Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:54

 

Voici un article de « Marianne2.fr » de ce jour avec une vidéo d’une conférence de presse du délégué de la BCE en Irlande Klaus Masuch. Celui-ci est opposé à un célèbre journaliste et polémiste irlandais, Vincent Brown.

 

Il s’indigne du fait que l’on impose à l’Irlande de renflouer une banque en faillite qui a provoqué la quasi ruine de l’Eire au début de la crise financière.

 

Outre l’obstination de M. Brown, on peut admirer son courage et son argumentation pourtant simple, mais qui désarçonne son interlocuteur.

 

Cette conférence de presse montre qu’une résistance est en train de s’installer petit à petit et que ces Messieurs dames de la troïka FMI – BCE – Commission européenne arriveront de plus en plus difficilement à nous faire avaler des couleuvres.

 

Bravo à Vincent Brown et à Marianne2.fr ! Ils ont fait leur métier : cela s’appelle du journalisme.

 

 

 

Légende du journalisme Irlandais, lors d'une conférence de presse, Vincent Brown s'est montré particulièrement tenace avec Klaus Masuch, un représentant de la Banque Centrale Européenne, venu expliquer aux habitants du pays pourquoi ils allaient devoir sérieusement se serrer la ceinture pour renflouer des banques européennes. Des mesures d'austérité perçues comme injustes par les citoyens et des explications qui n'ont pas suffi au journaliste qui est revenu plusieurs fois à la charge.

Alors qu’en France, lors des interventions télévisées du chef de l’Etat, le Monarque choisit parmi ses sujets-journalistes ceux qui auront l’honneur de l’interviewer et que les chaînes de télévision se précipitent pour réserver des faisceaux afin de diffuser au mieux la parole royale dans la France entière. Alors que dans le même temps Les Nouveaux Chiens de Garde qui dénoncent la collusion entre pouvoir, argent et médias est toujours visible dans quelques dizaines de salles en France, un extrait d’une conférence de presse en Irlande nous donne une idée plus claire de la notion d’irrévérence journalistique.

Véritable légende du journalisme dans son pays, Vincent Browne, chroniqueur dans plusieurs journaux et animateur de talk-shows politiques durant toute sa carrière, a également lancé un magazine d’investigation dans les années 70. Il a fait sa réputation par sa capacité à déstabiliser des politiciens expérimentés lors de son émission Tonight with Vincent Browne.

Le 19 janvier, c’est le représentant de la BCE Klaus Masuch qui a été la victime de l’insistance du journaliste. Interrogé sur la légitimité et la rigueur du plan de sauvetage mis au point par la Banque Centrale Européenne, la main sur le cœur, Klaus Masuch s’est dit impressionné par l’attitude et la compréhension du secteur financier avant d’ajouter que le chauffeur de taxi qui l’amenait de l’aéroport lui avait paru « très très bien informé. Je pense que c’est un bon signe qui prouve que le débat est ouvert ».

Le conte de fées du chauffeur de taxi irlandais

Si on perçoit quelques rires dans la salle de presse, Vincent Brown entend en savoir plus sur l’échange du représentant de la BCE avec son chauffeur de taxi : « Est-ce que votre chauffeur de taxi vous a dit à quel point le peuple Irlandais reste perplexe qu’on nous demande de payer à des porteurs de bons non garantis des milliards d’euros en dettes pour lesquelles le peuple irlandais n’a aucune relation, ni aucun rapport. Et, ce, essentiellement pour renflouer ou pour assurer la solvabilité de banques européennes. Et si votre chauffeur de taxi vous a posé cette question ou s’il vous l’avait posée quelle aurait été votre réponse ? ».

La responsable des relations de presse de la BCE demandera à Vincent Browne de poser immédiatement sa deuxième question et de rendre son micro histoire d’en finir le plus vite possible. Tenace, le journaliste refusera d’obtempérer pour être bien sûr d’obtenir une réponse précise pour son chauffeur de taxi.

Klaus Masuch a déjà oublié son conte de fées et son taxi s’est transformé en citrouille. Le représentant de la BCE se perd dans un argumentaire des plus flous hésitant entre la langue de bois technocratique, la complexité du monde contemporain et un brin de compréhension pour le peuple qui souffre avant de conclure brutalement : « La décision a été difficile à prendre mais c’est la décision que nous avons prise ».

L'Etat Irlandais menacé d'une explosion financière

L’échange fait référence à une banque Irlandaise, l’Anglo Irish Bank, en faillite qui pendant plusieurs années a affiché des pertes supérieures à dix milliards d’euros, et dont le coût du plan de sauvetage est estimé à 30 milliards d’euros. L’Anglo Irish Bank est plombée par des actifs «pourris» détenus par des créanciers privés. Complètement démantelée, rebaptisée IRBC, la banque n’a aujourd’hui plus de clients mais l'Etat irlandais continue de rembourser à coup de milliards ses créanciers privés sous peine « d’une explosion financière à Dublin ».

Pour Vincent Brown, le chauffeur de taxi n’en sait toujours pas assez. Il revient à la charge pour tenter de comprendre pourquoi le peuple irlandais se doit de payer pour une banque défunte « expliquez cette situation au chauffeur de taxi ? » insiste-t-il.

Faisant mine d’avoir répondu, Klaus Masuch ignore la question. Le journaliste ne lâche rien : « Vous exigez que soient faits des paiements, non pour le bénéfice du peuple irlandais mais au bénéfice d’institutions financières européennes. Vous avez donné une réponse qui ne répond pas à la question, qui ne satisferait ni le chauffeur de taxi, ni le peuple irlandais ! ».
L'histoire ne dit pas si au retour, le représentant de la BCE a confié ses états d'âmes à un taxi ou à un ambulancier.
(Marianne2.fr du 4 février 2012)

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires

Bernard Gensane 05/02/2012 09:28

Bonjour Pierre,

À propos de l'Irlande, te souviens-tu de l'époque très lointaine (mettons dix ans) où ce petit pays qui, jusqu'alors, n'avait produit que des moutons, des patates, de la tourbe et des prolétaires
émigrés, était devenu LE modèle par excellence, vanté par toutes les droites d'Europe ? C'était complètement débile dans la mesure où cette soudaine richesse avait été complètement impulsée de
l'extérieur. Il s'en était suivi des spéculations insensées dans un certain nombre de domaines, dont l'immobilier. Je me souviens avoir discuté longuement avec la landlady d'un bed and breakfast
charmant où j'avais fait halte qui me disait que ses propres enfants ne pourraient pas racheter sa belle maison, ni même payer les taxes, pourtant peu élevées, induites par un héritage. Je lui
avais alors suggéré que son pays connaîtrait peut-être le sort de la Côte d'Ivoire et son "miracle" des années 70, lui aussi impulsé de l'extérieur par une bourgeoisie compradore.

pierre verhas 05/02/2012 11:48



C’est la preuve, en outre, que les gouvernements sont tout à fait impuissants ou complices : ils ont permis – voire encouragé –
ces folies alors que de nombreux spécialistes criaient casse-cou. Cher Bernard, tu as mis le doigt sur le vice profond de cette économie financière complètement folle. Elle se bâtit sur du sable
en tirant les profits immédiats des colossaux investissements consentis comme pour l’immobilier en Irlande, mais aussi en Espagne.


              


 


 


 


Ce ne sont pas des « régulations », encore moins « les politiques d’austérité » - qui profitent largement au système – mais un changement fondamental qui sera nécessaire si on
veut en sortir.


 


 


 


Commencer par une chose : le politique doit reprendre le dessus, avec, bien entendu, un réel contrôle démocratique, de réels contre-pouvoirs.


 


 


 


Vaste programme !