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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:11

Toute la classe politique européenne a les yeux fixés sur la Grèce. Demain soir, ou lundi matin au plus tard, on saura si les rapports de forces politiques auront été bouleversé dans le pays des Hellènes qui a été progressivement gangréné par la fausse alternance Nouvelle Démocratie, libérale / PASOK, social-démocrate. Deux grandes familles se partageaient successivement le pouvoir : les Caramanlis à droite et les Papandréou à gauche.

 

La crise de la dette souveraine volontairement provoquée avec la complicité de la plus puissante banque au monde, Goldman Sachs, a entraîné le pays dans une spirale infernale sous la pression de l’Allemagne et avec l’intervention totalitaire de la fameuse Troïka (Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne et Commission européenne) qui a imposé depuis 2011 au peuple grec une overdose du triptyque ultralibéral : dérégulation, privatisations, démolition de l’Etat social.

 

Les conséquences en sont catastrophiques : diminution substantielle du PIB, appauvrissement généralisé au point que des milliers de Grecs ont difficile à se nourrir, règne de mafias diverses, augmentation considérable de la dette, braderie des propriétés publiques au plus grand profit des entreprises transnationales, et surtout une austérité sans égal dans l’histoire économique contemporaine de l’Europe.

 

Cette situation ne pouvait plus durer. Le déséquilibre était trop grand et ne cessait de s’accentuer. L’obstination de l’Allemagne et celle de la Troïka finirent par relever de l’absurde, de l’aveuglement. Depuis cinq années de ce traitement de choc, on ne voit guère d’amélioration, sinon celle du niveau de vie déjà très élevé des classes supérieures.

 

On ne s’est pas attaqué aux deux faiblesses majeures de la Grèce : les dépenses militaires disproportionnées et la paralysie économique provoquée par l’Eglise orthodoxe qui est le principal propriétaire foncier grec et qui ne paye pas d’impôts. Et on oublie que les sommes considérables prêtées à la Grèce dans des conditions épouvantables ont surtout profité aux banques et n’ont en rien aidé à diminuer l’énorme dette grecque.

 

Face à ce déséquilibre dramatique, la crise politique était inéluctable. Les gouvernements successifs depuis George Papandréou furent les marionnettes de la Troïka. Quoiqu’il arrive dimanche 25 janvier, ce ne sera plus le cas, au grand dam de l’Union européenne et du FMI. Ce dernier a d’ailleurs exercé un chantage inadmissible à l’encontre du peuple grec : la tranche d’aide de 110 milliards d’Euros sera conditionnée aux résultats des élections ! Une telle atteinte à la souveraineté d’un Etat est du jamais vu.

 

Le nouveau président de la Commission européenne, quand il a appris la tenue d’élections anticipées en Grèce, n’a pu s’empêcher de dire : « J’espère que j’aurai le plaisir de revoir ceux que je connais bien ! ». Très diplomate Jean-Claude Juncker ! Il est vrai qu’il est plus adroit pour organiser des systèmes de fraude fiscale à grande échelle dans son splendide Duché.

 

Nous reproduisons ici des extraits de deux articles parus sur le site « Le Grand Soir » bien connu des lecteurs d’Uranopole. Le premier décrit la situation catastrophique dans laquelle se trouve la Grèce, le second est composé de déclarations de dirigeants de Syriza et de la gauche grecque. Au moins, grâce à eux, on sait ce qu’ils veulent en dehors du flou (volontaire ?) entretenu par les médias européens.

 

Syriza l’emportera-t-il ? Si on le souhaite ardemment, ce n’est pas certain. Il ne faut jamais préjuger d’une élection, surtout avec les énormes pressions exercées par les institutions européennes et les médias internationaux sur les électeurs grecs. Et il ne faut pas oublier le danger représenté par les néo-nazis d’Aube dorée. Le rapport de forces sera-t-il profondément modifié ? Sans doute, mais nous en aurons la certitude soit ce soir, soit demain.

 

Cependant, point n’est besoin d’espérer pour entreprendre…

 

Pierre Verhas

 

 

Alexis Tsipras représente un espoir pour la Grèce et aussi pour l'Europe entière. L'emportera-t-il et aura-t-il le pouvoir de changer les choses ?

Alexis Tsipras représente un espoir pour la Grèce et aussi pour l'Europe entière. L'emportera-t-il et aura-t-il le pouvoir de changer les choses ?

 

Grèce : l’ennemi de l’intérieur

 

Anastase ADONIS

23 janvier 2015

 

Retour en arrière, le 23/4/2010, lorsque le premier ministre grec George Papandreou, annonce lors d’un discours monté « en toute urgence », l’inévitable intervention de l’Europe dans les affaires économiques helléniques. La suite on la connaît : Troïka, Mnimonion, emprunts à taux élevé, braderies des entreprises d’Etat, mise aux enchères des bijoux de la Grèce (littoral, forêts, terres, bâtiments, mines, entreprises d’Etat, etc.).

 

Le premier ministre mentait lorsqu’il disait que « les marchés n’ont pas répondu favorablement à prêter à notre pays, et au risque de perdre tout, du fait de la difficulté d’emprunter, il est grand besoin de demander à nos partenaires européens l’activation du mécanisme de stabilité ». La veille bien sûr, des données ont été publiées, données relatives à la santé financière du pays.

 

Sur le coup, les Grecs découvrent « l’abysse », et ils ne savaient pas que ces données ont été falsifiées sur demande gouvernementale (pourquoi ?). En effet, une des falsifications était de comptabiliser les dépenses des entreprises d’Etat, bien rentables, sans compter leurs recettes. Une autre était de comptabiliser les dépenses de ces entreprises jusqu’en 2024 ! Par ailleurs, une plainte en Justice d’une employée du Service Hellénique des Statistiques, sur le maquillage des données d’Etat, montre que le déficit réel en 2009 était de 3,9%, un des plus faibles en Europe.

 

Mais quelle était la réalité ? Lorsque la Grèce introduisait un appel à emprunt dans les marchés de la finance, elle recevait des offres. Les documents officiels montrent que, par exemple, le 13/10/2009, la Grèce demandait 0,8 Mrds et les marchés lui en proposaient 4,795 à un taux de 0,59%. Le 20/10/2009, elle demandait 1,5 Mrds et les marchés lui offraient 7,040 Mrds à 0,35%. Du 12/1/2010 jusqu’au 13/4/2010 la Grèce a demandé 16,404 Mrds et les marchés lui en ont proposé 55,280 Mrds. Etc. Des dizaines de documents montrent une situation bien différente à celle qui a été dépeinte.

 

Tous les montants étaient sans aucune garantie assortie à l’emprunt. La situation selon laquelle la Grèce pouvait emprunter sans risques et sans taux usurier était bien réelle. Ces mêmes documents sont la preuve du mensonge du Premier Ministre grec George Papandreou. Mais pourquoi mentir ? Mentir c’était « convaincre » de la nécessité de l’arrivée de la Troïka. Strauss-Khan à la télévision française a reconnu que depuis Novembre 2009 Georges Papandreou discutait avec lui pour la mise sous tutelle de la Grèce par le FMI, et il le cachait au peuple grec. En fait, le moyen, ici la faillite de l’Etat grec, permettrait les taux d’intérêt de 0,35% à 6,5% et progressivement jusqu’ à 24%, 26% ou 28%. La suite était le but suprême, la cession des richesses privées et publiques.

 

Tous les Grecs savent ce qu’est le Mnimonion, utilisé par la Troïka. Un Mémorandum, qui accompagne souvent les contrats et les traités ou conventions, contient des clauses et des détails. Un de ces détails qui font très mal aux Grecs est la cession de la souveraineté nationale.

 

George Papandréou a menti aux Grecs.

George Papandréou a menti aux Grecs.

 

Si on ne peut affirmer que l’Europe était au courant en avril 2009 du mensonge d’Etat de Georges Papandreou, il est incontestable que depuis la mise sous tutelle de la Grèce en 2012 elle ne peut prétexter son ignorance.

 

Entre 2012 et Janvier 2014, la Grèce a payé plus de 220 Mrds d’euros en intérêt pendant que sa dette continuait à augmenter

 

Dimanche 25 Janvier, auront lieu les élections législatives grecques. Tous les partis sont présents, y compris ceux qui ont œuvré en faveur des politiques de destruction de l’Etat et de ses institutions. La commission européenne montre qu’elle suit de très près l’événement. Elle est même intervenue pour mettre en garde la population.

 

Elle a été même jusqu'à menacer de ne pas verser la 3e tranche d’aide,  environ 110 Mrds, en cas de victoire de SYRIZA, montant qu’il devait être versé il y a déjà quelque temps et qui est utilisé sous forme de pression sur les affaires et processus politiques de la Grèce.

