Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 17:22

La disparition de Marie-France Pisier, une des plus belles actrices de ma génération, femme forte, au talent exceptionnel, de grande classe, m’amène une réflexion. Elle avait cette rare sagesse d’écraser la vulgarité en toute sérénité.

 

 

 

Marie-France-Pisier.jpg

                                  Marie-France Pisier : le symbole de la

                                                  résistance de notre temps

 

 

 

La vulgarité est la plaie de notre temps. Elle envahit tout : l’art, la littérature, la politique.

 

Chacun se souvient du fameux « détail » sur les chambres à gaz des camps d’extermination prononcé par un rustre. Ce fut sans doute l’expression la plus vulgaire formulée depuis longtemps. Je connais un couple d’enfants cachés. J’ai pensé à eux, en ce moment. Quelle blessure profonde cette parole a réveillée en eux et en bien d’autres ! Ces enfants cachés ont une certitude : leurs parents sont morts. Le reste n’est que suppositions : où ont-ils disparu ? Comment sont-ils décédés ? De mort violente ? De maladie ? De faim ? Ont-ils souffert ? Qui les a tués ? Où se trouvent leurs dépouilles ? Et combien d’autres questions dont les réponses sont éparpillées dans un brouillard qui ne se dissipera jamais.

 

Alors, pourquoi blesser ? Sans doute par haine, sûrement par mépris. Aujourd’hui lui succède cette femme sans tenue, mal soignée, au regard furtif et pourtant populaire, ambitionnant la plus haute charge. Son géniteur lui a transmis sa vulgarité. Elle emballe mal ses propos du langage mal maîtrisé de la modération. Plus subtile, elle sait tirer avantage de ses provocations dictées aussi par la haine et le mépris.

 

Il y a ce président à l’insulte facile et aux nerfs fragiles, incapable de cohérence et de ténacité. Il y a ce premier ministre pratiquant l’orgie, pillant l’Etat et, pire, répandant par les médias qu’il a volés, une non-culture destinée à salir le beau. Ne sont-ce les pires outrages que faire de la femme un simple objet de plaisirs éphémères, que voler la culture à tous, que faire de la cupidité la valeur suprême ?   

 

La vulgarité rassemble ces gens-là. Mais leurs trônes vacillent.

 

Le peuple dont ils prétendent être proches, déteste la vulgarité. Il aspire à son élévation matérielle car il n’y a pas de liberté sans le bien-être que ces gens veulent leur ôter. Il aspire à la culture, car il n’y a pas de liberté sans savoir, et cette classe d’ignorants prétend détenir le savoir pour son seul usage. Il aspire enfin à la dignité qu’ils veulent leur voler.

 

Marie-France Pisier, femme engagée, combattait la vulgarité avec l’arme qu’elle méritait : la dignité. Elle est désormais le symbole de la résistance de notre temps.

 

Pierre Verhas

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires