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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 22:10

Le texte qui suit, intitulé Exil du chaos, est un cri de révolte et de dépit, mais non de désespoir. La militante grecque Marie-Laure Veilhan a pris la décision de s’exiler. Trop, c’est trop ! Vivre en Grèce n’est plus possible. Trois ans du régime imposé par la « catastroïka » comme l’ont appelée les Grecs ont détruit ce pays, l’ont rendu invivable.

 

Elle a voulu que la Grèce atteigne un Graal inaccessible comme l’étoile de Jacques Brel. Les 3 % de déficit imposés par le traité de Maastricht qui a contraint tous les Etats membres de l’Union européenne à une seule politique économique, celle de l’offre, mieux connue sous le nom de néolibéralisme. Combien de fois n’a-t-elle été dénoncée ici et en bien d’autres lieux d’expression ? Nombre de politiques prétendent la combattre. Pourtant, lorsqu’ils sont aux affaires, ils l’appliquent souvent avec zèle. Et avec quelles funestes conséquences : accroissement de la pauvreté, du chômage, de la précarisation du plus grand nombre avec leurs corollaires : insécurité, retour de maladies disparues comme la tuberculose, déscolarisation, multiplication des sans abris et des exclus, etc.

 

Athènes n’est pas loin de Charleroi.

 

Mais, bon. Nous sommes en Belgique « un des cinq pays d’Europe qui ne connaît pas la récession » selon le tout frais émoulu président du PS et bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette. C’est moins grave que la Grèce. Ben voyons !

 

Ne regardons pas la Grèce de notre balcon, M. Magnette ! Cela viendra ici et bien plus vite qu’on ne le pense. Pensez-vous sincèrement que les fermetures brutales et sans préavis qui suivent et précèdent bien d’autres, d’Arcelor Mittal à Liège et à Florange, de Ford Genk, et « pas loin de chez nous » de Good Year à Amiens seront sans conséquences ? Comment allez-vous « recycler » ces milliers de travailleurs et leurs familles, sans compter toute l’économie locale qui tourne autour de ces grandes entreprises ?

 

Athènes n’est pas loin de Charleroi, Paul Magnette !

 

Et, au gouvernement, en dépit des rodomontades du genre « Sans nous, ce serait pire ! », vous suivrez les libéraux, vous jouerez le « bon » élève de l’Europe, le doigt sur la couture du pantalon, comme vous l’avez fait depuis vingt-quatre ans que le PS est au pouvoir en Belgique.

 

Les privatisations

 

Ce seront les privatisations ! Vous avez bien débuté il y a déjà dix ans avec celui qui est actuellement votre Premier ministre,. Et vous allez poursuivre. Tournez votre regard vers cette Grèce qui vous semble si lointaine.

 

Les privatisations imposées par la troïka en Grèce et par la Commission européenne dans le reste de l’Union européenne reviennent à brader les Etats aux grandes multinationales. Un secteur privé développé ainsi ne signifie pas la libre entreprise. Il n’apporte ni prospérité nouvelle ni la modernisation nécessaire. Au contraire, partout où il y a eu privatisation, les prix ont augmenté, les services se sont dégradés, mais le monopole autrefois public s’est transformé en position dominante. Et cela ira plus loin encore : les chemins de fer, la Poste, les hôpitaux, l’école, les Universités, le reste des services collectifs, tout basculera dans la gueule du monstre multinational jamais rassasié dans ce sinistre pique nique des vautours via les fonds d’investissements réfugiés dans ces forteresses du capitalisme appelées paradis fiscaux.

 

La dette

 

Les marchés usent aussi d’une autre arme : la dette. Ils ont forcé les Etats à s’endetter. La crise de 2008 a signifié une explosion de la dette, au moment où les banques ont contraint la puissance publique à les renflouer. Cela côté cour. Et les prêts très peu librement consentis aux banques, accroissent considérablement la dette au seul bénéfice des mêmes banques. Cela côté jardin.

 

Ainsi, la dette dépouille les Etats qui sont placés désormais sous le contrôle absolu des marchés via les institutions européennes, entre autres, qui au nom des déficits provoqués par l’endettement, imposent une politique d’austérité sans précédent. L’objectif commence à être atteint : la disparition de l’Etat auquel se substitue le pouvoir absolu des multinationales.

 

On évoque souvent les néolibéraux qui veulent affaiblir l’Etat entrepreneur, l’Etat social, mais renforcer l’Etat régalien. Ce fut vrai jusqu’il y a peu. Aujourd’hui, ils vont plus loin. Au nom de ces mêmes déficits, ils vont jusqu’à prôner la privatisation des fonctions régaliennes : la police et même l’armée. Ils veulent imposer une justice contractuelle et non plus contradictoire. Le sale boulot des militaires en guerre serait effectué par des multinationales de mercenaire comme la sinistre Blackwater.

 

Le mal se répand et il touche en premier lieu les plus fragiles, mais la fragilité s’étend. On le savait dès que la monnaie unique a été instaurée. La Grèce ne pouvait supporter le critère bien trop sévère et déjà fort lourds pour les pays du « Nord ». Nul n’ignorait le statut particulier de l’Eglise orthodoxe, cette réminiscence du Moyen-âge, véritable Etat dans l’Etat, le pillage des armateurs, la corruption. Mais qui a payé ? Les corrompus ? Non. Le peuple. Jamais un peuple dans un Etat démocratique n’a subi une telle cure d’austérité. Tout s’est passé comme si la nation de Périclès a servi de laboratoire pour le régime nouveau qui sera imposé à tous les peuples du vieux continent.

 

Le rêve européen était au départ celui d’une unité enfin réalisée entre les différents peuples. Il s’est transformé en cauchemar, celui du pouvoir absolu d’une poignée d’actionnaires qui imposent sans aucun scrupule leur loi d’airain au monde, afin d’accumuler toujours plus. Jamais dans l’histoire, une telle concentration de richesses ne s’est retrouvée entre les mains d’un si petit nombre.

 

Raoul-Marc Jennar écrit dans son blog ( http://www.jennar.fr/?p=2759 ) : « N’est-il par urgent de refonder l’Europe sur des bases respectueuses des principes conquis et proclamés en 1789 et de la doter d’institutions démocratiques dépouillées de toute orientation idéologique ? Faute de quoi, les populismes et les nationalismes qui pointent déjà partout vont triompher. C’est l’Union européenne, telle qu’elle fonctionne, avec l’idéologie qui est la sienne, qui tue chez un nombre grandissant d’Européens le projet d’union des peuples d’Europe. »

Et aujourd’hui, c’est à un exil intérieur – déjà organisé et prévu par les directives européennes sur le marché intérieur – que sont contraints des milliers d’hommes et de femmes à travers le continent, afin de simplement survivre. Vivre est désormais impossible pour un nombre croissant, survivre reste encore envisageable. Pour combien de temps ? C’est ce que nous raconte Marie-Laure Veilhan dans ce cri qui est initialement paru en français sur le site Mediapart et qui a été diffusé par la « blogosphère ».

La catastroïka

Nous vous invitons aussi à consacrer un peu plus d’une heure à regarder ce document sous-titré en français et réalisé par des militants grecs.

 

http://www.catastroika.com/indexfr.php

 

Ce film part du processus de privatisation forcée en Russie après le coup d’Etat de Boris Eltsine et de l’oligarchie en 1993 contre le Parlement russe. Cela fut appelé la « catastroïka ». Il montre que ces politiques ne sont possibles qu’en éliminant ou à tout le moins en affaiblissant les institutions démocratiques. Cela s’est fait avec la force brutale en Russie. Il s’est poursuivi en Grèce, avec la mainmise de la fameuse « troïka » (FMI, BCE, Commission européenne). Dans les pays à tradition démocratique plus forte, des transferts de souveraineté des Etats vers la Commission européenne ont été menés à la hussarde lors des Sommets dits Merkozy de 2010 à 2012, d’où sont sortis entre autres le fameux Traité budgétaire qui place les Etats sous le contrôle de la Commission et leur ôte toute initiative en matière de dépenses publiques. Autrement dit, en leur retirant tout pouvoir politique au profit d’un organe non élu. Ce n’est qu’une forme plus subtile de tuer la démocratie, ou plutôt la liberté et la solidarité.

 

Nous laisserons la conclusion à notre ami Bernard Gensane qui avait publié ce récit sur son blog.

 

« Nous sommes en guerre. Les armées ennemies sont des lois qui nous dépouillent. Que faisons-nous ? Regardons-nous les pauvres du haut du balcon en disant : « Ils l’ont mérité ? ». Attendons-nous de les rejoindre en disant « Ca n’arrivera pas » ?

 

Ou entrons-nous en résistance ?

 

Cette question que vous vous étiez sans doute posée à propos de la dernière guerre, la voici dans votre jardin. Impossible de vous défiler. Il faut agir ou trahir.

 

Trahir notre Histoire, trahir tous les progrès du 20ème siècle, trahir nos enfants pour le bénéfice d’une bande d’allumés pour qui le mot Humanité n’a plus aucun sens !

 

Nous sommes devant l’Histoire. L’Histoire des Braves en lutte contre les Fous.

 

Que dira-t-on de nous ? »

 

Pierre Verhas

 

 

Exil du Chaos

 

17 février 2013

 

Par Marie Laure Veilhan

 

Nous avons pris la décision de partir.

 

Voilà une décision qui procède d’un non-choix, d’une nécessité que je ne qualifierai pas d’absolue, pour la simple raison que je sais qu’on n’est ni en Afghanistan, ni à Smyrne de 1922. Non, c’aurait pu être un choix. Mais c’est tout juste une décision.

 

Décision d’exil, alors.

 

Il nous reste un été ici. Nous serons en France pour la rentrée 2013.

 

Nous laisserons derrière nous la maison de mon compagnon, Christos. La maison d’un autre exil, qui date de 90 ans : celui des grands-parents de Christos, venus de Constantinople (Kalloni, « la belle ») en 1922. J’écrirai un jour prochain ce que j’ai pu retenir de cette histoire-là. Elle est présente, curieusement parfois.

 

Nous laisserons des amis, Dina la rigolote, Angélique à la voix d’or, nous laisserons le père de mes enfants, la mer où Christos allait pêcher si souvent, sur les traces de son père, pêcheur, les orangers, le grenadier, les citronniers, l’oncle Adonis, tout tordu, tout pauvre, tout vieux, toujours si digne et souriant, sauf ces jours-ci, sa dame Anna s’en va à petit feu…

 

Je laisserai la terre que j’ai aimée pour la première fois il y a vingt-quatre ans, fille au pair d’un été, et que je croyais ne jamais quitter. Chaque jour qui passe, j’ai peine à croire à ce qui arrive à cette Grèce-là.

 

J’ai peine. Grand peine.

 

Nous sortons peu – le temps a l’air d’avoir pris la couleur de la vie : il pleut, sans arrêt, au point que le bois doit rester longtemps dans le poêle avant de s’embraser. Nous regardons distraitement les journaux télévisés, on connaît la rengaine. Deux dizaines d’impôts créés en 2012. Chômage. Misère. Enfants non vaccinés. Facultés qui ferment. Hôpitaux en panne de chauffage, de matériel de première nécessité (compresses, instruments chirurgicaux,…). Et de yaourts aussi. Néo-nazis au parlement. Grèves. Mobilisation décrétée dans deux secteurs (marine marchande et transports en commun), sous le contrôle direct de l’armée. La folie rivalise au quotidien avec le ridicule, le trivial, le presque rigolo. Non, on n’y croit pas, quand le secrétaire du Ministère de l’Economie annonce que « le smic à 560 euros -bruts- est encore trop haut »…

 

En chiffres, ça donne : 27 % de chômage global en novembre 2012 (derniers chiffres disponibles), soit une augmentation de 31% par rapport au mois de novembre 2011. 61,6% parmi les jeunes. Chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte les multiples programmes de « formation » indemnisés à 250 euros pour deux mois, soit trois fois moins que l’allocation chômage, fixée à 360 euros mensuels. Pas d’allocation familiale, ni de logement bien sûr. 60 milliards de créances avérées vis-à-vis du Domaine Public (fisc et caisses d’assurance maladie et retraite). La récession en 2012 à 6,5%, pour la cinquième année. Le pain à 1,60, l’essence à 1,70. Le smic grec à 560 euros brut (480 euros nets), et 492 bruts (424 nets) pour les jeunes jusqu’à 25 ans. 300.000 compteurs coupés l’an dernier faute d’avoir pu payer la facture d’électricité, désormais couplée à l’impôt spécial (calculé sur la base de la surface du bâtiment alimenté), censé être exceptionnel, mais qui sera finalement intégré à un impôt global. Mon employeur (Union des Coopératives Agricoles), qui emploie 130 personnes (à l’usine et dans les bureaux, ne s’est toujours pas acquitté des salaires de novembre du personnel administratif. Je fais partie de ce dernier, mais ai eu droit à un « régime de faveur » qui m’a permis de recevoir les salaires de novembre et décembre, sous forme d’ « avance sur salaire » (c’est joli, comme formule : avance sur arriéré). J’étais allée faire remarquer que c’est ma seule source de revenus, et que nous vivons à quatre de ces presque 800 euros par mois. Nous avons longtemps été les moins riches de tous ceux que je connais.

 

Nous sommes désormais parmi les moins pauvres de ceux dont nous partageons le quotidien (travail exclu). Il n’y a plus de syndicat des ouvrières à mon boulot : il a été dissout, suite à des pressions exercées de façon ouverte sur l’intégralité des ouvrières, prises une à une. Ce mois-ci, le grand magasin Sprider (grande chaîne de vêtements bas prix), qui employait quinze personnes, a fermé. La deuxième boulangerie du quartier aussi. Pas résisté.

 

[Christos discute ce moment-même sur Skype avec un copain, parti en Allemagne en septembre. Il lui parle exactement de ça, à l’instant. C’est saisissant.]

 

Aighion accueillait depuis plusieurs années deux sections d’enseignement supérieur technique (optique et kiné). Au bord de la mer, dans un bâtiment industriel abandonné et rénové. Ces deux sections disparaîtront, comme une trentaine d’autres en Grèce, à partir de septembre. Les étudiants s’en iront, les bars, le cinéma qui avait rouvert depuis peu, la salle de musique… vont se vider un peu plus. Nous n’y allions quasiment plus, mais c’est réjouissant de voir ces étudiants qui venaient jouer gratuitement au « Polytechneio ». Triste, aujourd’hui, d’être presque sûr que cela ne durera pas.

 

Je voudrais être contredite par les faits.

 

Mais les médicaments de traitement du sida ont été désinscrits de la liste des médicaments remboursables. Pour les traitements anti-cancer, cardio, contre la tension artérielle… et pour une foule d’autres, la question n’est plus tant qu’ils soient ou non remboursables : il est de plus en plus difficile d’en dénicher. On crève de cette crise, et pas ceux qui sautent d’un balcon ou se tirent une balle dans la tête. On se laisse aller, aussi, tout simplement.

 

Je m’accroche à ceux que j’aime. Et à la première sonate de Beethoven, aussi. Qu’il me pardonne…

 

Je participerai du 1er au 3 mars à une rencontre organisée par l’aile « rouge » du Syriza sur la lutte contre le fascisme (en tant qu’interprète, ce qui nous paiera les billets de bus et une partie des frais de séjour à Athènes). Je vous conterai ce que j’aurai pu en retenir. Je sais désormais que cela pourra nous valoir des déboires plus ou moins importants. Les députés de l’Aube Dorée soufflent sur les braises de la haine, l’un deux a déclaré hier : « la prochaine fois que nous ferons une descente sur un marché pour contrôler les vendeurs étrangers, on ne fera pas que donner des coups de lattes dans les étalages. Il faut bien qu’on se fasse plaisir, aussi… Il est hors de question qu’on laisse les citoyens grecs sans protection ». Babakar Ndiaye est mort, il y a huit jours, jeté sur les rails de la station Thisseio, à Athènes, par l’un des dix agents de la police municipale qui l’avait pris en chasse parce qu’il vendait sur le trottoir des faux sacs Vuitton ou des parapluies chinois. Les paysans qui tentaient de bloquer symboliquement la route nationale ont été attaqués par les flics. Attaqués, non pas arrêtés. La violence institutionnelle s’installe chaque jour. Violence policière des brigades anti-terrorisme qui rouent de coups les quatre jeunes (qui se déclarent anarchistes), les défigurent, et se donnent tout juste la peine d’un maquillage électronique pour masquer les pires traces de torture sur les visages tuméfiés.

 

Le message est clair : « Tenez- vous tranquilles, ça pourrait arriver à tout le monde et à n’importe qui ».

 

Enfin, presque. Des militants de l’Aube Dorée, arrêtés la même semaine en possession d’armes lourdes, se sont fait photographier au poste. On en rigole : ils ont l’air de sortir du centre de soins esthétiques, tellement ça n’a pas l’air de les éprouver. On comprend, d’ailleurs : ils sont déjà dehors. Nous savons bien que ce qui nous attend en France n’est pas rose. Au-delà de l’adaptation à une vie que nous n’avions jamais prévue telle (ce qui suppose une adaptation forcée des enfants, par exemple, à un système scolaire en français, eux qui sont scolarisés en grec, bien sûr – mon fils, de bientôt onze ans, ne sait ni lire ni écrire en français, il a commencé l’anglais il y deux ans…), au-delà de tout ce qui nous fera ressentir ce mal du pays que les Grecs appellent si justement νοσταλγία (la nostalgie, douleur de la terre d’où l’on vient en traduction libre…), nous savons bien que la situation en France est dure, violente parfois, et que les choses vont mal pour beaucoup, là aussi.

 

D’ailleurs, le mal dont souffre la Grèce, c’est le même que celui qui étend son ombre sur l’Hexagone. Je le nomme « argent-dette », comme l’ont si bien fait les créateurs grecs de « Catastroïka », dont je ne saurais trop vous recommander la vision. Il a beau avoir été tourné il y a bientôt deux ans, tout y est.

 

Voyez.

Regardez.

Dites.

Faites.

Agissez.

 

C’est de notre vie à tous et à chacun qu’il s’agit.

 

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Published by pierre verhas
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