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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 23:04

 

Raoul-Marc Jennar est une figure attachante. Il est un militant infatigable de l’altermondialisme après avoir été militant wallon, membre de plusieurs cabinets ministériels. Il a été quelques temps militant du NPA puis du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

 

Jennar fut également très actif pour un « non de gauche » au Traité constitutionnel européen lors du référendum français de 2005. Aujourd’hui, il mène une campagne infatigable contre l’adoption du traité commercial transatlantique (le TAFTA ou TTIP).

 

Sans être opposé à l’idée européenne, Raoul-Marc Jennar s’est toujours méfié des institutions européennes. Depuis la crise grecque, il va plus loin : il préconise de quitter purement et simplement l’Union européenne qu’il estime gangrénée par le néolibéralisme et non réformable, pour construire une Europe sur de nouvelles bases. Et il n’est pas le seul.

 

Raoul-Marc Jennar : une personnalité de gauche attanchante qui se trompe au sujet de l'avenir de l'Europe.

Raoul-Marc Jennar : une personnalité de gauche attanchante qui se trompe au sujet de l'avenir de l'Europe.

 

Au sein de la gauche radicale, plusieurs voix s’élèvent pour en finir avec l’Euro d’abord et avec l’Union européenne ensuite. En outre – et c’est le cas de Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche – ce serait l’Allemagne qui serait la seule responsable de la crise européenne. C’est excessif. Si, comme nous l’avons déjà écrit, l’Allemagne a réussi à imposer son leadership et sa politique ordolibérale, c’est évidemment parce qu’elle est l’Etat-membre le plus puissant, mais aussi parce que les 27 autres ont accepté ou même approuvent sa politique.

Jean-Luc Mélenchon met trop souvent ses sentiments au-dessus de l'analyse.

Jean-Luc Mélenchon met trop souvent ses sentiments au-dessus de l'analyse.

 

Le début du racisme

 

Yanis Varoufakis est d’ailleurs très sévère à l’égard de Mélenchon en l’occurrence : « Croire qu'il y a un 'type' psychologique allemand, c'est le début du racisme. Je ne suis pas du tout d'accord avec Mélenchon sur ce point et je lui ai dit à la Fête de l'Huma. C'est une pensée faible, surtout. Car la zone euro a été construite non pas par un gouvernement allemand, mais par une coalition d'élites françaises, allemandes, grecques, et tous sont également responsables de sa désastreuse architecture. »

Yanis Varoufakis a pris du recul, a une analyse et un projet.

Yanis Varoufakis a pris du recul, a une analyse et un projet.

 

En effet, ce souhait d’un retour à l’Etat nation est une forme de repli sur soi, quoi qu’en disent ses partisans. Et le repli sur soi engendre inéluctablement le racisme.

 

Et puis, il ne faut pas oublier un élément essentiel qui va bien au-delà des Etats : le poids des transnationales dont les plus puissantes, d’après Paul Jorion, sont une cinquantaine de banques et puis les oligopoles industriels et commerciaux qui contrôlent 70 % de l’économie mondiale.

 

Ce débat a commencé avec la crise grecque qui est la première qui oppose un Etat-membre à l’ensemble de ceux qui constituent l’Union européenne. Nous avons suffisamment évoqué cette crise sur le blog « Uranopole » tout en considérant qu’une sortie de l’Euro et de l’Union européenne serait une fatale erreur pour un pays confronté avec les agressions de la Troïka qui, ne l’oublions pas, ne sévit pas qu’en Grèce.

 

On ne répond pas à une agression par la fuite, mais en organisant la Résistance.

 

La majorité des Grecs ne voulait pas sortir de l’Euro. Certes, il y a une contradiction : rester dans l’Euro signifie se soumettre aux diktats de la troïka, c’est-à-dire accepter le 3e mémorandum, ce que ne veut pas cette même majorité.

 

Les trois paradoxes de l’Union européenne

 

Dans une interview au journal financier belge « l’Echo » datant du 3 septembre, Yanis Varoufakis analyse les conséquences du diktat du 13 juillet et les relations entre la Grèce et l’UE :

 

