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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 10:50

Au Nord, c’était les corons… C’était ! Au Nord, c’était les forges… Ce n’est plus ! Et le ciel reste l’horizon ; les hommes envoyés au fond !

 

 

Un demi-siècle de cupidité et d’erreurs, d’errance et d’hésitations , d’ignorance et de lâcheté, de stupidité et de vanité a anéanti le fleuron du génie industriel d’Europe occidentale. La sidérurgie européenne née il y a près de trois siècles dans les bassins hennuyer,  liégeois et lorrain a disparu en trois décennies.

 

 

arcelor_mittal_Liege.jpg

 Arcelor-Mittal, la phase à froid à Liège va fermer.

 

Cette industrie a connu tous les errements de la gestion des hommes et des biens. Née du génie et de la volonté de quelques-uns qui l’ont mise sur les fonts baptismaux dès la fin du XVIIIe siècle, la sidérurgie se développa grâce à la fermeté de capitaines d’industrie et grâce aussi aux luttes ouvrières pour la conquête d’une place digne au travail. Les guerres lui apportèrent aussi bien un sang neuf  que des destructions. Elles se redressèrent après. La crise charbonnière commencée dès les années 1950 la toucha de plein fouet. Le charbon qui est sa source d’énergie et aussi, par le coke, sa matière première, surenchérit et une compétition mondiale se fit jour. Cependant, on vivait les illusoires « golden sixties » où la consommation était telle que l’on pouvait se permettre de produire au prix fort. Et chacun dormit sur des lauriers ne détectant pas les premiers symptômes de la maladie mortelle de la surproduction.

 

 

 

surproduction_automobiles.jpg

 La surproduction automobile a particulièrement touché la sidérurgie.

 

La décolonisation fut le premier choc. La sidérurgie européenne commença à décliner. Les premières politiques d’austérité frappèrent de plein fouet le monde du travail. Les bassins hennuyer et liégeois connurent la plus importante mobilisation ouvrière de l’après-guerre en décembre 1960. Mais cela ne changea rien. Le déclin se poursuivait inéluctablement.

 

 

Une crise de surproduction

 

 

Dans les années 1970-80, sous la pression des organisations syndicales et des  Socialistes, la sidérurgie fut nationalisée. Cependant, cette nationalisation signifiait aussi politisation. On mit à la tête des entreprises des politiques dont ce n’était pas le métier. À une ou deux exceptions près, ce fut une catastrophe. Il a fallu alors faire appel à un patron français, Jean Gandois. Il remplit sa mission. Il parvint à sauver l’outil, mais il était trop tard. Face à la surproduction, la Commission européenne imposa des quotas. Dans sa vision purement économiste, elle ne tint pas compte des autres aspects. Il y avait les conséquences dramatiques pour l’emploi, mais aussi pour les bassins. Toute une économie tournant autour des aciéries était menacée. Gandois, lui, ne put que préparer un plan de fermetures progressives des outils en Wallonie.

 

 

jean_gandois.jpg

 Jean Gandois finit par prôner la fermeture !

 

De plus, en Belgique, se greffa le problème « communautaire ». Les dirigeants flamands exigèrent la régionalisation des secteurs dits nationaux, c’est-à-dire les secteurs de l’économie belge qui avaient été nationalisés ou qui étaient fortement subsidiés, comme le verre creux d’emballage, ce qui restait des charbonnages du Limbourg et essentiellement la sidérurgie wallonne, la sidérurgie maritime à Gand étant toujours rentable. Quelques syndicalistes wallons étaient même d’accord, ne se rendant pas compte que la fin de la solidarité nationale signifiait une perte considérable pour l’entreprise.

 

 

Robert_Collignon.jpg

Robert Collignon, alors ministre-président de la Région wallonne

aurait bradé Cockerill-Sambre.

 

Aussi, la vente était inéluctable. Le ministre président de la Région wallonne de l’époque, le Socialiste Robert Collignon, négocia avec le groupe français Usinor – Sacilor qui venait d’être privatisé. La session de Cockerill – Sambre fut effectuée en 1998. On reprocha à Collignon d’avoir bradé le sidérurgiste wallon, ce qui mit fin à sa carrière politique. Encore une fois, les politiques n’étaient pas armés pour ce genre de négociation, ou n’avaient pas pris la peine de s’entourer de gens compétents en la matière. De plus, le secteur public était désormais exclu de tout pouvoir en matière de contrôle des outils sidérurgiques. En 2002, Usinor-Sacilor fusionne avec l’Espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed. Ils forment ainsi Arcelor.

 

 

Zorro Mittal est arrivé !

 

 

En 2006, arrive Lakshmi Mittal, propriétaire du deuxième groupe sidérurgique mondial, Mittal Steel Company. Il lance le 29 janvier 2006 une OPA hostile sur Arcelor, donc aussi bien les outils français de l’ex-Usinor, luxembourgeois de l’ex-Arbed et belges de l’ex-Cockerill-Sambre, avec en plus Sidmar à Gand et la Fabrique de Fer à Charleroi. Mittal, 6e fortune mondiale, n’était pas un petit nouveau en Europe. Il était connu dans la City londonienne et avait déjà acquis des sites en Roumanie et en Bulgarie et s’était approprié dans des conditions obscures des mines au Kazakhstan. Mittal était encore un « petit » dans le secteur. Et son OPA sur Arcelor qui était alors le premier groupe sidérurgique mondial surprit pas mal de monde.

 

 

 

Lakshmi-Mittal.jpg

 Lakshmi Mittal considéré comme un nouveau Messie !

 

Comment était-il possible qu’un sidérurgiste « moyen » s’attaque au plus grand ? En dehors du fait que les médias ont dressé de Mittal le portrait d’un homme d’affaires de génie – il a toujours soigné sa com’, le bougre – il lui fallait malgré tout de solides moyens pour pouvoir procéder à une telle opération.

 

 

Sauvé : Goldman Sachs est là !

 

 

Et ici, on retrouve nos bons amis de Goldman Sachs. La banque de New Jersey avait prêté à Mittal 7 milliards de dollars pour ses différentes acquisitions.

 

Cependant, le groupe n’était pas certain de récupérer ses billes. Aussi, fidèle à sa stratégie de fuite en avant qui a provoqué la crise financière de 2008, Goldman Sachs estime qu’il faut accoler Mittal à un groupe plus puissant.

 

 

goldman-sachs-jersey.jpg

 Siège de Goldman Sachs à New Jersey

 

Arcelor est ainsi devenu la cible. Le groupe était dirigé par des industriels qui ne se souciaient guère de voir ses actions végéter en Bourse. De plus, à l’exception du gouvernement luxembourgeois, les gouvernements belges, espagnols et français ne disposaient plus que de participations symboliques chez Arcelor. Aussi, le groupe européen était une cible idéale. Comme l’écrit Martine Orange dans « Mediapart » du 1er décembre 2012 : « les États européens, épris d’un libéralisme de bon ton, ont décidé de renoncer à avoir tout droit de regard sur le groupe, en dépit des milliards de subventions accordés précédemment et du poids du groupe sur des filières industrielles entières, des répercussions sur l’emploi et dans certaines régions. »

 

siege_Arcelor.jpg

 Siège d'Arcelor à Luxembourg

 

 

En outre en fusionnant le groupe de Mittal et Arcelor, la nouvelle entité contrôlerait plus de 10 % du marché mondial de l’acier. Cela lui donne une taille suffisante pour peser sur les prix mondiaux. C’est l’assurance d’une bonne rentabilité pour Goldman Sachs et d’un bon « trading » en Bourse, autrement dit on pourra spéculer sur les actions Arcelor-Mittal sur les « marchés ». Arcelor s’est très mal défendu face à cette attaque Goldman Sachs – Mittal, il a d’abord cherché à s’associer au Russe Severstal. Cela n’a pas marché. Ensuite, le groupe luxembourgeois a frappé à la porte de l’éternel concurrent allemand, Tyssen Krupp. Peine perdue ici aussi.

 

 

L’extraordinaire puissance de Lakshmi

 

 

Tout le monde est impuissant face à cette offensive qui se règle entre actionnaires. Le gouvernement français envoie à Mittal une lettre de 45 questions concernant les garanties relatives au maintien des outils et sur l’emploi. Lakshmi Mittal calme le jeu : il est d’accord sur toutes les demandes. On sait ce qu’il en a été !

 

L’offre au départ de 18,6 milliards d’euros, passe à 25,6 milliards quelques mois plus tard. L’OPA est réussie. À lui seul, Lakshmi Mittal et sa famille détiennent 41 % du groupe. Il est au sommet de sa gloire. En 2008, il sera nommé administrateur de Goldman Sachs et d’EADS (le groupe aéronautique et d’armement franco-allemand), en signe de reconnaissance. Au début, tout baigne. Les prix de l’acier atteignent des sommets et les fermetures des hauts fourneaux (la phase à chaud) jugés peu rentables par Arcelor qui les avait planifiées sur dix ans, afin d’éviter les drames sociaux, sont oubliées. Il promet même de nouveaux investissements à Charleroi, Liège, Florange, Grandrange et à Fos sur mer.

 

 

 fos_sur_mer.jpg

Fos sur mer : l'acier à la plage. Bientôt, il ne restera que le sable.

 

 

Mittal installe son pouvoir. Il vire l’ancienne haute direction d’Arcelor. Il y place ses proches, avec en tête, son fils âgé de… 23 ans. En 2007, c’est l’année record : le groupe de l’Indien atteint un profit historique de 10,7 milliards. L’action et les dividendes grimpent aux sommets. Cependant, avec la frénésie de rachat de sites, de mines, etc., dans le monde entier, le groupe de Mittal est fortement endetté, grâce aux « largesses » de Goldman Sachs.

 

D’autre part, la production d’acier est par définition très cyclique. Et après 2007, l’on passe à une période descendante. Aussi, Mittal joue, au grand dam des travailleurs et des organisations syndicales, la stratégie dite du « stop and go » qui avait été celle des maîtres de forge européens avant la crise de 1974 : on ferme et on rouvre les hauts fourneaux en fonction de la conjoncture.

 

Les nuages s’amoncèlent.

 

La crise de l’automobile commence à se faire sentir. Ce secteur est le principal client d’Arcelor-Mittal. Très vite, le groupe connaît de sérieuses difficultés. Et c’est la sidérurgie européenne qui sera le plus visée : équipements vétustes à cause du sous-investissement des opérateurs successifs, salaires élevés et les normes environnementales bien plus sévères en Europe qu’ailleurs.

 

La farce des quotas CO2

 

En effet, suite au protocole de Kyoto adopté par l’Union européenne et refusé par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil, a été mis en place les quotas CO2 Les installations les plus émettrices de CO2 ont un certains nombre de quotas à ne pas dépasser. Ces quotas peuvent être vendus sur le marché du carbone. Tout est contrôlé par le journal des transactions de l'UE (CITL). Mais, comme Mittal applique la stratégie du « stop and go » dans ses installations européennes, surtout celle du « stop », il a joué sur les quotas qu’il a touchés puisqu’il n’atteint plus le nombre requis et leur revente lui permet de financer les unités de production hors UE et hors « Kyoto ». C’est ce qu’on a appelé le « permis de polluer ailleurs ».

 

 

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La sidérurgie est très polluante (ici les Forges de Clabecq)

 

 

On arrive même à des situations absurdes. Le journal économique belge « l’Echo » du 2 février 2013 relate qu’Arcelor-Mittal a assigné la Région wallonne en Justice pour non paiement des quotas CO2. En effet, le haut fourneau 6 à Liège qui devait être fermé et qui a continué à produire : lors de l'élaboration du plan d'allocation, le haut-fourneau 6 était à l'arrêt et le second haut-fourneau devait fermer en 2009, en raison d'un projet d'arrêt de la phase liquide. En 2007, l'entreprise a finalement décidé de continuer à utiliser les deux hauts-fourneaux à condition que le site de Liège puisse recevoir l'allocation de quotas de CO2 nécessaire basée sur les prévisions d'émissions durant la période 2008-2012. L'entreprise réclame les quotas concernant sa production réelle, soit 965.000 tonnes de CO2. « Au moment où ArcelorMittal nous a réclamé ces quotas, la Région avait déjà épuisé ses réserves pour les nouveaux entrants: nous n'avons donc pas d'obligation d'allouer ces quotas », déclare le ministre Philippe Henry dans « l'Echo ». Il rappelle qu'il « souhaite soutenir une activité sidérurgique pérenne sur le long terme dans la phase à froid, mais ArcelorMittal ne doit pas continuer à penser que la Wallonie va tout accepter ». Il est presque temps !

 

 

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 Le ministre wallon écolo Philippe Henry : de la fermeté mais un peu tard !

 

Donc, non seulement, Arcelor Mittal dépasse les quotas requis, mais a aussi l’audace d’attaquer la Région pour refus de paiement de quotas non dus, en outre, elle est l’entreprise qui se taille la part du lion dans les quotas CO2. Cela représente des milliards d’euros empochés ! Ecologie et finances se marient très bien en l’occurrence !

 

 

On ferme !

 

 

Mais dès 2010, Mittal reprend à son compte le plan Gandois de fermetures qui date de 2003 ! Tous les sites européens sont menacés. Il commence par l’ancien site de Carlam à Charleroi, tandis que le haut fourneau de Carsid qui appartient à Duferco est lui aussi fermé « provisoirement » pour être définitivement démantelé le 31 décembre 2012. En France, c’est la phase à chaud de Florange qui est fermée dès 2012. A Liège, les hauts fourneaux sont fermés. C’était prévisible. Aussi bien Gandois, qu’Arcelor, que Mittal lui-même avaient prévu la fermeture du chaud. Et puis, fin 2012, c’est l’annonce de la fermeture définitive, cette fois-ci du froid, de sept lignes pour le moment, avec à la clé 1.300 emplois supprimés, sans compter les emplois indirects. Dunkerke, Sidmar et Brème ne sont pas menacés, mais cela ne pourrait tarder.

 

 

 

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 Arcelor Mittal : c'est l'homme qui trinque !

 

 

Le rapport Laplace

 

 

Le 16 janvier 2012, à la demande du gouvernement wallon, le bureau d’études Laplace conseil remet un rapport sur l’avenir de la sidérurgie à Liège. D’emblée, il annonce la couleur : « La fermeture du Chaud de Liège est irréversible. Le Froid est très menacé et son approvisionnement par Dunkerque ne garantirait pas son équilibre économique. Le financement  complet par Arcelor Mittal  des coûts sociaux et surtout environnementaux pour la remise en état des sites fermés n’est pas assuré. » Et il ajoute plus loin : « La fermeture définitive  du Chaud  de Liège  est irréversible, car les retards successifs d’investissements de modernisation, imputables en grande partie au manque de confiance des actionnaires successifs dans la fiabilité sociale de l’entreprise, sont aujourd’hui trop importants pour être comblés de façon économique. » Autrement dit, Laplace est très critique à l’égard des syndicats qu’il accuse de refuser systématiquement tout changement. Cependant, le rapport Laplace recommande une négociation avec Arcelor-Mittal afin de trouver « un équilibre entre le droit d’Arcelor Mittal à réaliser une restructuration de son dispositif industriel européen, même au prix d’une fermeture, et ses devoirs envers la Région qui l’a accueilli et aidé ainsi que les travailleurs qui ont participé à créer la valeur de l’entreprise. » et la création d’un Fonds cogéré entre Arcelor-Mittal, la Région wallonne et les organisations syndicales pour la création d’une filiale industrielle. Celle-ci sécuriserait le froid, construirait une aciérie électrique, créerait une société de « défaisance » pour assainir les sites du chaud fermés et l’indemnisation par Arcelor-Mittal les travailleurs licenciés.

 

 

On sait ce qu’il en est ! Arcelor-Mittal retire ses billes, point barre ! Il se réfugie provisoirement à Dunkerque, à Gand, à Brème et à Fos sur mer, autrement dit la sidérurgie maritime.

 

 

Tout n’est pas si rose chez Mittal.

 

 

Car, tout n’est pas aussi rose qu'on le croit chez Mittal. En effet, certains prétendent qu’Arcelor Mittal empoche des bénéfices. Ce n’est pas exact. Le groupe est surendetté. Il doit rembourser plus de 6 milliards d’euros entre 2013 et 2014. Or, Mittal a les plus mauvaises performances et la plus mauvaise notation des groupes sidérurgiques mondiaux. Il est encore soutenu par Goldman Sachs, et ce, au détriment de milliers de travailleurs qui se retrouvent sur le carreau en France et en Belgique. C’est sans doute la plus grande catastrophe sociale de l’après-guerre : 60.000 emplois supprimés en cinq ans !

 

De plus, Mittal refuse de vendre le moindre site fermé. Il a toujours gardé tous ses actifs, quel qu’en soit le prix. On en revient au temps des années 1970 où les patrons de la sidérurgie empochaient les bénéfices et socialisaient les pertes. Et le politique n’a toujours pas tiré la leçon de cet immense gâchis.

 

La stratégie de Mittal

 

Mittal a une stratégie à long terme. C’est un fameux joueur d’échecs qui use aussi du court-terme ; c’est ce qu’il vient de faire en fermant les sites wallons et lorrains.

 

La stratégie de Mittal est de s’approprier les technologies et de les développer en collaboration avec les Universités, comme celle de Liège. Le gouvernement belge vit en l’arrivée de Mittal une espèce de Messie qui allait sauver l’acier wallon et développer l’outil Sidmar. Mittal, grâce aux énormes moyens dont il disposait, passa outre les réticences des politiques et il reçut un paquet énorme de subsides. En réalité, il effectua un formidable transfert de technologie pour ses projets de développement sous d’autres cieux et ce à cause de l’aveuglement des responsables politiques et économiques belges, français, espagnols et luxembourgeois. Il ne vendra pas ses sites à un concurrent éventuel. De plus, une nationalisation telle qu’elle a été envisagée par les syndicats liégeois et Arnaud Montebourg est impossible : Mittal s’est approprié tous les brevets qui se trouvent dans une société luxembourgeoise qui l’appartient. Nationaliser reviendrait dès lors à doter l’Etat de coquilles vides.

 

 

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 Arnaud Montebourg se trompe : la nationalisation est impossible.

 

Son objectif : dépouiller la sidérurgie européenne et lorsque la demande reviendra produire à bas prix (sans respect des normes sociales et environnementales dans les pays émergents, essentiellement Inde et Brésil). Ainsi, il renouera avec les bénéfices et aura éliminé le principal concurrent qu’il a conquis au préalable.

 

 

La facture sociale sera catastrophique : accroissement du chômage dans plusieurs régions d’Europe, exploitation éhontée de travailleurs précaires et sous-payés en Inde et au Brésil, destruction de l’environnement. C’est aussi la première phase de la désindustrialisation en Europe. En effet, comment feront les nombreux secteurs manufacturiers comme l’industrie automobile et aéronautique qui ont besoin d’acier ? Ils seront contraints, sous peine de disparition, de délocaliser transformant le vieux continent en désert économique et social. Mais, ce scénario catastrophe n’est pas absolument certain : Mittal avec son endettement colossal tiendra-t-il suffisamment longtemps pour atteindre son but ?

 

 

 

Pierre Verhas  

 

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 14:49

Le discours tant attendu de Cameron a déclenché un concert d’indignation au sein du microcosme européen à Bruxelles. Van Rompuy, Reynders, Schultz et d’autres responsables politiques de l’Union se sont fâchés tout rouge en dénonçant le « chantage » au référendum et en affirmant la main sur le cœur qu’il n’était pas question de négocier une « Europe à la carte » avec la Grande Bretagne.

 

 Cameron.jpg

James Cameron sait très bien qu'il est le maître du jeu.

 

 

Pourtant – et ils le savent très bien – c’est ce qu’ils feront, car ils n’ont pas le choix. L’Europe, sous la pression britannique, a choisi la voie atlantique contre l’indépendance. Les Britanniques, depuis leur entrée dans la Communauté européenne en 1973, ont toujours obtenu ce qu’ils voulaient et il n’y aucune raison qu’il en soit autrement aujourd’hui. En cela, Cameron a fait une très bonne opération : sur le plan intérieur, il a lancé la campagne pour les élections générales de 2015 où il était en difficulté – les sondages donnent neuf points de plus aux travaillistes – ce qui lui permet d’être le meneur du jeu. Sa première promesse, le référendum en 2017, sera tenue et il n’est pas certain qu’il dégagera une majorité pour que le Royaume Uni se retire de l’Union européenne. Sur le plan européen, il contraint ses « partenaires » européens à réagir. Il a ainsi repris l’initiative, alors qu’il s’était tenu à l’écart des décisions du Conseil européen sur la crise de l’Euro. Il n’est pas lié par le traité budgétaire. Bref, il a tous les atouts en main.

 

Cameron, comme Thatcher, Major et Blair avant lui, veut une zone de libre échange englobant le continent européen, les îles britanniques et pouvant éventuellement s’étendre à l’ensemble du monde atlantique, Etats-Unis et Canada compris. Il ne veut en aucune manière une Europe politique ou une Europe fédérale.

 

De toute façon, cet objectif est pratiquement atteint. La Grande Bretagne en 1992 a refusé l’entrée dans l’Euro et s’est opposée à l’harmonisation fiscale qui est désormais interdite par le traité de Maastricht. Il n’est pas étonnant que John Major ait crié au terme des négociations sur ce traité : « Game, set and match ! ».

 

 

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John Major à Maastricht en 1992 : Game, set and match !

 

 

La réunification allemande et l’élargissement de l’Union vers l’Est a renforcé ce principe de l’Europe du grand marché dont les fonts baptismaux ont été mis en place avant la chute du Mur de Berlin par le socialiste démocrate chrétien Jacques Delors. L’idée d’une Europe politique ou fédérale relève du « wishfull thinking » de certains hommes politiques comme le libéral Verhofstadt et l’écologiste libertaire Cohn-Bendit. Les grandes envolées lyriques pour le fédéralisme ne sont en définitive que gesticulations.

 

La prochaine négociation portera sur l’organisation de cette zone de libre échange européen sous la pression de la Grande Bretagne et par le lobbying des multinationales.

 

Exit donc l’Europe sociale qui est d’ailleurs interdite par le traité de Lisbonne. Exit le fédéralisme qui restera une utopie. Exit une autorité politique au niveau supranational. Exit enfin le partage équitable des pouvoirs – c’est volontairement que le vocable « démocratie » n’est pas utilisé ici.

 

 

 fontenoy.jpg

Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! Bataille de Fontenoy (11 mai 1745)

 

 

Messieurs les Anglais, vous avez tiré les premiers. Vous savez très bien que nous sommes incapables de vous répliquer. Pour combien de temps ? Cela dépendra du moment du réveil des peuples d’Europe.

 

 

Pierre Verhas

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:29

Un nom prédestiné

 

Les super-manifs anti-mariages pour tous et accessoirement homophobes, bien orchestrées par notre Sainte Mère l’Eglise catholique apostolique et romaine, a une égérie nommée Frigide Barjot. Cela ne s’invente pas !

 

 

 frigide_barjot.jpg

Frigide Barjot : un nom qui convient parfaitement !

 

 

Requiem pour une monarchie

 

Tollé dans le landerneau politique belge après l’annonce de la création d’une fondation par la reine Fabiola, veuve de feu le roi Baudouin Ier. Non seulement, elle tente par sa fondation de faire éluder le fisc à ses successeurs de neveux et nièces, mais en outre elle y met ses conditions, la vilaine : il faut avoir été marié chez les cathos, sinon pas un liard. En outre, on ne sait pas très bien si le pognon qui alimente cette fondation provient ou non de la dotation annuelle de 1,4 millions d’euros votée par le Parlement belge. Chapeau la vieille ! Eviter le fisc, ne donner son blé qu’aux cathos et sans doute détourner des fonds publics, il existe des businessmen chevronnés qui n’arrivent pas à sa cheville…

 

 

 fabiola.jpg

Chapeau, Madame Fabiola ! Quel service à la monarchie !

 

 

En attendant, après le bouquin de Deborsu, après le discours de Noël de son beau-frère, voilà que la monarchie belgicaine se trouve à nouveau sous les feux de la rampe. Cela commence à sentir le roussi pour son avenir.

 

Eh oh! Amnesty! On dort ?

 

Nous avons évoqué la dernière fois (voir « Morceaux d’humeur du 5 décembre 2012 ») le cas du poète qatari Mohammed Ibn al Dheeb qui a été condamné à la prison à vie par un tribunal de Doha pour avoir critiqué le charmant émir de ce beau pays. A l’exception de quelques protestations de principe, il n’y a guère de mobilisation sérieuse. Qu’attend-on ? Le feu vert du meilleur allié de Qatar, les USA, ou celui de son grand client, la France ? Tant que la situation d’al Dheeb n’évolue pas, nous rafraîchirons la mémoire des amnésiques volontaires. Tiens, une petite lettre à François Hollande ne serait pas une mauvaise idée. Qui s’y met ?

 

 

 Mohammed Ibn al dheeb

Liberté pour Mohammed Ibn al Dheeb !

 

 

Honni soit qui Mali pense !

 

A propos de François Hollande. Après plusieurs semaines d’hésitations, le président « normal » s’est décidé à intervenir au Mali menacé par les islamistes. Cette opération qui a d’ailleurs très mal commencé – un officier français tué le premier jour – décidément, François n’a pas la baraka, ressemble à s’y méprendre à une de ces bonnes vieilles expéditions coloniales comme on les aimait dans le « bon » temps.

 

 

 

 francois_hollande07.jpg

François Hollande annonçant l'intervention militaire française au Mali

 

 

On oublie que ces pays sont souverains et que ce n’est pas ainsi que l’on règlera les relations futures avec eux. Contraindre leurs voisins à y envoyer de troupes de première ligne n’est pas très malin, non plus. Personne n’aime jouer le rôle de chair à canons.

 

Mais, cela sent aussi l’Uranium, cette affaire, alors ? En tout cas, on n’est pas sorti de l’auberge. De là à ce que l’on soit à terme contraint de négocier avec l’AQMI, il n’y aura qu’une humiliation de plus pour le locataire de l’Elysée.

 

Exit le cordon sanitaire.

 

A Denderleeuw, petite ville de Flandre orientale, il a fallu pour exclure les Socialistes qui dirigeaient cette commune depuis une vingtaine d’années, que les nationalistes de la NV-A et les chrétiens du CD & V s’allient avec le parti néonazi Vlaams Belang pour former une majorité.

 

 

 

 denderleeuw.jpg

Vote au conseil communal de Denderleeuw avec l'aide des néonazis du Vlaams Belang

 

 

Cela a été fait sans hésiter et les « démocrates » ont beau pousser leurs cris de vierges effarouchées, le fameux « cordon sanitaire » qui excluait tout accord avec ces « gens-là » a bien sauté. Il est vrai aussi que la NV-A a accueilli pas mal « d’anciens » du Belang qui souhaitaient se refaire une virginité et accessoirement augmenter leurs chances de faire carrière. Et puis, entre anciens copains, on finit toujours par s’entendre.

 

 

 

Pierre Verhas

 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 21:32
 
Nous publions ici un article de notre ami Bernard Gensane paru sur son blog (URL en fin d’article) et reproduit par le site bien connu de nos lecteurs, « Le Grand Soir ». Il s’agit d’un très intéressant historique de la politique états-unienne en Amérique latine et de leur rôle dans ce qu'on a appelé les «républiques bananières». Cette analyse nous rafraîchit la mémoire sur des événements que l’on a connus, il y a longtemps déjà, mais qui ont souvent été mal interprétés.
 
Il faut savoir que, comme l’écrit Bernard : « Les États-Unis sont nés dans, de et par la violence extrême : massacre génocidaire des Indiens, maintien du peuple noir dans l’esclavage, répression féroce – parfois par les armes – de la classe ouvrière, irrésistible et brutal Drang nach Westen, application sans faille de la politique du gros bâton en Amérique latine. »
 
 
Selon la doctrine exposée par le président James Monroe en 1823, tout le continent américain devient une chasse gardée des États-Unis. Pour l’anecdote, de nombreux épisodes de la célèbre série télévisée “ Les Mystères de l’Ouest ” (1965-1969) étaient une légitimation de cette doctrine : deux agents secrets, au service direct du président des États-Unis Ulysses Grant (1869-1877), débusquaient les ennemis intérieurs et extérieurs du pays, en particulier ceux qui, d’origine européenne plus ou moins déterminée, considèraient que la colonisation du continent n’était pas achevée. Ce n’est pas un hasard si James West et Artemus Gordon vivaient dans un train et était en déplacement permanent dans un Ouest vierge, sauvage pour eux (le titre original de la série étant The Wild Wild West).
 
 
 
Impériale, cette violence est devenue impérialiste. Nombreux seront les États souverains du continent américain (puis de la terre entière) qui verront leur destin bouleversé par l’action belliqueuse d’une nation s’étant arrogé le droit … de dire le droit selon ses intérêts économiques et stratégiques.
 
 
 
Je voudrais revenir ici sur un épisode de 1954 : la démission contrainte de Jacobo Árbenz Guzmán, président du Guatemala de 1951 à 1954. Pourquoi cet exemple parmi bien d’autres ? Parce qu’il fut fondateur d’une politique très pensée après la Seconde Guerre mondiale.
 
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Jacobo Arbenz Guzman, président du Guatémala contraint à la démission en 1954 par un coup d'Etat fomenté par la CIA. (Fresque peinte à Guatemala)
 
 
Le 27 juin 1954, Árbenz remet sa démission et quitte le pays. Les militaires guatémaltèques, aidés par la CIA et sur l’ordre du président des États-Unis Eisenhower, mettent fin brutalement au mandat parfaitement légal du président élu démocratiquement. Par une action de propagande particulièrement habile, la CIA a réussi à faire croire à « l’opinion publique internationale » (en fait les électeurs étatsuniens) qu’un homme politique modéré, ancien militaire exemplaire et vrai patriote, était un agent de l’impérialisme soviétique.
 
 
 
Déjà en 1944, le Guatemala avait causé quelques soucis à la puissance impériale : un professeur de philosophie du nom de Juan José Arévalo avait remporté la première élection présidentielle réellement démocratique à la tête d’une coalition de gauche (le Parti d’Action Révolutionnaire), par 85% des suffrages. Arévalo avait lancé des réformes structurelles concernant le droit du travail et l’accès à l’éducation. Malgré la modestie de ses réformes, Arévalo s’était mis à dos les propriétaires terriens, l’Église catholique, les officiers et, bien sûr, la United Fruit Company, dont l’un des gros actionnaires n’était autre que le futur directeur de la CIA Allen Dulles, frère de John Foster Dulles, secrétaire d’État sous la présidence d’Eisenhower.
 
 
 
Les dirigeants, qui avaient gouverné le pays par la dictature à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, n’avaient été que des fantoches au service des intérêts économiques et politiques des États-Unis. Au point que, contrairement à ce qui s’était passé en Haïti et à Cuba, la puissance impériale n’avait pas eu besoin de recourir à la force militaire pour préserver son autorité dans le pays. La police et l’armée guatémaltèques étaient directement sous la coupe des États-Unis. Par ailleurs, le gouvernement avaient exempté d’impôts plusieurs sociétés nord-américaines à qui il avaient bradé d’importantes portions de terres publiques. En 1930, le pays était gouverné par le général Jorge Ubico, un dictateur très brutal, complètement à la solde des États-Unis. Ce grand propriétaire terrien, qui avait donné à la United Fruit des centaines de milliers d’hectares, perfectionna un système de servitude pour dette, en vigueur par exemple dans la Grèce ou la Rome antiques. Grand admirateur de Mussolini et d’Hitler, sa devise était : « D’abord je tue et ensuite je pose des questions. » Une grève générale, une insurrection populaire de masse eurent raison de ce tyran qui continua, malgré tout, à gouverner le pays en sous-main pendant plusieurs années. Ubico mourut en exil aux États-Unis.
 
 
 
En 1951, Árbenz remporte l’élection présidentielle avec 60% des suffrages. Sa femme est une très grande propriétaire foncière animée d’idéaux nettement de gauche. Árbenz va bientôt n’avoir « qu’un seul ennemi » : la United Fruit. État dans l’État, cette société est en partie propriétaire du port de Puerto Quetzal et elle détient des parts dans de nombreuses industries locales. Lors de sa campagne, Árbenz s’est engagé à redistribuer les terres non exploitées. Il commence d’ailleurs par mettre à la disposition du pays une partie des propriétés de sa femme.
 
 
 
La tâche semble rude pour la United Fruit : comment convaincre l’opinion et le gouvernement étasuniens qu’Árbenz est le diable incarné ? La société fait appel au publicitaire Edward Bernays.
 
 
 
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 Edward Barnays, double neveu de Sigmund Freud, un artiste des techniques d'ahurissement.
 
 
Cet homme, qui mourra à 104 ans en 1995, fut un pionnier en matière de propagande et de relation publique. Il était deux fois – on n’est jamais trop prudent – neveu de Sigmund Freud. Son père, Ely Bernays, était le frère de Martha, la femme de Freud. Sa mère n’était autre qu’Anna, la sœur de Freud. Bernays s’inspira à la fois du psychologue et sociologue français Gustave Le Bon (La Psychologie des foules), du neuropsychologue britannique Wilfred Trotter (L’Instinct grégaire en temps de paix et de guerre) et, naturellement, des travaux de Sigmund Freud. Bernays décide qu’il ne faut pas brouiller l’écoute et qu’il convient de ne faire passer qu’un seul message : Árbenz, c’est le communisme dans l’arrière-cour des États-Unis. Il utilise par ailleurs des agents provocateurs qui collent des affiches « communistes » dans Guatemala, la capitale. Une radio clandestine diffuse des programmes d’une mystérieuse « guérilla ».
 
 
 
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 Allen Dulles, le patron à l'époque de la CIA et accessoirement actionnaire de la United Fruit, est  le frère du secrétaire d'Etat US Foster Dulles, champion de la guerre froide.
 
 
Désormais directeur de la CIA, Allen Dulles envisage deux actions : d’abord regrouper les adversaires d’Árbenz pour fomenter un coup d’État violent en éliminant physiquement les principaux opposants (c’est-à-dire les Guatémaltèques élus démocratiquement). Cette première tentative est jugée trop risquée car, trop grossière, elle risque d’enflammer la région. Dulles lance une seconde opération (censément de l’intérieur du pays) : PBSUCCESS. Le chef d’un putsch à venir est choisi en la personne de Carlos Castillo Armas, très introduit dans les milieux de l’armée qu’il devra convaincre du danger communiste que représente Árbenz. Armas forme une « Armée de libération » de 400 hommes. Le 18 juin 1954, il lance ses rebelles, aidés par des mercenaires entraînés au Honduras et au Nicaragua par la CIA, et appuyés par des avions de combats étatsuniens pilotés par des Étatsuniens. Les 400 hommes (à qui la CIA a fourni un Manuel d’assassinat où il leur est explqué qu’on attend d’eux le sacrifice de leur vie) doivent à tout prix éviter l’armée régulière pour que celle-ci ne réplique pas. La rébellion connaît la déroute. Mais une habile propagande radiophonique (prenant prétexte d’une petite livraison d’armes Škoda en provenance de Tchécoslovaquie) retourne la population. Les États-Unis prennent les choses en main en intimant l’ordre à l’armée régulière de laisser les rebelles progresser. La peur d’une guerre civile amène une garnison à se rendre aux hommes d’Armas. Árbenz démissionne le 27 juin et quitte le pays.
 
 
 
 
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 Ernesto Guevara, alors jeune médecin argentin, fut conforté dans ses convistions révolutionnaires, ayant été témoin du renversement du gouvernement Arbenz.
 
 
La presse européenne critique vivement le coup d’État. La CIA tente – sans y parvenir – d’établir une filiation entre Árbenz et l’Union soviétique. Au nombre des témoins du succès de cette junte militaire figure le jeune médecin argentin Ernesto Guevara. Il s’était rendu au Guatemala pour se « perfectionner et accomplir tout ce qui est nécessaire pour devenir un vrai révolutionnaire ». Le renversement du gouvernement Arbenz qui, à ses yeux, aurait pu et dû se défendre plus vigoureusement, le convainc que les États-Unis s’opposeront désormais à tous les gouvernements progressistes en Amérique du Sud et ailleurs. Il pense également que le socialisme ne peut être défendu que par une population armée et que toute opération militaire est indissociable d’une bonne propagande.
Bernard Gensane   
 
 
 
 
 
 
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:31

 

En dépit de prévisions farfelues mais bien rentables pour leurs auteurs et symptomatiques du niveau de crédulité de la population des régions dites développées du globe, la fin du monde ne s’est pas produite. Le calendrier Maya a été mal interprété, comme il fallait d’ailleurs s’y attendre.

 

 

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Le fameux calendrier Maya a été mal interprété. Cette "erreur" n'était pas si innocente !

 

 

S’il n’y a eu fin du monde, il y a par contre fin d’une époque. Les propos de l’actuelle femme politique la plus puissante d’Europe repris lundi 17 décembre par le Financial Times, l’organe de la pensée unique occidentale, sont édifiants à cet égard. Angela Merkel nous livre une démonstration apparemment sans faille : Les Européens ne peuvent plus assumer la moitié des dépenses sociales du monde alors qu’ils ne représentent que 7 % de la population et ne contribuent qu’au quart de l’accroissement annuel de la richesse. Ce n’est pas tenable, pour l’actuelle – et sans doute future – chancelière allemande.

 

 

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Angela Markel a une nouvelle mauvaise idée...

 

 

Derrière ces propos, la grande maîtresse de Berlin souhaite consacrer l’argent à l’éducation, à la recherche et à la relance en baissant la fiscalité et en réduisant les budgets sociaux. En clair, l’objectif est de supprimer l’Etat-providence tant honni.

 

Dans le numéro de « Marianne » de fin d’année 2012, l’économiste Laurent Mauduit, journaliste à « Mediapart » écrit : « Brûlons le SMIC et le code du travail. Les plus déshérités se contenteront du RSA ».

 

Tout part en outre d’une falsification : la confusion de l’Etat-providence avec l’assistanat. Le concept de solidarité est exclu du raisonnement de la louve berlinoise. Merkel fustige le fait que la sécurité sociale en revient à assurer des suppléments de revenus à tous, alors qu’elle ne devrait servir qu’à protéger les plus démunis. D’autre part – et c’est l’argument massue – l’Etat-providence coûte cher et nous rend ainsi non concurrentiel.

 

C’est exact. L’Etat-providence est coûteux. Mais il est un point essentiel de notre civilisation et le monde entier nous l’envie. C’est pour créer leur propre modèle de protection sociale que les peuples d’Amérique du Sud adhèrent à la révolution bolivarienne. La défense du principe de solidarité est mondiale. C’est à ce niveau que doit se situer le combat progressiste.

 

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John Peet de l'hebdo The Economist a raison : la France est incapable de se réformer. Encore faut-il savoir de quelles réformes il s'agit.

 

 

Le « Monde » des 23 et 24 décembre relate les propos du journaliste responsable pour l’Europe de The Economist, John Peet, qui est l’auteur d’un article qui a provoqué un choc en France et en Europe, dans le numéro du 17 novembre, intitulé « The time-bomb, at the heart of Europe » qui est une critique acerbe de la social-démocratie à la française. « Le gouvernement, mais aussi les élites de gauche comme de droite, n’ont toujours pas pris conscience de l’ampleur des réformes nécessaires. » Il a raison ! Mais de quelles réformes s’agit-il ? Bien sûr, dans l’esprit de John Peet, cela signifie la suppression de l’Etat providence et de la réduction de la puissance publique à sa plus simple expression. Et vient l’avertissement : un pays incapable de se réformer constitue une menace pour l’ensemble de la zone Euro. Il explique qu’ « à l’inverse de leurs alter ego britanniques, les élites françaises restent franchement méfiantes envers la libre concurrence. » Il concède qu’elles sont cependant plus sensibles à la mondialisation qu’autrefois. Cette différence est normale : après trente années de thatchérisme, il est logique que les « élites » britanniques soient devenues les petits soldats du néo-libéralisme. Les Français le sont un peu moins, certes, mais ils y arrivent rapidement. M. Peet peut se rassurer ! Et suivent les poncifs du genre : « En France, les entrepreneurs restent les mal aimés. » Exactement le rôle de Calimero du MEDEF français et de la FEB belge !

 

La sacro-sainte concurrence

 

La concurrence, la sacro-sainte concurrence soi-disant « libre et non faussée » défendue comme un dogme par la Commission européenne ! A quoi sert-elle et pourquoi les ultralibéraux y sont tellement attachés ? En principe, la concurrence doit servir d’émulation entre différents entrepreneurs sur un marché et le meilleur en prix et en qualité est sensé l’emporter.  En réalité, c’est tout autre chose. Une concurrence « libre et non faussée », c’est la loi de la jungle. Le « libre » signifie la dérégulation et le « non faussé », un contrôle inefficace. Les ententes entre entreprises sont très difficiles à détecter, même si certaines doivent payer des amendes colossales. En réalité, la concurrence engendre à terme le monopole. On le voit, par exemple, avec le marché énergétique. L’ouverture à la concurrence a non seulement provoqué une importante hausse des prix, mais elle a rétabli une situation monopolistique qui n’est plus publique mais privée.

 

Faut-il pour autant supprimer la libre entreprise, ou l’entraver dans des carcans administratifs la rendant ainsi inopérante ? Non, bien sûr. Il faut simplement partir du vieux principe que toute liberté s’arrête là où elle touche à l’intérêt général. Il n’est pas non plus invraisemblable de placer sous contrôle public des entreprises stratégiques lorsque cela s’avère nécessaire. Et tant pis pour la doxa néolibérale ! En agissant ainsi, on aurait pu sauver la sidérurgie européenne. Mais en laissant faire un Mittal, puis en  cédant à ses diktats, un secteur industriel entier a été délocalisé avec des milliers d’emplois détruits. Désormais, l’Europe devra importer l’acier dont aura besoin ce qu’il reste de son industrie.

 

La faiblesse des élites

 

Voilà la preuve de la faiblesse de la classe dirigeante. Elle se montre incapable de répondre aux offensives des multinationales. Elle cède aux instances internationales, c’est-à-dire celles des multinationales et des banques, qui la contraignent à affaiblir l’Etat. La social-démocratie n’est plus que l’ombre d’elle-même. Tous les partis de gouvernement ont cédé à la pensée ultralibérale. Il n’y a en réalité plus de choix politique. Les différences entre les programmes des partis sont indétectables. Les élections se résument à des combats de personnalités qui ne font qu’assouvir leurs ambitions. Ils pratiquent toujours et partout la même politique. Et on constate un autre phénomène : les dirigeants politiques sont de plus en plus la proie d’intérêts divers et contradictoires.

 

Des politiques sans perspectives ni éthique

 

 

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Silvio Berlusconi caricature d'homme politique, mais vrai affairiste !

 

 

On a vu pendant près d’une décennie la caricature de Berlusconi en Italie qui a presque réussi à devenir une sorte de « CEO » de la Péninsule et qui en a profité pour modifier les lois afin de se protéger de poursuites judiciaires. Il contrôle la plupart des médias et peut ainsi distiller sa propagande auprès du peuple italien. Comment demander à un pareil personnage d’avoir un réel courage politique ? Il a été remplacé fort peu démocratiquement par Mario Monti, ancien commissaire européen, coauteur de la défunte constitution européenne, ancien de la banque Goldman Sachs, qui imposa à l’Italie un plan d’austérité dont les résultats sont catastrophiques. L’austérité – on le sait ! – ne contribue en rien à diminuer la dette publique et à réduire les déficits, bien au contraire. Elle crée en plus la récession. Alors, pourquoi s’obstine-t-on, sinon pour étouffer l’Etat au seul profit des « marchés » ? On peut se poser la question : pour qui réellement travaillent les Monti, Merkel, Hollande, Di Rupo ? Ne leur faisons pas de procès d’intention, en agissant comme on le voit, ils ne font que servir les intérêts de ce que, dans le temps, on appelait « le grand capital ».

 

 

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Pour qui travaille Mario Monti ?

 

 

Un cas exemplaire est l’affaire du réel ou prétendu compte suisse du ministre du budget du gouvernement Ayrault, Jérôme Cahuzac. Ce ministre PS, médecin de son état, est chargé du budget, c’est-à-dire de la politique d’austérité et de la lutte contre la fraude fiscale. Si l’existence de ce compte en Suisse est prouvée, il y a là une contradiction évidente. D’autre part, et cela semble à notre sens plus sérieux : Jérôme Cahuzac entretenait des liens étroits avec l’industrie pharmaceutique. Il s’agit là d’un évident conflit d’intérêts étant donné le poids de cette industrie dans les dépenses de l’assurance maladie. De plus, chacun sait que ce secteur agit à son seul profit, souvent en contradiction avec les règles élémentaires de santé publique et de l’éthique médicale.

 

 

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Jérôme Cahuzac : le prototype du politicien sans éthique ni crédibilité

 

 

Loin de nous l'idée de prôner la vertu à tout crin, mais en politique, l’éthique reste une valeur essentielle. Un Cahuzac n’a plus sa place dans un gouvernement. Trop de soupçons pèsent sur lui, même s’il n’y a, à ce jour, aucune preuve formelle. Il a perdu toute crédibilité.

 

Une classe politique faible et démonétisée, une élite isolée et repliée sur elle-même ne sont évidemment pas à même de faire les réformes nécessaires et encore moins capables de changer de cap, car ils ne dérivent plus que dans le sens des vents dominants.

 

En outre, on en est arrivé à un tel point que les solutions classiques deviennent impossibles à mettre en œuvre.

 

Le keynesianisme ? Bien sûr, ce serait la solution. Mais pour cela, il faudrait une industrie. Or, nos pays se sont désindustrialisés. Près de 80 % des emplois industriels ont été détruits. Les usines ont fermé ou ont été délocalisées.

 

Bientôt la famine ?

 

Les services publics sont progressivement démantelés. Certains sont déjà tombés en faillite – rappelez-vous la Sabena – d’autres vont suivre. Le service public est donc soit privatisé, soit réduit à sa plus simple expression.

 

 

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Arcelor Mittal Liège et Florange : des fermetures pour "rassurer" l'ogre "marchés"

 

 

L’Etat social est devenu l’ombre de lui-même. Jusqu’à présent, le minimum a été préservé, mais ce n’est pas terminé. Même l’aide à la pauvreté est attaquée. La réduction, sous des prétextes fallacieux, des crédits européens à la banque alimentaire a des conséquences dramatiques : les « restos du cœur » seront bientôt dans l’impossibilité de remplir leur mission. Après avoir jeté des milliers de personnes dans la rue grossissant ainsi l’armée des SDF, va-t-on connaître la famine ?

 

Une insurrection

 

 

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L'historien Jules Michelet souhaitait déjà un grand mouvement social.

 

 

Jules Michelet, juste avant la révolution de 1848, écrivait : « J’ai la foi, l’attente d’un grand mouvement social ; je crois que le temps n’en est pas éloigné. » Pas mal de monde a cet espoir, car il n’y a plus d’autre possibilité de réplique. Un mouvement social se prépare. De quelle nature sera-t-il ? Où et quand se déclenchera-t-il ? Quelles en seront les conséquences ? Nul ne peut répondre à ce sujet. La seule certitude est que la concentration de la quasi-totalité des richesses entre si peu de mains crée un déséquilibre propice à une insurrection. Des premiers éléments d’analyse montrent qu’elle aura sans doute lieu très bientôt. Qui sait, en 2013 ? Nous en parlerons très bientôt.

 

En tout cas, nous l’appelons de nos vœux !

 

Pierre Verhas

 

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 23:55

 

Le récit qui suit est extrait du site « le Grand Soir » (http://www.legrandsoir.info/comment-on-transforme-une-action-de-soutien-en-crime.html). Dans la dureté des faits décrits qui se passent en Grèce, on commence à se rendre compte des effets de la violence des mesures drastiques imposées à ce pays et qui suivent pour d’autres.

 

Les politiques d’austérité mènent non seulement à la misère des peuples, mais aussi sont propices à des graves atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés. Il est évident que par le biais de polices noyautées par les groupes fascisants, ce qui semble être le cas de cette brigade spéciale « Zeus », le pouvoir cherche à museler les populations et à criminaliser toute contestation, même non violente en infraction à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, à la Convention européenne des Droits de l’homme et à la Déclaration universelle des Droits de l’homme.

 

En fermant les yeux sur ce genre de pratiques, les institutions européennes font de ces textes fondamentaux des chiffons de papier. Derrière la politique néolibérale se cache (mal) l’anéantissement de la société démocratique. On peut d’ailleurs se poser la question : n’est-ce pas là le réel objectif ?

 

Considérons cela comme un cri d’alarme !

 

Pierre Verhas

 

 

« Comment on transforme une action de soutien en crime »


Nikos Mixos

 

Il était minuit le samedi 21 juillet, quand Petros Kapetanopoulos entendit des voix dans son quartier, à Kolonos. Il venait de mettre au lit son petit enfant et dit à sa femme qu’il allait descendre pour voir ce qui se passait. En descendant il vit cinq hommes , des policiers appartiennent à une brigade spéciale « ZEUS » qui venaient d’arrêter un immigré et l’un deux avait son pied sur le ventre de celui-ci. « Pourquoi faites vous ça ? Vous l’arrêtez, la violence n’est pas nécessaire », leur a-t-il dit. Ils lui expliquèrent alors qu’ils ne piétinaient pas l’homme et, dans une démonstration de violence, le piétinèrent à nouveau avec force. « Ca, ça veut dire qu’on le piétine » lui ont-ils dit. Kapetanopoulos a alors répété qu’il s’agissait de torture d’un homme déjà arrêté. Le résultat c’est qu’il fut lui-même arrêté. Le procureur l’a accusé de « résistance à l’autorité », de « fausse déposition » , de « tentative de libération d’un prisonnier » et de « complicité simple de vol », ce qui constitue un crime. Petros Kapetanopoulos risque de rester jusqu’à quatre ans sans revenus car il est fonctionnaire et automatiquement suspendu puisqu’il a été mis en examen pour acte à caractère criminel. Aujourd’hui s’est déroulée une conférence de presse au cours de laquelle l’avocat de Petros Kapetanopoulos a présenté la situation juridique de son client, tandis que des représentants de partis politiques, d’organismes, de syndicats et d’ organisations ont exprimé leur solidarité et leur soutien en en parlant d’ « un état qui veut qu’on ne se soucie pas de son prochain ».

 

 

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 Les exploits "démocratiques" de la brigade "Zeus"...

 

 

Mémorandum et présomption d’innocence.

 

Comme l’explique Kostas Papadakis, l’avocat de Petros Kapetanopoulos, les accusations portées contre lui peuvent aboutir à une peine de prison allant jusqu’à 15 ans. « Ces accusations sont fausses. Nous voyons que quelqu’un qui apporte son soutien est de plus qualifié de complice. » a-t-il commenté. L’avocat a présenté l’état du dossier à charge contre M. Kapetanopoulos. Après que le procureur ait porté ses accusations, est intervenu le vote du troisième mémorandum. En vertu des modifications apportées par ce troisième mémorandum, si un fonctionnaire a été mis en examen pour acte à caractère criminel, comme une simple complicité de vol – vol commis par l’immigré arrêté – il est automatiquement suspendu. « Connaissant la charge de travail dans les tribunaux, cela signifie jusqu’à quatre ans de privation de salaire, sans possibilité de faire appel de cette décision tandis que la présomption d’innocence est bafouée », explique Kostas Papadakis, ajoutant que le salaire de Petros Kapetanopoulos est le seul soutien de sa famille. « Pour l’instant notre premier objectif est que Petros ne perde pas son travail », a insisté l’avocat.

 

Hors de l’ Etat de droit.

 

« Cette histoire n’a pas sa place dans un Etat de droit », a déclaré Dimitris Christopoulos, professeur de sciences politiques à l’Université Panteion et vice-président de l’Association Grecque des Droits de l’Homme. Selon lui, cet incident montre l’annulation des droits évidents et des acquis dans la relation entre l’État et la société. « Et le plus important, est que cette annulation vient de ceux qui ont été choisis pour protéger le régime » note M.Christopoulos.

 

 

La Grèce, selon lui, commence à constituer un chapitre dans la procédure européenne au sujet des droits de l’homme avec pour titre « brutalité policière ». « Face à un Etat qui se déclare champion du droit Grec notre réponse doit être une lutte pour la primauté du droit et des règles », a déclaré Dimitris Christopoulos.

 

« Petros nous le connaissons ».

 

« Nous connaissons Petros et il n’y a aucune rien à lui reprocher », a déclaré Giorgos Markakis, président de l’Association des travailleurs au sein de l’Agence pour l’Emploi, où Petros Kapetanopoulos est inscrit. « Les parjures ne sont pas les fonctionnaires, mais nous tous qui restons immobiles face à des situations comme celle à laquelle Petros Kapetanopoulos fait face. Ce sont ces idéaux que nous devons défendre », a-t-il insisté, ajoutant « Petros nous sommes avec toi. Nous t’innocenterons solennellement ».

 

 

Despina Koutsoumpa, membre du Conseil général du Syndicat des Fonctionnaires, a rapporté que « les nouveaux conseils de discipline sous prétexte de parjures s’efforcent de chasser ou du moins de menacer les fonctionnaires syndicalisés ou menant une action sociale ».

 

Le soutien de SYRIZA.

 

Vangelis Diamantopoulos, député de SYRIZA, a commenté, déclarant à la fois le soutien unanime des élus et tout SYRIZA-FSU à Peter Kapetanopoulos, et affirmant que « ce cas est caractéristique de l’insensibilité de l’Etat. Nous voyons que désormais quiconque apporte son aide est victime de répression ».

 

Indifférence envers son prochain

 

« L’Assemblée populaire de Kolonos connaît et soutient Petros face à un Etat qui veut qu’on ne se soucie pas de son prochain. Nous sommes opposés au cannibalisme qui convient seulement aux fascistes et au capital », a déclaré Melpo Koronaiou, qui en 1995 avait été victime de lourdes violences policières lors d’une manifestation. L’auteur de ces violences fut alors le premier policier à être condamné depuis l’après-guerre.

 

 

Traduction Frederique Bouvier.

 

Source : https://syrizaparis.wordpress.com/2012/12/26/comment-on-tran...

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 22:14

Les droits de l’homme inconnu

 

Connaissez-vous Muhammad Ibn al-Dheeb al-Ajami ? Non ? Sans doute sous son nom de poète : Mohammed Ibn al Dheeb ? Toujours pas ? Allons, je vais vous aider. Il s’agit d’un célèbre poète qatari qui vient d’être condamné à la prison à vie pour avoir «  avoir insulté le régime, diffamé le prince héritier Tamin et attaqué la constitution » (sic). Mohammed Ibn al Dheeb a été arrêté en novembre 2011, mis au secret, son procès a été secret, ainsi que le chef d’accusation.

 

 

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Il faut sauver le poète Mohamed Ibn al Dheeb !

 

 

Question à un pétrodollar : les nombreux délégués à la conférence de Doha (capitale du Qatar) sur le climat, vont-ils faire pression sur le très susceptible émir qatari pour exiger la libération du poète ?

 

Notre petit doigt nous dit qu’ils préféreront sans doute discuter du réchauffement climatique global plutôt que de risquer de refroidir le climat des relations diplomatiques avec le Qatar en évoquant cette condamnation inepte et scandaleuse. Il reste à Mohammed Ibn al-Dheeb la possibilité d’interjeter appel. Affaire à suivre.

 

Le gâchis Arcelor Mittal

 

 

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Les syndicalistes de Florange ont manifesté à Paris le 15 novembre dernier. Ayrault ne les a pas entendus !

 

 

Ce soir, au journal de France 2, Ayrault avait vraiment l’air gêné dans ses entournures en se vantant du glorieux résultat qu’il a obtenu sur l’avenir du site sidérurgique de Florange en Lorraine française. Pas de plan social, pas de licenciements ! La belle affaire ! Aucun plan industriel sérieux, des promesses sans garanties d’investissements de la part de Mittal. Tout cela est bidon ! Et Montebourg qui a joué les matamores en brandissant l’idée de la nationalisation « provisoire » dans l’attente d’un hypothétique repreneur. Désavoué, il ne démissionne pas ! Enfin, on dit que Hollande aurait refusé sa démission. Allez savoir ! En attendant, sa crédibilité en a pris un sacré coup et la « gauche » française au pouvoir, aussi ! Le Medef (patronat français) a gagné. Quant aux principaux intéressés, c’est-à-dire les travailleurs, ils sont condamnés à attendre…

 

La Justice belge se réveille… un peu tard !

 

 

 

 

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Maurice Lippens peut faire un doigt d'honneur à la Justice belge.

 

 

Voilà, après quatre inculpations d’anciens gros pontes de Fortis, l’ex-numéro 1, Maurice Lippens, qui passe lui aussi à la trappe. Cinq années après les faits, mieux vaut tard que jamais ! Rassurez-vous, ces messieurs ont d’excellents avocats qui vont jouer l’obstruction et atteindre ainsi gentiment la prescription et on n’en parlera plus. Les petits actionnaires, c’est-à-dire tous les épargnants qui se sont fait piéger n’auront plus que leurs larmes pour pleurer. Cela n’empêchera pas Lippens d’inviter ses acolytes à une partie de golf à Knokke – Le Zoute dont le maire n’est autre que le frangin dudit Maurice.

 

Marcourt s’emmêle les pinceaux !

 

 

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Une min guerre scolaire sur le râble de Jean-Claude Marcourt : un peu lourd !

 

 

Voilà que le très régionaliste ministre wallon de l’enseignement supérieur, le PS liégeois Jean-Claude Marcourt, qui se paye une réforme du « paysage » de l’enseignement supérieur. Les étudiants n’auront le choix de « passerelles » d’une école supérieure à l’autre que dans une zone géographique bien délimitée. Cette idée « régionaliste » fait hurler le milieu universitaire, surtout chez les cathos ! En effet, certaines de leurs hautes écoles du réseau dit « libre » risquent de se voir vidées d’une proportion importante de leurs étudiants. Régionaliser et se payer en prime une mini guerre scolaire, c’est un peu beaucoup pour le Ministre principautaire qui a aussi le dossier Arcelor Mittal Liège dans les pattes. Attention au burn out Jean-Claude !

 

Maingain désavoué ?

 

 

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Maingain sera-t-il victime de ses convictions laïques ?

 

 

Le sémillant président, qu’on croyait à vie, du FDF (le parti francophone bruxellois), Olivier Maingain, risque de perdre des plumes au prochain congrès de son parti qui devait renouveler son mandat de président. Il a un challenger (comme on dit en bon français…) en la personne de l’Ucclois Emmanuel De Bock qui est soutenu par Bernard Clairfayt. Maingain paierait-il  son projet d’inscrire la laïcité dans la Constitution belge ? Il y a de fortes chances que cela n’ait pas plu à l’aile catho du parti bruxellois.

 

Le maire de Londres veut une autre Europe.

 

 

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Boris Johnson est fatigué de dire que l'Europe, c'est une zone de libre échange !

 

Boris Johnson, le très populaire maire conservateur de Londres, veut que l’Union européenne soit une zone de libre échange, point à la ligne. Scandale ! Pourtant, c’est ce que la Grande Bretagne a toujours voulu : faire de l’Europe une vaste zone de libre échange, avec en plus une zone de libre échange transatlantique. Il n’y a que des has been comme Verhofstadt et Cohn Bendit pour penser que l’on pourra construire une Europe politique fédérale.

 

Ecce homo

 

 

 

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Yves Mersch n'a pas dû attendre sa nomination très longtemps !

 

 

Eh oui ! C’est un homme. Le Luxembourgeois Yves Mersch, candidat au directoire de la Banque centrale européenne (BCE) est finalement passé. Ce mâle très monétariste est donc assuré de son poste, puisqu’il a disposé de la majorité qualifiée des dix-sept Etats de la zone Euro, malgré une campagne virulente pour que ce poste soit assuré par une femme. Encore une fois, l’Union européenne n’a rien à faire des mouvements de l’opinion publique et s’assoit sur ses grands principes d’égalité hommes – femmes, par exemple.

 

Pierre Verhas

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:11

 

Corporate Europe Observatory (Observatoire Européen des Entreprises) est une association  qui regroupe des chercheurs dans toute l’Europe et qui s’est spécialisée dans l’analyse du phénomène de lobbying qui prend de plus en plus d’influence dans la décision politique aussi bien au niveau national que supranational. Les institutions européennes sont particulièrement exposées à ce dangereux phénomène qui pourrait mener à la fin de la démocratie.

 

Voici la déclaration de principe de la CEO : L’entreprise de détournement de la prise de décision dans l'UE par les entreprises multinationales conduit à des politiques qui aggravent l'injustice sociale et accélèrent la destruction de l'environnement à travers le monde. Faire reculer le pouvoir des entreprises et dénoncer l’écoblanchiment sont indispensables pour résoudre des problèmes mondiaux comme que la pauvreté, le changement climatique, l'injustice sociale, la faim et la dégradation de l'environnement. Corporate Europe Observatory travaille en étroite collaboration avec les groupes d'intérêt public et des mouvements sociaux en Europe et ailleurs afin de développer des alternatives à la domination du pouvoir des entreprises.

 

Elle compte parmi ses correspondants, Madame Susan George, la fondatrice du mouvement ATTAC et auteure de nombreux ouvrages sur la mondialisation.

 

Dans cet article paru sur le site du « Grand Soir », ce processus de prise de pouvoir via, entre autres, des sociétés juridiques est décrit sommairement ici. À lire attentivement !

 

 

Un nouveau rapport démasque le club d’élite des juristes qui font des millions en poursuivant des États

 


Corporate Europe Observatory (CEO)

 

Un petit club de sociétés juridiques, d’arbitres et de spéculateurs financiers internationaux alimentent un boom de l’arbitrage d’investissement, qui coûte des milliards de dollars aux contribuables et empêche de légiférer dans l’’intérêt public, d’après un nouveau rapport du Transnational Institute et du Corporate Europe Observatory.

 

Profiting from injustice” (Les profiteurs de l’injustice) met à jour une industrie juridique opaque mais florissante, qui bénéficie aux multinationales au détriment des contribuables, de l’environnement et des droits humains. Les firmes juridiques et les arbitres, qui engrangent des millions sur les différends d’investissement initiés contre des gouvernements, défendent activement l’ouverture de nouveaux cas [1] et font du lobby contre toute réforme initiée dans l’intérêt public.

 

D’après Cecilia Olivet, du Transnational Institute, l’une des auteurs du rapport, “l’indépendance et l’impartialité prétendues de l’arbitrage d’investissement sont complètement illusoires. Les gouvernements ont les mains liées, alors que les multinationales bénéficient de l’intrinsèque partialité du système en faveur du secteur privé. Une poignée de sociétés encouragent activement leurs entreprises clientes à poursuivre des gouvernements ; pendant ce temps les principaux experts de l’arbitrage usent de leur influence pour préserver les règles favorables aux investisseurs, et maintenir le flot des procédures générant des millions de dollars.”

 

Le rapport de 76 pages explique comment l’arbitrage relatif à l’investissement, qui fut originellement conçu pour les cas d’expropriation directe, a explosé ces dernières années. Il y avait 450 cas connus en 2011, contre 38 en 1996 [2]. Le montant des frais et des indemnités a également grimpé en flèche, les frais de justice et d’arbitrage s’élevant en moyenne à plus de 8 millions de dollars par litige, et même plus de 30 millions de dollars (US$) dans certains cas [3].

 

Le secteur est dominé par un petit nombre de cabinets juridiques occidentaux [4] et d’arbitres d’élite [5]. Trois compagnies, Freshfield (UK), White & Case (US), et King and Spalding (US) se targuent d’avoir été impliquées dans 130 dossiers relatifs à des disputes d’investissement pour la seule année 2011, alors que 15 arbitres – la ’mafia intérieure’ – ont décidé de 55% de toutes les disputes connues relatives à des traités d’investissement.

 

Beaucoup d’arbitres agissent aussi en tant que conseil, et travaillent dans le même temps comme chercheurs, conseillers gouvernementaux, lobbyistes et commentateurs dans les médias. Certains ont des liens personnels et commerciaux solides avec le monde des affaires. Ces liens leur donnent une grande influence sur le système, qu’ils ont un intérêt direct à préserver [6].

 

Le rapport décrit également un nouvel aspect du secteur de l’arbitrage relatif aux investissements : le financement par des tiers. De plus en plus, des fonds d’investissement comme Burford (US) et Juridicia (UK) spéculent sur des cas, prêtent de l’argent aux compagnies pour qu’elles puissent poursuivre des gouvernements, et prennent entre 20 et 50% de l’indemnité finale décidée lors de l’arbitrage [7].

 

Les différends emblématiques État-investisseur comprennent le géant du tabac Philip Morris, qui a poursuivi l’Uruguay et l’Australie pour des avertissements de santé publique sur les paquets de cigarettes ; et la compagnie suédoise Vattenfall, qui demande 3,7 milliards de dollars à l’Allemagne suite à la décision nationale de sortir du nucléaire.

 

Certains gouvernements engagent des actions contre l’arbitrage relatif aux investissements. L’Australie n’autorise plus de dispositions prévoyant des mécanismes d’arbitrage État-investisseur dans ses accords commerciaux. La Bolivie, l’Équateur et le Venezuela ont mis un terme à plusieurs traités d’investissement ; et l’Afrique du Sud vient juste d’annoncer qu’elle n’entrera plus dans aucun nouvel accord, et qu’elle ne renouvellera pas non plus les anciens.

 

Pour Pia Eberhardt, du Corporate Europe Observatory, l’autre auteur du rapport, « les actions égoïstes du secteur de l’arbitrage relatif aux investissements ont dévoilé les injustices inhérentes au cœur du régime international de l’investissement. Les gouvernements devraient refuser de signer des traités d’investissement, exclure les clauses qui permettent aux entreprises de poursuivre l’État, ou, à tout le moins, s’assurer que les lois d’intérêt public telles que la protection de l’environnement et des droits humains ne peuvent pas être contestées. »

 

Le rapport complet (pour l’instant en anglais uniquement) peut être téléchargé ici : http://www.tni.org/ProfitingFromInjustice.pdf

 

http://www.corporateeurope.org
Corporate Europe Observatory (CEO)
Cranachstraße 48
50733 Cologne
Germany

 

 

 

[1] En pleine crise de la dette en Grèce, récemment, plusieurs sociétés juridiques ont pressé des entreprises multinationales d’utiliser l’arbitrage relatif à l’investissement pour défendre leurs profits. K&L Gates a suggéré à ses clients d’utiliser la menace de l’arbitrage comme un “outil de marchandage” dans les négociations sur la restructuration de la dette. Dans le même temps, pendant la guerre civile en Libye, des entreprises, dont Freshfields, ont conseillé leurs clients sur la manière d’utiliser les traités d’investissement pour poursuivre l’Etat libyen. Le nouveau gouvernement risque maintenant de devoir compenser des multinationales qui ont soutenu la dictature (Voir chapitre 3).

 

[2] A la fin 2011, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) recensait 450 différends État-investisseur. Dans la mesure où la plupart des espaces d’arbitrage relèvent du domaine confidentiel, le nombre réel est probablement bien plus élevé. En 1996, seulement 38 différends État-investisseur avaient été enregistrés au Centre international de règlement des différends liés à l’investissement (CIRDI) de la Banque mondiale, le responsable principal de ces arbitrages (Voir chapitre 2).

 

[3] En 2009/2010, 151 cas ont impliqué des compagnies demandant au moins 100 millions de dollars (US$) à des États. Un gouvernement vient juste d’être enjoint de payer 1,7 milliards de dollars de compensations (Voir chapitre 2 et 3).

 

[4] Le top 20 des firmes : Freshfields Brukhaus Deringer (UK) ; White & Case (US) ; King & Spalding (US) ; Curtis Mallet-Prevost, Colt & Mosle (US) ; Sidley Austin (US) ; Arnold & Porter (US) ; Crowell & Moring (US) ; K&L Gates (US) ; Shearman & Sterling (US) ; DLA Piper (US) ; Chadbourne & Parke (US) ; Cleary Gottlieb Steen & Hamilton (US) ; Appleton & Associates (Canada) ; Foley Hoag (US) ; Latham & Watkins (US) ; Hogan Lovells (US / UK) ; Clyde & Co (UK) ; Norton Rose (UK) ; Salans (France) ; Debevoise & Plimpton (US) (Voir chapitre 3).

 

[5] Le top 15 des arbitres d’investissement : Brigitte Stern (France) ; Charles Brower (US) ; Franciso Orrego Vicuña (Chili) ; Marc Lalonde (Canada) ; L. Yves Fortier (Canada) ; Gabrielle Kaufmann-Kohler (Suisse) ; Albert Jan van den Berg (Pays-Bas) ; Karl-Heinz Bocksteigel (Allemagne) ; Bernard Hanotiau (Belgique) ; Jan Paulsson (France) ; Stephen M. Schwebel (US) ; Henri Alvarez (Canada) ; Emmanuel Gaillard (France) ; William W. Park (US) ; Daniel Price (US) (Voir chapitre 4).

 

[6] Daniel Price a travaillé dans un gouvernement ainsi que comme juriste dans le domaine de l’investissement et comme arbitre. Il a bénéficié des traités d’investissement qu’il a aidé à négocier. Comme Conseiller général adjoint du Bureau du représentant des États-Unis au commerce, Price a négocié les dispositions relatives à l’investissement de l’accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et de l’accord bilatéral d’investissement États-Unis – Russie. Quand la Russie a été poursuivie pour 103 milliards de dollars, dans le cadre de la plainte la plus importante jamais connue, les investisseurs l’ont nommé comme arbitre (Voir chapitre 4).

 

[7] Les tiers-financeurs principaux dans le secteur de l’arbitrage : Burford Capital (US) ; Juridica Investment Ltd (UK) ; Omni Bridgeway (Pays-Bas) ; Fulbrook Management (US) ; Calunius Capital (UK) (Voir chapitre 5).

 

 

 

http://www.legrandsoir.info/un-nouveau-rapport-demasque-le-club-d-elite-des-juristes-qui-font-des-millions-en-poursuivant-des-etats.html


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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 20:45

Voilà, Dexia, c'est fini. On pouvait s'y attendre.

 

 

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Pas grave, grâce à Jean-Luc Dehaene, l'essentiel est sauvé...

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 22:19

 

Commençons par une citation : « Cette crise [de l’euro] n’est pas grecque. Il ne s’agit pas davantage d’une crise du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie, de l’Espagne, ou d’un des autres pays aujourd’hui sous le feu de l’actualité. Il est vrai que la Grèce a accumulé une dette astronomique qu’elle ne peut entièrement rembourser. Il est également vrai que la société grecque s’est accommodée d’une économie grise et du clientélisme politique pendant de trop nombreuses années. Enfin, personne ne peut nier qu’Athènes ait fraudé à une grande échelle pour intégrer l’euro. Mais cela n’explique pas pourquoi l’euro navigue aujourd’hui dans des eaux troubles.

 

Les Etats-Unis ont une dette publique supérieure à  celle des Etats membres de la zone euro, mais cela ne fait apparemment aucune différence pour la valeur du dollar. Quant au Japon, sa dette publique est la plus élevée du monde. Or, personne ne doute de la solidité du yen. (…) Comment l’expliquer ? La réponse réside dans le fait qu’une autorité solide, un seul gouvernement, une seule Administration soutient le yen et le dollar. (…)

 

La situation est radicalement différente pour l’euro et l’Union européenne. (…) Les chefs d’Etat et de gouvernement des différents pays, France et Allemagne en tête, ont publiquement affiché leurs réticences à se courir les Etats membres en difficulté. Résultat des courses : la confiance en ces pays s’est littéralement effondrée. Ce qui s’est aussitôt traduit par une dégradation de la note de la dette souveraine et une hausse des taux d’intérêt. Il n’est désormais plus inconcevable que certains pays fassent défaut. D’autant plus que l’Union européenne ne dispose d’aucune marge budgétaire, ni de ressources propres lui permettant d’aider les Etats menacés. »

 

 

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Guy Verhofstadt et Daniel Cohn Bendit : un peu de cohérence, Messieurs !

 

 

Ces propos sont tenus par Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit dans leur livre manifeste « Debout l’Europe » ([1]). Les deux parlementaires européens dans ce plaidoyer pour le fédéralisme, déplorent en outre le manque de discipline budgétaire des Etats membres : la Grèce bien sûr, mais aussi et surtout l’Allemagne et la France qui ont dérogé au pacte de stabilité qui limitait le déficit à 3 % du PIB. Ils disent : soit il fallait changer le pacte en question, soit sanctionner les pays qui ne le respectaient pas.

 

Aussi, affirment-ils, à juste titre, que sans solidarité et sans discipline, pas de pérennisation de la monnaie unique. Très bien ! Mais que ne l’ont-ils dit plus tôt ? Verhofstadt a approuvé le traité de Maastricht sans faire de commentaires sur les dispositions interdisant d’aider un Etat membre en difficulté.

 

Un peu de cohérence, Messieurs !

 

Aujourd’hui, il approuve la BCE qui achète des emprunts des Etats membres alors que les traités qu’il a approuvés, l’interdisent. Verhofstadt était Premier ministre de Belgique lors des négociations sur l’euro et Cohn-Bendit est parlementaire européen depuis suffisamment longtemps et ce dernier s’est tu dans toutes les langues sur ce sujet. Alors, un peu de cohérence, Messieurs !

 

Et puis, il n’y a pas que la dette souveraine. Continuons par une autre citation : « Français et Belges se sont mis d’accord le 8 novembre pour recapitaliser Dexia de 5,5 milliards d’euros, en sus des 6,5 milliards apportés en 2011. Entre ces deux dates, l’Europe a pris la décision d’abandonner définitivement en 2014 le programme européen d’aide aux plus démunis, dont le budget annuel est de 500 millions d’euros. » ([2]) Ainsi s’exprime l’économiste et anthropologue Paul Jorion dans sa chronique au « Monde éco & entreprise ».

 

Dexia : il le faut ! Les pauvres : illégal !

 

La pauvreté prend des proportions inquiétantes. Les gouvernements de l’Union européenne n’hésitent pas à supprimer les maigres crédits destinés à permettre aux exclus de plus en plus nombreux à garder la tête hors de l’eau. Il s’agirait ou bien de dépenses illégales, ou bien de dépenses menaçant le sacro-saint équilibre budgétaire. Illégales ? Mais oui, selon la Cour des comptes allemande, la subvention à la banque alimentaire sur la base des excès agricoles européens est non-conforme. Une menace pour les fragiles équilibres des finances publiques ? Bon sang, mais, c’est bien sûr ! Les dépenses sociales sont par essence nuisibles. Aussi, faut-il les supprimer les unes après les autres quitte à jeter des millions de personnes dans la misère. Et, comble de l’ironie, la fameuse stratégie « Europe 2020 » de l’Union européenne vise à réduire la pauvreté de 20 % !

 

 

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Paul Jorion a le mérite de l'audace ! Bien nécessaire, aujourd'hui.

 

 

Jorion explique qu’on ne peut faire autrement. Le fameux risque systémique est là ! Si on n’aide pas Dexia, c’est la catastrophe. Il ajoute cependant : « Si l’affirmation 5,5 milliards pour Dexia, c’est indispensable ; 500 millions pour les plus démunis à l’échelle européenne, c’est impensable semble aujourd’hui aller de soi, il arrivera bientôt qu’iront également de soi 5,5 milliards indispensables pour la banque Trucmuche ou pour la banque Duschnock, tandis que 500 millions seront impensables pour les classes de rattrapage, pour la médecine préventive ou pour l’aide aux handicapés… la liste est longue ! »

 

Génocide

 

 

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Lagarde, Junker et Rehm : les trois têtes de la sinistre "troïka"

 

 

Et l’auteur prend un exemple : « S’agit-il là d’hypothèses ? Hélas non : la « troïka » (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) impose aujourd’hui à la Grèce – prétendument en notre nom à tous – de telles mesures dont on a pu constater dans les pays où elles ont été mises en vigueur au cours des soixante dernières années qu’elles ont fait baisser le niveau d’éducation ainsi que l’espérance de vie. » Jorion se réfère aux mesures imposées dans des pays du Tiers-monde par le FMI et la Banque mondiale. C’est ce qui est imposé à la Grèce, c’est ce que l’Espagne tente de refuser. Cette politique revient à programmer des massacres de masse à terme ! Cela porte un nom : génocide !

 

Vers la fin du capitalisme ?

 

C’est donc à un choix de société que nous sommes confrontés. Jorion espère encore pouvoir le faire prévaloir dans le cadre du système capitaliste, mais il ajoute : « si tant est qu’une telle condition doive être remplie impérativement. » Cette réserve est fondamentale ! C’est, à ma connaissance, la première fois qu’un économiste en vue en vient à envisager que puisse exister un autre système que le capitalisme.

 

Et Paul Jorion prône tout simplement le défaut. Ce n’est en rien inimaginable puisqu’il est pratiqué depuis longtemps. La période « vertueuse » que nous vivons depuis la crise financière où les Etats, de gré ou de force, honorent leurs dettes, est une exception. Et l’économiste anthropologue avance un argument imparable : « L’opprobre qui couvre la nation qui se déclare en défaut sur sa dette constitue le seul obstacle à ce remède pourtant très habituel. Le cas de Dexia souligne toutefois qu’il est temps d’y penser sérieusement, pas seulement pour la Grèce mais pour l’ensemble des pays membres de la zone euro, aucun d’entre eux ne se portant à moyen terme significativement mieux que la zone hellène. » Et Jorion propose un défaut simultané accompagné d’une mutualisation instantanée de la dette. Cela vaut mieux qu’une sorte d’effet domino où les défauts se succéderont d’un pays à l’autre, provoquant ainsi le chaos.

 

Il conclut : « … le capitalisme – en tout cas sous aucun des visages qu’il a pris au cours des 750 dernières années – ne constitue pas un candidat sérieux [à devenir un système robuste de prévention de l’éternel retour du défaut sur la dette souveraine]. » Il faut un nouveau Bretton Woods pour offrir une seconde chance au projet d’une économie mondiale pacifiée. Utopique ? Sans doute, mais il apparaît que le défaut est la seule solution.

 

La récession et l’austérité pour sauver le « système » ?

 

On peut d’ailleurs se poser la question. L’immobilisme et la récession provoquée par les mesures d’austérité aux conséquences catastrophiques, ne sont-ils pas mis en œuvre pour maintenir coûte que coûte un système capitaliste à la dérive. Le défaut qui est pourtant prôné depuis le début de la crise financière peut être légitime dans une large mesure. A-t-on fait un audit de la dette, comme le réclament depuis des années des associations comme ATTAC ? Une large partie de la dette n’est-elle pas illégitime ? Aujourd’hui, sans doute, va-t-on être contraint de répondre à ces questions. Mais le système a attendu l’inéluctable, comme la condamnée qui au pied de l’échafaud supplie le bourreau de lui accorder quelques instants encore.

 

Les marches sont hautes.

 

En attendant, la société est bloquée. Les budgets d’austérité s’accumulent rendant les Etats exsangues, la désindustrialisation de l’Europe occidentale, le dumping social, la chute des revenus du travail, le chômage, l’inflation, la précarité prennent des proportions inégalées. Même les grands pays sont atteints. La situation de la France inquiète l’ensemble de l’Europe. Ne croyons pas que l’Allemagne est en si bonne posture. Et en plus, le système de décision politique est en pleine déliquescence. Il ne faut pas se réjouir de l’implosion de l’UMP en France, de la crise politique permanente en Belgique, de la faiblesse de la plupart des gouvernements de l’Union européenne. Tout cela contribue à l’affaiblissement. Tous ne mouraient pas, mais tous en étaient atteints chanta le poète.

 

 

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Les jeunes en Europe : l'exil est-il le seul choix pour les meilleurs ?

 

 

 

Peu d'espoir est donné aux jeunes en Europe, si ce n’est l’exil pour les plus qualifiés. Les marches de l’escalier social sont hautes, trop hautes. Et pourtant !

 

Le remède de cheval

 

Le « remède de cheval » proposé par Jorion est un élément essentiel de solution. Cependant, la Commission européenne et les gouvernements viennent encore de montrer leur faiblesse, sinon leur connivence avec les banques, entre autres sur la question de la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires dans le cadre de la préparation de l’Union bancaire. Et un pays comme la France refuse carrément de le faire. Selon Mediapart  « en octobre, la Commission préconise de placer dans des entités séparées mais toujours contrôlées par la même holding bancaire les activités les plus risquées comme les activités sur les dérivés pour les clients financiers, les activités de tenue de marché, les participations dans les hedge funds ou les prêts qui leur sont consentis, les investissements en capital-risque. » Grossomodo, la France anticipe les propositions de la Commission et s’apprête à faire de même, c’est-à-dire une séparation allégée contrôlée par les banques. Ainsi,  « Les banques pourront continuer toutes les activités qui servent au financement de l’économie », a assuré Pierre Moscovici. Mais elles devront placer dans des filiales spécialisées « les activités de marché qui ne sont pas nécessaires au financement de l’économie ». Certaines pratiques jugées trop risquées seront même interdites comme le trading à haute fréquence ou les dérivés sur les matières premières agricoles.

 

 

Le politique a encore une fois cédé !

 

 

 

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 Pierre Moscovici, ministre français des Finances : le politique a encore une fois cédé !

 

 

Cela semble rigoureux. Mais cela pourrait n’être qu’un effet d’optique. Car tout est dans la définition de ce qui est « utile au financement de l’économie ». Avant le discours du ministre des finances, le monde bancaire avait commencé à donner ses définitions. À l’entendre, toutes les activités de marché ou presque – à l’exception de prises de participations dans les hedge funds – sont utiles à l’économie. Autrement dit, quasi rien de changé. Les banques pourront continuer à spéculer sans aucun contrôle.

 

Le politique a donc encore une fois cédé ! Mais, l’échéance s’approche et, là, tout pourra sans doute changer. Est-ce possible ? On ne peut pas faire autrement. C’est cela le « remède de cheval ».

 

Pierre Verhas

 

 



[1]COHN-BENDIT VERHOFSTADT, Debout l’Europe, Actes Sud, André Versaille éditeur, septembre 2012.

[2] JORION Paul, Le choix du défaut, « Le Monde Eco & Entreprise », 20 novembre 2012.

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