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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 20:29

 

Tout est dit  dans ce splendide court-métrage de Ken Loach

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xghdk_11-septembre-ken-loach_news

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 20:36

 

« Uranopole » ne s’est pas exprimé sur la Syrie depuis l’appel du 27 août dernier de François Hollande à une intervention militaire suite à l’usage d’armes chimiques sur des populations civiles par l’armée de Bachar El Assad, ou par les rebelles.

 

Le lecteur devine notre point de vue à ce sujet et l’exprimer pour le moment n’aurait qu’un intérêt limité, car cela n’apporterait rien sinon l’expression aussi vaine que gratuite d’une bonne conscience. Cependant, nous ne pouvons que nous réjouir de la prise de position quasi unanime de l’opinion publique tant étatsunienne qu’européenne contre ce projet d’intervention, à l’exception risible de quelques prétendus intellectuels va-t-en guerre.

 

Le blog « Uranopole » a publié il y a un an l’analyse d’Alain Chouet, ancien officier des services secrets français et spécialiste du Proche Orient (http://uranopole.over-blog.com/article-syrie-un-conflit-dangereux-et-mal-connu-109583750.html). Elle permet encore aujourd’hui de mieux comprendre la nature de cette situation aussi dramatique que complexe.

 

Pour nous exprimer à ce sujet, nous estimons qu’il faut attendre le vote du Congrès américain qui donnera ou non le feu vert à l’intervention militaire américaine souhaitée par le président Obama. Les paris sont ouverts : qui de l’opinion ou du complexe militaro industriel emportera la partie ?

 

Ce vote aura une importance primordiale pour l’avenir des relations internationales et aussi – et surtout – pour celui des peuples du monde, car en cas de refus du Congrès, ce serait la première fois que l’Etat profond américain subirait une défaite. Wait and see comme disent nos amis anglo-saxons.

 

En attendant, nous proposons à nos lecteurs cette lettre ouverte aussi impertinente qu’emplie de pertinence  de Pierre Charasse, ancien diplomate, adressée au Président François Hollande, publiée par « Mediapart » et le site « Le Grand Soir ».

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

Pierre_Charasse.jpg

 

Pierre Charasse n'use pas de la langue (de bois) diplomatique sur la Syrie.

 

 

Syrie : la lettre d’un ancien ambassadeur de France à François Hollande


Pierre Charasse

Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur [1], notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne. Pierre Charasse tient le blog La Tour de Babel (http://latourdebabelworldpress.com/).

 

 

Mexico, le 2 septembre 2013

 

Monsieur le Président de la République

Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une intervention militaire chirurgicale en Syrie.

 

 

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

 

 

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu’ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

 

 

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

 

 

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

 

 

 

colin-powell-anthrax-irak.jpg

Tout le monde a en mémoire la sinistre mascarade à laquelle s'est livrée Colin Powell à l'ONU en 2003 pour prétexter une attaque de l'Irak.

 

 

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre, et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

 

 

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

 

 

 

Chambre_communes.jpg

David Cameron n'a pas réussi à convaincre la Chambre des communes. Obama réussira-t-il devant le Congrès américain ?

 

 

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront la bonté de laisser aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

 

 

Après cette victoire pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

 

 

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

 

 

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses. Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

 

 

 

charles_de_gaulle_porte_avions.jpg

 

Le porte-avions "Charles de Gaulle" aura fort à faire, s'il n'est pas immobilisé à Toulon !

 

 

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur, serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction des moyens du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

 

 

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

 

 

« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

 

 

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Petersbourg de changer de cap pour mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

 

 

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

 

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

 

 

Pierre Charasse, Français de l’étranger, contribuable et électeur.

 

[1Pierre CHARASSE  Né en 1948 Diplomate de carrière de1972 à 2009

A occupé différents postes dans les Ambassades de France en Union Soviétique, à

Guatemala, à Cuba (1973-1983), au Mexique (1989-1993). Conseiller technique au

cabinet de Claude Cheysson, Ministre des Relations Extérieures et Pierre Joxe,

Ministre de l’Intérieur (1984-86). Consul Général à Naples (1986-1989), Barcelone

(1996-2000). Ambassadeur en Uruguay (1993-1996), au Pakistan (2003-2005) et au

Pérou (2005-2008). Ambassadeur Itinérant chargé de la coopération Internationale

contre la criminalité organisée et la corruption (2000-2003). Chef de la délégation

française à la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes

légères (2000-2001), au Xème Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime

et la justice pénale (2001), à la Commission des Stupéfiants (2001-2002). Secrétaire

Général de la Conférence ministérielle “Les routes de la drogue de l’Asie centrale à

l’Europe” (2003). Observateur du Gouvernement français au 1er et 2ème “Forum

Social Mondial” (Porto Alegre). Membre du Conseil des Affaires Etrangères (2008-

2009) 

 

A effectué de nombreuses missions officielles en Europe, Asie, Afrique et Amérique

latine. 

 

Activités privées: 

 

Membre du Conseil d’administration de la Maison de l’Amérique Latine (Paris)

Vice-président de l’Observatoire Géopolitique des criminalités (Paris)

Membre-associé du Consejo Mexicano de Asuntos Internacionales-COMEXI (Mexico)

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 10:41

 

Nos lecteurs savent que ma position sur le voile islamique est claire. Je suis opposé à son interdiction dans les écoles secondaires, supérieures et dans les établissements publics, car je considère qu’elle est une atteinte à la liberté de conscience.

 

Les arguments des féministes comme quoi le voile est le symbole de  l’infériorisation de la femme, qu’il serait discriminatoire, qu’il constitue une contrainte, ne tiennent pas. Il suffit de voir autour de soi dans les villes occidentales. Les femmes portant le voile le font par tradition ou par dévotion. Des jeunes filles le portent parce que cela se fait, ou parce que c’est leur conviction.

 

Ce bout de tissu qui fait l’objet de tant de polémiques ne provoque en réalité aucun trouble dans notre société, sauf de la part de celles et de ceux qui le veulent ou qui ne tolèrent pas l’expression d’autres religions.

 

Si la liberté de ports de signes religieux ou « convictionnels » (un de ces néologismes euphémisés dont nos médias sont friands pour diluer la réalité) doit être défendue, la liberté d’exprimer d’autres convictions doit l’être avec autant de vigueur.

 

Depuis quelques mois, dans les pays qui ont connu ce qu’on a appelé le « printemps arabes », les nouveaux pouvoirs fortement islamisés non seulement installent une société patriarcale, où les règles religieuses se substituent aux lois civiles, où la liberté de conscience est bafouée.

 

La liberté de conscience ne se partage pas. Autant, nous ne pouvons tolérer les atteintes à la liberté d’expression religieuse ; autant les interdits religieux de l’expression laïque, agnostique, athée sont inacceptables.

