Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 23:46

 

 

Ah ! Ma coke…

 

Voilà donc le champion cycliste flandrien Tom Boonen contrôlé (pour la deuxième fois…) positif à la cocaïne. Un fameux pavé dans la mare après celui plus glorieux de Paris-Roubaix. Et puis, le tennisman français Richard Gasquet, grand espoir pour Rolland Garros, lui aussi pris dans la ligne de coke.


 

On se demande si ces deux sportifs usent de ce stupéfiant pour se sentir en forme lors des soirées branchées de la jet set sportive, ou comme dopant. Il est évident que la sanction est différente si l’usage de ce produit est fait à des fins privées ou « sportives ». On pourrait se poser la question : n’est-ce pas pour les deux usages, les deux champions étant devenus accrocs de cette dope…


 

Allons, Laurette va contrôler tout cela. Et nous saurons enfin de quoi il en retourne.

 

Kouchner indécis

 

Le french doctor n’en rate pas une. Voilà qu’il se déclare indécis pour l’élection européenne. Du coup, chacun y va de son interprétation : Xavier Bertrand, pour l’UMP, y voit un désaveu du PS et Harlem Désir, pour le PS, y voit un désaveu de l’UMP. Allez savoir après cela !


 

Soyons justes : on peut comprendre le désarroi de Koukouchpanière. Pas mal d’entre nous le partagent. Néanmoins, nous ne sommes pas ministre des Affaires étrangères de Sarkozy.


 

 

 

 

 

 

Là aussi, le compagnon de la reine Christine (tiens ! On ne l’entend plus, celle-là) devrait ne pas hésiter à démissionner en cas d’hésitation sur les élections européennes.

Allons ! Tout est rentré dans l'ordre : Kouchner votera UMP. Se serait-il fait remonter les bretelles par Sarkozy, notre vilain coco ?

 

La Bérézina du PS francophone belge

 

Jamais les sondages n’ont été aussi catastrophiques pour le « premier parti de Wallonie ». Dans l’arrondissement de Huy – Waremme, une chute de 16 %. A Bruxelles, une dégringolade de  18 points. Bien sûr, ce ne sont que des sondages. Cependant, par leur constance, ils dénotent une tendance qui est très forte qui ne fait qu’amplifier la cuisante défaite de juin 2007.

 

Il faut dire que les compromissions diverses, une politique opaque, les affaires et les frasques « voyageuses » de certains mandataires socialistes qui confondent un peu trop aisément leur patrimoine avec le bien public, contribuent à accroître cette tendance. Cependant, elle a des causes plus profondes que nous analyserons bientôt.

 




Si cette cata se confirme le 7 juin, elle signifie à moyen terme, la disparition pure et simple de la social-démocratie du paysage politique francophone en Belgique. Cela changerait fondamentalement les cartes dans le Royaume des fringants Saxe Cobourg.

 

Et cela confirme une tendance générale en Europe. Plus aucun parti social démocrate encore existant n’est en bonne santé politique.

 

Sale temps pour la gauche démocratique !

 

Fiat l’ogresse mégalomane

 

Il est intéressant de lire l’analyse que Georges Ugeux, le financier belge, spécialiste de l’Amérique au sujet de la crise du secteur automobile américain et de la venue de Fiat qui s’apprête à tout bouffer.

« Le « Chapter 11 » est l’équivalent américain de notre Concordat. Chrysler a bénéficié de cette procédure, mais la négociation est difficile à cause de 46 « hedge funds »qui ont fait capoter la négociation et refusé les offres du Gouvernement, ce que Barack Obama n’a pas manqué de préciser. On annonce que Chrysler pourrait sortir de « Chapter 11 » en 60 jours : il faut croire que beaucoup de choses ont été négociées « avant-faillite ».


Mais ici, nous n’avions pas que des banques. Les actionnaires, Daimler, ont en effet cédé leur participation à un fonds de « private equity » (capital-investissement), du nom prémonitoire de Cerberus. Ce fonds venait de surcroît venait de racheter le bras financier de General Motors (GMAC). Ils amenèrent à grand renforts de publicité et de capitaux, un nouveau CEO, Robert Nardelli. Ce dernier avait quitte General Electric pour ne pas avoir succédé au pape des  dirigeants d’entreprises, Jack Welsh. Il était alors entre chez Home Depot, entreprise de grands magasins en équipement de construction résidentielle,  ou son « mentor », Kenneth Langone, qui avait également multiplié le salaire de Dick Grasso au NYSE, lui fit un pont d’or. Refusant une baisse de ses rémunérations lorsque les performances de l’entreprise l’amenèrent à acter des pertes, Bob Nardelli claqua la porte avec un « parachute doré » de $ 140 millions.


Entré chez Chrysler, il ne parvint pas à retourner l’entreprise avec assez de rapidité et de conviction. Et c’est finalement la société Chrysler qui va faire la culbute. Ford, la mieux gérée des sociétés automobiles américaines, y a échappé en faisant cette semaine une restructuration solide, vendant des actifs et empruntant auprès du Trésor Américain. General Motors, dont on attendait la faillite, a survécu cette semaine grâce a une offre d’échange à ses créanciers de $ 25 milliards de sa dette contre actions de GM. »


C’est Fiat qui va reprendre les deux géants américains : Chrysler et GM. Fiat se pointe à l’horizon pour récupérer la société à bas prix. Nissan (c’est-a-dire Carlos Gohn et Renault) auraient décliné. Renault s’est déjà écrasé aux Etats Unis et a revendu a perte American Motors (y compris Jeep qui appartient a Chrysler).  Daimler s’est sabordé avant la chute de Chrysler.  Fiat a revendu à perte sa participation en General Motors, mais lorgne à nouveau sur Général Motors.


Ugeux ajoute : « Pourquoi certains grands européens tentent-ils de recourir aux acquisitions pour avoir une part du marché américain ? Certes, la démarche semble aisée, mais tout sépare ces industries. Les européens ont créé des processus qui permettent aux ouvriers d’être plus proches de la construction d’une voiture que d’un geste mécanique que ne désavouerait pas Charlie Chaplin dans les Temps Modernes. Les américains ont préféré avec l’accord de leurs syndicats, le travail à la chaine de la première phase de la révolution industrielle au XIXème siècle. Cela vaut dans les deux sens : un Vice Chairman de GE, Paolo Fresco, est devenu Chairman de Fiat, a acquis les actions GM et les a revendues. La crise de sa gestion n’a pu être résolue que par la conversion des dettes bancaires en capital de Fiat.



Nouveauté dans cette situation, le très puissant syndicat automobile se retrouverait actionnaire a 55% de Chrysler. Cela leur a été acquis contre la renonciation à certains avantages sociaux. Sergio Marchionne, le CEO de Fiat, devrait donc avoir comme actionnaires majoritaire les syndicats américains. Certes, il a l’expérience des syndicats italiens, mais sous Berlusconi, ils sont plutôt affaiblis. D’autre part, les contribuables italiens accepteront-ils de financer des activités de Fiat aux États-Unis ? A la base de cette démarche réside un immense pari : les conducteurs américains s’habitueront-ils a conduire les petites voitures dont la technologie devrait venir d’Italie. »



Mais, ce n’est pas tout.


