Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 13:40

 

Les médias s’en donnent à cœur joie dans la dramatisation et dans l’exagération sur l’afflux vers l’Europe de réfugiés en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient.

 

L’émotion a été à son comble avec la diffusion dans les médias du monde entier de la photographie du cadavre du petit Aylan mort noyé au large de l’île de Kos. Aubaine pour tous les donneurs de leçons et les distributeurs de larmes de crocodile qui s’en sont donnés à cœur joie. Heureusement qu’il y a eu en France un Michel Onfray, un Pascal Bruckner et en Belgique, un Guy Haarscher pour appeler au calme et pour nous mettre en garde sur « la dictature de l’émotion ».

 

Comme l’écrit Henri Goldman sur son blog : « Ni l’émotion compassionnelle ni la démagogie populiste qui se partagent alternativement les faveurs de la parole publique ne nous y aident. »

 

En plus, les médias nous montrent avec complaisance le chaos à travers l’Europe. La Hongrie, bien connue pour être une « démocratie » exemplaire, construit un « mur » de barbelés à sa frontière avec la Serbie, mais les réfugiés réussissent malgré tout à passer et les Hongrois sont bien obligés de les entasser dans des trains et des cars pour qu’ils aillent se faire voir un peu plus à l’Ouest. Et, pour bien montrer l’hospitalité des fachos de Hongrie, une « journaliste » n’a rien trouvé de mieux que de faire des croche-pieds à des réfugiés ou de leur taper dessus !

 

Il est important de souligner que tous les Hongrois ne sont pas derrière le Premier ministre Viktor Orban. Mais, on ne pet que constater la passivité des "autorités" européennes !

Il est important de souligner que tous les Hongrois ne sont pas derrière le Premier ministre Viktor Orban. Mais, on ne pet que constater la passivité des "autorités" européennes !

 

Les sauveteurs italiens le long de la côte libyenne ne savent plus où donner du gilet de sauvetage, mais on oublie que si quelques dizaines de candidats à l’exil meurent noyés dans des conditions atroces, des centaines passent. Certains arrivent à Calais rêvant au paradis de la perfide Albion. Les Français et les Anglais ne savent que faire avec ces quelques centaines de réfugiés bien décidés à franchir le « chunnel » coûte que coûte. C’est la politique du rejet et rien d’autre !

 

Il faut saluer les marins italiens qui n'épargnent pas leurs efforts pour sauver les réfugiés voués à une mort certaine sur leurs frêles esquifs.

Il faut saluer les marins italiens qui n'épargnent pas leurs efforts pour sauver les réfugiés voués à une mort certaine sur leurs frêles esquifs.

 

 

L’affolement est général, particulièrement en Belgique.

 

Un facho plus « humaniste » que des socialos !

 

Il y a un mois, le bourgmestre PS de Tournai rejetait l’éventualité de loger 400 réfugiés dans une caserne désaffectée sous prétexte que leur nombre était susceptible de rompre l’harmonieux équilibre dans sa belle ville. Le bon vieux seuil de tolérance, quoi ! Et le ministre Demotte tout aussi PS, bourgmestre « empêché » de la même ville, en ajoute une couche. Et, qui a décidé de réquisitionner cette caserne pour loger des réfugiés ? Le ministre nationaliste flamand Théo Francken, notoire sympathisant néo-nazi chargé de l’accueil des étrangers au sein du gouvernement belge ! Voilà donc un crypto-facho qui passe pour être un « humaniste » par rapport à des « socialistes » bien « démocrates » réagissant comme de frileux racistes ! Erreur de communication, dira Demotte ! Ben voyons !

 

 

Rudy Demotte peine à se justifier sur sa curieuse position en matière d'accueil des réfugiés.

Rudy Demotte peine à se justifier sur sa curieuse position en matière d'accueil des réfugiés.

 

Le bordel à Bruxelles

 

Arrivés dans notre belle capitale de l’Europe, les réfugiés se trouvent confrontés à une administration débordée qui n’a pas les moyens de traiter plus de 250 dossiers par jour alors qu’il arrive quotidiennement quelque 500 réfugiés… Résultat sans doute de l’austérité et des privatisations, mais aussi de l’inertie des politiques, les services publics ne peuvent que désormais afficher leur impuissance.

 

Il y a aussi des élans de générosité à l’égard des réfugiés, savamment entretenus par les mêmes médias, au point que les (vrais) bénévoles responsables sont obligés de crier : N’en donnez plus ! Nous avons beaucoup trop ! Et, en plus, des petits malins volent dans tout ce fourbi les vêtements et les couvertures pour les revendre un peu plus loin aux… mêmes réfugiés !

 

 

D'innombrables lots de vêtements, de couvertures et d'objets divers destinés aux réfugiés provenant de la générosité des "simples" citoyens.

D'innombrables lots de vêtements, de couvertures et d'objets divers destinés aux réfugiés provenant de la générosité des "simples" citoyens.

 

Le comble : comme les réfugiés doivent attendre que l’administration de l’Office des étrangers daigne traiter leurs dossiers, ils campent dans le Parc Maximilien qui se trouve en face. Dare-dare, le très « humaniste » secrétaire d’Etat Francken fait aménager dans des plateaux de bureaux vides du WTC qui se trouve à proximité, quelque 500 lits de camp. Seuls deux dizaines de réfugiés en ont profité. Les autres préfèrent camper en assurant ainsi un minimum d’intimité à leur famille. Et notre « bon Samaritain » de Francken pique sa colère : « Je ne vais quand-même pas leur payer l’hôtel ! ».

Le secrétaire d'Etat à l'immigration, le nationaliste flamand et sympathisant néo-nazi Théo Francken n'a pas attendu pour montrer son vrai visage.

Le secrétaire d'Etat à l'immigration, le nationaliste flamand et sympathisant néo-nazi Théo Francken n'a pas attendu pour montrer son vrai visage.

 

C’est curieux que les millions de réfugiés en Jordanie logent dans des camps où l’on a pu aménager dans les tentes des séparations qui assurent ce minimum d’intimité. Des cloisons, cela ne peut être monté sur les plateaux vides du WTC de Bruxelles en y ajoutant les indispensables sanitaires ?

 

C’est curieux aussi que dans le Parc Maximilien où campent les réfugiés, les ONG ont installé des sanitaires, distribuent des repas chauds, des médecins de Médecins du monde s’occupent d’examiner et de soigner les réfugiés. Toutes ces tâches sont, en principe, du ressort de l’Etat qui est « curieusement » évanescent en l’occurrence. Et cela ne peut pas durer. Si nous vivons une belle arrière-saison, le froid et la pluie viendront sous peu. Alors, il faudra trouver une solution, car cela urge !

 

A proximité du Parc Maximilien se trouvent les tours du WTC où il y a plusieurs plateaux vides. L'Etat et la Croix Rouge y ont mis 500 lits de camp que refusent les réfugiés : il n'y a ni cloison, ni sanitaire. Est-ce ainsi qu'on accueille des femmes, des hommes et des enfants en détresse ?

A proximité du Parc Maximilien se trouvent les tours du WTC où il y a plusieurs plateaux vides. L'Etat et la Croix Rouge y ont mis 500 lits de camp que refusent les réfugiés : il n'y a ni cloison, ni sanitaire. Est-ce ainsi qu'on accueille des femmes, des hommes et des enfants en détresse ?

 

En clair : c’est le bordel !

 

Ce n’est pas le « Camp des saints » !

 

Alors, on se calme ! S’il y a un afflux massif de réfugiés, ce n’est pas le « Camp des saints » comme certains l’ont laissé entendre.

 

Quelle est la réalité ? Et d’abord, entendons-nous sur les mots ! Ce mot de « migrant » qui est utilisé à tout bout de champ est inadéquat et on peut se demander si cet usage n’est pas volontaire.

 

L‘écrivain Eric-Emmanuel Schmitt a posé récemment cette question :

 

« L'avez-vous remarqué ? On ne parle plus d'émigrés ni d'immigrants mais de migrants.

