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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 19:44

 

Le vote massif exprimé en Belgique en faveur du parti nationaliste N-VA, et aussi en faveur du Parti Socialiste Wallonie-Bruxelles, reflète un réflexe « identitaire et conservateur », a analysé mardi le chef du groupe écologiste au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit. Le « patron » des Verts européens a remis une couche : « C'est ce que j'appelle la culture Ligue Lombarde ou 'comment se protéger face aux problèmes de la mondialisation ».

 

cohn bendit01

 

Daniel Cohn Bendit : en réalité un ultralibéral

 

Certes, notre « ancien des barricades de mai 68 », comme dit la Presse (en réalité Cohn Bendit a participé et même dirigé l’occupation de la Sorbonne mais n’est jamais monté sur une barricade), a ses contradictions. Comme le fit remarquer à juste titre l’eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella, il accueille « la » parlementaire européenne NV-A Frieda Brepoels dans son groupe (les Verts forment une association avec l’alliance libre européenne qui comprend les parlementaires régionalistes, afin d’avoir le poids d’un groupe parlementaire à part entière). Et le député PS vraiment mécontent estime qu’il est « regrettable de voir certains vautours se faire de la publicité médiatique sur la faiblesse passagère de certains Etats membres ». Cela n’a pas empêché Cohn Bendit de lancer l’estocade finale : Les scrutins récents risquent de reléguer au second plan la présidence belge, mais aussi la présidence hongroise qui la suivra. « Peut-être qu'on va découvrir tout d'un coup qu'on n'a plus besoin de la présidence tournante. On va s'apercevoir que l'Europe peut fonctionner sans présidence tournante », autrement dit avec le moins possible d’intervention des Etats membres, en clair, la dictature de la Commission.

 

Marc Tarabella 440

 

Marc Tarabella ne s'en laisse pas raconter.

 

Cela vole bas ! Cependant, Dany dit le « Rouge» suit sa logique ! Il est clair que le vote en Belgique a été motivé surtout au Nord du pays par une volonté d’autonomie de la Flandre et au Sud du pays par le rejet des programmes d’austérité que l’Europe veut imposer à tous les Etats membres. Deux formations aux antipodes de l’échiquier politique se retrouvent côte à côte.

 

Dany Cohn Bendit qui a depuis longtemps remisé son vernis « rouge » au placard pour un « vert » de plus en plus bleuté de néo-libéralisme, ne supporte pas les mouvements sociaux issus de ce qu’on a appelé la crise grecque et considère comme ringard toute défense des conquêtes sociales. En bon mondialiste, il rejette aussi toute velléité d’autonomie régionale ou nationale. Aussi, son analyse du scrutin belge du 13 juin est conforme à son schéma : une mondialisation libérale ne peut accepter des Socialistes « conservateurs » associés à des nationalistes « identitaires ».

 

De-Wever.jpg

 

Le nationaliste Bart De Wever et le social

démocrate Elio Di Rupo ensemble. Ce n'est pas

si étonnant !

 

Soit dit en passant, il est temps que le mouvement écologiste se réclamant des valeurs de la gauche surmonte ses contradictions. Sa division, comme c’est le cas en France, à cause du même Cohn Bendit, est nuisible à l’ensemble de la gauche.

 

Dans une Europe à la croisée des chemins (pour la première fois, son existence est menacée), on peut comprendre que Cohn Bendit soit inquiet. La montée nationaliste, voire de la droite dure – il a évoqué le cas des récentes élections en Hongrie – et celle de la gauche démocratique dans certains pays comme en Belgique et en France, entravent le projet ultralibéral européen. C’est sans doute la réponse à l’offensive du système bancaire sur l’Europe !

 

Cohn Bendit n’arrive pas à affiner ses analyses, on le sait. Mettre dans le même sac les sociaux démocrates et les nationalistes renverrait un étudiant en 1er Bac de Science po en septembre ! Il ne perçoit pas le danger que constitue la montée des sous-nationalismes qui, non seulement, représentent une menace pour l’Europe, un danger pour la démocratie et surtout, mais là le beau Dany s’en fout, un facteur de division du monde du travail qui a besoin d’unité comme de pain.

 

Di-Rupo01.jpg

 

Elio Di Rupo : un mandat impératif

des travailleurs

 

Ainsi, le rôle historique de la gauche politique est bien redéfini. Ce séisme électoral qui amène les nationalistes aux portes du pouvoir, tout en redonnant force et vigueur à la gauche sociale démocrate traduit à la fois une crainte majeure des peuples qui se réfugient dans le repli sur soi et un sursaut de rejet de l’ultralibéralisme par le monde du travail.

 

La gauche politique et le PS Wallonie- Bruxelles devront travailler avec cette contradiction. C’est le mandat impératif que leur ont donné les travailleurs d’Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by pierre verhas
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