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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 23:31

C’est François Bayrou qui vient d’user de ce mot. Il a raison. La meute « médiatique » a été lâchée sur Frédéric Mitterrand et on est prêt à sonner l’hallali.


 

En revient-on aux temps bénis de l’Ordre moral ? Les faits.

 

Le cinéaste américain, et puis franco-polonais Roman Polanski, Juif d'origine polonaise dont les parents ont été victimes du ghetto de Varsovie et qui était persécuté par le régime communiste,  est arrêté à Zürich car il fait l’objet d’une demande d’extradition de la Justice américaine pour des faits de pédophilie datant de 1977. Ces faits ne sont pas prescrits par la loi américaine et Polanski a fui les Etats-Unis au moment où il craignait devoir purger une longue peine de prison. Il a donc fui la Justice de son pays d’accueil.

 

Toute l’intelligentsia parisienne, cette classe de scribouillards sans talent, de philosophes sans pensée, de romanichels des médias, intransigeante et imperméable à toute critique qui, sous la direction du Fouquier Tainville des pavés germanopratins, Bernard Henri Lévy,  monte au créneau pour défendre le cinéaste selon eux pris au piège pour des faits pas si graves et bien anciens. Pas si graves ? Une jeune gamine de treize ans sert de modèle pour une séance de photographie organisée par Polanski qui la drogue ou la fait boire, puis abuse d’elle. Poursuivi, suite à la plainte des parents de la jeune fille, une sorte de compromis est élaboré entre le Procureur de Los Angeles qui aurait volontairement menti à la presse et Polanski pour subir une peine légère d’une quarantaine de jours de prison qui seraient confirmées par un jugement, en échange de l’indemnisation de la famille de la jeune victime. Polanski craignit que le procès ne le condamne bien plus sévèrement et fuit les Etats-Unis. On n’entend plus parler de cette affaire. Roman Polanski exerce ses talents dans toute l’Europe. Il acquiert même une propriété en Suisse où il se rend régulièrement. La Suisse ? Elle a un traité d’extradition avec les USA. Aussi, lorsque les Etatsuniens demandent de procéder à l’extradition d’un individu, les Helvètes doivent s’y conformer. C’est la règle et peu importe s’il y a des bras de fer entre la Suisse et les Etats-Unis pour la question du « paradis » fiscal.

 Roman Polanski à l'origine de l'affaire

C’est cela que l’intelligentsia parisienne refuse d’admettre. Pour elle, la règle ne s’applique pas à Polanski car il fait partie de leur microcosme. Cette classe de bourgeois friqués a de plus en plus d’influence. Elle fait pression sur la Justice contre des journalistes et des caricaturistes qui ne rentrent pas dans ses normes. Elle est très influente dans les médias, plusieurs de ses membres se retrouvent dans la haute hiérarchie médiatique française. Elle contrôle des maisons d’édition. BHL fait la pluie et le beau temps aux éditions Grasset. Elle a des représentants au pouvoir en les personnes de Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand.


 

Kouchner intervient auprès de sa consœur américaine, Hillary Clinton qui le renvoie dans les roses en lui rappelant que le gouvernement américain n’interfère pas dans les affaires de Justice.

 

Mitterrand va encore plus loin. Il décrit une Amérique « dangereuse » face à une Amérique « qu’on aime ». Il exprime sa révolte à l’égard de cette arrestation qu’il considère comme « un piège ».

 

Tout cela déclenche bien entendu une tempête dont la nomenklatura parisienne a le secret.

 

En premier lieu, ces Ministres qui ne cessent d’invoquer la Démocratie (avec un grand D) et les Droits de l’Homme (avec un grand H), ne respectent pas deux principes de base : l’égalité des citoyens devant la loi et la séparation des pouvoirs. Passons sur la faute diplomatique qui consiste à faire des commentaires peu amènes, lorsqu’on est membre d’un gouvernement, à l’égard d’une nation alliée. L’égalité n’existe plus dans l’esprit de ces messieurs dès lors  que l’on fait partie du microcosme. La séparation des pouvoirs et la souveraineté sont bafouées quand on fait pression sur la Justice de deux pays étrangers. C’est élémentaire, mon cher Montesquieu !


 

Il faut dire que nos deux pantins ont été tellement loin qu’ils se sont couverts de ridicule, ont rendu un mauvais service à celui qu’ils voulaient aider et surtout ont provoqué une gêne politique. Cohn Bendit lui-même, fustigea Frédéric Mitterrand, en dépit du tapage germanopratin.

 

Mais voilà que s’invite Marine Le Pen, digne fille de son père, spécialiste en provocations. Elle attaque Frédéric Mitterrand pour son livre – confession « La mauvaise vie » paru en 2005. Elle cite mais en déformant, en ajoutant un adjectif. Elle finit par le reconnaître. Elle a encore beaucoup à apprendre, la pouliche de l’homme du détail ! Mais le mal est fait. Dans cet ouvrage, l’auteur confesse son attirance pour les garçons prostitués en Thaïlande. A-t-il consommé ? Les garçons étaient-ils « jeunes » ou pas ? Ce n’est pas très clair dans son bouquin. Les Socialistes, comme un seul homme, tombent dans le panneau mariné par la fille Le Pen. Ils demandent des explications à Frédéric Mitterrand. Arnaud Montebourg demande sa démission. C’est pathétique la faiblesse de la gauche socialiste qui grimpe dans le train du Front national et qui ne parvient plus à trouver sa propre réponse aux défis posés par cette affaire.


 

Mitterrand, au vu de l’ampleur de la polémique, est sommé de s’expliquer publiquement. Il ne suffit pas de dire avec suffisance que c’est « un honneur d’être attaqué par le Front national et une honte pour un Socialiste ». Il tente de se justifier sur TF1. Pas convaincant son affirmation comme quoi il était accompagné de garçons de son âge. On est dans le degré zéro de la politique !

 

Que va-t-il se passer ? Sarkozy qui ne s’est pas montré en cette affaire, devra-t-il mettre son grain de sel ? Mitterrand devra-t-il démissionner ? On verra. En attendant, la meute ne lâchera plus sa proie. Autant, Mitterrand est un sinistre pantin, autant ce lynchage est abominable.

 

Cette ambiance est fétide. Elle rappelle l’Ordre moral de sinistre mémoire qui, dans le passé, traîna André Gide dans la boue et plus tard Jean Genêt. Il est vrai que ces deux écrivains avaient une autre envergure que l’ex-locataire de la Villa Médicis.

 

Voilà le résultat de la connerie de l’intelligentsia parisienne : deux des leurs sont en grande difficulté et on assiste au retour en force de l’Ordre moral et du Front national. Bravo, Messieurs !

 

 

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Published by pierre verhas
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