Le géant automobile américain
General Motors (GM) envisage de prendre une participation au capital de l'italien Fiat en échange de ses activités en Europe et en Amérique latine, rapporte, jeudi 7 mai, le New York Times. Le patron de Fiat Sergio Marchionne aurait donné son assentiment pour céder 10 % du groupe à GM, mais le constructeur américain exigerait de son côté "au moins 30%", désirant ne pas brader ses branches sud-américaines, révèlent deux sources proches des négociations au quotidien. Cette négociation intervient dans le cadre du "Plan Phoenix", où Fiat entend s'inscrire comme numéro deux mondial de l'automobile, derrière le japonais Toyota. Après la finalisation d'une alliance avec l'américain Chrysler, le constructeur italien ambitionne publiquement de vouloir mettre la main sur les activités européennes de GM, dont les marques allemande Opel, suédoise Saab et britannique Vauxhall. Répondant à la crainte des salariés
allemands, Fiat a d'ores et déjà annoncé que son plan ne prévoit pas de fermetures de sites mais des restructurations, détaille à Reuters une source proche du dossier. L'italien dément ainsi les informations du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung lui attribuant la volonté de supprimer 18.000 emplois en fermant totalement ou partiellement dix usines en Europe.

"Aucune des quatre usines Opel" ne va fermer.


Sergio Marchionne a assuré que son groupe ne comptait fermer "aucune des quatre usines Opel en Allemagne", dans le journal Bild publié mardi, tout en ajoutant "évidemment, il faudra que les effectifs soient réduits", pour rendre les usines "plus productives".

Le dirigeant italien a réussi en quelques années seulement à redresser Fiat sans suppressions d'emplois massives. En mars dernier, il n'avait toutefois pas exclu de possibles fermetures d'usines en Italie, où le groupe est le premier employeur privé du pays.



Si les négociations aboutissent, General Motors se retrouverait contraint de se séparer de nombreuses marques dans le cadre de ses efforts de restructuration, l'administration américaine lui ayant donné jusqu'au 1er juin pour mettre en place les conditions d'un retour durable à la rentabilité s'il veut échapper au dépôt de bilan. GM a ouvert les comptes de sa filiale suédoise Saab à une dizaine de candidats potentiels au rachat de celle-ci. Parmi les repreneurs potentiels se trouvent des constructeurs automobiles chinois, des groupes d'investisseurs européens et des fonds de capital-risque, a déclaré mercredi à Reuters une source proche du dossier. (NouvelObs.com avec Reuters et AFP)




Et Ugeux ajoute :


« On ne peut qu’espérer que Fiat Chrysler réussisse, mais c’est un vrai pari…La presse italienne est en joie. Obama et Berlusconi l’ont approuvée. Pour ma part, ayant vécu de près les célébrations de Daimler-Chrysler, j’ai un sentiment de « déjà-vu ». Sergio Marchionne fera-t-il mieux que Jurgen Schrempp ? Dans les deux cas, les egos sont hauts et la visibilité plutôt basse. » 


Et puis, Fiat possède-t-elle les reins suffisamment solides pour assouvir ses ambitions ? En effet, on se retrouve devant un appétit boulimique, des promesses (notamment sur les fermetures et les emplois) non tenues. Une nouvelle catastrophe économico-sociale en préparation…


C'est l'analyse de Georges Ugeux qui dresse un historique de Fiat.

«Fiat a une histoire dynastique : celle de la famille Agnelli dont le fondateur et patriarche  Gianni, était appelé « l’ingeniere ».  Mais cette histoire est pour le moins tourmentée par des épisodes dans des métiers autres que l’automobile, et par des quasi-faillites dont les banques italiennes ont été “priées” de la sortir.

Tout indique que les ingrédients de la décision sont au départ influencés par une forme de mégalomanie qui inspire la méfiance. L’idée qu’il faut produire au moins 5.000.000 de voitures pour survivre est parfaitement absurde : tout dépend des produits et des marchés servis. Car ne l’oublions pas, s’il y a des gains possibles dus a la taille (notamment les achats groupés d’acier), c’est un métier éminemment culturel, proche du client et qui passe par des réseaux de vente, de financement et de services qui sont extrêmement coûteux et n’ont que d’effets de taille limités.