 

Dans les pays dominés par des partis islamistes, nous assistons, à peine un an après leur prise de pouvoir par la voie électorale, à de graves atteintes aux droits de l’homme et à la liberté de conscience. Les femmes en sont les premières victimes, car le fanatisme les vise au premier chef. Mais il y a aussi des hommes qui sont traqués, emprisonnés pour le simple motif d’avoir exprimé leur désapprobation, ou pire, leur athéisme !

 

Et curieusement, tous ceux qui militent pour la liberté religieuse – entre autres pour la liberté du port du voile – sont silencieux sur ces cas.

 

 

Il n’y a pas deux poids, deux mesures : la liberté de conscience ne se partage pas ! Elle est universelle ou n’est pas !

Ainsi, il y a actuellement le cas d’un jeune Tunisien, du nom de Jabeur Mejri, condamné à sept ans et demi de prison en première instance, puis en appel, pour avoir exprimé son athéisme sur Facebook !

 

Inutile d’épiloguer suer l’absurdité et l’ignominie de cette condamnation. Le peuple tunisien qui a mené une splendide révolution pour se débarrasser du dictateur Ben Ali, a conduit au pouvoir le parti Ennadah, parti islamiste « modéré », grâce à un scrutin qui lui a donné une majorité relative. À l’époque, la « grande » presse européenne évoquait un parti similaire aux partis démocrates chrétiens d’Europe occidentale et fustigeait toute inquiétude à cet égard. Aujourd’hui, on sait ce qu’il en est !

 

Ce pouvoir montre son vrai visage et pose une chape de plomb sur le peuple tunisien dans la totale indifférence de l’Europe.

 

Cependant, des signes de résistance existent et on peut raisonnablement espérer que le peuple tunisien chassera un jour ou l’autre ses nouveaux oppresseurs. Mais, pour cela, il faut l’encourager et l’aider.

 

Aussi, j’appelle les lecteurs du blog « Uranopole » à signer cette pétition parue sur Avaaz pour la libération de Jabeur Mejri.

 

Signez et faites signer la pétition pour la libération de Jabeur Mejri

 

 

Libérez Jabeur Mejri !

 

Cette pétition se trouve sur le Site de Pétitions Citoyennes d'Avaaz -- elle s'intitule "Libérez Jabeur Mejri, jeune Tunisien en prison pour délit d'opinion"


« Nous pensons qu'ensemble nous pouvons agir pour la défendre. Notre objectif est de recueillir 50.000 signatures (et non pas 100 comme indiqué par erreur dans la pétition). Nous avons besoin de votre aide pour y parvenir. L’information peut  aussi  être mise sur Facebook. Parlez-en autour de vous et faites-en prendre conscience vos enfants adolescents!


La pétition, qui ne peut être exprimée techniquement dans plusieurs langues à la fois, est adressée à M. Marzouki, le président de la république tunisienne et à Mme. Ashton, haute représentante du Service d’Action Extérieure de l’Union européenne. »

Pour en savoir plus et signer la pétition, cliquez ici:


http://www.avaaz.org/fr/petition/Liberez_Jabeur_Mejri_jeune_tunisien_en_prison_pour_delit_dopinion//?launch

 

 

La liberté de conscience est un combat sans relâche. C’est l’avenir de notre société et ce sont nos valeurs qui sont en jeu.

 

Pierre Verhas

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 20:36

 

 

L’informaticien belge, Lionel Dricot, le représentant du « Parti Pirate » en Belgique qui s’est présenté aux élections communales d’octobre 2012 où il a obtenu 3,42 % à Tournai et a manqué de 14 voix un siège à Ottignies-Louvain la Neuve, est connu pour prôner la transparence et la liberté sur la « toile ».

 

 

 

lionel_dricot.jpg

Lionel Dricot dit "Ploum", compagnon de la libération numérique

 

 

 

Dricot qui signe souvent sous le pseudonyme de « Ploum » considère que l’on n’a pas encore la culture Internet, qu’on l’utilise mal, qu’on ne comprend pas encore la potentialité de cet outil qui peut nous apporter énormément et révolutionner la manière de communiquer entre nous et de changer la société au-delà des clivages et des frontières.

 

 

Ce qu’il appelle la « génération numérique » se développe et constitue un défi à la société traditionnelle et surtout à la classe dirigeante qui y perçoit un danger majeur. Celle-ci fait tout pour empêcher la culture numérique de se substituer à la communication traditionnelle hiérarchisée, contrôlée, censurée.

 

 

Les affaires Wikileaks – Branning et NSA – Snowden montrent que la classe dominante a déclaré la guerre et remet en question le principe de base de la liberté d’expression. C’est ce qu’explique Lionel Dricot dans cet article paru sur son site et repris par le site « Le Grand Soir ».

 

 

Cet article est une analyse fouillée et pertinente de la part de quelqu’un qui sait de quoi il parle. Il condamne l’usage abusif des lois anti-terroristes qui ont pour réel objet d’entraver l’expression, il craint que la classe dirigeante installe peu à peu une société caporalisée, totalitaire où toutes et tous sont mis sous contrôle permanent et risquent en cas de « dérapage » les pires sanctions.

 

 

Une réserve dans son analyse : si Dricot fait allusion à la crise financière qu’il considère provoquée de toute pièce, il n’inclut pas dans son analyse la dimension économique, le pouvoir colossal des multinationales et des grandes banques internationales.

 

 

S’il est optimiste en pensant que la classe dirigeante finira par être dépassée par le développement du numérique, il ne se rend pas compte que c’est elle qui en élabore la conception et en contrôle l’utilisation. Or, les instruments qu’elle met sur le marché sont destinés à ôter toute autonomie aux utilisateurs. Un exemple : ne voit-on pas que les tablettes numériques qui remplacent peu à peu les classiques PC et autres notebooks font en sorte que l’utilisateur n’aura progressivement plus la possibilité de stocker des données et qu’il sera contraint de les mettre sur le « cloud » dont on ignore qui en a le contrôle. Nul doute que la NSA et autre service de renseignements, eux, le savent ou, pire, en ont ledit contrôle.

 

NSA-Utah.JPG

 

Le siège de la NSA en Utah, l'Etat des Mormons que ce service utilise pour leur connaissance des langues et des informations sur les personnes dans le monde. Ce site contient les ordinateurs les plus puissants du monde. (Keystone)

 

 

De plus, les logiciels « libres » risquent de ne plus être accessibles par ce biais. Bref, la classe dirigeante n’a pas encore dit son dernier mot, loin de là.

 

 

Que cela n’empêche pas le lecteur de prendre connaissance de cette excellente analyse de « Ploum » qui mérite la distinction de « compagnon de la libération numérique ».

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

jeudi 29 août 2013

La première guerre civile mondiale


Lionel Dricot

Chaque jour qui passe apporte son lot de confirmation sur une vérité que beaucoup voudraient ignorer : nous sommes en guerre. Une guerre larvée, relativement calme mais une guerre tout de même.

 

Contrairement à une guerre traditionnelle, une guerre civile n’a pas de front bien tracé, de belligérants clairement identifiables à la couleur de leur uniforme. Chaque camp est partout, au sein d’une même ville, d’un même quartier, d’une même famille.

 

D’un côté, nous avons une classe de pouvoir. Riches, puissants, ils ont l’habitude de contrôler, ils ne connaissent pas le doute. Ils décident et sont intimement persuadés de le faire dans l’intérêt général. Beaucoup, ni riches ni puissants, les soutiennent. Par peur du changement. Par habitude. Par intérêt personnel. Par crainte de perdre certains acquis. Ou par incapacité intellectuelle de comprendre la révolution à l’œuvre.

 

De l’autre, voici la génération numérique. Issus de tous les sexes, tous les âges, toutes les cultures, tous les emplacements géographiques. Ils discutent entre eux, s’échangent des expériences. Découvrant leurs différences, ils se cherchent des points communs en remettant tout en question, jusqu’à la foi et aux valeurs profondes de leurs parents.

 

Cette population a développé des valeurs qui lui sont propres mais également une intelligence analytique hors du commun. Les outils dont elle dispose lui permettent de pointer très vite les contradictions, de poser les questions pertinentes, de soulever le voile des apparences. À travers des milliers de kilomètres de distance, ses membres peuvent ressentir de l’empathie pour tous les humains.

 

Un fossé grandissant

 

Longtemps, j’ai été persuadé qu’il ne s’agissait que d’une question de temps. Que la culture numérique imprégnerait de plus en plus chaque individu et que les plus réfractaires finiraient par disparaître, au fil des générations et du renouvellement naturel.

 

Malgré la popularisation des outils tels que le smartphone ou Twitter, cette fracture ne s’est pas résorbée. Au contraire, elle n’a fait que s’empirer. L’ancienne génération n’a pas adopté la culture numérique. Elle s’est contentée de manipuler aveuglement les outils sans les comprendre, en une parodie désespérée du culte du cargo. Résultats : des musiciens qui insultent leurs propres fans, des journaux dont le site web, envahi de publicités, semble être une copie conforme de la version papier, des jeunes politiciens qui utilisent Facebook ou Twitter comme une machine à publier des communiqués de presse sans jamais tenter de communiquer avec leur électorat.

 

Il y a 40 ans, deux journalistes révélaient au monde que le président de la nation la plus puissante utilisait les services secrets pour mettre sur écoute ses adversaires politiques. Ce travail d’investigation leur vaudra le prix Pulitzer et mènera à la démission du président.

 

Aujourd’hui, des acteurs imprégnés de culture numérique révèlent au monde que le président à mis le monde entier sur écoute ! Qu’il envoie des hommes massacrer cyniquement des civils. Ces révélations leur vaudront 35 ans de prison pour l’un et une traque à travers le monde entier pour l’autre. Le président en question est, quant à lui, titulaire d’un prix Nobel de la paix.

 

La mort du journalisme

 

Contrairement au Watergate, il n’est plus possible de compter sur la presse. Une grande partie des journalistes ont tout simplement cessé tout travail de fond ou d’analyse. Les journaux sont devenus des organes de divertissement ou de propagande. Un esprit un peu critique est capable de démonter la majorité des articles en quelques minutes de recherches sur le web.

 

Et lorsque certains journalistes commencent à creuser, ils voient leur famille se faire arrêter et détenir sans raison, ils reçoivent des menaces politiques et sont forcés de détruire leur matériel. Le site Groklaw, qui fut un site déterminant dans la publication d’actualités liées à des grands procès industriels, vient de fermer car sa créatrice a pris peur.

 

La classe dirigeante a décidé que le journalisme devait se contenter de deux choses : faire craindre le terrorisme, afin de justifier le contrôle total, et agiter le spectre de la perte d’emplois, afin de donner une impression d’inéluctabilité face aux choix personnels.

 

Bien sûr, tout cela n’a pas été mis en place consciemment. La plupart des acteurs sont intiment persuadés d’œuvrer pour le bien collectif, de savoir ce qui est bon pour l’humanité.

 

On vous fera croire que l’espionnage des mails ou l’affaire Wikileaks sont des détails, que les questions importantes sont l’économie, l’emploi ou les résultats sportifs. Mais ces questions dépendent directement de l’issue du combat qui est en train de se jouer. Les grandes crises financières et les guerres actuelles ont été créées de toutes pièces par la classe actuellement au pouvoir. La génération numérique, porteuse de propositions nouvelles, est bâillonnée, étouffée, moquée ou persécutée.

 

L’état de panique

 

En 1974, pour la classe dirigeante il est plus facile de sacrifier Nixon et de faire tomber quelques têtes avec lui. Le parallèle avec la situation actuelle est troublant. La classe dirigeante a peur, elle est dans un état de panique et n’agit plus de manière rationnelle. Elle cherche à faire des exemples à tout prix, à colmater les fuites en espérant qu’il ne s’agit que de quelques cas isolés.

 

Ils n’hésitent plus à utiliser les lois anti-terroristes de manière inique, contre les journalistes eux-mêmes. Ceux qui prédisaient de telles choses il y a un an étaient traités de paranoïaques. Mais les plus pessimistes ne les avaient probablement pas imaginées aussi rapidement, aussi directement.

 

La destruction des disques durs du Guardian est certainement l’événement le plus emblématique. Son inutilité, son absurdité totale ne peuvent masquer la violence politique d’un gouvernement qui impose sa volonté par la menace à un organe de presse reconnu et réputé.

 

Cet épisode illustre la totale incompréhension du monde moderne dont fait preuve la classe dirigeante. Un monde qu’elle pense diriger mais qui échappe à son contrôle. Se drapant dans la ridicule autorité de son ignorance, elle déclare ouvertement la guerre aux citoyens du monde entier.

 

Une guerre qu’elle ne peut pas gagner, qui est déjà perdue. Mais qu’elle va tenter de faire durer en entraînant dans leur chute de nombreuses victimes qui seront injustement emprisonnées pendant des années, torturées, arrêtées, harcelées, détruites moralement, poussées au suicide, traquées à travers le monde.

 

C’est déjà le cas aujourd’hui. Et parce que vous aurez eu le malheur d’être sur le mauvais avion ou d’avoir envoyé un email à la mauvaise personne, vous pourriez être le prochain sur la liste. Il n’y a pas de neutralité possible. Nous sommes en guerre.

 

http://ploum.net/la-premiere-guerre-civile-mondiale/

 http://www.legrandsoir.info/

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 20:56

Le jubilé du discours de Martin Luther King. Autre temps ! Autre rêve !

 

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:54

Hommage à Jacques Vergès

 

 

2013 est une triste année : Stéphane Hessel, Henri Alleg, Jacques Vergès ont rejoint le panthéon des hommes libres.

 

 

Jacques Vergès, fruit de l’Orient et de l’Occident, dont il fut un des rares à en réussir la synthèse, a combattu deux dragons : l’hypocrisie et l’oppression.

 

 

jacques verges 

                            Jacques Vergès a tu son secret, mais n'a jamais tu ses convictions.

 

 

L’oppression ? Il l’a combattue dès sa prime jeunesse. Il a arraché à l’île de la Réunion le drapeau français frappé de la francisque pétainiste pour rejoindre les de Gaulle. Il adhéra au parti communiste français pour combattre la France qui opprimait le peuple d’Indochine. Il s’engagea ensuite aux côtés du FLN Algérien, luttant ainsi contre le colonialisme français. Il défendit seul et avec conviction, en dépit de l’hostilité générale, la militante FLN Djamila Bouhired qu’il épousa. Chacun sait qu’il assura la défense de plusieurs personnages sulfureux dont Klaus Barbie et Carlos.

 

 

Le propos ici n’est pas de retracer la carrière de Jacques Vergès, mais d’analyser quelle fut sa pensée.

 

 

Chacun porte en lui un Hitler qui s’ignore.

 

 

Après le procès de Barbie, Vergès eût fait siens ces propos d'Aimé Césaire dans son célèbre discours sur la colonisation : « Il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. 


Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.
»



Comme l’écrit le professeur Jean Bricmont : « Tout Vergès était là : l’humanisme véritable contre le pseudo-humanisme, celui des bombardiers des droits de l’homme, de l’antifascisme imaginaire et de l’antiracisme de pacotille. » 

 

 

Vergès faisait une analyse implacable de l’histoire. Tout commence à Sétif le 8 mai 1945. Des Français et des Algériens fêtent la fin du nazisme.  Dans la foule, des Algériens brandissent le drapeau de l’Algérie. La police avait reçu l’ordre de tirer en ces circonstances. Des colons armés se joignirent à eux. Ce fut un massacre épouvantable suivi d’une chasse au faciès. Des cadavres ont été brûlés et d’autres jetés dans des fosses communes. C’est un crime contre l’humanité que l’on a caché. On estime le nombre de victimes à quelque 40.000.

 

 

On commet les mêmes crimes que les nazis.

 

 

Vergès observe : alors qu’on fête la victoire contre les nazis, on commet les mêmes crimes qu’eux. Il cite Aimé Césaire qui disait : Quand M. Hitler s’est mis à éructer, nous n’avons pas été surpris. Nos maîtres nous tenaient les mêmes discours. La seule chose qui a changé, c’est que le traitement qu’on a réservé aux nègres et aux coolies, Hitler les a appliqués à des blancs. Hannah Arendt dit : Le mépris de la vie humaine, de la dignité de l’humanité que l’on retrouve chez les nazis est l’enfant de l’impérialisme, parce que dans les territoires colonisés, on méprisait la vie des autres. On ne respectait pas leur dignité. Et donc, le crime de colonialisme doit être souligné parce que c’est le grand crime de notre époque.

 

 

Ainsi, Vergès affirme que les crimes nazis et les crimes colonialistes sont de même nature et sont générés par l’impérialisme. Ainsi, en Algérie, la conquête s’est faite par le fer, par le feu et par le sang. Il y avait des soudards qui en étaient fiers. D’autres, plus subtils, comme Tocqueville qui a écrit un  ouvrage sur l’Amérique et sur la fin de l’ancien régime. Il dit, pour justifier ces crimes, qu’il faut procéder ainsi pour prospérer.

 

 

La colonisation a-t-elle contribué au développement ? Là encore, Vergès répond non. Il donne l’exemple des 600 kilomètres de chemins de fer du Congo qui ont été construits par des Noirs parmi lesquels, d’après lui, il y eut 900.000 victimes tuées par les coups de fouets. Et ces voies ferrées étaient utilisées dans le seul intérêt des colons pour exporter les minerais qu’ils faisaient extraire par d’autres Noirs.

 

 

Détruire la culture.

 

 

Un autre crime de la colonisation, moins sanglant dans ses apparences, mais abominable dans ses résultats fut la destruction de la culture des peuples conquis. Cette agression culturelle est aussi grave que l’agression contre la personne physique, affirme l’avocat. Si les Allemands et les Russes ont récupéré plus facilement après la chute du totalitarisme, c’est parce que leur identité culturelle était intacte. Dans les pays colonisés, l’identité culturelle a été niée et puis écrasée au profit de la culture du colonisateur à laquelle les peuples ne sont jamais adaptés.

 

Ne vivons-nous pas actuellement en Europe et dans tout le monde dit occidental une agression culturelle similaire ? Le modèle culturel américain est aussi redoutable, car il écrase les cultures propres à chaque peuple occidental au nom d’un universalisme qui n’est qu’américanisation.

 

Ainsi, Vergès a-t-il défendu des hommes et des femmes qui tuaient pour conquérir la liberté et la dignité et un Klaus Barbie pour montrer aux Occidentaux, qu’au fond de lui-même il haïssait, leurs tragiques contradictions. Mais si cet objectif de liberté et de dignité a été atteint par le sang, le fer et le feu, il est encore compromis, sinon détourné et il ne se consolidera que s’il tend à construire une société du savoir.

 

Et puis, Jacques Vergès a toute sa vie exprimé avec talent ce qu’il combattait. Il n’a jamais dit dans quel but il combattait.

 

 

Vergès a laissé planer un mystère sur lui-même : ces neuf ans d’absence non expliqués. Coquetterie ? Stratégie ? Réalité cachée ? Sans doute ne le saura-t-on jamais. Quelqu’un lui a un jour posé la question. Il a répondu : « J’étais de l’autre côté du miroir ». Non ! Il a toujours été de l’autre côté du miroir.

 

 

Pierre Verhas

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 16:40

Le pédophile et le roi

 

Voulant plaire à son grand ami Juan Carlos, roi d’Espagne et grand chasseur d’éléphants devant l’éternel, le roi du Maroc, Mohammed VI, décrète la grâce à une trentaine de condamnés de nationalité espagnole.

 

 

 

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Mohammed VI, pour la première fois, a dû céder à la pression populaire.

 

 

Mais, patatras ! Le commandeur des croyants a « oublié de voir » que dans la liste des graciés, il y a un pédophile notoire condamné à trente ans de prison. Fureur du peuple marocain qui descend dans la rue pour protester contre cette clémence aussi soudaine que scandaleuse.

 

Premier réflexe du Souverain. Répression sévère des manifestants qui osent défier Sa Majesté. « On ne discute pas une grâce royale ! ». Mais, rien n’y fait ! La révolte s’étend. Et elle pourrait se transformer rapidement en un mouvement similaire à ceux qui se déroulent pour le moment en Egypte et en Tunisie. Trop dangereux !

 

Mohammed VI recule et annule la grâce accordée à ce charmant personnage. Ah oui ! Curieux bonhomme ce pervers : il est d’origine irakienne et travaillait pour les services secrets espagnols. Cela pourrait être une explication de l’étrange clémence du Chérifien.

 

 

 

 pedophile-gracie-au-maroc-place-en-detention-preventive.jpg

Ce charmant personnage aurait été espion pour SM Juan Carlos, roi d'Espagne.

 

 

Entre temps, le bonhomme a filé. On le retrouve en Espagne où il est arrêté. Mais l’affaire n’est pas terminée. Comme il est citoyen espagnol, il ne peut pas être extradé et comme ses forfaits n’ont pas été commis en Espagne, il ne peut être condamné non plus, au regard de la loi espagnole. Bel imbroglio juridique !

 

Résultat des courses : Mohammed VI qui se drapait dans sa posture de commandeur inébranlable est affaibli. Cela aura incontestablement des conséquences sur la situation au Maroc dans un proche avenir. Voilà donc à nouveau un pédophile qui a ébranlé un royaume…

 

 

Ryanair vous envoie en l’air !

 

 

La célèbre compagnie irlandaise devenue symbole du « low cost » cherche à faire des économies. Son patron, Michel O’Leary, qui fait dans l’ultralibéralisme le plus échevelé, a présenté un nouveau programme d’économies sur ses vols, pour répondre à son obsession quasi maladive : réduire les coûts.

 

 

 

 

 

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Michel O'Leary, le charmant patron de Ryanair, rêve sans doute de transporter ses passagers en tenue d'Adam et Eve...

 

 

Tout d’abord il souhaite supprimer les toilettes dans ses avions. Cela représente six sièges de passagers et puis, lesdits passagers n’ont qu’à « se vider » avant de s’envoler. Cela économisera du poids, soit quelque 300 g par passager, multiplié par 200, cela fait 6 kilos. C’est toujours ça de gagné ! En une heure en moyenne par vol, c’est faisable. Et tant pis pour ceux qui ont la diarrhée…

 

O’Leary suggère toujours de voyager debout. Cela fera gagner de la place. Ce sont encore une fois les régies aériennes internationales avec leurs règlements idiots (de vilains communistes, ces régies !) qui  l’empêchent. Mais le dynamique manager a de la suite dans les idées.

 

En outre, il compte recruter des hôtesses à la place de stewards. Elles pèsent en moyenne 20 kg de moins qu’un mâle bien bâti. Voilà O’Leary qui veille à assurer l’emploi féminin !

 

D’autres compagnies low cost s’inspirent de leur mentor de Ryanair. Ainsi, une compagnie japonaise a décidé de ne plus offrir de cacahuètes à ses passagers, car non seulement cela fait une économie de 40.000 dollars par an (la compagnie américaine South West l’avait fait il y a une vingtaine d’années), mais aussi cela enlève de vilains kilos.

 

Enfin, il conviendra de faire payer les passagers en fonction de leur poids. Air France avait essayé et a été condamné. Gageons qu’avec la libéralisation en marche, ce genre d’inconvénient sera supprimé. Il faudra faire des cures d’amaigrissement, Mesdames et Messieurs, si vous voulez voyager à prix raisonnable. Vous voyez que Michel O’Leary veille sur votre santé !

 

Mais on peut faire une autre suggestion où il y aura une économie vraiment réelle : faire voyager les passagers et les passagères dans le plus simple appareil. En effet, les vêtements pèsent en moyenne un kilo à un kilo et demi par personne. Sur 200 passagers, cela allégera l’avion de 200 à 300 kilos… Qu’en pensez-vous ?

 

 

La presse américaine dans la jungle

 

 

Voilà Amazon, le plus important site de vente en ligne, qui rachète le prestigieux « Washington Post ». Son directeur a déclaré, les larmes dans les yeux : « Le Washington Post a survécu à Nixon, pas à Internet ».

 

 

 

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Jeff Bezos, le patron d'Amazon, se prend sans doute pour Citizen Kane...

 

 

Oui, c’est grave ! La « toile » de plus en plus investie par les sociétés d’e-commerce derrière lesquelles se trouvent les grandes banques. D’espace de liberté, Internet devient le champ clos d’une compétition financière sans merci. Tout le monde se pose la question : que deviendra le « Post » ? Quelle question ! Son contenu éditorial sera dicté par les intérêts de ses nouveaux propriétaires et de ses annonceurs. Comme pour l’ensemble de la presse « papier » en Europe et aux USA. Et si le « papier » ne les intéresse plus, ils le jetteront dans les poubelles de la liberté de la presse.

 

En cédant à Amazon, le « Post » a pénétré dans une jungle dont il ne sortira sans doute jamais !

 

Le voile à l’Univ

 

Voilà donc un projet qui émane d’un comité consultatif qui a fait une étude sur le voile à l’Université française : il suggère de l’interdire purement et simplement.

 

Nos lecteurs connaissent notre position à l’égard de la question du voile. Nous sommes opposés à l’interdiction  pour deux raisons : elle est discriminante en ne concernant qu’une catégorie de personnes et elle est stigmatisante parce qu’elle se fixe sur cette même catégorie. De plus, au lieu d’apaiser les choses, cette interdiction ne fait qu’accroître les tensions.

 

 

 

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Femme voilée élue à la tête du conseil municipal de Sarajevo : manifestement une esclave !

 

 

Cela fait des années que le voile est toléré à l’Université et on compte l’interdire d’un coup ! Ce serait absurde et on peut être certain que cela déclenchera des troubles qui seront difficiles à contrôler.

 

En outre, cette surenchère n’est pas une bonne stratégie pour défendre la laïcité. Cela ne fait que profiter au Front national. Le « Monde » du 7 août écrit très justement : « Se livrant à une interprétation liberticide de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, qui n’a jamais proscrit les manifestations d’une religion sur la voie publique, Marine Le Pen avait réclamé (…) l’interdiction du voile religieux et de la kippa dans la rue. » Ici, bien sûr, il s’agit de l’Université, mais il s’agit aussi d’un lieu public.

 

Et ce n’est pas parce que des comportements de musulmans fanatiques sont inacceptables, comme des agressions, des manifestations discriminatoires, de la violence verbale et physique, qu’il faut par une interdiction stupide raviver les tensions. De plus, il n’y a ni urgence, ni nécessité dans cette revendication.

 

La laïcité est une chose trop importante pour la livrer aux seuls extrémistes.

 

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 21:11

  

De nombreuses manifestations populaires se sont déroulées dans les principales villes du Brésil, dont Rio de Janeiro, même pendant la visite du Pape François.

 

 

 Brésil Manif

Désormais le peuple brésilien ne se laissera plus leurrer : il exige l'essentiel et surtout le respect !

 

 

Ces mouvements populaires réclament la fin de l’austérité et un changement fondamental de politique : arrêter les somptuaires dépenses pour la Coupe du monde football, les Jeux Olympiques et même la récente visite du Souverain pontife tant que l’essentiel n’est pas assuré : l’alimentation, les soins de santé, l’éducation qui sont abandonnés au profit de constructions de stades, de bâtiments de prestige, d’équipements aussi coûteux qu’inutiles au peuple brésilien. À tout cela s’ajoute la corruption, l’intervention de groupes mafieux, les intérêts des grands groupes financiers. Bref, toute la panoplie ultralibérale est déployée au détriment de l’essentiel.

 

 

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Dilma Roussef : une énorme déception !

 

 

 

Dilma Roussef qui représentait beaucoup d’espoir en succédant à Lula qui avait réussi à tirer 40 millions de Brésiliens de la pauvreté, a beaucoup déçu. Elle a cédé aux pressions de la haute finance et des Etats-Unis. Elle se montre en définitive faible et hésitante, au point qu’on envisage sérieusement le rappel de Lula.

 

Une résistance s’organise au Brésil. Le peuple n’est plus décidé à se laisser faire. À moins de risquer un affrontement majeur, Dilma Roussef devra céder à la pression populaire. Mais rien n’est encore établi.

 

En attendant, ne ratons pas l’essentiel. Le Brésil mérite autre chose que des grand-messes sportives, ultramédiatisées et basées sur la tricherie, pour le plus grand intérêt du capitalisme. Le peuple veut du pain ! Et aussi du respect ! Il n’est plus aveuglé par les jeux !

 

 

Pierre Verhas

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 19:58

Tout le monde connaît la société Monsanto de Saint-Louis (Missouri)  pour sa mise en œuvre des fameux organismes génétiquement modifiés (OGM) et ses méthodes quasi mafieuses pour en inonder le marché agro-alimentaire. Tout le monde connaît la société Monsanto de Saint-Louis (Missouri) pour ses tentatives d’appropriation des produits de la nature, mieux connues sous l’expression brevetage du vivant.

 

 

 

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Les installations de Monsanto à Saint-Louis (Missouri)

 

 

Tout le monde connaît aussi la société Blackwater de Moyock (Caroline du Nord) qui recrute pour les services secrets américains et l’armée américaine des mercenaires pour effectuer le « sale boulot », notamment en Irak et en Afghanistan. Blackwater a troqué son nom pour Academi ( !) de Moyock (Caroline du Nord).

 

Blackwater a été fondée par Erik Prince suite au génocide rwandais en 1994. Ce brave homme se disait « choqué » (on le serait à moins !) par cette tragédie et a décidé « par humanité » de fonder « Blackwater » en 1995, ayant hérité de la fortune de son père décédé l’année précédente. Prince a fait ses premières « armes » au SEAL, forces spéciales de la marine américaine.

 

 

 

 

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 Le très chrétien Erik Prince, fondateur de Blackwater 

 

 

 

Le parcours politique d’Erik Prince est révélateur. D’après Wikipedia : Il est vice-président de la société philanthropique Edgar and Elsa Prince Foundation, qui a financé au moins à hauteur de 670 000 dollars le Family Research Council et 531 000 dollars Focus on the Family", une organisation de la Christian right. La fondation est également un donneur majeur du Calvin College, institution chrétienne de Grand Rapids.  Prince est aussi membre du bureau de Christian Freedom International , une ONG dont la mission est d'aider les « Chrétiens persécutés en raison de leur foi ». Depuis 1998, Prince a donné personnellement plus de 200 000 dollars aux campagnes du Parti républicain. Prince est également un donateur de la conservatrice Alliance Defense Fund.

 

Au moins, on sait à qui on a affaire !

 

Pour prendre un exemple : suite à l’échec cuisant de l’intervention occidentale (où des paras belges ont participé…) en Somalie, la CIA a demandé à Blackwater de mettre sur pied une armée privée qui sert aujourd’hui à combattre, avec une efficacité toute relative et des conséquences sanglantes, les pirates qui attaquent les navires occidentaux le long de la côte somalienne. Et on peut multiplier les exactions de ce genre à tous les théâtres d’opération des services secrets américains. Balckwater – Academi est le « bras armé » destiné à faire le sale boulot imposé par la politique impérialiste américaine, pour le plus grand intérêt des firmes multinationales.

 

 

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  L'armée "privée" de Blackwater en Somalie

 

Voilà donc une étape supplémentaire. Blackwater – Academi s’est mise directement au service desdites multinationales comme la pétrolière Chevron et l’agro-alimentaire Monsanto. Aujourd’hui, cette dernière aurait carrément acheté la boîte de mercenaires. Certaines sources démentent cette information, et le site «Le Grand Soir» a publié un erratum. Cependant, la vraie question est : pour quelles raisons la multinationale Monsanto se sert des «services» de Monsanto ?

 

C’est ici que cela devient inquiétant. Jusqu’à présent, ces firmes ne sont pas intervenues de près ou de loin dans des opérations militaires. Alors, si Monsanto consent un pareil investissement, il doit y avoir une raison impérieuse.

 

Sans doute, la contestation de plus en plus forte de la culture OGM et des méthodes commerciales illicites de Monsanto devient gênante. Aussi, il importe d’user d’autres moyens de « dissuasion » pour lesquels Blackwater – Academi est tout à fait compétente.

 

Cela prouve que les multinationales les plus agressives ont franchi une étape supplémentaire pour asseoir leur pouvoir : celle de la violence. Cela s’appelle du crime organisé et il n’est pas excessif de considérer que le capitalisme use désormais de moyens criminels.

 

Voici ce que nous explique cet article paru sur le site du « Grand Soir » (traduit de l’espagnol) et qui se réfère à une enquête publiée par l’hebdomadaire new-yorkais de gauche The Nation, un des plus anciens et plus sérieux des journaux progressistes qui montre que Blackwater - Academi est au service à la fois des services secrets et des multinationales et qui ne prétend pas que la firme de mercenaires ait été rachetée par Monsanto.

 

C'est là l'intérêt de l'article ci-dessous que nous reproduisons du site «Le Grand Soir» avec les réserves ci-dessus

 

Pierre Verhas

 

 

 

mardi 30 juillet 2013

Monsanto achète Blackwater, la plus grande armée mercenaire du monde. ERRATUM : après vérification il faut plutôt lire le titre "Monsanto achète LES SERVICES de Blackwater..." (LGS) 


Matriz del Sur

 

S’il manquait quelque chose à la néfaste société Monsanto, c’était une armée officielle d’assassins payés. C’est fait : Monsanto est la société « parapluie » de Resident Evil mais dans le monde réel. Elle contrôle la distribution des aliments, partage des financiers avec l’industrie pharmaceutique et fabrique des armes nucléaires et bactériologiques.

 

C’est ce que révèle un article de Jeremy Scahill pour le journal « The Nation » dans lequel il informe que la plus grande armée mercenaire de la planète, le « service » criminel d’intelligence Blackwater (connue sous le nom de Xe services et plus récemment sous celui d’Academi), a été vendu à la société transnationale Monsanto.

 

Après d’innombrables plaintes internationales pour violation de la loi, et s’étant fait connaitre par ses massacres en Irak et dans d’autres pays, Blackwater a changé de nom en 2009. Toutefois il continue d’être le plus grand sous-traitant privé du Département d’Etat des Etats-Unis en tant qu’agence secrète de « services de sécurité » qui pratique le terrorisme d’état en donnant au gouvernement la possibilité de le nier.

 

POURQUOI LES CONCERTS DE CASSEROLES NE SERVENT A RIEN ?

 

Political Blind Spot a dénoncé le fait que beaucoup d’agents de la CIA et d’ex militaires travaillent pour Blackwater ou pour des compagnies en relation qui cherchent à détourner l’attention de sa mauvaise réputation et à réaliser d’importants bénéfices commerciaux. Ces mercenaires vendent leurs services, qui vont de l’information illégale, à l’intelligence d’infiltration, le lobbysme politique et l’entrainement paramilitaire, à des gouvernements, des banques, et des sociétés multinationales. Selon Scahill, les affaires avec Monsanto, Chevron, et des géants financiers comme Barclays ou Deutsche Bank, se développent par le biais de deux entreprises (Total Intelligence solutions et Terrorism research center) dont le propriétaire est Erik Prince, qui est également propriétaire de Blackwater .

 

 

 

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 Les mercenaires de Blackwater aussi au service de Monsanto 

 

 

C’est quand il était directeur de Total Intelligence Service en 2008, que Cofer Black (qui s’était fait connaitre par sa brutalité en tant que directeur de la CIA), contacta Monsanto. Monsanto s’offrit ses services pour espionner et infiltrer des organisations de droits de l’homme, des droits des animaux et des organisations ayant des activités anti transgéniques, en plus d’exercer un contrôle sur d’autres sociétés biotechnologiques et pharmaceutiques.

 

La société Monsanto n’assassine pas seulement des personnes avec ses produits chimiques mais aussi par balles et au moyen d’ « accidents ». Ses victimes sont des journalistes, des activistes politiques, et tous ceux qui peuvent être un obstacle potentiel à ses plans d’expansion. Contacté par Scahill, le directeur de Monsanto, Kevin Wilson refusa de faire des commentaires ; toutefois, il fut confirmé plus tard à « The Nation » que Monsanto avait passé un contrat avec Total Intelligence en 2008 et 2009 mais, selon Monsanto , c’était seulement « pour faire un suivi d’information publique de ses opposants. Le directeur de Monsanto crut bon de préciser que Total Intelligence était une société « totalement séparée de Blackwater ».

 

Mais Scahill possède des copies de courriers électroniques de Cofer Black envoyés après la réunion avec Kevin Wilson de Monsanto, ou il explique à d’autres ex agents de la CIA, que cette réunion avait mis en évidence le fait que Total Intelligence était devenu « le bras d’intelligence de Monsanto » pour espionner les activistes et faire d’autres actions comme par exemple intégrer légalement ces groupes.

 

Monsanto a payé 127.000 dollars à Blackwater en 2008, et 105.000 en 2009.

 

Il n’est pas surprenant qu’une entreprise amplement dédiée à la science de la mort, comme Monsanto, qui dès le début s’est consacrée à produire des poisons toxiques comme l’Agent Orange, les PCB (biphényles chlorés), des pesticides, des hormones, des graines génétiquement modifiées, et même la bombe atomique, s’associe avec une organisation d’assassins et de mercenaires.

 

LES DEBUTS DE LA RELATION BILL GATES ET MONSANTO

 

Presqu’en même temps que la publication de cet article dans « The Nation », l’organisation des agriculteurs organiques Via Campesina, signala que la fondation Bill et Melinda Gates avait acheté 500.000 actions de Monsanto, au prix de plus de 23 millions de dollars faisant ainsi tomber leur masque de philanthropes. C’est encore une association de criminels qui n’a rien de surprenant.

 

 

 

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 Le "philanthrope" Bill Gates s'est mis lui aussi au service de Monsanto. Dans quel but ? 

 

 

 

Bill Gates contrôle plus de 90% du marché des licences dans le monde de l’informatique, en plus de promotionner des campagnes de vaccination pour les laboratoires génocidaires, tout en étant responsable d’expérimentation illégale de médicaments dans des pays sous-développés ; pendant que Monsanto contrôle 90% du marché mondial des graines transgéniques et des graines commerciales au niveau mondial, et a fondé « Pharmacia » qui appartient aujourd’hui à Pfizer.

 

En d’autres termes, il n’existe pas de pires monopoles dans le secteur industriel, ni d’aussi immenses. L’existence même de ces sociétés implique que la terre est sous le joug d’un régime financier totalitaire qui nie le principe de « compétitivité de libre commerce ». Bill Gates aussi bien que Monsanto sont extrêmement agressifs quand il s’agit de défendre leurs monopoles mal acquis.

 

 

    (...) Bill Gates et Monsanto se consacrent à détruire l’agriculture organique dans le monde entier, ce quidébuta avec la création de l « Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA) qui œuvra comme un cheval de Troie pour enlever les graines traditionnelles aux pays Africains pauvres et les remplacer par des graines transgéniques. Pour cela, la fondation engagea Robert Horsch en 2006, qui était alors directeur de Monsanto. Maintenant Gates obtient de grands bénéfices en se soumettant aux politiques de dépeuplement (...) (1).

 

source http://www.matrizur.org/index.php?option=com_content&view=article&...

Traduction IRISINDA pour le Grand Soir

 

(1) Passages supprimés par nous, car étant hors sujet et non étayés par des sources.

 

 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 21:27

  

Voici une tribune parue sur le site Marianne2.fr de Mohamed Bechroui, ingénieur informaticien, écrivain, auteur de L’Arabe imaginaire, écrit en réaction  aux propos d’Eric Zemmour, le chroniqueur sulfureux bien connu dans le monde francophone, qui est opposé à l’intégration, à la multiculturalité, bref, à tout.

Il réagit ici à la logorrhée  issue des troubles survenus à Trappes dans les Yvelines, banlieue parisienne dite « chaude », « quartier » à problèmes, où un contrôle policier d’une femme en niqab a mal tourné. Les flics disent que c’est le compagnon de la femme qui les a agressés, le compagnon prétend que ce sont les flics qui les ont maltraités. Qui croire ? En attendant, reconnaissons que ce n’est pas très malin d’effectuer ce genre de contrôle en plein jeûne du Ramadan et par cette chaleur.

