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  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:49

La victoire prévisible de François Hollande aux primaires socialistes marque un recentrage de l’échiquier politique en France.

 

Le mystère de la chambre 2806 fut le chant du cygne du social libéralisme à la Tony Blair que Dominique Strauss Kahn souhaitait imposer en France. La gauche du PS divisée entre le courant traditionnaliste et « bobo » mené par Martine Aubry et la mouvance réformiste moderniste d’Arnaud Montebourg n’a pas réussi.

 

 

 Aubry_DSK.jpg

Martine Aurby avait beaucoup d'affinités avec DSK.

Vous avez dit "de gauche" ?

 

Quelles leçons en tirer ? D’abord pour la gauche, les courants radicaux, critiques du néolibéralisme paient leur division. De même, le « social libéralisme » est en déclin. Ce n’est pas seulement la personnalité de DSK qui en est la cause, c’est un rejet général de l’idéologie et de la politique économique et sociale libérale. La grave crise qui se poursuit depuis 2008 consacre la fin du conservatisme libéral. Cela pourrait signifier le point faible de la campagne de François Hollande qui n’a pas une position claire sur le sujet.

 

 

 francois_hollande.jpg

François Hollande : il y va ! Mais avec quel programme ?

 

La conclusion politique est donc le rejet du radicalisme par l’opinion – à l’exception de l’extrême-droite – au profit du centre. Le sarkozysme avait, dès le départ, montré son vrai visage : la prise du pouvoir politique par la haute bourgeoisie au détriment des classes moyennes et de ce qu’il reste de la classe ouvrière, sans compter l’abandon des laissés pour compte victimes d’une précarisation croissante. En outre, les échecs politiques, les reculades dans ses réformes, les scandales à répétition ont sérieusement affaibli le président sortant. Le radicalisme de gauche représenté par la forte personnalité de Jean-Luc Mélenchon et l’appui de conseillers de haut niveau comme Jacques Généreux, ne parvient cependant pas à percer alors que les erreurs du sarkozysme et la crise financière devraient lui être favorables. Par contre, il reste un danger : Marine Le Pen. Elle a réussi à se mettre  au centre de tout le débat politique.

 

 

 Melenchon_Montebourg.jpg

Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. Une gauche marginalisée ?

 

Marine Le Pen cristallise sur sa personne tout le mécontentement des Français, en perçant même dans des milieux qui lui sont traditionnellement hostiles, comme les enseignants. Et personne ne réussit à lui « confisquer » cet atout qui pourrait bien la voir hissée au deuxième tour de la présidentielle.

 

 

 

 

 Marine_Le-Pen_Dexia.jpg

Marine Le Pen : Après Dexia, la faillite de la démocratie française ?

 

Donc, l’enjeu se fera sans doute entre le centre, la droite « classique » et l’extrême droite. Exit le radicalisme de gauche. Le centre gauche représenté par François Hollande est politiquement l’alternative la plus crédible à la droite libérale incarnée par Nicolas Sarkozy. On sait d’ailleurs qu’il y a des contacts informels entre les états-majors de Hollande et de Bayrou. Il est sans doute probable que l’électeur français se tournera cette fois-ci vers le centre. 

 

 

 Nicolas_sarkozy_grimace.jpg

Nicolas Sarkozy peut faire la grimace !

 

Aussi, l’affaire se présente ainsi.

 

La droite libérale est tout à fait démonétisée après les échecs de Sarkozy et de son gouvernement, ainsi que par les conséquences de la crise financière qui commence à se faire cruellement sentir sur l’emploi et le pouvoir d’achat des Français.

 

La gauche radicale n’a toujours pas réussi à se présenter comme une alternative sérieuse et reste désespérément marginale au point qu’elle aura sans doute un résultat trop faible pour être l’arbitre du second tour.

 

L’extrême-droite est en embuscade et peut rassembler toutes les frustrations sur le nom de Marine Le Pen qui pourrait se retrouver au second tour, mais contre qui ?

 

Il est dès lors vital pour François Hollande de devancer Nicolas Sarkozy dès le premier tour. C’est sans doute la raison pour laquelle le candidat du PS lorgne de plus en plus vers le centre pour élargir sa base électorale. Mais il n’y parviendra que s’il fait taire les sempiternelles divisions internes au sein de son propre Parti.

 

Et puis, il y a une dernière inconnue : l’avenir du capitalisme. Les événements se précipitent. La crise grecque s’aggrave au point que le « défaut » est quasi certain, endéans les semaines à venir. On craint qu’après Dexia, d’autres banques s’effondrent. Or, comment va-t-il surmonter ses contradictions ? La vieille et classique politique keynésienne de relance est irréalisable compte tenu de l’endettement. Les politiques d’austérité ne font qu’accroître la régression, un « entre les deux », comme le souhaite en Belgique un Elio Di Rupo, est irréaliste. Alors, quid ?

 

 

 Elio_Di_Rupo_lapin.jpg

Elio Di Rupo sortira-t-il un lapin de son chapeau

pour trouver une alternative économique ?

 

 

Or, que se passera-t-il si la catastrophe annoncée se produit ? A ce moment-là, les enjeux politiques et électoraux seront dérisoires au regard du maelström qui déferlera.

 

 

Pierre Verhas

 

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Published by pierre verhas
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