 

Comment donc l’Europe peut inverser une tendance, à savoir celle de tester une autre politique, un autre parti, même s’il est de l’extrême gauche, ce qui déplaît beaucoup semble-t-il ? La communication n’a pas suffi. De toute façon qu’ont à perdre les Grecs dans la situation où ils se trouvent ? Il reste donc la mobilisation, voire la recherche de nouveaux clients, prêts à assumer les missions de la continuité selon l’évangile de la Troïka.

 

La précipitation donc de la Grèce dans une situation de « crise grecque » ou « crise de l’euro », crise qui a occupé, occupe et continuera à occuper pendant longtemps, mérite un peu plus d’attention.

 

Des études ont été faites, a posteriori, lorsque les Grecs ont commencé à comprendre que quelque chose ne tournait pas rond, ni en Grèce mais ni à l’Europe non plus. La corrélation entre les faits, les communications des uns et des autres, ont permis de repérer les fautes et les crimes contre le peuple grec. L’impact de ces communications sur les spreads montre la pression par coups de discours catastrophique aussi bien sur la préparation psychologique de la population et des milieux financiers. (…)

 

Pour rendre l’Etat grec insolvable pour permettre l’intervention de sauvetage, on doit mentionner deux actions, la première consistait à sous-évaluer les richesses publiques. Et la seconde fut l’élimination des deux banques publiques, bien rentables, à savoir la banque postale et la banque agricole. Ceci enlevait la possibilité pour l’Etat d’emprunter à taux très bas à travers ces banques. En effet, en accord avec le Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, le gouvernement pouvait donner des garanties aux Banques d’Etat pour qu’elles puissent emprunter auprès de la BCE, comme il le faisait avec les banques privées, et par la suite emprunter auprès de ces banques selon les pratiques courantes, avec un taux jusqu’ à 1%, couvrant ainsi tout besoin de liquidité. La privatisation préalable immédiate de ces deux banques d’Etat, a affaibli l’Etat dans le domaine de sa propre survie. C’est ici, que l’appréciation des juristes et autres constitutionnalistes est sévère : « Un gouvernement qui ne respecte pas la constitution, une gestion déloyale contre l’Etat, complicité avecl’ennemi, manipulation des marchés moyennant fausses déclarations, etc. »

 

Trois ans se sont écoulés depuis le début des faits. Trois ans de « crise grecque », de « crise de l’euro », et de « mauvais élève » jusqu’au mois de Mai 2012, date à laquelle les premières publications officielles démontrent les mécanismes du hold-up à l’Etat, aux richesses nationales et à l’exploitation fiscale sauvage d’un peuple. D’abord ALPHA Bank, sur la méthodologie de calcul des dépenses d’Etat, puis ELSTAT (Service des Statistiques d’Etat) sur la falsification des données démontrant dans le rapport sur le déficit réel pour 2009 que celui-ci était de 3,9 % , un des plus bas en Europe. Pendant ces trois ans les spreads ne cessent de monter et la spéculation atteint des limites inimaginables. Trois ans, pendant lesquels, le faux prétexte de la faillite d’Etat a permis de dégraisser les salaires, de vider les caisses de retraite, d’anéantir la sécurité sociale et de créer un chômage sans précédent.

 

Trop tard, le Mnimonion est signé et l’effet de boule de neige est clair : le PIB chute sans les entreprises d’Etat, l’initiative privé est quasi-nulle par manque de support, d’infrastructures et de structures à économie de réseaux. En même temps la Grèce emprunte, car la Troïka impose, exige, la présence du FMI dont les taux dépassent les 20%. Comment dans une Europe où l’Allemagne emprunte à 0% cette même Europe peut-elle exiger que la Grèce emprunte à plus de 20% ? Quelle structure économique peut rémunérer le capital à ce taux ? Surtout pas la Grèce, qui jusque-là a toujours honoré ses dettes.

 

La suite n’est qu’un mauvais film : La troïka décide pour les ventes aux enchères, pour les cessions d’entreprises publiques, pour le bradage des meubles et immeubles…. La conséquence sur le PIB est inévitable. La sous-estimation de la valeur des biens vendus n’a pas apporté suffisamment, d’où des nouveaux prêts à des taux exorbitants ayant pour conséquence l’augmentation de la Dette.