La vraie question est : les valeurs de la République – auxquelles nous sommes viscéralement attachés – sont-elles bien défendues par la stigmatisation d’une religion ? L’autre question est : en se comportant ainsi, les représentants de la République n’alimentent-ils pas les extrémistes salafistes qu’ils prétendent combattre en France et qu’ils soutiennent en Syrie et dans la Péninsule arabique ?

Un autre constat inquiétant : la stigmatisation, le rejet de l’Autre, le racisme dit « ordinaire » s’installent en France et risquent de mener la terre des Droits de l’Homme à une de ses pires gangrènes : le pétainisme.

La gauche de pouvoir ferait bien de prendre garde. Les musculations de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur français desservent les principes républicains.

En l’espèce, restons lucides et vigilants !

Pierre Verhas

Mercredi 24 Juillet 2013
Mohamed Bechrouri*
 

Arrêtons d’inviter en permanence la religion au banquet républicain. Arrêtons de la placer au centre du débat public. Personne n’y trouve son compte, ni les croyants, ni les défenseurs de la laïcité.

 
 
Dans ses Mémoires, l’archéo-gaulliste, Alain Peyrefitte met dans la bouche de De Gaulle l’expression «Colombey-les-deux-mosquées». Faut-il imaginer que nous en sommes arrivés à cette situation fantasmatique pour que, désormais, une émeute, une échauffourée, un incident soient immédiatement présentés comme un enjeu mettant en cause la place de l’islam dans notre pays.

Prenons, les récentes émeutes à Trappes, nous n’avons rien trouvé de mieux que nous empresser à faire parler des « responsables musulmans » qu’on cite, d’ailleurs, anonymement dans la plupart des journaux...Autrefois, c’était le grand frère, ou l’animateur de l’association de quartier à qui l’on tendait le micro. Aujourd’hui, c’est le fameux « responsable musulman ».

Tout ça parce qu’une des cinq ou six filles en Niqab de Trappes a refusé de se plier à un contrôle d’identité. Depuis la mise en place de la loi « anti burka », 661 procès-verbaux ont été établis. En comparaison, les agents ont établi en 2010,  2 390 000 procès-verbaux pour le non-paiement de stationnement. Ce n’est pas faute d’avoir répété qu’une loi pour 2000 personnes est une loi inutile. On ne rappellera jamais assez que le port de la burka ou du niqab en France ne vient pas d’une transmission religieuse parent-enfant, mais bien plutôt du choix d’un Islam plus radical adopté, le plus souvent, par des convertis qui abordent l’islam de la même manière que s’ils entraient à l’Eglise de scientologie.
 

Valls nous sort ses Rayban

La première erreur de Manuel Valls est bien d’avoir participé à cet amalgame.  Dans un premier temps, le ministre de l’Intérieur explique sur BFM « C’est inacceptable qu’une personne veuille se soustraire à un contrôle et pire, s’en prenne aux forces de l’ordre ». Jusqu’ici tout va bien, le refus d’un contrôle d’identité est effectivement inacceptable.
 
 
 
 
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 Manuel Valls se trompe en croyant par la stigmatisation défendre les valeurs de la République.
 


Mais quelques secondes plus tard, il souligne : « Ce voile qui nie l’identité de la femme n’a pas lieu d’être dans l’espace public ». Cette seconde phrase est plus ambiguë. Rappelons ce que dit le texte de loi à l’origine du contrôle : « Les tenues destinées à dissimuler le visage sont celles qui rendent impossible l'identification de la personne. Il n'est pas nécessaire, à cet effet, que le visage soit intégralement dissimulé. Sont notamment interdits, sans prétendre à l'exhaustivité, le port de cagoules, de voiles intégraux (burqa, niqab...), de masques ou de tout autre accessoire ou vêtement ayant pour effet, pris isolément ou associé avec d'autres, de dissimuler le visage. Dès lors que l'infraction est une contravention, l'existence d'une intention est indifférente : il suffit que la tenue soit destinée à dissimuler le visage. »

Le rôle du ministre de l’Intérieur n’est-il pas de garantir l’application de la loi, et non pas de la commenter?  Et encore moins de lui donner un autre sens ? La négation de l’identité de la femme par le port du niqab n’est pas condamnable puisqu’aucune loi dans ce sens n’existe. Valls est tombé dans un piège tendu par Sarkozy trois ans plus tôt. Et comment faire comprendre aux Français qu’on puisse invalider un licenciement pour le port du voile dans la crèche Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes situé à peine à 30 km Trappes et qu’il serait normal de verbaliser une femme en niqab ?
 
 
 

Beaucoup de ramdam autour du ramadan

 
De l’autre coté, si je puis dire, les appels au calme lancés par les « responsables musulmans » en ces temps de ramadan sont absurdes. Au secours ! C’est à croire que les Français de confession musulmane fonctionnent comme les Égyptiens ! La trêve du mois du ramadan est peut-être une réalité dans les pays musulmans, mais  on ne contient pas la colère de jeunes Français en brandissant des interdits religieux.

Il faut d’ailleurs croire que ces jeunes ont bien, eux, compris la séparation de l’église et de l’état puisqu’ils ont continué les incidents. Qu’on interroge des « représentants musulmans » sur des questions religieuses pourquoi pas, mais sur des voitures brulées, cela reste un mystère. Qui sont-ils ? Quelle responsabilité exercent-ils ? On ne le saura probablement jamais. Mais ce dont nous pouvons être sûrs c’est que les  incidents à Trappes se déroulent autour du commissariat et des établissements publics et non de la mosquée. Inutile de chercher une place Tahrir ou une place Taksim à Trappes. Et la place où se trouve la mairie a pour nom place de la République.
 

Des citoyens avant tout

Au fond, tout le monde a bien voulu croire que le niqab est la seule raison de ces événements. Un bout chiffon loin d’être innocent, mais sans lien avec les faits. C’est un peu comme si on résumait l’histoire de Louis XVI et de Marie Antoinette a un morceau de brioche…

Préférons à ces constructions imaginaires, un rappel plus prosaïque mais plus juste. Parmi ceux qui ont manifesté le week-end dernier, ils sont nombreux à avoir voté en 2012 François Hollande. Ils attendaient beaucoup de la gauche après cinq ans de stigmatisation. Ils sont aussi nombreux à avoir attendu une loi sur le contrôle d’identité. Nombreux également à avoir attendu le droit de vote des étrangers (pour leurs parents, pas pour eux évidemment, ils sont déjà Français). Ces jeunes ont vraiment besoin d’un signal fort du gouvernement qui leur donne le sentiment d’être reconnu comme des citoyens à part entière. C’est ce qu’on leur a promis. Et là, il n’est pas question d’islamisme, de groupes salafistes ou de Frères musulmans mais de respect de la parole donnée. Tout simplement.

(*) Auteur de « L’Arabe imaginaire », Plon.
 
Source :
http://www.marianne.net
 
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Published by pierre verhas
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