 

Cette amputation des termes me semble lourde de sous-entendus inquiétants... Lorsqu'on évoque un émigré, on le caractérise par le lieu d'où il vient. Lorsqu'on désigne un immigré, on affirme qu'il est d'ici, même s'il vit le jour ailleurs. En revanche, de par son nom, le migrant vient de nulle part et ne va nulle part, sans origine et sans destination, dépourvu de terre de racines et d'espace d'accueil, comme s'il était destiné à errer sans jamais trouver un port où s'arrêter. Nomade forcé et éternel.

 

Ce mot "migrant" est une condamnation.

 

Qui peut se permettre de décider des sorts ? Qui peut s'estimer légitimement propriétaire de la planète ? Lorsqu'on dit "migrant", on dit "circulez, votre place n'est ni ici ni ailleurs ! « Ma seule façon d'accepter ce mot consiste à inventer un autre sens implicite : nous sommes tous des migrants, fils et filles de migrants, voyageurs provisoires sur cette terre qui nous a précédés et qui nous survivra. »

 

Eric-Emmanuel Schmitt aime bien donner leur vrai sens aux mots.

Eric-Emmanuel Schmitt aime bien donner leur vrai sens aux mots.

 

 

Il y a essentiellement deux catégories de personnes venant demander l’asile : les réfugiés et les migrants économiques. On crée – volontairement – la confusion entre les deux. On rejoue à la limite le vieux sketch du douanier de Fernand Reynaud : « Les étrangers qui mangent le pain des Français. » Des formations politiques de toutes sortes entretiennent la peur et la xénophobie qui couve dans la population.

 

Ce célèbre sketch de Fernand Reynaud est une fameuse leçon qu'il faut toujours apprendre !

 

Tout le monde – du moins dans la partie occidentale de l’Europe – semble s’accorder sur l’aide aux réfugiés qui est d’ailleurs réglementée aussi bien par des lois nationales que par le droit international. Par contre, il y a une réelle hostilité à l’égard des migrants économiques.

 

Les choses ne sont évidemment pas aussi simples, d’autant plus qu’il y a des appréhensions contradictoires de la question de la part de différentes catégories sociales.

 

Les classes moyennes élevées sont en général favorables à l’accueil des réfugiés et même, dans une certaine mesure, des migrants économiques au contraire des classes populaires où les rapports avec les populations allochtones, surtout dans les villes, sont déjà très tendus.

 

Les réfugiés, cela peut rapporter gros !

 

Il faut aussi noter l’attitude des patronats allemand et belge. Ils préconisent avec enthousiasme l’accueil des réfugiés et des migrants, car ils y voient un important réservoir de main d’œuvre étant donné le vieillissement de la population dans les deux pays.

 

Dans une carte blanche au Figaro du 4 septembre, le philosophe français, Pascal Bruckner écrivait :

 

« Nous assistons à la superposition d’un double langage très troublant, celui-ci.

 

L’exhortation morale : « accueillez votre prochain » et celui d’un calcul d’épicier : « ça peut rapporter gros ». »

 

C’est incontestablement ce qu’il se passe. Les médias, le monde associatif, les églises se mobilisent pour accueillir ce qu’on s’obstine à appeler les « migrants ». Très bien ! Ils se substituent aux carences de la puissance publique et aux tergiversations dans le microcosme politique. C’est une pression pour une autre vision des choses prenant en compte à la fois le caractère humain et la prise de décision politique à long terme.

 

Mais, Pascal Bruckner ajoute :

 

« On nous fait la promotion d’un altruisme payant, un retour sur générosité, comme il y a un retour sur investissement, alors que l’obligation des leaders européens est de nous dire la vérité, si déplaisante soi-elle.

 

Faute d’intervenir sur l’histoire, l’Europe se contente du rôle de l’infirmière. »

 

Le philosophe français Pascal Bruckner jette une goutte de lucidité sur cet océan d'illusions et de tromperies.

Le philosophe français Pascal Bruckner jette une goutte de lucidité sur cet océan d'illusions et de tromperies.

 

Trois vérités déplaisantes

 

Quelles sont donc ces vérités déplaisantes ?

 

La première : qui a provoqué cette crise des réfugiés et de la migration économique ? C’est précisément la désastreuse et criminelle politique « étrangère » de l’Union européenne, particulièrement de la France, et des Etats-Unis. La complicité entre la gauche sociale libérale et les néoconservateurs américains a engendré cette catastrophe. L’intervention en Irak depuis 1990 et celle en Afghanistan et dans le même Irak après le 11 septembre ont complètement bouleversé le fragile équilibre issu des calamiteux accords Sike Picot de 1916. Le rêve chimérique du « grand Moyen Orient » de Bush où tout serait apaisé et où les grandes compagnies pétrolières pourraient exploiter les hydrocarbures en toute sérénité dans des Etats croupions dirigés par des chefs de tribus corrompus, s’est effondré dans le sang.

 

« Uranopole » va encore se faire traiter de gauchiste, mais cette analyse du journal en ligne « initiative communiste » - organe du PRCF, une dissidence du PCF – parue sur le site « Le Grand soir », est plus que pertinente :

 

« La guerre en Syrie n’est pas un phénomène surnaturel. Cette guerre, comme toutes les guerres, a des causes. La principale est la volonté de puissance et de domination de l’impérialisme américain et européen. Briser les gouvernements, non parce qu’ils ne sont pas assez démocratiques ou trop corrompus, non, sinon nos meilleurs amis de l’Arabie Saoudite ou du Qatar seraient depuis longtemps vitrifiés par nos bombardements humanitaires. Non, l’impérialisme détruit les gouvernements qui ne sont pas suffisamment serviles devant sa volonté, devant son pillage, devant ses ordres.

 

Assad, Hussein ou Kadhafi ne sont pas ou n’étaient ni révolutionnaires, ni démocrates, ni incorruptibles. Mais, à un moment, ils eurent des velléités d’indépendance et de dignité. Cela suffit. Car décidément, non, ce ne sont pas les armes chimiques ou les menaces imaginaires (même Rony Brauman le dit !) contre Benghazi qui ont signé l’arrêt de mort de l’Irakien et du Libyen. De ce point de vue qui pourrait donner des leçons ? Les gouvernements étasuniens qui ont versé des tonnes de napalm et d’agent orange (fabriqué par Monsanto et Dow Chemical) des montagnes de Grèce, aux plaines de Corée et aux rizières du Vietnam....(…)

 

Et qui sont nos amis dans le Proche-Orient ? Les décapiteurs de Ryad, les massacreurs de Bahreïn, les fournisseurs d’argent et d’armes des terroristes du Qatar, le fascisant Erdogan en Turquie ? A qui Hollande livre-t-il des armes en Syrie ? Ce n’est pas aux défenseurs de Kobané, de Damas ou de Palmyre. En revanche il vend des armes à ceux, Arabie Saoudite en tête, qui mettent à feu et à sang le Yémen !

 

Bref l’impérialisme sème les guerres et la mort aux quatre coins de l’univers, divise pour mieux régner, fomente des contre-révolutions, soutient les nazis, soutient Ben-Laden avant de le lâcher, soutient les rebelles syriens et libyens avant de « s’apercevoir » que ce sont des « terroristes », sème la terreur et inonde les cerveaux du monde d’une propagande inouïe dotée de moyens colossaux. »

 

Une objection cependant : on n’a jamais réfléchi sérieusement à une alternative à Hussein, Khadafi et Assad. Evidemment, c'était l'intérêt de l'Occident à l'époque et, comme on n’a aucune politique et qu’on ne connaît rien à la réalité du terrain.

 

La seconde : l’attitude du patronat qui voit une formidable opportunité dans l’afflux de ces réfugiés et de ces migrants.

 

En effet, il s’agit d’un réservoir de main d’œuvre inespéré. Ces réfugiés dont beaucoup sont des travailleurs qualifiés vont être accueillis à bras ouverts par les entreprises. Quelle aubaine ! Ils accepteront toutes les formes de flexibilité et les bas salaires. Ils permettront ainsi de pratiquer en toute légalité le dumping social au détriment des travailleurs en Europe. C’est un « Bolkestein » à l’échelle mondiale qui s’offre ainsi aux employeurs !

 

Cela est extrêmement dangereux et les organisations syndicales devraient dès à présent et d’urgence se pencher sur ce problème. C’est la porte ouverte à tous les abus. Les conséquences sociales risquent d’être catastrophiques pour l’ensemble des travailleurs européens et avoir pour conséquence la disparition du régime de concertation sociale.

 

Ensuite, cette discrimination volontairement établie par le patronat entre les travailleurs réfugiés ou migrants et les travailleurs « locaux » est aussi odieuse que dangereuse. Elle ne pourra que susciter l’affrontement et générer un racisme des plus dangereux qui ne peut que profiter à l’extrême-droite.

 

Henri Goldman écrit sur son blog (http://blogs.politique.eu.org/Qu-est-ce-qu-une-politique) :

 

« Sous cet angle, les sommes de plus en plus démentielles qui sont dépensées en dispositifs sophistiqués pour détecter et bloquer les migrants, que d’autres dispositifs finissent toujours par contourner, ne seraient-elles pas mieux utilisées pour financer un accueil digne de ce nom ? Et, à tout prendre, l’intérêt général ne commande-t-il pas d’élargir le marché du travail légal plutôt que de laisser le travail clandestin ronger petit à petit les fondations de notre État social ? Enfin, ne faut-il pas lucidement reconnaître que les flux migratoires, nourris par le flux d’une information mondialisée, ont déjà transformé le visage de nos villes devenues irrévocablement cosmopolites et que ce processus est destiné à s’amplifier ? »

 

Elargir le marché du travail légal ? Oui, mais dans la concertation avec les organisations syndicales. C’est le monde du travail qui a toujours manifesté de la solidarité qui doit décider et non un patronat avide de main d’œuvre à bon marché.

 

La troisième : les chiffres.

 

Ah oui ! On fait dire aux chiffres ce que l’on veut selon sa position. Pour les uns, on est face à une invasion qui va nous noyer et nous ôter à jamais notre chère identité, pour d’autres, il ne faut pas noircir le tableau. Nous sommes certes devant une situation exceptionnelle, mais, bon sang, ce ne sont pas les Huns qui mettent l’Europe à feu et à sang !

 

Qu’en est-il exactement ? Référons-nous aux chiffres. Dans un entretien publié par « l’Obs » de cette semaine entre Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères de Lionel Jospin, et l’Italien Massimo D'Alema, ancien dirigeant du Parti communiste italien, ancien ministre et actuel président du think tank Fondation européenne d’Etudes porgressistes (FEPS), les choses sont mises au point.

 

Massimo D'Alema est un des plus lucides au sein de la gauche européenne.

Massimo D'Alema est un des plus lucides au sein de la gauche européenne.

 

D'Alema observe qu’en Europe, l’immigration nette, c’est-à-dire le solde entre les arrivants et les partants, ne cesse de diminuer.

 

2011 : 700.000

2012 : 600.000

2013 : 539.000

 

En Europe, 33 millions d’habitants sont nés en dehors de l’Union européenne (soit 6,6 % du total de la population de l’UE), alors qu’au Canada, ils sont 20 %, en Suisse, 27 %, en Australie, 27 %.

 

En matière économique, en Italie, les immigrés représentent 11 % du PIB, ils paient 20 % des pensions de retraite.

 

Massimo D'Alema ajoute : « Dans le contexte démographique européen, sans les immigrés, l’Europe perdra 100 millions d’habitants dans les 60 prochaines années, et son système sociale ne sera plus soutenable. »

 

Alors, un seul mot d’ordre : revenons sur Terre et c’est l’occasion ou jamais de donner un sens à nos valeurs fondamentales !

 

 

Pierre Verhas

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires