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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 10:50

Oui ! Il faut bien céder à la tradition des vœux de début d’année.

 

Eh bien ! Souhaitons – sans aucune illusion, mais c’est la coutume – que les menaces qui ont pesé sur 2015 s’estompent, voire disparaissent en 2016.

 

 

La menace financière (I)

 

 

La Grèce est sans doute le pays qui a été le plus meurtri par des mesures aussi drastiques qu’injustes, ayant par-dessus le marché (financier) prouvées leur inefficacité. Tsipras a dû manger son chapeau après un référendum qui l’enjoignait à ne pas céder face au diktat de la sinistre troïka. Il a été réélu, les Grecs sachant bien qu’ils n’avaient plus le choix.

 

Et ce n’est pas fini. La troïka vient d’interdire au gouvernement d’Athènes de prendre des mesures sociales destinées à soulager sa population la plus pauvre meurtrie par une austérité sans précédent, mesures dont le coût était supporté par la Grèce sans nuire aux « plans » de remboursement d’une dette illégitime, comme l’a montré Eric Toussaint.

 

 

Erci Toussaint qui a été chargé de mission par le premier gouvernement Tsipras a fait une analyse rigoureuse de la crise grecque et de ses causes. Nous ne partageons malheureusement pas sa proposition de quitter l'Eurozone.

Erci Toussaint qui a été chargé de mission par le premier gouvernement Tsipras a fait une analyse rigoureuse de la crise grecque et de ses causes. Nous ne partageons malheureusement pas sa proposition de quitter l'Eurozone.

 

La gauche a fini par accéder au pouvoir au Portugal en dépit de l’obstruction du président de ce pays et de l’Union européenne. Va-t-elle pouvoir changer le cap en dépit d’une situation financière catastrophique ?

 

Podemos a eu un grand succès en Espagne, mais insuffisant pour gouverner. On se dirige vers une coalition conservatrice – socialiste avec la bénédiction de l’Union européenne. À moins qu’il faille revoter dans quelques mois…

 

Première illusion perdue. Mais le combat n’est pas terminé.

 

 

La menace financière (II)

 

 

Lisez attentivement ce petit article du site en ligne « Capital » qui donne des conseils aux « investisseurs » particuliers, c’est-à-dire au quidam qui veut placer ses sous :

 

« Nos conseils pour doper le rendement de votre épargne, malgré la baisse des livrets et des assurance vie.

 

Décidément incorrigibles, les épargnants français… Alors qu’ils enragent contre le repli du taux du Livret A, abaissé de 1 à 0,75% en août dernier, ou de la rémunération moyenne de l’assurance vie, passée à 2,5% cette année, ils n’ont rien trouvé de mieux en réaction que de garnir leur compte-chèques, qui, lui, ne rapportera jamais un euro ! Mi-2015, les liquidités en dépôt avaient ainsi bondi de 13% sur un an au sein des réseaux du Crédit agricole, et même de 15% dans ceux du Crédit mutuel Centre Est Europe. Pour un total, selon la Banque de France, de près de 737 milliards d’euros fin octobre.

 

Le pire, c’est que ce scénario risque de se répéter en 2016. La Banque centrale européenne a en effet annoncé début décembre que son programme de rachat mensuel d’actifs de 60 milliards d’euros, prévu pour durer jusqu’en septembre 2016, serait prolongé d’au moins six mois. «Les taux d’intérêt vont rester bas pour un moment, pour le plus grand bonheur des Etats qui trouvent ainsi facilement à se refinancer», conclut Bruno Colmant, chef économiste à la banque privée Degroof Petercam.

 

Les épargnants prudents auront moins le sourire, car le Livret A et les autres produits sans risque continueront du coup à rapporter des nèfles. Cette politique pourrait en revanche enrichir ceux qui s’aventurent sur les marchés actions. L’afflux de liquidités à investir devrait en effet soutenir les cours dans les prochains mois. «La valeur des actions européennes suit souvent celle des américaines à la hausse, avec deux à trois ans de retard», rappelle Bruno Colmant.

 

Mais les meilleures affaires, ce seront sans doute les adeptes du crowdfunding (ou «financement participatif») qui les feront. Ce mode d’investissement ne cesse de progresser : après le secteur du prêt aux PME (7,5% de rendement moyen), c’est à celui de l’énergie verte (environ 5%) ou de la promotion immobilière (jusqu’à 14%) de s’y intéresser. Quant au risque, il est considérablement amoindri depuis l’annonce, début décembre, d’une nouvelle niche fiscale. Dès 2016, les pertes en capital enregistrées sur ces prêts seront en effet déductibles des intérêts perçus.

 

Bien sûr, pour accéder à de tels placements, pas d’autre choix que d’opérer en ligne. Mais, qu’il s’agisse d’assurance vie ou d’immobilier, cela devient désormais la règle : les meilleurs plans sont réservés aux internautes.

 

Julien Bouyssou »

 

 

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ne manque pas une occasion pour tenter de détrousser les gens.

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ne manque pas une occasion pour tenter de détrousser les gens.

 

Donc, adieu votre épargne ! Confiez vos sous par Internet – il faut être de son temps – aux multinationales. Prenez des risques, que diable ! Elles sauront quoi en faire dans leur propre intérêt et vous serez tout aussi pigeon ! Bah ! Quand la grande copine de Bernard Tapie, Christine Lagarde, propose de ponctionner 10 % de vos économies pour renflouer les banques…

 

 

La menace terroriste

 

 

Attentats de Charlie hebdo – hyper-casher en janvier et de Paris en novembre. Bilan total : près de 150 morts. Manifestation monstre « républicaine » qui a fait pshiiit.

 

Hommages un peu plus discrets aux victimes du « Bataclan » et des restaurants parisiens. Surmédiatisation et, bien entendu, des mesures renforçant l’autoritarisme de l’exécutif destinée avant tout à réprimer les mouvements sociaux qui ne vont pas tarder à se manifester suite aux restructurations en cours et à venir des entreprises transnationales – sans doute en vue du traité transatlantique, le TTIP.

 

Est-ce là lutter efficacement contre le terrorisme ? Arrêtons de nous chatouiller pour nous faire rire ! C’est en s’attaquant au fond du problème, à savoir la question du Moyen-Orient et la situation catastrophique dans les banlieues et « quartiers », que l’on éradiquera le terrorisme. L’autoritarisme et la répression ne suffisent pas et on le sait !

 

D’ailleurs, depuis le 13 novembre, une dizaine de voyous – car c’est le profil des « djihadistes » arrêtés ou tués jusqu’à présent – parvient à mettre deux capitales internationales sens dessus dessous, sans que les autorités arrivent à les neutraliser. Rappelons-nous l’histoire abracadabrantesque de la fuite d’un des terroristes dans un meuble au nez et à la barbe des policiers !

 

 

La menace de l’invasion

 

 

Les réfugiés venant massivement en Europe pour fuir la guerre et la misère au Moyen Orient et en Afrique ont suscité des mouvements inquiétants aussi bien chez les responsables politiques que dans la population. Il y a environ 1.500.000 réfugiés en Europe.

 

Qu’est-ce que cela représente par rapport aux 500 millions de citoyens de l’ensemble des pays de l’Union européenne ?

 

Ce n’est pas le « camp des saints » !

 

Qu’il y ait des problèmes à résoudre, c’est évident. C’est le rôle de l’autorité politique à tous les échelons.

 

Mais il faut cesser de proclamer que les réfugiés constituent une menace. Et il ne faut pas non plus répondre par des discours de « bisounours ».

 

Il y a des principes fondamentaux à rappeler. Il y a des contrôles à faire mais de manière humaine, ce qui les rendra bien plus efficaces.

 

La vraie menace n’est-elle pas l’incapacité des dirigeants européens à répondre à la crise des réfugiés ? Et qu’on ne vienne pas avec la « générosité » d’Angela Merkel. Elle voit dans l’afflux de réfugiés une masse de main d’œuvre à bon marché pour l’industrie allemande !

 

L’exploitation de l’homme par l’homme a toujours été une menace…

 

 

La menace fasciste

 

 

Le Front national a fait un tabac aux élections régionales françaises qui n’intéressent même pas un électeur sur deux. Coalition de la droite et de la gauche dite « Front républicain » pour endiguer la vague bleu marine… Il n’empêche que la fille du tortionnaire d’Alger a engrangé 6.800.000 voix, score jamais atteint !

 

 

 

Fac similé de la couverture de la BD "La Présidente" qui décrit ce qu'il se passerait si Marine Le Pen était élue Présidente de la République. A lire et à méditer.

Fac similé de la couverture de la BD "La Présidente" qui décrit ce qu'il se passerait si Marine Le Pen était élue Présidente de la République. A lire et à méditer.

 

 

Désormais, elle sera au deuxième tour des présidentielles de 2017. Le seul suspense : qui sera son challenger ? Un homme de droite ou un homme de gauche ? D’aucuns voient Juppé, mais rien n’est encore fait.

 

La menace fasciste ne concerne pas que la France. Depuis la crise des réfugiés, les pays de l’Est européen se « radicalisent » (pas dans le sens islamique du terme !), particulièrement la Pologne et la Hongrie. Au point que les fondements démocratiques de ces pays sont menacés.

 

 

Jaroslaw Kaczynski, le président du PiS (parti droit et justice), le De Wever polonais, est bien plus dangereux que Marine Le Pen.

Jaroslaw Kaczynski, le président du PiS (parti droit et justice), le De Wever polonais, est bien plus dangereux que Marine Le Pen.

 

 

Cette menace-là – qui ne concerne pas seulement les pays de l’ancien bloc soviétique – est bien plus dangereuse que le jeu politicien des fachos français qui, on peut raisonnablement l’espérer, ne parviendront pas à porter leur « championne » au perron de l’Elysée. Mais ce sera par le chas de l’aiguille, aussi il conviendrait de ne pas jouer avec le feu…

 

 

La menace intégriste

 

 

Henri Goldman – qui manifeste une certaine aversion à l’égard de la laïcité proclamée et « organisée » – écrit sur son blog : « Pour les historiens du futur, ça restera un mystère digne de l’Immaculée Conception que ce vêtement [le voile] ait pu, au basculement du XXIe siècle, obséder certaines personnalités politiques au point de vouloir changer la constitution dans le seul but de l’éradiquer. Si cette obsession n’aboutissait pas à refouler dans les marges de la société des femmes – et seulement des femmes – déjà particulièrement vulnérables, je me contenterais de hausser les épaules. »

 

 

 

Henri Goldman est très critique à l'égard de la campagne "laïque" contre le port du voile islamique.

Henri Goldman est très critique à l'égard de la campagne "laïque" contre le port du voile islamique.

 

 

Et on reparle de laïcité : la chef de l’opposition socialiste Laurette Onkelinx ne verrait pas d’un mauvais œil que l’on inscrive la laïcité dans la Constitution. Il faut bien tenter de récupérer les électeurs « laïques » qui ont été choqués par le prétendu « communautarisme » de son prédécesseur, Philippe Moureaux. Le libéral flamand, ancien président de la Chambre, Patrick Dewaele, applaudit des deux mains. Encore une alliance « droite-gauche » en perspective !

 

Mais, est-ce vraiment la réponse adéquate à l’intégrisme religieux qui devient de plus en plus envahissant – et pas seulement chez les musulmans ?…

 

Jean-Philippe Schreiber , historien des religions, professeur d’histoire à l’ULB et président de l’Observatoire des religions et de la laïcité (ORELA), déclare au quotidien bruxellois « le Soir » :

 

« On pourrait marquer encore plus clairement un caractère laïque en Belgique, mais à condition que cela ne reste pas juste rhétorique et déclamatoire. Et surtout, qu’on ne prenne pas la laïcité pour ce qu’en font certains aujourd’hui à droite et à l’extrême droite, à savoir une laïcité uniquement défensive, qui aurait pour seul but de brider l’expression convictionnelle de l’islam et du protestantisme évangélique. La laïcité ne doit pas être brandie comme un outil défensif, un rempart civilisationnel contre une supposée menace des fondamentalismes religieux. »

 

 

 

Jean-Philippe Schreiber recadre la laïcité dans le rôle qu'elle doit jouer.

Jean-Philippe Schreiber recadre la laïcité dans le rôle qu'elle doit jouer.

 

 

Il ajoute :

 

« En Belgique, on a enterré la hache de guerre du débat politico-religieux avec le pacte scolaire. Or, nous sommes dans un contexte intéressant, et il n’est pas forcément négatif de lancer ce débat maintenant, à condition qu’il y ait un réel débat de fond. Nous avons l’occasion de faire table rase et de réfléchir à ce que l’on veut proposer comme voûte idéologique commune à tous les citoyens, à l’heure où la cohésion sociale se délite. D’autant plus que depuis le pacte scolaire, la société a énormément évolué. La Belgique, sur le plan symbolique, s’est quand même fortement laïcisée sur des sujets comme l’euthanasie, le mariage gay ; le tout de façon sereine et avec beaucoup de maturité. Si on décide de rouvrir ce débat, il faut clairement laïciser la Belgique dans tous les lieux, dans tous les aspects où elle ne l’est pas encore… »

 

Précisons cependant que le nouvel archevêque de Malines, Mgr De Kesel catalogué comme « progressiste » et proche du Pape François, a estimé publiquement que les hôpitaux pouvaient faire état de l’objection de conscience en ce qui concerne l’avortement et l’euthanasie. Signalons au passage que ledit Monseigneur s’est mis en délicatesse avec la loi, puisqu’il est interdit à un ecclésiastique de critiquer une loi en vigueur pour des motifs religieux.

 

Comme le note Jean-Philippe Schreiber :

 

« Ce qui est loin de concerner uniquement le port du voile…

 

Si on est capable d’aborder les choses sereinement, il serait bon de s’atteler à réformer de grands secteurs où le droit n’est plus du tout en adéquation avec l’état de la société actuelle : l’école, avec les cours de religion – on a avancé, certes, mais on n’a fait que la moitié du chemin –, le financement des cultes, certains événements archaïques comme le « Te Deum », etc. »

 

Se réapproprier la laïcité.

 

« Mais est-ce que c’est ça, la laïcité ? Est-ce interdire les signes religieux partout ? Il faut arrêter de se braquer sur des symboles. Si on veut inscrire la laïcité dans la Constitution juste pour lutter contre le port du voile, alors on rate complètement une occasion.

 

Inscrire la laïcité pour prohiber, comme un rempart culturel ou un outil juridique, c’est aller à l’inverse de la laïcité même, qui vise d’abord à mettre tous les citoyens sur le même pied.

 

Nous devons être attentifs à ce que cette « laïcité » n’entraîne pas un rejet brutal des particularismes, ce qui irait à rebours par ailleurs de l’évolution de nos sociétés. Travailler à la laïcité, c’est travailler à l’égalité, une valeur en crise aujourd’hui. Nous devons nous réapproprier la laïcité comme le bien commun de tous. »

 

Cela s’appelle répondre à l’intégrisme !

 

Bonne année malgré tout !

 

Pierre Verhas

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Published by pierre verhas
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commentaires

lombet 01/01/2016 16:19

Oui merci, bonne année également.