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  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 21:49
 IL FAUT LANCER UNE SOUSCRIPTION PUBLIQUE POUR REALISER L'ENQUETE SCIENTIFIQUE SUR L'ASSASSINAT DE JULIEN LAHAUT !

Une fois de plus, la droite réactionnaire a frappé en Belgique. Une commission d'enquête parlementaire a été constituée pour connaître la vérité sur une des pages les plus obscures de l'histoire de la Belgique et de la Wallonie en particulier : l'assassinat du député communiste Julien Lahaut survenu en 1950 quelques jours après la prestation de serment de Baudouin Ier qui succéda à son père Léopold III qui dut abdiquer. C'était la fameuse "affaire royale".

Cette commission a estimé qu'un organisme indépendant (le CEGES, Centre d'études de la Seconde guerre mondiale) était le mieux à même de lui fournir les informations nécessaires sur cette tragique affaire. Lors de la confection du budget 2010, la ministre MR de la Politique scientifique, Sabine Laruelle, a refusé d'octroyer les crédits nécessaires à cette enquête, sous prétexte d'économies budgétaires. Il est clair que cette enquête effectuée par un organisme indépendant pourrait découvrir certaines vérités qui quasi soixante années après les événements, pourraient indisposer l'establihment belgicain et la monarchie en particulier.

L'initiative d'une souscription publique pour financer cette recherche,  prise par la Députée européenne PS Véronique De Keyser est particulièrement bienvenue. Finalement, c'est à nous les citoyens de faire en sorte que cette enquête ait lieu. Ce serait une fameuse leçon de démocratie à ces Messieurs Dames de l'establishment.



Véronique De Keyser, Députée européenne, Conseillère communale de Liège est scandalisée par le refus de mener à bien l'enquête sur l'assassinat de Julien Lahaut. Ne pouvant accepter cet état de fait, Véronique De Keyser va lancer une souscription publique afin que cette enquête puisse malgré tout être menée et dévoile enfin la vérité. Véronique de Keyser qui, en juin dernier, avait conduit son 1er " Circuit des Libertés" avait précisément choisi comme point de départ la tombe de Julien Lahaut. Elle s'était rendue ensuite au monument aux victimes de Grâce-Berleur, puis à Quaregnon et enfin à Bande, là où les résistants furent massacrés en 1944. Lieu doublement hautement symbolique puisque son père y sauta sur une mine et fut déchiqueté. "L'annonce du refus de débloquer les budgets pour une étude scientifique sur l'assassinat du Député communiste Julien Lahaut en 1950 est inacceptable. C'est de l'obscurantisme, du négationisme. C'est vouloir à nouveau mettre sous le maillet une enquête qui dérange. C'est pourquoi j'ai décidé de lancer une souscription publique afin de permettre aux citoyens, aux démocrates de faire réaliser eux-mêmes cette enquête qu'on nous refuse. La vérité doit enfin éclater et l'inquisition et le secret, voire d'Etat, n'ont pas leurs places en démocratie..."

Véronique De Keyser Députée européenne

veronique.dekeyser@europarl.europa.eu

Qui était Julien Lahaut ?




Ouvrier à 14 ans, militant syndical à 18 ans, Julien Lahaut est renvoyé suite aux grèves de 1902. Il se retrouve au Val Saint-Lambert où, avec J. Bondas, il fonde un nouveau syndicat de métallurgistes, Relève-toi (1905), qui deviendra la Centrale des Métallurgistes. Secrétaire permanent élu par ses camarades ouvriers (1908-1921), il lutte pour obtention du suffrage universel.

Engagé volontaire lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est versé dans les auto-canons et envoyé sur le front russe, à l'instar de Marcel Thiry. Il y vivra la Révolution russe. A peine rentré (1918), rempli des idéaux communistes et convaincu de la nécessité d'affilier son parti, le POB, à la IIIème Internationale de Lénine, il se retrouve à la tête des mouvements sociaux revendiquant des améliorations salariales et de conditions de travail.

Exclu de sa centrale syndicale et du POB (1921), Lahaut fonde les Chevaliers du Travail, point de départ de la future Centrale révolutionnaire des Mineurs, et adhère au PCB (1923). Opposé à la montée du fascisme et du nazisme dès 1933, il se lance dans la lutte en faveur de l'Espagne républicaine (1936). Député (1932-1950), secrétaire général du PCB, il s'occupe également du quotidien La Voix du Peuple.

Résistant, il jette les bases de l'Armée belge des Partisans. Opposant clandestin mais aussi opposant public, il contrecarre les visées de Degrelle (janvier 1941) et mène la grève des 100.000 (mai 1941) : tout le bassin industriel liégeois est immobilisé. Quand Hitler lance l'offensive contre l'URSS et donc contre le communisme, Lahaut est arrêté (1941). Il tente de s'échapper à quatre reprises puis est déporté au camp d'extermination de Mauthausen (1944-1945). Après 48 mois de captivité, il revient très affaibli. Mais sa popularité et son idéal n'ont pas été atteints. Il est porté à la présidence du PCB (11 août 1945).

Dans l'Affaire royale, il est au premier rang de l'action wallonne contre le retour de Léopold III. Le 11 août 1950, au moment où le prince royal va prêter le serment constitutionnel devant les Chambres réunies, un vibrant Vive la République ! éclate. On l'attribue à J. Lahaut. Le 18 août, deux tueurs abattent, devant sa maison, celui qu'un comte polonais qui partagea sa captivité appelait L'homme qui portait le soleil dans sa poche et en donnait un morceau à chacun.

Pour une biographie plus complète, on se reportera à la notice qui lui est consacrée dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon, sous la direction scientifique de Paul Delforge, Philippe Destatte et Micheline Libon, Charleroi, 2000, tome 2, p. 906-907.


(Source : Institut Jules Destrée)

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Published by pierre verhas
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