savoir si les sociétés deviennent plus libérales ou plus autoritaires. Nos concurrents — par exemple la Chine, qui est un pays profondément autoritaire —, deviennent-ils plus autoritaires ou plus libéraux avec le temps ? Le centre de gravité s’est-il déplacé à ce point que tous les gouvernements ont plus de pouvoirs et moins de restrictions que jamais auparavant ? Et qu’ils voient leurs pouvoirs renforcés par la technologie comme jamais auparavant ? Comment faire pour préserver nos droits civiques, nos traditions en tant que démocratie libérale, à une époque où le pouvoir du gouvernement s’étend et est de plus en plus difficile à contrôler ? Voulons-nous faire concurrence à la Chine de la même manière qu’elle veut faire concurrence à l’Occident ? Je crois que la majorité des Américains répondraient non à cette question.

 

The Nation : Vos révélations ont ouvert un débat et provoqué l’indignation dans le monde politique (…). Comment voyez-vous le système politique, pas seulement aux Etats-Unis ? De façon plus générale, quel système politique serait nécessaire pour réaliser les réformes que réclame l’ampleur de vos révélations ?

 

ES : Il y a des pays où les choses bougent plus. L’Allemagne a lancé une très sérieuse enquête qui révèle tous les jours de nouvelles découvertes. Ils viennent de découvrir une importante violation de la Constitution allemande qui a été cachée au Parlement. Aux Etats-Unis, il n’y a pas eu de grands changements législatifs sur la question de la surveillance, même s’il y a quelques propositions sans grande portée.

 

The Nation : Le dernier article écrit par Jonathan Schell pour The Nation — il est décédé en mars dernier — vous présentait comme un dissident, comme un perturbateur et un défenseur radical de la vie privée. Jonathan posait une question fondamentale : « Que font les Américains quand les canaux officiels dysfonctionnent ou ne répondent plus ? » Le changement exige-t-il qu’il y ait des gens comme vous qui lancent des alertes ?

 

Nous sommes parvenus à la démocratie par l'action directe et c'est inscrit au plus profond de notre Constitution et de nos valeurs.

 

ES : Nous sommes une démocratie représentative. Mais comment sommes-nous arrivés à ce résultat ? Nous y sommes parvenus par l’action directe. Et cela est inscrit au plus profond de notre Constitution et de nos valeurs. Nous avons le droit de nous révolter, de faire la révolution. La révolution ne se fait pas nécessairement toujours par les armes et la lutte armée. Elle a aussi à voir avec les idées révolutionnaires. Elle a à voir avec les principes que nous estimons être représentatifs du type de monde dans lequel nous voulons vivre. Un ordre politique donné peut, à un moment donné, ne plus être capable de représenter ces valeurs, et même travailler contre elles. Je pense que c’est la dynamique à laquelle nous assistons aujourd’hui. Nous sommes face à des partis politiques traditionnels qui répondent de moins en moins aux besoins de la population, c’est pourquoi les gens sont à la recherche de leurs propres valeurs. Si le gouvernement ou les partis n’apportent plus de réponses à nos demandes, alors c’est ce que nous ferons. Ce sera l’action directe ou même la désobéissance civile. De son côté l’État nous dit : « Bien, pour que nous puissions légitimer l’idée de désobéissance civile, alors vous devez suivre par ailleurs ces règles ». Il découpe notre liberté d’expression en « zones contrôlées ». Il nous dit : « Vous ne pouvez la pratiquer qu’à tel moment et que de cette façon, et vous ne pouvez pas interrompre le fonctionnement du gouvernement ». Il restreint l’impact que peut avoir la désobéissance civile. Nous devons nous rappeler que la désobéissance civile doit être une désobéissance si on veut qu’elle ait quelque efficacité. Si nous nous contentons de suivre les règles que nous impose un État lorsque cet État agit à l’encontre de l’intérêt général, nous ne faisons pas vraiment progresser les choses. Nous ne changeons rien.

 

The Nation : Quelle est la dernière fois où la désobéissance civile a engendré un changement ?

 

ES : Occupy Wall Street.

 

The Nation : L’un de nous pourrait ne pas être d’accord. On peut dire qu’Occupy a été une initiative très importante, mais elle est vite retombée.

 

ES : Je suis intimement persuadé qu’Occupy Wall Street s’est retrouvé confronté à ces limites parce que les autorités ont été capables d’imposer à notre imagination une image de ce qu’est la désobéissance civile — une forme de désobéissance qui est tout simplement inefficace. Tous ces gens qui sont descendus dans la rue n’avaient pas de travail, ne touchaient pas de salaire. C’étaient des hommes et des femmes qui étaient déjà victimes des effets de l’inégalité, aussi n’avaient-ils pas grand-chose à perdre. Et alors, ceux qui criaient plus fort, qui étaient davantage perturbateurs et, très souvent, parvenaient plus efficacement à attirer l’attention sur leurs problèmes ont été immédiatement réprimés par les autorités. Ils ont été encerclés par la police, dispersés au gaz lacrymogène, jetés en prison.

 

The Nation : Mais pensez-vous quand même qu’Occupy a eu un impact ?

