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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 13:31

 

Pablo Neruda, le grand poète chilien, chantait :

 

« Ils pourront couper toutes les fleurs, mais ils n’arrêteront pas le printemps ».

 

Malheureusement, les fleurs coupées ne s’épanouiront jamais plus. Tout cela n’arrête pas et cela ne s’arrêtera pas tant que nos dirigeants ne changeront pas de cap.

Léopold Hecht, étudiant en deuxième BAC droit à l'Université Saint-Louis à Bruxelles, décédé dans la nuit du 22 au 23 mars à l'hôpital, victime de l'attentat dans le métro à la station Maelbeek. Une vie confisquée par ces salauds ! Une fleur qui ne s'épanouira plus.

Léopold Hecht, étudiant en deuxième BAC droit à l'Université Saint-Louis à Bruxelles, décédé dans la nuit du 22 au 23 mars à l'hôpital, victime de l'attentat dans le métro à la station Maelbeek. Une vie confisquée par ces salauds ! Une fleur qui ne s'épanouira plus.

 

 

 

Il y a une semaine, nous dénoncions le honteux accord Union européenne – Turquie qui conduit à la catastrophe humanitaire, à la barbarie. Aujourd’hui, la barbarie a frappé Bruxelles, comme hier, elle frappa Paris, Londres, Madrid et aussi Beyrouth, Istanbul, Louxor, Tunis et bien d’autres lieux.

 

Les bombardements barbares des forces occidentales au Moyen Orient durent depuis 1991 et ont provoqué 4 millions de morts, d’après les estimations des Nations Unies. Plus aucune ville, plus aucun village n’est debout.

 

Le terrorisme barbare frappe aveuglément partout et à tout moment depuis plus un quart de siècle.

 

Des milliers de réfugiés cherchent un abri en Europe, on leur ferme la porte. N’est-ce pas aussi une attitude barbare ?

 

Il faut voir en cela plusieurs causes : géopolitique, sociale et morale.

 

Dans l’émotion, beaucoup diront : « Tout cela n’a rien à voir ! » Oh que si ! Les mêmes comportements sanguinaires et méprisants ont aussi les mêmes causes. Cela fait longtemps que l’Europe vit dans la crainte d’attentats terroristes. Ne s’est-on jamais posé la question de la raison et de l’origine de ce fléau ?

 

 

Ce qu'il reste du hall d'entrée de l'aérogare de Zaventem, côté départs. Les terroristes n'épargnent rien.

Ce qu'il reste du hall d'entrée de l'aérogare de Zaventem, côté départs. Les terroristes n'épargnent rien.

 

Cela fait vingt-cinq ans que l’Occident – plutôt ce qu’on appelle comme tel, à savoir les Etats-Unis et l’Europe regroupés sous la bannière de l’OTAN – mène une politique agressive au Moyen Orient, surtout depuis la chute de l’Union Soviétique.

 

Un nouvel ordre mondial

 

L’idée était de créer un « nouvel ordre mondial » comme l’appelait de ses vœux George Bush père, c’est-à-dire un monde dominé par les Etats-Unis, d’économie ultralibérale, au plus grand intérêt des entreprises transnationales. Et le Moyen Orient est une région vitale puisqu’il détient la ressource majeure du monde industriel : le pétrole. Il s’agit donc d’en prendre le contrôle.

 

 

George Bush père qui eut l'idée de construire un "nouvel ordre mondial".

George Bush père qui eut l'idée de construire un "nouvel ordre mondial".

 

 

La deuxième guerre du Golfe, en 2003, provoqua l’extension du conflit. En effet, suite aux attentats du 11 septembre 2001, on connaissait un foyer de terrorisme : l’Afghanistan. On oublie cependant de signaler que ce foyer fut créé par les Etats-Unis pour combattre les Soviétiques qui occupaient l’Afghanistan depuis 1979. Il s’est considérablement renforcé lors de la première guerre du Golfe en 1991, avec l’aide de l’Arabie Saoudite et par après de l’émirat de Qatar.

 

Ce réseau terroriste appelé Al Qaïda – la base en arabe – était initialement composé des moudjahidine arabes et afghans qui avaient combattu les Soviétiques au nom de l’Islam. Il était dirigé par le célèbre et richissime Saoudien Oussama Ben Laden. La « base », c’est comme la base de données. En effet, les services de l’Etat profond américain l’utilisaient pour des missions « secrètes » et « délicates » au Moyen Orient. Mais, Al Qaïda « travaillait » pour son propre compte, voire pour celui des monarchies pétrolières. Le plus « bel » exploit qui lui est attribué est bien entendu ce qu’on appelle désormais le « 11 septembre » - en oubliant qu’un autre 11 septembre tout aussi terroriste ensanglanta le Chili en 1973.

 

L’intervention anglo-américaine en Irak et en Afghanistan en 2003 a fait l’effet d’un coup de pied dans la fourmilière. D’un foyer de terrorisme, on est passé à quinze répartis dans tout le monde dit arabo-musulman.

 

La géopolitique américaine menée par les néoconservateurs inspirés par l’idéologie du « choc des civilisations » de Samuel Huntington a divisé le monde musulman en deux camps antagonistes : les sunnites et les chiites. En réalité, les Occidentaux s’appuient sur les monarchies pétrolières sunnites, contre l’Iran chiite pour le contrôle du Golfe persique. Cela a aussi créé des foyers de terrorisme. L’ancien chef de la DGSE française, Alain Chouet, dit : « la « guerre de civilisation » et celle contre le « terrorisme » brandies par le gouvernement comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. »

 

 

Alain Chouet, ancien patron de la DGSE jette un regard lucide sur la géopolitique du Moyen Orient.

Alain Chouet, ancien patron de la DGSE jette un regard lucide sur la géopolitique du Moyen Orient.

 

En plus, la guerre en Irak s’est étendue à la Syrie. Le régime Alaouite de Assad fut attaqué. Sa riposte fut sanglante. Des villes entières furent détruites, des milliers de Syriens tués et jetés vers les chemins de l’exil. On a cru naïvement que la Syrie vivait un « printemps arabe ». En réalité, les milices islamistes sunnites tentèrent de conquérir la Syrie avec l’approbation tacite de l’Occident. Or, le fameux Etat islamique surnommé Daesh est né en Irak des débris de l’ancienne armée de Saddam Hussein. Il a manifestement bénéficié du soutien de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Après avoir conquis de vastes espaces désertiques dans l’Est syrien, massacré des milliers de Yezidis, de Chrétiens, de Chiites et d’opposants, Daesh s’est heurté aux Kurdes syriens qui furent les premiers à lui donner du fil à retordre. De son côté, la Turquie joue un rôle ambigu : tout en faisant partie de l’OTAN, elle aide matériellement Daesh en lui rachetant le pétrole « conquis » aux Syriens et militairement en combattant les Kurdes.

 

Quelles cibles viser ?

 

Les Occidentaux interviennent en Syrie en procédant à des bombardements dont on ne connaît pas très bien les cibles : les troupes d’Assad ou Daesh ? On sait que l’objectif réel est le contrôle des gazoducs qui traversent la Syrie et éventuellement de ses réserves pétrolières qui semblent s’avérer plus importantes que prévu. On recommence l’Irak !

 

Le régime d’Assad étant menacé, la Russie a décidé d’intervenir. Comme par hasard, la donne change. Daesh recule et l’armée d’Assad réussit à reconquérir des positions perdues. Il y a eu manifestement des négociations secrètes, car Poutine a décidé de retirer ses troupes. Les cartes sont en train d’être redistribuées, mais dans quel but ?

 

Daesh s’appuyant sur l’Islam salafiste a recruté de milliers de jeunes arabo-musulmans vivant en Europe. Il a très bien compris que cette génération perdue constitue un réservoir inépuisable de troupes fanatisées.

 

Voici ce qu’écrit dans « Libération » l’écrivain maroco-néerlandais Fouad Laroui : « Tous les analystes sérieux savent que Daech ou l’Etat islamique - qu’importe le nom ou l’acronyme - vient de là : c’est la revanche des sunnites. Il se peut que quelques esprits faibles ou carrément psychopathes - je pense en particulier aux convertis qui vont là-bas décapiter de l’infidèle - se soient joints à Daech sans rien connaître de l’histoire des sunnites. Ne trouva-t-on pas dans les bagages d’un de ces illuminés, à la douane de Heathrow, l’Islam pour les nuls acheté à l’aéroport londonien ? Ce sont des exceptions.

 

 

Fouad Laroui : un analyste lucide et bien informé

Fouad Laroui : un analyste lucide et bien informé

 

 

Cette fameuse revanche des sunnites est tout sauf irrationnelle, folklorique ou injustifiée. (…) Au cours des derniers mois, combien de fois ai-je entendu les noms de Sykes et de Picot sur les chaînes occidentales ? Pas une seule fois. En revanche, sur les chaînes arabes, et dans la propagande de Daech, ces deux messieurs (Picot étant d’ailleurs le grand-oncle de Giscard) sont omniprésents. Pourquoi ? C’est que les deux hauts fonctionnaires, l’un anglais, l’autre français, ont un jour pris une carte du Moyen-Orient et ont tracé dessus des frontières plutôt artificielles, attribuant cette zone-ci à l’Angleterre, celle-là à la France, etc. Oubliées, les belles promesses de Lawrence d’Arabie et de sir Henry McMahon, oublié le «grand royaume arabe unifié». Et au cœur de ce défunt projet, surgit en 1948 l’Etat d’Israël. Miracle des temps modernes dans le récit européen, nakba («catastrophe») dans le récit arabe.

 

 

Carte représentant le partage du Moyen Orient, dits accords Sykes Picot, entre la Grande Bretagne et la France en 1917. Ces accords sont toujours en vigueur aujourd'hui.

Carte représentant le partage du Moyen Orient, dits accords Sykes Picot, entre la Grande Bretagne et la France en 1917. Ces accords sont toujours en vigueur aujourd'hui.

 

L’eau a coulé sous le Pont Neuf. Mais pas là-bas !

 

Vieilles lunes ? Vu d’ici, de Paris par exemple, oui, ce sont de vieilles lunes, de l’eau a coulé sous le Pont Neuf. Mais pas là-bas ! C’est ce qu’il faut enfin comprendre. Sykes-Picot, la grande trahison, la question palestinienne, c’est l’actualité immédiate. Et quand le président de la République française intervient directement dans la guerre civile syrienne, dès 2011, en décrétant que Bachar al-Assad n’est plus le président légitime du pays, on ne voit en lui, là-bas, qu’un Picot nouveau - en fait, il donne enfin un visage à Picot. Scène vue par l’auteur de ces lignes : un combattant de Daech efface de ses bottes une ligne imaginaire dans le sable et s’exclame : «Voilà ce que je fais de Sykes-Picot !» Qui le comprend, ici ? Alors autant parler de «barbarie», de «lie de la terre», d’illuminés et des soixante-dix vierges qui l’attendent «au paradis d’Allah». Même des intellectuels maghrébins, parmi mes amis, qui ont pourtant la possibilité de mieux se renseigner en regardant les chaînes arabes, tombent dans le piège : pour eux, tout cela, c’est «fou et compagnie». Dommage. C’est la défaite de la pensée, l’imprécation tient lieu d’analyse et on n’a pas avancé d’un pas. »

 

Un autre avis a été exprimé par l’islamologue français Mathieu Guidère dans le Figaro du 23 mars : « L’urgence, maintenant, est de se souvenir qu’il n’y a plus de calife en islam sunnite depuis qu’Atatürk abolit, en 1924, l’institution et envoya le dernier titulaire, Abdul Majid II, en exil à Paris, où il vécut en gentilhomme désœuvré et mourut dans l’anonymat. Il est vrai que le monde avait d’autres soucis : on était en 1944…

 

Donc, depuis 1924, les sunnites n’ont plus de calife - plus de «pape». A défaut, ils avaient des chefs politiques au caractère bien trempé, un certain Nasser, qui faisait chavirer les foules arabes. Des chefs politiques, des «hommes forts», des Nasser, des Bourguiba (à usage local), des Saddam, des Saleh au Yémen, des Fayçal, etc.

 

Mais peu à peu, tout cela se délita. Nasser, rongé par la défaite de la guerre des Six Jours, déprimé, meurtri, se détruisit à petit feu (quatre paquets de cigarettes par jour) et mourut la cinquantaine à peine entamée. Ceux qui voulurent prendre la suite disparurent l’un après l’autre, sans gloire, jusqu’à cette double apothéose noire de l’humiliation qu’un scénariste n’aurait pas osé proposer au producteur, tant elle est caricaturale : Saddam fait comme un rat, littéralement, pêché dans un trou, pendu sans même avoir pu finir sa dernière prière, et Kadhafi, sorti d’une sorte de buse où il s’était caché (un égout, en somme, encore les rats), lynché sur place. »

 

On ne comprend pas que tout cela provoqua un énorme bouleversement. Fouad Laroui ajoute : « C’est pourtant nécessaire. Car il y a eu un changement fondamental depuis une vingtaine d’années. Cette affaire de sunnites mécontents, d’Arabes trahis tout au long du XXe siècle, écrasés, ce n’est plus un lointain «récit arabe» qu’on se chuchote sous la tente dans le désert, un récit inaudible, négligeable, inactuel ; c’est aujourd’hui un récit clair, cohérent, bien structuré, qui fait concurrence au récit européen en Europe même. Si on ne comprend pas cela, on ne comprend rien à ces Belges ou Français d’origine marocaine qui s’en viennent massacrer des innocents au cœur de Paris.

 

La religion ? Allons donc ! Tous les témoignages concordent : ils buvaient, fumaient du cannabis, couraient les filles… en revanche, ils étaient abreuvés du récit arabe par Internet, les chaînes satellitaires, les journaux arabes édités à Londres, par les discussions enfiévrées elles-mêmes nourries de tout cela. S’étonnera-t-on qu’il soit devenu impossible d’enseigner la destruction des Juifs d’Europe, pour reprendre l’expression de Hilberg, aux enfants à qui leurs parents tiennent, littéralement, un autre discours ? »

 

Un mélange détonant

 

Ainsi, la « radicalisation » serait une vaste blague ! La religion servirait de prétexte à un combat de libération. Il y a une part de vérité. Cependant, l’influence des imams salafistes est incontestable : l’infériorisation de la femme, les attaques contre les homosexuels, l’imposition de la nourriture halal sont autant de signes de la mise en place d’une chape de plomb religieuse sur les communautés musulmanes. Donc, il y a un mélange détonant du religieux et du nationalisme fanatique.

 

Alors, que faire ? L’expérience de Molenbeek, si on lit l’ouvrage de Hind Fraihi, Immersion à Molenbeek, montre qu’il y a une véritable génération perdue. La plaisanterie de la « déradicalisation » est faite pour amuser la galerie. La réalité est : des centaines de jeunes gens de vingt à trente ans désocialisés, leurs familles disloquées, sans aucune formation sérieuse qui n’ont comme perspectives que le chômage, l’assistanat, ou la délinquance qui rapporte bien plus – un dealer « gagne » dix à quinze fois l’indemnité de chômage – et qui « intègre » socialement le jeune dans une bande où il est « quelqu’un », à défaut d’être le « caïd ».

 

 

Hind Fraihi a manifestement secoué le cocotier avec son livre... dix ans après !

Hind Fraihi a manifestement secoué le cocotier avec son livre... dix ans après !

 

 

Ne leur jetons pas trop vite la pierre. Ont-ils d’autres choix ? Qu’a fait la société pour enrayer ce phénomène ? Ils sont des laissés pour compte et les autorités ont fermé les yeux dans le timide espoir que cela resterait confiné à certains « quartiers ».

 

Cette génération est du pain bénit pour les prédicateurs de l’Islam salafiste envoyé de « l’étranger ». Ces jeunes des « quartiers » ont été rapidement convertis aux pratiques les plus obscurantistes et surtout, les imams parvenaient à exploiter leur violence à leur profit.

 

Ainsi, il y a trois ans, la police de Bruxelles a noté que les agressions contre les couples homosexuels se multipliaient en leurs lieux de rencontre, le Parc de Bruxelles et la place Anneessens. Quelques agresseurs furent arrêtés. Il s’agissait de jeunes Maghrébins en provenance de la commune voisine de St-Gilles. Au terme d’une enquête, il fut établi que ces jeunes étaient « conditionnés » par les prêches homophobes d’un imam dans une mosquée de cette commune. Lorsqu’il s’est agi de l’appréhender, l’imam avait disparu…

 

Dès lors, ce mélange détonant entre le fanatisme religieux et le nationalisme arabe ne peut que générer dans l’esprit de ces jeunes arabo-musulmans un désir de vengeance qui conduit inéluctablement au terrorisme. En plus, il y a le « romantisme » du moudjahidine qui se sacrifie pour la cause et le simplisme de la promesse d’un lupanar céleste dans l’au-delà qui est un puissant moteur pour des esprits simples.

 

L’Etat islamique a vu dans ces jeunes musulmans européens une chaire à canons nombreuse et de choix après les avoir entraînés en Syrie. À leur retour en Europe, ils sont prêts pour les attaques terroristes dans les grands centres urbains. Comme ces jeunes sont pour la plupart des citoyens des pays où ils s’apprêtent à commettre les attaques, il est évidemment bien plus difficile aux forces de l’ordre de les appréhender.

 

Alors, que faire ? Dans une interview au quotidien « l’Echo » du 22 mars, donc effectuée avant les attentats, le juge Michel Claise suggère de « pénaliser l’enseignement de la charia lorsqu’il introduit un système contraire à la loi. » Notons qu’il distingue clairement l’enseignement de la charia « dans le sens où il s’agit d’un système normatif et juridictionnel incompatible avec nos règles internationales. » Il ne s’agit pas de viser le Coran qui « appartient à la communauté religieuse » et la liberté du culte doit rester absolue. Cependant, « si on lie des messages du Coran à des actes contraires à nos valeurs, cela ne va pas. »

 

 

Le juge Michel Claise veut réprimer l'enseignement de la charia et surveiller de près les écoles coraniques.

Le juge Michel Claise veut réprimer l'enseignement de la charia et surveiller de près les écoles coraniques.

 

 

Certes, le juge a raison. Mais cela ne suffit pas. La répression sera-t-elle efficace ? En a-t-on les moyens ? Et surtout, il faut éviter de ne faire que du répressif. La répression doit être liée à une autre politique dans les « quartiers ».

 

La démocratie doit y reprendre sa place. Les écoles doivent être rénovées et rouvrir avec un corps enseignant motivé, c’est-à-dire respecté, payé décemment et doté de moyens suffisants pour exercer sa mission. Cela nécessitera des moyens considérables. Les ayatollahs de l’austérité vont hurler, mais c’est le prix à payer si on veut rattraper cette génération perdue et donner sa chance à la suivante. Ainsi, pourra-t-on éradiquer la pieuvre terroriste.

 

Cela s’appelle un devoir humanitaire contre la barbarie, tout simplement.

 

 

 

 

Pierre Verhas

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Published by pierre verhas
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commentaires

lombet 25/03/2016 11:24

Bonjour,
Je partage l'analyse de Pierre concernant les causes géopolitiques du phénomène.Quant à dire que les terroristes sont les victimes d'une société ultralibérale je trouve cela un peu court .J'aurais aussi un regret.Il n'y a pas un seul mot sur la responsabilité de certains édiles municipaux qui ont joué la carte du communautarisme à des fins électorales et qui pour ce faire n'ont pas hésité à flirter avec les mosquées et les salafistes.Cet aspect des choses a été particulièrement bien mis en évidence hier lors de l'émission "Des paroles et des actes" de France 2 par Mme Nadia Remadma,présidente de l'association "Brigade des mères".
Sur ce je souhaite une très bonne journée à mon vieil ami Pierre.