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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 20:36

 

 

L’informaticien belge, Lionel Dricot, le représentant du « Parti Pirate » en Belgique qui s’est présenté aux élections communales d’octobre 2012 où il a obtenu 3,42 % à Tournai et a manqué de 14 voix un siège à Ottignies-Louvain la Neuve, est connu pour prôner la transparence et la liberté sur la « toile ».

 

 

 

lionel_dricot.jpg

Lionel Dricot dit "Ploum", compagnon de la libération numérique

 

 

 

Dricot qui signe souvent sous le pseudonyme de « Ploum » considère que l’on n’a pas encore la culture Internet, qu’on l’utilise mal, qu’on ne comprend pas encore la potentialité de cet outil qui peut nous apporter énormément et révolutionner la manière de communiquer entre nous et de changer la société au-delà des clivages et des frontières.

 

 

Ce qu’il appelle la « génération numérique » se développe et constitue un défi à la société traditionnelle et surtout à la classe dirigeante qui y perçoit un danger majeur. Celle-ci fait tout pour empêcher la culture numérique de se substituer à la communication traditionnelle hiérarchisée, contrôlée, censurée.

 

 

Les affaires Wikileaks – Branning et NSA – Snowden montrent que la classe dominante a déclaré la guerre et remet en question le principe de base de la liberté d’expression. C’est ce qu’explique Lionel Dricot dans cet article paru sur son site et repris par le site « Le Grand Soir ».

 

 

Cet article est une analyse fouillée et pertinente de la part de quelqu’un qui sait de quoi il parle. Il condamne l’usage abusif des lois anti-terroristes qui ont pour réel objet d’entraver l’expression, il craint que la classe dirigeante installe peu à peu une société caporalisée, totalitaire où toutes et tous sont mis sous contrôle permanent et risquent en cas de « dérapage » les pires sanctions.

 

 

Une réserve dans son analyse : si Dricot fait allusion à la crise financière qu’il considère provoquée de toute pièce, il n’inclut pas dans son analyse la dimension économique, le pouvoir colossal des multinationales et des grandes banques internationales.

 

 

S’il est optimiste en pensant que la classe dirigeante finira par être dépassée par le développement du numérique, il ne se rend pas compte que c’est elle qui en élabore la conception et en contrôle l’utilisation. Or, les instruments qu’elle met sur le marché sont destinés à ôter toute autonomie aux utilisateurs. Un exemple : ne voit-on pas que les tablettes numériques qui remplacent peu à peu les classiques PC et autres notebooks font en sorte que l’utilisateur n’aura progressivement plus la possibilité de stocker des données et qu’il sera contraint de les mettre sur le « cloud » dont on ignore qui en a le contrôle. Nul doute que la NSA et autre service de renseignements, eux, le savent ou, pire, en ont ledit contrôle.

 

NSA-Utah.JPG

 

Le siège de la NSA en Utah, l'Etat des Mormons que ce service utilise pour leur connaissance des langues et des informations sur les personnes dans le monde. Ce site contient les ordinateurs les plus puissants du monde. (Keystone)

 

 

De plus, les logiciels « libres » risquent de ne plus être accessibles par ce biais. Bref, la classe dirigeante n’a pas encore dit son dernier mot, loin de là.

 

 

Que cela n’empêche pas le lecteur de prendre connaissance de cette excellente analyse de « Ploum » qui mérite la distinction de « compagnon de la libération numérique ».

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

jeudi 29 août 2013

La première guerre civile mondiale


Lionel Dricot

Chaque jour qui passe apporte son lot de confirmation sur une vérité que beaucoup voudraient ignorer : nous sommes en guerre. Une guerre larvée, relativement calme mais une guerre tout de même.

 

Contrairement à une guerre traditionnelle, une guerre civile n’a pas de front bien tracé, de belligérants clairement identifiables à la couleur de leur uniforme. Chaque camp est partout, au sein d’une même ville, d’un même quartier, d’une même famille.

 

D’un côté, nous avons une classe de pouvoir. Riches, puissants, ils ont l’habitude de contrôler, ils ne connaissent pas le doute. Ils décident et sont intimement persuadés de le faire dans l’intérêt général. Beaucoup, ni riches ni puissants, les soutiennent. Par peur du changement. Par habitude. Par intérêt personnel. Par crainte de perdre certains acquis. Ou par incapacité intellectuelle de comprendre la révolution à l’œuvre.

 

De l’autre, voici la génération numérique. Issus de tous les sexes, tous les âges, toutes les cultures, tous les emplacements géographiques. Ils discutent entre eux, s’échangent des expériences. Découvrant leurs différences, ils se cherchent des points communs en remettant tout en question, jusqu’à la foi et aux valeurs profondes de leurs parents.

 

Cette population a développé des valeurs qui lui sont propres mais également une intelligence analytique hors du commun. Les outils dont elle dispose lui permettent de pointer très vite les contradictions, de poser les questions pertinentes, de soulever le voile des apparences. À travers des milliers de kilomètres de distance, ses membres peuvent ressentir de l’empathie pour tous les humains.

 

Un fossé grandissant

 

Longtemps, j’ai été persuadé qu’il ne s’agissait que d’une question de temps. Que la culture numérique imprégnerait de plus en plus chaque individu et que les plus réfractaires finiraient par disparaître, au fil des générations et du renouvellement naturel.

 

Malgré la popularisation des outils tels que le smartphone ou Twitter, cette fracture ne s’est pas résorbée. Au contraire, elle n’a fait que s’empirer. L’ancienne génération n’a pas adopté la culture numérique. Elle s’est contentée de manipuler aveuglement les outils sans les comprendre, en une parodie désespérée du culte du cargo. Résultats : des musiciens qui insultent leurs propres fans, des journaux dont le site web, envahi de publicités, semble être une copie conforme de la version papier, des jeunes politiciens qui utilisent Facebook ou Twitter comme une machine à publier des communiqués de presse sans jamais tenter de communiquer avec leur électorat.

 

Il y a 40 ans, deux journalistes révélaient au monde que le président de la nation la plus puissante utilisait les services secrets pour mettre sur écoute ses adversaires politiques. Ce travail d’investigation leur vaudra le prix Pulitzer et mènera à la démission du président.

 

Aujourd’hui, des acteurs imprégnés de culture numérique révèlent au monde que le président à mis le monde entier sur écoute ! Qu’il envoie des hommes massacrer cyniquement des civils. Ces révélations leur vaudront 35 ans de prison pour l’un et une traque à travers le monde entier pour l’autre. Le président en question est, quant à lui, titulaire d’un prix Nobel de la paix.

 

La mort du journalisme

 

Contrairement au Watergate, il n’est plus possible de compter sur la presse. Une grande partie des journalistes ont tout simplement cessé tout travail de fond ou d’analyse. Les journaux sont devenus des organes de divertissement ou de propagande. Un esprit un peu critique est capable de démonter la majorité des articles en quelques minutes de recherches sur le web.

 

Et lorsque certains journalistes commencent à creuser, ils voient leur famille se faire arrêter et détenir sans raison, ils reçoivent des menaces politiques et sont forcés de détruire leur matériel. Le site Groklaw, qui fut un site déterminant dans la publication d’actualités liées à des grands procès industriels, vient de fermer car sa créatrice a pris peur.

 

La classe dirigeante a décidé que le journalisme devait se contenter de deux choses : faire craindre le terrorisme, afin de justifier le contrôle total, et agiter le spectre de la perte d’emplois, afin de donner une impression d’inéluctabilité face aux choix personnels.

 

Bien sûr, tout cela n’a pas été mis en place consciemment. La plupart des acteurs sont intiment persuadés d’œuvrer pour le bien collectif, de savoir ce qui est bon pour l’humanité.

 

On vous fera croire que l’espionnage des mails ou l’affaire Wikileaks sont des détails, que les questions importantes sont l’économie, l’emploi ou les résultats sportifs. Mais ces questions dépendent directement de l’issue du combat qui est en train de se jouer. Les grandes crises financières et les guerres actuelles ont été créées de toutes pièces par la classe actuellement au pouvoir. La génération numérique, porteuse de propositions nouvelles, est bâillonnée, étouffée, moquée ou persécutée.

 

L’état de panique

 

En 1974, pour la classe dirigeante il est plus facile de sacrifier Nixon et de faire tomber quelques têtes avec lui. Le parallèle avec la situation actuelle est troublant. La classe dirigeante a peur, elle est dans un état de panique et n’agit plus de manière rationnelle. Elle cherche à faire des exemples à tout prix, à colmater les fuites en espérant qu’il ne s’agit que de quelques cas isolés.

 

Ils n’hésitent plus à utiliser les lois anti-terroristes de manière inique, contre les journalistes eux-mêmes. Ceux qui prédisaient de telles choses il y a un an étaient traités de paranoïaques. Mais les plus pessimistes ne les avaient probablement pas imaginées aussi rapidement, aussi directement.

 

La destruction des disques durs du Guardian est certainement l’événement le plus emblématique. Son inutilité, son absurdité totale ne peuvent masquer la violence politique d’un gouvernement qui impose sa volonté par la menace à un organe de presse reconnu et réputé.

 

Cet épisode illustre la totale incompréhension du monde moderne dont fait preuve la classe dirigeante. Un monde qu’elle pense diriger mais qui échappe à son contrôle. Se drapant dans la ridicule autorité de son ignorance, elle déclare ouvertement la guerre aux citoyens du monde entier.

 

Une guerre qu’elle ne peut pas gagner, qui est déjà perdue. Mais qu’elle va tenter de faire durer en entraînant dans leur chute de nombreuses victimes qui seront injustement emprisonnées pendant des années, torturées, arrêtées, harcelées, détruites moralement, poussées au suicide, traquées à travers le monde.

 

C’est déjà le cas aujourd’hui. Et parce que vous aurez eu le malheur d’être sur le mauvais avion ou d’avoir envoyé un email à la mauvaise personne, vous pourriez être le prochain sur la liste. Il n’y a pas de neutralité possible. Nous sommes en guerre.

 

http://ploum.net/la-premiere-guerre-civile-mondiale/

 http://www.legrandsoir.info/

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 20:56

Le jubilé du discours de Martin Luther King. Autre temps ! Autre rêve !

 

 

Drone.jpg

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:54

Hommage à Jacques Vergès

 

 

2013 est une triste année : Stéphane Hessel, Henri Alleg, Jacques Vergès ont rejoint le panthéon des hommes libres.

 

 

Jacques Vergès, fruit de l’Orient et de l’Occident, dont il fut un des rares à en réussir la synthèse, a combattu deux dragons : l’hypocrisie et l’oppression.

 

 

jacques verges 

                            Jacques Vergès a tu son secret, mais n'a jamais tu ses convictions.

 

 

L’oppression ? Il l’a combattue dès sa prime jeunesse. Il a arraché à l’île de la Réunion le drapeau français frappé de la francisque pétainiste pour rejoindre les de Gaulle. Il adhéra au parti communiste français pour combattre la France qui opprimait le peuple d’Indochine. Il s’engagea ensuite aux côtés du FLN Algérien, luttant ainsi contre le colonialisme français. Il défendit seul et avec conviction, en dépit de l’hostilité générale, la militante FLN Djamila Bouhired qu’il épousa. Chacun sait qu’il assura la défense de plusieurs personnages sulfureux dont Klaus Barbie et Carlos.

 

 

Le propos ici n’est pas de retracer la carrière de Jacques Vergès, mais d’analyser quelle fut sa pensée.

 

 

Chacun porte en lui un Hitler qui s’ignore.

 

 

Après le procès de Barbie, Vergès eût fait siens ces propos d'Aimé Césaire dans son célèbre discours sur la colonisation : « Il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. 


Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.
»



Comme l’écrit le professeur Jean Bricmont : « Tout Vergès était là : l’humanisme véritable contre le pseudo-humanisme, celui des bombardiers des droits de l’homme, de l’antifascisme imaginaire et de l’antiracisme de pacotille. » 

 

 

Vergès faisait une analyse implacable de l’histoire. Tout commence à Sétif le 8 mai 1945. Des Français et des Algériens fêtent la fin du nazisme.  Dans la foule, des Algériens brandissent le drapeau de l’Algérie. La police avait reçu l’ordre de tirer en ces circonstances. Des colons armés se joignirent à eux. Ce fut un massacre épouvantable suivi d’une chasse au faciès. Des cadavres ont été brûlés et d’autres jetés dans des fosses communes. C’est un crime contre l’humanité que l’on a caché. On estime le nombre de victimes à quelque 40.000.

 

 

On commet les mêmes crimes que les nazis.

 

 

Vergès observe : alors qu’on fête la victoire contre les nazis, on commet les mêmes crimes qu’eux. Il cite Aimé Césaire qui disait : Quand M. Hitler s’est mis à éructer, nous n’avons pas été surpris. Nos maîtres nous tenaient les mêmes discours. La seule chose qui a changé, c’est que le traitement qu’on a réservé aux nègres et aux coolies, Hitler les a appliqués à des blancs. Hannah Arendt dit : Le mépris de la vie humaine, de la dignité de l’humanité que l’on retrouve chez les nazis est l’enfant de l’impérialisme, parce que dans les territoires colonisés, on méprisait la vie des autres. On ne respectait pas leur dignité. Et donc, le crime de colonialisme doit être souligné parce que c’est le grand crime de notre époque.

 

 

Ainsi, Vergès affirme que les crimes nazis et les crimes colonialistes sont de même nature et sont générés par l’impérialisme. Ainsi, en Algérie, la conquête s’est faite par le fer, par le feu et par le sang. Il y avait des soudards qui en étaient fiers. D’autres, plus subtils, comme Tocqueville qui a écrit un  ouvrage sur l’Amérique et sur la fin de l’ancien régime. Il dit, pour justifier ces crimes, qu’il faut procéder ainsi pour prospérer.

 

 

La colonisation a-t-elle contribué au développement ? Là encore, Vergès répond non. Il donne l’exemple des 600 kilomètres de chemins de fer du Congo qui ont été construits par des Noirs parmi lesquels, d’après lui, il y eut 900.000 victimes tuées par les coups de fouets. Et ces voies ferrées étaient utilisées dans le seul intérêt des colons pour exporter les minerais qu’ils faisaient extraire par d’autres Noirs.

 

 

Détruire la culture.

 

 

Un autre crime de la colonisation, moins sanglant dans ses apparences, mais abominable dans ses résultats fut la destruction de la culture des peuples conquis. Cette agression culturelle est aussi grave que l’agression contre la personne physique, affirme l’avocat. Si les Allemands et les Russes ont récupéré plus facilement après la chute du totalitarisme, c’est parce que leur identité culturelle était intacte. Dans les pays colonisés, l’identité culturelle a été niée et puis écrasée au profit de la culture du colonisateur à laquelle les peuples ne sont jamais adaptés.

 

Ne vivons-nous pas actuellement en Europe et dans tout le monde dit occidental une agression culturelle similaire ? Le modèle culturel américain est aussi redoutable, car il écrase les cultures propres à chaque peuple occidental au nom d’un universalisme qui n’est qu’américanisation.

 

Ainsi, Vergès a-t-il défendu des hommes et des femmes qui tuaient pour conquérir la liberté et la dignité et un Klaus Barbie pour montrer aux Occidentaux, qu’au fond de lui-même il haïssait, leurs tragiques contradictions. Mais si cet objectif de liberté et de dignité a été atteint par le sang, le fer et le feu, il est encore compromis, sinon détourné et il ne se consolidera que s’il tend à construire une société du savoir.

 

Et puis, Jacques Vergès a toute sa vie exprimé avec talent ce qu’il combattait. Il n’a jamais dit dans quel but il combattait.

 

 

Vergès a laissé planer un mystère sur lui-même : ces neuf ans d’absence non expliqués. Coquetterie ? Stratégie ? Réalité cachée ? Sans doute ne le saura-t-on jamais. Quelqu’un lui a un jour posé la question. Il a répondu : « J’étais de l’autre côté du miroir ». Non ! Il a toujours été de l’autre côté du miroir.

 

 

Pierre Verhas

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 16:40

Le pédophile et le roi

 

Voulant plaire à son grand ami Juan Carlos, roi d’Espagne et grand chasseur d’éléphants devant l’éternel, le roi du Maroc, Mohammed VI, décrète la grâce à une trentaine de condamnés de nationalité espagnole.

 

 

 

 Mohammed_VI.jpg

Mohammed VI, pour la première fois, a dû céder à la pression populaire.

 

 

Mais, patatras ! Le commandeur des croyants a « oublié de voir » que dans la liste des graciés, il y a un pédophile notoire condamné à trente ans de prison. Fureur du peuple marocain qui descend dans la rue pour protester contre cette clémence aussi soudaine que scandaleuse.

 

Premier réflexe du Souverain. Répression sévère des manifestants qui osent défier Sa Majesté. « On ne discute pas une grâce royale ! ». Mais, rien n’y fait ! La révolte s’étend. Et elle pourrait se transformer rapidement en un mouvement similaire à ceux qui se déroulent pour le moment en Egypte et en Tunisie. Trop dangereux !

 

Mohammed VI recule et annule la grâce accordée à ce charmant personnage. Ah oui ! Curieux bonhomme ce pervers : il est d’origine irakienne et travaillait pour les services secrets espagnols. Cela pourrait être une explication de l’étrange clémence du Chérifien.

 

 

 

 pedophile-gracie-au-maroc-place-en-detention-preventive.jpg

Ce charmant personnage aurait été espion pour SM Juan Carlos, roi d'Espagne.

 

 

Entre temps, le bonhomme a filé. On le retrouve en Espagne où il est arrêté. Mais l’affaire n’est pas terminée. Comme il est citoyen espagnol, il ne peut pas être extradé et comme ses forfaits n’ont pas été commis en Espagne, il ne peut être condamné non plus, au regard de la loi espagnole. Bel imbroglio juridique !

 

Résultat des courses : Mohammed VI qui se drapait dans sa posture de commandeur inébranlable est affaibli. Cela aura incontestablement des conséquences sur la situation au Maroc dans un proche avenir. Voilà donc à nouveau un pédophile qui a ébranlé un royaume…

 

 

Ryanair vous envoie en l’air !

 

 

La célèbre compagnie irlandaise devenue symbole du « low cost » cherche à faire des économies. Son patron, Michel O’Leary, qui fait dans l’ultralibéralisme le plus échevelé, a présenté un nouveau programme d’économies sur ses vols, pour répondre à son obsession quasi maladive : réduire les coûts.

 

 

 

 

 

 ryanair-michael-oleary.jpg

Michel O'Leary, le charmant patron de Ryanair, rêve sans doute de transporter ses passagers en tenue d'Adam et Eve...

 

 

Tout d’abord il souhaite supprimer les toilettes dans ses avions. Cela représente six sièges de passagers et puis, lesdits passagers n’ont qu’à « se vider » avant de s’envoler. Cela économisera du poids, soit quelque 300 g par passager, multiplié par 200, cela fait 6 kilos. C’est toujours ça de gagné ! En une heure en moyenne par vol, c’est faisable. Et tant pis pour ceux qui ont la diarrhée…

 

O’Leary suggère toujours de voyager debout. Cela fera gagner de la place. Ce sont encore une fois les régies aériennes internationales avec leurs règlements idiots (de vilains communistes, ces régies !) qui  l’empêchent. Mais le dynamique manager a de la suite dans les idées.

 

En outre, il compte recruter des hôtesses à la place de stewards. Elles pèsent en moyenne 20 kg de moins qu’un mâle bien bâti. Voilà O’Leary qui veille à assurer l’emploi féminin !

 

D’autres compagnies low cost s’inspirent de leur mentor de Ryanair. Ainsi, une compagnie japonaise a décidé de ne plus offrir de cacahuètes à ses passagers, car non seulement cela fait une économie de 40.000 dollars par an (la compagnie américaine South West l’avait fait il y a une vingtaine d’années), mais aussi cela enlève de vilains kilos.

 

Enfin, il conviendra de faire payer les passagers en fonction de leur poids. Air France avait essayé et a été condamné. Gageons qu’avec la libéralisation en marche, ce genre d’inconvénient sera supprimé. Il faudra faire des cures d’amaigrissement, Mesdames et Messieurs, si vous voulez voyager à prix raisonnable. Vous voyez que Michel O’Leary veille sur votre santé !

 

Mais on peut faire une autre suggestion où il y aura une économie vraiment réelle : faire voyager les passagers et les passagères dans le plus simple appareil. En effet, les vêtements pèsent en moyenne un kilo à un kilo et demi par personne. Sur 200 passagers, cela allégera l’avion de 200 à 300 kilos… Qu’en pensez-vous ?

 

 

La presse américaine dans la jungle

 

 

Voilà Amazon, le plus important site de vente en ligne, qui rachète le prestigieux « Washington Post ». Son directeur a déclaré, les larmes dans les yeux : « Le Washington Post a survécu à Nixon, pas à Internet ».

 

 

 

 jeff_bezos_Amazon.jpg

Jeff Bezos, le patron d'Amazon, se prend sans doute pour Citizen Kane...

 

 

Oui, c’est grave ! La « toile » de plus en plus investie par les sociétés d’e-commerce derrière lesquelles se trouvent les grandes banques. D’espace de liberté, Internet devient le champ clos d’une compétition financière sans merci. Tout le monde se pose la question : que deviendra le « Post » ? Quelle question ! Son contenu éditorial sera dicté par les intérêts de ses nouveaux propriétaires et de ses annonceurs. Comme pour l’ensemble de la presse « papier » en Europe et aux USA. Et si le « papier » ne les intéresse plus, ils le jetteront dans les poubelles de la liberté de la presse.

 

En cédant à Amazon, le « Post » a pénétré dans une jungle dont il ne sortira sans doute jamais !

 

Le voile à l’Univ

 

Voilà donc un projet qui émane d’un comité consultatif qui a fait une étude sur le voile à l’Université française : il suggère de l’interdire purement et simplement.

 

Nos lecteurs connaissent notre position à l’égard de la question du voile. Nous sommes opposés à l’interdiction  pour deux raisons : elle est discriminante en ne concernant qu’une catégorie de personnes et elle est stigmatisante parce qu’elle se fixe sur cette même catégorie. De plus, au lieu d’apaiser les choses, cette interdiction ne fait qu’accroître les tensions.

 

 

 

femme-voilee-elue-a-la-tete-du-conseil-municipal.jpg

Femme voilée élue à la tête du conseil municipal de Sarajevo : manifestement une esclave !

 

 

Cela fait des années que le voile est toléré à l’Université et on compte l’interdire d’un coup ! Ce serait absurde et on peut être certain que cela déclenchera des troubles qui seront difficiles à contrôler.

 

En outre, cette surenchère n’est pas une bonne stratégie pour défendre la laïcité. Cela ne fait que profiter au Front national. Le « Monde » du 7 août écrit très justement : « Se livrant à une interprétation liberticide de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, qui n’a jamais proscrit les manifestations d’une religion sur la voie publique, Marine Le Pen avait réclamé (…) l’interdiction du voile religieux et de la kippa dans la rue. » Ici, bien sûr, il s’agit de l’Université, mais il s’agit aussi d’un lieu public.

 

Et ce n’est pas parce que des comportements de musulmans fanatiques sont inacceptables, comme des agressions, des manifestations discriminatoires, de la violence verbale et physique, qu’il faut par une interdiction stupide raviver les tensions. De plus, il n’y a ni urgence, ni nécessité dans cette revendication.

 

La laïcité est une chose trop importante pour la livrer aux seuls extrémistes.

 

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 21:11

  

De nombreuses manifestations populaires se sont déroulées dans les principales villes du Brésil, dont Rio de Janeiro, même pendant la visite du Pape François.

 

 

 Brésil Manif

Désormais le peuple brésilien ne se laissera plus leurrer : il exige l'essentiel et surtout le respect !

 

 

Ces mouvements populaires réclament la fin de l’austérité et un changement fondamental de politique : arrêter les somptuaires dépenses pour la Coupe du monde football, les Jeux Olympiques et même la récente visite du Souverain pontife tant que l’essentiel n’est pas assuré : l’alimentation, les soins de santé, l’éducation qui sont abandonnés au profit de constructions de stades, de bâtiments de prestige, d’équipements aussi coûteux qu’inutiles au peuple brésilien. À tout cela s’ajoute la corruption, l’intervention de groupes mafieux, les intérêts des grands groupes financiers. Bref, toute la panoplie ultralibérale est déployée au détriment de l’essentiel.

 

 

 Dilma-Rousseff.jpg

Dilma Roussef : une énorme déception !

 

 

 

Dilma Roussef qui représentait beaucoup d’espoir en succédant à Lula qui avait réussi à tirer 40 millions de Brésiliens de la pauvreté, a beaucoup déçu. Elle a cédé aux pressions de la haute finance et des Etats-Unis. Elle se montre en définitive faible et hésitante, au point qu’on envisage sérieusement le rappel de Lula.

 

Une résistance s’organise au Brésil. Le peuple n’est plus décidé à se laisser faire. À moins de risquer un affrontement majeur, Dilma Roussef devra céder à la pression populaire. Mais rien n’est encore établi.

 

En attendant, ne ratons pas l’essentiel. Le Brésil mérite autre chose que des grand-messes sportives, ultramédiatisées et basées sur la tricherie, pour le plus grand intérêt du capitalisme. Le peuple veut du pain ! Et aussi du respect ! Il n’est plus aveuglé par les jeux !

 

 

Pierre Verhas

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 19:58

Tout le monde connaît la société Monsanto de Saint-Louis (Missouri)  pour sa mise en œuvre des fameux organismes génétiquement modifiés (OGM) et ses méthodes quasi mafieuses pour en inonder le marché agro-alimentaire. Tout le monde connaît la société Monsanto de Saint-Louis (Missouri) pour ses tentatives d’appropriation des produits de la nature, mieux connues sous l’expression brevetage du vivant.

 

 

 

monsanto-factory

 

 

 

Les installations de Monsanto à Saint-Louis (Missouri)

 

 

Tout le monde connaît aussi la société Blackwater de Moyock (Caroline du Nord) qui recrute pour les services secrets américains et l’armée américaine des mercenaires pour effectuer le « sale boulot », notamment en Irak et en Afghanistan. Blackwater a troqué son nom pour Academi ( !) de Moyock (Caroline du Nord).

 

Blackwater a été fondée par Erik Prince suite au génocide rwandais en 1994. Ce brave homme se disait « choqué » (on le serait à moins !) par cette tragédie et a décidé « par humanité » de fonder « Blackwater » en 1995, ayant hérité de la fortune de son père décédé l’année précédente. Prince a fait ses premières « armes » au SEAL, forces spéciales de la marine américaine.

 

 

 

 

erik-prince-blackwater-testifies.jpg 

 Le très chrétien Erik Prince, fondateur de Blackwater 

 

 

 

Le parcours politique d’Erik Prince est révélateur. D’après Wikipedia : Il est vice-président de la société philanthropique Edgar and Elsa Prince Foundation, qui a financé au moins à hauteur de 670 000 dollars le Family Research Council et 531 000 dollars Focus on the Family", une organisation de la Christian right. La fondation est également un donneur majeur du Calvin College, institution chrétienne de Grand Rapids.  Prince est aussi membre du bureau de Christian Freedom International , une ONG dont la mission est d'aider les « Chrétiens persécutés en raison de leur foi ». Depuis 1998, Prince a donné personnellement plus de 200 000 dollars aux campagnes du Parti républicain. Prince est également un donateur de la conservatrice Alliance Defense Fund.

 

Au moins, on sait à qui on a affaire !

 

Pour prendre un exemple : suite à l’échec cuisant de l’intervention occidentale (où des paras belges ont participé…) en Somalie, la CIA a demandé à Blackwater de mettre sur pied une armée privée qui sert aujourd’hui à combattre, avec une efficacité toute relative et des conséquences sanglantes, les pirates qui attaquent les navires occidentaux le long de la côte somalienne. Et on peut multiplier les exactions de ce genre à tous les théâtres d’opération des services secrets américains. Balckwater – Academi est le « bras armé » destiné à faire le sale boulot imposé par la politique impérialiste américaine, pour le plus grand intérêt des firmes multinationales.

 

 

 Blackwater_Somalie.jpg

  L'armée "privée" de Blackwater en Somalie

 

Voilà donc une étape supplémentaire. Blackwater – Academi s’est mise directement au service desdites multinationales comme la pétrolière Chevron et l’agro-alimentaire Monsanto. Aujourd’hui, cette dernière aurait carrément acheté la boîte de mercenaires. Certaines sources démentent cette information, et le site «Le Grand Soir» a publié un erratum. Cependant, la vraie question est : pour quelles raisons la multinationale Monsanto se sert des «services» de Monsanto ?

 

C’est ici que cela devient inquiétant. Jusqu’à présent, ces firmes ne sont pas intervenues de près ou de loin dans des opérations militaires. Alors, si Monsanto consent un pareil investissement, il doit y avoir une raison impérieuse.

 

Sans doute, la contestation de plus en plus forte de la culture OGM et des méthodes commerciales illicites de Monsanto devient gênante. Aussi, il importe d’user d’autres moyens de « dissuasion » pour lesquels Blackwater – Academi est tout à fait compétente.

 

Cela prouve que les multinationales les plus agressives ont franchi une étape supplémentaire pour asseoir leur pouvoir : celle de la violence. Cela s’appelle du crime organisé et il n’est pas excessif de considérer que le capitalisme use désormais de moyens criminels.

 

Voici ce que nous explique cet article paru sur le site du « Grand Soir » (traduit de l’espagnol) et qui se réfère à une enquête publiée par l’hebdomadaire new-yorkais de gauche The Nation, un des plus anciens et plus sérieux des journaux progressistes qui montre que Blackwater - Academi est au service à la fois des services secrets et des multinationales et qui ne prétend pas que la firme de mercenaires ait été rachetée par Monsanto.

 

C'est là l'intérêt de l'article ci-dessous que nous reproduisons du site «Le Grand Soir» avec les réserves ci-dessus

 

Pierre Verhas

 

 

 

mardi 30 juillet 2013

Monsanto achète Blackwater, la plus grande armée mercenaire du monde. ERRATUM : après vérification il faut plutôt lire le titre "Monsanto achète LES SERVICES de Blackwater..." (LGS) 


Matriz del Sur

 

S’il manquait quelque chose à la néfaste société Monsanto, c’était une armée officielle d’assassins payés. C’est fait : Monsanto est la société « parapluie » de Resident Evil mais dans le monde réel. Elle contrôle la distribution des aliments, partage des financiers avec l’industrie pharmaceutique et fabrique des armes nucléaires et bactériologiques.

 

C’est ce que révèle un article de Jeremy Scahill pour le journal « The Nation » dans lequel il informe que la plus grande armée mercenaire de la planète, le « service » criminel d’intelligence Blackwater (connue sous le nom de Xe services et plus récemment sous celui d’Academi), a été vendu à la société transnationale Monsanto.

 

Après d’innombrables plaintes internationales pour violation de la loi, et s’étant fait connaitre par ses massacres en Irak et dans d’autres pays, Blackwater a changé de nom en 2009. Toutefois il continue d’être le plus grand sous-traitant privé du Département d’Etat des Etats-Unis en tant qu’agence secrète de « services de sécurité » qui pratique le terrorisme d’état en donnant au gouvernement la possibilité de le nier.

 

POURQUOI LES CONCERTS DE CASSEROLES NE SERVENT A RIEN ?

 

Political Blind Spot a dénoncé le fait que beaucoup d’agents de la CIA et d’ex militaires travaillent pour Blackwater ou pour des compagnies en relation qui cherchent à détourner l’attention de sa mauvaise réputation et à réaliser d’importants bénéfices commerciaux. Ces mercenaires vendent leurs services, qui vont de l’information illégale, à l’intelligence d’infiltration, le lobbysme politique et l’entrainement paramilitaire, à des gouvernements, des banques, et des sociétés multinationales. Selon Scahill, les affaires avec Monsanto, Chevron, et des géants financiers comme Barclays ou Deutsche Bank, se développent par le biais de deux entreprises (Total Intelligence solutions et Terrorism research center) dont le propriétaire est Erik Prince, qui est également propriétaire de Blackwater .

 

 

 

Monsanto_Blackwater.jpg 

 Les mercenaires de Blackwater aussi au service de Monsanto 

 

 

C’est quand il était directeur de Total Intelligence Service en 2008, que Cofer Black (qui s’était fait connaitre par sa brutalité en tant que directeur de la CIA), contacta Monsanto. Monsanto s’offrit ses services pour espionner et infiltrer des organisations de droits de l’homme, des droits des animaux et des organisations ayant des activités anti transgéniques, en plus d’exercer un contrôle sur d’autres sociétés biotechnologiques et pharmaceutiques.

 

La société Monsanto n’assassine pas seulement des personnes avec ses produits chimiques mais aussi par balles et au moyen d’ « accidents ». Ses victimes sont des journalistes, des activistes politiques, et tous ceux qui peuvent être un obstacle potentiel à ses plans d’expansion. Contacté par Scahill, le directeur de Monsanto, Kevin Wilson refusa de faire des commentaires ; toutefois, il fut confirmé plus tard à « The Nation » que Monsanto avait passé un contrat avec Total Intelligence en 2008 et 2009 mais, selon Monsanto , c’était seulement « pour faire un suivi d’information publique de ses opposants. Le directeur de Monsanto crut bon de préciser que Total Intelligence était une société « totalement séparée de Blackwater ».

 

Mais Scahill possède des copies de courriers électroniques de Cofer Black envoyés après la réunion avec Kevin Wilson de Monsanto, ou il explique à d’autres ex agents de la CIA, que cette réunion avait mis en évidence le fait que Total Intelligence était devenu « le bras d’intelligence de Monsanto » pour espionner les activistes et faire d’autres actions comme par exemple intégrer légalement ces groupes.

 

Monsanto a payé 127.000 dollars à Blackwater en 2008, et 105.000 en 2009.

 

Il n’est pas surprenant qu’une entreprise amplement dédiée à la science de la mort, comme Monsanto, qui dès le début s’est consacrée à produire des poisons toxiques comme l’Agent Orange, les PCB (biphényles chlorés), des pesticides, des hormones, des graines génétiquement modifiées, et même la bombe atomique, s’associe avec une organisation d’assassins et de mercenaires.

 

LES DEBUTS DE LA RELATION BILL GATES ET MONSANTO

 

Presqu’en même temps que la publication de cet article dans « The Nation », l’organisation des agriculteurs organiques Via Campesina, signala que la fondation Bill et Melinda Gates avait acheté 500.000 actions de Monsanto, au prix de plus de 23 millions de dollars faisant ainsi tomber leur masque de philanthropes. C’est encore une association de criminels qui n’a rien de surprenant.

 

 

 

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 Le "philanthrope" Bill Gates s'est mis lui aussi au service de Monsanto. Dans quel but ? 

 

 

 

Bill Gates contrôle plus de 90% du marché des licences dans le monde de l’informatique, en plus de promotionner des campagnes de vaccination pour les laboratoires génocidaires, tout en étant responsable d’expérimentation illégale de médicaments dans des pays sous-développés ; pendant que Monsanto contrôle 90% du marché mondial des graines transgéniques et des graines commerciales au niveau mondial, et a fondé « Pharmacia » qui appartient aujourd’hui à Pfizer.

 

En d’autres termes, il n’existe pas de pires monopoles dans le secteur industriel, ni d’aussi immenses. L’existence même de ces sociétés implique que la terre est sous le joug d’un régime financier totalitaire qui nie le principe de « compétitivité de libre commerce ». Bill Gates aussi bien que Monsanto sont extrêmement agressifs quand il s’agit de défendre leurs monopoles mal acquis.

 

 

    (...) Bill Gates et Monsanto se consacrent à détruire l’agriculture organique dans le monde entier, ce quidébuta avec la création de l « Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA) qui œuvra comme un cheval de Troie pour enlever les graines traditionnelles aux pays Africains pauvres et les remplacer par des graines transgéniques. Pour cela, la fondation engagea Robert Horsch en 2006, qui était alors directeur de Monsanto. Maintenant Gates obtient de grands bénéfices en se soumettant aux politiques de dépeuplement (...) (1).

 

source http://www.matrizur.org/index.php?option=com_content&view=article&...

Traduction IRISINDA pour le Grand Soir

 

(1) Passages supprimés par nous, car étant hors sujet et non étayés par des sources.

 

 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 21:27

  

Voici une tribune parue sur le site Marianne2.fr de Mohamed Bechroui, ingénieur informaticien, écrivain, auteur de L’Arabe imaginaire, écrit en réaction  aux propos d’Eric Zemmour, le chroniqueur sulfureux bien connu dans le monde francophone, qui est opposé à l’intégration, à la multiculturalité, bref, à tout.

Il réagit ici à la logorrhée  issue des troubles survenus à Trappes dans les Yvelines, banlieue parisienne dite « chaude », « quartier » à problèmes, où un contrôle policier d’une femme en niqab a mal tourné. Les flics disent que c’est le compagnon de la femme qui les a agressés, le compagnon prétend que ce sont les flics qui les ont maltraités. Qui croire ? En attendant, reconnaissons que ce n’est pas très malin d’effectuer ce genre de contrôle en plein jeûne du Ramadan et par cette chaleur.

La vraie question est : les valeurs de la République – auxquelles nous sommes viscéralement attachés – sont-elles bien défendues par la stigmatisation d’une religion ? L’autre question est : en se comportant ainsi, les représentants de la République n’alimentent-ils pas les extrémistes salafistes qu’ils prétendent combattre en France et qu’ils soutiennent en Syrie et dans la Péninsule arabique ?

Un autre constat inquiétant : la stigmatisation, le rejet de l’Autre, le racisme dit « ordinaire » s’installent en France et risquent de mener la terre des Droits de l’Homme à une de ses pires gangrènes : le pétainisme.

La gauche de pouvoir ferait bien de prendre garde. Les musculations de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur français desservent les principes républicains.

En l’espèce, restons lucides et vigilants !

Pierre Verhas

Mercredi 24 Juillet 2013
Mohamed Bechrouri*
 

Arrêtons d’inviter en permanence la religion au banquet républicain. Arrêtons de la placer au centre du débat public. Personne n’y trouve son compte, ni les croyants, ni les défenseurs de la laïcité.

 
 
Dans ses Mémoires, l’archéo-gaulliste, Alain Peyrefitte met dans la bouche de De Gaulle l’expression «Colombey-les-deux-mosquées». Faut-il imaginer que nous en sommes arrivés à cette situation fantasmatique pour que, désormais, une émeute, une échauffourée, un incident soient immédiatement présentés comme un enjeu mettant en cause la place de l’islam dans notre pays.

Prenons, les récentes émeutes à Trappes, nous n’avons rien trouvé de mieux que nous empresser à faire parler des « responsables musulmans » qu’on cite, d’ailleurs, anonymement dans la plupart des journaux...Autrefois, c’était le grand frère, ou l’animateur de l’association de quartier à qui l’on tendait le micro. Aujourd’hui, c’est le fameux « responsable musulman ».

Tout ça parce qu’une des cinq ou six filles en Niqab de Trappes a refusé de se plier à un contrôle d’identité. Depuis la mise en place de la loi « anti burka », 661 procès-verbaux ont été établis. En comparaison, les agents ont établi en 2010,  2 390 000 procès-verbaux pour le non-paiement de stationnement. Ce n’est pas faute d’avoir répété qu’une loi pour 2000 personnes est une loi inutile. On ne rappellera jamais assez que le port de la burka ou du niqab en France ne vient pas d’une transmission religieuse parent-enfant, mais bien plutôt du choix d’un Islam plus radical adopté, le plus souvent, par des convertis qui abordent l’islam de la même manière que s’ils entraient à l’Eglise de scientologie.
 

Valls nous sort ses Rayban

La première erreur de Manuel Valls est bien d’avoir participé à cet amalgame.  Dans un premier temps, le ministre de l’Intérieur explique sur BFM « C’est inacceptable qu’une personne veuille se soustraire à un contrôle et pire, s’en prenne aux forces de l’ordre ». Jusqu’ici tout va bien, le refus d’un contrôle d’identité est effectivement inacceptable.
 
 
 
 
manuel-valls.jpg
 
 Manuel Valls se trompe en croyant par la stigmatisation défendre les valeurs de la République.
 


Mais quelques secondes plus tard, il souligne : « Ce voile qui nie l’identité de la femme n’a pas lieu d’être dans l’espace public ». Cette seconde phrase est plus ambiguë. Rappelons ce que dit le texte de loi à l’origine du contrôle : « Les tenues destinées à dissimuler le visage sont celles qui rendent impossible l'identification de la personne. Il n'est pas nécessaire, à cet effet, que le visage soit intégralement dissimulé. Sont notamment interdits, sans prétendre à l'exhaustivité, le port de cagoules, de voiles intégraux (burqa, niqab...), de masques ou de tout autre accessoire ou vêtement ayant pour effet, pris isolément ou associé avec d'autres, de dissimuler le visage. Dès lors que l'infraction est une contravention, l'existence d'une intention est indifférente : il suffit que la tenue soit destinée à dissimuler le visage. »

Le rôle du ministre de l’Intérieur n’est-il pas de garantir l’application de la loi, et non pas de la commenter?  Et encore moins de lui donner un autre sens ? La négation de l’identité de la femme par le port du niqab n’est pas condamnable puisqu’aucune loi dans ce sens n’existe. Valls est tombé dans un piège tendu par Sarkozy trois ans plus tôt. Et comment faire comprendre aux Français qu’on puisse invalider un licenciement pour le port du voile dans la crèche Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes situé à peine à 30 km Trappes et qu’il serait normal de verbaliser une femme en niqab ?
 
 
 

Beaucoup de ramdam autour du ramadan

 
De l’autre coté, si je puis dire, les appels au calme lancés par les « responsables musulmans » en ces temps de ramadan sont absurdes. Au secours ! C’est à croire que les Français de confession musulmane fonctionnent comme les Égyptiens ! La trêve du mois du ramadan est peut-être une réalité dans les pays musulmans, mais  on ne contient pas la colère de jeunes Français en brandissant des interdits religieux.

Il faut d’ailleurs croire que ces jeunes ont bien, eux, compris la séparation de l’église et de l’état puisqu’ils ont continué les incidents. Qu’on interroge des « représentants musulmans » sur des questions religieuses pourquoi pas, mais sur des voitures brulées, cela reste un mystère. Qui sont-ils ? Quelle responsabilité exercent-ils ? On ne le saura probablement jamais. Mais ce dont nous pouvons être sûrs c’est que les  incidents à Trappes se déroulent autour du commissariat et des établissements publics et non de la mosquée. Inutile de chercher une place Tahrir ou une place Taksim à Trappes. Et la place où se trouve la mairie a pour nom place de la République.
 

Des citoyens avant tout

Au fond, tout le monde a bien voulu croire que le niqab est la seule raison de ces événements. Un bout chiffon loin d’être innocent, mais sans lien avec les faits. C’est un peu comme si on résumait l’histoire de Louis XVI et de Marie Antoinette a un morceau de brioche…

Préférons à ces constructions imaginaires, un rappel plus prosaïque mais plus juste. Parmi ceux qui ont manifesté le week-end dernier, ils sont nombreux à avoir voté en 2012 François Hollande. Ils attendaient beaucoup de la gauche après cinq ans de stigmatisation. Ils sont aussi nombreux à avoir attendu une loi sur le contrôle d’identité. Nombreux également à avoir attendu le droit de vote des étrangers (pour leurs parents, pas pour eux évidemment, ils sont déjà Français). Ces jeunes ont vraiment besoin d’un signal fort du gouvernement qui leur donne le sentiment d’être reconnu comme des citoyens à part entière. C’est ce qu’on leur a promis. Et là, il n’est pas question d’islamisme, de groupes salafistes ou de Frères musulmans mais de respect de la parole donnée. Tout simplement.

(*) Auteur de « L’Arabe imaginaire », Plon.
 
Source :
http://www.marianne.net
 
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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 20:51

Le mot « souveraineté » sent le soufre dans notre univers pollué par la pensée unique. Il évoque les « souverainistes », les « nationalistes », les « eurosceptiques » et autres personnages ringards hostiles au progrès, à l’Europe, au libéralisme. Pour peu, on les assimilerait aux négationnistes qui nient l’existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis.

 

 

La Commission fait fi du contrôle démocratique.

 

 

Et pourtant ! Voici une nouvelle levée de bouclier contre l’Union européenne et la Commission en particulier. En effet, elle intervient directement dans la confection du budget des Etats-membres avant que ceux-ci ne soient examinés par les Parlements nationaux. Son pouvoir s’étend jusqu’à imposer des options politiques comme la suppression de l’indexation  automatique des salaires telle qu’elle existe en Belgique, ou des économies dans la Sécurité sociale, la privatisation de services publics, etc.

 

 

Comme par hasard, sous prétexte de rétablir l’équilibre budgétaire, la Commission applique aux Etats-membres le fameux triptyque ultralibéral : déréglementation, privatisations, coupes dans les services sociaux.

 

 

Cet interventionnisme de la Commission dénoncé comme une atteinte intolérable à la souveraineté des pays concernés a pourtant été voulu, ou à tout le moins, accepté par leurs dirigeants. C’est tout simplement l’application  du fameux Pacte budgétaire, le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) accompagné du « two pack » : deux règlements visant à améliorer la gouvernance économique et renforcer la surveillance budgétaire de la zone euro, entrés en vigueur jeudi 30 mai.

 

 

Le « two-pack » impose aux Etats de la zone euro un calendrier et des règles communs en matière budgétaire. Dès l'an prochain, ils devront publier leur plan budgétaire à moyen terme avant le 30 avril, et publier leur projet de budget pour l'année suivante le 15 octobre au plus tard. Quant au budget pour l'année suivante, il devra être adopté pour le 31 décembre au plus tard.

 

La Commission examinera chaque projet de budget national et formulera un avis pour le 30 novembre au plus tard. Si elle constate des manquements graves, elle pourra demander à l'Etat concerné de lui présenter un plan révisé.

 

Par ailleurs, le « two-pack » renforce le contrôle des Etats placés en procédure de déficit excessif : les Etats concernés devront communiquer régulièrement à la Commission des informations sur les mesures qu'ils auront prises pour corriger leur déficit excessif, et celle-ci pourra leur adresser des recommandations. Le dispositif devrait s'appliquer lors de la préparation des budgets 2014, puisque la législation doit entrer en vigueur avant l'été.

 

Et voici le couperet : un non-respect des requêtes de la Commission européenne pourrait accélérer la mise en place de sanctions financières contre les Etats les moins vertueux, comme il est prévu par le pacte de stabilité et de croissance.

 

C’est donc, non seulement, à un abandon quasi-total de souveraineté des Etats de la zone Euro auquel on assiste, mais aussi à l’imposition d’une politique économique ultralibérale sans aucun contrôle démocratique.

 

La construction européenne serait légitime si…

 

Ainsi, l’abandon de souveraineté revient à un déni de démocratie. Le peuple et tous les corps intermédiaires sont mis de côté par la volonté des chefs d’Etat et de gouvernements cédant à la pression du plus fort d’entre eux – l’Allemagne – et du puissant lobby bancaire.

 

La construction européenne serait légitime si, par la voie démocratique, les compétences nationales étaient transférées vers une autorité supranationale, elle-même placée sous contrôle démocratique. On est loin du compte ! En effet, on procède par Traités successifs décidés par le Conseil européen – donc l’intergouvernementalité – où chaque décision résulte d’un rapport de forces entre Etats, c’est-à-dire au profit de l’Allemagne. De plus, contrairement à l’usage diplomatique, ces Traités imposent une politique bien précise par la contrainte à tous les Etats de la zone Euro, autrement dit à tous les peuples.

 

Le camouflet Evo Morales

 

L’autre camouflet est lié à l’affaire Snowden (voir « Uranopole » : http://uranopole.over-blog.com/article-la-fin-de-la-vie-privee-vous-ne-saviez-pas-118950062.html). Le 2 juillet, les gouvernements français et portugais interdisent le survol de leur espace aérien à l’avion du Président de Bolivie, Evo Morales, en provenance de Moscou. Ils soupçonnent que cet appareil transporte clandestinement Edward Snowden, l’agent de la NSA qui a dénoncé les graves atteintes à la vie privée des citoyens européens et américains, poursuivi par les USA et se trouvant dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou. L’avion présidentiel est bloqué pendant treize heures en Autriche. Il a finalement pu repartir le lendemain matin.

 

 

Jamais, un gouvernement n’a fermé ainsi son espace aérien à l’avion du président d’un Etat souverain sans motifs sérieux, comme une atteinte à la sécurité extérieure, par exemple. De plus, il est clair que Hollande et le Premier ministre portugais se sont pliés aux injonctions des Etatsuniens qui traquent Snowden.  Comme l’écrit Glenn Greenwald : « Ainsi ces États européens sont parfaitement heureux d’autoriser un pays – quand il s’agit des États-Unis – à utiliser leur espace aérien pour kidnapper des gens de part le monde sans procès en bonne et due forme. Mais ils empêcheront physiquement un avion portant le président d’un État souverain – quand il vient d’Amérique latine – pour saboter le processus bien connu de demande d’asile contre la persécution politique (eh oui : les États-Unis persécutent les lanceurs d’alerte).

 

 

Tout cela à l’odeur du genre de parfait impérialisme et de colonialisme qui révolte la majorité de l’Amérique latine, et qui démontre encore l’hypocrisie des leçons américaines et ouest-européennes sur le sacré État de droit. Ceci est le comportement de nations-voyous. Comme l’a expliqué [ironiquement] le professeur de droit Sarah Joseph : Bravo EU states. You allowed rendition flights. But not Bolivian prez due to bogus belief the guy who revealed mass spying on you onboard. ». Et Greenwald de conclure : « Comme d’habitude, les officiels étasuniens et leurs sbires qui invoquent « le droit » pour exiger la punition sévère d’individus impuissants (Edward Snowden, Bradley Manning), exploitent du jour au lendemain ce même concept pour protéger les officiels politiques étasuniens, leurs maîtres et leurs alliés des pires crimes : la torture, les écoutes sans mandat, les renditions (1), la fraude fiscale systémique, tromper le Congrès et le peuple américain à propos de leur surveillance. Si vous passez votre temps à demander la tête d’Ed Snowden mais pas celui de James Clapper [chef de la NSA qui a menti au Congrès étasunien à propos des données collectées], ou si vous êtes obsédé par les traits de caractères de Snowden (narcissiste !) fabriqués de toute pièce [par les médias] mais que vous êtes indifférent à la surveillance envahissante et hors de contrôle de la NSA, il vaut probablement la peine de prendre quelques moments pour réfléchir à ce que révèle ce schéma de priorités. »

 

 

L’illégalité est la nouvelle norme.

 

 

Paul Craig Roberts, ancien Secrétaire d’Etat adjoint US au Trésor de l’administration Reagan a lui aussi pris conscience de la catastrophe vers laquelle nous mènent les politiques ultralibérales. Il en a écrit un livre intitulé The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West. Il y dénonce la politique ultralibérale qu’il a contribué à mettre en place aux Etats-Unis et surtout le libre échange. En cela, dans un article récent, L’illégalité est la nouvelle norme, il  pose la question de la souveraineté au regard de l’affaire Snowden et de l’attitude de l’Union européenne, et aussi de la problématique du libre échange qu’il considère comme un abandon de souveraineté au profit de l’économie la plus puissante, celle de Washington.

 

« Il n’y a aucun doute que cela soit vrai, mais la souveraineté des États membres de l’UE n’est que nominale. Bien que les nations individuelles gardent toujours une certaine “souveraineté” vis à vis du gouvernement de l’UE, elles sont néanmoins toutes sous la coupe de Washington, comme vient une fois de plus le démontrer la récente action illégale et hostile prise par la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche par ordre de Washington, à l’encontre de l’avion transportant le président bolivien Evo Morales. »

 

Moralité, honneur, intégrité égale zéro !

 

Et, indigné, il ajoute : « Les États marionnettes européens se sont pliés à cette extraordinaire violation de la loi diplomatique et internationale, en dépit du fait que chacun de ces pays se soit irrité que Washington espionne en toute impunité leurs gouvernements, leurs diplomates et leurs citoyens. Leur façon de remercier Snowden dont les révélations leur ont permis de savoir que Washington enregistrait chacune de leur communication, fut d’aider Washington à capturer Snowden.

Ceci nous montre ce qu’il reste encore de moralité, d’honneur et d’intégrité dans la civilisation occidentale : Zéro. »

 

L’accord de libre échange transatlantique achèvera de nous ruiner.

 

Et cela vaut pour les négociations actuelles entre l’Union européenne et les USA pour la création d’une zone de libre échange euro-atlantique. Craig Roberts avertit : « La convoitise de l’argent de Washington aveugle l’Europe sur les véritables conséquences de ces accords de libre-échange. Ce que ces accords feront ce sera de faire tomber les économies européennes sous l’hégémonie de l’économie de Washington. L’accord est fait pour éloigner l’Europe de tout commerce avec la Russie, tout comme le traité de partenariat transpacifique est conçu pour éloigner les pays asiatiques de la Chine et les plier à des relations structurées étatsuniennes. Ces accords ont très peu à voir avec le libre-échange et tout à voir avec l’hégémonie américaine.

 

Ces accords de « libre-échange » obligeront les « partenaires » européens et asiatiques à soutenir le dollar. En effet, il est possible que le dollar supplante l’Euro et les monnaies asiatiques et deviennent l’unité monétaire des « partenaires ». De cette façon, Washington peut institutionnaliser le dollar et le protéger contre les conséquences néfastes de la planche à billets qui est utilisée pour renforcer la solvabilité des banques “too big to fail ” et pour financer les déficits sans fin du budget fédéral. »

 

Le moins-disant contre le mieux-disant

 

Ainsi, les choses sont claires. En outre, les deux Prix Nobel d’économie américains, Krugman et Stiglitz que nous avons déjà évoqués à plusieurs reprises sur ce blog, mettent eux aussi en garde contre ces négociations USA - UE, alors qu’auparavant, ils étaient de chauds partisans de l’idée de libre échange.

 

Paul Krugman a évolué. Il y a quelques temps, il affirmait que l’abaissement des coûts de transports pouvait aboutir à des délocalisations importantes, au détriment des pays du Nord et il soutenait une « préférence nationale » dans le cadre des plans de relance consécutifs à la crise.

 

 

Joseph Stiglitz prenait la même direction, soulignant la destruction de millions d’emplois dans l’industrie et la baisse des salaires du fait de la montée en puissance économique de la Chine. Pour lui, le bilan global des échanges commerciaux des Etats-Unis est négatif d’un point de vue emplois. Il notait également que la suppression des frontières favorise le capital au détriment du travail, qui est mis en concurrence à l’échelle planétaire. Il notait également que « la mondialisation circonscrit la démocratie à travers la compétition ».

 

 

Dans un papier pour le projet Syndicate, il revient sur le développement des négociations commerciales transatlantique et transpacifique. S’il semble plutôt défendre le libre-échange, il dénonce le rôle des lobbys qui profitent de ces négociations pour obtenir des avantages, comme l’a fait l’industrie pharmaceutique, il défend les exceptions, et notamment l’exception culturelle de la France, en faisant valoir que les accords tendent à promouvoir le moins-disant sur le mieux-disant, notamment d’un point de vue normatif.

 

 

Le secteur privé au dessus de la loi

 

 

Et c’est là l’essentiel. Prenons un exemple particulièrement sensible, l’arbitrage. Comme le soulignait Ludovic Lamant dans « Mediapart », le 3 juin dernier, il est prévu d’introduire un mécanisme d’arbitrage « investisseurs – Etats » comme c’est le cas au sein de l’Alena (accord de libre échange Canada, USA, Mexique), qui permet aux entreprises de porter plainte auprès d’un tribunal d’arbitrage contre un Etat, du fait de sa législation qui pourrait mettre en cause les avantages industriels.

 

 

Ainsi, la compagnie américaine Lone Pie conteste devant une cour d’arbitrage le moratoire décrété par le Québec depuis 2011 sur l’extraction du gaz de schiste. Elle exige une compensation financière pour « révocation arbitraire, capricieuse et illégale de (son) droit d'extraire du pétrole et du gaz »

 

 

La même procédure est utilisée par le secteur pharmaceutique pour contester des refus de brevet de certains médicaments. Cela représente un danger évident pour la santé publique. L’économiste et militant d’ATTAC, Maxime Combes conclut : « ce type d'accord ne peut qu'étendre les droits du secteur privé : on veut sanctuariser, au nom du libre-échange, des dispositions favorables aux investisseurs, en dépit de tout processus démocratique. »

 

 

Voilà un autre exemple d’abandon de souveraineté au profit du secteur privé. Si, après de tels faits, on ne pense pas que la démocratie est en danger et qu’il faut la défendre, c’est qu’on aime les camouflets !

 

 

 

Pierre Verhas

 


(1) Renditions signifie les enlèvements effectués par la CIA de présumés terroristes en Irak et en Afghanistan qui sont transportés par avion vers des prisons secrètes, ces avions volant dans les espaces aériens de pays « alliés », comme ceux d’Union européenne, qui ferment les yeux sur ces vols.

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 20:01

Assange est poursuivi pour avoir publié gratuitement des informations appartenant aux services secrets américains, Asshole – le patron de Facebook – est payé pour fournir des informations aux services secrets américains.

 

 Assange Asshole

 

 

Julian Assange avertit : « Une bataille est en cours entre d’une part la puissance que confèrent ces informations [que nous transmettons tous sur Internet] recueillies par des initiés, ces Etats fantômes de l’information qui sont en train de se développer, interchangeables, multipliant les liens entre eux et avec le secteur privé, et d’autre part la prolifération d’espaces partagés où Internet est un outil qui permet aux hommes de se parler. » (Julian Assange, Menaces sur nos libertés, Paris, Robert Laffont, 2013)

 

 

Qu’il s’agisse de Wikileaks ou de l’affaire Snowden, l’Etat fantôme (ou l’Etat profond, selon Peter D Scott) place ses pions par delà les frontières et au-dessus des lois pour une domination mondiale en utilisant l’arme la plus redoutable : l’information.

 

 

Les camps sont bien définis ! Le combat a commencé !

 

 

Pierre Verhas

 

 

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 09:05

 

Nous avons déjà eu l’occasion de publier une analyse très pertinente de M. Alain Chouet, officier de renseignement français, spécialiste du monde arabe (voir « Uranopole » : http://uranopole.over-blog.com/article-syrie-un-conflit-dangereux-et-mal-connu-109583750.html . L’auteur nous montre, dans cet article publié entre autres par le site « Le Grand soir », que l’abdication de l’émir du Qatar en faveur de son fils n’est pas un simple événement « people », mais a des conséquences géopolitiques importantes. L’émir Hamad, avec son très actif Premier ministre, était connu comme un adepte du salafisme et pour son soutien sans faille à la rébellion djihadiste syrienne, ainsi qu’au Hamas de Gaza. Il s’appuyait, pour ce faire, sur la manne du gaz naturel. Cependant, le prix du gaz naturel est à la baisse et ces aides qui mettent le Qatar dans une position diplomatique délicate, ainsi que les énormes investissements qataris à l’étranger commencent à tarir la fortune colossale de l’Emirat. Cela inquiète la famille régnante et… l’armée, dont on parle peu.

 

Aussi, le nouvel Emir, Tamin, pourrait changer la donne. Le Qatar ne sera plus le bailleur de fonds de l’islamisme. Ainsi, les Frères musulmans égyptiens, Ennadah en Tunisie, l’AKP en Turquie et la branche islamique de la rébellion  syrienne se voient affaiblis.

 

C’est sans doute une des explications des bouleversements que le monde musulman est en train de connaître.

 

Pierre Verhas

 

 

 

Conséquences et leçons du « putsch » familial de Doha

 


Alain CHOUET

 

 

Traité en mode mineur dans les rubriques « pipoles » de la presse occidentale, l’abdication le 25 juin 2013 de l’émir régnant du Qatar, Hamad bin Khalifah, en faveur de son fils Tamim âgé de 33 ans constitue en fait un véritable séisme politique tant à l’intérieur de l’Émirat que dans l’ensemble du monde arabe.

Rien ne semblait en effet justifier cette transition brutale et inattendue dans une société où le respect de l’âge est fondamental, où les successions s’opèrent normalement par la voie fraternelle et où l’on ne peut s’affranchir de ces contraintes qu’au prix d’un véritable « coup d’État » comme l’avait fait Hamad bin Khalifah contre son propre père en 1995. Et, de fait, « l’abdication » de l’Émir semble avoir été obtenue au terme d’un conseil de famille houleux où la fronde a été menée par la Cheikha Mozah, mère du prince Tamim, souvent présentée comme le « Père Joseph » du régime qatari.

 

Mais cette bronca privée n’a pas pour seule motivation les appétits de pouvoir de telle ou telle branche de la famille.

 

 

Le Qatar a bâti sa récente et colossale fortune sur la « monoculture » du gaz naturel. C’est cette fortune qui a permis à l’Émirat au cours des quinze dernières années de gérer son insertion difficile entre deux voisins puissants et dangereux.

Au sud, l’Arabie Saoudite avec laquelle il est en rivalité sur le plan religieux et qui avait juré sa perte, en allant même demander sans succès aux Égyptiens d’en chasser l’Émir manu militari au tournant des années 2000. Au Nord, l’Iran chiite et ses 75 millions d’habitants, foncièrement hostile aux Wahhabites et qui partage avec l’Émirat l’exploitation de la même poche de gaz au fond du Golfe persique, situation à terme lourde de contentieux. Ainsi menacé, le Qatar a repris à son compte les stratégies mises en œuvre par son rival saoudien dans les années 1980 : d’une part, se concilier par l’argent et des investissements massifs l’appui politique et la protection armée des grandes puissances militaires d’Occident ; et, d’autre part, tenter de faire jeu égal et si possible de supplanter l’Arabie dans le contrôle de l’islam mondial à grand renfort de millions de dollars par le biais des Frères Musulmans et du djihadisme salafiste. C’est ainsi qu’on a pu voir la patte du Qatar sur tous les théâtres politiques et militaires de l’activisme islamiste, de Gaza au Mali, de la Syrie à la Libye, de la Tunisie à l’Égypte avec la complaisance ignorante, naïve ou intéressée de décideurs occidentaux.

 

 

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L'émir du Qatar Hamad bin Khalifah a dû céder son trône.

 

 

La mise en œuvre de cette politique a été confiée à Hamad ben Jassem, cousin de l’Émir, nommé Premier Ministre en 2003 en sus du poste de Ministre des Affaires Étrangères qu’il occupait depuis 1992, connu à Paris sous l’acronyme familier de « Hachebéji » par le personnel politique français qui, toutes tendances confondues, allait se bousculer servilement à sa porte. Le problème est que pour constituer sa fortune, le Qatar a consenti des investissements énormes et parfois disproportionnés pour l’extraction et le transport de son gaz naturel. Compte tenu de l’état actuel et des perspectives défavorables d’évolution du marché mondial du gaz, il devenait difficile pour la famille régnante du Qatar d’assurer sa prospérité financière par des placements diversifiés et plus ou moins judicieux dans le monde entier et, dans le même temps, de financer sans retenue l’expression de l’islamisme politique sunnite fondamentaliste dans le monde arabe et musulman. Le conseil de famille a tranché la question en déposant l’Émir en titre, en limogeant son ministre activiste, en portant au pouvoir un jeune homme de 33 ans connu pour son goût des affaires, ses penchants pro-occidentaux, son peu d’appétence à soutenir le fondamentalisme salafiste et dont on espère bien que, compte tenu de son âge, il sera assez aisé de le contrôler. Et il est assez significatif de constater que l’une des premières décisions du jeune prince a été d’effectuer des changements voyants à la tête de la chaîne de télévision Al-Jazeera devenue au fil des dix dernières années l’instrument privilégié d’influence, de propagande et d’agitation politique fondamentaliste au service de la politique extérieure de l’Émirat.

 

 

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Cheikh Tamim : le nouvel Emir du Qatar évitera-t-il d'être une potiche ?

 

Ces bouleversements qui s’analysent en fait comme une véritable révolution ont été immédiatement perçus comme tels dans l’ensemble du monde arabe où il ont sans délai suscité une cascade de remises en cause et des conséquences majeures. En Égypte d’abord où les Frères Musulmans, constants dans leur politique de double langage, faisaient exactement le contraire de ce qu’ils avaient promis et dont la gestion à la fois rapace et inepte les amenait en conflit frontal avec la nomenklatura militaire qui demeure le principal opérateur économique du pays. L’armée pouvait à la rigueur, en attendant l’inévitable sanction populaire, laisser aux Frères la bride sur le cou tant qu’ils drainaient l’argent qatari. Mais l’interruption prévisible du flux annoncée par la déposition de l’Émir, a précipité le mouvement et poussé le commandement militaire à mettre un terme à l’expérience de cogestion avec l’islamisme politique au prix d’un véritable putsch. Et, pour faire bonne mesure, la classe politique et médiatique égyptienne a aussitôt exigé et obtenu la fermeture des bureaux et infrastructures d’Al-Jazeera au Caire. Rivale du Qatar, appuyée par les Émirats arabes unis et le Koweït, l’Arabie Saoudite a tout aussi immédiatement témoigné sa satisfaction et son appui à la révolte en débloquant des aides et prêts de plusieurs milliards de dollars destinés à permettre à l’armée de tenir les Frères à l’écart des recompositions politiques à venir.

 

 

 

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Abdel Fattah al-Sissi, le chef de l'armée égyptienne a renversé le président Morsi proche des Frères musulmans. Avec l'aide du nouveau pouvoir qatari ?

 

Les conséquences de la transition qatarie ne sont pas moins spectaculaires en regard de la rébellion syrienne dont l’Émirat soutenait publiquement sur les plans politique, financier et militaire, les factions les plus ouvertement islamistes. Lors de la réunion de la Coalition nationale syrienne qui s’est tenue en Turquie le 6 juillet pour décider du remplacement de Moaz al-Khatib, son nième chef démissionnaire, c’est le candidat de l’Arabie Saoudite, Ahmad Assi Jarba - que ses adversaires n’hésitent pas à présenter comme « le candidat Bandar » ( le prince Bandar, « chef des services spéciaux saoudiens ») - qui a été élu aux dépens de son rival Mustafa Sabbagh jusque là soutenu par les Qataris. Dans le même temps, Ghassan Hitto, premier ministre du gouvernement provisoire rebelle, imposé par Hamad ben Jassem en mars 2013 lors du sommet de Doha, préférait présenter sa démission. Et il fait peu de doute que la « défection » qatarie se traduira rapidement sur le terrain par des évolutions défavorables aux groupes djihadistes déjà fortement éprouvés.

 

 

L’onde de choc s’étend jusqu’au Maroc où le vieux parti bourgeois conservateur de l’Istiqlal qui avait accepté d’entrer dans un gouvernement de coalition avec le Parti « Justice et bienfaisance » (l’émanation locale des Frères sortis vainqueurs avec une majorité relative des dernières législatives), a rompu le 10 juillet le pacte de gouvernement en faisant démissionner ses ministres et en initiant une crise qui devrait déboucher sur de nouvelles élections. Elle s’étend aussi dans le monde islamique où s’exerçait l’activisme qatari. Le bureau de représentation des Talibans afghans ouvert à Doha le 18 juin dernier a précipitamment fermé le 9 juillet sans qu’on sache très bien s’ils ont préféré partir d’eux même ou s’ils ont été discrètement « invités » à déguerpir. En Turquie où le Premier Ministre Erdogan et le parti AKP, stimulés politiquement et sans doute financièrement par le Qatar, assistaient dans tous les domaines la rébellion syrienne et jouaient sur tout le pourtour méditerranéen la carte du soutien aux Frères et aux régimes islamistes, se retrouvent seuls au milieu du gué alors que se développent les difficultés intérieures illustrées par les récents débordements de la place Taksim.

 

 

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Le mouvement de contestation du pouvoir conservateur religieux de l'AKP d'Erdogan, place Taksim à Istanbul, a-t-il été facilité par la fin du soutien qatari au pouvoir turc ? 

 

 

Les conséquences d’une interruption annoncée des ingérences qataries devraient se faire sentir rapidement dans le reste du monde arabe. En particulier en Tunisie où la fin du soutien inconditionnel au parti En-Nahda pourrait contraindre ce dernier soit à transiger sur ses principes islamistes, soit à ouvrir plus largement le champ politique à des forces moins connotées sur le plan religieux. Ailleurs, notamment en Libye et surtout à Gaza, l’avenir semble plus incertain et plus sombre. En Libye parce que les groupes salafistes qui rivalisent pour le contrôle du terrain y disposent de sources de revenus qui peuvent leur permettre de survivre sans aide extérieure. À Gaza parce que l’interruption de la manne qatarie qui s’était substituée il y a un an de façon massive aux assistances concurrentes mais plus modestes de l’Arabie et de l’Iran ne manquera pas de susciter une redistribution sans doute violente des cartes du pouvoir au sein du Hamas.

 

 

Dans tous les cas, l’enseignement le plus clair du coup d’État feutré de Doha est que l’islamisme politique, sa domination sociale, son influence culturelle, son expression djihadiste violente existent d’abord et avant tout par l’assistance financière qu’il reçoit des pétromonarchies wahhabites et par la cécité, la tolérance, la complaisance, voire le soutien politique que ces monarchies « achètent » auprès des puissances occidentales. France en tête….

 

 

Alain Chouet [1]

Date de parution : 11/07/2013

 

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Alain Chouet :acteur et observateur avisé du Moyen Orient

 

 

[1Alain Chouet (né le 24 août 1946 à Paris) est un officier de renseignement français, coauteur de plusieurs ouvrages concernant l’islam et le terrorisme.
Diplômé de l’École des langues orientales (arabe), titulaire d’une maîtrise de droit (Paris II) et d’un diplôme d‘études supérieures de sciences politiques (Paris II).
Il est envoyé comme secrétaire à l’ambassade de France à Beyrouth (1974-1976), puis à Damas (1976-1979).
À Paris, il est nommé chef du bureau de coordination des recherches et opérations anti-terroristes (1980-1985), puis est chargé de mission à l‘ambassade de France à Rabat (Maroc).
Il fait une première incursion dans le renseignement comme conseiller technique sur les affaires touchant à l’islam et au terrorisme auprès du directeur du renseignement (1996-1999). Il est nommé chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure en 2000-2002.
Il est chercheur associé à l’European Security Intelligence and Strategy Center, chargé de conférence au Diplôme universitaire d‘études des menaces criminelles contemporaines, Université de Paris II.

 

Cet article est aussi paru sur le site du « Grand soir » : http://www.legrandsoir.info/

 

http://www.espritcorsaire.com/++cs_INTERRO++ID=109/Alain_Chouet/

http://www.espritcorsaire.com/?ID=109/Alain_Chouet/

 

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Published by pierre verhas
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