 

Le premier sentiment, tout recul pris, vient de l’appréciation de la compétence de la Troïka en matière de gestion. Imaginons alors comment l’Europe est gérée…

 

Et si ce n’était pas une question d’Europe ? Et s’il n’y avait pas d’Europe du tout, comme celle qu’on nous la fait miroiter ? Et si l’Europe n’était pas responsable, ou plutôt si ces missions étaient autres ? Une étude plus approfondie sur la nature de ses institutions, qui devient cruciale, nous éclairerait mieux. Bien sûr, on s’affrontera au problème connu : comment est-ce possible qu’une forme de pouvoir se laisse contrôler ?

 

Entre 2012, début de la mission de la Troïka et Janvier 2014, la Grèce a payé plus de 220 Mrds en intérêt, pendant que sa Dette officielle continue à augmenter. C’est pendant cette période que nous avons eu les mesures fiscales qui n’ont rien à avoir avec les possibilités de paiement ou avec le niveau de production. C’est pendant cette période que les suicides ont commencé à apparaître pour dépasser les 4000 officiellement. Quelle différence avec le génocide ?

 

Il est évident que pour conduire la Grèce en faillite il fallait s’assurer de sa gestion, éloigner des fonctionnaires d’Etat, puisque tous ne pourraient pas être corrompus, pour la confier à un nombre de personnes contrôlables. Par la loi 3965 de 2011, une seule personne avait le pouvoir, excepté le ministre, de collecter les recettes venant des impôts, des douanes, des tribunaux, etc., de les gérer, et de savoir où cet argent se trouvait. Cette même personne, cadre chez Goldman Sachs, fut nommée auparavant, en 1998, par le Premier Ministre de l’époque pour gérer les dettes de l’Etat. Il semble facile dans un tel contexte de transparence de dire qu’il n’y a pas d’argent et qu’il faut emprunter, le paiement de l’emprunt se ferait par la vente des richesses et autres bien publics. Il y a eu quelques échos dans la presse internationale qui montre plus l’ampleur du rôle joué par cette banque dans l’administration financière de la Grèce.

Syriza sera-t-il le grand vainqueur ?

Syriza sera-t-il le grand vainqueur ?

 

Comment le peuple est-il en train de reprendre le pouvoir en Grèce ?

Dimitris Stratoulis, Theano Fotiou23 janvier 2015 Dimitris Stratoulis est syndicaliste et député Syriza, responsable de la commission Emploi, Theano Fotiou est députée Syriza.

 

Une majorité, un gouvernement et un plan d’action immédiat

Par Dimitris Stratoulis Syndicaliste, député Syriza, responsable de la commission Emploi

 

La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos, qui, après avoir pillé la société pendant deux ans et demi, a consenti récemment à des nouveaux engagements envers la troïka des créanciers pour l’imposition de mesures antisociales supplémentaires, appartient désormais au passé. Syriza a atteint l’objectif de son renversement. Le peuple grec a maintenant la parole. C’est lui qui imposera son choix avec son vote le 25 janvier 2015. Devant les urnes, deux options s’ouvrent à lui. La première est celle de la continuation des politiques désastreuses de l’austérité. La seconde est leur renversement et leur remplacement par un plan de développement qui vise le redressement productif et social effectif du pays.

 

Le gouvernement et ses amis en Grèce et à l’étranger tentent, avec la diffusion de la peur et d’un discours alarmiste autour de Syriza et de la perspective d’un gouvernement de gauche, d’intimider un peuple exsangue après cinq ans d’application des mémorandums antisociaux. Des mesures qui ont ruiné ses salaires, ses retraites, ses droits acquis et ont propulsé la récession, le chômage et la pauvreté à des niveaux stratosphériques.

 

L’alarmisme du gouvernement grec, des cercles dirigeants du FMI, de la zone euro et de l’Allemagne avec le chantage des hypothétiques attaques des marchés ne fait pas peur à Syriza. Au contraire, cela renforce notre détermination en tant que futur gouvernement de gauche soutenu par les combats et le vote du peuple grec à promouvoir et à appliquer à la lettre les dispositions de notre programme, sans succomber ni aux menaces, ni aux chantages, ni aux pressions de l’establishment national et international relayées à profusion par les médias dévoués à leur cause.

 

Les critères de nos décisions, en tant que gouvernement progressiste de la gauche, ne seront pas les exigences brutales et humiliantes des créanciers et des fonds spéculatifs, mais la survie du peuple, la dignité de notre pays, l’avenir de la jeune génération et aussi le besoin de frayer des nouvelles voies prometteuses pour tous les peuples de l’Europe, en renversant les politiques destructrices d’une austérité sans fin.

