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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:51

 

Julien Suaudeau écrivain de l’apocalypse des banlieues

 

On reparle de l’écrivain Julien Suaudeau, auteur de « Dawa », son premier roman signé à 38 ans et qui connut un grand succès, il y a trois ans.

 

 

L’histoire se résume ainsi : A la veille des élections municipales, un groupuscule terroriste baptisé Dawa al-Islamiya diffuse une vidéo promettant de « détruire Paris ». Tandis que la panique s’empare de l’opinion publique et qu’un climat de chasse aux sorcières s’installe, les hommes de l’antiterrorisme investiguent pour identifier les cinq membres du réseau et les cibles de leurs attaques-suicides, prévues quinze jours après la publication de la vidéo.

 

 

Parallèlement à cette intrigue terroriste « classique », Dawa raconte l’histoire de deux vengeances, deux obsessions, deux destins liés par une fatalité primitive. Il y a d’abord Assan Bakiri, cerveau des attentats, agrégé d’arabe qui a tout réussi, mais rongé par une blessure personnelle et prisonnier de ses racines familiales, notamment l’ombre de son père, le terrible Al-Mansour, un ancien chef du FLN qui agonise dans un pavillon d’Aulnay-sous-Bois, atteint de la maladie d’Alzheimer. En face de lui, Daniel Paoli, grand patron du renseignement intérieur, pied-noir des Aurès qui a vu ses parents se faire massacrer sous ses yeux à la veille de l’indépendance algérienne, et qui a pourchassé toute sa vie leur meurtrier, qui n’est autre qu’Al-Mansour.

 

 

Julien Suaudeau, Dawa, Robert Laffont, 492 p..

 

 

Julien Suaudeau, écrivain sans concessions et homme discret

Julien Suaudeau, écrivain sans concessions et homme discret

 

 

Il y a bien des similitudes entre « Dawa » et les attaques du 13 novembre. L’hebdomadaire « Paris-Match » a interviewé son auteur. Voici les réponses qu’il apporte dans cet extrait. Tout d’abord, Suaudeau ne s’inscrit pas dans les « néoréacs » à la Houellebecq, même s’il ne respire pas l’optimisme.

 

 

Le vide de notre sous-culture

 

 

Dans votre dernier livre, "Le Français", un djihadiste normand dit : "Vous ne pouvez pas nous faire la guerre puisque nous sommes vous." La France a donc officiellement le cancer ?

 

 

« En phase terminale. La France telle qu’on l’a connue, la grandeur à laquelle tous les professionnels de la mélancolie se raccrochent, tout ça est en train de mourir. Mais, contrairement à Houellebecq, je ne pense pas que les barbares tiennent le marteau, clous dans le bec à califourchon sur le cercueil. Ce sont des losers bien de chez nous. Ecoutez la version française du communiqué de revendication publié par l’EI après les attaques de vendredi : le mec ânonne un texte grandiloquent dont il comprend un mot sur dix, avec quelques “h” aspirés histoire de faire bonne mesure et en fond sonore une infâme bouillie R’n’B. C’est le vide de notre sous-culture qui nous revient -aujourd’hui en pleine gueule. »

 

 

Les têtes d’œuf sur un corps sans muscle

 

 

Les statuts Facebook bleu, blanc, rouge et les bougies aux fenêtres : nos réponses à l’horreur sont-elles trop sages ? Ne sommes-nous pas dans le déni ?

 

 

« Ce n’est pas du déni, c’est un réflexe naturel mais qui ne peut pas se suffire à lui-même. Il faut montrer les dents, en sachant qu’on devra se battre, parce qu’il y a des gens que nos grognements de vieux toutous n’effraient plus. Le discours laïquard et prétendument dur de ceux qu’on appelle les néo-réacs n’a pas plus de sens aujourd’hui que l’excuse socio-économique des antiracistes. A Raqqa, ils doivent se bidonner en écoutant “On refait le monde”. L’idée, c’est d’arrêter d’être perçu comme un pays de jouisseurs et d’intellos à la langue bien pendue. Les petites brutes n’aiment rien tant que les têtes d’œuf sur un corps sans muscles. Nous voulons jouir ? Continuer à baiser, boire, manger, sortir, parce que c’est la France ? Alors soyons prêts à défendre ce qui nous est précieux. »

 

 

Ça veut dire que nous sommes entrés en guerre ?

 

 

« En guerre, ça ne fait aucun doute. Mais contre qui ? Le “Charles-de-Gaulle” et tous nos drones auront un impact sur les théâtres extérieurs. C’est à la maison que cette guerre se gagnera ou se perdra. »

 

 

A la maison justement, l’objectif de Daech semble de nous monter les uns contre les autres. Comment voyez-vous la suite ?

 

 

« L’EI veut la guerre civile : ses doctrinaires et ses stratèges l’ont écrit, c’est le plan que ses petits soldats amoureux de la mort sont en train d’appliquer à la lettre. De notre côté, la peur est inévitable puisque nous aimons la vie. Cette asymétrie-là est pour moi la clé du conflit. Nous n’avons pas le choix : nous devons vivre avec la terreur et faire preuve de courage quand nous le pouvons. J’imagine que les résistants dont l’Histoire a oublié le nom voyaient les choses à peu près dans ces termes. »

 

 

Les investissements sanguinaires

 

 

Quelle honte au JT de 19 h 30 à la RTBF, vendredi 27, où un représentant du patronat eut la muflerie d’affirmer que la Belgique ne pouvait se passer des investissements de l’Arabie Saoudite ! Donc, peu importent les conséquences des agissements des dirigeants de ce pays – décapitations, flagellations publiques, détentions arbitraires, complicité avec l’EI – pourvu que le pognon rentre.

 

 

Changeons de sujet : la vie continue.

 

 

Avec ses dangers ! Les multinationales sont toujours là. Voici une conférence qui ne doit pas manquer d’intérêt et qui aura lieu à Ixelles (une des communes de la deuxième ceinture de Bruxelles) le 9 décembre.

 

 

"Juger les Multinationales"

Droits humains bafoués, ressources naturelles pillées, impunité organisée.

 

Soirée-débat

Le mercredi 9 décembre - 20h

à la Quincaillerie des Temps Présents

66, rue du Viaduc - 1050 Ixelles

 

Intervenants : Gabrielle Lefèvre et Eric David

auteurs du livre : "Juger les multinationales"

qui vient de paraître aux éditions - Mardaga/GRIP -

(Préface de Jean Ziegler)

 

 

Coca-Cola, Monsanto,Shell, Nestlé, Bayer, Texaco... certaines marques sont associées à des scandales retentissants. Hydro-piraterie en Inde, pesticides aux effets dévastateurs, exploitations pétrolifères transformant le delta du Niger en désert écologique, drame du Rana Plaza au Bangladesh, enfants empoisonnés par le plomb au Pérou... la liste est longue et plus qu'inquiétante.

 

 

Les auteurs examinent quelques uns des crimes les plus significatifs commis par des multinationales.

 

 

Ils expliquent aussi comment ces sociétés ont conquis de vastes marchés. Une montée en puissance - et en impunité- grâce notamment aux soutien des Etats-Unis.

 

 

Ils analysent l'inefficacité des mécanismes de régulations, et interrogent le projet de grand marché transatlantique. Les multinationales n'échappent pas au droit. Le recours à la justice, c'est l'arme des victimes, les auteurs en donnent plusieurs exemples.

 

 

Un livre lumineux, clair, explicatif, condensé en 185 pages.

 

 

Organisé par : La Quincaillerie des Temps Présents, Vega et Entre les Lignes.

 

Venez nombreux.

 

 

TTIP : Cafouillage au conseil communal d’Uccle

 

 

Le Conseil communal de la commune d’Uccle (commune du Sud de Bruxelles) s’est réuni le jeudi 26 novembre et il fut question entre autres du TTIP (le projet de traité transatlantique de libre échange). Plusieurs communes du royaume de Belgique, pas toujours dirigées par la gauche, ont décidé d’être « hors TTIP ».

 

 

C’est évidemment plus symbolique que réel puisque le TTIP concerne avant tout l’Union européenne et les municipalités n’y ont pas voix au chapitre. Cependant, en exprimant ainsi leur opposition à ce projet de traité, elles expriment les inquiétudes de la population à ce sujet.

 

 

 

Le Conseil communal d'Uccle

Le Conseil communal d'Uccle

 

 

Nous aurons l’occasion de revenir sur le fond de cette question de première importance.

 

 

Le bourgmestre – le très mondain Armand De Decker, avocat du sulfureux homme d’affaires biélorusse Chodiev et à la droite du Mouvement Réformateur (MR) libéral – s’est toujours opposé à l’inscription de cette question à l’ordre du jour du Conseil communal. Il a bien dû le faire cette fois-ci.

 

 

Les Socialistes locaux avaient organisé le 16 novembre un débat sur le TTIP au Centre culturel d’Uccle en y invitant la députée européenne PS Marie Arena et un député libéral. Cela a suscité une initiative citoyenne (c’est-à-dire l’intervention d’un groupe de citoyens de la commune au Conseil communal sur un sujet précis). Dès lors, De Decker fut bien obligé de mettre le TTIP à l’ordre du jour des débats. Deux motions ont été déposées au Conseil suite à cela : celle de l’opposition composée du groupe Ecolo et du groupe PS et celle de la majorité conservatrice (libérale, chrétienne, francophones bruxellois du DeFi).

 

 

Ce fut bien sûr la motion conservatrice qui fut votée majorité contre opposition. Eh bien ! Ce fut une erreur de l’opposition.

 

 

En effet, même si la motion de la droite était le minimum possible, il aurait fallu la voter. En effet, elle dispose : « le respect de l'autonomie communale et que les services publics locaux soient effectivement EXCLUS du champ d'application du TTIP ». C’est donc loin d’être une approbation pure et simple du traité au nom de la sacro-sainte « libre entreprise »… libre entreprise s’entendant bien entendu « entreprises transnationales ».

 

 

Voilà donc une petite victoire transformée en défaite.

 

 

 

Pierre Verhas

 

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Published by pierre verhas
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