Qu’il faille absolument être sur le marché américain est aussi absurde. Nous savons que ce marché est en ce moment sous pression parce que les trois grands leaders sont quasiment en faillite pour cause de bureaucratie aiguë. La première tentative de Paolo Fresco, ancien Vice Chairman international de General Electric, et premier Chairman en dehors de la famille, s’est faite sur General Motors dont les actions durent être revendues à perte et en catastrophe pour éviter la culbute. Quant a Chrysler, il aura coûté plus d’une dizaine de milliards a Daimler Benz. Sergio Marchionne pense-t-il sérieusement qu’il arrivera à réussir la ou Jurgen Schrempp, qui avait, lui, une carrière entière dans l’automobile et la discipline nécessaire, a échoué ?
Oublie-t-il que les syndicats possèdent 55% des actions de Chrysler après faillite ? N’est-ce pas la un orgueil sur-dimensionné ? N’est-ce pas aussi un exemple typique du genre de rêves que les sociétés de conseil et les banques d’affaires continuent à vendre en flattant l’ego de leurs clients ?


Mais si l’on tient compte des actifs européens de General Motors, on ajoute Opel, Vauxhall, Saab qui s’ajouteront à Fiat, Maserati, Lancia, Alfa Romeo et Ferrari ? Quelle cohérence ? Mais aussi quel immense défi culturel. Ce sont des entreprises tellement différentes qui risquent d’être détruites par des incompréhensions culturelles. Il semblerait que Saab et Lancia seraient sacrifies.


La destruction d’emplois sera massive, particulièrement en Allemagne et en Grande Bretagne, ou la fusion des productions et des moteurs va coûter prés de 20.000 emplois et dix usines, essentiellement en dehors d’Italie. La fermeture d’usines en Allemagne et en Belgique était déjà programmée. Les syndicats de ces deux pays sont sur le pied de guerre : et les récentes négociations ne laissent certainement pas augurer d’une complaisance de leur part.


Quant à la dimension financière de cette opération, elle devrait faire frémir les actionnaires et les administrateurs indépendants, d’autant plus facilement que la société est cotée au NYSE depuis plus de dix ans. Une augmentation de capital diluerait les actionnaires dans des proportions inacceptables à moins que l’opération se fasse avec droit de souscription préférentiel. L’action a en effet perdu 50% en un an, même en tenant compte du rebond de ces dernières semaines. En effet, le bilan de Fiat fait état de $ 62 milliards, dont seulement $ 9 milliards en fonds propres. Y ajouter la dette de ces acquisitions ne peut se faire uniquement par recours à la dette. Qui plus est, la société a perdu $ 410 millions contre un bénéfice de $ 1.600 millions en 2007. Elle se trouve donc fragilisée.


Seuls les administrateurs indépendants, les actionnaires et/ou les syndicats peuvent encore arrêter cette course infernale à la croissance. Il ne faut pas compter sur Silvio Berlusconi pour mettre un frein à de telles ambitions.

Et si ce n’était pas assez, il semblerait que la fusion avec Peugeot-Citroën serait seulement au frigo. Ici aussi la grande banque d’affaires Mediobanca, dirigée par un ancien de chez Fiat, jouerait le rôle de conseil.

Il ne fait aucun doute qu’une consolidation de l’industrie automobile européenne est indispensable. Mais si la stratégie de Fiat est de participer à cette consolidation, il est urgent que Sergio Marchionne arrête l’alliance prévue avec Chrysler. S’ils fait les deux, je ne donne pas 3 ans pour que des difficultés importantes fassent leur apparition.

Décidément, dans certains milieux, les effets dramatiques de la crise financière ne semblent pas encore avoir été compris. Fiat semble prête à faire toutes les erreurs de Fortis… »

Nous avons mis en italique ce qui paraît important. Après Lippens chez Fortis, voici Marchionne avec Fiat qui se veut la grenouille plus grosse que le boeuf. Encore une fois, aucune leçon n'a été tirée de la crise financière. Les mégalomanes sévissent toujours et mènent notre société à sa perte.













Ces personnages n'ont pas tiré la leçon des "Aveugles de Breughel"...



 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires