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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 22:52

 

BDS : une diplomatie explosive

 

 

Le terrorisme ne se trouve pas toujours là où on le pense.

 

Le Ministre du Renseignement israélien, Yisrael Katz, un homme charmant au langage châtié, a déclaré qu’Israël doit entreprendre des « éliminations ciblées de civils » visant des militants de BDS (Boycott, Désinvestissements et Sanctions), avec l’aide des services secrets israéliens. Il s’agit du même ministre qui, juste après les attentats terroristes du 22 mars dernier à Bruxelles, avait finement ironisé sur la propension des Belges à aimer le chocolat et à profiter de la vie, ce qui selon lui expliquerait la facilité avec laquelle des djihadistes ont pu agir…

 

Et cela se met en place : lundi 28 mars, à la suite d'une conférence internationale organisée par Israël autour de la question de la campagne BDS, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a mis en place une structure chargée de surveiller les boycotteurs au niveau mondial.

 

Cette structure sera composée d'anciens des services de renseignements, qui traiteront des informations envoyées par des fonctionnaires détachés dans une dizaine d’ambassades.

 

«Pourtant, aussi spectaculaire soit-il, ce dispositif ne résoudra rien sur le fond, écrit Nissim Behar, correspondant à Tel Aviv de Libération. Les dirigeants israéliens auront beau hurler à « l’antisémitisme caché » de BDS et dénoncer « ceux qui rêvent de nous détruire », le mouvement en faveur du boycott continuera à gagner en influence tant qu’aucune perspective de reprise des négociations israélo-palestiniennes ne se dessinera. Et que Benyamin Netanyahou continuera à parler quotidiennement de la paix sans y associer de gestes démontrant qu’il a vraiment l’envie de la faire», assure-t-il

 

En attendant, peu importe l’avis qu’on ait sur la campagne BDS, menacer quasi officiellement des étrangers dans leur pays est une très curieuse forme de diplomatie ; une diplomatie explosive en quelque-sorte…

 

 

Une Autorité palestinienne fantoche ?

 

 

Le meilleur journaliste international en Israël, Charles Enderlin, aujourd’hui retraité actif écrit à propos d’une émission de LCP : « On se calme.. La situation actuelle est d'une hypocrisie scandaleuse. L'autorité palestinienne ne sert qu'à perpétuer l'occupation. Avec la bénédiction de l'Europe il n'y a aucune négociation alors que la colonisation se poursuit. C'est la situation idéale pour la droite israélienne et il n'y a aucune raison pour que la communauté internationale continue à payer. Que le gouvernement israélien la finance… cela ferait près de 5 milliards d'Euros pour le budget israélien.. Et que l'on entérine une fois pour toute l'échec du processus d'Oslo…

 

 

Charles Enderlin, bien qu'il soit à la retraite, reste le meilleur analyste de la question israélo-palestinienne.

Charles Enderlin, bien qu'il soit à la retraite, reste le meilleur analyste de la question israélo-palestinienne.

 

L'occupation sans fard est plus logique que cette mascarade..Que la communauté internationale relance un véritable processus. Mes interlocuteurs de droite ont d'ailleurs conclu que l'Europe devait continuer de payer. Cela fait l'affaire du gouvernement israélien. Et oui, la direction palestinienne ressemble à une cour byzantine…

 

Il faut ajouter qu'avec 400 000 israéliens habitant 60% de la Cisjordanie et leur soutien en Israël, même la perspective d'une solution à deux états est pratiquement désormais impossible… Exiger le maintien du financement par l'étranger de l'Autorité autonome, c'est tout simplement maintenir le statu quo. »

 

Quand va-t-on sortir de cet imbroglio dont les premières victimes sont les Palestiniens qui sont enfermés dans un Bantoustan de plus en plus restreint par l’extension des colonies.

 

 

Curieux propos sur les attentats de Bruxelles

 

 

Le 18 mars, à Ankara, le « sultan » Recep Tayyip Erdogan discourait à l’occasion du 101e anniversaire de la bataille des Dardanelles : « Il n’y a aucune raison que la bombe qui a explosé à Ankara, n’explose pas à Bruxelles ou dans une autre ville européenne (…) Là, je lance un appel aux États qui leur ouvrent les bras qui, directement ou indirectement, soutiennent les organisations terroristes. Vous nourrissez un serpent dans votre lit. Et ce serpent que vous nourrissez peut à tout moment vous mordre. Peut-être que regarder des bombes qui explosent en Turquie sur vos écrans de télévision ne signifie rien pour vous ; mais quand les bombes commenceront à exploser dans vos villes, vous comprendrez certainement ce que nous ressentons. Mais alors, il sera trop tard. Arrêtez de soutenir des activités que vous ne tolérez jamais dans votre propre pays, sauf lorsqu’elles sont contre la Turquie. »

 

 

Recep Tayyip Erdogan a-t-il une boule de cristal ?

Recep Tayyip Erdogan a-t-il une boule de cristal ?

 

On peut se poser la question : comment Erdogan a-t-il pu évoquer un attentat à Bruxelles quatre jours avant ? A-t-il une boule de cristal ?

 

Autre propos accusateur de l’excellent avocat pénaliste bruxellois, Me Pierre Chomé, dans la Libre Belgique du 31 mars :

 

« Les événements de mardi [22 mars] ne peuvent pas retomber sur le dos de Me Mary [l’avocat de Salah Abdeslam]. Dans un premier temps, il a encouragé Salah Abdeslam à collaborer avec les enquêteurs au lieu de l’inciter au silence. On ne peut pas le lui reprocher. Et si des attentats ont eu lieu, c’est peut-être parce que le procureur de la République de Paris, M. Molins, a révélé que M. Abdeslam était prêt à parler. Ce n’est pas Me Mary qui l'a fait savoir. De ce point de vue, le parquet a pris des risques énormes et si des carences existent elles sont chez lui. Je ne vois pas en quoi Me Mary pourrait se sentir responsable de quoi que ce soit. »

 

 

Pierre Chomé, un des meilleurs avocats pénalistes de Belgique

Pierre Chomé, un des meilleurs avocats pénalistes de Belgique

 

 

Donc, les attentats seraient liés au risque qu’Abdeslam se mette « à table »… Après Mary, voici Chomé qui accuse Molins. Décidément, le procureur de la République n’est pas en odeur de sainteté au barreau bruxellois…

 

 

Flamby se dégonfle.

 

 

Le dossier « déchéance de nationalité » est définitivement enterré ! Cette idée d’octroyer la déchéance de la nationalité française aux binationaux coupables d’actes de terrorisme a provoqué une profonde fracture à gauche. Tout d’abord, la charismatique Garde des Sceaux, Christine Taubira, claque la porte, car elle refuse que son nom soit associé à ce sinistre projet de loi. Ensuite, après un vote difficile à l’Assemblée nationale, le Sénat envoie le président Hollande dans les roses ! Penaud, il n’a que deux solutions : se retirer ou retirer la loi de déchéance. Flamby a choisi la deuxième.

 

 

Quelle vérité sur Palmyre ?

 

 

Voici un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères qui donne à réflechir : « Cela montre qu’ils [l’Occident] ne sont intéressés en réalité ni par le processus de libération de la Syrie des terroristes, ni par l’assistance au processus de paix, et pas plus par les valeurs culturelles, au contraire de ce qu’ils clament pourtant régulièrement haut et fort. Des intérêts géopolitiques se trouvent derrière tout ça », a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

 

 

Palmyre libéré par l'armée syrienne de Bachar El Assad

Palmyre libéré par l'armée syrienne de Bachar El Assad

 

 

Dans la nuit du 29 au 30 mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a bloqué un projet de résolution sur Palmyre, préparé par la Russie, qui appelait à reconstruire la ville antique détruite par les terroristes.

 

Moscou n’est pas tant déçu par la position de l’Occident, mais plutôt «perplexe par l’authenticité de leurs intentions à l’égard du règlement du conflit en Syrie».

 

Le ministère russe des Affaires étrangères a rappelé le silence des dirigeants occidentaux après la reprise de la ville antique par l’armée syrienne avec le soutien de l’aviation russe. «Nous avons estimé que le retard de la réaction à la libération de Palmyre est un phénomène accidentel. Mais maintenant il parait évident que cela fait partie d’une approche plus systématique », a déploré Maria Zakharova.

 

Le 27 mars, les militaires syriens ont repris le contrôle de Palmyre. Les terroristes de Daesh ont fui, des démineurs ont commencé à sécuriser la ville. Toutefois le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron ont préféré garder le silence et n’ont pas réagi à la libération d’une ville clé en Syrie dans le combat contre l’Etat islamique.

 

 

Commission d’enquête mort née ?

 

 

Les groupes politiques belges ne sont pas parvenus à s'accorder mercredi sur un texte commun sur la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur le terrorisme. Le MR (Mouvement Réformateur, libéraux francophones, le parti du Premier ministre Michel) a demandé un peu de temps, à la surprise des partis de l'opposition. Il veut ajouter à l’agenda la question de la radicalisation dans les « quartiers » à Bruxelles, histoire de gêner leurs adversaires socialistes aux entournures…

 

 

Laurette Onkelinx, cheffe de groupe PS (opposition) et Denis Ducarme chef de groupe MR (majorité) seraient d'accord sur le fond : éviter une commission d'enquête trop inquisitoriale.

Laurette Onkelinx, cheffe de groupe PS (opposition) et Denis Ducarme chef de groupe MR (majorité) seraient d'accord sur le fond : éviter une commission d'enquête trop inquisitoriale.

 

 

La période couverte par l'enquête parlementaire a été sujette à discussion mais aucun parti d'opposition - y compris le PS et le CDH (chrétiens francophones) qui participaient au gouvernement fédéral précédent de l’ex Premier ministre socialiste Di Rupo - ne s'est opposé à ce que le travail ne se concentre pas uniquement sur la législature actuelle.

 

Le débat n'a toutefois plus progressé, alors que les collaborateurs des différents groupes planchent depuis vendredi sur une proposition commune.

 

Le chef de groupe MR, Denis Ducarme, a évoqué la nécessité de quelques jours de travail pour rédiger un texte précis sur le champ couvert par la commission.

 

« C'est l'incompréhension », a commenté en revanche la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx, à l'issue de la réunion.

 

« Je trouve cela dommage, alors que le Premier ministre s'est engagé à faire toute la transparence », a renchéri Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen. « On ne voit pas ce qui pose problème. Les écologistes veulent travailler sans tabou, ni sur la période qui sera couverte, ni sur les éléments à prendre en considération. Je ne désespère pas que, vendredi, on trouvera un accord ».

 

« Le MR donne l'impression qu'il avance à reculons », a expliqué Benoît Dispa (CDH). « Y a-t-il une reculade qui se prépare ou sont-ce simplement des atermoiements de quelques jours? C'est un peu frustrant, nous avons un devoir de vérité envers la population ».

 

Finalement, l’opposition réagit assez mollement à ce blocage.

 

Dans le fond, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, ce blocage les met à l’aise. Tous savent qu’ils devront reconnaître leurs carences en matière de sécurité et de renseignement. Alors, autant éviter de faire une véritable enquête, cela pourrait donner des idées à d’autres…

 

Quant à la vérité, elle attendra !

 

 

L’expert des Nations Unies sur la Grèce : « L’austérité excessive a tué les infirmières et les médecins avant de s’occuper des patients »

 

 

On ne parle plus beaucoup de la Grèce, en dehors de la crise des réfugiés. Alors, il est peut-être intéressant de savoir ce qu’il s’y passe.

 

Juan Pablo Bohoslavsky, l’expert indépendant auprès de l’ONU afin de rapporter sur les effets de la dette sur l’exercice des droits humains a publié le 29 février dernier un rapport sur la situation en Grèce. Le tableau sur l’évolution des dépenses publiques entre 2009 et 2013 est édifiant. Les dépenses sont passées de 128 milliards € à 108 milliards €. Les dépenses de santé publique ont baissé de 42%, les dépenses pour lutter contre l’exclusion sociale ont baissé de 81%, les dépenses liées aux indemnités de chômage ont baissé de 30% alors que le nombre de sans- emplois était multiplié par 3.

 

Comme le déclare l’expert de l’ONU : « L’austérité excessive a tué les infirmières et les médecins avant de s’occuper des patients ».

 

Un seul poste a augmenté, celui des affaires économiques : c’est dû au sauvetage des banques. Le poste a augmenté de 116%. Précisons que la majeure partie des sommes allouées par la Troïka aux sauvetages des banques n’est pas passée par le budget de l’Etat et n’apparaît donc pas dans le tableau. Si l’ensemble de l’argent public alloué en Grèce au sauvetage des banques françaises, allemandes, grecques... était pris en compte dans le budget grec l’augmentation serait beaucoup plus forte. Par contre, ces sommes ont provoqué largement l’augmentation de la dette publique grecque et c’est au peuple grec que cette dette est réclamée.

 

Dans la seconde moitié du rapport, l’expert indépendant se penche sur le 3e mémorandum imposé à la Grèce suite à la capitulation du gouvernement d’Alexis Tsipras en juillet 2015.

 

 

Alexis Tsipras en cédant au Sommet européen de juillet 2015 a mis son pays dans une situation catastrophique.

Alexis Tsipras en cédant au Sommet européen de juillet 2015 a mis son pays dans une situation catastrophique.

 

 

Un point nodal de ce troisième mémorandum, c’est la réduction des dépenses de sécurité sociale pour un montant équivalent à 1,5% du PIB par an !

 

L’expert se félicite des conclusions du rapport de la commission pour la vérité sur la dette grecque créée par la présidente du parlement hellénique en avril 2015 et qui a été présidée par le Belge Eric Toussaint, président du CADTM. Il considère que l’audit doit être poursuivi.

 

M. Bohoslavsky relève que depuis le début de la crise 230 000 PME ont fermé leurs portes en provoquant la perte de 600 000 emplois. Il ajoute que le programme d’ajustement imposé à la Grèce a produit la suppression de 234.847 emplois dans la fonction publique entre 2009 et fin novembre 2015, une réduction de 26%. Globalement, dans le pays un million de postes de travail a été supprimé.

 

 

Erci Toussaint qui a été chargé de mission par le premier gouvernement Tsipras a fait une analyse rigoureuse de la crise grecque et de ses causes. qui a été reconnue par l'expert indépendant de l'ONU.

Erci Toussaint qui a été chargé de mission par le premier gouvernement Tsipras a fait une analyse rigoureuse de la crise grecque et de ses causes. qui a été reconnue par l'expert indépendant de l'ONU.

 

L’expert de l’ONU considère que le maintien de la réduction du salaire minimum légal viole l’article 7 a ii du Pacte international sur les droits économiques sociaux et culturels (PIDESC). Il ajoute que seuls 10% des sans emplois reçoivent des indemnités de chômage. En 2014, on estime que 2,4 millions de personnes vivaient en dessous de la ligne de pauvreté avec un revenu quotidien inférieur à 12 euros par jour pour un isolé ou inférieur à 6,6 € par personne dans une famille de 4 personnes (2 adultes et 2 enfants).

 

Le rapporteur souligne en outre que les institutions créancières foulent au pied l’obligation de réaliser une étude préalable sur l’impact humain des mesures qu’ils dictent à la Grèce. Selon lui, les droits économiques et sociaux ont été violés dans une large mesure.

 

Le rapporteur de l’ONU explique ensuite que la réduction dramatique de l’exercice des droits humains fondamentaux dont souffrent les Grecs n’est pas due à la « main invisible », elle est clairement la résultante des politiques appliquées dans le pays. En conclusion, le rapporteur de l’ONU demande aux créanciers de réduire la dette grecque.

 

Violation des droits sociaux, violation des droits humains, une société entière laissée pour compte dans le seul intérêt de « créanciers » dont la cupidité égale le cynisme.

 

Pour Eric Toussaint, ce rapport est un outil essentiel, car il contient des arguments puissants à mettre au service de la lutte pour la lutte contre les politiques néolibérales et contre la dette illégitime.

 

 

Réfugiés : résultats de l’accord UE-Turquie

 

 

Les gardes-frontières turcs tirent sur les réfugiés qui tentent de traverser la frontière turco-syrienne, rapporte le journal britannique The Times.

 

« Les gardes-frontières turcs abattent des réfugiés syriens qui fuient la guerre civile en Syrie », écrit le quotidien, se référant à l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisation de défense des droits de l'homme basée à Londres.

 

Et de préciser: « Au moins seize migrants, y compris trois enfants, qui tentaient de traverser la frontière, ont été tués par les gardes-frontières turcs au cours des quatre derniers mois ».

 

« L'OSDH dispose d'informations fiables concernant de telles fusillades mortelles. Ainsi, le 6 février, un homme et son enfant ont trouvé la mort aux alentours de la ville syrienne de Ra's al-‘Ayn située dans le secteur oriental de la frontière avec la Turquie. Et le 5 mars, deux réfugiés ont été abattus sur le secteur occidental de la frontière turque », poursuit le Times.

 

« Les réfugiés continuent de traverser la frontière même s'ils courent le risque d'être arrêtés ou tués » selon un passeur.

 

Et de rappeler: « Cependant, les autorités turques affirment poursuivre une politique de frontières ouvertes destinée aux Syriens menacés d'un danger grave et imminent ».

 

« Tous ces morts, poursuit le journal, mettent à nouveau en cause l'accord signé il y a douze jours entre la Turquie et l'Union européenne (UE), selon lequel la Turquie est censée être considérée comme un "tiers pays sûr", où les réfugiés sont en mesure de se rendre sans courir le risque d'être persécutés », conclut le Times.

 

Cet accord, vivement contesté par les humanitaires, prévoit le renvoi en Turquie de tous ceux arrivés irrégulièrement à partir du 20 mars en Grèce, y compris les demandeurs d'asile syriens, sauf pour les personnes jugés éligibles à une protection spécifique, Kurdes par exemple.

 

Alors, Donald Tusk, Jean-Claude Juncker, Angela Merkel, François Hollande, vous êtes fiers de vous ?

 

 

L’analyse de Bernard Gensane (extraits)

 

 

Voici l’analyse de notre ami Bernard Gensane sur les derniers événements parue sur son blog le 31 mars : Il n’y a pas à dire, mais ces dizaines d’heures consacrées aux attentats de Bruxelles par les grands médias télévisuels et radiophoniques ont détourné notre attention des projets scélérats solfériniens [le PS français] contre la classe salariale, de la hausse du chômage, des mesures liberticides votées en catimini au parlement, même si les terroristes n’ont pas calé leur action sur l’agenda présidentiel.

 

Parfaitement légitime, l’émotion tue toujours la réflexion. Surtout quand les responsables des médias saturent l’agora citoyenne d’un flot ininterrompu de faits la plupart du temps sans intérêt au nom du “ comment cela s’est produit ? ” et non du “ pourquoi en sommes-nous arrivés là ? ”. Seriner que nous sommes « en guerre » n’explique pas pourquoi les terroristes répandent, comme leur nom l’indique, la terreur, qui n’est qu’un moyen au service d’une fin.

 

Ce qui, en revanche, semble être une fin au service des moyens, ce sont les mesures de plus en plus sécuritaires, un Etat de plus en plus policier qui s’impose à nous. On pourra toujours installer une caméra vidéo tous les trois mètres, cela n’empêchera jamais les horreurs terroristes. On pourra toujours banaliser les fusils-mitrailleurs dans les grandes villes, les déambulations d’hommes (et de femmes) en uniforme kaki dans et devant les édifices publics, la politique qui sous-tend les menées terroristes continuera de prospérer. Cette politique a forcément à voir avec le bouillonnement mortifère proche et moyen-oriental : Palestine, Syrie, Irak, Pakistan, sans parler de l’Afrique noire déstabilisée à long terme. Depuis la première invasion de l’Irak en 1991, condamnée par la France, jusqu’à celle du Yémen, qui n’intéresse personne, l’Occident et ses alliés armés par lui ont semé la terreur dans des pays qui ont vu naître Al-Qaïda et Daech, ce qui n’a pas échappé à des terroristes nés en France ou en Belgique.

 

Rien à ajouter.

 

 

 

Pierre Verhas

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