« Il y a un paradoxe monumental au cœur de l’Union européenne. Celui-ci se décline en trois parties. D’abord, c’est la première fois de l’histoire de l’humanité que des créanciers imposent des conditions qui, de fait, les assurent de ne jamais revoir leur argent. Deuxièmement, il y a en Grèce un peuple qui veut, dans sa grande majorité, absolument rester dans la zone Euro, mais qui en même temps rejette de manière tout aussi absolue les conditions qui lui sont imposées pour cela. Au même moment, en Allemagne, dont le gouvernement est responsable des conditions imposées à la Grèce, vous avez une grande majorité qui veut que la Grèce reste dans la zone Euro mais en appliquant les termes de l’accord. Troisièmement, cet accord, et le programme qui va avec, est tellement aberrant que même s’il était mis en application par Dieu lui-même aidé de ses Archanges, il ne pourrait pas réussir. Ces trois parties du paradoxe sont tellement intimement liées qu’elles ne peuvent être résolues qu’ensemble. Le système grec ne peut résoudre ce puzzle à lui tout seul. Tôt ou tard, il devra être résolu à travers les institutions européennes tant pour la Grèce que pour l’Europe. »

 

On se trouve donc devant un blocage général. Comment en sortir ? Varoufakis constate tout en mettant en garde contre la dérive des institutions et particulièrement de l’Eurogroupe dont il a vécu l’amère expérience : « La plus grande économie mondiale ne peut pas être gouvernée par une équipe digne du Moyen-âge et un Eurogroupe qui se réunit, délibère et décide sans publier même un compte rendu et sans avoir à rendre des comptes à quiconque ! Les citoyens européens n’ont même pas le moyen de savoir ce qui se dit à ces réunions ! En plus, au-delà du déficit démocratique évident, ce type de procédé fait que les décisions prises sont mauvaises et économiquement catastrophiques et font que l’UE est aujourd’hui le grand malade de l’économie mondiale. »

 

Raoul-Marc Jennar réplique : « On regrettera toutefois qu’il écarte d’emblée, au nom du danger nationaliste et du risque de fragmentation de l’Europe, toute idée de construire une autre union des peuples d’Europe rendue possible seulement par la dénonciation des traités européens et de leur interprétation extensive par la Cour de Justice de l’Union européenne. Comme si les politiques de l’Union européenne et les institutions conçues pour les mettre en œuvre ne constituaient pas aujourd’hui le plus grand danger de la renaissance du nationalisme et de l’opposition des peuples d’Europe entre eux. Le dogme de la concurrence qui met en compétition les peuples de l’UE, l’impossibilité inscrite dans les traités de toute harmonisation fiscale et sociale qui en est le corollaire, l’impuissance des peuples à encore décider de leur destin, tout cela fournit aux extrêmes-droites nationalistes et identitaires des arguments décisifs bien plus menaçants pour la cohésion de l’Europe.

 

Le discours de Varoufakis représente dès lors une tentation dangereuse parce qu’il entretient, une fois de plus, l’illusion qu’une autre UE est possible. Comme son crédit médiatique est grand, il capte l’attention de ceux qui, à gauche, entretiennent la confusion des esprits et brouillent à dessein leur message sur l’UE. Il retarde d’autant la prise de conscience à gauche de la nécessité de sortir de l’UE, non pas comme une fin en soi, mais comme le seul moyen de construire l’indispensable union des peuples qui le souhaiteront ; une union où, en lieu et place de la concurrence, la souveraineté populaire sera le principe moteur. »

 

Que propose Varoufakis ?

 

« Réunir tous les citoyens européens qui se sentent concernés par ces phénomènes au-delà de leurs appartenances politiques et de l’idéologie de chacun, créer des débats et des discussions et un vrai réseau. Son but sera d’étudier et de trouver des moyens de démocratiser la zone euro : c’est une nécessité absolue. Une fois que des positions consensuelles seront trouvées, comment cela pourrait s’exprimer politiquement pays par pays. »

 

L’ancien ministre grec des finances ne veut pas créer au départ un nouveau parti politique. Il explique : « Mon idée est de procéder de manière inverse : créer d’abord un courant de pensée et d’action paneuropéen et ensuite mettre en place des partis au niveau national, mais dont l’agenda politique est européen. On n’en est pas encore là aujourd’hui… »

 

Cette idée rejoint celle de contre lobbying qui a été proposée ici même. (http://uranopole.over-blog.com/2015/09/l-impasse-souverainiste.html)

 

Le déclin de la social-démocratie

 

On peut parfaitement concevoir une Union européenne débarrassée de ces traités politiques. Certes, il faut une majorité pour cela : c’est loin d’être le cas aujourd’hui. La gauche divisée est considérablement affaiblie. La social-démocratie s’est ralliée sans gloire à la politique ultralibérale arguant du fameux TINA thatchérien et laissant accroire que son rôle consisterait à adoucir les mesures antisociales qui accompagnent cette politique et à se battre pour maintenir l’Etat social. Auparavant, elle parlait de construire « l’Europe sociale ». C’est un mensonge éhonté, tout comme celui de François Hollande lors de la campagne électorale de 2012 qui a osé proclamer que son « ennemi est la finance ».

 

 

François Hollande n'arrête pas de pratiquer le double langage.

François Hollande n'arrête pas de pratiquer le double langage.

 

La social-démocratie qui n’a cessé de décliner depuis la chute du Mur de Berlin est hypnotisée par la majorité conservatrice de plus en plus forte et, pour se consoler, renonçant à toute politique sociale, s’est lancée dans le « sociétal » avec des réformes – certes utiles, mais que ne changent en rien le rapport de force – sur les questions éthiques. Fascinée par le pouvoir, la social-démocratie ne peut qu’accentuer son ambigüité. Elle devra bien constater un jour qu’elle ne répond plus aux aspirations de la société.

 

Dès lors, le « peuple de gauche », ce qu’il subsiste de la classe ouvrière, les laissés pour compte de plus en plus nombreux sont en plein désarroi : ils n’ont pas de relais dignes de ce nom. Soit ils s’abstiennent, soit ils se tournent vers l’extrême-droite – c’est en effet dans les fiefs traditionnels de la gauche ouvrière que le Front national est le mieux implanté – et une minorité vers la gauche de la gauche.

 

Certes, cela bouge dans la « gauche de la gauche ». Podemos en Espagne change son discours au préalable anti Union européenne. Au Portugal, la gauche radicale a obtenu près de 10 % des voix aux dernières élections législatives, alors que le parti social-démocrate est laminé au profit des conservateurs. Cette nouvelle gauche portugaise est intéressante : elle allie le discours radical à une analyse cohérente et à un refus de la fuite en avant vers l’anti-européisme.

 

Va-t-on mobiliser les masses contre l’UE ?

 

Un démantèlement de l’Union européenne implique inéluctablement un retour à l’Etat nation. La question est : certes, les institutions européennes – et cela se comprend – ne sont pas populaires. Mais va-t-on mobiliser les masses pour démanteler l’Union européenne et ses nuisibles traités ?

 

Rien n’est moins sûr. Les accords de Schengen qui permettent la libre circulation à travers le territoire de l’Union européenne et même au-delà sont incontestablement populaires, notamment auprès des jeunes. Les programmes Erasmus sont recherchés par la plupart des étudiants universitaires à travers l’Europe.

 

Même l’Euro est populaire. Ne plus devoir changer aux frontières des différents Etats-membres est un avantage incontestable. Cela permet d’avoir une comparaison des prix et ainsi de faire pression contre les excès.

 

L’Europe est rentrée dans notre culture et elle y restera. Certes, il n’y a pas la même conception de la construction européenne partout. Les derniers événements avec les réfugiés ont montré le fossé qui sépare les pays de l’ancienne Mitteleuropa des Etats d’Europe occidentale. Certes, il faudra lutter contre les institutions européennes qui installent progressivement un dangereux système totalitaire.

 

Un terrible aveu de faiblesse

 

Mais, peut-on penser sérieusement qu’en revenant à l’Etat nation, on construirait une « autre » Europe sous prétexte qu’il est impossible de réformer les institutions européennes ?

 

Ce serait un terrible aveu de faiblesse ! Ce serait admettre qu’on est désormais incapable de créer un rapport de force !

 

Et, en outre, un Jacques Sapir a déjà franchi le premier pas, ce serait nous allier à nos pires ennemis : l’extrême-droite populiste, nationaliste ! Est-on prêt à payer ce prix ?

 

Ce serait, après la capitulation de la social-démocratie face au néolibéralisme, une reddition sans condition au nationalisme que la gauche par essence universaliste a toujours combattu.

 

Et la sortie de l’Euro ?

 

D’aucuns disent qu’à défaut de sortir de l’Union européenne, il faut se retirer de l’Euro. C’est là aussi une grave erreur. Yanis Varoufakis répond dans l’Obs du 8 octobre. Et il sait de quoi il parle :

 

« C’est une question intéressante pour la zone euro dans son ensemble. Le problème, c’est qu'on ne peut pas envisager sérieusement une éventuelle sortie d’un pays de la zone euro. Car dès que la discussion commence, le mécanisme est enclenché et aussitôt les banques du pays concerné s’écroulent. Par conséquent, il est tout simplement impossible d’avoir un plan B opérationnel. Il ne peut être que théorique. Nos études sur la question, comme celles de la BCE d’ailleurs, n’était confiées qu’à 5-6 personnes pour rester discrètes. Pour qu’un tel plan soit opérationnel, il faudrait que près d’un millier d’experts se coordonnent. Cela ne pourrait plus rester secret, et provoquerait donc une panique bancaire, avec une sortie de l’euro à la clé… »

 

Et il ajoute en évoquant les débuts du gouvernement Syriza jusqu’au funeste 13 juillet :

 

« Si on avait voulu quitter l’Euro avec Tsipras, il aurait fallu recréer une drachme pour dévaluer. Cela aurait été un suicide pur et simple. Exactement la même chose que d’annoncer une dévaluation un an à l’avance, car créer une nouvelle monnaie, cela prend un an. Imaginez Jacques Delors, lorsqu’il était ministre des Finances, annonçant : « Mes chers concitoyens, voilà, dans un an le franc va être dévalué de 30 % à 40 %. » Tout le monde aurait exfiltré son argent. La France aurait été foutue. Les dévaluations ne fonctionnent que lorsqu’elles sont imposées en moins de vingt-quatre heures. »

 

Et il conclut au sujet du chantage d’exclusion de l’Eurozone fait à la Grèce :

 

« Si j’avais été Tsipras et que l’on m’ait dit : « Ou tu signes, ou l’on vous jette dehors de l’Euro. », je leur aurais répondu : « Eh bien, faites-le. » Je sais exactement ce que cela aurait coûté, mais je l’aurais fait quand-même et pour deux raisons. Tout d’abord parce qu’ils ne l’auraient pas fait ! Ils ne souhaitaient pas que la Grèce sorte de l’Euro en réalité. Deuxièmement, parce que, même s’ils l’avaient fait, c’est eux qui auraient été maudits par nous. Le paradoxe, c’est que pour stopper la fragmentation de l’Euro, il aurait fallu commencer par cesser de la craindre. »

 

Ajoutons qu’une exclusion d’un pays de l’Eurozone est interdite par les traités. Aussi, les dirigeants de l’UE se seraient mis en porte-à-faux.

 

Le fléau : la peur

 

Ce que raconte l’ancien ministre grec des finances, avec le recul de quelques mois, montre combien la peur a joué en cette affaire.

 

Il était évidemment impossible pour les pays qui pratiquent des politiques drastiques d’austérité d’accepter qu’un seul Etat-membre sorte de ce carcan. Varoufakis cite l’exemple de la Lettonie. Son Premier ministre avait peur d’être renversé si la Grèce l’emportait, son peuple n’aurait jamais admis qu’il cède après avoir pratiqué une telle ponction que 25 % des Lettons en âge de travailler ont quitté le pays. Le second pays est la France qui a une peur bleue de voir l’Allemagne lui imposer la troïka, car sa situation est catastrophique, ce qui explique sans doute le cafouillage politique du tandem Hollande-Valls à la merci du banquier Macron.

 

Varoufakis avoue que les hésitations grecques – le référendum du 5 juillet avec la victoire du « non » et la capitulation du 13 juillet – ont fait beaucoup de tort à la gauche.

 

« Nous leur avons fait beaucoup de mal. Podemos est désormais très endommagé à cause de nous. Mais tout est lié : une des raisons pour lesquelles l’Europe officielle était absolument décidée à nous écraser, c’était la montée de Podemos. Les sociaux-démocrates en Allemagne et ailleurs craignaient notre succès. Si on avait réussi à faire repartir l’économie grecque, ils auraient fini comme le Pasok, à 4 %. Donc, ils devaient nous détruire, et ils l’ont fait. »

 

Aujourd’hui, Podemos a rectifié le tir. Podemos a emporté les municipales et possède des « fiefs » en Espagne. C’est évidemment un signal que tout n’est pas perdu.

 

La Lettonie a peur, la France a peur. Et comme l’a bien expliqué, Yanis Varoufakis, cette peur s’exprime au sein de l’Eurogroupe où se prennent les décisions. Le Conseil et la Commission ne faisant qu’entériner. À partir du moment où la peur l’emporte, il est impossible de construire un projet. Et c’est ce qu’il s’est passé : l’Europe cafouille parce qu’elle a peur. Elle a peur de l’effondrement de l’Euro, elle a peur des réfugiés, elle a peur de la guerre.

 

Et c’est la chance de la gauche européenne qu’appelle Varoufakis de ses vœux : elle seule peut réenchanter le projet européen en allant au-delà de la peur.

 

Le souverainisme est une fuite en avant dictée aussi par la peur. Il ne pourrait conduire qu’à la catastrophe. Et le rêve légitime de souveraineté du peuple serait définitivement fracassé.

 

Le peuple s’entend au-dessus des frontières et sa souveraineté ne pourra s’exercer que si elle les dépasse.

 

Il était illusoire de penser que la Grèce, elle seule, aurait pu défier la Troïka. Une nation n’est rien face aux forces supranationales. Tsipras a choisi la capitulation, Varoufakis opte pour un mouvement populaire européen à long terme au-dessus des frontières.

 

 

Pierre Verhas

 

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Published by pierre verhas
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