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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 14:49

Le discours tant attendu de Cameron a déclenché un concert d’indignation au sein du microcosme européen à Bruxelles. Van Rompuy, Reynders, Schultz et d’autres responsables politiques de l’Union se sont fâchés tout rouge en dénonçant le « chantage » au référendum et en affirmant la main sur le cœur qu’il n’était pas question de négocier une « Europe à la carte » avec la Grande Bretagne.

 

 Cameron.jpg

James Cameron sait très bien qu'il est le maître du jeu.

 

 

Pourtant – et ils le savent très bien – c’est ce qu’ils feront, car ils n’ont pas le choix. L’Europe, sous la pression britannique, a choisi la voie atlantique contre l’indépendance. Les Britanniques, depuis leur entrée dans la Communauté européenne en 1973, ont toujours obtenu ce qu’ils voulaient et il n’y aucune raison qu’il en soit autrement aujourd’hui. En cela, Cameron a fait une très bonne opération : sur le plan intérieur, il a lancé la campagne pour les élections générales de 2015 où il était en difficulté – les sondages donnent neuf points de plus aux travaillistes – ce qui lui permet d’être le meneur du jeu. Sa première promesse, le référendum en 2017, sera tenue et il n’est pas certain qu’il dégagera une majorité pour que le Royaume Uni se retire de l’Union européenne. Sur le plan européen, il contraint ses « partenaires » européens à réagir. Il a ainsi repris l’initiative, alors qu’il s’était tenu à l’écart des décisions du Conseil européen sur la crise de l’Euro. Il n’est pas lié par le traité budgétaire. Bref, il a tous les atouts en main.

 

Cameron, comme Thatcher, Major et Blair avant lui, veut une zone de libre échange englobant le continent européen, les îles britanniques et pouvant éventuellement s’étendre à l’ensemble du monde atlantique, Etats-Unis et Canada compris. Il ne veut en aucune manière une Europe politique ou une Europe fédérale.

 

De toute façon, cet objectif est pratiquement atteint. La Grande Bretagne en 1992 a refusé l’entrée dans l’Euro et s’est opposée à l’harmonisation fiscale qui est désormais interdite par le traité de Maastricht. Il n’est pas étonnant que John Major ait crié au terme des négociations sur ce traité : « Game, set and match ! ».

 

 

 John-Major.jpg

John Major à Maastricht en 1992 : Game, set and match !

 

 

La réunification allemande et l’élargissement de l’Union vers l’Est a renforcé ce principe de l’Europe du grand marché dont les fonts baptismaux ont été mis en place avant la chute du Mur de Berlin par le socialiste démocrate chrétien Jacques Delors. L’idée d’une Europe politique ou fédérale relève du « wishfull thinking » de certains hommes politiques comme le libéral Verhofstadt et l’écologiste libertaire Cohn-Bendit. Les grandes envolées lyriques pour le fédéralisme ne sont en définitive que gesticulations.

 

La prochaine négociation portera sur l’organisation de cette zone de libre échange européen sous la pression de la Grande Bretagne et par le lobbying des multinationales.

 

Exit donc l’Europe sociale qui est d’ailleurs interdite par le traité de Lisbonne. Exit le fédéralisme qui restera une utopie. Exit une autorité politique au niveau supranational. Exit enfin le partage équitable des pouvoirs – c’est volontairement que le vocable « démocratie » n’est pas utilisé ici.

 

 

 fontenoy.jpg

Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! Bataille de Fontenoy (11 mai 1745)

 

 

Messieurs les Anglais, vous avez tiré les premiers. Vous savez très bien que nous sommes incapables de vous répliquer. Pour combien de temps ? Cela dépendra du moment du réveil des peuples d’Europe.

 

 

Pierre Verhas

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Published by pierre verhas
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Bernard Gensane 27/01/2013 15:24

Au fait, sur skype, tu es pierre verhas ou pierre verhas1 ?

Bernard Gensane 27/01/2013 15:00

Merci pour ce très bon article.
B.