Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 19:42
La marque aux trois bandes a annoncé qu'elle allait progressivement délocaliser ses usines chinoises en raison des salaires trop élevés fixés par le gouvernement. Un salarié d'un sous-traitant des marques de sport gagne environ de quoi s'acheter une paire de chaussures par mois. Indécent.


 
 
On connaissait les banderoles «footballeurs, trop payés !», le CEO d'Adidas vient de pointer du doigt les nouveaux barons de l'industrie sportive: les ouvriers chinois. Herbert Hainer a en effet déclaré dans le journal WirtschaftsWoche que son entreprise envisageait de délocaliser sa production chinoise vers des pays plus compétitifs : «Les salaires qui sont fixés par le gouvernement, sont progressivement devenus trop élevés» estime-t-il. Le numéro deux mondial des équipements sportifs produit pour le moment la moitié de ses chaussures en Chine. Mais cette proportion «va reculer». C'en est donc fini du Made in China. Adidas regarde plutôt du côté du Vietnam, du Cambodge, du Laos et des anciens pays de l'Est.
 
200 euros par mois pour un salarié chinois
En quoi la Chine est-elle vraiment trop chère pour Adidas ? Une travailleuse produisant des chaussures Adidas à Shenzhen, généralement une jeune femme migrante vivant dans un dortoir de 12 lits, devrait consacrer 1 mois de salaire pour acquérir, la paire de chaussures qu'elle a elle-même produite.
Selon les dernières chiffres du Bureau National des Statistiques, un salarié urbain émarge en moyenne à 200 euros par mois, ce qui lui permettrait d'acheter près de 3 paires de baskets Adidas en période de soldes. Rien à voir avec les revenus de la population agricole, proches des 40 euros par mois. Pas mal par rapport au Bangladesh où le salaire mensuel moyen est d'environ 20 euros. Mais pas mirobolant par rapport au Vietnam, où le salaire mensuel moyen -très variable aussi selon les régions- tourne autour de 50 euros. Pas de quoi s'acheter des godasses de la marque aux trois bandes. Ou alors des fausses. En fait, Adidas prépare surtout l'avenir. Les salaires des chinois -urbains ou agricoles- ont connu des taux de croissance de près de 20% au premier semestre 2008. A cette allure, la Chine pourrait rapidement devenir moins attractive.

 Des conditions de travail dégradantes
L'organisation « PlayFair 2008 » qui a publié cette année un rapport sur les conditions de travail en Chine dans l'industrie du sport décrit un présent beaucoup plus sombre: des salaires inférieurs au minimum vital, des « conditions de travail dégradantes », une « absence de respect des libertés syndicales », un « recours généralisé à la main d'œuvre occasionnelle ». Play Fair a travaillé aussi bien sur les marques Adidas, Nike, Puma, new, Balance, Reebok constatant que les prestataires de ces marques ne payaient pas toujours leurs ouvriers au niveau du salaire minimum local. L'organisation reconnaît tout de même que les pressions exercées sur leurs sous-traitants chinois par ces grandes marques ont « adouci certains procédés disciplinaires, concernant les heures supplémentaires, les conditions de vie dans les dortoirs pour les travailleurs migrants ». 
 
Objectif : 5000 points de ventes Adidas en 2010
L'association a aussi mené une enquête économique sur les bénéfices des marques de sport. Les chiffres annoncés permettent de relativiser les salaires indécents des ouvriers chinois. Adidas aurait ainsi engendré 1,1 milliard de dollars de résultat avant impôts en 2007, en progression de 68% par rapport à 2006. Herbert Hainer espère atteindre le chiffre de 5000 points de vente en 2010 et 1,56 milliards de chiffres d'affaires. Car au delà de la délocalisation des usines chinoises, c'est un nouveau positionnement stratégique de la marque de sport vis à vis de l'empire du Milieu qui se profile.

 
Le Made in china remplacé par le sold in China?
Adidas ouvrira le 8 août prochain, son plus grand magasin du monde (3170 mètres carrés) à Pékin et mise sur l'événement pour développer son activité dans le pays.
« La valeur du marché chinois des articles de sport se situerait actuellement entre 4,2 et 5,6 milliards de dollars par an et les analystes prédisent que les dépenses des consommateurs (…) continueront à connaître une croissance à deux chiffres au cours des prochaines années. A la différence des marchés de vêtements et de chaussures de sport nord-américain et européen, le marché chinois offre un potentiel de croissance pratiquement illimité » écrit Play Fair dans son étude.
C'est un fait, la Chine n'est plus une usine, désormais la Chine est un marché.

Mardi 29 Juillet 2008 - 00:04
Régis Soubrouillard
Marianne2.fr

Ajoutons que ce drame social va avoir des conséquences inattendues. Les multinationales ne trouveront plus où délocaliser car les salaires dans les pays du Tiers-monde ont tendance à monter. Des organisations syndicales parviennent difficilement et dans des conditions dangereuses pour leurs militants, à s'organiser et à faire pression sur un patronat de plus en plus exploiteur.

Les temps changent...
.

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires