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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 10:37
Il s’appelait Alain Vigneron, il avait quarante-cinq ans, il était sidérurgiste à Arcelor Mittal à Liège dans l’unité de Chertal. Il avait fait ses études primaires – que l’école primaire, diront les pédants – puis, par la force de sa volonté et de son intelligence, il a grimpé les échelons dans cette grande famille de l’acier pour terminer comme brigadier de production – un poste technique à haute responsabilité – et jusqu’à samedi dernier, luttait pour sauver son entreprise, les emplois de ses camarades et sa famille. À l’annonce de la fermeture définitive par les sbires de Lakshmi Mittal, il a décidé d’en finir. Il s’est pendu.
 
Ce suicide, selon ses camarades, n’est pas un hasard du calendrier : il a eu lieu deux ans après, jour pour jour, la premières annonces de la fermeture des aciéries et des hauts fourneaux. Deux ans de lutte acharnée. Epuisé, il a décidé d’y mettre fin.
 
Alain Vigneron laisse une lettre à sa famille, dont il a envoyé une copie à son délégué syndical.
 
« Chère famille, je vous dis mes derniers mots.

Je veux que vous respectiez ma femme et ma fille. Elles n’y sont pour rien. Je les ai fait souffrir énormément à cause de mon boulot pour monsieur Mittal. Il m’a tout pris, mon emploi, ma famille. Combien de familles va-t-il encore détruire ? Moi je n’en peux plus de ce milliardaire. Vous savez, je me bats depuis 31 ans pour avoir un petit quelque chose et voilà, je vais perdre mon emploi et combien de familles vont le perdre, monsieur Mittal ?

Cher gouvernement, allez vous enfin sauver les milliers d’emplois des familles qui en valent la peine ?

Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais monsieur Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille.

Et que la presse soit au courant de mon acte. J’ai fait des panneaux, je voudrais qu’ils soient à l’église, que tout le monde voie pourquoi j’ai mis fin à mes jours.
 »


Quand va-t-on sortir du fatalisme et de la servitude dans lesquels les gouvernements successifs qu’ils soient de droite, de gauche, du centre ou encore du trou du cul, ont placé les travailleurs et le peuple ?
 
 
 metallurgistes_Lorraine.jpg

Le désespoir des metallos (ici en Lorraine) peut se transformer en révolution.

 
 
Le message d’Alain Vigneron ne doit pas rester sans réponse. Ce serait lâche et indécent. Un nouveau combat de longue haleine doit commencer pour retrouver le chemin de la dignité.
 
Les assassins de Vigneron s’appellent d’abord Mittal, mais aussi Barroso, Lagarde, Draghi, cette troïka qui a mis l’Europe sous la tutelle des multinationales. Ces gens qui jettent des milliers de familles, de travailleurs dans la misère, ces Attila en col cravate qui détruisent des régions entières, ces ignares arrogants sont coupables de crimes contre l’humanité – car c’est de cela qu’il s’agit.
 
Exigeons une Cour pénale internationale pour les juger et les punir. Cela calmera sans doute les autres.
 
 
Pierre Verhas 

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:01

La révolte n'est pas loin ! Et elle risque d'être pire que la révolution.

 

Regardez :

 

 

http://fr.news.yahoo.com/video/je-suis-d%C3%A9sol%C3%A9e-monsieur-cop%C3%A9-213205249.html

 

Quel formidable exemple nous donne cette dame !

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 08:38

Marine Le Pen traîne devant les tribunaux toute personne qui proclame que le Front national est d’extrême-droite.

 

À l’appui de sa plainte, elle produit une pièce à conviction qui ne souffre aucune discussion.

FN_propagande-copie-1.jpg

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 15:43

Le Front national français rafle 40 % des suffrages lors d’une élection cantonale partielle à Brignolles dans le Var. Et encore, il aurait eu la majorité absolue s’il n’y avait eu un dissident d’extrême-droite qui a raflé 9,5 % des voix. La gauche est laminée (le PCF a 19 %, les Verts, 9 % et le PS ne se présentait pas). Le candidat « bleu marine » sera opposé au deuxième tour à un UMP (21 %) qui ne cache pas son adhésion aux thèses de la droite dure.

 

Le Pen pourrait battre Hitler. 

 

En France, les prochaines élections seront les municipales et les européennes. Des sondages prévoient que la FN conquerra un grand nombre de mairies dont, sans doute, celle d’une grande ville : Marseille.

 

 

 

Marine Le Pen triomphe 

 Marine Le Pen peut étendre les bras : un bras de mer s'ouvre devant elle ! 

 

 

Quant aux « européennes », il est prévu que le FN dépasse le PS, le parti du Président de la République et aussi principale formation de gauche. Ce serait un fait unique dans l’histoire ! Jamais l’extrême-droite n’a réussi à emporter plus de suffrages que la gauche (1) lors d’un scrutin à l’échelle nationale.

 

 

Le PS ce gros pachyderme endormi 

 

 

Et ici, inutile de dire que « ce ne sont que des sondages ». D’élections en élections, le FN progresse dangereusement. Le PS, ce gros pachyderme endormi, a l’air de ne rien voir. Le Front de gauche a manifestement adopté une mauvaise stratégie. Quant à la droite « démocratique » qui a été « extrême-droitisée » par Sarkozy, c’est une véritable catastrophe. Ce n’est pas un boulevard, c’est un bras de mer qui s’ouvre devant Marine Le Pen et ses sbires.

 

 

 

manuel_valls_reference.jpeg 

Manuel Valls se trompe de stratégie en se voulant plus ferme que la droite.

 

Et, comme toujours, ou bien on fait gros dos comme le PS, ou bien on court derrière le FN, comme Manuel Valls et ses propos sur les Roms, comme François Fillon qui est prêt à rompre le « front républicain », ou encore on s’attaque aux effets et non aux causes dans les déclarations et les analyses à l’emporte-pièce des intellectuels et journalistes médiatiques.

 

 

On s'attaque aux effets et non aux causes. 

 

 

Les causes ? Il est trop facile de balayer la question en affirmant que l’extrême-droite est le fruit vénéneux de la crise. Certes, elle joue un rôle fondamental dans son émergence, mais elle est aussi et avant tout l’expression violente de frustrations. L’extrême-droite s’épanouit, par exemple, parmi les frustrés de la décolonisation. Ce sont eux qui ont fourni les troupes de l’OAS dans la métropole française et cela a laissé des traces. Ainsi, le voit-on dans des villes comme Béziers : « Ville de 70 000 habitants qui compte pas mal d’habitants d’origine espagnole (amnésiques ?), mais aussi beaucoup de pieds-noirs (rien compris ?), Béziers a vu le FN frôler les 26 %, des voix aux élections présidentielles de 2012, talonnant le président sortant, devançant François Hollande et laissant Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, à 15 points derrière elle. Eva Joly pour les Verts n’atteint pas 2 % et Philippe Poutou, pour le NPA, plafonne à 0,8 %. » (voir le blog de Bernard Gensane  http://bernard-gensane.over-blog.com/b%C3%A9ziers-laboratoire-de-la-d%C3%A9diabolisation-du-fn-par-maxime-vivas).

 

Les gens d’origine espagnole, la plupart enfants et petits enfants des réfugiés de la guerre d’Espagne et du régime franquiste, vivent mal en France et à Béziers en particulier. Ils s’y adaptent difficilement et se sentent rejetés. Les pieds noirs, eux aussi, ont stagné après avoir quitté l’Algérie. Ce mal vivre leur ôte toute confiance en la société française et ils se tournent naturellement vers ceux qui leur font miroiter des changements profonds.

 

 

L'ultralibéralisme génère l'extrême-droite. 

 

 

Une autre cause est la politique ultralibérale qui consiste à transférer les revenus du travail vers le capital provoquant ainsi l’appauvrissement et le chômage. Molle réaction de la gauche de gouvernement qui s’en est faite l’exécutante.

 

 

Les propagandistes néolibéraux ne cessent de taper sur le secteur public responsable selon eux de tous les maux. Le fonctionnaire fainéant, profiteur, incompétent est l’ennemi. Le secteur privé est par contre l’eldorado qui assurera l’avenir de chacun s’il renonce à faire appel à « l’Etat providence » qui crée une société d’assistés et adhère au principe de l’effort individuel. Réaction de la gauche de gouvernement : c’est elle qui a le plus privatisé.

 

 

Le militantisme aujourd'hui se trouve chez les fachos ! 

 

 

Cette pauvreté endémique tue tout espoir et cette propagande matraquée par les médias depuis des lustre ont pour résultat la défiance à l’égard du politique. Cela a un double résultat : l’abstention aux élections qui est surtout préjudiciable à la gauche et le succès d’une extrême-droite militante qui s’offre comme alternative. C’est ce qu’il s’est passé à Brignolles.

 

 

 

Jean-Luc-Melenchon-a-la-Fete-de-l-Huma.jpg 

Jean-Luc Mélenchon ne parvient pas à créer un nouveau militantisme à gauche.

 

 

A cela, il faut ajouter la perte de crédibilité des partis traditionnels, ceux de gauche en particulier. La gauche de gouvernement fait exactement le contraire de ce qu’elle a promis et surtout elle trahit sa raison d’être au nom du TINA thatchérien (2). Dès lors, la force de la gauche qui était son implantation dans la population et un militantisme nombreux et bien organisé a disparu. Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à le réanimer. Le militantisme aujourd’hui se trouve chez les fachos !

 

 

C’est donc un virage à 180° que la gauche doit effectuer. Ce sera une œuvre de longue haleine pour peu qu’elle en ait la volonté. Cela doit se faire également au niveau européen. Faire appel, comme certains, au rejet de l’Union européenne est renforcer l’extrême-droite. Au contraire, il faut agir à cette échelle pour espérer un changement, car c’est à ce niveau que se définit la politique actuelle. Les élections européennes donnent l’occasion d’un début de changement. Mais, qui est candidat ?

 

 

Le scrutin de Brignolles est un dernier avertissement. Qui en tiendra compte ?

 

 

 

Pierre Verhas

 

 

(1)   Le scrutin qui a permis à Hitler de prendre le pouvoir en 1933 eut lieu en novembre 1932. Le NSDAP obtint 33,1 % (en régression de 4,2 %). Le parti social-démocrate eut 20,4 % (en régression de 1,2%) et le parti communiste 16,9% (avance de 2,6 %). Le solde des voix se partagea entre le centre (8,5%) et des petites formations de droite. Donc, aux dernières élections libres allemandes avant la prise de pouvoir d’Hitler en janvier 1933, l’ensemble de la gauche engrangea plus de suffrages que les nazis.

 (2)  TINA « There Is No Alternative » était le slogan de Margaret Thatcher pour justifier sa politique ultralibérale.

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 10:17

démocratique.

 

Le royaume de Belgique qui se veut être exemplaire dans le « concert » des nations et particulièrement dans l’Union  européenne dont il fut un des fondateurs, l’est beaucoup moins en matière de droits de l’homme, par le non respect évident de la Convention européenne des droits de l’homme.

 

La Belgique a ratifié cette Convention et a ses délégués à la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg (). Elle y envoie siéger des magistrats comme tous les Etats signataires. Mais, à plusieurs reprises, cette Cour a condamné la Belgique dans le cadre de différentes décisions de Justice qu’elle juge contraire aux dispositions de ladite Convention.

 

Trabelsi est avant tout un homme !

 

En plus, l’on constate depuis peu une évolution inquiétante. En passant outre des arrêts de la Cour européenne et des décisions de tribunaux belges, non seulement les autorités belges violent sans vergogne les principes de base du droit démocratique, mais renoncent à la souveraineté du pays.

 

 

 

Nizar-Trabelsi--copie-3.jpg 

  Nizar Trabelsi est avant tout un homme et ses droits sont inaliénables comme pour tous les hommes !

 

 

Nizar Trabelsi ne représente certes pas notre idéal. Mais il est avant tout un homme qui a des droits inaliénables comme pour tous les hommes. Cet ancien footballeur professionnel tunisien a été arrêté en septembre 2001 dans la région bruxelloise, soupçonné de préparer un attentat pour le compte d’Al Qaeda contre l’ambassade des Etats-Unis en France. En outre, il est soupçonné d’avoir planifié une attaque suicide contre la base militaire belge de Kleine Brogel où se trouvent des armes nucléaires étatsuniennes. En 2004, Trabelsi qui ne nie pas, est condamné à dix ans de prison par un tribunal belge pour ce projet d’attentat. C’est la peine la plus sévère. L’attaque de l’ambassade étatsunienne n’a pas été retenue par les juges.

 

En novembre 2007, un grand jury du district de Columbia aux USA incrimine Nizar Trabelsi de « participation à une association de malfaiteurs visant à l'assassinat de ressortissants américains en dehors des États-Unis », d'« association de malfaiteurs pour l'usage et la tentative d'usage d'armes de destruction massive » et de « soutien matériel et des ressources [financières] à une organisation terroriste étrangère ». Sur la base de ces soupçons, les USA demandent l’extradition de Trabelsi à la Belgique en 2008. Pendant cinq années, l’intéressé fera tous les recours possibles pour éviter cette extradition. Et pour cause ! Il risque la peine de mort.

 

C’est le principal argument des défenseurs de Trabelsi. En effet, conformément aux droits de l’homme et à la loi belge, on ne peut extrader une personne inculpée ou non dans un pays où elle risque la peine de mort. La Belgique interroge la Justice américaine à ce sujet. La réponse du ministre étatsunien de la Justice est sans équivoque : « Trabelsi risque d’être exposé à deux fois la perpétuité sans possibilité de remise de peine » (two times life without parole). Cela équivaut à une mise à mort, même si formellement, ce n’est pas la peine capitale qui s’applique en l’espèce. Et jusqu’à présent, aucune preuve des accusations étatsuniennes n’a été apportée.

 

Une procédure accélérée

 

L’affaire a traîné plusieurs années et tout à coup les choses se sont précipitées. Le gouvernement belge vient d’extrader Trabelsi.

 

La procédure qui a mené à l’accélération inattendue de cette extradition est scandaleuse et constitue un dangereux précédent. Comme les différents tribunaux belges avaient admis la légalité de l’extradition, les avocats de Trabelsi ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Celle-ci a décidé, avant de se prononcer, d’attendre le résultat de l’ultime recours possible de Trabelsi devant le Conseil d’Etat de Belgique. Il rejette le recours le 23 septembre 2013. Donc, en principe, plus rien ne s’oppose à son extradition, sauf la CEDH qui a fait savoir qu’elle rendrait son arrêt fin octobre, début novembre au plus tard.  Malgré cela, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom autorise l’extradition en se basant sur le seul arrêt du Conseil d’Etat. Trabelsi est finalement extradé vers les USA le 3 octobre !

 

Personne n'est au courant. Ni les avocats, ni l'intéressé lui-même. Episode sordide : selon la presse flamande, Nizar Trabelsi est sorti de sa cellule. Il était revêtu d'un costume de mariage. Il croyait qu'on le conduisait dans une autre prison pour qu'il puisse y célébrer le mariage qu'il projetait. Ce fut direction aéroport...

 

 

 

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 La ministre belge de la Justice, Annemie Turtelboom aime tirer sur tout ce qui bouge ! 

 

 

Selon son conseil, le gouvernement aurait précipité les choses pour deux raisons. En premier lieu, son avocat avait introduit un recours contre l’extradition devant le tribunal de première instance qui a rendu son jugement le 4 octobre – donc un jour trop tard – interdisant au gouvernement d’extrader Trabelsi étant donné le recours auprès de la CEDH. Personne, ni la famille, ni les avocats, ni le tribunal n’était au courant du départ de l’intéressé ! L’autre raison : « Le 9 juillet, la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a, dans un arrêt de principe et dans un dossier très proche de celui de Nizar Trabelsi, constaté une violation de la Convention européenne des droits de l’homme. La Belgique a sans doute anticipé une décision de Strasbourg qui serait allée dans le même sens. » (La Libre Belgique, 4 octobre 2012)

 

 

« La Belgique se prostitue aux Américains ! »

 

 

Donc, le gouvernement belge a « dribblé » le tribunal et la CEDH et viole ainsi sans vergogne les droits de l’homme !

 

Il est certain qu’il s’agit là d’une décision politique. La Belgique a « obéi » aux Etatsuniens. Elle héberge le siège de l’OTAN, dont l’actuel ministre de la défense, le très droitier Pieter De Crem, ambitionne le secrétariat général bientôt vacant. Un contingent belge se trouve toujours en Afghanistan, alors que plusieurs pays se sont retirés. Bref, il y a un alignement systématique de ce royaume sur la politique étatsunienne.

 

 

 

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  Didier Reynders et Pieter De Crem : deux zélés serviteurs de "l'Occident". 

 

 

À ce titre, la Belgique renonce à sa souveraineté. Furieuse, la femme de Trabelsi a crié : « La Belgique se prostitue devant les Américains ! »

 

N’oublions pas Ali Arrass.

 

D’ailleurs, il n’y a pas que Trabelsi. Ali Arrass qui a la double nationalité belge et marocaine est lui aussi soupçonné de terrorisme, alors qu’il n’y a aucun élément réellement probant.

 

 

 

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L'épouse d'Ali Arrass devant son portrait craint pour son mari. 

 

En avril 2008, Ali Arrass est incarcéré dans une prison espagnole soupçonné de terrorisme. Il doit être extradé vers le Maroc. En octobre 2010, la section espagnole d’Amnesty International s’inquiète de son sort. En effet, en 2006, l’Audience nationale d’Espagne a ouvert une information contre Arrass pour faits de terrorisme. Faute de détenir des éléments probants, cette juridiction renonce provisoirement à ses poursuites en mars 2009. Malgré cela, Ali Arrass reste en prison. Amnesty International lance un appel à sa libération et à renoncer à l’extradition, car au Maroc, il risque d’être mis au secret et torturé.

 

Malgré le jugement du tribunal espagnol, malgré la recommandation du Comité des droits de l’homme de l’ONU et les risques qu’il encourt au Maroc, Madrid extrade Arrass. Il est pris en charge par la police spéciale marocaine. On devine ce que cela signifie. Mais il ne cesse de proclamer son innocence. On va même jusqu’à rédiger de faux aveux sur un papier en arabe. Or, Arrass est incapable d’écrire en arabe ! Par contre, il dépose plainte contre la torture. Cela n’aura évidemment pas de suite.

 

Ali Arrass sera condamné le 7 mai 2012 par un tribunal marocain à douze années de prison.

 

Le prétexte fallacieux de Reynders

 

Ses avocats et sa famille restée en Belgique font appel au gouvernement belge pour qu’Arrass, comme tout citoyen belge emprisonné à l’étranger, bénéficie de l’assistance consulaire. Refus du ministre des Affaires étrangères, le libéral ami de Sarkozy, Didier Reynders, sous prétexte qu’Arrass a la double nationalité belge et marocaine. Or, ce sont, d’après lui, les Marocains qui ont la priorité en l’espèce puisqu’il se trouve sur le territoire du Maroc.

 

Donc, voilà un citoyen belge extradé illégalement par l’Espagne, condamné sans preuve au Maroc, ayant subi la torture, qui est abandonné par les autorités de son pays ! Le prétexte de la double nationalité est d’ailleurs fallacieux. En effet, un Marocain naturalisé belge, garde toujours sa nationalité d’origine selon la loi marocaine. Donc, tout Marocain naturalisé belge ne pourra bénéficier de l’aide consulaire en ce pays. Et puis, que valent ces arguties juridiques devant le traitement intolérable infligé à Arrass ?

 

 

 

  torture_arrass.jpg

 

 

  Les dessins qu'Ali Arrass est parvenu à faire sortir de sa prison et qui montrent les tortures qui lui ont été infligées. Manifestement, cela laisse Reynders de marbre.

 

 

Récemment, Ali Arrass a fait parvenir des dessins de sa plume montrant les tortures qu’il a subies. Il avait effectué une grève de la faim qu’il vient d’arrêter. Son sort est toujours entre les mains de Reynders qui refuse de bouger, malgré les pressions de nombreux parlementaires, de comités de soutien, de sa famille.

 

Là encore, la Belgique s’écrase, au nom de la « guerre contre le terrorisme », devant des autorités totalitaires, sans respect des droits les plus élémentaires et jetant en geôle, sans preuve, des hommes et des femmes qui pourraient déranger.

 

Que fait le Premier ministre Socialiste du cas Arrass ?

 

Arrass n’abandonne pas le combat. Il a fait un nouveau recours devant la cour d’appel marocaine, mais lors de la dernière audience en appel, lundi 30 septembre, Ali Aarrass « a tenté d'expliquer la torture à laquelle il a été soumis » mais « la Cour a refusé d'écouter », affirme le communiqué de ses avocats, selon lesquels « il a juste pu dire qu'il avait été attaché à un arbre et roué de coups jusqu'à l'évanouissement ».

 

En l'absence  d'une réponse du Comité contre la torture des Nations unies, qui avait été saisi en extrême urgence d'une demande visant à obliger le Maroc à réaliser une enquête indépendante, sa « condamnation inique était devenue inéluctable », selon le communiqué. « Un recours en cassation sera introduit dans les jours qui viennent », annoncent ses avocats.

 

Elio_di_rupo.jpg 

 Qu'attend Elio Di Rupo, Premier ministre socialiste, pour réagir ? 

 

 

S’il n’y a pas un changement fondamental dans l’attitude du gouvernement belge, si les Socialistes qui ont le poste de Premier ministre ne font pas pression sur le libéral Reynders, il y a peu d’espoir qu’Ali Arrass qui fait preuve d’un courage et d’un esprit de résistance exceptionnels, soit libéré.

 

La transaction de classe

 

Un troisième aspect méconnu des pratiques politico-judiciaires en Belgique vient d’être dénoncé par l’édition belge de l’hebdomadaire « Marianne ».

 

La Belgique, plaque tournante des trafics de toute sorte, du blanchiment d’argent sale, de la fraude fiscale, de par sa position géographique en Europe et du fait qu’elle accueille l’OTAN et les institutions européennes ainsi que les sièges de nombreuses multinationales, est évidemment au centre d’affaires judiciaires aussi nombreuse que nauséabondes.

 

Une Justice volontairement désarmée

 

La fraude fiscale professionnalisée a pris de telles proportions que la Justice belge ne disposait plus de moyens suffisants pour une lutte efficace. Les dossiers des fraudeurs – fort souvent d’importantes multinationales – s’accumulaient dans les bureaux des magistrats jusqu’au moment où ils étaient prescrits. Leurs avocats grassement rémunérés veillaient d’ailleurs à « atteindre la prescription ».

 

La cause de ces carences n’était pas seulement les faibles moyens de la Justice. Elle se trouvait aussi dans le manque de coordination entre l’Etat, l’administration fiscale, la police, la Justice. En clair, la machine ne tournait plus.

 

 

 

christian_de_valkeneer.jpg 

Le Procureur général de Liège, Christian De Valkeneer, un des meilleurs magistrats de Belgique, souhaite que la loi sur les transactions exclue les politiciens. 

 

 

Aussi – et avec l’accord des magistrats – une loi passée quasi inaperçue a été votée par le Parlement belge il y a deux ans. Cette loi permet la transaction entre la Justice et le fraudeur afin d’arrêter les poursuites pénales. Bref, on se rachète une vertu, moyennant bien sûr espèces sonnantes et trébuchantes dont le montant est négocié avec le Parquet. C’est tout intérêt pour l’Etat qui récupère une partie de la fraude – cela vaut mieux que rien du tout en ces temps d’austérité budgétaire – cela soulage la magistrature de nombreux dossiers qui n’aboutiraient pas de toute façon et cela est tout avantage pour le fraudeur qui voit, certes, le bénéfice de son forfait lui échapper en partie, mais qui est donc lavé de tout soupçon. Comme l’écrit « Marianne » édition belge : « … la transaction élargie ne constitue rien d’autres qu’une petite arme supplémentaire au service d’une justice en retard d’une guerre sur la fraude de grande envergure. » En outre, tout cela se déroule dans le plus grand secret, même si des fuites parviennent de temps à autre à la presse.

 

 

La démocratie en danger

 

 

Il s’agit purement et simplement d’une Justice de classe. Seuls, les riches peuvent se payer une vertu et échapper ainsi aux poursuites pénales. L’égalité des citoyens devant la loi est bafouée. Il s’agit d’une Justice secrète, puisque les transactions se négocient dans les bureaux capitonnés des procureurs et les décisions de Justice échappent ainsi à toute publicité. Enfin, c’est une forme de privatisation de la Justice, puisque l’Etat renonce à ses prérogatives dans ces cas : il n’y a pas de sanction pénale pour un délit par ailleurs considéré comme majeur.

 

Les partisans de ce système estiment qu’il s’agit d’un outil « au service d’une justice trop lente et inefficace et les victimes – c’est-à-dire l’Etat – parviennent à obtenir réparation ». Raisonnement néolibéral typique : pour pallier à la faiblesse provoquée de la puissance publique, l’on procède à la transaction qui est par définition privée, puisqu’il s’agit d’un accord secret entre deux parties sans autre forme de procès, c’est le cas de le dire.

 

De là à ce qu’on étende le système de transactions à d’autres types de délits voire, de crimes, pour résorber l’arriéré judiciaire, il n’y a qu’un pas qui pourrait être rapidement franchi.

 

Justice de classe, abandon de souveraineté, non respect de l’intégrité de ses ressortissants, violation des droits fondamentaux, les signaux sont au rouge en Belgique. La Justice est bafouée. La démocratie est en danger.

 

 

Pierre Verhas

 

Cette Cour ne dépend pas des institutions de l’Union européenne, mais du Conseil de l’Europe.

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 16:11

C’est un monde curieux et secret que nous décrit Merry Hermanus dans ce qu’on peut appeler ses mémoires intitulées « L’Ami encombrant » (Luc Pire, 382 pp., Liège, 2013), le monde de l’administration et de la politique en Belgique. Il l’a côtoyé et il en fit aussi partie, jusqu’il y a peu.

 

 

 merry_hermanus.jpg

Merry Hermanus livre sa vision des choses sans complaisance.

 

 

C’est aussi l’histoire du socialisme à Bruxelles qu’il a vécu de près et qu’il décrit sans complaisance ni amertume.

 

Toute sa vie professionnelle fut consacrée à la fonction publique avec, certes, un éphémère mandat de député régional comme il l’écrit lui-même et deux mandats d’échevin à sa commune de Jette. Mais, si on veut le comprendre, sa profession s’inscrivait dans un cadre plus large : il est avant tout un militant. Merry Hermanus décrit ses débuts de fonctionnaire. Après avoir réussi brillamment un concours de recrutement, il fut enterré dans l’administration provinciale et courtelinesque du Brabant dont il s’évada très vite. Jeune agent de l’Etat, il eut un projet en tête : moderniser  et informatiser la fonction publique. Cependant, s’il y eut par la force des choses, modernisation et informatisation, il ne parvint jamais à imposer ses idées dans ce qu’il appela plus tard le « Far west informatique ».

 

Hermanus, même s’il fit une splendide carrière de commis de l’Etat, en dépit des accidents sérieux qui ont bouleversé son parcours, fut toujours, selon ses propos, un « infiltré ». Cependant, il comprit très vite le système : « Tout au long de ma carrière, j’ai d’ailleurs pu constater que ceux qui se mettaient en tête de vouloir moderniser l’Administration en ignoraient les fondements essentiels, à savoir qu’elle est au service des citoyens et des élus. »

 

Et l’auteur ajoute, et c’est sans doute là le secret de cette cohabitation permanente entre l’administratif et le politique chez lui : « Le rêve de beaucoup de fonctionnaires étant d’être une fois pour toutes débarrassés du politique, ne se rendant nullement compte qu’alors nous rentrerions dans un autre système politique. »

 

Exclu du Parti socialiste pour le réintégrer par la grande porte.

 

En 1971, Merry Hermanus décida de réintégrer le Parti socialiste… dont il avait été exclu sept années plus tôt ! En effet, il faisait partie des Jeunes Gardes Socialistes qu’on accusait de « trotskisme » et qui furent dissoutes par le Parti. Commença alors sa longue carrière de « cabinetard » - ce qu’il ne fut jamais en fait – d’abord chez Irène Pétry, éphémère ministre de la Coopération  au développement, femme de gauche, au tempérament aussi bouillant que brouillon, n’ayant d’après lui aucun feeling politique. Cependant, il y apprit beaucoup de choses et put voir l’autre côté du miroir. À son niveau, anticolonialiste convaincu, il fut en quelque sorte le loup dans la bergerie de ces anciens coloniaux qui squattaient ce qu’il appelle « l’OVNI administratif de la coopération au développement ».

 

 

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Irène Pétry, femme de conviction, mais brouillonne...

 

 

Irène Pétry fut virée du gouvernement et Hermanus fut transféré au « 16 », c’est-à-dire le 16 rue de la Loi, adresse du cabinet du Premier ministre où il resta longtemps, même lorsque le PS était dans l’opposition. C’est là qu’Hermanus fut chargé des négociations pour les nominations politiques de fonctionnaires. Il acquit ainsi un pouvoir énorme. Il assura ce travail pendant vingt ans. Comme il l’écrit : « Je fus un homme très invité et redouté, flatté et bien sûr haï par ceux qui n’avaient pas obtenu satisfaction, toujours plus nombreux, cela va de soi, que ceux dont les espoirs étaient comblés. »

 

Les mains dans le cambouis

 

En outre, cela il ne l’écrit pas, il incarna le prototype même de l’intrusion « inadmissible » de la politique dans la nomination des fonctionnaires. La droite avait trouvé en lui le bouc émissaire d’une administration mille fois critiquée pour son inefficacité, ses excès de pouvoir, ses fonctionnaires, viles créatures politiques fainéantes, ignares et incompétentes. En réalité, bien que fidèle à ses « patrons », les présidents successifs du Parti socialiste auxquels il ne cachait rien, Hermanus était l’homme qui mit les mains dans le cambouis. C’est ainsi qu’il prit tous les coups pour eux et qu’il en donna aussi. Et puis, il finissait par en connaître trop « beaucoup trop ». Et cela peut finir par être dangereux. Lucide, il écrit : « …dès cette époque, je suis devenu dans le monde politique un personnage que l’on a adoré détester, et oserais-je dire que je me suis complu dans ce rôle. »

 

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Edmond Leburton n'était pas à sa place comme "Premier".

 

 

Le gouvernement Leburton se termina lamentablement, emberlificoté dans les scandales Baudrin et Ibramco. Cela permit à Hermanus de découvrir les mille et un petits secrets du petit monde des cabinets ministériels. Dans la crise, il eut la chance d’acquérir très vite une expérience qui le servit toute sa carrière. Des élections anticipées se déroulèrent en 1974 et les Socialistes furent jetés dans l’opposition. Tindemans forma un gouvernement de droite.

 

L’opposition est une période productive et dynamique.

 

Il fut avec son patron le seul socialiste à rester au « 16 » où il fut nommé. Il vit de près le fonctionnement du gouvernement conservateur de Tindemans. Cela ne l’empêcha pas de continuer à militer. Il collabora activement avec Guy Spitaels, qu’il avait connu à la CGSP, puis au cabinet Leburton et qui avait réussi à s’imposer à Ath, sa région d’origine, comme sénateur provincial. Hermanus savait choisir les hommes qui compteraient plus tard.

 

« L’opposition loin d’être une période d’abattement, est toujours productive, dynamique, révélatrice de nouveaux talents. C’est ce qui manque au PS d’aujourd’hui, au pouvoir partout, sans discontinuer depuis 1988. C’est une catastrophe pour les idées et la qualité du personnel politique. Cela change les perspectives et les mentalités. Le pouvoir pour le pouvoir est destructeur, débilitant, il éloigne les militants et attirent les carriéristes sans âme. C’est dans l’opposition que se forgent les consciences, que les nouvelles générations se lèvent. »

 

Analyse lucide des choses, qui ne plaira certainement pas à tout le monde et on peut craindre que « militer » soit un verbe qui n’a plus sa place dans l’ère de la mondialisation néolibérale où la compétition et l’individualisme ont tué la solidarité et les idéaux. Philippe Moureaux, Roger Lallemand et Merry Hermanus ont décidé de fonder le Club de Recherche Socialiste sur le modèle du CERES français de Jean-Pierre Chevènement.

 

 

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Guy Cudell : le bourgmestre symbole de St-Josse ten Noode et d'un certain socialisme

 

 

Il travailla aussi avec Guy Cudell, personnage haut en couleur, bourgmestre de Saint-Josse ten Noode jusqu’à sa mort, qu’Hermanus avait connu comme secrétaire d’Etat à la coopération au développement et aux… affaires bruxelloises. Il admirait son dynamisme, sa fougue, sa capacité à trouver de nouvelles idées et à les mettre en application et aussi, sa sincérité. Cudell organisait dans sa mairie de Saint-Josse des petits déjeuners de travail qui furent ce qu’on appelle aujourd’hui un think tank pour la future action socialiste à Bruxelles.

 

 

 

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Léo Tindemans, Premier ministre; annonçant sa démission devant un Leburton, alors Président de la Chambre, ébahi...

 

 

Le gouvernement Tindemans s’effondra en mars 1977 et des élections eurent lieu en avril 1977 où le Parti socialiste gagna deux sièges. Ce furent les négociations du pacte d’Egmont, premier grand accord sur la régionalisation, qui était mort-né. Merry Hermanus fut désigné chef de cabinet du Ministre de la Fonction publique, le Louviérois Léon Hurez qui était aussi Vice-premier ministre, dont le chef de cabinet fut Philippe Moureaux, devenu l’homme de confiance d’André Cools. Merry Hermanus appréciait Léon Hurez pour sa loyauté. Cependant, il découvrit le phénomène de cour qu’il détestait par-dessus tout, mais qu’il ne manqua pas d’exploiter. Il fit aussi la connaissance de tout ce qui « comptait » au Parti socialiste.

 

Un système

 

L’homme à tout faire fut à ce moment-là confronté à un autre aspect, moins reluisant et plus secret. Il raconte qu’un homme d’affaires flamand vint le voir et lui proposa une mallette bourrée de billets de banque. Hermanus refusa timidement et invita son interlocuteur à s’adresser au trésorier du Parti. Il eut ainsi contact avec de nombreuses entreprises. Il y eut des tentatives de corruption, une multinationale lui proposa une planque dorée. Il refusa systématiquement, mais il atterrissait, bon gré mal gré, au cœur d’un système qui finira par l’ébranler durement.

 

Hermanus dénonce aussi un phénomène qui joua un rôle funeste chez les dirigeants socialistes : l’alcool. Si Cools était une force de la nature et supportait la boisson comme personne, mais ce n’était pas le cas des autres, loin de là. Cependant, à propos de ces hommes, Hermanus avoue : « … peut-être que ces amateurs intempérants avaient plus de cœur et de tripes que les professionnels amidonnés, condamnés à l’éternel et hypocrite sourire télévisuel, formatés par des gourous en comm’, virtuoses de la langue de bois qui domine maintenant le monde politique. » Les temps changent !

 

Il y a toujours eu collusion entre le monde des affaires et les partis politiques et, évidemment, le Parti socialiste. Cette contradiction  peut gêner, mais elle est réalité. A cette époque, la fin de la décennie 1970, l’un d’entre eux, très connu, était très proche du PS : Pierre Salik. Mais son énorme influence n’était connue que d’un tout petit cercle. Un signe de l’histoire…

 

Rupture et crise

 

L’instabilité politique du moment due à l’interminable crise communautaire amena une succession de crises politiques. En 1978, le Parti socialiste éclata en une aile flamande – le SP –  et une aile francophone – le PS. Des élections s’en suivirent et le résultat des socialistes fut médiocre. Une très longue négociation s’en suivit. Philippe Moureaux, épuisé, se retira pendant deux mois. Cools et Spitaels demandèrent à Hermanus d’assurer deux cabinets, celui des PTT et celui du Vice-Premier ministre en remplacement de Moureaux qui réoccupa son poste en avril 1979, lorsque Spitaels fut nommé Vice-Premier ministre. Au passage, Merry Hermanus ne cache pas l’admiration qu’il a eue pour les ministres Robert Urbain et André Baudson qui passèrent aux PTT.

 

 

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André Cools et Guy Spitaels : deux destins liés, mais deux hommes terriblement éloignés

 

   

En mais 1980, nouveau gouvernement où sont associés les libéraux. Hermanus devint chef de cabinet du Vice-premier Spitaels et Moureaux monta comme ministre de l’Intérieur et des réformes institutionnelles. Il mit en œuvre la réforme d’août 1980 créant les régions et les communautés à l’exception de Bruxelles.

 

 

 

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Philippe Moureaux : homme de contradictions

 

 

André Cools devenait trop encombrant pour certains et était dès lors entraîné vers la porte de sortie. Il décida de quitter la présidence du PS et proposa Spitaels pour lui succéder. Un Congrès eut lieu à Namur pour élire le nouveau Président. Trois candidats étaient en lice : Spitaels, Glinne et Van der Biest. Malgré l’appui de tout l’appareil du Parti, Glinne était un rival sérieux. Il y eut deux tours et, personnellement, je sais qu’il y a eu de la tricherie pour l’éliminer, car logiquement Glinne avait plus de voix que Spitaels. Hermanus ne le dit pas, mais il explique qu’il a fallu rattraper dare dare entre deux tours les délégués de… Molenbeek, nouvelle commune de Moureaux, qui préféraient l’ambiance des bistrots namurois à celle de la salle du centre culturel de la future capitale wallonne. Heureusement, sinon c’était fichu pour Spitaels, tricherie ou non.

 

D’un cabinet à l’autre

 

Hermanus fut ensuite nommé chef de cabinet de Mathot qui remplaça Spitaels au poste de Vice-premier. Autant, il décrit le caractère brouillon du Liégeois, autant il admire son intelligence hors du commun et sa rapidité à appréhender les choses. Mais cette période fut émaillée de bizarreries, de comportements étranges. Il raconte qu’un jour, il vit sortir une femme nue du bureau du ministre !

 

 

 

  

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Guy Mathot garda ses secrets.

 

 

Après les élections de 1981, catastrophiques pour le PS, qui ne fut pas repris dans la nouvelle coalition chrétienne libérale, mais qui assura les présidences des nouveaux gouvernements de la communauté française et de la région wallonne, Hermanus devint chef de cabinet de Moureaux, premier ministre président de la communauté française. Toujours le cambouis !

 

Après l’aventure du cabinet, Hermanus parvint à se faire nommer secrétaire général du ministère de la Communauté française d’abord place Stevens, dans l’immeuble tour qui fut construit sur le site de l’ancienne Maison du Peuple et ensuite à Molenbeek, dans un bâtiment construit boulevard Léopold II, au coin de la rue Ribaucourt.

 

Le maelström

 

Des contrats avec INUSOP, l’Institut de sondage fondé par l’ULB et dirigé par Nicole Delruelle, par ailleurs grande amie d’André Cools, firent l’objet d’une enquête judiciaire. C’est là qu’il vécut toutes les lâchetés de ses pairs. De démiurge de la fonction publique, il devint le pestiféré rejeté pour tous. Après l’assassinat d’André Cools, l’affaire Agusta Dassault de pots de vin pour l’achat d’hélicoptères militaires mena devant la Cour de cassation les plus grands leaders socialistes dont Willy Claes, à l’époque secrétaire général de l’OTAN, Guy Matot, Guy Spitaels et Merry Hermanus.

 

Moureaux et Spitaels étaient deux fortes personnalités dissemblables sur bien des points mais ayant en commun une arrogance, un autoritarisme et un ego démesurés. Et pourtant, Hermanus qui les a fréquentés, qui fut leur homme à tout faire, a détecté chez eux d’immenses faiblesses, derrière leur masque hiératique. Dès qu’on pénètre dans leur intimité, ses personnages publics se transforment parfois en enfants pathétiques.

 

Un soir, juste avant le déclenchement de l’affaire INUSOP, la compagne de Philippe Moureaux le supplia de venir de toute urgence. Il trouva un Moureaux hagard, couché sur un lit, un revolver sur la table de chevet. Il lui fit une série de confidences et afficha ainsi une terrible faiblesse face à la tempête qui s’annonçait. Hermanus en fut abasourdi. Il avait devant lui un homme abattu, désespéré, pleurant sur son sort.  Lui qui avait connu la prison, qui y avait, comme il l’écrit, trouvé de la sérénité, car il a vécu ce que ses chefs ignoraient, eut difficile à accepter cette faiblesse soudaine devant l’adversité. Il se rendit compte, sans doute, car il ne l’affirme pas, que cet homme si sûr de lui et dominateur n’était qu’apparence torturé par une origine sociale qui n’était pas en phase avec les idées qu’il exprimait et surtout qui ne parvenait pas à les assumer.

 

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Guy Spitaels : sphinx au visage hiératique

 

 

Spitaels était différent. Nul ne peut le remettre qu’à un sphinx jetant sur le monde le regard d’une mystérieuse supériorité, même dans les circonstances les plus tragiques.  Hermanus raconte la cérémonie de funérailles de sa fille. En effet, Spitaels a supporté le pire drame qu’un père puisse rencontrer : la perte tragique d’un enfant. La cérémonie eut lieu à l’hôtel de ville d’Ath. Une foule immense s’y trouvait. Merry Hermanus après avoir fait la file se trouva devant ce père écrasé par la douleur, mais debout, silencieux, au regard lointain, à qui il serra la main sans dire un mot. Un moment impressionnant. Et pourquoi avait-il choisi de montrer son chagrin devant cette multitude ? Une autre fois, Spitaels caricaturé en Louis XIV par le dessinateur du « Soir », Royer, organisa une réception dantesque au Cinquantenaire où il invita tout ce qui comptait en Belgique il se conduisit en « roi soleil » et afficha sa velléité dominatrice.

 

Pourtant, comme l’écrit Hermanus : « Le miroir du réel était manifestement brisé. »  

 

Où est le socialisme ?

 

Des milliers de militants, dont j’ai fait partie, ont cru et oeuvré à l’avènement d’un socialisme démocratique. Nous pensions après 1968  que la révolution était en définitive illusion et ne mènerait qu’au désastre. Nous pensions que des hommes comme André Cools et Philippe Moureaux pourraient, comme d’autres l’ont tenté ailleurs, réussir ce compromis historique entre la démocratie libérale et le socialisme de justice. Cela fut impossible.

 

Cools, après avoir été balayé par ses pairs, fut dix ans après assassiné dans des circonstances non encore élucidées. Les scandales Agusta et INUSOP flétrirent à tort ou à raison le PS. Hermanus, en bon soldat, assuma ce qu’il n’estima pas être une faute, mais Spitaels se réfugia dans la dénégation et le déshonneur. Moureaux, éclaboussé mais non atteint,  prôna de son côté, fort de sa principale œuvre politique, la loi réprimant les actes de racisme, un illusoire multiculturalisme qu’il confondit avec l’universalisme. 

 

Le Parti socialiste s’est dès lors retrouvé sans chef, sans direction. Désormais, seul le pouvoir compte, pouvoir que ce Parti exerce depuis 1988 sans discontinuer. Elio Di Rupo, son actuel chef de file, en dépit de ses efforts sans doute sincères, n’arrive pas à s’imposer. Les idées ne sont plus là et surtout, le cœur n’y est plus.

 

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Merry Hermanus est un "voltairien" au fond de lui-même.

 

 

Merry Hermanus ne règle pas ses comptes, comme certains l’ont tout de suite proclamé dès la parution de son livre. Il livre sa vision des choses. Certes, tout n’est pas dit et ce qui est dit peut gêner. Mais il attire l’attention sur un point essentiel : le Socialisme n’a plus de militants. Cependant, qui dit que bientôt, d’autres, face à la terrible crise actuelle, ne s’engageront pour construire une société socialiste sur des bases nouvelles, tirant les leçons des terribles erreurs du passé. C’est ainsi que se construit dramatiquement l’avenir.

 

 

Pierre Verhas

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 21:32

Le courage ne paye pas au PS.

 

La députée européenne socialiste belge Véronique De Keyser connue pour son courage politique et personnel, réelle militante de l’humanitaire. Elle n’est pas du genre à se faire photographier les pieds dans l’eau, portant des sacs de riz. Elle va sur le terrain là où cela se passe. Elle était entre autres à Gaza lors de l’opération « plomb endurci ». Elle a relancé l’enquête sur l’assassinat en 1950 du député président du Parti communiste belge de l’époque, Julien Lahaut. Elle vient de publier un livre sur l’injustice subie par les Palestiniens, avec comme coauteur, feu Stéphane Hessel.

 

 

 

 Véronique De Keyser

Véronique De Keyser s'aperçoit que le courage ne paye pas au PS !

 

 

Bref, Véronique De Keyser ne cache pas des convictions bien ancrées. Elle vient de le prouver une fois de plus. Mais cette fois-ci, cela pourrait lui coûter très cher. La députée européenne se trouvait il y a une dizaine de jours au Liban pour se rendre compte de la situation humanitaire des réfugiés syriens qui ont fui les atroces combats qui s’y déroulent. Véronique De Keyser estime qu’il faut absolument mettre en place un couloir humanitaire. Des Syriens qu’elle a rencontrés lui proposent d’aller en Syrie voisine et de rencontrer Bachar El Hassad. Elle accepte à la condition que cette entrevue ne fasse pas l’objet de publicité, qu’il n’y ait pas de photographes et pas de poignée de main.

 

La rencontre a lieu. Elle semble avoir donné des résultats. Elle a déclaré à l’agence Belga (l’AFP belge) : « J’ai beaucoup hésité quand on m’a proposé de rencontrer le président Al-Assad, c’est une responsabilité personnelle et politique assez lourde », reconnaît-elle, mais «  quand on va en Syrie, on va ou du côté des rebelles, ou du côté gouvernemental ».

 

 

Après avoir parlé avec l’UNRWA et l’Unicef, notamment sur la situation humanitaire de la population syrienne, l’eurodéputée a « longuement » parlé avec la ministre syrienne des Affaires sociales. Elle a ensuite rencontré le président Bachar Al-Assad. « Nous sommes revenus sur l’ampleur des groupes terroristes qui se mêlent à l’opposition régime syrien et prennent parfois aussi en otages les habitants en refusant aux organisations humanitaires l’accès aux populations. »

 

 

Le président syrien « n’est pas accroché au pouvoir, mais il dit ne pas pouvoir partir maintenant » et renvoie aux élections de 2014. L’eurodéputée a abordé plusieurs dossiers à la demande des organisations humanitaires, mais n’a parfois reçu que « des réponses partielles ».

 

 

Bachar Al-Assad « est extrêmement content de l’accord russo-américain » sur les armes chimiques et « travaille à une issue politique au conflit ».

 

 

Véronique De Keyser lance un signal d’alarme : «  l’état humanitaire va faire plus de victimes que la guerre ». « Il faut que l’Europe ouvre un peu plus ses frontières. Je suis assez fière de ce qu’on fait là-bas, mais ça reste très en-dessous des besoins ».

 

Patatras ! Le PS belge n’est pas d’accord. Elle n’avait pas à rencontrer Bachar. Streng verboten ! En effet, cela n’est pas conforme à la ligne atlantiste adoptée en catimini par ce Parti. Et tant pis pour les efforts de l’eurodéputée de Liège.

 

Mais, il y a autre chose. Les instantes dirigeantes du PS cherchent depuis longtemps à se débarrasser de la bouillante liégeoise qui en fait vraiment trop à sa tête et qui, par respect de ses convictions profondes, est incapable d’avoir le doigt sur la couture du pantalon.

 

Et le Parti pousse une autre candidate qu’il doit recaser après plusieurs couacs, Marie Arena, ancienne ministre qui n’a pas laissé de très bons souvenirs, ex-binchoise – les Gilles n’en voulaient pas –, ex-chimacienne – pour les mêmes raisons –  et actuelle bruxelloise où sa popularité n’est pas au top des sondages.

 

Au PS, le courage ne paye manifestement pas !

 

Les entreprises publiques belges à la dérive

 

L’affaire Snowden est en train de faire des victimes en Belgique. « On » découvre tout à coup que Belgacom s’est fait pirater par des logiciels espions. On soupçonne d’abord la NSA. Non. Ce n’est pas elle. Ce serait trop facile. Les coupables sont les services secrets britanniques. James Bond met son nez dans les télécommunications du royaume de Belgique ! Horresco referens ! On ne sait pas très bien ce qui a été espionné (la Commission européenne dont le siège est à Bruxelles, disent certains, mais ce n’est pas établi).

 

Le CEO de Belgacom, Didier Bellens, est déjà sur la sellette. Il avait déjà fait quelques sottises qui n’avaient pas du tout plu au ministre de tutelle, le socialiste liégeois Jean-Pascal Labille. Et en plus, vient se greffer cette sombre histoire d’espionnage informatique qui prouve que la protection du principal opérateur télécom belge ne vaut pas tripette. Conférence de presse commune entre le ministre et le (toujours…) patron de Belgacom, où les explications sont plutôt confuses.

 

 

 

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Jean-Pascal Labille, ministre des entreprises publiques et Didier Bellens, CEO de Belgacom. Ces deux là ne s'apprécient guère !

 

 

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, on apprend que le mandat du président du Conseil d’administration de Belgacom, Michel Moll – étiqueté MR, libéral francophone – n’est pas reconduit. C’est qu’on a « découvert » que notre bon M. Moll était en plus de sa présidence de Belgacom, consultant pour l’entreprise chinoise Hunwei – soupçonnée d’espionnage par la CIA, le Congrès américain et la Sûreté de l’Etat belge, rien que ça ! – qui a remporté un contrat de plusieurs millions d’Euros avec Belgacom en 2009. L’hebdo « Marianne – Belgique » estime que Michel Moll qui jure qu’il n’est pour rien dans ce marché, aurait touché 950.000 Euros de Huawei. En outre, on sait que Michel Moll et Didier Bellens sont très proches.

 

Et last but not least, on apprend que Didier Bellens aurait vendu pour 3,2 millions d’Euros d’actions Belgacom qu’il détenait comme CEO dans le cadre des fameux stocks options. Le patron (encore) en titre n’aurait-il plus confiance dans l’entreprise qu’il estime diriger de main de maître ? Les rats quitteraient-ils le navire ?

 

Autre chose : l’ex président de la SNCB, Michel Descheemaecker (étiqueté libéral flamand), qui va prendre la direction de Brussels Airport, a comparé sur Facebook le ministre de l’économie, le socialiste flamand Johan Van de Lanotte à Marlon Brando dans le rôle du « Parrain ». Descheemaecker est un homme qui semble très bien s’y connaître en matière de mafia.

 

 Michel Descheemaecker

Michel Descheemaecker, ex calamiteux président de la SNCB, traite le ministre Van de Lanotte de mafieux. Il doit s'y connaître !

 

 

Ce sinistre cirque démontre, si c’est encore nécessaire, que la calamiteuse loi de 1991 sur les entreprises publiques qui a, en quelque sorte « semi » privatisé les services publics de la Poste, des Télécommunications et des Chemins de fer ne fonctionne pas.

 

 

Il est plus que temps d’en revenir à la notion de service public. Ces derniers événements montrent que c’est loin d’être « ringard ».

 

 

Les fachos ont le vent en poupe.

 

 

Les tergiversations de l’UMP en France, l’attentisme du PS au pouvoir qui n’a l’air de se rendre compte de rien, montrent que le Front national a le vent en poupe. Un Fillon, ancien premier ministre de Sarkozy, qui est prêt à laisser passer des candidats FN au second tour, les divisions du parti qui n’a même plus le nom de gaulliste, liquidé par les fraudes de Sarkozy, la présidence chaotique de François Hollande, la nullité d’un Harlem Désir qui ne contrôle pas son parti ouvrent un boulevard à la formation de Marine Le Pen.

 

 

 

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Marine Le Pen, toute à sa joie, tire la langue. Elle a de quoi être heureuse !

 

   

Des sondages montrent que le parti fondé par l’homme du « détail de l’histoire » pourrait  battre le PS, parti majoritaire au pouvoir, aux élections européennes. Le FN pourrait emporter de grandes villes comme Nice et Marseille et plusieurs villes moyennes, tout en s’implantant dans les zones rurales, aux prochaines élections municipales.

 

 

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Démonstration d'Aube Dorée. Un danger mortel !

 

En Grèce, le parti néo-nazi « Aube dorée » a commencé à répandre le sang. Il représente un danger quotidien pour les Grecs en s’imposant par la violence. Et n’oublions pas la Hongrie de Viktor Orban qui a instauré un régime autoritaire fascisant dans le pays des Magyars.

 

La Commission européenne qui est si à cheval sur les dérives des Etats-membres est bien silencieuse sur cette montée en force de l’extrême-droite en Europe. Pourtant, elle porte une lourde responsabilité, notamment en Grèce, via la fameuse « troïka » qui a détruit ce pays et par sa passivité à l’égard de la Hongrie, en dépit des Traités européens qui l’obligeaient à réagir. Et la certaine réélection d’Angela Merkel pourrait imposer encore plus de rigueur à des pays déjà exsangues.

 

Et, pire encore, nous en parlerons bientôt, le déclin industriel de l’Europe qui est la conséquence de ces politiques suicidaires entamées il y a près de trente ans, ne fera qu’accentuer ce phénomène.

 

On dirait vraiment qu’on le cherche !

 

Pierre Verhas

 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 20:29

 

Tout est dit  dans ce splendide court-métrage de Ken Loach

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xghdk_11-septembre-ken-loach_news

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 20:36

 

« Uranopole » ne s’est pas exprimé sur la Syrie depuis l’appel du 27 août dernier de François Hollande à une intervention militaire suite à l’usage d’armes chimiques sur des populations civiles par l’armée de Bachar El Assad, ou par les rebelles.

 

Le lecteur devine notre point de vue à ce sujet et l’exprimer pour le moment n’aurait qu’un intérêt limité, car cela n’apporterait rien sinon l’expression aussi vaine que gratuite d’une bonne conscience. Cependant, nous ne pouvons que nous réjouir de la prise de position quasi unanime de l’opinion publique tant étatsunienne qu’européenne contre ce projet d’intervention, à l’exception risible de quelques prétendus intellectuels va-t-en guerre.

 

Le blog « Uranopole » a publié il y a un an l’analyse d’Alain Chouet, ancien officier des services secrets français et spécialiste du Proche Orient (http://uranopole.over-blog.com/article-syrie-un-conflit-dangereux-et-mal-connu-109583750.html). Elle permet encore aujourd’hui de mieux comprendre la nature de cette situation aussi dramatique que complexe.

 

Pour nous exprimer à ce sujet, nous estimons qu’il faut attendre le vote du Congrès américain qui donnera ou non le feu vert à l’intervention militaire américaine souhaitée par le président Obama. Les paris sont ouverts : qui de l’opinion ou du complexe militaro industriel emportera la partie ?

 

Ce vote aura une importance primordiale pour l’avenir des relations internationales et aussi – et surtout – pour celui des peuples du monde, car en cas de refus du Congrès, ce serait la première fois que l’Etat profond américain subirait une défaite. Wait and see comme disent nos amis anglo-saxons.

 

En attendant, nous proposons à nos lecteurs cette lettre ouverte aussi impertinente qu’emplie de pertinence  de Pierre Charasse, ancien diplomate, adressée au Président François Hollande, publiée par « Mediapart » et le site « Le Grand Soir ».

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

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Pierre Charasse n'use pas de la langue (de bois) diplomatique sur la Syrie.

 

 

Syrie : la lettre d’un ancien ambassadeur de France à François Hollande


Pierre Charasse

Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur [1], notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne. Pierre Charasse tient le blog La Tour de Babel (http://latourdebabelworldpress.com/).

 

 

Mexico, le 2 septembre 2013

 

Monsieur le Président de la République

Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une intervention militaire chirurgicale en Syrie.

 

 

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

 

 

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu’ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

 

 

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

 

 

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

 

 

 

colin-powell-anthrax-irak.jpg

Tout le monde a en mémoire la sinistre mascarade à laquelle s'est livrée Colin Powell à l'ONU en 2003 pour prétexter une attaque de l'Irak.

 

 

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre, et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

 

 

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

 

 

 

Chambre_communes.jpg

David Cameron n'a pas réussi à convaincre la Chambre des communes. Obama réussira-t-il devant le Congrès américain ?

 

 

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront la bonté de laisser aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

 

 

Après cette victoire pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

 

 

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

 

 

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses. Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

 

 

 

charles_de_gaulle_porte_avions.jpg

 

Le porte-avions "Charles de Gaulle" aura fort à faire, s'il n'est pas immobilisé à Toulon !

 

 

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur, serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction des moyens du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

 

 

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

 

 

« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

 

 

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Petersbourg de changer de cap pour mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

 

 

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

 

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

 

 

Pierre Charasse, Français de l’étranger, contribuable et électeur.

 

[1Pierre CHARASSE  Né en 1948 Diplomate de carrière de1972 à 2009

A occupé différents postes dans les Ambassades de France en Union Soviétique, à

Guatemala, à Cuba (1973-1983), au Mexique (1989-1993). Conseiller technique au

cabinet de Claude Cheysson, Ministre des Relations Extérieures et Pierre Joxe,

Ministre de l’Intérieur (1984-86). Consul Général à Naples (1986-1989), Barcelone

(1996-2000). Ambassadeur en Uruguay (1993-1996), au Pakistan (2003-2005) et au

Pérou (2005-2008). Ambassadeur Itinérant chargé de la coopération Internationale

contre la criminalité organisée et la corruption (2000-2003). Chef de la délégation

française à la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes

légères (2000-2001), au Xème Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime

et la justice pénale (2001), à la Commission des Stupéfiants (2001-2002). Secrétaire

Général de la Conférence ministérielle “Les routes de la drogue de l’Asie centrale à

l’Europe” (2003). Observateur du Gouvernement français au 1er et 2ème “Forum

Social Mondial” (Porto Alegre). Membre du Conseil des Affaires Etrangères (2008-

2009) 

 

A effectué de nombreuses missions officielles en Europe, Asie, Afrique et Amérique

latine. 

 

Activités privées: 

 

Membre du Conseil d’administration de la Maison de l’Amérique Latine (Paris)

Vice-président de l’Observatoire Géopolitique des criminalités (Paris)

Membre-associé du Consejo Mexicano de Asuntos Internacionales-COMEXI (Mexico)

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Published by pierre verhas
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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 10:41

 

Nos lecteurs savent que ma position sur le voile islamique est claire. Je suis opposé à son interdiction dans les écoles secondaires, supérieures et dans les établissements publics, car je considère qu’elle est une atteinte à la liberté de conscience.

 

Les arguments des féministes comme quoi le voile est le symbole de  l’infériorisation de la femme, qu’il serait discriminatoire, qu’il constitue une contrainte, ne tiennent pas. Il suffit de voir autour de soi dans les villes occidentales. Les femmes portant le voile le font par tradition ou par dévotion. Des jeunes filles le portent parce que cela se fait, ou parce que c’est leur conviction.

 

Ce bout de tissu qui fait l’objet de tant de polémiques ne provoque en réalité aucun trouble dans notre société, sauf de la part de celles et de ceux qui le veulent ou qui ne tolèrent pas l’expression d’autres religions.

 

Si la liberté de ports de signes religieux ou « convictionnels » (un de ces néologismes euphémisés dont nos médias sont friands pour diluer la réalité) doit être défendue, la liberté d’exprimer d’autres convictions doit l’être avec autant de vigueur.

 

Depuis quelques mois, dans les pays qui ont connu ce qu’on a appelé le « printemps arabes », les nouveaux pouvoirs fortement islamisés non seulement installent une société patriarcale, où les règles religieuses se substituent aux lois civiles, où la liberté de conscience est bafouée.

 

La liberté de conscience ne se partage pas. Autant, nous ne pouvons tolérer les atteintes à la liberté d’expression religieuse ; autant les interdits religieux de l’expression laïque, agnostique, athée sont inacceptables.

 

Dans les pays dominés par des partis islamistes, nous assistons, à peine un an après leur prise de pouvoir par la voie électorale, à de graves atteintes aux droits de l’homme et à la liberté de conscience. Les femmes en sont les premières victimes, car le fanatisme les vise au premier chef. Mais il y a aussi des hommes qui sont traqués, emprisonnés pour le simple motif d’avoir exprimé leur désapprobation, ou pire, leur athéisme !

 

Et curieusement, tous ceux qui militent pour la liberté religieuse – entre autres pour la liberté du port du voile – sont silencieux sur ces cas.

 

 

Il n’y a pas deux poids, deux mesures : la liberté de conscience ne se partage pas ! Elle est universelle ou n’est pas !

Ainsi, il y a actuellement le cas d’un jeune Tunisien, du nom de Jabeur Mejri, condamné à sept ans et demi de prison en première instance, puis en appel, pour avoir exprimé son athéisme sur Facebook !

 

Inutile d’épiloguer suer l’absurdité et l’ignominie de cette condamnation. Le peuple tunisien qui a mené une splendide révolution pour se débarrasser du dictateur Ben Ali, a conduit au pouvoir le parti Ennadah, parti islamiste « modéré », grâce à un scrutin qui lui a donné une majorité relative. À l’époque, la « grande » presse européenne évoquait un parti similaire aux partis démocrates chrétiens d’Europe occidentale et fustigeait toute inquiétude à cet égard. Aujourd’hui, on sait ce qu’il en est !

 

Ce pouvoir montre son vrai visage et pose une chape de plomb sur le peuple tunisien dans la totale indifférence de l’Europe.

 

Cependant, des signes de résistance existent et on peut raisonnablement espérer que le peuple tunisien chassera un jour ou l’autre ses nouveaux oppresseurs. Mais, pour cela, il faut l’encourager et l’aider.

 

Aussi, j’appelle les lecteurs du blog « Uranopole » à signer cette pétition parue sur Avaaz pour la libération de Jabeur Mejri.

 

Signez et faites signer la pétition pour la libération de Jabeur Mejri

 

 

Libérez Jabeur Mejri !

 

Cette pétition se trouve sur le Site de Pétitions Citoyennes d'Avaaz -- elle s'intitule "Libérez Jabeur Mejri, jeune Tunisien en prison pour délit d'opinion"


« Nous pensons qu'ensemble nous pouvons agir pour la défendre. Notre objectif est de recueillir 50.000 signatures (et non pas 100 comme indiqué par erreur dans la pétition). Nous avons besoin de votre aide pour y parvenir. L’information peut  aussi  être mise sur Facebook. Parlez-en autour de vous et faites-en prendre conscience vos enfants adolescents!


La pétition, qui ne peut être exprimée techniquement dans plusieurs langues à la fois, est adressée à M. Marzouki, le président de la république tunisienne et à Mme. Ashton, haute représentante du Service d’Action Extérieure de l’Union européenne. »

Pour en savoir plus et signer la pétition, cliquez ici:


http://www.avaaz.org/fr/petition/Liberez_Jabeur_Mejri_jeune_tunisien_en_prison_pour_delit_dopinion//?launch

 

 

La liberté de conscience est un combat sans relâche. C’est l’avenir de notre société et ce sont nos valeurs qui sont en jeu.

 

Pierre Verhas

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