Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 11:41

Iran : la manipulation continue.

 

Nous avons évoqué dans une livraison précédente la manipulation des Occidentaux dans les événements qui secouent l’Iran. Le rôle des Etats-Unis et de la France n’est plus à démontrer.

 

Dans une récente interview à la chaîne TV américaine CNN, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton avoue clairement le rôle des Etats-Unis dans la « révolution verte » iranienne.

 

En effet, l’opposition républicaine reprochait à Obama sa passivité envers la situation en Iran. Les services américains avaient nié toute intervention dans les troubles à Téhéran et le président affichait volontairement une neutralité silencieuse.


Or, dans un entretien accordé à Farred Zacharia, journaliste américain d’origine indienne, spécialiste du Moyen Orient, le 9 août 2009 sur CNN, la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, a confirmé ce que ses services niaient jusque là : les États-Unis ont joué un rôle très important dans la pseudo « révolution verte » en Iran et ont fabriqué de faux messages d’Iraniens sur Twitter.


En voici le script :


Fareed Zakaria : À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que le président et vous-même avez été trop lents à condamner ce qui paraît avoir été des élections frauduleuses ; trop lent à offrir un soutien aux gens d’en bas parce que vous vouliez préserver l’option de négociations avec l’Iran. Pouvez-vous réellement négocier avec l’Iran dans cette situation ?
Je comprends, qu’en général, on négocie avec toutes sortes de régimes. mais en pratique, maintenant, avec Ahmadinejad intronisé dans une atmosphère très conflictuelle, n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ?


Hillary Clinton : laissez-moi répondre à la première partie de votre question sur notre réaction. Il y avait un autre aspect très important. Nous ne voulions pas nous ne voulions pas nous trouver entre les protestations et manifestations légitimes du peuple iranien et le pouvoir. Et nous savions que si nous intervenions trop tôt, trop fort, l’attention aurait pu basculer et le pouvoir aurait essayé de nous utiliser pour unifier le pays contre les protestataires. C’était une décision difficile à prendre, mais je pense que, rétrospectivement, nous nous en sommes bien sortis. Ceci dit, en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez, la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez », malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous continuons à parler avec et à soutenir l’opposition.




Hillary Clinton voulait-elle calmer l’opposition républicaine ou jeter des bâtons dans les roues d’Obama ? Il est difficile de répondre.


Second aspect : l’attitude de la France. Y aurait-il une divergence entre Sarkozy et son va-t-en-guerre de Kouchner ? Tout d’abord le plus brillant diplomate de France n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat : « L'ambassade de France à Téhéran avait pour consigne d'accueillir des manifestants iraniens "poursuivis" si ceux-ci lui demandaient refuge, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, dans un entretien publié lundi 10 août dans Le « Parisien/Aujourd'hui ». Le « Monde » du 10 août rapporte : « Arrêtée aux côtés de l'universitaire française Clotilde Reiss et d'autres manifestants contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, Nazak Afshar, une employée franco-iranienne de l'ambassade, avait affirmé samedi lors de son procès avoir reçu comme consigne de son employeur de donner asile si nécessaire à des manifestants. "Si des manifestants poursuivis cherchaient refuge à l'ambassade de France, la consigne était d'ouvrir la porte", a déclaré M. Kouchner au Parisien, ajoutant : "C'est une consigne de tous les Européens. C'est notre tradition démocratique."



Cette attitude de Kouchner est irresponsable. User d’une employée d’ambassade et d’une jeune universitaire dans un pays ayant un régime totalitaire parmi les plus dangereux, est inadmissible sur le plan de l’éthique, mais aussi de l’efficacité diplomatique. En agissant ainsi, Kouchner met la position de son pays en porte-à-faux.


Redoutant sans doute un retournement dans l’opinion publique, Sarkozy a décidé de s’occuper de cette affaire depuis son lieu de villégiature, le Cap Nègre. En clair, il règle cette question sans l’aide de Kouchner. Fi de « l’ingérence humanitaire », place à la négociation ! Et puis, il ne faut pas négliger les intérêts de ses amis : il faut laisser une porte ouverte pour la vente de nucléaire civil à l’Iran. Quels furent les enjeux de cette négociation qui s’est passée par l’intermédiaire de la Syrie ? On ne le sait pas encore, sinon qu’une caution de 300.000 Euros a été versée pour Nazak Afshar qui a été libérée. Clotilde Reiss sera probablement assignée à résidence à l’ambassade de France à Téhéran, au moment où nous « postons » cet article.


 












Passerait-on de la politique du pire à la Kouchner à la real-politique, incarnée par Sarkozy ? Néanmoins, comme l’écrit Marianne2.fr dans sa livraison de lundi 11 août : « Depuis son élection, le président français a adopté une position brouillonne face à l'Iran, un mélange de provocations verbales sans lendemain et d'ouverture : il s'est montré particulièrement hostile à l'Iran, mais en même temps il a toujours laissé la porte ouverte à un équipement nucléaire civil de l'Etat perse. Sarkozy a ainsi prêché les sanctions, appelé à la société civile (?), installé une base française à quelques kilomètres des côtes de l'Iran, et critiqué « l'ampleur de la fraude » électorale lors du scrutin de juin dernier. Mais il persiste aussi à proposer un accord nucléaire civil si l'Iran renonçait à ses plans militaires.

Une position qui tranchait avec le constat lucide de Barack Obama : « La différence entre M. Ahmadinejad et M. Moussavi en terme de politique pourrait ne pas être aussi grande que ce qui a été dit », avait-t-il déclaré en juin dernier. « D'un côté comme de l'autre, nous allons traiter avec un régime iranien historiquement hostile aux Etats-Unis ».

Cela tranche aussi avec la prise de position de Hillary Clinton.

Qui manipule qui, en cette affaire ?


Connaissez-vous la burqini ?


L’islamisme a aussi ses modes. Après la burqa, voici la burqini. Il s’agit d’une tenue de bain pour les femmes musulmanes qui recouvre la tête et qui, comme un training, recouvre une bonne partie du corps. C’est une certaine Aheda Zanetti, une musulmane vivant en Australie, qui a inventé ce curieux « habit ». C’est très à la mode en Turquie, notamment dans la station touristique de Antalya, où l’on a ouvert des hôtels islamiques qui ont pour caractéristique de séparer les hommes des femmes dans leurs activités estivales, notamment dans la piscine où les femmes plongent affublées de la burqini. Le soir, elles ont droit à leur propre night club où elles ont même le droit de batifoler entre nanas en robes décolletées. On n’arrête pas le progrès ! Au Sud du Liban contrôlé grâce à la grande vision géostratégique d’Israël, par le Hezbollah, il existe des plages réservées aux seules femmes en burqini.


A Emerainville, en Seine et Marne, une femme s’est présentée à la piscine municipale revêtue de sa burqini et a plongé. Le maître nageur l’a invitée fermement à remonter car sa tenue est contraire au règlement d’hygiène de cette piscine. En effet, on conçoit difficilement qu’un(e) nageur(se) plonge tout habillé(e)… Bien sûr, grand scandale ! La dame dépose plainte auprès du procureur de la République à Meaux et compte avertir le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) dont le communautarisme est bien connu.


Voilà donc un double interdit dans les piscines : le monokini (indécence…) et la burqini (hygiène). Par contre sur les – enfin certaines - plages, on fait ce que l’on veut. Il serait amusant que les femmes en burqini et en monokini s’y côtoient. Ce serait vraiment le progrès !













                                               La burqini ou le monokini, il faut choisir !

L’apprentissage très néolibéral des Ecolos


Plus d’un a été surpris parle casting Ecolo pour les gouvernements régionaux et communautaire de la partie Sud de la Belgique. L’hebdomadaire satirique « Pan » semble avoir la réponse. Bien sûr, la plupart des heureux élus sont issus de la FEF, Fédération des Etudiants Francophones, qui fut le fer de lance contre le manque de financement de l’enseignement de la Communauté française dans la décennie 1990. On y retrouve Jean-Marc Nollet, Philippe Henry, Emily Hoyos et des PS comme Bucella et Gregor Chapelle.


Rien à dire. C’est le parcours normal de jeunes se lançant dans la politique.


Par contre, certains d’entre eux ont subi une bien curieuse formation. Ils ont fait un séjour à l’Institut Aspen. De quoi s’agit-il ?


Cet institut est typique de la lettre et de l’esprit néolibéral. Une école privée discrète, ne faisant guère de publicité, dans un environnement de luxe avec un corps académique composé d’importants businessmen, forme des jeunes universitaires prometteurs à devenir les cadres politiques et les managers futurs. Sortir de ces écoles vaut bien plus dans un CV que tous les diplômes universitaires de  troisième cycle décrochés dans les plus prestigieuses Alma mater.


Qu’est-ce que l’Institut Aspen ?


L'institut Aspen est un cercle de réflexion et d'influence international à but non lucratif fondé en 1950 à Aspen dans le Colorado aux États-Unis dédié au « commandement éclairé, l'appréciation d'idées et valeur éternelles, un dialogue ouvert sur des thèmes actuels ». Son orientation en politique étrangère est d'inspiration atlantiste. L'institut a des chapitres à Berlin, Washington, Bucarest, Rome, Lyon, New-Delhi et Tokyo.


« Valeurs éternelles » et « atlantiste » dénotent bien la coloration néoconservatrice de cette formation.


Le Réseau Voltaire en dresse l’historique : « Mêlant festival culturel, formation aux humanités et réflexion stratégique mondiale, l’Institut Aspen ne veut être ni un think tank, ni un Davos états-unien, mais un club pour une élite raffinée. Cette prétention intellectuelle et artistique permet aussi d’attirer des dirigeants d’Europe et d’Asie que la vulgarité des nouveaux riches texans rebute. L’institut est aussi propriétaire du domaine de Wye River où les présidents des États-Unis aiment à recevoir les grands de ce monde à l’abri des regards. »


Il est intéressant e voir comment cet institut fut fondé par un riche homme d’affaires américain, grand amateur de musique classique et d’architecture. Cet Institut évolua rapidement de lieu de rencontre dans le cadre enchanteur d’une station de ski du nom de Aspen (les néolibéraux adorent le ski, regardez Davos !) à un centre de formation à l’idéologie néoconservatrice.




« À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le milliardaire Walter Paepcke, fondateur de la Container Corporation of America, rechercha un havre de paix où se ressourcer en écoutant de la musique et en dessinant de nouvelles lignes d’architecture. Le choix de l’esthète se posa sur le cadre enchanteur d’une station de ski naissante, Aspen (Colorado). Il y fit dresser par l’architecte finlandais Eero Saarinen une sorte de tente qui fasse amphithéâtre et salle de concert pour 2000 invités. Et il y convoqua un festival de musique classique à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Goethe, en 1949. En ce début de Guerre froide, Albert Schweitzer, Ortega y Gasset (philosophe fascisant) et quelques autres s’y laissèrent émouvoir par les mélodies romantiques interprétées par Arthur Rubinstein. Se plaisant au jeu, le mécène organisa l’été suivant un festival culturel de trois mois au cours duquel des conférences sur le Bauhaus alternèrent avec des concerts d’Isaac Stern et des projections cinématographiques. S’enhardissant, Walter Paepcke conçu le projet de délivrer à ses amis présents, chefs d’entreprises comme lui, une formation humaniste à la prise de décision inspirée de l’enseignement du professeur Mortimer J. Adler. Le mécène se muant en maître, il entreprit d’organiser, dès 1951, au cours du festival, un séminaire pour une vingtaine de dirigeants sur « Notre héritage américain », puis sur « La liberté humaine » et bientôt les conférences de Friedrich von Hayek (le penseur fondateur du néolibéralisme)  sur le libéralisme économique. C’est ainsi que naquit progressivement l’Institut Aspen pour les études humanistes. »


En 1978, l’Institut se vit offrir par de généreux mécènes le splendide domaine de Wye River (Maryland) qui lui sert désormais de siège.


