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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:11

Jean Bricmont, professeur de physique à l’Université catholique de Louvain la Neuve est connu pour ses prises de position progressistes qui sortent des sentiers battus. Jean Bricmont a horreur du conformisme ambiant et de la « pensée unique » qui sévissent dans les médias, dans les partis politiques et dans les Universités. Il est aussi un rationaliste convaincu et combat toutes les tentatives de « spiritualisation » de la science.

 

Sur le plan politique, il est un militant actif de la cause palestinienne. On peut le ranger parmi les altermondialistes (pour autant qu’il accepte « d’être rangé »…) et il combat activement le néo-libéralisme. Jean Bricmont exprime ses idées dans tous les médias. Il a écrit nombre de livres et articles passionnants et on le voit régulièrement participer aux débats de l’excellente émission vespérale de France 3, « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéi. Une des seules émissions libres du paysage audiovisuel français.

 

Récemment, le professeur Bricmont a initié une pétition demandant la libération d’un militant néo-nazi français du nom de Vincent Reynouard condamné pour négationnisme au nom de la loi Gayssot, cette loi dite mémorielle condamnant toute personne coupable de publication et d’acte de négation de la Shoah. Cette pétition demande en même temps l’abrogation de cette loi. Henri Goldman, dans son blog (http://blogs.politique.eu.org/Petition-on-peut-tout-signer-mais) a refusé de signer cette pétition car il ne voulait pas voir son nom figurer avec ceux de personnages sulfureux connus pour leurs sympathies et/ou leur appartenance à l’extrême-droite. Il souhaite en outre l’extension du champ d’application des lois mémorielles à tous les génocides.

 

En ce qui me concerne, je suis aussi opposé à la multiplication de ces lois mémorielles qui constituent, qu’on le veuille ou non, une atteinte à la liberté d’expression et une entrave à la liberté de critique des historiens. Aussi, je considère que M. Reynouard aurait dû être condamné pour incitation à la haine raciale et non pour sa petite publication négationniste (seize transparents de médiocre facture diffusés sur Internet). Les actes de l’intéressé ne sont pas innocents et relèvent de la jurisprudence née du tribunal de Nuremberg.

 

De plus, il est indéniable que dans la nébuleuse antilibérale, pro-palestinienne et altermondialiste se sont infiltrés des personnages sulfureux qui, en définitive, desservent cette cause essentielle de libération de l’humanité de l’oppression et de l’exploitation.   

 

C’est la raison pour laquelle, j’ai envoyé cette lettre ouverte au Professeur Bricmont qui a pour seul objet de susciter un débat.

 

 

Monsieur le Professeur,

 

Sans nous connaître, nous avons pas mal de points communs. Je partage avec vous votre analyse de la société capitaliste qui est en train de détruire notre bien commun, la civilisation. Je ne peux qu’adhérer à votre critique de l’impérialisme quelle que soit son origine. En outre, et c’est moins connu du grand public, votre rigoureuse analyse du « principe anthropique » qui a pour objet d’introduire la religion dans la science, est une démarche essentielle.

 

bricmont

 

Jean Bricmont marche hors des sentiers battus.

 

Comme vous, je considère que la liberté d’expression, comme toutes les libertés fondamentales, ne se partage pas. Aussi, votre combat contre les lois mémorielles est aussi le mien. Cependant, le rejet de ces lois ne doit pas servir de prétexte à tolérer le négationnisme. Dès lors, c’est volontairement que je n’ai pas signé la pétition demandant la libération du néo-nazi Vincent Reynouard et l’abrogation de la loi Gayssot.

 

Pour quelles raisons ? Au préalable, permettez-moi de vous dire qu’a priori, je suis opposé à jeter dans les geôles n’importe quelle personne coupable d’un « délit d’opinion ». Néanmoins, comme M. Reynouard revendique son adhésion au national-socialisme, donc à, entre autres, la persécution des Juifs, je considère que ses écrits – en fait seize « transparents » mal fichus reprenant les « classiques » du négationnisme – relèvent de l’incitation à la haine raciale, délit qui est poursuivi en vertu des lois réprimant les actes de racisme. Vous me rétorquerez que c’est vague. Pas tellement. Non seulement, ces lois se basent sur la jurisprudence de Nuremberg et en plus, elles sont assez anciennes pour avoir suscité leur propre jurisprudence. La justification et la banalisation des persécutions peuvent avoir des conséquences catastrophiques. Regardez, par exemple, l’affaire du « gang des barbares ».

 

reynouard01

 

Vincent Reynouard, militant néo-nazi aux côtés de

feu Bert Eriksson qui fut condamné pour constitution de

milices privées dans les années 1980.

 

Vincent Reynouard aurait dû être poursuivi dans le cadre de ces dernières dispositions et non en vertu de la loi Gayssot. Dans le cas présent, ce sont les actes et non les écrits proprement dits de l’intéressé qui sont condamnables. Je vous concède volontiers que ce raisonnement ne doit pas se limiter aux seuls actes d’antisémitisme, mais doit concerner toutes les formes de racisme.

 

Ainsi, cette pétition a un double sens qui en fait l’ambigüité. D’un côté, on demande la relaxe de M. Reynouard, de l’autre, on exige l’abrogation  de la loi Gayssot. En procédant ainsi, vous baissez la garde dans un combat qui est légitime. Or, il est indispensable d’arriver à terme à l’abrogation des lois mémorielles, mais cette lutte ne doit en rien servir le négationnisme. Ce combat doit se situer au-dessus des clivages et ne peut être récupéré, faute de quoi il est perdu d’avance. En cela, je voudrais évoquer deux aspects : les lois mémorielles et la liberté d’expression.

 

En ce qui concerne les lois mémorielles, nous assistons à une volonté d’étendre ces lois qui étaient limitées à la seule interdiction de nier la réalité de la Shoah et plus généralement du système concentrationnaire nazi. Cependant, s’il est logique d’y inclure tous les génocides, ces dispositions restent identiques et exigent tout autant leur abrogation.

 

Dans le rapport dit Accoyer du 18 novembre 2008  sur la mission d’information de l’Assemblée nationale française sur les questions mémorielles, on lit : « Combattue par l’extrême droite, cette loi [la loi Gayssot] est aussi critiquée par deux historiens renommés pour leur sérieux et leur humanisme : Pierre Vidal-Naquet, au nom du libre examen et de la liberté d’expression, mais aussi Madeleine Rebérioux, qui pose explicitement le parallèle avec la tentation soviétique de contrôler l’histoire. « La loi impose des interdits, elle édite des prescriptions, elle peut définir des libertés. Elle est de l’ordre du normatif. Elle ne saurait dire le vrai. Non seulement rien n’est plus difficile à constituer en délit qu’un mensonge historique, mais le concept même de vérité historique récuse l’autorité étatique. L’expérience de l’Union soviétique devrait suffire en ce domaine. Ce n’est pas pour rien que l’école publique française a toujours garanti aux enseignants le libre choix des manuels d’histoire », écrit-elle dans la revue L’Histoire de novembre 1990. » En outre, il y a la critique juridique de Robert Badinter, ancien président du Conseil constitutionnel : « Le Parlement n’a pas à dire l’histoire. Le Parlement fait l’histoire. Les lois mémorielles, que j'appelle des lois compassionnelles, sont faites pour panser des blessures et apaiser des douleurs (...) et n'ont pas leur place dans l'arsenal législatif. (...) La loi n'a pas à affirmer un fait historique, même s'il est indiscutable. Et j'ajoute que la Constitution ne le permet pas ». Ces derniers propos, cités par de nombreux auteurs, ont été tenus lors d’une interview accordée par l’ancien garde des Sceaux à France info le 16 octobre 2010.  Ajoutons enfin les propos du politologue René Rémond émis en 2006 et aussi cités dans le rapport Accoyer : « René Rémond estime que la liste de ces « lois mémorielles montre bien quelles ont été les considérations à l’origine de leur adoption : des considérations essentiellement électorales, qui ne sont assurément pas méprisables, mais qui relèvent plus de l’émotion que de la raison, qui n’ont aucune légitimité scientifique et qui confondent la mémoire avec l’histoire. Elles procèdent toutes de la même aspiration de communautés particulières, religieuses ou ethniques, à faire prendre en considération par la communauté nationale leur mémoire particulière par l’intermédiaire de l’histoire, qui est prise en otage. C’est contre cette instrumentalisation qui entraîne une fragmentation de la mémoire collective que les historiens ont pris position. »

 

robert_badinter01.jpg

 

Robert Badinter : farouchement opposé aux lois mémorielles

pour des raisons éthiques et juridiques

 

Arrêtons-nous un instant sur ces différentes interventions. Il y a, à mon sens, plusieurs conclusions à tirer, que vous partagerez sans doute.

 

1)     Les lois mémorielles sont des lois à vocation totalitaire. Lorsque Vidal Naquet et Madame Ribérioux craignent que ces lois portent atteinte au libre examen et en outre que « le concept de vérité historique récuse l’autorité étatique », ils ont raison. L’histoire est une science et l’inscrire dans la loi revient à terme à rétablir l’Inquisition comme ce fut le cas pour l’astronomie aux XVIe et XVIIe siècles. Nous n’allons pas rallumer les bûchers (même symboliques) pour brûler l’un ou l’autre nouveau Giordano Bruno qui aurait tenu des propos non conformes. Rappelons d’ailleurs que des historiens français ont lancé en décembre 2005 une pétition intitulée « Liberté pour l’histoire » demandant l’abrogation des lois mémorielles. Cette pétition fut signée entre autres par Elisabeth Badinter, Jacques Julliard et Pierre Vidal-Naquet.

 

Lorsqu’un intellectuel comme Henri Goldman que je sais viscéralement attaché aux libertés fondamentales, demande l’extension du champ d’application des lois mémorielles à d’autres massacres ou génocides, je ne peux que m’inquiéter. Où s’arrêtera-t-on ? Les Juifs belges l’ont d’ailleurs compris en s’insurgeant contre cette proposition qui d’ailleurs, provient des Assises de l’Interculturalité tenues à Bruxelles en 2009 – 2010. A force de multiplier les domaines d’interdiction du négationnisme, on finit par banaliser des tragédies comme la Shoah ou le(s) génocide(s) rwandais. Ainsi on restreindra l’indispensable libre lecture de tous ces événements, car les lois mémorielles portent atteinte à la pensée critique. En effet, des chercheurs hésiteront à se pencher sur des questions délicates non résolues de peur de tomber sous les coups de la loi.

 

goldman.jpg

 

Henri Goldman farouchement attaché aux libertés

est partisan de l'extension du champ d'application des

lois mémorielles.

 

2)     Il y a un aspect juridique fondamental que met en avant Robert Badinter peu suspect de sympathie à l’égard des négationnistes. On a trop tendance de nos jours à mélanger les pouvoirs pour atteindre des objectifs politiques. On se sert de la loi à des fins politiques. En plus, le compassionnel dénoncé par Badinter mélange l’irrationnel avec le glaive de la Justice. C’est la porte ouverte à tous les abus.

 

3)     Il y a pour terminer l’aspect politique mis en lumière par feu René Rémond. Les lois mémorielles sont élaborées à des fins uniquement politiques et mettent en danger l’indispensable débat critique sur tout épisode de l’histoire.

 

En définitive, il se crée une confusion entre mémoire et histoire. Je cite encore Badinter lors de son audition par la Commission sur les questions mémorielles : « Les crimes du passé éclairent le présent. C’est pourquoi je suis partisan – sans qu’il s’agisse de voter une loi ! – d’un enseignement qui dise l’histoire des crimes contre l’humanité.

 

Cela saisit les enfants, mais ils le projettent sur le monde actuel, ils le vivent dans leur imaginaire comme une possibilité qu’il faut combattre. »

 

Monsieur le Professeur, la lutte contre le négationnisme se gagnera par l’enseignement et par l’argumentation. Nul n’arrivera à convaincre quiconque, ou vaincre la mauvaise foi, par la contrainte, fût-ce celle de la loi.

 

Comme la revendication de l’abrogation des lois mémorielles doit se situer au-dessus des clivages, la liberté d’expression est par définition universelle et donc au-dessus des idéologies. L’hypocrisie règne aussi chez les défenseurs de la liberté d’expression : ceux qui se mobilisaient avec l’appui des médias lors de la fameuse fatwa khomeyniste contre l’écrivain indien Salman Rushdie, ne bougent pas dans d’autres cas.  Cependant leurs adversaires, se revendiquant de la même liberté, sont restés silencieux lors de l’affaire Rushdie. Il y a un jeu de ping-pong malsain en ce domaine.

 

Prenons une affaire récente et déjà oubliée dans le foisonnement médiatique : la traque contre le caricaturiste Siné. Rappelons les faits.

 

Siné se fend, en juin 2009, d’un papier dans « Charlie Hebdo » où il fustige un « fils de » (Jean Sarkozy) dévoré d’ambition, prêt à une conversion à la religion juive afin d’épouser une riche héritière.

 

Tollé dans le microcosme ! Siné est affublé du qualificatif maudit « d’antisémite ». Il est accusé d’appartenir à la gauche antisioniste qui est considérée comme se servant de sa critique à l’égard de la politique de l’Etat d’Israël en camouflage de la réalité : son antisémitisme.

 

Sine01.jpg

 

Siné "emmerde" ses contradicteurs adeptes de la

pensée unique.

 

Cela devient une habitude dans la une caste intellectuelle proche du pouvoir « Sarkozien » d’attaquer méchamment tout adversaire en le clouant au pilori et en lui faisant porter un carcan infâmant. On compte parmi ces charmants individus, l’ineffable autant qu’inévitable Bernard-Henri Lévy, Assouline, Alexandre Adler, le directeur, à l’époque, de « Charlie Hebdo », Philippe Val à qui s’offre ainsi une possibilité de se débarrasser de Siné dont un licenciement normal, au vu de son ancienneté, aurait coûté beaucoup trop cher et le directeur de « Libération » Laurent Joffrin. Tous ces gens se jettent sur la « proie » Siné. On se croirait à une séance de l’Inquisition au Moyen-âge.

 

Certes, comme a le courage de l’écrire Luc Le Vaillant dans « Libération » du 29 juillet, dont il est un des chefs de rubrique,  on porte atteinte à la liberté d’expression et au droit à la satire. Il ajoute :

 

« Plus grave que la dernière balourdise de Siné, me semble être l’instrumentalisation de l’antisémitisme au sein des débats qui opposent les deux gauches. Il est catastrophique de suspecter immédiatement d’antisémitisme qui critique l’expansionnisme sioniste au temps des colonies de peuplement ou qui interroge la nature religieuse de l’Etat d’Israël. Il est plus que pénible d’être regardé comme possible antisémite quand on attaque les dérapages de l’empire américain, «meilleur ami d’Israël», quand on s’oppose à l’Europe libérale que Bruxelles fourgue à coups de oui ou quand on voudrait faire plus que «réguler» le capitalisme.

 

Ajoutons qu’être opposé à Sarkozy est assimilé à l’antisémitisme selon BHL et Adler… Remarquons aussi l’alliance de fait de « Libération » (Joffrin) et du « Figaro » (Adler). Voilà la conséquence de la prise en main des organes de presse par le haut patronat français : Dassault pour le « Figaro » et Rothschild pour « Libé ». Cette affaire est grave car l’objectif final est d’imposer une pensée néolibérale « unique » en mettant la main sur la presse d’opinion.

 

Enfin, et c’est sans doute le plus important en cette affaire, ces Messieurs qui sont si prompts à qualifier « d’antisémite » ceux qui leur déplaisent, pour des motifs futiles en les livrant à la Justice, via la LICRA, ne se rendent pas compte qu’ils vident le mot « antisémitisme » de sa substance. Ce terrible mot qui désignait les responsables de la Shoah et les écrivains pousse – au – crime de la dernière guerre.

 

Le chroniqueur du « Monde », Thierry Savatier ajoute : « A force de crier à l’antisémitisme à tout propos, ne court-on pas le risque, particulièrement dangereux, de décrédibiliser une juste cause, d’en banaliser la notion et de lasser une opinion qui restera sourde si un jour survient une alerte sérieuse ? Les avertisseurs d’incendie, pour être efficaces, ne doivent retentir que lors d’un véritable incendie, sinon, ce ne sont que des sirènes aux chants trompeurs. »

 

Savatier rappelle l’affaire Hannah Arendt suite à la publication de son ouvrage Eichmann à Jérusalem où elle rapporta les commentaires sur ce procès qu’elle couvrit en totalité.

 
On reprocha à Arendt son antisémitisme suite à la publication en français de son ouvrage. En effet Arendt, une des plus grandes philosophes du XXe siècle, parla de « banalisation du crime » : « On lui reprocha sa théorie de la « banalisation du mal », en l’interprétant plus ou moins délibérément de façon erronée, et surtout on lui fit grief d’avoir écrit que certaines autorités juives (les Conseils juifs dans quelques pays occupés) avaient coopéré avec les nazis, en désignant des victimes pour, en théorie, en sauver d’autres. Une telle vision de l’histoire était inacceptable aux bien-pensants. On fustigea Arendt pour avoir dévoilé une réalité gênante. On posa ouvertement la question « Arendt est-elle antisémite ? » Cependant, elle n’avait rien inventé : elle ne faisait que retranscrire les conclusions des juges Yitzak Raveh et Halévi (qu’il serait ridicule de soupçonner d’antisémitisme) que l’on peut retrouver en lisant les minutes du procès Eichmann. » Savatier ajoute : « La philosophe, que je tiens, sous ma seule responsabilité, comme l’un des plus grands esprits du XXe siècle, fut l’objet d’un lynchage médiatique dont elle souffrit jusqu’à sa mort, parce qu’elle était sortie des propos convenus. » Sortir des chemins convenus, voilà ce qu’il est interdit de faire !

 

Une autre persécution eut lieu en 2002. La victime expiatoire fut Edgar Morin, sociologue universellement connu qui publia en 2002 dans le « Monde » une tribune intitulée : « Israël – Palestine, le cancer ». Suite à un violent lynchage médiatique, il fut condamné par la Cour d’appel de Versailles en 2005 pour « discrimination raciale ». La Cour de cassation cassa cet arrêt en juillet 2006.  

 

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Edgar Morin victime de la "pensée unique"

 

En tout cas, ces affaires montrent combien on se sert de l’antisémitisme à des fins partisanes. Or, l’antisémitisme est réel et est fort peu combattu sur le terrain tant par les « phares » de la pensée postmoderne, tant par leurs adversaires. Cet antisémitisme non médiatique n’intéresse personne ! Et pourtant, il se répand. Il ne se manifeste pas par des écrits, mais par des comportements. Ainsi, les synagogues et les écoles juives doivent être surveillées par les forces de l’ordre, de peur d’éventuelles attaques de fanatiques, les enfants juifs ne peuvent plus jouer dans certains parcs par crainte d’agressions de la part de jeunes Maghrébins. Plus grave, l’abominable affaire Fofana a montré combien les préjugés antisémites sont ancrés dans les cervelles des loubards de banlieue et peuvent ainsi faire couler le sang de jeunes gens dont la seule culpabilité est d’être Juifs. Cette situation n’est pas tolérable. C’est l’importation du conflit israélo-palestinien qui en est la principale cause. Elle n’est pas le seul fait des populations d’origine arabe, il y a aussi la propagande israélienne et les campagnes menées par des intellectuels en vue, qui considèrent que toute critique de la politique israélienne est assimilée à une manifestation antisémite. C’est insultant et exagéré. Combattre la liberté de critique est non seulement une atteinte aux droits, mais engendre le fanatisme.

 

Monsieur le Professeur, il faut sortir de ce cercle vicieux. La critique de l’impérialisme israélien et mondial qu’il ne faut pas perdre de vue, doit pouvoir se faire en toute liberté, mais elle ne doit pas servir de prétexte à une expression antisémite qui n’ose pas dire son nom. Il ne faut pas donner au lobby israélien l’occasion de brandir l’épouvantail de l’antisémitisme pour combattre toute critique.  Vous avez écrit en 2006 : « Le problème, et c'est pourquoi le lobby pro-israélien est si efficace, c'est qu'il exprime une vision du monde qui n'est que trop largement acceptée par trop d'Américains. Après tout, rien n'est plus ridicule que d'accuser quelqu'un d'antisémitisme parce qu'il veut ou professe mettre les intérêts de l'Amérique au-dessus de ceux d'Israël. Pourtant, il est probable que l'accusation sera efficace, mais seulement parce des années de lavage de cerveau ont prédisposé les gens à considérer les intérêts américains et israéliens comme identiques - même si, au lieu de parler "d'intérêts", on dise parfois "valeurs".  Associée à cette identification s'ajoute une vue systématiquement hostile du monde arabo-musulman, qui à la fois accroît l'efficacité du lobby et est en partie le résultat de sa propagande.

Malgré tous les débats sur l'antiracisme et le "politiquement correct", il y a un manque presque total de compréhension du point de vue arabe sur la Palestine, et en particulier, sur l'aspect raciste du problème. C'est cette triple couche de contrôle (les dons sélectifs d'argent, la carte de l'antisémitisme, ou plutôt ce bobard, et l'intériorisation) qui donne au lobby sa force spécifique. »

 

Je vous suis parfaitement, mais vous ne pouvez nier qu’il existe une forme d’antisémitisme qui s’exprime peu ou prou parmi certains prétendus partisans de la cause palestinienne. Un ami américain m’a dit un jour que les évangélistes américains et les néoconservateurs qui défendent Israël, ses crimes et ses excès, sans discernement, sont en réalité des gens d’extrême-droite profondément antisémites qui voient chez les sionistes actuels un poste avancé de l’Occident. De même, des individus fascisants européens prennent la cause palestinienne comme bouclier d’un antisémitisme qu’ils n’osent exprimer ouvertement.  Ce type de comportement déforce la cause de la lutte contre le fléau de l’impérialisme qui est global et pas seulement sioniste. Et personnellement, je ne peux accepter de travailler avec l’extrême-droite ou avec des gens qui ont une attitude ambivalente avec elle.

 

Vous dénoncez à juste titre le « choc des civilisations ». Mais on a trop tendance à en faire un à l’envers. Une fois de plus, le ping-pong. C’est l’altermondialisme contre l’occidentalisme et vice versa. On se trouve dans une logique qui ne peut qu’engendrer l’échec, car le rapport de force nous est aujourd’hui défavorable. Vous avez admis que nos adversaires ont une vision du monde cohérente. Nous avons tous les atouts pour leur opposer la nôtre qui, en plus de la cohérence, aura la Justice avec elle. Il ne suffit pas d’affirmer qu’un autre monde est possible. Encore faut-il définir lequel. À ce moment-là, les lobbies pourront user de tous leurs moyens de dissuasion et de contrainte, nous aurons toujours une longueur d’avance sur eux.

 

Nous en avons la capacité et la force. Il suffit de sortir des chemins sans issue dans lesquels nous risquons de nous enliser, si nous ne nous remettons pas en question et si nous cessons de tolérer certaines fréquentations sulfureuses.

 

Avec mes vœux de réussite pour notre combat commun, veuillez agréer, Monsieur le Professeur, l’assurance de ma parfaite considération.

 

 

Pierre Verhas

 

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Annick Ferauge 31/12/2010 15:34


Merci pour votre réponse et votre texte très documenté. Ce sur quoi je veux attirer l'attention c'est sur le fait que il y a un risque à se démarquer trop des autres: un rixque de supériorité
imposée, assénée. Je trouve en effet qu'il est très péremptoire de dire "on ne signe pas avec n'importe qui", car.... après.... on ne boit pas, on ne mange pas, on ne respire pas .... comme
n’importe qui, le même air que les autres.....
Plus tard, à ceux qui le disent, d’autres pourraient bien, et/ou bientôt, dire la même chose sur d’autres choses, ainsi, le négationnisme, ainsi ce qu’ils disent « génocide des Tutsi » qui est : «
génocide rwandais » et qu’ils transforment et veulent faire bétonner par l’histoire..... Peut être n’imaginent ils pas la chose, n’imaginent ils pas qu’ils puissent être contestés.... , en raison
de leurs fonctions, de leurs habitudes, de leur influence établie..... serait elle à leurs yeux incontestable ?

Mr Bricmont, que je connais par ailleurs, (par Attac, enz....) et croisé tout récemment, a attiré mon attention sur le fait qu'il est pénible de séparer gauche droite sur des débats de ce type
(lois mémorielles).... Il a raison, et vous aussi, avez raison de dire qu'il faut se méfier de certaines personnes, mais affirmer « n’importe qui », je ne le ferais pas.....

J'ai beaucoup apprécié que nous nous soyons rencontrés et que cette rencontre ait servi à modifier votre avis sur le sujet qui occupe et est joint aux autres (territoires, etc....). Je reprends ici
le résumé du dernier livre de Péan car il fait le lien entre Orient et Afrique (proches et qui se touchent et dont les terres et les richesses sont enjeux), les thèses développées sont très
intéressantes et, comme l'a écrit récemment Pascal Boniface, on donne peu d'échos à sa publication, alors je le fais. De nos jours, il est commun d'ignorer totalement et par le silence médiatique
et politique, ce qui dérange et dit vrai.
Est donné par contre large écho à ce que d’aucuns veulent faire avaliser.

Merci encore
A.Ferauge

En Hommage à l'auteur, Mr Péan, voici le résumé figurant sur la couverture des 563 pages de

Carnages, Les Guerres secrètes des grands puissances en Afrique, Fayard.
Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s'intéresse à ces "carnages incompréhensibles"? Rwanda, Kivu,
Sud-Soudan, Somalie, Darfour.... Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d'interprétation; et l'on ne peut pas se contenter de regarder l'Afrique sous le seul angle des Droits de l'homme
ou de la Françafrique.

Etonnamment, ces conflits majeurs n'ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de tutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? A
contre-courant de tout ce qui s'écrit sur l'Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l'Afrique, et dont les "dégâts collatéraux" ont été d'une ampleur inédite et
tragique.

Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis, aidés notamment de la
Grande-Bretagne et d'Israël, ont décidé d'étendre leurs aires d'influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L'instauration du nouvel ordre mondial y a été
d'autant plus profond que l'Afrique est devenue un des principaux terrains du "choc des civilisations" qui a installé, avant le 11-septembre, l'Est afircain dans l'espace conflictuel du
Proche-Orient.
Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n'ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les Etats-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l'Iran: il fallait donc
"contenir" et diviser le plus grand pays d'Afrique.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l'on tire au clair les
responsabilités des uns et des autres.

Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit noamment Une jeunesse française: François Miterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (Avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003);
Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), le Monde selon K (Fayard, 2009).
Pour vos fêtes, et celles des autres, lisez, offrez cet ouvrage.

lu dans le Blog de Pascal Boniface, le 27 décembre 2010

http://www.iris-france.org/informez-vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=35

On se rappelle que suite à son livre Noires fureurs, blancs menteurs, Rwanda 1990-1994, Pierre Péan avait été traîné en justice, de façon difficilement compréhensible, pour complicité de
provocation à la haine raciale par SOS-Racisme. Il a gagné ses deux procès tant en première instance qu'en appel. Il avait été profondément meurtri par ces accusations aux antipodes de son parcours
et de ses convictions. Fort heureusement, loin de l'avoir abattu, ce mauvais procès lui a donné l'énergie pour poursuivre son travail d'investigation.

Cela donne un livre fort : Carnages, (Fayard) un gros pavé de 570 pages qui vient apporter un éclairage tout à fait nouveau sur la tragédie que subit, dans une relative indifférence, la République
Démocratique du Congo, les différents crimes contre l'humanité et guerres civiles dont les populations africaines sont les victimes et le jeu des grandes puissances.

Son livre fera date et sera très utile pour les historiens et tous ceux qui voudront écrire de façon dépassionnée sur les événements gravissimes qui se sont déroulés dans cette partie du monde. Le
silence relatif qui accompagne son livre laisse dubitatif.

Pierre Péan reprend et développe la thèse qu'il avait commencé à développer dans son premier livre. Paul Kagamé, l'homme célébré dans le monde occidental comme ayant mis fin au génocide du Rwanda,
a commis par la suite de nombreux crimes contre l'humanité. Sans que l'on puisse déterminer de façon certaine s'il a lui-même organisé l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, il savait
qu'il ne pouvait parvenir au pouvoir que par un conflit armé, qu'il préparait de longue date et non pas par la voie démocratique.

Il a par la suite étendu la guerre à la République Démocratique du Congo, se livrant de nouveaux à de nombreuses exactions pour pouvoir tirer profit des multiples richesses de ce pays. Les
accusations de complicité de génocide portées contre la France, qui ne sont ni fondées et sans le moindre début de preuve, participent à une stratégie visant à réduire l'influence de la France en
Afrique et à tétaniser son action. Pour Péan « la Françafrique est le faux nez dissimulant les menées de divers intérêts surtout anglosaxons.» (p41)

Il estime que si la politique africaine de la France doit susciter examen critique, elle ne mérite pas d'être critiquée en bloc alors que le silence demeure sur la politique dans le continent des
autres grandes puissances (USA, Royaume-Uni, Israël, Chine, etc).

La partie la plus novatrice du livre de Pierre Péan concerne la politique israélienne en Afrique en général, et plus particulièrement les liens établis entre Paul Kagamé et Israël.

Il développe également de longs passages sur le Soudan. Selon lui, les accusations de génocide portées contre ce pays ou les appels à la solidarité pour la cause du Darfour, sont en fait une
stratégie menée par Israël et les États-Unis pour affaiblir un État africain et musulman qui pourrait faire contrepoids à leur propre influence dans le continent africain. Il démontre que pour
Israël, le Soudan fait partie d'une certaine vision de sa profondeur stratégique.

Si le passage qui consacra ce pays à l'encontre de la présentation très négative qui en est souvent faite, est convaincant d'un point de vue stratégique, il ne faut pas oublier néanmoins que le
président du Soudan a été inculpé de crimes de guerre par la cour pénale internationale.

À l'automne 2010, le secrétaire général de l'ONU publiait un rapport sur les exactions de l'armée de Kagamé en RDC. Il évolue à 4 millions le nombre de morts de ce conflit.

Jusqu'ici quelques voix éparses s'étaient élevées contre Kagamé. S'il s'agissait de Français, on les accusait de vouloir dissimuler la responsabilité de Paris dans le génocide. Il était plus
problématique de faire ce reproche à la justice espagnole qui lance les mêmes accusations, à Carla Del Ponte, Emma Bonino ou Boutros Boutros Ghali, qui ont depuis longtemps souligné la
responsabilité de Kagamé.

Il devient plus difficile aujourd'hui pour Kagamé d'évoquer le génocide de 1994 pour masquer sa responsabilité dans la suite des évènements.

On peut reprocher à Péan d'être parfois trop systématique, sa démonstration est néanmoins impressionnante et ne peut être balayée d'un revers de main.


Annick Ferauge 31/12/2010 14:05


Monsieur,
Je pense que les "juifs belges" (bien que selon moi, on ne peut parler "des juifs belges", car des juifs ne sont pas tous les juifs, etc.... donc il faut dire quels juifs.....) ne se sont opposés
officiellement, chez Mme Milquet,(d'après le journal Le Soir) que du fait que l'on voulait enlever la spécificité de la Shoah (je rappelle que cette négation selon Mr le juriste Englebert au débat
de l'ULB a dit que cela ne concernait que "les chambres à gaz"). Il n'est pas certain qu'ils veuillent s'opposer à l'extension de la loi, comme en témoigne par ailleurs la position affichée sur son
blog par Mr Goldma, à qui j'ai répondu ce qui suit.
D'autre part, rappelons que Mr Bricmont a signé la pétition avant que d'autres la signent, et que dire que "on ne signe pas avec n'importe qui", ou refuser pour ce motif de signer ensuite, me
semble quelque peu "élitiste" pour ne pas dire autre chose. Merci pour votre expression toujours utile à la démocratie.
Note: aucun des destinataires (upjb, etc...) n'a répondu. Qui ne dit mot consent?
A.F.
A Henri Goldman et d'autres(suite à parution sur son blog: "on peut tout signer mais pas avec n'importe qui")
Lorsqu je t’ai demandé, il y a quelques années, suite à ta parution sur Mugabe, si tu pourrais faire un article sur le rwanda, tu m’a répondu que tu n’y connaissais rien et que tu ne connaissais
personne qui s’y connaisse.
Très bien, que dire contre ?
Aujourd’hui (hier en fait puisque ce billet date du....) tu écris que tu soutiens l’étendue de la loi antinégationniste au génocide des Tutsi.
Dans un sens, tu prouves par là que, en effet, tu n’y connais rien. Alors je te le rappelle : tout d’abord, il s’agit de parler de ce qui est reconnu internationalement : à savoir « le génocide
rwandais ».
Ensuite, si tu n’y connais rien, pourquoi dis tu (écris tu) que tu es pour son assimilation au seul génocide qui pour certains corresponde à la définition de Mr Kotek et sous jacente à la
définition juridique, à savoir « un génocide constitue un crime d’état », autrement dit, un état a tué ou fait tuer ses nationaux.
J’ai le regret de vous dire, à toi et à l’upjb, (dont j’ai apprécié les idées et le courage concernant l’orient), que sur le Rwanda, sciemment ou pas, vous vous êtes trompés.
Plutôt, vous avez été trompés par Yolande Mukagasana (et compagnie Survie, Tribord, etc....). Je cite Onana concernant Yolande.....

Comment vous, laïcs revendiqués, pouvez vous cautionner le salmigondi qui suit (texte Tribord), car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le chef de certains Tutsi (ou pas Tutsi qu’importe) qui
prétendent vous ressembler : joindre des alliés, établir des stratégies, calquer vos façons d’agir et de vous rassembler en communauté, pour finalement, faire partie de la vôtre.

J’en prends comme exemple la prêche « génocide » dans les écoles par le biais de ACS payés, décernés par la communauté française, qui selon moi, a repris des postes au réseau catho pour en faire
bénéficier ce lobby associé (2 offres d’emploi diffusée au nom du CCLJ et reprises par le réseau Idée l’an dernier mais les postes existaient déjà quand j’ai quitté l’UPJB. On voyait par ailleurs à
l’époque le MRAX et son président R.B. rallier le CCLJ au détriment de l’UPJB initiatrice du rapprochement et du flambean « génocide des Tutsi ». Je nous vois encore tous réunis et les saluts polis
avec les Zomerstajn et Radouane, place Royale, en .....

En ce temps là, je travaillais à l’UPJB, j’ignorais tout ou presque du Rwanda et de ces horreurs que j’ai découvertes depuis avec presque incrédulité.
Mais ce dont je me souviens qui m’a frappé ce jour-là (j’étais venue avec H. et M.Wajnblum en voiture après le boulot), c’est la richesse affichée des manifestants, leurs vêtements et bijoux qui
n’avaient pas de commune mesure avec ma propre tenue. Je me suis dit, je m’en souviens, car cela ne m’est pas arrivé souvent, que je manifestais ou plutôt me joignais (puisque j’ignorais tout de la
réalité de ce sujet) à des personnes bien plus aisées que moi et honnêtement je me suis dit que ce n’était pas normal (dans mon subconscient ?).

Après mon départ UPJB, Mehmet Koksal (rencontré dans des réunions « ouvertes » dans le cadre élargi de mon travail) s’est adjoint à votre comité de rédaction « Points critiques », et ensuite,
horreur, j’ai lu l’article qu’il avait osé écrire (sur commande de qui, je ne le sais toujours pas) dans la Revue Nouvelle : « un négationnisme presque parfait ».
C’était terrifiant, le titre avait déjà tout dit pour qui connaît le sujet, ce qui était mon cas, depuis environ deux ans que j’apprenais à le connaître par rencontres, lectures,etc.....
Lorsque j’ai croisé Mehmet, je n’ai pas souhaité le saluer, il est donc venu à moi, au palais de justice, en 2006, lorsque j’accompagnais l’enregistrement d’un parti aux élections.
Il m’a demandé pourquoi je l’évitais, je lui répondis que c’était pour lui épargner ma colère car je ne pouvais saluer quelqu’un qui avait oser écrire pareil article. Lui demandant s’il s’y
connaissait pour écrire cela, il répondit : tu as lu, tout est là. J’ai dit : « oui, tu n’y connais rien ».
A.F. 20/12/2010


pierre verhas 31/12/2010 14:43



Madame,


J'ai bien lu votre commentaire. J'ai déjà écrit ailleurs et sur le blog de Henri Goldman que je suis quasi convaincu que le Rwanda a vécu en 1994 un double génocide. J'y fais allusion dans ma
lettre à Jean Brucmont. Mais ce n'est pas son sujet principal. Cette opinion fait suite aux réflexions que vous m'avez faites lors de notre rencontre il y a quelques mois et qui m'a amené à
revoir ma position sur le sujet.


Autant, je suis partisan comme M. Bricmont, de l'abrogation des lois mémorielles. Le débat suscité par les génocides rwandais en est la démonstration. Autant, je m'inquiète de fréquentations
douteuses entre la mouvance altermondialiste et pro-palestinienne, en gros la "gauche de la gauche" dont je me revendique et des personnages sulfureux qui desservent la cause essentielle de la
lutte contre l'oppression et l'exploitation.