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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 11:16

 

La énième tentative de conciliation dans la crise belge a évidemment échoué. Il est temps d’arrêter ces négociations qui ne mènent à rien. La mission illusoire ayant pour objet de « concilier l’inconciliable » s’est enlisée.

 

Dans un « post » précédent, j’écrivais, en septembre, aux négociateurs : « Le compromis, Madame, Messieurs, a ses limites. Au lieu de renier le fondement de notre vie commune, par la dérisoire recherche d’un arrangement sans avenir, au lieu de céder à l’adversaire dans le timide espoir de garder quelques hochets, au lieu de prendre la ridicule posture de « Madame non », ayez le courage de fixer les limites principielles au delà desquelles, c’est le « Non possumus ».

 

Le 13 juin dernier, Madame, Messieurs, vous avez eu un mandat. Il ne comportait pas le reniement au nom d’un illusoire apaisement. Il vous obligeait à négocier un accord honorable. Et dans l’impossibilité, vous vous seriez grandis en rompant. »

 

Il n’y eut pas de rupture. Les limites n’ont pas été fixées. Le roi est nu. Pendant ce temps, le monde évolue dangereusement. Nos conquêtes sociales sont menacées par le néolibéralisme triomphant. La liberté est petit à petit grignotée par le poids de la pensée unique ne souffrant aucune contestation et par des mesures restrictives motivées par de soi-disant « louables intentions ». Les négociateurs viennent de montrer que la Belgique n’existe plus car ils n’ont ni le courage, ni les capacités de définir son avenir.

 

Alors, quoi ? L’Etat Belgique est agonisant. Les régions et les communautés sont des constructions branlantes. Les institutions sont paralysées. Ces structures sont inaptes à répondre aux défis du temps : crise financière et monétaire, régression sociale, conflits internationaux. L’Etat est en voie de disparition et l’histoire ne ressuscite jamais le passé.  Il reste donc une voie : l’Europe. Cependant, elle est encore dominée à la fois par d’autres Etats déliquescents et imprégnée de l’idéologie néolibérale.

 

C’est donc le combat d’aujourd’hui. Une Europe politique et sociale. Il est à une échelle supranationale. Nous devons nous y préparer si nous voulons sauver l’essentiel et peser sur le cours des choses.

 

Quant à ce qui subsiste de la Belgique, elle a, paraît-il, un vrai faux gouvernement qui fonctionne vaille que vaille. Bah ! Rien vaut mieux que moins que rien.

 

Pierre Verhas

 

 

 

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Published by pierre verhas
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Theijs 08/01/2011 16:00


D'accord, tôt ou tard nous serons partie de la République d'Europe, mais même là il nous faudra trouver un modus vivendi, nous vivons une crise d'hommes pas d'institution.
L'Europe ne fonctionne pas? OK, mais ou sont les Spaak, Adenauer etc qui ont imposé malgré les opinions publiques l'Europe, aujourd'hui c'est pareil chez nous "ils" ont peur des élections.Gouverner
c'est aussi oser.


Robert Hensenne 06/01/2011 22:05


La "censure" directe ou indirecte est une pratique habituelle des dictatures ou des démocraties surveillées. Tel est le cas dans notre pays. Un parti qui se présente depuis plus de 10 ans aux
élections et qui soumet un programme respectant la démocratie et l'Etat de droit, est systématiquement mis à l'écart de nos médias soumis à la particratie des "partis traditionnels". Même la presse
écrite censur directement ou indirectement les opinions et arguments que tente de faire valoir le Rassemblement Wallonie France. Alors que son choix est de proposer des solutions pour sauver la
"fierté" du peuple wallon, comme le préconisaient André Renard, François Perin et les résistants au "Walen buiten", ses arguments lorsqu'ils trouvent un écho sont déformés, tronqués, voire
ridiculisés. Proposer "une Wallonie plus forte avec la France" n'a rien à voir avec un débat sur le prétendu "chauvinisme" du sport français - laissons cela aux démagogues du "panem et circenses".
Cette option n'est pas non plus une vision politique traduite par tel ou tel parti français. C'est surtout la défense d'une culture, d'une économie, au sein d'un Etat qui a choisi pour devise
"Liberté égalité fraternité" et qui a pris la forme d'une république pour une société qui a illustré notre langue maternelle face à l'empire mondialisé de la "déconstruction".
Quant à l'attitude récente des négociateurs qui font semblant de s'inquiéter pour nous, elle me semble hypocrite et démagogue. Seul petit exemple : n'avez-vous pas remarqué que les états-majors du
P.S. et du C.D.H. ont attendu les indices des réponses du CD V et de la NVA pour répondre leur médiocre "oui, mais !"; ils accusent les autres et de surcroît, ils étaient prêts à discuter une note
qui, en gros, cède tout au Nord du pays.
"Indignez-vous !" : nos responsables politiques, sous les dehors d'un consensus mou réunissant "la pensée unique" et "le politiquement correct", n'aspirent qu'au pouvoir à tout prix.
Que deviendraient-ils dans un Etat républicain, dans lequel les principes dominants sont le respect du citoyen au service d'intérêt général ?
Ils découvrent la lune, ceux qui se rendent compte aujourd'hui que le peuple flamand veut assurer son avenir seul : il peut s'en sortir, car ses jeunes surtout se battent pour un idéal qui les
dépasse...


pierre verhas 06/01/2011 22:37



Je suis convaincu que l'on assiste à la déliquescence de l'Etat-nation. Il est démoli par les forces centrifuges du nationalisme ethnique qui se manifeste, en ce qui concerne la Belgique, en
Flandre, et par les forces centripètes de la mondialisation qui détruit toute la structure sociale.


La politique n'est pas la médecine. On ne soigne pas un corps malade. On le remplace par autre chose. C'est de cela que sont incapables nos "négociateurs" qui ont l'illusion de pouvoir exercer le
pouvoir, leur pouvoir, comme "avant".


André Renard et François Périn ont vu juste et on ne les a pas entendus. Volontairement, car, pour reprendre l'expression de Périn lors de sa démission du Sénat en 1980, ces Messieurs dames
n'acceptent pas les "vérités insupportables".


Cependant, la Belgique, vu son état de déliquescence sociale, culturelle, politique, économique (la bourgeoisie francophone rentière a vendu toute l'industrie et la finance à la France et aux
Pays-Bas pour assurer ses "vieux jours"), ne peut être sauvée. Il y aura un Etat flamand et personnellement, je ne crois pas que la Wallonie a avantage à rejoindre la France. Veut-on être dirigé
par un Sarkozy ou un Strauss - Khan ?


La seule solution à mon avis possible, mais elle est à très long terme, c'est l'Europe qui a besoin aussi de se reconstruire en rejetant le néolibéralisme et en créant un réel système de
solidarité entre les peuples.


"Indignez-vous !". Oui et si on comprend bien Stéphane Hessel, c'est une invitation à résister. Alors, résistons !



Dominique Mourlane 06/01/2011 20:54


Sommes nous si loin de ça en France ?
Nous avons une configuration par défaut, avec un homme "fort" de la faiblesse des autres à la tête de l'état.
Nous vivons une destruction de la démocratie au bénéfice du marché.
D'autres dictatures se profilent


pierre verhas 06/01/2011 22:52



Certes non ! La politique sarkozienne de musèlement de la presse par la rpise en main des groupes de presse par les "stars" du CAC 40, la loi sur l'audiovicuel face à laquelle l'ancienne
ORTF était un exemple de liberté..., les pressions exercées sur les politiciens en marge, le refus de concertation sociale, se retrouvent un peu partout en Europe.


Jacques Généreux dans son dernier ouvrage "La grande régression" écrit que le néolibéralisme ne supprime pas l'Etat, mais que'il privatise l'Etat. Première étape : on le démolit - et c'est
ce qui se passe aujourd'hui en Belgique -, deuxième étape, on se l'approprie en commençant par la privatisation des services publics et en poursuivant par la destruction des institutions
politiques démocratiques.


Tiens, avez-vous remarqué ? La Hongrie succède à la Belgique à la présidence tournante de l'Union européenne. Elle vient d'adopter une loi liberticide sur la presse. On se contente de "poser des
questions". La Commission n'a pas de fonctionnaires capables de lire la législation Magyare ? Si ces gens avaient eu un tant soit peu de courage, ils auraient dit à la Hongrie et à son
gouvernement d'ultra-droite : on se passe de votre présidence tant que vous ne revenez pas à un système démocratique.


Mais non. Nous savons tous que le néolibéralisme aime bien les pouvoirs "forts". Ils l'aident dans son entreprise de démolition de la démocratie et dans son combat contre les peuples.


C'est pourquoi, la priorité est de construire une autre Europe et cela doit être l'affaire des peuples.