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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 23:30

Les Jeux Olympiques sont enfin terminés ! Quinze jours d’envahissement médiatique pour cette manifestation quadri annuelle d’affrontements nationalistes et de déification de l’argent dont les pions sont les athlètes qui consentent des efforts surhumains pour obtenir une breloque appelée médaille.

 

S’il fallait donner la médaille de l’hypocrisie, elle reviendrait sans conteste à la Belgique. Plongé dans l’austérité, le pays siège des institutions européennes n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands. Le Comité Olympique Interfédéral ([1]) Belge (COIB) a envoyé la plus forte délégation de compétiteurs depuis plusieurs olympiades. Et ne comptons pas les entraîneurs, les soigneurs, les sponsors et les éternels parasites qui ont l’art consommé de se faire inviter aux frais de la princesse à ce genre de sauteries. Le Comité a ouvert à Londres une « Belgian house » pour des réceptions haut de gamme qui a coûté mille fois plus que la fine couche d’or qui recouvre les breloques olympiques. Et, cerise sur le gâteau : le tout rehaussé par la présence furtive de nos Princes héritiers.  Avec cela, on allait voir ce que l’on allait voir ! La Belgique allait rafler une moisson de médailles. Le tout était mené par le très bling bling président Pierre-Olivier Beckers qui fait de l’olympic management !

 

 PO-Beckers.jpg

Pierre Olivier Beckers, président du COIB : management et olympisme

 

 

Un personnage bien de notre temps, ce Beckers. Pur rejeton de la haute bourgeoisie francophone bruxelloise, diplômé de Louvain et de Harvard, membre de l’establishment belge, patron dans la chaîne de grande distribution Delhaize, il a été en plus anobli par Albert II qui a un faible pour l’aristocratie d’argent. Elu une fois manager de l’année, il est en outre président du COIB. Portant beau, entre deux âges, il aime se pavaner. Il doit faire un tabac dans les soirées mondaines.

 

L’argent ? Surtout celui des autres. Après un départ en fanfare, la vérité ! Et là, c’est autre chose. Cyclisme ? En dessous de tout. Equitation ? Pas bien mieux. Tennis ? La faute à pas de chance, sans doute. Et, surprise ! Un petit amateur au tir à la carabine couché qui décroche la médaille d’argent. Qui c’est ? Ah oui ! Celui-là, Cox, le petit au bout de la liste. Lots de consolation : au judo, aux régates, deux médailles de bronze. Bah ! C’est toujours ça ! Mieux que rien. Mais, attendez ! Ce n’est pas fini. Il y a les frères Borlée.

 

Les Borlée ? C’est un système à eux seuls. Un père tyrannique qui veut faire de ses deux rejetons des superchampions. Il ne vit que pour cela et les fait vivre uniquement pour cela. La philosophie de la gagne. Tiens ! Avez-vous remarqué qu’ils ne sourient jamais ? L’ennui, il y a plus forts qu’eux. OK ! Ils sont arrivés par deux fois en finale, c’est un exploit, mais cela n’a pas été plus loin. C’est terrible de voir ces deux jeunes hommes soumis à un entraînement quasi surhumain, échouer à la dernière ligne droite. Mens sana in corpore sano, disaient les Romains. Un esprit sain ne se consacre pas totalement à une seule chose. La vie est trop belle pour laisser le monde passer à ses côtés.

 

 Freres_Borlee.jpg

Jonathan et Kevin Borlée : un seul but et rien d'autre

 

 

Alors, Beckers, notre CEO du COIB, au lieu de faire profil bas, après ce bilan fort peu bénéficiaire, attaque. Et qui attaque-t-il ? L’Etat. Le contribuable ne donne pas assez de moyens pour le sport de haut niveau. C’est pour cela que cela n’a pas marché. Il y va fort notre bellâtre : un bon ultralibéral ne fait pas appel à l’Etat ! Voyons ! Mais non, ce n’est pas cela. C’est bien plus subtil.

 

En donnant du blé au sport de haut niveau, cela se fera forcément au détriment du sport populaire et du sport scolaire. En agissant ainsi, on enlève au sport sa faculté pédagogique et sa contribution essentielle à la santé publique. Mais, cela importe peu au Sieur Beckers. Les sponsors viendront si l’Etat investit dans le sport olympique. La boucle est bouclée : la puissance publique est la vache à lait pour permettre aux sponsors d’empocher un maximum.

 

Tiens, M. Beckers ne s’est-il pas posé la question de savoir comment procèdent certains Etats du Tiers-monde ? La Jamaïque, par exemple. C’est sans doute trop loin pour notre charmant président de l’olympisme belge.

 

  

Pierre Verhas



[1] Il fallait bien ce qualificatif pour se conformer à la Belgique fédérale en réforme permanente.

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Published by pierre verhas
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Bernard Gensane 14/08/2012 14:58

Salut Pierre,
Un lecteur me dit que chaque fois qu'il tape sur link dans un de mes articles il tombe sur une pub. Connais-tu ce même désagrément?
Je vais te piquer cet article sur les Belges et les JO.
Amitiés, B.