 

Occupy Wall Street a été réprimé durement. Cela n'a en rien démobilisé.

Occupy Wall Street a été réprimé durement. Cela n'a en rien démobilisé.

ES : Occupy a eu un impact sur la prise de conscience. Il n’a pas réussi, en revanche, à devenir un acteur opérationnel du changement. Mais trop souvent, on oublie que les mouvements politiques et sociaux ne se réalisent pas du jour au lendemain. Ils n’apportent pas tout de suite le changement — il faut d’abord susciter une prise de conscience critique des problèmes et des enjeux. Mais rendre les gens conscients des inégalités a été une chose importante. Tous les ténors de la politique qui évoquent aujourd’hui des élections de 2014 et de 2016 parlent des inégalités.

 

The Nation : Vous avez parlé ailleurs de l’obligation de rendre des comptes. Sommes-nous face à la fin de cette obligation dans notre pays ? Ceux qui ont causé la crise financière sont à nouveau aux commandes. Ceux qui nous ont apporté le désastre de la guerre d’Irak sont les mêmes qui aujourd’hui conseillent Washington et influencent l’opinion publique sur la politique étrangère américaine. Autre illustration : comme vous l’avez souligné, James Clapper ment au Congrès sans même se faire taper sur les doigts.

 

ES : Les révélations sur la surveillance de masse sont absolument fondamentales parce qu’elles ont indiqué que nos droits sont en train d’être redéfinis en secret par des institutions secrètes dont ce n’est pas la vocation. Cela se fait de surcroît sans le consentement du peuple, sans même que la majorité de nos élus soit au courant. Cependant, même si cela est très important, je ne crois pas que ce soit là l’essentiel. Je crois que le point majeur est le fait que le directeur des services de renseignement de la nation ait fait devant le Congrès — et sous serment — une fausse déclaration, ce qui est un crime (contre l’État). Si nous permettons à nos dirigeants officiels de bafouer sciemment et publiquement la loi, nous instaurons une culture de l’impunité. Pour moi, c’est ce point qui sera considéré, au regard de l’histoire, comme la plus grave déception des années de l’administration Obama. Je ne pense pas que ce seront les politiques sociales ou économiques qui produiront le plus cette déception. Ce qui sera en cause, c’est le fait qu’il aura dit : il faut aller de l’avant, ne pas retourner en arrière sur les violations de la loi qui se sont produites sous l’administration Bush. Il y avait un vrai choix à faire lorsqu’il est devenu président. C’était un choix très difficile : soit dire « Nous n’allons pas demander aux hauts responsables politiques de rendre des comptes en leur appliquant les mêmes lois que celles auxquelles sont soumis tous les autres citoyens de ce pays » ou« Nous sommes une nation qui croit en l’État de droit ». Et l’État de droit signifie que c’est à la police de le garantir, mais que nous sommes tous assujettis aux mêmes lois.

 

The Nation : Pensez-vous que ceux qui faisaient partie des commissions chargées des services de renseignement au Congrès [il y a 2 commissions : une au Sénat et une à la Chambre des représentants] en savaient plus que d’autres élus au Sénat ou à la Chambre des représentants ? Qu’ils savaient qu’on leur mentait et qu’ils se sont tus ?

 

ES : Les présidents des commissions le savaient à coup sûr. Ils font partie du « Gang des huit » (Gang of Eight » [2]). Ils sont informés de tout programme d’action secrète et autres opérations de ce genre. Ils savent où tous les cadavres sont enterrés… Ils reçoivent aussi beaucoup plus de fonds pour leurs campagnes électorales que tous les autres candidats de la part des entreprises qui travaillent pour la défense, des firmes du renseignement et des entreprises militaires privées [qui procurent à l’État des services de sécurité armée].

 

Les parties 2 et 3 seront publiées dans la prochaine livraison.

 

[1] Edward Joseph Snowden est né le 21 juin 1983. Cet ancien consultant des services secrets américains a été l’employé de la CIA et de la National Security Agency (NSA) — Agence nationale de sécurité —. Il a révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques. A la suite de ses révélations, Edward Snowden est inculpé le 22 juin 2013 par le gouvernement américain sous les chefs d’accusation d’espionnage, de vol et d’utilisation illégale de biens gouvernementaux. Exilé à Hong Kong en juin 2013, puis à Moscou, Edward Snowden a obtenu le 31 juillet 2013 l’asile temporaire en Russie. Le 1er août 2014, il obtient le droit de résidence pour trois ans dans ce pays. (Source : Wikipédia). Sur le sujet, lire Christophe Ventura, « La bataille du cyberespace ».  Voir aussi l'ouvrage de Glenn Greenwald "Nulle part où se cacher" (ed JC Lattès 2014) et Uranopole : "Létat de surveillance".

 

[2] Le gang des huit (Gang of Eight) est un groupe au sein du Congrès de huit responsables qui sont tenus informés des dossiers classés du renseignement par l’exécutif (conformément à l’article 50 §413-1)a de la Constitution). Il comprend : les dirigeants des deux partis au Sénat et à la Chambre des représentants et les présidents et représentants des partis minoritaires des commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants (source : Wikipédia).

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Published by pierre verhas
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