Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
  • Contact

Recherche

21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 21:32

Le courage ne paye pas au PS.

 

La députée européenne socialiste belge Véronique De Keyser connue pour son courage politique et personnel, réelle militante de l’humanitaire. Elle n’est pas du genre à se faire photographier les pieds dans l’eau, portant des sacs de riz. Elle va sur le terrain là où cela se passe. Elle était entre autres à Gaza lors de l’opération « plomb endurci ». Elle a relancé l’enquête sur l’assassinat en 1950 du député président du Parti communiste belge de l’époque, Julien Lahaut. Elle vient de publier un livre sur l’injustice subie par les Palestiniens, avec comme coauteur, feu Stéphane Hessel.

 

 

 

 Véronique De Keyser

Véronique De Keyser s'aperçoit que le courage ne paye pas au PS !

 

 

Bref, Véronique De Keyser ne cache pas des convictions bien ancrées. Elle vient de le prouver une fois de plus. Mais cette fois-ci, cela pourrait lui coûter très cher. La députée européenne se trouvait il y a une dizaine de jours au Liban pour se rendre compte de la situation humanitaire des réfugiés syriens qui ont fui les atroces combats qui s’y déroulent. Véronique De Keyser estime qu’il faut absolument mettre en place un couloir humanitaire. Des Syriens qu’elle a rencontrés lui proposent d’aller en Syrie voisine et de rencontrer Bachar El Hassad. Elle accepte à la condition que cette entrevue ne fasse pas l’objet de publicité, qu’il n’y ait pas de photographes et pas de poignée de main.

 

La rencontre a lieu. Elle semble avoir donné des résultats. Elle a déclaré à l’agence Belga (l’AFP belge) : « J’ai beaucoup hésité quand on m’a proposé de rencontrer le président Al-Assad, c’est une responsabilité personnelle et politique assez lourde », reconnaît-elle, mais «  quand on va en Syrie, on va ou du côté des rebelles, ou du côté gouvernemental ».

 

 

Après avoir parlé avec l’UNRWA et l’Unicef, notamment sur la situation humanitaire de la population syrienne, l’eurodéputée a « longuement » parlé avec la ministre syrienne des Affaires sociales. Elle a ensuite rencontré le président Bachar Al-Assad. « Nous sommes revenus sur l’ampleur des groupes terroristes qui se mêlent à l’opposition régime syrien et prennent parfois aussi en otages les habitants en refusant aux organisations humanitaires l’accès aux populations. »

 

 

Le président syrien « n’est pas accroché au pouvoir, mais il dit ne pas pouvoir partir maintenant » et renvoie aux élections de 2014. L’eurodéputée a abordé plusieurs dossiers à la demande des organisations humanitaires, mais n’a parfois reçu que « des réponses partielles ».

 

 

Bachar Al-Assad « est extrêmement content de l’accord russo-américain » sur les armes chimiques et « travaille à une issue politique au conflit ».

 

 

Véronique De Keyser lance un signal d’alarme : «  l’état humanitaire va faire plus de victimes que la guerre ». « Il faut que l’Europe ouvre un peu plus ses frontières. Je suis assez fière de ce qu’on fait là-bas, mais ça reste très en-dessous des besoins ».

 

Patatras ! Le PS belge n’est pas d’accord. Elle n’avait pas à rencontrer Bachar. Streng verboten ! En effet, cela n’est pas conforme à la ligne atlantiste adoptée en catimini par ce Parti. Et tant pis pour les efforts de l’eurodéputée de Liège.

 

Mais, il y a autre chose. Les instantes dirigeantes du PS cherchent depuis longtemps à se débarrasser de la bouillante liégeoise qui en fait vraiment trop à sa tête et qui, par respect de ses convictions profondes, est incapable d’avoir le doigt sur la couture du pantalon.

 

Et le Parti pousse une autre candidate qu’il doit recaser après plusieurs couacs, Marie Arena, ancienne ministre qui n’a pas laissé de très bons souvenirs, ex-binchoise – les Gilles n’en voulaient pas –, ex-chimacienne – pour les mêmes raisons –  et actuelle bruxelloise où sa popularité n’est pas au top des sondages.

 

Au PS, le courage ne paye manifestement pas !

 

Les entreprises publiques belges à la dérive

 

L’affaire Snowden est en train de faire des victimes en Belgique. « On » découvre tout à coup que Belgacom s’est fait pirater par des logiciels espions. On soupçonne d’abord la NSA. Non. Ce n’est pas elle. Ce serait trop facile. Les coupables sont les services secrets britanniques. James Bond met son nez dans les télécommunications du royaume de Belgique ! Horresco referens ! On ne sait pas très bien ce qui a été espionné (la Commission européenne dont le siège est à Bruxelles, disent certains, mais ce n’est pas établi).

