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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:43

 

Les organes de presse les plus déchaînés contre le référendum grec et le gouvernement Tsipras sont ceux qui se réclament de la gauche, le « Monde », « Libération », le « Guardian » en tête.

 

La palme revient à « Libé » (pour les intimes) ce 30 juin. Il faut dire que son correspondant, l’ineffable Jean Quatremer, ancien maoïste converti à l’ultralibéralisme pur et dur, mais ayant bien retenu les méthodes d’intox qu’il a apprises dans son jeune temps. Tout d’abord, il prétend que Tsipras a « interrompu les négociations » en décidant du référendum. Et il prétend que le Premier ministre grec a soumis le texte de la Troïka du jeudi 25 juin à l’avis du peuple et non celui du vendredi 26 juin qui, d’après Quatremer, est plus avantageux pour les Grecs.

 

Jean Quatremer : sous ses airs de gentil garçon se cache un redoutable propagandiste de l'ultralibéralisme.

Jean Quatremer : sous ses airs de gentil garçon se cache un redoutable propagandiste de l'ultralibéralisme.

 

Il va même jusqu’à affirmer que Tsipras a refusé « les coupes dans le budget militaire elles aussi demandées par le groupe de Bruxelles [autre nom de la Troïka] ». Or, il n’a jamais été question de cela !

 

Or, c’est dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin que Tsipras a annoncé le référendum. Premier mensonge.

 

D’autre part, ici, il s’agit de mauvaise foi, le brillant correspondant n’a manifestement pas lu le discours de Tsipras – ou n’en a pas tenu compte : « Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité. »

 

C’est clair : c’est le FMI qui a fait tout capoter. Plusieurs commentateurs et responsables politiques l’ont dit. L’ancien président de la BEI (Banque Européenne d’Investissement), Philippe Maystadt, l’a affirmé également : c’est le FMI qui, avec ses exigences inacceptables pour le gouvernement d’Athènes, a fait capoter la négociation. Quatremer n’est sans doute pas au courant, parce qu’il ne dit mot là-dessus…

 

Christine Lagarde n'a pas les mains libres étant candidate à sa propre succession.

Christine Lagarde n'a pas les mains libres étant candidate à sa propre succession.

 

Il y a d’ailleurs une raison à cette intransigeance de Chritine Lagarde. Le FMI est une institution mondiale et bien des pays – dont le Brésil – qui ont subi les catastrophiques diktat de cet organisme, voient d’un mauvais œil un « traitement de faveur » à l’égard de la Grèce, par-dessus le marché, pays européen. Et comme la grande Christine est candidate à un second mandat…

 

Et notre honorable correspondant va jusqu’à dire – en jouant ici la « voix de son maître » - qu’en cas de victoire du non, « le seul plan B, c’est le « Grexit » et les partenaires d’Athènes ont tenu à faire passer le message. » En effet, les déclarations guerrières de Junker et de Merkel vont dans ce sens. On dramatise. La chancelière allemande et le président de la Commission pénètrent dans la campagne, ce qui réjouit Jean Quatremer : « Manifestement, la Commission, mais aussi les Etats- membres, ont décidé de faire campagne et de ne pas laisser les mains libres à Alexis Tsipras, qui joue à pile ou face avec l’avenir de la zone euro. »

 

Laurent Joffrin, directeur de "Libération" est un virtuose de la pensée unique en plus d'être un amateur de... Napoléon !

Laurent Joffrin, directeur de "Libération" est un virtuose de la pensée unique en plus d'être un amateur de... Napoléon !

 

Et Laurent Joffrin, le directeur de « Libé », en rajoute une couche dans son éditorial : « … l’Europe avait commencé d’assouplir sa position, sous l’influence de la France notamment. Elle était prête à accepter le maintien des retraites ou à aborder le difficile dossier de la réduction des retraites. C’est le moment qu’a choisi Alexis Tsipras pour rompre la discussion… » Et, bien entendu, il faut salir Tsipras : « … Tsipras a-t-il cédé à la pression des antieuropéens de sa majorité qu’il s’agisse de ses alliés d’extrême-droite ou de la partie la plus radicale de son parti ? On se prend à douter. ». Ses « alliés » sont de droite, certes, mais démocrates et souverainistes. On voit poindre là l’innommable « populisme » qui est le pire fléau de notre temps !

 

Un autre fait – là, Quatremer fait preuve d’un peu de prudence, puisqu’il n’en parle pas – c’est la soi-disant rupture des négociations à l’Eurogroupe de samedi 27 juin par Yanis Varoufakis. C’est exactement l’inverse qui s’est passé.

 

George Katougralos, ministre Syriza de la Réforme, remet les montres à l'heure.

George Katougralos, ministre Syriza de la Réforme, remet les montres à l'heure.

 

Dans le même « Libération » (heureusement qu’il y en a qui font encore du journalisme dans cette rédaction), une interview de George Katrougalos, ministre Syriza de la Réforme répond à la question de savoir si, comme ils l’ont déclaré, Hollande et Merkel, lors des dernières négociations, n’avaient pas abordé la question de la baisse des retraites et avaient commencé à discuter de la dette. Le ministre répond : « … je suis contraint de vous dire que c’est faux. D’ailleurs Nikos Pappàs (bras droit de Tsipras qui participait aux négociations) a mis les documents photographiés des dernières propositions des créanciers sur son compte Twitter. Tout le monde peut aller vérifier. À aucun moment des discussions ils n’ont voulu envisager réaménagement de la dette… » Et un mensonge de plus, un !

 

Quant à l’Eurogroupe, Katrougalos répond : « D’ailleurs au lendemain de l’annonce du référendum, Yanis Varoufakis est venu à l’Eurogroupe de samedi. On lui a demandé de quitter la salle. Mais ça aussi, ils disent que c’est faux et que c’est Varoufakis qui a choisi de partir. Franchement, c’est facile de vérifier. Varoufakis s’en est plaint publiquement alors qu’il était encore à Bruxelles et a même contesté la validité légale de cette décision de Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe. On lui a répondu que l’Eurogroupe était un groupe informel où il n’y avait pas de règles de procédures. » Ben tiens !

 

Ils mentent, on le sait, mais en plus, ils mentent mal ! En d’autres termes, c’est la panique.

 

Ces Messieurs dames détestent le suspense.

 

Plus que cinq jours avant la vérité.

 

 

Pierre Verhas

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Published by pierre verhas
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commentaires

guy valte 01/07/2015 18:18

Ils organisent des entourloupes et des embrouilles, et Tsipras les voyant venir retourne les manœuvres vers l'envoyeur.Alors perdant pieds, ils se disent "trahis" alors qu'ils ont simplement échoué.