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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 16:34

 

La loi sur la réforme de l’assurance santé à peine adoptée à la Chambre américaine, qu’il faudra la revoter pour deux ridicules vices de procédure découverts par les conservateurs républicains. Aussi, elle risque de passer définitivement à la trappe car les lobbies des assurances et de l’industrie pharmaceutique feront entre temps pression sur les députés démocrates hésitants qui ont émis un vote positif.


obama03.jpg

Un contretemps voulu (?) dans la réforme de
santé de Barack Obama ?
 


Sarkozy attrape une raclée aux élections régionales françaises, il procède à un mini remaniement où il est quand même obligé de se séparer d’un de ses principaux ministres, le ministre du travail Xavier Darcos, parce qu’il a été ratiboisé dans sa région, pour le remplacer par un ultralibéral : Eric Woerth, à la veille de négociations sociales importantes. En suite, l’omniprésident fait une déclaration publique où il annonce qu’il ne changera pas de cap.


sarkozy_sceptique.jpg

Nicolas Sarkozy obstiné mais sceptique...
 

Il y a quelques années, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Chirac, proposait le contrat de première embauche (CPE) qui aurait eu pour résultat de précariser les jeunes diplômés universitaires dès leur départ dans la vie professionnelle. Cela déclencha une révolte de la communauté universitaire qui dura près d’un mois. Alors que plusieurs voix, même à droite, réclamaient que ce projet soit revu, le ministre « poète » s’obstina au point que Chirac dut intervenir pour « siffler la fin de la récréation » en rangeant le projet au placard.


villepin.jpg

Dominique Galouzeau de Villepin
a payé cher son obstiuation dans l'affaire du CPE.
Il semble qu'il n'a toujours pas compris ! 

 

En Belgique, le ministre des Finances qui vient de d’auto congratuler de ses dix années de présence catastrophiques à la tête de ce département, maintient envers et contre tout le cadeau fiscal fait aux entreprises, dénommé « intérêts notionnels ». Alors que la gauche demande que le bénéfice des intérêts notionnels soit accordé aux entreprises qui garantissent un certain niveau de créations d’emplois, Reynders répond avec dédain : « Les intérêts notionnels n’ont rien à voir avec l’emploi ». La gauche belge de gouvernement affaiblie depuis longtemps, passe à l’ordre du jour…


reynders-sarkozy.jpg

Reynders n'a pas encore la taille pour dépasser
Sarkozy

 

De même, au niveau de l’Union européenne. La fameuse directive Bolkestein « libéralisant les services », autrement dit, légalisant le travail en noir, malgré un franc rejet, est repassée sous un autre nom et est définitivement ratifiée par les Parlements nationaux. Tout comme le traité constitutionnel qui fut rejeté suite aux référendums organisés par deux Etats fondateurs, la France et les Pays-Bas, et qui est revenu en force avec le traité de Lisbonne. D’ailleurs, les institutions européennes sont coutumières des procédures anti-démocratiques. Lors de la ratification du traité de Maastricht, le Danemark qui avait voté non par Référendum, fut contraint de recommencer le vote. De même, l’Irlande a dû procéder de la même manière avec le traité de Lisbonne.


Drapeaux_Europe.jpg

L'Union européenne n'est-elle qu'un alignement de 
drapeaux figés devant la "pensée unique" ?

 

Ces dénis de démocratie successifs deviennent inquiétants. La volonté populaire qui est soumise au conditionnement quotidien de la « pensée unique » par les médias est littéralement écrasée. Les votes sont détournés de leurs objets. On pousse à l’abstention massive. D’autre part, les contre pouvoirs sont muselés. La presse écrite est entre les mains des grands groupes financiers, la télévision est sous le contrôle absolu des intérêts politiques et économiques qui se trouvent au pouvoir et qui entendent y rester.

 

De même, avec la crise grecque, où l’Union européenne cherche à imposer la seule politique néo-libérale de dégraissage de l’Etat, les révoltes qui en résultent risquent d’être le prétexte à installer « provisoirement » un « pouvoir fort ». C’est du moins ce que craignent de plus en plus d’observateurs.


Nous aurons l’occasion d’évoquer la question de la Grèce et même du Portugal (et, qui sait de bien d'autres pays de la "zone Euro") dans notre prochain billet. En effet, le modèle actuel d’Union européenne vient de montrer ses limites et il sera indispensable revoir de fond en comble la « copie Europe ».

 

En attendant, cette obstination qui ne tient pas compte de la volonté des peuples prouve que nous nous orientons vers un « déficit » démocratique. On veut appliquer une politique bien définie, même si ses termes ont été critiqués par bon nombre, même si son efficacité est loin d’être prouvée, et surtout, même si elle a une capacité majeure de nuisances.

 

La vraie question se trouve dans l’alternative. Aucune force politique n’est à même d’en proposer une et c’est là où le bât blesse, c’est cela qui permet à la droite dure de poursuivre son chemin sans prendre en compte l’hostilité de plus en plus grande de l’opinion publique.

Et surtout, n'oublions pas que l'obstination est l'ennemie de la volonté.

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Published by pierre verhas
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