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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 10:21

  

 

Voici un mot de notre ami Bernard Gensane paru sur son blog ( http://bernard-gensane.over-blog.com/ ). Aujourd’hui que le tortionnaire argentin Videla est mort, voici un aspect peu connu des procédés de ces dictateurs soutenus et protégés par la « grande démocratie », le « pays de la liberté », à savoir les Etats-Unis.

 

Au passage, on s’apercevra de l’exploitation que l’on fait du football qui est devenu aujourd’hui l’enjeu sordide de la basse politique et du fric sale.

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

Lors de la Coupe du monde de football de 1978 en Argentine, le pays hôte s’est qualifié miraculeusement par un 6 à 0 face au Pérou. Cette victoire écrasante a toujours parue suspecte à beaucoup. Mais l’important est que, pendant que l’équipe trouvait le chemin des filets adverses, la dictature torturait et tuait sans répit.

 

 

 foot_argentine.jpg

Une vaste campagne pour le boycott de la Coupe du monde de football en Argentine ne donna pas l'effet escompté : le fric en a décidé autrement.

 

 

En 1978, le Pérou subit la dictature militaire du général Francisco Morales Bermudez. Il est très vraisemblable que Videla et lui ont scellé un pacte de mort : l’équipe péruvienne prenait une déculotté (les Argentins devaient gagner par quatre buts d’écart pour se qualifier en demi-finale) et Videla s’occupait d’éliminer treize ressortissants péruviens opposés à la dictature.

 

 

 Videla.jpg

Videla recevant l'hostie : l'alliance du fric, du sabre et du goupillon est toujours sanglante.

 

 

Selon l'ancien sénateur péruvien Genaro Ledesma Izquieta, Buenos Aires s’était engagée, en échange de la victoire, à accueillir ces opposants puis à les faire disparaître au cours d'un “ vol de la mort ”. C’était la première fois que le Pérou rejoignait les régimes qui collaboraient – au sein de l’opération Condor  – avec les régimes qui éliminaient leurs opposants politiques (Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Brésil et Bolivie).

 

Capturés pour avoir participé à la grève générale qui parvint à mettre un terme à la dictature péruvienne en mai 1978, les treize opposants péruviens furent emmenés par la force en Argentine par avion militaire. À San Salvador de Jujuy, on les obligea à demander l’asile politique, ce qu’ils refusèrent. Ils furent transférés, toujours par la force, à Buenos Aires et jetés en prison. Le gouvernement de Videla finit par accepter de les libérer à condition que la France paye les frais occasionnés par cette libération !

 

La victoire footballistique miraculeuse survint après des pressions exercées contre les footballeurs péruviens, mais aussi après l’envoi au Pérou d’un chargement de 14 000 tonnes de grain argentin.

 

En 1986, lors de la Coupe du monde au Mexique, Maradona sera aidé par dieu lui-même qui lui accordera de pousser le ballon à la main (« la mano de Dios ») au fond des filets anglais. Ce qui était tout de même plus urbain que les menées des crapules galonnées.

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Published by pierre verhas
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