 

L’objectif de Syriza est d’obtenir une majorité parlementaire aux élections et la formation d’une alliance – indépendamment du résultat électoral – avec d’autres forces de la gauche et de l’écologie radicale pour former un gouvernement.

 

Ce gouvernement de gauche aura comme priorités essentielles l’annulation des mémorandums de rigueur et leur remplacement par un plan de développement qui favorisera la restructuration productive. Il s’attaquera immédiatement aux problèmes urgents du chômage, du rétablissement des revenus de la classe ouvrière, des droits sociaux, de la protection législative du travail et de tous les droits démocratiques qui ont été abrogés les dernières années. Dans ce but, la renégociation des accords de prêt avec les créanciers afin d’annuler les clauses abusives, les clauses « coloniales » qui étranglent la population et d’effacer une grande partie de la dette publique, est nécessaire et primordiale.

 

Pour faire face aux problèmes sociaux immédiats des victimes de la crise économique et pour relancer l’économie, un plan d’action sera présenté immédiatement au Parlement.

 

Les projets de loi qui seront soumis en priorité au vote des députés concernent :

– le rétablissement du salaire minimum à 751 euros (celui-ci ayant été réduit à 586 par les lois mémorandaires) et du treizième mois pour les retraites inférieures à 700 euros ;

– la suppression des mesures législatives qui ont permis les licenciements abusifs dans la fonction publique et la réembauche des victimes concernés ;

– le rétablissement des lois de travail qui protègent les salariés du privé contre les licenciements abusifs et la suppression des mesures antidémocratiques qui permettent au gouvernement de réquisitionner abusivement et autoritairement les grévistes ;

– la mise en œuvre des mesures qui facilitent le remboursement des dettes des personnes physiques et des PME envers les caisses de l’État ou des assurances, des dettes des foyers surendettés envers les banques, en prévoyant même la possibilité de l’effacement d’une partie de leur dette égale à la perte des revenus liée à l’application des mesures mémorandaires.

 

En même temps, le gouvernement prendra une série des mesures pour remédier aux problèmes liés à la crise humanitaire : accès au courant électrique pour les ménages pauvres, des coupons alimentaires pour les personnes démunies, la mise à disposition des logements pour les sans-abri, l’accès aux services de santé pour les personnes sans couverture sociale, l’accès gratuit aux moyens de transport publics pour les chômeurs et les pauvres et la réduction de la taxe appliquée sur le fioul de chauffage.

 

Ces mesures constitueront le premier pas de l’application de notre plan de développement antimémorandaire. Son application présuppose la mobilisation et le soutien du peuple grec, la solidarité des peuples européens, l’alliance avec toutes les forces syndicales progressistes de la gauche européenne et aussi avec les gouvernements du Sud frappés par la pauvreté.

 

La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos et l’élite politique et économique qui dirige actuellement l’Europe utilisent la peur comme arme. Syriza et le Parti de la gauche européenne représentent l’espoir de notre peuple et de tous les peuples européens pour un meilleur avenir. Optimistes, nous croyons que nous pouvons changer la situation en Grèce et en Europe. L’avenir est en marche.

 

Un avenir commun contre l’austérité et la déflation

Par Theano Fotiou Députée Syriza

 

La Grèce a été le pays d’Europe où les classes populaires ont subi la plus violente politique néolibérale d’austérité décidée par la troïka, par le biais des mémorandums. Les objectifs étaient évidents : suppression des conventions collectives et des droits acquis, abandon de l’État social (éducation, santé, sécurité) au privé, privatisations et liquidation du patrimoine public grec et des richesses naturelles du pays, confiscation des patrimoines privés grecs par la surimposition au profit des vautours étrangers des marchés. Dans un laps de temps de cinq ans, l’économie a été détruite, le chômage a atteint 27 % et 62 % pour les jeunes, les revenus ont été réduits de 50 %, les retraités ont été anéantis, 3,5 millions de citoyens se sont retrouvés en dessous du seuil de pauvreté. Les jeunes émigrent massivement et la dette publique est passée de 120 % en 2009 à 175 % du PIB. Et naturellement, elle ne peut pas être remboursée. Le peuple grec devait être puni de façon exemplaire, à titre d’avertissement pour le reste des peuples européens. L’économie et la société ont subi des dommages d’une guerre non déclarée. Le peuple souffre. La Grèce, un pays de l’UE en temps de paix, se trouve face à une crise -humanitaire : suicides, enfants qui s’évanouissent de faim à l’école, propagation des maladies infantiles puisque les enfants ne sont plus vaccinés et 35 % des familles se trouvent en dessous du seuil de pauvreté.

 

Le peuple grec n’a pas plié. Des vagues de grèves et des manifestations massives ont mobilisé le pays, tandis que les citoyens se sont retournés pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale vers la gauche radicale, vers Syriza. En même temps le peuple grec a commencé à s’auto-organiser en créant des structures de solidarité sociale sur tout le pays afin de survivre et de résister. Personne ne reste seul face à la crise. Solidarité et résistance ont été les mots d’ordre. Des centres de santé et des pharmacies solidaires, des cantines sociales, des distributions de colis alimentaires, des nouveaux marchés sans intermédiaires de distribution, des écoles solidaires pour les Grecs et les étrangers, et tous les jours nous voyons apparaître de nouvelles formes de collaboration sociale. Suivant les règles de la démocratie participative, les décisions sont prises en assemblées générales ouvertes garantissant la participation égalitaire de tous, solidaires et bénéficiaires, Grecs et étrangers. Par leur action, ces cellules d’autogestion renversent le modèle idéologique du néolibéralisme (concurrence, personnalisation et privatisation).

 

La crise transforme les identités. Les structures de solidarité sociale accélèrent les transmutations identitaires et politiques. Les structures de la solidarité révèlent le caractère politique de la crise. Parallèlement, le besoin de survie devient créateur des nouveaux savoir-faire de la pauvreté. Il démontre l’effet multiplicateur de la participation citoyenne. Les structures alimentaires qui se développent sur l’étendue du territoire grec se sont très rapidement intéressées aux surplus, au gaspillage, aux produits terrés par les producteurs ou détruits par les usines, aux aliments jetés par les restaurants et les magasins, aux médicaments et aux habits dont les familles ne se servent plus. Des produits qui sauvent des vies alors que le capitalisme préfère détruire pour accroître la valeur ajoutée du capital.

 

Cette Europe-là doit changer. Un cordon ombilical lie les structures de solidarité avec la gauche radicale. Leurs pratiques journalières ont enrichi le discours et le programme de Syriza. La lutte contre la crise humanitaire constitue un des grands axes du programme politique de Syriza et englobe les mesures immédiates qui vont être prises afin que personne ne se trouve plus sans toit, sans médicaments, sans chauffage, sans courant électrique. Syriza désire devenir le porte-parole de tous ceux qui ont nourri sa réflexion, qui ont amplifié sa force et sa voix pour revendiquer aujourd’hui la gouvernance du pays, pour supprimer les mémorandums et l’austérité, pour négocier l’effacement de la plus grande partie de la dette, non seulement pour le peuple grec mais pour le bien de toute l’Europe. Pour devenir l’initiateur d’un changement historique qui aura comme devise : « Cette Europe-là, elle se change ou elle s’autodétruit. »

 

C’est pour cela que nous demandons aujourd’hui la solidarité de tous les peuples de l’Europe pour un avenir commun contre l’austérité et la déflation, contre l’expansion du fascisme et du racisme.

 

Sur le terrain économique, le traitement austéritaire a eu l’effet d’un poison. Le petit capital a été broyé (90 000 PME grecques ont disparu entre 2008 et 2011). Le fragile appareil productif grec est brisé, tandis que les entreprises publiques sont bradées au profit des multinationales, des fonds de pension et de l’élite financière grecque. Pour Yannis Eustathopoulos, économiste travaillant pour l’institut du travail de la Confédération générale des travailleurs grecs, les politiques conduites depuis cinq ans « participent à la formation d’un modèle de croissance économique par dégradation du travail, des droits sociaux, de l’environnement et de la cohésion territoriale ». Ces mutations n’ont pas pour autant permis à la Grèce de réduire le fardeau de la dette. Son ratio par rapport au produit intérieur brut (PIB) était de 113 % en 2009, avant la crise. Il atteint aujourd’hui 175 %. Quant aux 226,7 milliards « d’aides » octroyées par la troïka depuis 2010, en contrepartie d’un sévère programme d’ajustement structurel, ils ont pour l’essentiel bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

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Published by pierre verhas
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commentaires

electricien paris 11 01/02/2015 02:05

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement