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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 09:27

 

Si The Economist le dit…

 

 

 

Le journal en ligne « Investig’action » (celui du « conspirationniste » Michel Collon… Nous savons ! Mais qui publie souvent des papiers intéressants et bien documentés) rapporte un article de The Economist, l’hebdo financier britannique qui est en quelque sorte la « Pravda » de la City londonienne, deuxième place financière du monde, connu pour répandre les thèses ultralibérales.

 

 

« Selon The Economist, (…) les profits du big bizness aujourd’hui sont « anormalement élevés », voire « trop élevés pour être bons ». Dans une économie saine, la plus grande part des bénéfices vont à de nouveaux investissements, concurrence oblige. Mais les «méga-profits » actuels sont tellement importants que les entreprises ne savent qu’en faire. En 2015 l’ensemble des entreprises US ont réalisé des gains record de plus de 1.600 milliards de dollars, alors qu’elles n’ont réinvesti qu’un bon 500 milliards de dollars. L’an dernier, rien qu’aux Etats-Unis, il y avait donc un « excédent » de capital de plus de 1.000 milliards de dollars. Au niveau mondial on évalue le surplus de capital à 7.000 milliards de dollars.vii Pour vous donner une idée, ce montant équivaut aux revenus annuels totaux de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Il équivaut aussi à 50 fois l’aide mondiale au développement. »

 

 

 

La City londonienne commence à s'inquiéter des profits trop importants des entreprises transnationales.

La City londonienne commence à s'inquiéter des profits trop importants des entreprises transnationales.

 

 

 

Il y a trois causes à cela.

 

 

« Grosso modo il y a trois raisons à ce phénomène des méga-profits.

 

 

Premièrement, le taux d’imposition des entreprises est systématiquement revu à la baisse, à quoi il faut ajouter des régimes fiscaux préférentiels pour les plus grandes entreprises. En 1990 le taux d’imposition aux Etats-Unis s’élevait à 35 % – aujourd’hui il n’est plus que de 20 %. En Europe et au Japon le recul est encore plus important. Partout des voix s’élèvent pour baisser encore ce taux d’imposition … A côté de cela il y a l’évasion et la fraude fiscale que nous connaissons maintenant via les Offshore Leaks, Luxleaks, Swissleaks et autres Panamapapers.

 

 

Deuxième raison : la modération salariale. Ces quinze dernières années le revenu médian des ménages étatsuniens a baissé de 7 %. En Europe la part des salaires dans le PNB passait dans la même période de 62 à 58 %. Salaires et profits sont des vases communicants : plus les salaires sont bas, plus les bénéfices sont élevés, et inversement.

 

 

La troisième cause est la formation de monopoles. Aujourd’hui 147 super-entreprises contrôlent 40 % de l’économie mondiale, et 737 « intégrateurs système » en contrôlent jusqu’à 80 %. Les intégrateurs système sont des méga-entreprises qui contrôlent l’ensemble de la chaîne de production. Elles ont une marque dominante, contrôlent R&D, imposent les prix aux autres. Autour d’elles elles organisent des grappes d’entreprises de sous-traitance complètement subordonnées à leurs intérêts. Beaucoup de branches sectorielles évoluent de plus en plus vers un marché de type « winner-takes-all » (le vainqueur rafle toute la mise), qui permet aux entreprises en question de récolter des méga-profits. Ces bénéfices leur permettent de racheter des sous-traitants ou des concurrents, ce qui augmente encore le degré de concentration. »

 

 

On trabsfère la charge fiscale des entreprises vers les ménages, on impose la modération salariale par des mesures antisociales comme le saut d’index ou l’allongement de la durée du travail et, enfin, la soi-disant « concurrence libre et non faussée » imposée par l’Union européenne conduit non pas à l’expansion économique, mais à terme à des monopoles, chacun prenant en main tout un secteur économique.

 

 

Tout cela ressemble à s’y méprendre aux mesures prises par les gouvernements des pays de l’Union européenne…

 

 

Il ne reste qu’à tirer les conclusions… Le dossier reste plus que jamais ouvert.

 

 

 

L’appel de Desmond Tutu : « Libérez-vous en libérant la Palestine ».

 

 

 

Lors de la dernière offensive israélienne à Gaza – la fameuse opération « plomb endurci » - l’archevêque émérite sud-africain Desmond Tutu et Prix Nobel de la Paix a appelé à un boycott mondial d’Israël et adresse au peuple israélien le plaidoyer suivant : « Libérez-vous en libérant la Palestine ».

 

 

 

Desmond Tutu : son appel "Libérez-vous en libérant la Palestine" doit être rappelé !

Desmond Tutu : son appel "Libérez-vous en libérant la Palestine" doit être rappelé !

 

 

En voici des extraits significatifs qui sont toujours d’actualité au moment où le gouvernement israélien durcit encore plus sa politique à l’égard des Palestiniens occupés et des conflits dans la région.

 

 

« J’ai appelé les sœurs et frères israéliens présents à la conférence à se dissocier activement, ainsi que leur profession, de la conception et de la construction d’infrastructures visant à perpétuer l’injustice, notamment à travers le mur de séparation, les terminaux de sécurité, les points de contrôle et la construction de colonies construites en territoire palestinien occupé.

 

 

« Je vous implore de ramener ce message chez vous : s’il vous plaît, inversez le cours de la violence et de la haine en vous joignant au mouvement non violent pour la justice pour tous les habitants de la région », leur ai-je dit.

 

 

Au cours des dernières semaines, plus de 1,7 million de personnes à travers le monde ont adhéré au mouvement en rejoignant une campagne d’Avaaz demandant aux compagnies tirant profit de l’occupation israélienne et/ou impliquées dans les mauvais traitements et la répression des Palestiniens de se retirer. La campagne vise spécifiquement le fonds de pension des Pays-Bas ABP, la Barclays Bank, le fournisseur de systèmes de sécurité G4S, les activités de transport de la firme française Véolia, la compagnie d’ordinateurs Hewlett-Packard et le fournisseur de bulldozers Caterpillar.

 

 

Le mois dernier, 17 gouvernements européens ont appelé leurs citoyens à ne plus entretenir de relations commerciales ni investir dans les colonies israéliennes illégales.

 

 

Récemment, on a pu voir le fond de pension néerlandais PGGM retirer des dizaines de millions d’euros des banques israéliennes, la fondation Bill et Melinda Gates désinvestir de G4S, et l’église presbytérienne américaine se défaire d’un investissement d’environ 21 millions de dollars dans les entreprises HP, Motorola Solutions et Caterpillar.

 

 

C’est un mouvement qui prend de l’ampleur.

 

 

La violence engendre la violence et la haine, qui à son tour ne fait qu’engendrer plus de violence et de haine.

 

 

Nous, Sud-Africains, connaissons la violence et la haine. Nous savons ce que cela signifie d’être les oubliés du monde, quand personne ne veut comprendre ou même écouter ce que nous exprimons. Cela fait partie de nos racines et de notre vécu.

 

 

Mais nous savons aussi ce que le dialogue entre nos dirigeants a permis, quand des organisations qu’on accusait de « terroristes » furent à nouveau autorisées, et que leurs meneurs, parmi lesquels Nelson Mandela, furent libérés de prison ou de l’exil. »

 

 

C’est donc, fort de son expérience dans la lutte contre l’apartheid, que le prélat appelle au dialogue entre les dirigeants israéliens et les dirigeants palestiniens emprisonnés ou en exil et considérés comme « terroristes ».

 

 

« Nous savons que lorsque nos dirigeants ont commencé à se parler, la logique de violence qui avait brisé notre société s’est dissipée pour ensuite disparaître. Les actes terroristes qui se produisirent après le début ces échanges - comme des attaques sur une église et un bar - furent condamnés par tous, et ceux qui en étaient à l’origine ne trouvèrent plus aucun soutien lorsque les urnes parlèrent. »

 

 

Mais, c’est avant tout au peuple israélien comme au peuple palestinien à agir. Et Desmond Tutu avertit :

 

 

« Il devient de plus en plus clair que les politiciens et les diplomates sont incapables de trouver des réponses, et que la responsabilité de négocier une solution durable à la crise en Terre Sainte repose sur la société civile et sur les peuples d’Israël et de Palestine eux-mêmes.

 

 

Outre la dévastation récente de Gaza, des personnes honnêtes venant du monde entier - notamment en Israël - sont profondément perturbées par les violations quotidiennes de la dignité humaine et de la liberté de mouvements auxquelles les Palestiniens sont soumis aux postes de contrôle et aux barrages routiers. De plus, les politiques israëliennes d’occupation illégale et la construction d’implantations en zones tampons sur le territoire occupé aggravent la difficulté de parvenir à un accord qui soit acceptable pour tous dans le futur.

 

 

L’État d’Israël agit comme s’il n’y avait pas de lendemain. Ses habitants ne connaîtront pas l’existence calme et sécuritaire à laquelle ils aspirent, et à laquelle ils ont droit, tant que leurs dirigeants perpétueront les conditions qui font perdurer le conflit. »

 

 

Enfin, il préconise le BDS (Boycott – Désinvestissements – Sanctions) contre le gouvernement israélien à l’instar du boycott contre l’Afrique du Sud de l’apartheid dans les années 1980.

 

 

« La solution viendra plus probablement des outils non violents que nous avons développés en Afrique du Sud dans les années 80 afin de persuader le gouvernement sud africain de la nécessité de changer sa politique.

 

 

La raison pour laquelle ces outils - boycott, sanctions et retraits des investissements - se sont finalement avérés efficaces, est qu’ils bénéficiaient d’une masse critique de soutien, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le même type de soutien envers la Palestine dont nous avons été témoins de par le monde durant ces dernières semaines.

 

 

Mon plaidoyer envers le peuple d’Israël est de voir au-delà du moment, de voir au-delà de la colère d’être perpétuellement assiégé, de concevoir un monde dans lequel Israël et la Palestine coexistent - un monde dans lequel règnent la dignité et le respect mutuels.

 

 

Cela demande un changement de paradigme. Un changement qui reconnaisse qu’une tentative de maintenir le statu quo revient à condamner les générations suivantes à la violence et l’insécurité. Un changement qui arrête de considérer une critique légitime de la politique de l’État comme une attaque contre le judaïsme. Un changement qui commence à l’intérieur et se propage à travers les communautés, les nations et les régions- à la diaspora qui s’étend à travers le monde que nous partageons. Le seul monde que nous partageons ! »

 

 

Le gouvernement israélien réagit très durement au BDS. C’est la preuve de son efficacité ! En France, Manuel Valls veut que le BDS qu’il estime être une manifestation d’antisémitisme, soit considéré comme illégal et que ses promoteurs soient traînes devant les tribunaux.

 

Nous nous trouvons une fois de plus dans la confusion entre l’action critique à l’égard de la politique du gouvernement israélien et l’antisémitisme. S’il y a des antisémites qui profitent de ce mouvement pour se manifester, ils ne représentent qu’une insignifiante minorité extérieure aux organisateurs du BDS parmi lesquels on trouve aussi des militants juifs.

 

La seule chose finalement que l’on demande aux dirigeants israéliens, c’est d’appliquer les règles du droit international.

 

 

 

Un Premier mai muselé !

 

 

 

À Bruxelles, ce fut un triste Premier mai malgré le beau temps. Seules, place Rouppe, les organisations proches du PS avaient des stands, par ailleurs plus alimentaires que politiques. Le mouvement associatif, les groupes de résistance étrangers comme les Palestiniens, les Kurdes, les Turcs laïques, les progressistes juifs, la gauche chilienne pour ne citer que ceux-là, ne disposaient d’aucun espace.

 

 

 

L'ambiance était morose ce 1er mai 2016 à Bruxelles. Un peu trop de police et pas assez de diversité...

L'ambiance était morose ce 1er mai 2016 à Bruxelles. Un peu trop de police et pas assez de diversité...

 

 

Soi-disant pour des raisons de sécurité. D’ailleurs, seules deux voies d’accès étaient ouvertes et celles et ceux qui voulaient les franchir étaient fouillés par la police.

 

Sale temps pour la solidarité et pour la liberté. Allons. Une consolation : le discours du Président de la Fédération des Mutualités Socialistes du Brabant, Jef Baeck, a remis les montres à l’heure.

 

Comme d’habitude, ce sont les hommes de terrain qui savent de quoi il s’agit !

 

 

 

Pierre Verhas

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Published by pierre verhas
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commentaires

lombet 04/05/2016 14:24

Bonjour,
Voila peut-être un remède pour redonner de la vigueur aux manifestations du 1er mai?
Bonne journée.