En 1984, l’Institut se dote d’un Groupe de stratégie (Aspen Strategy Group), initialement pour favoriser un débat bipartisan sur la réduction de la course aux armements, puis pour aborder tous les grands sujets de politique étrangères.


L’Institut Aspen ouvre des filiales en Allemagne autour du Haut-commissaire états-unien Shepard Stone  (1974), en Italie (1984), en France avec l’ancien Premier ministre Raymond Barre (1985), et maintenant en Inde avec le « patron des patrons » Tarun Das (2004).


Le domaine de Wye River devient un haut lieu de la politique internationale. En 1990, c’est là que George W. Bush (père) et Lady Thatcher discutent du Nouvel ordre mondial avant que le président ne prononce son discours sur le sujet au Congrès. En 1991, il abrite la réunion préparatoire du sommet mondial de Rio sur l’environnement.

Aujourd’hui l’Institut Aspen est dirigé par Walter Isaacson, ancien directeur de CNN, puis de Time Magazine. Des personnalités prestigieuses de la politique ou de « l’industrie culturelle » siègent au Conseil d’administration : le prince saoudien Bandar bin Sultan, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine K. Albright, Michael Eisner (Disney), le secrétaire général adjoint de l’ONU Olara A. Otunu, ou encore Jack Valenti, le patron du syndicat d’Hollywood.


C’est à l’Institut Aspen à Lyon que nos « très progressistes » Ecolos ont effectué leur stage.



C’est l’ancien Premier ministre de Giscard d’Estaing, Raymond Barre, « le premier économiste de France » dont le néolibéralisme affiché n’empêchait pas l’expression d’un certain antisémitisme, qui développa l’Institut Aspen en France dans sa bonne ville de Lyon dont il fut maire. Cet Institut fut fondé à Paris en 1983 par Olivier Mellerio, grand patron dans le secteur du luxe.  Développé sous l’égide de Raymond Barre, établi à Lyon en 1994, l’Institut Aspen France est membre d’un réseau international créé aux Etats-Unis et présent en Allemagne, en Italie, en Roumanie, en Inde et au Japon.


                          Walter Isaacson


                            
Les programmes d’Aspen couvrent trois grands domaines thématiques :

  • la compréhension de la mondialisation, des contraintes et des opportunités qui en résultent ;
  • la prise de conscience des avancées scientifiques en cours dans de nombreux domaines, des promesses et des risques associés et des dilemmes qu’elles posent aux dirigeants ;
  • l’aggiornamento du modèle économique, politique et social français.

L’Institut Aspen France est présidé par Michel Pébereau, président du conseil de surveillance de BNP Paribas. Il dispose d’une équipe opérationnelle de 5 personnes et d’un budget annuel d’un million d’euros, financé pour un tiers par les collectivités territoriales de la région Rhône-Alpes et pour deux tiers par des mécènes privés, entreprises, fondations et personnes physiques.


A voir le profil de ses dirigeants, son programme et ses objectifs, il est inutile d’ergoter sur l’environnement idéologique de l’Institut Aspen. Le conseil de surveillance d’Aspen France comprend trente membres dont l’ancien PDG de Total, Thierry Desmarets, accusé d’être le responsable de la plus grande catastrophe écologique de la Manche, le naufrage de l’Erica. On y trouve aussi Gérard Mestrallet, le grand patron de Suez Gaz de France et chaud partisan de l’énergie nucléaire.


Curieuses fréquentations pour des Ecolos !


Autre aspect : comment conçoit-on la sécurité de l’Europe à l’Institut Aspen ? Ce fut un conférencier, spécialiste de la géostratégie et affichant ouvertement son atlantisme, Bruno Tertrais qui tenta d’apporter une réponse. C’est le Ba ba de l’atlantisme. Il distingue les risques certains et les risques fantasmatiques. Parmi les premiers, il y a bien entendu le « jihadisme » (logique du choc des civilisations), l’Iran pour sa potentielle puissance nucléaire, son « soutien au terrorisme international » et sa volonté de puissance au Moyen-Orient (en clair, il n’est pas question que l’Iran puisse devenir un arbitre dans la poudrière du Moyen-Orient), puis la Russie qui pourrait sanctionner l’Europe en coupant ses fournitures de gaz,  le trafic de drogue. Il y a des risques indirects comme la possibilité d’un basculement du Maroc dans l’islamisme ou un conflit de grande ampleur en Asie. Dans les risques dits fantasmiques, Tertrais énumère le risque nucléaire qui est très faible, une menace militaire qui est fort improbable, une guerre pour l’eau, elle aussi fort hypothétique. Et cerise sur le gâteau : « Les menaces issues du changement climatique. Même observation que ci-dessus : les effets du changement climatique (désertification ou inondation provoquant des migrations par exemple) pourront être un élément de conflits futurs, mais pas la cause directe. Notons que ces phénomènes ont toujours existé dans l’histoire et ne constituent en rien une nouveauté. » Le réchauffement climatique qui ne constitue pas une « nouveauté » et a toujours existé.


Voilà un raisonnement que nos « académiciens » écolos auront bien difficile à soutenir devant leur base !

Parmi les ministres Ecolos qui ont fait un séjour à l’Institut Aspen, on compte Jean-Marc Nollet, le ministre bruxellois Christos Doulkeridis, le ministre wallon Philippe Henry et la députée fédérale Juliette Boulet. Au PS, on compte Jean-Charles Luperto, dit le « téléphoniste », jeune président du Parlement de la Communauté française.

Il est intéressant de voir ce que Doulkeridis en pense : « Comme d’autres personnalités politiques belges de sa génération (Doulkeridis a 38 ans l’époque), le député bruxellois se voit offrir une formation gratuite chez Aspen, en France. Pourquoi cette générosité ? « Les décideurs économiques ont dû se dire que, tant qu’à se retrouver face à des politiques, autant qu’ils soient à la hauteur... », répond sans ambages l’intéressé.


Cette année-là, trois hommes politiques belges sont finalement retenus au terme d’entretiens de motivation : Jean-Marc Nollet (actuel vice-président du gouvernement wallon)), Xavier Baeselen (député-échevin MR de Watermael-Boitsfort) et Doulkeridis lui-même. Aux côtés de ces trois Belges, des Français, deux Marocains, un Libanais, deux Égyptiens.




« Le principe était de mélanger tant les zones géographiques que les couleurs politiques démocratiques, précise notre interlocuteur. Nous avons suivi quatre séminaires de trois jours, sur six mois plus ou moins. À chaque fois, il s’agissait de déterminer comment l’on définit une stratégie : en comprenant un enjeu, puis en se mettant dans une position qui n’est pas la position de la dénonciation. En clair : comment est-ce que l’on arrive à comprendre, à apprendre, puis à convaincre, lorsque l’on se trouve dans une position bloquée ? »



                            Christos Doulkeridis

Le programme suivi par les élus comprend des séances de développement personnel, mais également des analyses de situations réellement vécues par des hommes politiques ou des personnalités du monde des entreprises. Christos Doulkeridis se souvient ainsi avoir étudié comment la France est parvenue, après des épisodes dramatiques, à construire la paix en Nouvelle-Calédonie, avoir entendu Simone Veil expliquer comment elle est parvenue à faire passer la loi sur l’IVG dans un contexte plutôt frileux sur le sujet (en 1974), ou avoir rencontré le ministre italien de la Fonction publique, Franco Bassanini, qui, de 1996 à 2001, mena à bien une réforme réputée « impossible » dans l’administration transalpine.