 

Le CEO de Belgacom, Didier Bellens, est déjà sur la sellette. Il avait déjà fait quelques sottises qui n’avaient pas du tout plu au ministre de tutelle, le socialiste liégeois Jean-Pascal Labille. Et en plus, vient se greffer cette sombre histoire d’espionnage informatique qui prouve que la protection du principal opérateur télécom belge ne vaut pas tripette. Conférence de presse commune entre le ministre et le (toujours…) patron de Belgacom, où les explications sont plutôt confuses.

 

 

 

 Labille-en-Bellens

Jean-Pascal Labille, ministre des entreprises publiques et Didier Bellens, CEO de Belgacom. Ces deux là ne s'apprécient guère !

 

 

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, on apprend que le mandat du président du Conseil d’administration de Belgacom, Michel Moll – étiqueté MR, libéral francophone – n’est pas reconduit. C’est qu’on a « découvert » que notre bon M. Moll était en plus de sa présidence de Belgacom, consultant pour l’entreprise chinoise Hunwei – soupçonnée d’espionnage par la CIA, le Congrès américain et la Sûreté de l’Etat belge, rien que ça ! – qui a remporté un contrat de plusieurs millions d’Euros avec Belgacom en 2009. L’hebdo « Marianne – Belgique » estime que Michel Moll qui jure qu’il n’est pour rien dans ce marché, aurait touché 950.000 Euros de Huawei. En outre, on sait que Michel Moll et Didier Bellens sont très proches.

 

Et last but not least, on apprend que Didier Bellens aurait vendu pour 3,2 millions d’Euros d’actions Belgacom qu’il détenait comme CEO dans le cadre des fameux stocks options. Le patron (encore) en titre n’aurait-il plus confiance dans l’entreprise qu’il estime diriger de main de maître ? Les rats quitteraient-ils le navire ?

 

Autre chose : l’ex président de la SNCB, Michel Descheemaecker (étiqueté libéral flamand), qui va prendre la direction de Brussels Airport, a comparé sur Facebook le ministre de l’économie, le socialiste flamand Johan Van de Lanotte à Marlon Brando dans le rôle du « Parrain ». Descheemaecker est un homme qui semble très bien s’y connaître en matière de mafia.

 

 Michel Descheemaecker

Michel Descheemaecker, ex calamiteux président de la SNCB, traite le ministre Van de Lanotte de mafieux. Il doit s'y connaître !

 

 

Ce sinistre cirque démontre, si c’est encore nécessaire, que la calamiteuse loi de 1991 sur les entreprises publiques qui a, en quelque sorte « semi » privatisé les services publics de la Poste, des Télécommunications et des Chemins de fer ne fonctionne pas.

 

 

Il est plus que temps d’en revenir à la notion de service public. Ces derniers événements montrent que c’est loin d’être « ringard ».

 

 

Les fachos ont le vent en poupe.

 

 

Les tergiversations de l’UMP en France, l’attentisme du PS au pouvoir qui n’a l’air de se rendre compte de rien, montrent que le Front national a le vent en poupe. Un Fillon, ancien premier ministre de Sarkozy, qui est prêt à laisser passer des candidats FN au second tour, les divisions du parti qui n’a même plus le nom de gaulliste, liquidé par les fraudes de Sarkozy, la présidence chaotique de François Hollande, la nullité d’un Harlem Désir qui ne contrôle pas son parti ouvrent un boulevard à la formation de Marine Le Pen.

 

 

 

 marine-le-pen.jpg

Marine Le Pen, toute à sa joie, tire la langue. Elle a de quoi être heureuse !

 

   

Des sondages montrent que le parti fondé par l’homme du « détail de l’histoire » pourrait  battre le PS, parti majoritaire au pouvoir, aux élections européennes. Le FN pourrait emporter de grandes villes comme Nice et Marseille et plusieurs villes moyennes, tout en s’implantant dans les zones rurales, aux prochaines élections municipales.

 

 

 AubeDoree.jpg

Démonstration d'Aube Dorée. Un danger mortel !

 

En Grèce, le parti néo-nazi « Aube dorée » a commencé à répandre le sang. Il représente un danger quotidien pour les Grecs en s’imposant par la violence. Et n’oublions pas la Hongrie de Viktor Orban qui a instauré un régime autoritaire fascisant dans le pays des Magyars.

 

La Commission européenne qui est si à cheval sur les dérives des Etats-membres est bien silencieuse sur cette montée en force de l’extrême-droite en Europe. Pourtant, elle porte une lourde responsabilité, notamment en Grèce, via la fameuse « troïka » qui a détruit ce pays et par sa passivité à l’égard de la Hongrie, en dépit des Traités européens qui l’obligeaient à réagir. Et la certaine réélection d’Angela Merkel pourrait imposer encore plus de rigueur à des pays déjà exsangues.

 

Et, pire encore, nous en parlerons bientôt, le déclin industriel de l’Europe qui est la conséquence de ces politiques suicidaires entamées il y a près de trente ans, ne fera qu’accentuer ce phénomène.

 

On dirait vraiment qu’on le cherche !

 

Pierre Verhas

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pierre verhas
commenter cet article

commentaires