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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 22:19

 

Réflexion d’Edgar Morin

 

Le sociologue nonagénaire n’a pas perdu son acerbe sens critique. Dans un débat avec Jean Daniel paru dans le numéro de l’Obs du 22 octobre, il décrit le vrai clivage de la société en France, qui est aussi celui qui sévit dans l’ensemble de l’Europe.

Edgar Morin toujours aussi acerbe

Edgar Morin toujours aussi acerbe

 

 

E.M. - Quand on pense à la manière dont les sans-papiers avaient malgré tout été soutenus non seulement par des intellectuels, mais par toute une partie de la population, l'évolution est frappante. A mon avis, elle est liée à la régression profonde du présent. Nous assistons à une vichysation rampante, qui n'est évidemment pas née de rien. Il y a TOUJOURS eu deux France qui se sont combattues, dès l'affaire Dreyfus, la loi Combes, la laïcité. La France républicaine l'avait emporté. La deuxième France, qui était à l'époque monarchiste, aristocratique, ultraréactionnaire, est restée en partie raciste, farouchement nationaliste. Et dans la crise profonde, à la fois économique, de civilisation, je dirais même "anthropologique", c'est celle-ci qui progresse, alors qu'il y a dépérissement du peuple de gauche. Et il n'est pas étonnant de voir certains intellectuels, aujourd'hui, changer de credo.

 

Nul acquis n'est irréversible, y-compris la démocratie.

 

Et ce qui ne se régénère pas dégénère. Ce ne sont ni les vitupérations, ni les imprécations, ni les dénonciations permanentes qui peuvent agir contre le Front National. Tant qu'on n'aura pas formulé une voie nouvelle, une nouvelle espérance, il sera irrésistible.

 

Le PS et le FN

 

Justement dans cette redoutable perspective, quelle réponse apporte le PS français appelé aussi le parti « solferinien » du nom de la rue où se trouve son siège à Paris ?

 

Les pontes de Solferino redoutent avec raison la Bérézina. Ils pourraient perdre toutes les régions qu’ils dirigent au profit du… Front national !

 

Pour ces messieurs dames, une défaite aux régionales signifierait la fin du pouvoir à court terme. Et là, ce serait la catastrophe ! En effet, il n’est pas question de faire quelque-chose du pouvoir, mais d’avoir le pouvoir. Alors, on est prêt à toutes les compromissions.

 

Aussi, que fera le PS qui prévoit une défaite cuisante ?

 

Sera-ce le Front républicain : c’est-à-dire se désister au deuxième tour en faveur du candidat centriste ou sarkozyste, ou même fusionner avec lui ?

 

Sera-ce le maintien du candidat socialiste au deuxième tour contre la droite « démocratique » au risque de faire élire un FN ? Ou encore appeler à l’abstention avec le même risque ?

 

Manifestement, les édiles « socialistes » sont divisés à ce sujet.

 

On peut se poser la question : Hollande usera-t-il de la même stratégie que son prédécesseur, François Mitterrand ? Feu le président socialiste avait restauré la proportionnelle en 1986 pour affaiblir la droite au profit du FN, afin d’être plus fort lors de la cohabitation.

 

Le jeu serait encore plus dangereux, car on s’aperçoit que dans plusieurs régions, la droite « démocratique » est fort proche du Front national. Il arrive que des candidats FN passent chez les « Républicains » et l’inverse. En PACA, le choix de l’électeur sera Estrosi ou Marion Maréchal (nous voilà !) Le Pen. On se demande quelle est la différence entre le vieux droitier et la blonde facho…

 

Marion Maréchel (nous voilà !) Le Pen : il n'y a pas beaucoup de différences avec son concurrent Estrosi.

Marion Maréchel (nous voilà !) Le Pen : il n'y a pas beaucoup de différences avec son concurrent Estrosi.

 

Manuel Valls a beau hurler : « Nous ne laisserons pas une seule région au FN ! » Il n’est plus maître du jeu.

 

Cela dit, l’électorat du FN représente jusqu'à présent un maximum de 18 %. Dès lors, il y a peu de chance qu’il puisse emporter une région, même là où il est fort comme dans le Nord Pas de Calais ou en PACA.

 

Le vrai danger se trouve dans l’ultra-droitisation des candidats LR. Sarkozy a poussé à cela au lieu de chercher au centre. Il est vrai qu’il traîne tellement de casseroles qu’il doit absolument engranger une victoire s’il veut que sa carrière politique ne passe pas par la case prison.

 

Quant au PS, sa déliquescence est inéluctable. Il y a trois ans, le journaliste Jean-François Kahn a proposé la dissolution du PS. Pour que la gauche ait un avenir en France, il a sans doute raison.

 

Vous allez voter pour Hillary ?

 

Déjà, la gauche libérale et la droite bobo européennes se mobilisent pour souhaiter ardemment l’élection d’Hillary Clinton à la présidence des Etats-Unis.

 

Hillary Clinton à la sortie de l'Elysée, montrait bien à Hollande qu'elle est la patronne !

Hillary Clinton à la sortie de l'Elysée, montrait bien à Hollande qu'elle est la patronne !

 

Une femme à la tête de la « plus grande démocratie du monde » après un Noir, quel progrès ! Oui mais, quelle femme ?

 

Une journaliste américaine, Diana Johnstone, vient de publier un ouvrage intitulé « Hillary Clinton : la reine du chaos » (éd. Delga, Paris, 2015). Elle a présenté son livre à la radio RT France. Voici un extrait de son interview. A lire ceci, l’avenir n’est pas rose si Madame Clinton se retrouve à la Maison Blanche en novembre 2016.

Diana Johnstone pousse son analyse jusqu'au bout.

Diana Johnstone pousse son analyse jusqu'au bout.

 

RT France : Dans votre livre, vous étudiez plusieurs interventions américaines dont les guerres en Irak et en Libye. A quel point le scénario syrien ressemble-t-il aux autres guerres menées par les Etats-Unis ?

 

Diana Johnstone : Depuis la guerre du Kosovo contre la Serbie en 1999, on voit des variations du même scénario : en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Sous un prétexte ou un autre, les faiseurs d’opinion occidentaux proclament un état d’urgence dans le pays ciblé, dû aux agissements d’un «dictateur» qui «doit partir». En Syrie, comme en Libye et au Kosovo, l’OTAN soutient militairement un groupe de rebelles sans trop se préoccuper de ses antécédents criminels ou de ses objectifs réels, en présentant ses membres comme des «victimes» qui souhaitent installer «la démocratie». Après des bombardements humanitaires, le pays ainsi «sauvé» sombre dans le chaos.

 

RT France : Est-ce une guerre gagnée pour les Etats-Unis ?

 

D.J. : La caractéristique principale de ces guerres menées par les Etats-Unis est qu’elles ne sont ni gagnées ni perdues, dans le sens que l’on atteint jamais «la démocratie» proclamée comme objectif. On casse une société, produisant un désordre ingérable dont l’un des résultats est de provoquer des flots de réfugiés qui déferlent aujourd’hui sur l’Europe. C’est vrai, même pour la première guerre de la série. Sait-on que le deuxième plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe depuis des mois sont les Albanais du Kosovo, qui fuient leur pays «libéré» par l’OTAN ?

 

RT France : Quel est donc l’objectif de ces guerres ?

 

D.J. : Le véritable objectif de ces guerres n’est que négatif. Il ne s’agit pas de créer des démocraties et de défendre les droits de l’homme, mais de détruire un pays qui ne correspondrait pas aux impératifs de l’hégémonie américaine.

 

En 2003, la France a eu le courage, applaudie par la plupart des pays du monde, de refuser la guerre américaine qui a détruit l’Irak, guerre qui a fait le lit du soi-disant «Etat Islamique». Malheureusement, la campagne américaine de dénigrement de la France semble avoir terrifié Paris et incité les dirigeants qui ont succédé à Chirac à rentrer dans le rang.

 

RT France : Le désaccord entre la Russie et les Etats-Unis sur le dossier syrien dure depuis déjà plus de trois ans. Pourquoi est-ce que la position russe de soutenir el-Assad au nom de la lutte contre l’EI n’est pas prise en considération par l’Occident ? Est-ce que les Etats-Unis et la Russie peuvent trouver à un consensus ?

 

D.J. : L’accord sur les armes chimiques syriennes a donné la preuve que la coopération entre les Etats-Unis et la Russie pourrait bien fonctionner, et qu’elle pourrait être la base d’un accord pour sauver la Syrie du chaos qui la détruit. C’est pour cela que le «Parti de la Guerre» à Washington a tout de suite mis le paquet pour diaboliser Vladimir Poutine et bloquer le chemin de la paix. Si j’ai écrit un livre sur Hillary Clinton, c’est parce qu’elle est la candidate préférée de ce Parti de la Guerre qui traverse les partis politiques Démocrate et Républicain et qui dirige en coulisses la politique étrangère américaine. Là où le Président Obama hésite parfois, Hillary Clinton se montre empressée, par exemple pour armer les rebelles syriens soi-disant «modérés» contre el-Assad. Aux Etats-Unis, on commence à reconnaître à quel point cette femme est dangereuse, mais en France, on ne le comprend pas du tout. Mon livre l’explique.

 

RT France : Vous avez également écrit que les Etats-Unis exploitent la nostalgie anti-communiste et antirusse présentant Vladimir Poutine comme la «dernière incarnation du mal». Est-ce que cela fonctionne toujours ?

 

D.J. : C’est moins une nostalgie qu’une habitude. On voit maintenant que le communisme a largement servi de prétexte pour être hostile à Moscou durant la Guerre froide. Le complexe militaro-industriel, dont je décris le rôle fondamental, a besoin d’ennemis pour se justifier. Il ne suffit pas de détruire de temps à autre un petit pays, il faut un adversaire de taille pour justifier les budgets faramineux du Pentagone. Puis, il y a l’objectif stratégique défini par Zbigniew Brzezinski, de tenir séparées la Russie et l’Europe occidentale, pour mieux dominer les deux.

 

RT France : Est-ce que cela profite aux Etats-Unis ?

 

D.J. : Demander si cela profite aux Etats-Unis suppose que la politique étrangère soit plus rationnelle qu’elle ne l’est. Regardez un peu le Congrès des Etats-Unis, où l’ignorance dispute la mauvaise foi. Le pouvoir de l’argent a corrompu le système politique américain, et notamment sa capacité à penser. Malheureusement, les Européens semblent toujours croire qu’il y a un bon pilote dans l’avion.

 

RT France : Selon vous Hilary Clinton personnifie «l’orgueil et l’exceptionnalisme américains». En quoi est-ce que c’est mal ?

 

D.J. : Tous les pays sont exceptionnels, et je voudrais qu’ils le restent dans un monde riche de diversité, au lieu d’être obligés de se calquer sur un seul modèle, tel que l’impose la globalisation à l’américaine. Mais l’exceptionnalisme américain est très spécial, car il ne se borne pas à la célébration des qualités du pays, qui sont réelles, mais aspire à faire la loi dans le monde entier. Il s’agit de l’idée selon laquelle les Etats-Unis sont le centre de vertu dans le monde, d’origine peut-être divine, et qui sont donc appelés à répandre cette vertu sur la planète, non pas par l’exemple, ce qui serait intéressant, mais par les armes. Cette conviction leur permet de ne voir les millions de morts, de blessés, de vies ruinées résultant de leurs guerres que comme des accidents regrettables d’une entreprise innocente et bien intentionnée. Et cet orgueil est accompagné par une peur maladive de «l’autre», que ce soient les «communistes», ou les «terroristes», vus comme les forces du Mal vouées à la destruction du centre du Bien. En cela, les Etats-Unis ressemblent beaucoup à leur protégé Israël. En passant, la candidature de Hillary Clinton est soutenue par le milliardaire israélien Haim Saban qui déclare sans gêne qu’il mettra autant de dollars qu’il le faut pour la faire élire à la présidence.

 

RT France : Est-elle capable de remporter l’élection présidentielle ?

 

D.J. : Elle est non seulement capable de remporter l’élection présidentielle de 2016, mais, depuis des mois elle est donnée comme la gagnante sûre et certaine. Sa campagne est très bien financée, ce qui compte avant tout dans les élections américaines. Le parti républicain en face n’offre qu’un spectacle pathétique de clowns minables. Son seul challenger démocrate jusqu’à présent, le vieux Sénateur du Vermont, Bernie Sanders, était peu connu et est considéré comme trop à gauche pour être pris au sérieux. Mais on vit dans un monde changeant et tout peut changer.

 

Museler les organisations syndicales ?

 

La dernière journée de mobilisation du Front commun syndical en Belgique a donné lieu à des incidents, somme toute, assez courants. L’autoroute à Liège a été bloquée et il y a eu des dégâts. Le gouvernement nationaliste libéral de Charles Michel a poussé des cris d’orfraie. Les syndicats sont devenus le principal danger pour la démocratie en Belgique !

 

L'autorute E40 près de Liège a été bloquée par des syndicalistes de la FGTB lors de la journée d'action du 19 octobre.

L'autorute E40 près de Liège a été bloquée par des syndicalistes de la FGTB lors de la journée d'action du 19 octobre.

 

Tout d’abord, un hôpital a déposé plainte contre les militants syndicalistes qui ont bloqué l’autoroute pour avoir empêché un chirurgien d’arriver à temps pour opérer une patiente. Cette journée d’action était annoncée. La direction de cet établissement aurait pu prévoir un renforcement de son équipe médicale ! Elle fait porter la responsabilité de ses carences sur les grévistes.

 

Il est clair que l’on veut faire porter le chapeau de ce drame à la FGTB. De là à ce que l’on dise qu’il s’agit d’une organisation criminelle, il n’y a qu’un pas que d’aucuns sont prêts à franchir.

 

Le comble, ce fut la leader socialiste bruxelloise Laurette Onkelinx qui fustigea le comportement des syndicalistes ! L’image du PS devient de plus en plus floue !

 

Alors, on revient avec de vieux projets. Les libéraux francophones du MR ont déposé une proposition de loi garantissant la « liberté du travail » qui consiste en réalité à interdire les piquets de grève. Autrement dit, si ce texte est adopté, il n’y aura plus de grève !

 

Plus fort, les nationalistes flamands de la NV-A proposent eux que les syndicats aient obligatoirement la personnalité juridique. Cela signifie que les syndicats seront soumis à un contrôle étatique et que les fonds de grève seront fiscalisés. C’est là aussi la fin du droit de grève et... de la liberté d'association !

 

Derrière cela, se trouve le patronat le plus agressif du VOKA, grand soutien de la NV-A.

 

De là à ce que ces nostalgiques réintroduisent le corporatisme…

 

Jan Jambon aime marquer !

 

Le ministre de l’Intérieur belge, le nationaliste flamand NV-A, Jan Jambon propose que les réfugiés portent un badge lorsqu’ils se déplacent sur la voie publique. Marqués comme du bétail, les migrants !

 

Jan Jambon montre son vrai visage : la répression et la discrimination comme au bon vieux temps...

Jan Jambon montre son vrai visage : la répression et la discrimination comme au bon vieux temps...

 

Cela ne vous rappelle rien ? L’étoile jaune pendant l’occupation, par exemple ?

 

Si cette mesure est adoptée, dorénavant, la Belgique aura réinstauré la discrimination selon les origines. Qui a dit que le libéralisme est démocratique ?

 

La fin de Schengen

 

La Hongrie avait déjà construit sa « barrière » à sa frontière avec la Serbie pour « contrôler » le flux des réfugiés. Cela ne menaçait pas les accords de Schengen qui assurent la liberté de circulation des personnes dans l’espace éponyme, puisque la Serbie ne fait pas partie de l’Union européenne et n’a pas signé les accords en question.

 

Voici l’Autriche qui construit une barrière à sa frontière avec la Slovénie. Là, c’est autre chose ! Les deux pays sont membres de l’Union européennes et signataires des accords Schengen.

 

Si le Conseil et la Commission laissent faire cela. C’est la fin de Schengen. On rétablira le contrôle aux frontières. Belle régression !

 

Mais, rassurez-vous, la libre circulation des capitaux n’est pas concernée !

 

 

Pierre Verhas

 

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Published by pierre verhas
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Sara Ovens 17/11/2015 15:06

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