« L’idée n’était pas de copier ces stratégies, précise le président du Parlement francophone bruxellois, mais de se rendre compte que les prises de décision se sont faites dans le cadre de stratégies réfléchies, définies, puis seulement mises en place. Par ailleurs, on n’essayait pas de convaincre sur le fond, mais au contraire de tirer parti de nos différences, en nous confrontant à des enjeux communs. »

On est ébahi devant tant de candeur de la part d’un responsable politique.

Dans cette affaire, les Ecolos et certains Socialistes montrent leurs contradictions. Comment défendre une politique progressiste en acceptant d’être formé par une officine néolibérale ? Sans avoir analysé les objectifs et les méthodes de l’Institut Aspen, sa composition aurait dû constituer un signal d’alarme suffisamment audible pour nos jeunes politiciens.


Ecolo reste un parti fourre-tout qui se base sur des slogans et des a priori, mais qui est prêt à toutes les compromissions, sans doute malgré lui. Quant au PS, il a renoncé depuis longtemps à ses formations de base et son idéologie s’en est trouvé diluée. L’exemple d’un Luperto, animé par ses seules ambitions personnelles, est probant.

L’Olivier tel qu’il est parti, est loin d’annoncer des réformes progressistes, à moins qu’au sein d’Ecolo et du PS, des militants attachés à la dynamique progressiste se réveillent.

On peut rêver.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires

Julio Guileo 23/08/2009 12:52

Dans : l'Iran, la manipulation, citant Zakaria, vous écrivez :
« À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que [etc ...] n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ? »

Voilà le type de question manipulatoire, chère aux journalistes politiques, qui donne des réponses dans la formulation même de la question. La question comporte une série d’affirmations qui sont de pures interprétations de la réalité et des jugements de valeur, auxquels on ne peut répondre car la question porte sur un autre point.

Julio Guileo 23/08/2009 12:43

Dans : Iran, la manipulation vous écrivez :
« Nous avons évoqué dans une livraison précédente la manipulation des Occidentaux dans les événements qui secouent l’Iran ».

Merci de dénoncer les manipulations des politiciens et des media de masse associés (complices) dans la malfaisance.

Vous êtes, Mr. Verhas, un homme respectable; vous n’êtes pas un « Taliban ». Votre billet de ce 13 août et le précédent du 31 juillet 2009, sont la preuve que les critiques du très mauvais système politico-masse-médiatique qui nous informe (désinforme) n’émanent pas nécessairement de « terroristes » ou d’ « islamistes », mots tellement utilisés de nos jours pour manipuler les gogos.

Votre billet prouve aussi que la presse n’est pas libre dans nos pays qui clament haut et fort qu’ils sont « démocratiques », et qu’il y a d’autres moyens que la censure politique pour contrôler ces media qui n’ont jamais été que des armes de manipulation massives, beaucoup plus dangereuses (car elles justifient la guerre) que les prétendues armes au nom desquelles on a mis l’Irak à feu et à sang. Avant de faire subir le même sort d’abord à l’Afghanistan puis, ensuite, à l’Iran.

Julio Guileo 23/08/2009 12:41

Dans : Iran, la manipulation vous écrivez :
« Le rôle des États-Unis et de la France n’est plus à démontrer ».
La France sarkosienne est malheureusement totalement alignée sur les USA. Pauvre Europe ! Ne vous étonnez pas qu’il y ait des euroseptiques et même des europhobes. Quand on voit l’ « Europe » mise en place par nos politiciens dominés par nos hommes d’affaires on le comprend bien. Business is business !