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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 18:08

François Lenglet est le journaliste économiste de référence à France 2. Ultralibéral bon teint, ses interventions ne passent pas inaperçues, elles agacent et déclenchent la polémique. En plus, elles sont souvent erronées !

 

Ce fils d’un industriel dans le secteur de la chimie en Ile de France s’est plutôt orienté vers les lettres, puisqu’il a une maîtrise en lettres et une autre en philosophie. Après avoir bourlingué en Asie comme prof de français à Shanghai, puis comme correspondant de l’Express où il fit ses premières armes de journaliste. Revenu en France, il s’orienta vers le journalisme économique, d’abord à Science et Vie Economie, puis à l’Expansion dont il devint le directeur adjoint. Il passe ensuite comme directeur de la rédaction à Enjeux Les Echos, le supplément mensuel du quotidien Les Echos. Nouveau changement : Lenglet devient rédacteur en chef à La Tribune, puis il est nommé directeur de la rédaction. Ce n’est pas fini : il devient directeur de rédaction de BFM Business et éditorialiste économique à BFM TV et aussi à RMC. Il n’y a pas que chez les politiciens qu’on cumule les fonctions ! N’oublions pas, en plus, que notre bon Lenglet devient éditorialiste au Point. Et enfin, il passe à France 2 – il abandonne BFM TV- où il est nommé directeur du service France.

 

 

 francois_lenglet.jpg

François Lenglet "l'expert" économique très néolibéral à France 2

 

 

Lenglet, au physique austère, costume cravate bien taillé, boule à zéro est le prototype même de l’intello néolibéral avec cette arrogance typique de ceux qui prétendent détenir LA vérité.

 

Et quelle vérité !

 

Lors du JT de France 2 du 18 février dernier, Pujadas interroge François Lenglet sur le projet de fiscalisation des allocations familiales. Sa réponse est cinglante : « Il est temps que l’on sorte du dogme de l’universalité de la sécurité sociale ! ».

 

Le « dogme », Monsieur Lenglet, est en réalité un principe ! En effet, la sécurité sociale financée par les revenus du travail et par l’Etat redistribue les allocations, comme dans un système d’assurances, uniquement lorsque l’événement couvert (maladie, prise de pension, chômage) est réalisé. Cela en ne tenant compte que des cotisations versées et sans enquête sur les ressources. Lenglet veut changer ce principe : le risque n’est couvert que si les ressources de l’assuré sont insuffisantes.

 

Autrement dit, l’on passe d’un système de répartition à un système d’assistance. Ou encore, d’une société basée sur la solidarité à une société de dépendance.

 

Par ces propos, Lenglet a jeté le masque ! Le principe de base devient un dogme. En souhaitant éradiquer ce « dogme » de l’universalité de la sécurité sociale, c’est à une véritable contre-révolution que le journaliste de France 2 fait appel. Il se comporte ainsi en bon petit plouc de l’offensive ultralibérale contre les droits sociaux élémentaires. Et en plus, il s’attaque aux fondements de notre société de démocratie sociale en tuant tout mécanisme de solidarité. Soldat François Lenglet ! Vous êtes cité à l’ordre du mérite capitaliste !

 

A l’ordre du mérite avec palmes, bien sûr.Pour s’en convaincre, lisons ces quelques perles du grand expert de la chaîne publique :

 

« Il y a quarante ans, le seuil de pauvreté se situait aux alentours de 470 euros, alors qu’il est aujourd’hui de 960 euros – en euros constants, bien sûr. Malgré leurs difficultés bien réelles, en termes de confort et de niveau de vie, les pauvres d’aujourd’hui sont sensiblement plus riches que les pauvres des années 1970. (Le causeur.fr) » Notre bon Lenglet n’a sans doute jamais entendu parler de l’inflation… car ces deux chiffres sont exprimés en euro nominal et non en euro constant, comme il le prétend.  Ah ! Les pauvres plus riches et les riches plus pauvres ! François serait-il devenu un gauchiste au couteau entre les dents ?

 

Une autre : « Quiconque prétendrait diriger ce pays sans tenir compte de cette aspiration égalitaire, aussi ambiguë et trouble puisse-t-elle être, perdrait la partie. Cela dit, il est vrai que cela engendre une véritable difficulté car la France veut à la fois la liberté et l’égalité. Or, en matière économique, ce sont deux aspirations parfaitement contradictoires ! À vouloir les deux, on est sûr d’aller dans le mur ! (le causeur.fr) » Au fond, Lenglet veut la liberté du possédant sans l’égalité…

 

Et la dernière pour la route : « Les Etats-Unis ne font jamais  marcher la planche à billets (janvier  2012 – Des paroles et des actes, face à Marine Le Pen) » Même Alan Greenspan a bondi ! « Fillette, fillette, ce que tu te goures ».

 

 

 

 Alan_Greenspan.jpg

Les propos de Lenglet auraient fait bondir Alan Greenspan, l'ancien patron de la Fed !

 

 

C’est au CSA à régler cette question : veut-on à la chaîne publique française des journalistes qui font leur métier ou des évangélistes de de l’ultralibéralisme ?

 

 

Pierre Verhas

 

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Published by pierre verhas
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 22:43

La Sûreté de l’Etat belge est à nouveau sur la sellette. Il y a deux mois, on apprenait par une « fuite » qu’elle surveillait des parlementaires et même une secrétaire d’Etat qui entretiendraient des relations avec l’église de scientologie. Il y a une dizaine de jours, c’est un ex-dirigeant du parti néo-nazi flamingant « Vlaams Belang » qui « avouait » qu’il avait été une taupe de la Sûreté de l’Etat dans ce parti.

 

 Bart_Debie.jpg

Bart Debie, ancien dirigeant du Vlaams Belang affirme qu'il a été une "taupe" de la Sûreté de l'Etat. Dans quel but ?

 

 

Face à cette cacophonie, plusieurs parlementaires expriment leur inquiétude et interrogent la ministre de la Justice, la néolibérale flamande Annemie Turtelboom qui est responsable de la Sûreté, avoue ne pas être informée !

 

 Annemie.jpg

Annemie Turtelboom, ministre de la Justice, affirme ne pas être informée par la Sûreté de l'Etat qu'elle dirige !

 

 

Deux socialistes, le flamand Renaat Landuyt, juriste éminent et bourgmestre de Bruges et le francophone Philippe Moureaux, ancien ministre de la Justice, réagissent avec virulence. Le premier demande la suppression de la Sûreté de l’Etat, le second exige une profonde réforme de ce service. Il ajoute : « J'en ai été responsable comme ministre de la Justice et je n'ai jamais eu beaucoup de respect pour ces gens-là, qui travaillent le plus souvent sur base de rumeurs et qui se laissent aller à de petits jeux ».

 

 Philippe_Moureaux.jpg

Philippe Moureaux apprécie très diversement la Sûreté de l'Etat et souhaite qu'elle soit profondément réformée.

 

 

Tollé de la droite politique avec en tête l’ineffable Armand De Decker, sénateur bourgmestre d’Uccle, qui fustige Landuyt et Moureaux en les traitant d’hommes « dépassés ».

 

 

 

 

 Armand_De_Decker.jpg

Armand De Decker, membre du Comité R, Sénateur MR de droite, n'apprécie pas les sorties de Landuyt et de Moureaux.

 

 

Pas si simple !

 

M. De Decker veut-il effacer le passé en parlant de « dépassé » ? Si l’on veut comprendre le problème de ce service public qui a toujours laissé planer une aura de mystère sur sa mission, il nous faut évoquer l’histoire. Commençons par une affaire personnelle dont je me serais volontiers passé.

 

Je suis personnellement concerné.

 

En vue d’effectuer une recherche sur un réseau de résistance belge qui a fonctionné dans le Midi de la France, j’ai été obligé de demander à la Sûreté de l’Etat l’autorisation de consulter un dossier se trouvant au CEGES (Centre belge de Recherche sur la Seconde guerre mondiale). Ce fut une fin de non recevoir se référant à la loi sur la protection de la vie privée. Certes, mes activités militantes antérieures et présentes ne doivent pas entrer dans les « normes » de la Sûreté de l’Etat, mais je trouve assez piquant de se référer à une loi sur la protection de la vie privée pour m’empêcher d’évoquer la lutte et le courage de personnes qui ont agi dans la clandestinité voici plus de soixante années ! Je ne vois en outre pas en quoi les informations que je cherche sont « sensibles ».

 

 

 Lettre_Surete.jpeg

Fac similé de la fin de non recevoir que j'ai reçue de la Sûreté de l'Etat pour une recherche historique.

 

 

En dehors de mon cas personnel, il est clair que la Sûreté de l’Etat se permet de décréter ce qui est « sensible » ou non sans justification aucune auprès de sa hiérarchie, à savoir la ministre de la Justice et le Comité R, comité parlementaire composé de six sénateurs, dont Armand De Decker, chargé de la contrôler. Elle va même jusqu’à refuser de transmettre des « informations » à sa propre ministre de tutelle ! Cela est anormal et pourtant cela s’explique, si l’on remonte au passé.

 

Un passé à la fois prestigieux et très lourd

 

Le réseau de résistance que j’évoquais est à l’origine de la constitution de la Sûreté de l’Etat. En effet, en juin 1940, la Belgique et le Nord de la France étaient occupés par les Allemands. Le gouvernement belge s’était exilé à Londres et la partie restée « libre » de la France était gouvernée par le régime pétainiste de Vichy. Auparavant, il y eut un profond désaccord entre le roi Léopold III qui décida de rester en Belgique et le gouvernement qui voulait continuer la guerre avec les Anglais.

 

 HubertPierlot.jpg

Hubert Pierlot, Premier ministre du gouvernement belge à Londres, se méfiait de la Sécurité militaire. Il fut le fondateur de la Sûreté de l'Etat comme organisme civil.

 

 

Le gouvernement de Londres dirigé par le Premier ministre Hubert Pierlot se méfait des éléments de l’armée et de leur service de renseignement qui avaient rejoint l’Angleterre, car il les soupçonnait d’être restés fidèles au roi. Aussi, décida-t-il de fonder un réseau de renseignement civil dirigé par des magistrats qui est à l’origine de l’actuelle Sûreté de l’Etat. Cet organisme s’est considérablement développé à Londres pendant la Seconde guerre mondiale. En Europe occupée, il s’appuya sur plusieurs réseaux de Résistance qui envoyaient des informations « sensibles » à Londres. Ces renseignements ont été indispensables aux Alliés occidentaux pour préparer la contre offensive contre l’Allemagne hitlérienne. Ajoutons que de nombreux résistants ont payé de leur vie ces activités d’espionnage. Nombre d’entre eux furent déportés sous le régime abominable « Nacht und Nebel » dans des camps de concentration. Peu en revinrent. ([1])

 

 Armee_secrete.jpg

Ecusson de l'Armée secrète qui a payé un lourd tribut à son action de Résistance.

 

 

Il y avait donc une collaboration étroite entre le gouvernement Pierlot et les Britanniques. C’était évidemment eux qui exploitaient les renseignements recueillis par les réseaux belges de Résistance qui étaient traités par la Sûreté belge. En 1942, les Anglais franchirent une étape nouvelle : celle de la Résistance armée. « À partir de l’été 1942, le SOE britannique entreprit d’aménager des dépôts de munitions et d’entraîner une armée secrète. Les Anglais mettaient à disposition des équipements radio et des appareils pour transporter hommes et matériel et supervisaient depuis Londres les questions logistiques ainsi que la formation et le débriefing des agents qui étaient envoyés clandestinement derrière les lignes ennemies. Outre les opérations de sabotage dirigées contre l’occupant allemand, l’armée secrète belge collectait également des informations que des agents transmettaient à Londres par radio, courriers ou microfilms. Si l’impact de ce réseau de résistance fut finalement marginal, la stratégie employée fut un véritable modèle du genre. » ([2]) En effet, l’Armée secrète composée essentiellement de militaires restés en Belgique occupée jouit d’un grand prestige encore aujourd’hui. La plupart de ses membres ont payé très cher leur engagement par la torture, la déportation, des exécutions sommaires. L’Armée secrète fut donc en Belgique le premier réseau dit Stay behind.

 

Stay behind

 

Stay behind signifie rester et éventuellement opérer à l’arrière des lignes ennemies. L’Armée secrète en Belgique opéra durant toute l’occupation. Elle portait à l’origine le nom d’Armée de Belgique. Elle fut un des plus importants réseaux : l’Armée de Belgique avait divisé le territoire en cinq zones. Elle compta environ 4.000 membres. Elle paya un lourd tribut : 657 de ses membres dont huit femmes furent exécutés par les Allemands, 2.195 sont morts en déportation, parmi lesquels 52 femmes. Son action consista en sabotages, actions de guérillas, parachutages et aussi… opérations anti-destruction pour ne pas entraver la progression des Alliés.

 

Cependant, après la Libération, si l’Armée secrète fut dissoute, le réseau Stay behind survécut. Le communisme soviétique se substitua comme ennemi au nazisme allemand. Le cas belge est assez particulier. Le gouvernement Pierlot revenu en Belgique dans les fourgons de l’armée britannique associa le Parti communiste au gouvernement. En effet, si sa représentation parlementaire était faible, les communistes avaient constitué le plus important réseau de Résistance en Belgique, le Front de l’Indépendance (FI). Il représentait une force importante et populaire d’autant plus que les Résistants n’avaient pas encore été désarmés. Or, un des premiers soucis du nouveau gouvernement fut de désarmer les Résistants qui représentaient un danger pour le pouvoir. Beaucoup de Résistants ne l’entendirent pas de cette oreille d’autant plus qu’en septembre 1944, l’ensemble du territoire n’était pas encore libéré et l’on craignait une contre-offensive allemande – qui eut effectivement lieu en décembre 1944, la fameuse offensive Von Rundstedt en Ardennes – mais tout fut mis en œuvre pour ôter à la Résistance son poids politique.

 

Stay behind joua son rôle en cette affaire. Il travailla au niveau de la propagande, notamment filmée, qui donnait des informations parcellaires et présentaient les faits de la Résistance comme ayant été des actes héroïques, mais qui appartenaient désormais au passé. Voulant rétablir le régime d’avant-guerre, le gouvernement Pierlot dès sa proclamation à Bruxelles le 8 septembre 1944 rejeta la Résistance pour faire place aux piliers traditionnels que sont les partis, les syndicats, les organisations sociales. D’ailleurs, Londres avait tout prévu.  La Résistance intérieure devait être muselée et surtout désarmée En effet, le gouvernement Pierlot applique la politique dite de « containment » qui vise dans un premier temps à encadrer les forces armées de la Résistance et ensuite à les dénigrer. Tout cela fut fait avec l’aide aussi efficace que clandestine de Stay behind.

 

Le 18 novembre 1944, le gouvernement décréta la dissolution des groupes de la Résistance comme le Front de l’Indépendance, le Groupe G, l’Armée secrète, le Mouvement national Belge, le Groupe Fidelio, etc. Cela provoqua l’indignation de plusieurs d’entre eux, ainsi que des ministres communistes dont deux démissionnèrent avec en plus Fernand Demany qui était ministre sans portefeuille, justement chargé de la Résistance. Si plusieurs groupes acceptèrent d’être désarmés, pour d’autres et pas seulement pour les communistes, et aussi pour une large partie de l’opinion publique et en particulier de la classe ouvrière, le rôle de la Résistance n’était pas terminé. Pierlot prit peur et menaça de faire appel aux forces américaines et anglaises si l’ordre n’était pas rétabli. Le porte-parole de ces armées brandit la même menace. Cela ne découragea pas Fernand Demany qui organisa une marche armée de Résistants pour renverser le gouvernement, le 25 novembre 1944. Celle-ci fut stoppée par les chars canadiens !

 

 Fernand_Demany.jpg

Fernand Demany mena la manifestation des Résistants du 25 novembre 1944 réprimée par les chars canadiens.

 

C’en fut fini de la résistance de la Résistance ! La Belgique reprit progressivement son « business as usual ». Les communistes restèrent au gouvernement jusqu’en 1946. Et, par après, le jeu politique traditionnel reprit.

 

La guerre froide

 

Le départ des communistes du gouvernement belge ne fut pas le seul fait du jeu politique interne à la Belgique. Après la conférence de Potsdam, la guerre froide avait commencé et les Américains ne tolérèrent pas que des partis communistes participent à des gouvernements dans des pays sous leur zone d’influence. En effet, dans quatre pays d’Europe occidentale de l’immédiat après-guerre, les communistes étaient au gouvernement : la Belgique, la France, l’Italie et la Tchécoslovaquie ([3]). Tout fut fait pour expulser les communistes. Ils quittèrent le pouvoir en France, en Belgique et en Italie en 1946 et 1947. La situation en Tchécoslovaquie fut différente, car les communistes étaient très populaires et restèrent au gouvernement, malgré les pressions occidentales, jusqu’au fameux coup de Prague de 1948, où les Soviétiques assurèrent leur mainmise sur ce pays.

 

Par après, Stay Behind se scinda en deux : une branche militaire, le SDRA 8 (Service de Renseignement et d’Action) et une branche civile, la STC/Mob (Section Training Communication and Mobilisation). Cette dernière dépendait directement de la Sûreté de l’Etat et était composée de techniciens radios. Le recrutement se faisait dans les milieux catholiques conservateurs et dans les cercles anticommunistes. La STC/Mob « avait pour mission de collecter des renseignements susceptibles d’être utiles au gouvernement dans le contexte d’une occupation ennemie. La section avait aussi la tâche d’organiser des itinéraires sécurisés pour l’évacuation des membres du gouvernement et d’autres personnalités occupant des fonctions officielles. » En gros, il reprenait la structure double de l’Armée secrète qui avait fait ses preuves durant l’occupation. Bref, tout se passait comme si la Belgique était toujours en état de guerre et placée sous la menace d’une occupation étrangère.

 

C’est cette mentalité à la limite de la paranoïa qui a présidé à ces services de renseignement. Il y avait une sorte d’obsession d’une menace extérieure grave et de la présence d’un ennemi intérieur. Et cela est demeuré jusqu’à aujourd’hui.

 

C’est en 1971, soit quelque vingt-six ans après la fin de la Seconde guerre mondiale qu’un comité « Interservices » fut créé afin de coordonner les deux services qui seront également placés sous le contrôle de l’OTAN.

 

L’assassinat de Julien Lahaut

 

Revenons à 1950. L’affaire royale est à son paroxysme. Le retour du roi Léopold III de son exil autrichien et la reprise de ses fonctions après près de dix années « d’impossibilité de régner » sont fortement contestés par les anciens Résistants, l’ensemble de la gauche belge, ainsi que par les libéraux laïques. Le roi, par contre, bénéficie du soutien de l’Eglise et du parti catholique, ainsi que des éléments de droite. Un gouvernement homogène social-chrétien commet la grossière erreur d’organiser une consultation populaire, pensant qu’une large majorité des Belges souhaitait la remontée sur le trône de Léopold III. Cette consultation donne effectivement une majorité favorable au roi, mais l’analyse de ce scrutin montre une profonde division de l’opinion publique dans les trois régions du pays : la Wallonie est fortement anti-léopoldiste, Bruxelles donne une faible majorité au roi et la Flandre plébiscite le souverain. Dès lors, la tension est à son comble. Pour la première fois dans son histoire, la Belgique se trouve sous la menace d’une guerre civile.

 

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Léopold III et son épouse, Liliane Baels, n'accepta jamais le régime démocratique belge.

 

 

Les milieux de droite n’avaient pas attendu 1950 pour réagir. D’après l’historien Etienne Verhoeyen, des éléments prirent contact avec un officier supérieur américain du nom de Parker, sans doute un dirigeant de la CIA  dès 1948 et souhaitèrent renforcer Stay Behind  afin de préparer une résistance anticommuniste et d’organiser une campagne de restauration léopoldiste. Cela eut d’importantes conséquences par après.

 

Au terme d’une répression féroce, il y eut quatre ouvriers tués par la fusillade de la gendarmerie à Grâce Berleur (l’ancien nom de Grâce Hollogne près de Liège) le 30 juillet 1950. La gauche wallonne organisa une marche sur Bruxelles. Le Premier ministre catholique Duvieusart prit peur. Il n’y avait plus qu’une issue pour éviter l’insurrection : l’abdication du roi Léopold III.

 

 

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Funérailles à Grâce Berleur des quatre travailleurs assassinés par la gendarmerie.

 

 

Le 11 août 1950, le fils aîné de Léopold III, le Prince Baudouin, prête le serment constitutionnel devant les Chambres réunies. Un député communiste cria : « Vive la République ! ». On attribua son cri à Julien Lahaut, le président du Parti communiste. Sept jours plus tard, le 18, Julien Lahaut est assassiné devant son domicile à Seraing.

 

 Gladio_Lahaut.jpg

Julien Lahaut, homme de tous les combats pour la Justice, fut assassiné le 18 août 1950.

 

 

Ce crime déclencha un profond mouvement d’indignation en Belgique. Ce pays n’est pas habitué à des assassinats politiques et Lahaut jouissait d’un énorme prestige dans l’opinion bien au-delà des milieux communistes. Il était député communiste de Liège en 1940. Il avait organisé la manifestation des 100.000 en mai 1941 contre Degrelle. Il fut arrêté par les Allemands le 22 juin 1941, le jour du déclenchement de l’offensive allemande contre l’URSS. Il fut torturé au Fort de Huy, puis condamné à mort et déporté à Mauthausen d’où il fut libéré le 28 avril 1945. Lahaut reprit son siège de député où il poursuivit son combat politique.

 

Cet assassinat ne fut jamais résolu. Plusieurs observateurs virent la main de Stay Behind derrière ce forfait. En effet, Lahaut faisait peur aux milieux réactionnaires. Le cri « Vive la République ! » avait profondément choqué la droite conservatrice. Aussi, tout fut sans doute fait pour entraver l’enquête qui fut classée sans suites en 1972.

 

En 2008, le Sénat de Belgique se pencha sur la question et par une résolution, confia au CEGES le soin de reprendre l’enquête, non pas policière, mais historique pour savoir ce qu’il s’était réellement passé. Un budget de 150.000 Euros pour ce faire fut voté et ajouté à celui du département de la Politique scientifique. Suite à des pressions – sans doute du Palais royal ? – la ministre libérale Sabine Laruelle supprima ce crédit, sous prétexte d’économies budgétaires. En réaction, la députée européenne socialiste de Liège, Véronique De Keyser lança une souscription publique pour assurer le financement de la première partie de l’étude historique sur cet assassinat. Elle réussit à rassembler 40.000 Euros de dons de citoyens et de quelques communes. Les premiers résultats furent rendus publics le 9 mars 2012 et ils sont édifiants ! Si on lit le compte-rendu qu’en a fait le journaliste Christian Laporte dans La Libre Belgique :

 

 

 

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Véronique De Keyser présentant le 9 mars 2012 au CEGES les auteurs (à sa droite) du rapport intermédiaire sur l'assassinat de Julein Lahaut

 

« Manu Gérard [un des historiens auteurs du rapport] l’a montré vendredi en donnant des précisions intéressantes sur le « modus operandi » de l’agression mais il a surtout pu mettre la main sur un drôle de rapport daté du 31 août 1950 sur l’Activité du Réseau pendant le mois d’août 1950. Le « Réseau » ? A l’évidence un groupement de personnes redoutant l’invasion de l’Europe par l’URSS réuni autour de certains responsables de la Brufina et de la Banque de Bruxelles. Et dont un personnage-clé fut André Moyen, agent de renseignement et d’action qui traverse notre Histoire de la Seconde Guerre jusqu’à l’indépendance du Congo. Personnage devenu fantasque aux yeux de confrères spécialisés dans l’info judiciaire dans les dernières années de sa vie, il semblait pourtant très bien informé dans cette note dont il s’avère qu’elle fut transmise à l’ancien ministre de l’Intérieur Albert De Vleeschauwer (rentré récemment dans l’actualité par une biographie de Bert Govaerts) mais aussi transmise à d’autres personnalités comme le chef de la Sûreté militaire de l’époque. Le plus étonnant est que deux semaines à peine après l’attentat de Seraing, André Moyen y évoque « une exécution » de Lahaut par « un groupe apolitique et même antipolitique, patriote et désintéressé qui n’avait cru d’abord entrer en lice qu’après l’invasion soviétique. C’est une sorte de synarchie qui a ses gens jusque dans les enceintes les plus fermées et, pour le cas Lahaut, jusque dans les enquêteurs ». Le texte dont Manu Gérard n’entend à ce stade tirer aucune conclusion est très interpellant. D’autant plus que Moyen aida au même moment De Vleeschauwer craignant un attentat anti léopoldiste à se réfugier en France mais en outre, le 12 septembre 1950, le gouvernement Pholien décida d’écarter les communistes des services publics. Se greffent aussi là-dessus les agissements d’un Bloc anticommuniste belge qui avait l’intention de commettre des attentats contre les leaders du PCB. Un petit monde où se croisent diverses personnalités guidées par une proximité idéologique. Manu Gérard veut coucher ces hypothèses sur papier mais il y a presque une certitude : le président du PCB n’a pas été abattu pour avoir crié « vive la République ». Le projet de l’abattre était déjà dans les cartons sinon dans les esprits. » Donc, il est évident que ces groupes ultra royalistes et anticommunistes avaient des relations étroites avec la Sûreté militaire, donc le SDRA 8. D’autre part, les historiens du CEGES ont établi que ces milieux étaient en contact étroit avec un officier supérieur américain à Paris.

Si on connaît les assassins de Lahaut, les trois frères Devillé, famille originaire de Halle, un quatrième a été « négligé » par les enquêteurs : un certain Goossens connu pour militer dans les milieux léopoldistes et qui a dû être le chef du commando des tueurs.

Ici encore, Stay behind n’est manifestement pas loin. On aura sans doute l’occasion d’en savoir plus dans quelques mois, puisque le ministre socialiste de la Politique scientifique, Paul Magnette, a débloqué un crédit de 320.000 Euros pour que le CEGES puisse poursuivre ses investigations.

 

Vers Gladio

 

Les années soixante virent monter en Europe occidentale un large mouvement opposé aux guerres coloniales et aussi contre les armes nucléaires et plus tard contre la guerre américaine au Vietnam. Les années qui suivirent les contestations étudiantes de 1968 connurent une radicalisation de l’extrême-gauche, surtout en Allemagne, en Italie et en France.

 

Des groupes radicaux adeptes de la violence armée s’attaquent à des cibles symboliques surtout en Allemagne et en Italie. Leur objectif est d’impressionner la population et de déstabiliser les régimes en place. Si les Brigades rouges et la Fraction armée rouge – groupe Baader Meinhof ont mené des campagnes sanguinaires, elles n’atteignaient pas – et sans doute ne visaient pas – les centres névralgiques du pouvoir en place, ce qui a fait dire à Umberto Eco : « Le terrorisme frappe la périphérie de la société ». L’assassinat du patron des patrons allemands n’a rien changé à la politique économique et sociale de la RFA. Par contre, l’exécution du Premier ministre Aldo Moro, le 9 mai 1978 a eu des conséquences politiques  importantes : elle a mis fin au processus de « compromis historique » entre la démocratie chrétienne italienne et le parti communiste dont Moro était le maître d’œuvre avec le secrétaire général du Parti communiste italien Enrico Berlinguer.

 

 

 

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Aldo Moro entre les mains des "Brigades rouges" exécuté le 9 mai 1978. Une gigantesque manipulation ?

  

Ce compromis ne plaisait ni aux Soviétiques, ni aux Américains. C’est à partir de l’assassinat d’Aldo Moro que l’on commence à parler de Gladio.

 

Gladio (le glaive en Italien) est le bras armé de Stay Behind. Le juge Rosario Priore qui a traité le dossier Aldo Moro et plus tard celui de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, a soutenu que les Brigades rouges avaient reçu le soutien logistique de la STASI (les services secrets est-allemands) manipulés par Gladio. Cela n’a jamais pu être prouvé, mais cette hypothèse est plausible. Pourquoi ?

 

 

 rosario_priore.jpg

Rosario Priore fait partie de ces juges italiens qui affichent leur indépendance. Il est convaincu du rôle majeur de Gladio dans la "stratégie de la tension".

 

 

L’extrême-droite italienne, Gladio et la fameuse loge maçonnique P2 ont mis en place en Italie ce qu’on a appelé la « stratégie de la tension » avec l’appui extérieur de la CIA. L’objectif de cette stratégie était d’empêcher en manipulant aussi bien les groupuscules terroristes d’extrême-gauche que d’extrême-droite toute venue au pouvoir en Italie de la gauche même social-démocrate.

Pour le juge Priore, la stratégie de la tension doit donc être comprise non pas en regard de la Guerre froide mais dans un contexte de conflits larvés entre les puissances occidentales autour de la Méditerranée et du Proche-Orient.

«Nous avons été en guerre sans que les simples citoyens le sachent», affirme Rosario Priore, qui souligne notamment que « l’hégémonie sur la Méditerranée et le contrôle des sources énergétiques ont placé l’Italie en collision avec l’axe américano-britannique qui n’a pas supporté son rapport privilégié avec la Libye ».

Alors que l’on n’a jamais retrouvé les commanditaires de l’attentat de la piazza Fontana, qui à Milan, le 12 décembre 1969, fit 16 morts et enclencha une escalade dans la répression policière et les violences des groupes armés, ce qui fut le signal du début des «années de plomb».

Ainsi, tout cela fait partie d’un colossal jeu géopolitique dans lequel des pays européens comme l’Italie et la Belgique, places éminemment stratégiques en Europe, sont de simples pions manipulés par les grandes puissances et particulièrement les Etats-Unis, l’Union soviétique commençant à entamer son déclin et le Moyen-Orient  s’invitant suite à la crise pétrolière et au conflit israélo-palestinien.

 

dwight_eisenhower.jpg

Eisenhower avait pourtant averti le monde en 1960.

 

 

La Sûreté de l’Etat belge emberlificotée dans Stay Behind et Gladio est dès lors un simple instrument utilisé par des forces plus puissantes que des Etats, forces qui ont été dénoncées dès 1960 par le Président des Etats-Unis en personne, lors de son dernier discours à la nation américaine, Dwight David Eisenhower.

 

Pierre Verhas

 

(A suivre)

 



[1] C’est justement sur un de ces réseaux, le Réseau Sabot, que je travaille en vue d’une commémoration en France. Il s’agit d’un réseau qui s’est constitué dans le Midi de la France, en zone non occupée,  afin d’envoyer des renseignements à Londres. Le Réseau Sabot est considéré comme à l’origine des activités du nouvel organisme gouvernemental de renseignements à l’origine de l’actuelle Sûreté de l’Etat belge. Le dossier que je souhaite consulter doit passer par l’autorisation de la Sûreté. Or, ce dossier appelé le « Fonds de la Sûreté de l’Etat » dont une partie est publique et figure sur la « toile », contient en ce qui concerne le Réseau Sabot les dossiers personnels de ses membres. C’est justement cela dont j’ai besoin pour préparer ces commémorations. Aussi la raison de cette interdiction m’échappe et est une entrave à la recherche. Les protagonistes sont décédés depuis longtemps et mon objectif est justement de les honorer. En outre, l’inventaire du « Fonds de la Sûreté de l’Etat » figure lui aussi sur la « toile »… Allez comprendre !

[2] Danièle Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, (traduit de l’anglais), Ed Demi Lune, 2011.

[3] La Tchécoslovaquie bien que libérée et occupée par l’Armée Rouge avait reconstitué une démocratie parlementaire. Le gouvernement comprenait les communistes qui étaient très populaires auprès de la classe ouvrière et de la paysannerie.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 10:06

Nous vivons une époque de découvertes extraordinaires : tous les jours, nous découvrons la Lune ! La dernière trouvaille est l’Emirat du Qatar. On s’aperçoit qu’il corrompt tout ce qu’il touche, qu’il soutient le terrorisme islamiste et même qu’il finance la campagne électorale de la droite… israélienne ! Quoi de plus normal ? On dit que la campagne présidentielle de Sarkozy a bien été financée par feu son ami Kadhafi. Entre gens du (même ?) monde, voyons !

 

Tout l’establishment courait se dorer au Soleil de ce bel Emirat  si fréquentable. C’était un honneur d’être reçu et décoré par son puissant Emir ! Même le très parisien et très gauche bobo caricaturiste Plantu y est passé. Les grandes conférences internationales – climat, OMC, etc. – se déroulent à la capitale, Doha. Le Qatar s’est payé un fonds souverain et achète tout et n’importe quoi : des hôtels de luxe, une équipe de foot, une partie de la banlieue parisienne – sans doute pour s’occuper des populations musulmanes locales, on ne sait – des compagnies aériennes, etc.  L’Emirat « m’as-tu vu ? » n’est plus Dubaï, c’est le Qatar.

 

Qu’a-t-il donc de si extraordinaire ce petit territoire du Golfe persique ? Ce petit émirat indépendant depuis 1971 s’est volontairement isolé. Il a refusé d’être rattaché à l’Arabie Saoudite et de faire partie des Emirats arabes unis. Son sous-sol comprend des gisements de pétrole et de gaz. Il est traversé par des oléoducs et des gazoducs. D’autre part, il a une position stratégique sur le Golfe Persique. Les Etatsuniens y ont installé une importante base militaire. En réalité, le Qatar leur servit non seulement de base avancée dans le Golfe, mais aussi de contrepoids à la puissance aujourd’hui chancelante de l’Arabie Saoudite.

 

 

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La position stratégique du Qatar intéresse les grandes puissances et l'émirat a réussi à en faire un levier.

 

 

Le Qatar est aussi le siège de la télévision arabe par satellite Al Jazeera dont les prises de positions sont très ambiguës. Elle fut lancée en octobre 1996 par le cheikh du Qatar et est regardée par 30 à 40 millions de téléspectateurs. Dès lors, son influence est considérable dans le monde arabe dans le monde arabe, comme en Europe et même aux USA. Ses prises de position sont souvent proches des thèses islamistes tout en ne les défendant pas ouvertement. Les locaux afghan et irakien d’Al Jazeera ont été bombardés par les Etats-Unis. Il semblerait qu’après le 11 septembre 2001, George W Bush envisagea de bombarder la télévision au Qatar même ! Ses collaborateurs l’en dissuadèrent. Cela dit, Al Jazeera ne fait pas l’unanimité dans le monde arabe lui-même. Les uns lui reprochent d’être pro-occidentale, les autres d’être populiste. Bref, à l’image du Qatar, cette chaîne audiovisuelle respire l’ambigüité.

 

L’article qui suit et qui a été publié sur le site du « Grand Soir » montre combien le Qatar joue un drôle de jeu dans l’ensemble du Moyen-Orient et même en Afrique. Son auteur est un journaliste algérien et est rédigé selon la rhétorique typique au monde arabe. Nous ne cautionnons pas, par exemple, l'expression « entité sioniste » pour désigner l'Etat d'Israël, tout en exprimant notre critique sévère à l'égard de la politique du gouvernement Netanyahu et des agressions envers la population palestinienne de Gaza, ainsi que l'extension des « colonies » en Cisjordanie.

 

Cela dit, les révélations que l’on pourra lire ci-dessous ne paraissent pas par hasard. La France et l’Algérie mêlées à la guerre au Mali, souhaiteraient-elles affaiblir le Qatar qu’elles n’agiraient pas autrement ? Il est vrai que des ONG islamistes en Afrique sahélienne sont financées par le Qatar. Cela ne doit pas plaire aux Français et aux Algériens qui se trouvent ainsi que ce riche et puissant partenaire devient quelque peu encombrant.

 

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François Hollande recevant le cheikh Hamad à l'Elysée : qui roule l'autre ?

 

 

Une fois de plus, il faut cesser de se voiler la face et se décider à analyser la réalité du Proche Orient actuel, dans l’intérêt de tous et des peuples en particulier qui sont les premières victimes de ces jeux géopolitiques.

 

 

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 Mohammed Ibn al Deb toujours emprisonné. Que font les grandes puissances "démocratiques" ?

 

Et n'oublions pas le poète Mohammed Ibn Al Deb emprisonné à vie pour avoir « insulté » le cheikh Hamad, émir du Qatar. Quand l'Occident « démocratique » fera-t-il entendre sa voix ?

 

Pierre Verhas

 

 

 

mercredi 6 février 2013


FINANCEMENT DE LA DROITE ISRAÉLIENNE, SOUTIEN AU TERRORISME, DÉSTABILISATION DES PAYS ARABES... ET ACHAT DE LA COUPE DU MONDE

 

Le Qatar démasqué !


Arezki LOUNI

 

Selon l’ancienne chef de la diplomatie israélienne, l’Émirat a financé les campagnes du Likoud, du Premier ministre Benjamin Netanyahu, d’Israël Beïtenou du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann.

 

Qui sème la « révolution », récolte le chaos. L’Émirat du Qatar, véritable parrain des pseudos « printemps arabes », vient d’être piégé par ses propres manigances. Ce minuscule État, qui aurait pu s’appeler « Al Jazeera » - cette chaîne de télévision qui continue d’attiser le feu de la discorde dans les pays arabes - ne recule devant rien. Il est même prêt à s’allier avec le diable et à sacrifier les causes nobles pour s’arroger le leadership du Monde arabe.

 

Après le scandale de l’« achat » de la Coupe du Monde 2022, révélé il y a moins d’une semaine par le magazine France Football, c’est au tour de l’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, de jeter un autre pavé dans la mare, en soulevant littéralement le « Kamis » de l’émir du Qatar.

 

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 Tzipi Livni veut la peau de la droite israélienne financée par le Qatar.

 

S’exprimant sur une chaîne de télévision israélienne, juste après les législatives emportées par le Likoud de Benyamin Netanyahu, l’« amie » de Cheikha Moza, a affirmé sur un plateau de télévision, en Israël, que le Qatar avait financé, lors des dernières élections législatives, les campagnes du Likoud du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, celle d’Israël Beïtenou, et celle du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann.

 

 

  

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 Benyamin Netanyahu est plutôt embarrassé par ces révélations...

 

 

Les deux responsables israéliens auraient empoché, respectivement 3 millions et 2,5 millions de dollars. Selon la responsable du parti Kadima, certains hauts responsables « commettent une grave erreur, car nous apparaissons dans le monde comme des voleurs de grand chemin ». Pour elle, « le Qatar est un pays ami et je suis personnellement très amie avec Madame Moza, mais il s’agit de notre État et de notre démocratie qu’il ne faut pas discréditer dans le monde ». Le plus curieux dans tout cela est que les deux formations sont connues pour leur hostilité au Monde arabe. D’autant plus qu’elles prônent une intense vague de colonisation, tout en s’opposant à la création d’un État palestinien indépendant. Quelle en est donc la contrepartie ? Selon des sources concordantes, Doha aurait obtenu des deux partis d’extrême droite israéliens la création, sous réserve de leur élection, d’une fédération jordano-palestinienne, présidée par le mouvement Hamas. Un vieux « projet » remis au goût du jour, à la faveur de l’éclatement du Monde arabe.

 

Ce qui est d’autant plus curieux c’est le fait que les autorités qataries n’ont pas réagi aux déclarations de Livni, alors que, du côté de la presse occidentale, c’est le silence radio. L’objectif est donc, somme toute, clair : il s’agit pour l’Occident de faire de l’Émirat du Qatar un sous-traitant de ses desseins de déstabilisation et d’atomisation du Monde arabe. Leur principal objectif est la mise en œuvre du projet du Grand Moyen-Orient, revu et corrigé, par l’installation de petits États théocratiques, sans objectifs, ni assise démocratique.

 

De fait, la « bombe » lâchée par Livni, confirme les forts soupçons qui pèsent sur cet émirat de moins de 500.000 habitants, devenu ces derniers temps le financier de la mort de l’Occident dans les quatre coins du monde, notamment dans le monde arabo-musulman. Ce qui se passe aujourd’hui en Égypte, en Tunisie, en Libye, en Syrie... et même dans le Sahel, répond à un plan de déstabilisation prédéfini pour plonger ces pays dans les ténèbres du Moyen âge, avec des fatwas « grassement » financées par l’Emirat de Cheikh Hamad.

 

Concernant un autre chapitre, outre les révélations de France Football concernant les « magouilles » ayant présidé à l’octroi de l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, le journal français, Le Canard enchaîné a révélé il y a six mois, documents à l’appui, que le Qatar finance le Mujao et d’autres groupes terroristes au nord du Mali. Comme il l’a également fait en Libye, en soutenant les rebelles islamistes qui continuent de mettre le pays à feu et à sang. L’émir Hamad n’a-t-il pas déclaré en personne que le Qatar finançait les rebelles syriens et tous les mercenaires islamistes qui venaient de tous les pays arabes combattre en Syrie. Ainsi, au lieu de venir à la rescousse des populations palestiniennes, notamment celle des enfants de Gaza victimes des raids meurtriers israéliens, le Qatar apporte son soutien à l’extrême-droite israélienne, celle-là même qui affiche sa haine viscérale des Arabes et de la création d’un État palestinien indépendant.

 

 

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L'émir Hamad joue dans la cour des grands. Pour combien de temps encore ?

 

 

D’ailleurs, la visite du cheikh Hamad Bin Khalifa à Gaza, quelques jours avant le raid israélien, a été mal perçue par le mouvement Fatah. « Cette visite n’est pas la bienvenue, parce qu’elle vise à consacrer la division et la séparation entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. »

 

Cette visite ne sert que l’entité sioniste selon le Fplp, qui rappelle que « le sang des milliers d’enfants syriens, libyens et yéménites versé à cause des fonds et des médias qataris ne permettra pas à ce visiteur de redorer son blason ». Ce qui a conforté le deal relevé par Tzipi Livni, concernant la création d’une fédération jordano-palestinienne. Les masques sont tombés.

 

Arezki LOUNI

http://www.lexpressiondz.com/actualite/168433-le-qatar-demas...

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 10:50

Au Nord, c’était les corons… C’était ! Au Nord, c’était les forges… Ce n’est plus ! Et le ciel reste l’horizon ; les hommes envoyés au fond !

 

 

Un demi-siècle de cupidité et d’erreurs, d’errance et d’hésitations , d’ignorance et de lâcheté, de stupidité et de vanité a anéanti le fleuron du génie industriel d’Europe occidentale. La sidérurgie européenne née il y a près de trois siècles dans les bassins hennuyer,  liégeois et lorrain a disparu en trois décennies.

 

 

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 Arcelor-Mittal, la phase à froid à Liège va fermer.

 

Cette industrie a connu tous les errements de la gestion des hommes et des biens. Née du génie et de la volonté de quelques-uns qui l’ont mise sur les fonts baptismaux dès la fin du XVIIIe siècle, la sidérurgie se développa grâce à la fermeté de capitaines d’industrie et grâce aussi aux luttes ouvrières pour la conquête d’une place digne au travail. Les guerres lui apportèrent aussi bien un sang neuf  que des destructions. Elles se redressèrent après. La crise charbonnière commencée dès les années 1950 la toucha de plein fouet. Le charbon qui est sa source d’énergie et aussi, par le coke, sa matière première, surenchérit et une compétition mondiale se fit jour. Cependant, on vivait les illusoires « golden sixties » où la consommation était telle que l’on pouvait se permettre de produire au prix fort. Et chacun dormit sur des lauriers ne détectant pas les premiers symptômes de la maladie mortelle de la surproduction.

 

 

 

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 La surproduction automobile a particulièrement touché la sidérurgie.

 

La décolonisation fut le premier choc. La sidérurgie européenne commença à décliner. Les premières politiques d’austérité frappèrent de plein fouet le monde du travail. Les bassins hennuyer et liégeois connurent la plus importante mobilisation ouvrière de l’après-guerre en décembre 1960. Mais cela ne changea rien. Le déclin se poursuivait inéluctablement.

 

 

Une crise de surproduction

 

 

Dans les années 1970-80, sous la pression des organisations syndicales et des  Socialistes, la sidérurgie fut nationalisée. Cependant, cette nationalisation signifiait aussi politisation. On mit à la tête des entreprises des politiques dont ce n’était pas le métier. À une ou deux exceptions près, ce fut une catastrophe. Il a fallu alors faire appel à un patron français, Jean Gandois. Il remplit sa mission. Il parvint à sauver l’outil, mais il était trop tard. Face à la surproduction, la Commission européenne imposa des quotas. Dans sa vision purement économiste, elle ne tint pas compte des autres aspects. Il y avait les conséquences dramatiques pour l’emploi, mais aussi pour les bassins. Toute une économie tournant autour des aciéries était menacée. Gandois, lui, ne put que préparer un plan de fermetures progressives des outils en Wallonie.

 

 

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 Jean Gandois finit par prôner la fermeture !

 

De plus, en Belgique, se greffa le problème « communautaire ». Les dirigeants flamands exigèrent la régionalisation des secteurs dits nationaux, c’est-à-dire les secteurs de l’économie belge qui avaient été nationalisés ou qui étaient fortement subsidiés, comme le verre creux d’emballage, ce qui restait des charbonnages du Limbourg et essentiellement la sidérurgie wallonne, la sidérurgie maritime à Gand étant toujours rentable. Quelques syndicalistes wallons étaient même d’accord, ne se rendant pas compte que la fin de la solidarité nationale signifiait une perte considérable pour l’entreprise.

 

 

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Robert Collignon, alors ministre-président de la Région wallonne

aurait bradé Cockerill-Sambre.

 

Aussi, la vente était inéluctable. Le ministre président de la Région wallonne de l’époque, le Socialiste Robert Collignon, négocia avec le groupe français Usinor – Sacilor qui venait d’être privatisé. La session de Cockerill – Sambre fut effectuée en 1998. On reprocha à Collignon d’avoir bradé le sidérurgiste wallon, ce qui mit fin à sa carrière politique. Encore une fois, les politiques n’étaient pas armés pour ce genre de négociation, ou n’avaient pas pris la peine de s’entourer de gens compétents en la matière. De plus, le secteur public était désormais exclu de tout pouvoir en matière de contrôle des outils sidérurgiques. En 2002, Usinor-Sacilor fusionne avec l’Espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed. Ils forment ainsi Arcelor.

 

 

Zorro Mittal est arrivé !

 

 

En 2006, arrive Lakshmi Mittal, propriétaire du deuxième groupe sidérurgique mondial, Mittal Steel Company. Il lance le 29 janvier 2006 une OPA hostile sur Arcelor, donc aussi bien les outils français de l’ex-Usinor, luxembourgeois de l’ex-Arbed et belges de l’ex-Cockerill-Sambre, avec en plus Sidmar à Gand et la Fabrique de Fer à Charleroi. Mittal, 6e fortune mondiale, n’était pas un petit nouveau en Europe. Il était connu dans la City londonienne et avait déjà acquis des sites en Roumanie et en Bulgarie et s’était approprié dans des conditions obscures des mines au Kazakhstan. Mittal était encore un « petit » dans le secteur. Et son OPA sur Arcelor qui était alors le premier groupe sidérurgique mondial surprit pas mal de monde.

 

 

 

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 Lakshmi Mittal considéré comme un nouveau Messie !

 

Comment était-il possible qu’un sidérurgiste « moyen » s’attaque au plus grand ? En dehors du fait que les médias ont dressé de Mittal le portrait d’un homme d’affaires de génie – il a toujours soigné sa com’, le bougre – il lui fallait malgré tout de solides moyens pour pouvoir procéder à une telle opération.

 

 

Sauvé : Goldman Sachs est là !

 

 

Et ici, on retrouve nos bons amis de Goldman Sachs. La banque de New Jersey avait prêté à Mittal 7 milliards de dollars pour ses différentes acquisitions.

 

Cependant, le groupe n’était pas certain de récupérer ses billes. Aussi, fidèle à sa stratégie de fuite en avant qui a provoqué la crise financière de 2008, Goldman Sachs estime qu’il faut accoler Mittal à un groupe plus puissant.

 

 

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 Siège de Goldman Sachs à New Jersey

 

Arcelor est ainsi devenu la cible. Le groupe était dirigé par des industriels qui ne se souciaient guère de voir ses actions végéter en Bourse. De plus, à l’exception du gouvernement luxembourgeois, les gouvernements belges, espagnols et français ne disposaient plus que de participations symboliques chez Arcelor. Aussi, le groupe européen était une cible idéale. Comme l’écrit Martine Orange dans « Mediapart » du 1er décembre 2012 : « les États européens, épris d’un libéralisme de bon ton, ont décidé de renoncer à avoir tout droit de regard sur le groupe, en dépit des milliards de subventions accordés précédemment et du poids du groupe sur des filières industrielles entières, des répercussions sur l’emploi et dans certaines régions. »

 

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 Siège d'Arcelor à Luxembourg

 

 

En outre en fusionnant le groupe de Mittal et Arcelor, la nouvelle entité contrôlerait plus de 10 % du marché mondial de l’acier. Cela lui donne une taille suffisante pour peser sur les prix mondiaux. C’est l’assurance d’une bonne rentabilité pour Goldman Sachs et d’un bon « trading » en Bourse, autrement dit on pourra spéculer sur les actions Arcelor-Mittal sur les « marchés ». Arcelor s’est très mal défendu face à cette attaque Goldman Sachs – Mittal, il a d’abord cherché à s’associer au Russe Severstal. Cela n’a pas marché. Ensuite, le groupe luxembourgeois a frappé à la porte de l’éternel concurrent allemand, Tyssen Krupp. Peine perdue ici aussi.

 

 

L’extraordinaire puissance de Lakshmi

 

 

Tout le monde est impuissant face à cette offensive qui se règle entre actionnaires. Le gouvernement français envoie à Mittal une lettre de 45 questions concernant les garanties relatives au maintien des outils et sur l’emploi. Lakshmi Mittal calme le jeu : il est d’accord sur toutes les demandes. On sait ce qu’il en a été !

 

L’offre au départ de 18,6 milliards d’euros, passe à 25,6 milliards quelques mois plus tard. L’OPA est réussie. À lui seul, Lakshmi Mittal et sa famille détiennent 41 % du groupe. Il est au sommet de sa gloire. En 2008, il sera nommé administrateur de Goldman Sachs et d’EADS (le groupe aéronautique et d’armement franco-allemand), en signe de reconnaissance. Au début, tout baigne. Les prix de l’acier atteignent des sommets et les fermetures des hauts fourneaux (la phase à chaud) jugés peu rentables par Arcelor qui les avait planifiées sur dix ans, afin d’éviter les drames sociaux, sont oubliées. Il promet même de nouveaux investissements à Charleroi, Liège, Florange, Grandrange et à Fos sur mer.

 

 

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Fos sur mer : l'acier à la plage. Bientôt, il ne restera que le sable.

 

 

Mittal installe son pouvoir. Il vire l’ancienne haute direction d’Arcelor. Il y place ses proches, avec en tête, son fils âgé de… 23 ans. En 2007, c’est l’année record : le groupe de l’Indien atteint un profit historique de 10,7 milliards. L’action et les dividendes grimpent aux sommets. Cependant, avec la frénésie de rachat de sites, de mines, etc., dans le monde entier, le groupe de Mittal est fortement endetté, grâce aux « largesses » de Goldman Sachs.

 

D’autre part, la production d’acier est par définition très cyclique. Et après 2007, l’on passe à une période descendante. Aussi, Mittal joue, au grand dam des travailleurs et des organisations syndicales, la stratégie dite du « stop and go » qui avait été celle des maîtres de forge européens avant la crise de 1974 : on ferme et on rouvre les hauts fourneaux en fonction de la conjoncture.

 

Les nuages s’amoncèlent.

 

La crise de l’automobile commence à se faire sentir. Ce secteur est le principal client d’Arcelor-Mittal. Très vite, le groupe connaît de sérieuses difficultés. Et c’est la sidérurgie européenne qui sera le plus visée : équipements vétustes à cause du sous-investissement des opérateurs successifs, salaires élevés et les normes environnementales bien plus sévères en Europe qu’ailleurs.

 

La farce des quotas CO2

 

En effet, suite au protocole de Kyoto adopté par l’Union européenne et refusé par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil, a été mis en place les quotas CO2 Les installations les plus émettrices de CO2 ont un certains nombre de quotas à ne pas dépasser. Ces quotas peuvent être vendus sur le marché du carbone. Tout est contrôlé par le journal des transactions de l'UE (CITL). Mais, comme Mittal applique la stratégie du « stop and go » dans ses installations européennes, surtout celle du « stop », il a joué sur les quotas qu’il a touchés puisqu’il n’atteint plus le nombre requis et leur revente lui permet de financer les unités de production hors UE et hors « Kyoto ». C’est ce qu’on a appelé le « permis de polluer ailleurs ».

 

 

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La sidérurgie est très polluante (ici les Forges de Clabecq)

 

 

On arrive même à des situations absurdes. Le journal économique belge « l’Echo » du 2 février 2013 relate qu’Arcelor-Mittal a assigné la Région wallonne en Justice pour non paiement des quotas CO2. En effet, le haut fourneau 6 à Liège qui devait être fermé et qui a continué à produire : lors de l'élaboration du plan d'allocation, le haut-fourneau 6 était à l'arrêt et le second haut-fourneau devait fermer en 2009, en raison d'un projet d'arrêt de la phase liquide. En 2007, l'entreprise a finalement décidé de continuer à utiliser les deux hauts-fourneaux à condition que le site de Liège puisse recevoir l'allocation de quotas de CO2 nécessaire basée sur les prévisions d'émissions durant la période 2008-2012. L'entreprise réclame les quotas concernant sa production réelle, soit 965.000 tonnes de CO2. « Au moment où ArcelorMittal nous a réclamé ces quotas, la Région avait déjà épuisé ses réserves pour les nouveaux entrants: nous n'avons donc pas d'obligation d'allouer ces quotas », déclare le ministre Philippe Henry dans « l'Echo ». Il rappelle qu'il « souhaite soutenir une activité sidérurgique pérenne sur le long terme dans la phase à froid, mais ArcelorMittal ne doit pas continuer à penser que la Wallonie va tout accepter ». Il est presque temps !

 

 

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 Le ministre wallon écolo Philippe Henry : de la fermeté mais un peu tard !

 

Donc, non seulement, Arcelor Mittal dépasse les quotas requis, mais a aussi l’audace d’attaquer la Région pour refus de paiement de quotas non dus, en outre, elle est l’entreprise qui se taille la part du lion dans les quotas CO2. Cela représente des milliards d’euros empochés ! Ecologie et finances se marient très bien en l’occurrence !

 

 

On ferme !

 

 

Mais dès 2010, Mittal reprend à son compte le plan Gandois de fermetures qui date de 2003 ! Tous les sites européens sont menacés. Il commence par l’ancien site de Carlam à Charleroi, tandis que le haut fourneau de Carsid qui appartient à Duferco est lui aussi fermé « provisoirement » pour être définitivement démantelé le 31 décembre 2012. En France, c’est la phase à chaud de Florange qui est fermée dès 2012. A Liège, les hauts fourneaux sont fermés. C’était prévisible. Aussi bien Gandois, qu’Arcelor, que Mittal lui-même avaient prévu la fermeture du chaud. Et puis, fin 2012, c’est l’annonce de la fermeture définitive, cette fois-ci du froid, de sept lignes pour le moment, avec à la clé 1.300 emplois supprimés, sans compter les emplois indirects. Dunkerke, Sidmar et Brème ne sont pas menacés, mais cela ne pourrait tarder.

 

 

 

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 Arcelor Mittal : c'est l'homme qui trinque !

 

 

Le rapport Laplace

 

 

Le 16 janvier 2012, à la demande du gouvernement wallon, le bureau d’études Laplace conseil remet un rapport sur l’avenir de la sidérurgie à Liège. D’emblée, il annonce la couleur : « La fermeture du Chaud de Liège est irréversible. Le Froid est très menacé et son approvisionnement par Dunkerque ne garantirait pas son équilibre économique. Le financement  complet par Arcelor Mittal  des coûts sociaux et surtout environnementaux pour la remise en état des sites fermés n’est pas assuré. » Et il ajoute plus loin : « La fermeture définitive  du Chaud  de Liège  est irréversible, car les retards successifs d’investissements de modernisation, imputables en grande partie au manque de confiance des actionnaires successifs dans la fiabilité sociale de l’entreprise, sont aujourd’hui trop importants pour être comblés de façon économique. » Autrement dit, Laplace est très critique à l’égard des syndicats qu’il accuse de refuser systématiquement tout changement. Cependant, le rapport Laplace recommande une négociation avec Arcelor-Mittal afin de trouver « un équilibre entre le droit d’Arcelor Mittal à réaliser une restructuration de son dispositif industriel européen, même au prix d’une fermeture, et ses devoirs envers la Région qui l’a accueilli et aidé ainsi que les travailleurs qui ont participé à créer la valeur de l’entreprise. » et la création d’un Fonds cogéré entre Arcelor-Mittal, la Région wallonne et les organisations syndicales pour la création d’une filiale industrielle. Celle-ci sécuriserait le froid, construirait une aciérie électrique, créerait une société de « défaisance » pour assainir les sites du chaud fermés et l’indemnisation par Arcelor-Mittal les travailleurs licenciés.

 

 

On sait ce qu’il en est ! Arcelor-Mittal retire ses billes, point barre ! Il se réfugie provisoirement à Dunkerque, à Gand, à Brème et à Fos sur mer, autrement dit la sidérurgie maritime.

 

 

Tout n’est pas si rose chez Mittal.

 

 

Car, tout n’est pas aussi rose qu'on le croit chez Mittal. En effet, certains prétendent qu’Arcelor Mittal empoche des bénéfices. Ce n’est pas exact. Le groupe est surendetté. Il doit rembourser plus de 6 milliards d’euros entre 2013 et 2014. Or, Mittal a les plus mauvaises performances et la plus mauvaise notation des groupes sidérurgiques mondiaux. Il est encore soutenu par Goldman Sachs, et ce, au détriment de milliers de travailleurs qui se retrouvent sur le carreau en France et en Belgique. C’est sans doute la plus grande catastrophe sociale de l’après-guerre : 60.000 emplois supprimés en cinq ans !

 

De plus, Mittal refuse de vendre le moindre site fermé. Il a toujours gardé tous ses actifs, quel qu’en soit le prix. On en revient au temps des années 1970 où les patrons de la sidérurgie empochaient les bénéfices et socialisaient les pertes. Et le politique n’a toujours pas tiré la leçon de cet immense gâchis.

 

La stratégie de Mittal

 

Mittal a une stratégie à long terme. C’est un fameux joueur d’échecs qui use aussi du court-terme ; c’est ce qu’il vient de faire en fermant les sites wallons et lorrains.

 

La stratégie de Mittal est de s’approprier les technologies et de les développer en collaboration avec les Universités, comme celle de Liège. Le gouvernement belge vit en l’arrivée de Mittal une espèce de Messie qui allait sauver l’acier wallon et développer l’outil Sidmar. Mittal, grâce aux énormes moyens dont il disposait, passa outre les réticences des politiques et il reçut un paquet énorme de subsides. En réalité, il effectua un formidable transfert de technologie pour ses projets de développement sous d’autres cieux et ce à cause de l’aveuglement des responsables politiques et économiques belges, français, espagnols et luxembourgeois. Il ne vendra pas ses sites à un concurrent éventuel. De plus, une nationalisation telle qu’elle a été envisagée par les syndicats liégeois et Arnaud Montebourg est impossible : Mittal s’est approprié tous les brevets qui se trouvent dans une société luxembourgeoise qui l’appartient. Nationaliser reviendrait dès lors à doter l’Etat de coquilles vides.

 

 

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 Arnaud Montebourg se trompe : la nationalisation est impossible.

 

Son objectif : dépouiller la sidérurgie européenne et lorsque la demande reviendra produire à bas prix (sans respect des normes sociales et environnementales dans les pays émergents, essentiellement Inde et Brésil). Ainsi, il renouera avec les bénéfices et aura éliminé le principal concurrent qu’il a conquis au préalable.

 

 

La facture sociale sera catastrophique : accroissement du chômage dans plusieurs régions d’Europe, exploitation éhontée de travailleurs précaires et sous-payés en Inde et au Brésil, destruction de l’environnement. C’est aussi la première phase de la désindustrialisation en Europe. En effet, comment feront les nombreux secteurs manufacturiers comme l’industrie automobile et aéronautique qui ont besoin d’acier ? Ils seront contraints, sous peine de disparition, de délocaliser transformant le vieux continent en désert économique et social. Mais, ce scénario catastrophe n’est pas absolument certain : Mittal avec son endettement colossal tiendra-t-il suffisamment longtemps pour atteindre son but ?

 

 

 

Pierre Verhas  

 

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 14:49

Le discours tant attendu de Cameron a déclenché un concert d’indignation au sein du microcosme européen à Bruxelles. Van Rompuy, Reynders, Schultz et d’autres responsables politiques de l’Union se sont fâchés tout rouge en dénonçant le « chantage » au référendum et en affirmant la main sur le cœur qu’il n’était pas question de négocier une « Europe à la carte » avec la Grande Bretagne.

 

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James Cameron sait très bien qu'il est le maître du jeu.

 

 

Pourtant – et ils le savent très bien – c’est ce qu’ils feront, car ils n’ont pas le choix. L’Europe, sous la pression britannique, a choisi la voie atlantique contre l’indépendance. Les Britanniques, depuis leur entrée dans la Communauté européenne en 1973, ont toujours obtenu ce qu’ils voulaient et il n’y aucune raison qu’il en soit autrement aujourd’hui. En cela, Cameron a fait une très bonne opération : sur le plan intérieur, il a lancé la campagne pour les élections générales de 2015 où il était en difficulté – les sondages donnent neuf points de plus aux travaillistes – ce qui lui permet d’être le meneur du jeu. Sa première promesse, le référendum en 2017, sera tenue et il n’est pas certain qu’il dégagera une majorité pour que le Royaume Uni se retire de l’Union européenne. Sur le plan européen, il contraint ses « partenaires » européens à réagir. Il a ainsi repris l’initiative, alors qu’il s’était tenu à l’écart des décisions du Conseil européen sur la crise de l’Euro. Il n’est pas lié par le traité budgétaire. Bref, il a tous les atouts en main.

 

Cameron, comme Thatcher, Major et Blair avant lui, veut une zone de libre échange englobant le continent européen, les îles britanniques et pouvant éventuellement s’étendre à l’ensemble du monde atlantique, Etats-Unis et Canada compris. Il ne veut en aucune manière une Europe politique ou une Europe fédérale.

 

De toute façon, cet objectif est pratiquement atteint. La Grande Bretagne en 1992 a refusé l’entrée dans l’Euro et s’est opposée à l’harmonisation fiscale qui est désormais interdite par le traité de Maastricht. Il n’est pas étonnant que John Major ait crié au terme des négociations sur ce traité : « Game, set and match ! ».

 

 

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John Major à Maastricht en 1992 : Game, set and match !

 

 

La réunification allemande et l’élargissement de l’Union vers l’Est a renforcé ce principe de l’Europe du grand marché dont les fonts baptismaux ont été mis en place avant la chute du Mur de Berlin par le socialiste démocrate chrétien Jacques Delors. L’idée d’une Europe politique ou fédérale relève du « wishfull thinking » de certains hommes politiques comme le libéral Verhofstadt et l’écologiste libertaire Cohn-Bendit. Les grandes envolées lyriques pour le fédéralisme ne sont en définitive que gesticulations.

 

La prochaine négociation portera sur l’organisation de cette zone de libre échange européen sous la pression de la Grande Bretagne et par le lobbying des multinationales.

 

Exit donc l’Europe sociale qui est d’ailleurs interdite par le traité de Lisbonne. Exit le fédéralisme qui restera une utopie. Exit une autorité politique au niveau supranational. Exit enfin le partage équitable des pouvoirs – c’est volontairement que le vocable « démocratie » n’est pas utilisé ici.

 

 

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Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! Bataille de Fontenoy (11 mai 1745)

 

 

Messieurs les Anglais, vous avez tiré les premiers. Vous savez très bien que nous sommes incapables de vous répliquer. Pour combien de temps ? Cela dépendra du moment du réveil des peuples d’Europe.

 

 

Pierre Verhas

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:29

Un nom prédestiné

 

Les super-manifs anti-mariages pour tous et accessoirement homophobes, bien orchestrées par notre Sainte Mère l’Eglise catholique apostolique et romaine, a une égérie nommée Frigide Barjot. Cela ne s’invente pas !

 

 

 frigide_barjot.jpg

Frigide Barjot : un nom qui convient parfaitement !

 

 

Requiem pour une monarchie

 

Tollé dans le landerneau politique belge après l’annonce de la création d’une fondation par la reine Fabiola, veuve de feu le roi Baudouin Ier. Non seulement, elle tente par sa fondation de faire éluder le fisc à ses successeurs de neveux et nièces, mais en outre elle y met ses conditions, la vilaine : il faut avoir été marié chez les cathos, sinon pas un liard. En outre, on ne sait pas très bien si le pognon qui alimente cette fondation provient ou non de la dotation annuelle de 1,4 millions d’euros votée par le Parlement belge. Chapeau la vieille ! Eviter le fisc, ne donner son blé qu’aux cathos et sans doute détourner des fonds publics, il existe des businessmen chevronnés qui n’arrivent pas à sa cheville…

 

 

 fabiola.jpg

Chapeau, Madame Fabiola ! Quel service à la monarchie !

 

 

En attendant, après le bouquin de Deborsu, après le discours de Noël de son beau-frère, voilà que la monarchie belgicaine se trouve à nouveau sous les feux de la rampe. Cela commence à sentir le roussi pour son avenir.

 

Eh oh! Amnesty! On dort ?

 

Nous avons évoqué la dernière fois (voir « Morceaux d’humeur du 5 décembre 2012 ») le cas du poète qatari Mohammed Ibn al Dheeb qui a été condamné à la prison à vie par un tribunal de Doha pour avoir critiqué le charmant émir de ce beau pays. A l’exception de quelques protestations de principe, il n’y a guère de mobilisation sérieuse. Qu’attend-on ? Le feu vert du meilleur allié de Qatar, les USA, ou celui de son grand client, la France ? Tant que la situation d’al Dheeb n’évolue pas, nous rafraîchirons la mémoire des amnésiques volontaires. Tiens, une petite lettre à François Hollande ne serait pas une mauvaise idée. Qui s’y met ?

 

 

 Mohammed Ibn al dheeb

Liberté pour Mohammed Ibn al Dheeb !

 

 

Honni soit qui Mali pense !

 

A propos de François Hollande. Après plusieurs semaines d’hésitations, le président « normal » s’est décidé à intervenir au Mali menacé par les islamistes. Cette opération qui a d’ailleurs très mal commencé – un officier français tué le premier jour – décidément, François n’a pas la baraka, ressemble à s’y méprendre à une de ces bonnes vieilles expéditions coloniales comme on les aimait dans le « bon » temps.

 

 

 

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François Hollande annonçant l'intervention militaire française au Mali

 

 

On oublie que ces pays sont souverains et que ce n’est pas ainsi que l’on règlera les relations futures avec eux. Contraindre leurs voisins à y envoyer de troupes de première ligne n’est pas très malin, non plus. Personne n’aime jouer le rôle de chair à canons.

 

Mais, cela sent aussi l’Uranium, cette affaire, alors ? En tout cas, on n’est pas sorti de l’auberge. De là à ce que l’on soit à terme contraint de négocier avec l’AQMI, il n’y aura qu’une humiliation de plus pour le locataire de l’Elysée.

 

Exit le cordon sanitaire.

 

A Denderleeuw, petite ville de Flandre orientale, il a fallu pour exclure les Socialistes qui dirigeaient cette commune depuis une vingtaine d’années, que les nationalistes de la NV-A et les chrétiens du CD & V s’allient avec le parti néonazi Vlaams Belang pour former une majorité.

 

 

 

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Vote au conseil communal de Denderleeuw avec l'aide des néonazis du Vlaams Belang

 

 

Cela a été fait sans hésiter et les « démocrates » ont beau pousser leurs cris de vierges effarouchées, le fameux « cordon sanitaire » qui excluait tout accord avec ces « gens-là » a bien sauté. Il est vrai aussi que la NV-A a accueilli pas mal « d’anciens » du Belang qui souhaitaient se refaire une virginité et accessoirement augmenter leurs chances de faire carrière. Et puis, entre anciens copains, on finit toujours par s’entendre.

 

 

 

Pierre Verhas

 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 21:32
 
Nous publions ici un article de notre ami Bernard Gensane paru sur son blog (URL en fin d’article) et reproduit par le site bien connu de nos lecteurs, « Le Grand Soir ». Il s’agit d’un très intéressant historique de la politique états-unienne en Amérique latine et de leur rôle dans ce qu'on a appelé les «républiques bananières». Cette analyse nous rafraîchit la mémoire sur des événements que l’on a connus, il y a longtemps déjà, mais qui ont souvent été mal interprétés.
 
Il faut savoir que, comme l’écrit Bernard : « Les États-Unis sont nés dans, de et par la violence extrême : massacre génocidaire des Indiens, maintien du peuple noir dans l’esclavage, répression féroce – parfois par les armes – de la classe ouvrière, irrésistible et brutal Drang nach Westen, application sans faille de la politique du gros bâton en Amérique latine. »
 
 
Selon la doctrine exposée par le président James Monroe en 1823, tout le continent américain devient une chasse gardée des États-Unis. Pour l’anecdote, de nombreux épisodes de la célèbre série télévisée “ Les Mystères de l’Ouest ” (1965-1969) étaient une légitimation de cette doctrine : deux agents secrets, au service direct du président des États-Unis Ulysses Grant (1869-1877), débusquaient les ennemis intérieurs et extérieurs du pays, en particulier ceux qui, d’origine européenne plus ou moins déterminée, considèraient que la colonisation du continent n’était pas achevée. Ce n’est pas un hasard si James West et Artemus Gordon vivaient dans un train et était en déplacement permanent dans un Ouest vierge, sauvage pour eux (le titre original de la série étant The Wild Wild West).
 
 
 
Impériale, cette violence est devenue impérialiste. Nombreux seront les États souverains du continent américain (puis de la terre entière) qui verront leur destin bouleversé par l’action belliqueuse d’une nation s’étant arrogé le droit … de dire le droit selon ses intérêts économiques et stratégiques.
 
 
 
Je voudrais revenir ici sur un épisode de 1954 : la démission contrainte de Jacobo Árbenz Guzmán, président du Guatemala de 1951 à 1954. Pourquoi cet exemple parmi bien d’autres ? Parce qu’il fut fondateur d’une politique très pensée après la Seconde Guerre mondiale.
 
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Jacobo Arbenz Guzman, président du Guatémala contraint à la démission en 1954 par un coup d'Etat fomenté par la CIA. (Fresque peinte à Guatemala)
 
 
Le 27 juin 1954, Árbenz remet sa démission et quitte le pays. Les militaires guatémaltèques, aidés par la CIA et sur l’ordre du président des États-Unis Eisenhower, mettent fin brutalement au mandat parfaitement légal du président élu démocratiquement. Par une action de propagande particulièrement habile, la CIA a réussi à faire croire à « l’opinion publique internationale » (en fait les électeurs étatsuniens) qu’un homme politique modéré, ancien militaire exemplaire et vrai patriote, était un agent de l’impérialisme soviétique.
 
 
 
Déjà en 1944, le Guatemala avait causé quelques soucis à la puissance impériale : un professeur de philosophie du nom de Juan José Arévalo avait remporté la première élection présidentielle réellement démocratique à la tête d’une coalition de gauche (le Parti d’Action Révolutionnaire), par 85% des suffrages. Arévalo avait lancé des réformes structurelles concernant le droit du travail et l’accès à l’éducation. Malgré la modestie de ses réformes, Arévalo s’était mis à dos les propriétaires terriens, l’Église catholique, les officiers et, bien sûr, la United Fruit Company, dont l’un des gros actionnaires n’était autre que le futur directeur de la CIA Allen Dulles, frère de John Foster Dulles, secrétaire d’État sous la présidence d’Eisenhower.
 
 
 
Les dirigeants, qui avaient gouverné le pays par la dictature à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, n’avaient été que des fantoches au service des intérêts économiques et politiques des États-Unis. Au point que, contrairement à ce qui s’était passé en Haïti et à Cuba, la puissance impériale n’avait pas eu besoin de recourir à la force militaire pour préserver son autorité dans le pays. La police et l’armée guatémaltèques étaient directement sous la coupe des États-Unis. Par ailleurs, le gouvernement avaient exempté d’impôts plusieurs sociétés nord-américaines à qui il avaient bradé d’importantes portions de terres publiques. En 1930, le pays était gouverné par le général Jorge Ubico, un dictateur très brutal, complètement à la solde des États-Unis. Ce grand propriétaire terrien, qui avait donné à la United Fruit des centaines de milliers d’hectares, perfectionna un système de servitude pour dette, en vigueur par exemple dans la Grèce ou la Rome antiques. Grand admirateur de Mussolini et d’Hitler, sa devise était : « D’abord je tue et ensuite je pose des questions. » Une grève générale, une insurrection populaire de masse eurent raison de ce tyran qui continua, malgré tout, à gouverner le pays en sous-main pendant plusieurs années. Ubico mourut en exil aux États-Unis.
 
 
 
En 1951, Árbenz remporte l’élection présidentielle avec 60% des suffrages. Sa femme est une très grande propriétaire foncière animée d’idéaux nettement de gauche. Árbenz va bientôt n’avoir « qu’un seul ennemi » : la United Fruit. État dans l’État, cette société est en partie propriétaire du port de Puerto Quetzal et elle détient des parts dans de nombreuses industries locales. Lors de sa campagne, Árbenz s’est engagé à redistribuer les terres non exploitées. Il commence d’ailleurs par mettre à la disposition du pays une partie des propriétés de sa femme.
 
 
 
La tâche semble rude pour la United Fruit : comment convaincre l’opinion et le gouvernement étasuniens qu’Árbenz est le diable incarné ? La société fait appel au publicitaire Edward Bernays.
 
 
 
 Edward_Bernays.jpg
 Edward Barnays, double neveu de Sigmund Freud, un artiste des techniques d'ahurissement.
 
 
Cet homme, qui mourra à 104 ans en 1995, fut un pionnier en matière de propagande et de relation publique. Il était deux fois – on n’est jamais trop prudent – neveu de Sigmund Freud. Son père, Ely Bernays, était le frère de Martha, la femme de Freud. Sa mère n’était autre qu’Anna, la sœur de Freud. Bernays s’inspira à la fois du psychologue et sociologue français Gustave Le Bon (La Psychologie des foules), du neuropsychologue britannique Wilfred Trotter (L’Instinct grégaire en temps de paix et de guerre) et, naturellement, des travaux de Sigmund Freud. Bernays décide qu’il ne faut pas brouiller l’écoute et qu’il convient de ne faire passer qu’un seul message : Árbenz, c’est le communisme dans l’arrière-cour des États-Unis. Il utilise par ailleurs des agents provocateurs qui collent des affiches « communistes » dans Guatemala, la capitale. Une radio clandestine diffuse des programmes d’une mystérieuse « guérilla ».
 
 
 
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 Allen Dulles, le patron à l'époque de la CIA et accessoirement actionnaire de la United Fruit, est  le frère du secrétaire d'Etat US Foster Dulles, champion de la guerre froide.
 
 
Désormais directeur de la CIA, Allen Dulles envisage deux actions : d’abord regrouper les adversaires d’Árbenz pour fomenter un coup d’État violent en éliminant physiquement les principaux opposants (c’est-à-dire les Guatémaltèques élus démocratiquement). Cette première tentative est jugée trop risquée car, trop grossière, elle risque d’enflammer la région. Dulles lance une seconde opération (censément de l’intérieur du pays) : PBSUCCESS. Le chef d’un putsch à venir est choisi en la personne de Carlos Castillo Armas, très introduit dans les milieux de l’armée qu’il devra convaincre du danger communiste que représente Árbenz. Armas forme une « Armée de libération » de 400 hommes. Le 18 juin 1954, il lance ses rebelles, aidés par des mercenaires entraînés au Honduras et au Nicaragua par la CIA, et appuyés par des avions de combats étatsuniens pilotés par des Étatsuniens. Les 400 hommes (à qui la CIA a fourni un Manuel d’assassinat où il leur est explqué qu’on attend d’eux le sacrifice de leur vie) doivent à tout prix éviter l’armée régulière pour que celle-ci ne réplique pas. La rébellion connaît la déroute. Mais une habile propagande radiophonique (prenant prétexte d’une petite livraison d’armes Škoda en provenance de Tchécoslovaquie) retourne la population. Les États-Unis prennent les choses en main en intimant l’ordre à l’armée régulière de laisser les rebelles progresser. La peur d’une guerre civile amène une garnison à se rendre aux hommes d’Armas. Árbenz démissionne le 27 juin et quitte le pays.
 
 
 
 
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 Ernesto Guevara, alors jeune médecin argentin, fut conforté dans ses convistions révolutionnaires, ayant été témoin du renversement du gouvernement Arbenz.
 
 
La presse européenne critique vivement le coup d’État. La CIA tente – sans y parvenir – d’établir une filiation entre Árbenz et l’Union soviétique. Au nombre des témoins du succès de cette junte militaire figure le jeune médecin argentin Ernesto Guevara. Il s’était rendu au Guatemala pour se « perfectionner et accomplir tout ce qui est nécessaire pour devenir un vrai révolutionnaire ». Le renversement du gouvernement Arbenz qui, à ses yeux, aurait pu et dû se défendre plus vigoureusement, le convainc que les États-Unis s’opposeront désormais à tous les gouvernements progressistes en Amérique du Sud et ailleurs. Il pense également que le socialisme ne peut être défendu que par une population armée et que toute opération militaire est indissociable d’une bonne propagande.
Bernard Gensane   
 
 
 
 
 
 
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:31

 

En dépit de prévisions farfelues mais bien rentables pour leurs auteurs et symptomatiques du niveau de crédulité de la population des régions dites développées du globe, la fin du monde ne s’est pas produite. Le calendrier Maya a été mal interprété, comme il fallait d’ailleurs s’y attendre.

 

 

 calendrier-maya.jpg

Le fameux calendrier Maya a été mal interprété. Cette "erreur" n'était pas si innocente !

 

 

S’il n’y a eu fin du monde, il y a par contre fin d’une époque. Les propos de l’actuelle femme politique la plus puissante d’Europe repris lundi 17 décembre par le Financial Times, l’organe de la pensée unique occidentale, sont édifiants à cet égard. Angela Merkel nous livre une démonstration apparemment sans faille : Les Européens ne peuvent plus assumer la moitié des dépenses sociales du monde alors qu’ils ne représentent que 7 % de la population et ne contribuent qu’au quart de l’accroissement annuel de la richesse. Ce n’est pas tenable, pour l’actuelle – et sans doute future – chancelière allemande.

 

 

 angela_merkel03.jpg

Angela Markel a une nouvelle mauvaise idée...

 

 

Derrière ces propos, la grande maîtresse de Berlin souhaite consacrer l’argent à l’éducation, à la recherche et à la relance en baissant la fiscalité et en réduisant les budgets sociaux. En clair, l’objectif est de supprimer l’Etat-providence tant honni.

 

Dans le numéro de « Marianne » de fin d’année 2012, l’économiste Laurent Mauduit, journaliste à « Mediapart » écrit : « Brûlons le SMIC et le code du travail. Les plus déshérités se contenteront du RSA ».

 

Tout part en outre d’une falsification : la confusion de l’Etat-providence avec l’assistanat. Le concept de solidarité est exclu du raisonnement de la louve berlinoise. Merkel fustige le fait que la sécurité sociale en revient à assurer des suppléments de revenus à tous, alors qu’elle ne devrait servir qu’à protéger les plus démunis. D’autre part – et c’est l’argument massue – l’Etat-providence coûte cher et nous rend ainsi non concurrentiel.

 

C’est exact. L’Etat-providence est coûteux. Mais il est un point essentiel de notre civilisation et le monde entier nous l’envie. C’est pour créer leur propre modèle de protection sociale que les peuples d’Amérique du Sud adhèrent à la révolution bolivarienne. La défense du principe de solidarité est mondiale. C’est à ce niveau que doit se situer le combat progressiste.

 

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John Peet de l'hebdo The Economist a raison : la France est incapable de se réformer. Encore faut-il savoir de quelles réformes il s'agit.

 

 

Le « Monde » des 23 et 24 décembre relate les propos du journaliste responsable pour l’Europe de The Economist, John Peet, qui est l’auteur d’un article qui a provoqué un choc en France et en Europe, dans le numéro du 17 novembre, intitulé « The time-bomb, at the heart of Europe » qui est une critique acerbe de la social-démocratie à la française. « Le gouvernement, mais aussi les élites de gauche comme de droite, n’ont toujours pas pris conscience de l’ampleur des réformes nécessaires. » Il a raison ! Mais de quelles réformes s’agit-il ? Bien sûr, dans l’esprit de John Peet, cela signifie la suppression de l’Etat providence et de la réduction de la puissance publique à sa plus simple expression. Et vient l’avertissement : un pays incapable de se réformer constitue une menace pour l’ensemble de la zone Euro. Il explique qu’ « à l’inverse de leurs alter ego britanniques, les élites françaises restent franchement méfiantes envers la libre concurrence. » Il concède qu’elles sont cependant plus sensibles à la mondialisation qu’autrefois. Cette différence est normale : après trente années de thatchérisme, il est logique que les « élites » britanniques soient devenues les petits soldats du néo-libéralisme. Les Français le sont un peu moins, certes, mais ils y arrivent rapidement. M. Peet peut se rassurer ! Et suivent les poncifs du genre : « En France, les entrepreneurs restent les mal aimés. » Exactement le rôle de Calimero du MEDEF français et de la FEB belge !

 

La sacro-sainte concurrence

 

La concurrence, la sacro-sainte concurrence soi-disant « libre et non faussée » défendue comme un dogme par la Commission européenne ! A quoi sert-elle et pourquoi les ultralibéraux y sont tellement attachés ? En principe, la concurrence doit servir d’émulation entre différents entrepreneurs sur un marché et le meilleur en prix et en qualité est sensé l’emporter.  En réalité, c’est tout autre chose. Une concurrence « libre et non faussée », c’est la loi de la jungle. Le « libre » signifie la dérégulation et le « non faussé », un contrôle inefficace. Les ententes entre entreprises sont très difficiles à détecter, même si certaines doivent payer des amendes colossales. En réalité, la concurrence engendre à terme le monopole. On le voit, par exemple, avec le marché énergétique. L’ouverture à la concurrence a non seulement provoqué une importante hausse des prix, mais elle a rétabli une situation monopolistique qui n’est plus publique mais privée.

 

Faut-il pour autant supprimer la libre entreprise, ou l’entraver dans des carcans administratifs la rendant ainsi inopérante ? Non, bien sûr. Il faut simplement partir du vieux principe que toute liberté s’arrête là où elle touche à l’intérêt général. Il n’est pas non plus invraisemblable de placer sous contrôle public des entreprises stratégiques lorsque cela s’avère nécessaire. Et tant pis pour la doxa néolibérale ! En agissant ainsi, on aurait pu sauver la sidérurgie européenne. Mais en laissant faire un Mittal, puis en  cédant à ses diktats, un secteur industriel entier a été délocalisé avec des milliers d’emplois détruits. Désormais, l’Europe devra importer l’acier dont aura besoin ce qu’il reste de son industrie.

 

La faiblesse des élites

 

Voilà la preuve de la faiblesse de la classe dirigeante. Elle se montre incapable de répondre aux offensives des multinationales. Elle cède aux instances internationales, c’est-à-dire celles des multinationales et des banques, qui la contraignent à affaiblir l’Etat. La social-démocratie n’est plus que l’ombre d’elle-même. Tous les partis de gouvernement ont cédé à la pensée ultralibérale. Il n’y a en réalité plus de choix politique. Les différences entre les programmes des partis sont indétectables. Les élections se résument à des combats de personnalités qui ne font qu’assouvir leurs ambitions. Ils pratiquent toujours et partout la même politique. Et on constate un autre phénomène : les dirigeants politiques sont de plus en plus la proie d’intérêts divers et contradictoires.

 

Des politiques sans perspectives ni éthique

 

 

 silvio_berlusconi01.jpg

Silvio Berlusconi caricature d'homme politique, mais vrai affairiste !

 

 

On a vu pendant près d’une décennie la caricature de Berlusconi en Italie qui a presque réussi à devenir une sorte de « CEO » de la Péninsule et qui en a profité pour modifier les lois afin de se protéger de poursuites judiciaires. Il contrôle la plupart des médias et peut ainsi distiller sa propagande auprès du peuple italien. Comment demander à un pareil personnage d’avoir un réel courage politique ? Il a été remplacé fort peu démocratiquement par Mario Monti, ancien commissaire européen, coauteur de la défunte constitution européenne, ancien de la banque Goldman Sachs, qui imposa à l’Italie un plan d’austérité dont les résultats sont catastrophiques. L’austérité – on le sait ! – ne contribue en rien à diminuer la dette publique et à réduire les déficits, bien au contraire. Elle crée en plus la récession. Alors, pourquoi s’obstine-t-on, sinon pour étouffer l’Etat au seul profit des « marchés » ? On peut se poser la question : pour qui réellement travaillent les Monti, Merkel, Hollande, Di Rupo ? Ne leur faisons pas de procès d’intention, en agissant comme on le voit, ils ne font que servir les intérêts de ce que, dans le temps, on appelait « le grand capital ».

 

 

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Pour qui travaille Mario Monti ?

 

 

Un cas exemplaire est l’affaire du réel ou prétendu compte suisse du ministre du budget du gouvernement Ayrault, Jérôme Cahuzac. Ce ministre PS, médecin de son état, est chargé du budget, c’est-à-dire de la politique d’austérité et de la lutte contre la fraude fiscale. Si l’existence de ce compte en Suisse est prouvée, il y a là une contradiction évidente. D’autre part, et cela semble à notre sens plus sérieux : Jérôme Cahuzac entretenait des liens étroits avec l’industrie pharmaceutique. Il s’agit là d’un évident conflit d’intérêts étant donné le poids de cette industrie dans les dépenses de l’assurance maladie. De plus, chacun sait que ce secteur agit à son seul profit, souvent en contradiction avec les règles élémentaires de santé publique et de l’éthique médicale.

 

 

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Jérôme Cahuzac : le prototype du politicien sans éthique ni crédibilité

 

 

Loin de nous l'idée de prôner la vertu à tout crin, mais en politique, l’éthique reste une valeur essentielle. Un Cahuzac n’a plus sa place dans un gouvernement. Trop de soupçons pèsent sur lui, même s’il n’y a, à ce jour, aucune preuve formelle. Il a perdu toute crédibilité.

 

Une classe politique faible et démonétisée, une élite isolée et repliée sur elle-même ne sont évidemment pas à même de faire les réformes nécessaires et encore moins capables de changer de cap, car ils ne dérivent plus que dans le sens des vents dominants.

 

En outre, on en est arrivé à un tel point que les solutions classiques deviennent impossibles à mettre en œuvre.

 

Le keynesianisme ? Bien sûr, ce serait la solution. Mais pour cela, il faudrait une industrie. Or, nos pays se sont désindustrialisés. Près de 80 % des emplois industriels ont été détruits. Les usines ont fermé ou ont été délocalisées.

 

Bientôt la famine ?

 

Les services publics sont progressivement démantelés. Certains sont déjà tombés en faillite – rappelez-vous la Sabena – d’autres vont suivre. Le service public est donc soit privatisé, soit réduit à sa plus simple expression.

 

 

 arcelor_mittal_chaud.jpg

Arcelor Mittal Liège et Florange : des fermetures pour "rassurer" l'ogre "marchés"

 

 

L’Etat social est devenu l’ombre de lui-même. Jusqu’à présent, le minimum a été préservé, mais ce n’est pas terminé. Même l’aide à la pauvreté est attaquée. La réduction, sous des prétextes fallacieux, des crédits européens à la banque alimentaire a des conséquences dramatiques : les « restos du cœur » seront bientôt dans l’impossibilité de remplir leur mission. Après avoir jeté des milliers de personnes dans la rue grossissant ainsi l’armée des SDF, va-t-on connaître la famine ?

 

Une insurrection

 

 

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L'historien Jules Michelet souhaitait déjà un grand mouvement social.

 

 

Jules Michelet, juste avant la révolution de 1848, écrivait : « J’ai la foi, l’attente d’un grand mouvement social ; je crois que le temps n’en est pas éloigné. » Pas mal de monde a cet espoir, car il n’y a plus d’autre possibilité de réplique. Un mouvement social se prépare. De quelle nature sera-t-il ? Où et quand se déclenchera-t-il ? Quelles en seront les conséquences ? Nul ne peut répondre à ce sujet. La seule certitude est que la concentration de la quasi-totalité des richesses entre si peu de mains crée un déséquilibre propice à une insurrection. Des premiers éléments d’analyse montrent qu’elle aura sans doute lieu très bientôt. Qui sait, en 2013 ? Nous en parlerons très bientôt.

 

En tout cas, nous l’appelons de nos vœux !

 

Pierre Verhas

 

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 23:55

 

Le récit qui suit est extrait du site « le Grand Soir » (http://www.legrandsoir.info/comment-on-transforme-une-action-de-soutien-en-crime.html). Dans la dureté des faits décrits qui se passent en Grèce, on commence à se rendre compte des effets de la violence des mesures drastiques imposées à ce pays et qui suivent pour d’autres.

 

Les politiques d’austérité mènent non seulement à la misère des peuples, mais aussi sont propices à des graves atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés. Il est évident que par le biais de polices noyautées par les groupes fascisants, ce qui semble être le cas de cette brigade spéciale « Zeus », le pouvoir cherche à museler les populations et à criminaliser toute contestation, même non violente en infraction à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, à la Convention européenne des Droits de l’homme et à la Déclaration universelle des Droits de l’homme.

 

En fermant les yeux sur ce genre de pratiques, les institutions européennes font de ces textes fondamentaux des chiffons de papier. Derrière la politique néolibérale se cache (mal) l’anéantissement de la société démocratique. On peut d’ailleurs se poser la question : n’est-ce pas là le réel objectif ?

 

Considérons cela comme un cri d’alarme !

 

Pierre Verhas

 

 

« Comment on transforme une action de soutien en crime »


Nikos Mixos

 

Il était minuit le samedi 21 juillet, quand Petros Kapetanopoulos entendit des voix dans son quartier, à Kolonos. Il venait de mettre au lit son petit enfant et dit à sa femme qu’il allait descendre pour voir ce qui se passait. En descendant il vit cinq hommes , des policiers appartiennent à une brigade spéciale « ZEUS » qui venaient d’arrêter un immigré et l’un deux avait son pied sur le ventre de celui-ci. « Pourquoi faites vous ça ? Vous l’arrêtez, la violence n’est pas nécessaire », leur a-t-il dit. Ils lui expliquèrent alors qu’ils ne piétinaient pas l’homme et, dans une démonstration de violence, le piétinèrent à nouveau avec force. « Ca, ça veut dire qu’on le piétine » lui ont-ils dit. Kapetanopoulos a alors répété qu’il s’agissait de torture d’un homme déjà arrêté. Le résultat c’est qu’il fut lui-même arrêté. Le procureur l’a accusé de « résistance à l’autorité », de « fausse déposition » , de « tentative de libération d’un prisonnier » et de « complicité simple de vol », ce qui constitue un crime. Petros Kapetanopoulos risque de rester jusqu’à quatre ans sans revenus car il est fonctionnaire et automatiquement suspendu puisqu’il a été mis en examen pour acte à caractère criminel. Aujourd’hui s’est déroulée une conférence de presse au cours de laquelle l’avocat de Petros Kapetanopoulos a présenté la situation juridique de son client, tandis que des représentants de partis politiques, d’organismes, de syndicats et d’ organisations ont exprimé leur solidarité et leur soutien en en parlant d’ « un état qui veut qu’on ne se soucie pas de son prochain ».

 

 

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 Les exploits "démocratiques" de la brigade "Zeus"...

 

 

Mémorandum et présomption d’innocence.

 

Comme l’explique Kostas Papadakis, l’avocat de Petros Kapetanopoulos, les accusations portées contre lui peuvent aboutir à une peine de prison allant jusqu’à 15 ans. « Ces accusations sont fausses. Nous voyons que quelqu’un qui apporte son soutien est de plus qualifié de complice. » a-t-il commenté. L’avocat a présenté l’état du dossier à charge contre M. Kapetanopoulos. Après que le procureur ait porté ses accusations, est intervenu le vote du troisième mémorandum. En vertu des modifications apportées par ce troisième mémorandum, si un fonctionnaire a été mis en examen pour acte à caractère criminel, comme une simple complicité de vol – vol commis par l’immigré arrêté – il est automatiquement suspendu. « Connaissant la charge de travail dans les tribunaux, cela signifie jusqu’à quatre ans de privation de salaire, sans possibilité de faire appel de cette décision tandis que la présomption d’innocence est bafouée », explique Kostas Papadakis, ajoutant que le salaire de Petros Kapetanopoulos est le seul soutien de sa famille. « Pour l’instant notre premier objectif est que Petros ne perde pas son travail », a insisté l’avocat.

 

Hors de l’ Etat de droit.

 

« Cette histoire n’a pas sa place dans un Etat de droit », a déclaré Dimitris Christopoulos, professeur de sciences politiques à l’Université Panteion et vice-président de l’Association Grecque des Droits de l’Homme. Selon lui, cet incident montre l’annulation des droits évidents et des acquis dans la relation entre l’État et la société. « Et le plus important, est que cette annulation vient de ceux qui ont été choisis pour protéger le régime » note M.Christopoulos.

 

 

La Grèce, selon lui, commence à constituer un chapitre dans la procédure européenne au sujet des droits de l’homme avec pour titre « brutalité policière ». « Face à un Etat qui se déclare champion du droit Grec notre réponse doit être une lutte pour la primauté du droit et des règles », a déclaré Dimitris Christopoulos.

 

« Petros nous le connaissons ».

 

« Nous connaissons Petros et il n’y a aucune rien à lui reprocher », a déclaré Giorgos Markakis, président de l’Association des travailleurs au sein de l’Agence pour l’Emploi, où Petros Kapetanopoulos est inscrit. « Les parjures ne sont pas les fonctionnaires, mais nous tous qui restons immobiles face à des situations comme celle à laquelle Petros Kapetanopoulos fait face. Ce sont ces idéaux que nous devons défendre », a-t-il insisté, ajoutant « Petros nous sommes avec toi. Nous t’innocenterons solennellement ».

 

 

Despina Koutsoumpa, membre du Conseil général du Syndicat des Fonctionnaires, a rapporté que « les nouveaux conseils de discipline sous prétexte de parjures s’efforcent de chasser ou du moins de menacer les fonctionnaires syndicalisés ou menant une action sociale ».

 

Le soutien de SYRIZA.

 

Vangelis Diamantopoulos, député de SYRIZA, a commenté, déclarant à la fois le soutien unanime des élus et tout SYRIZA-FSU à Peter Kapetanopoulos, et affirmant que « ce cas est caractéristique de l’insensibilité de l’Etat. Nous voyons que désormais quiconque apporte son aide est victime de répression ».

 

Indifférence envers son prochain

 

« L’Assemblée populaire de Kolonos connaît et soutient Petros face à un Etat qui veut qu’on ne se soucie pas de son prochain. Nous sommes opposés au cannibalisme qui convient seulement aux fascistes et au capital », a déclaré Melpo Koronaiou, qui en 1995 avait été victime de lourdes violences policières lors d’une manifestation. L’auteur de ces violences fut alors le premier policier à être condamné depuis l’après-guerre.

 

 

Traduction Frederique Bouvier.

 

Source : https://syrizaparis.wordpress.com/2012/12/26/comment-on-tran...

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 22:14

Les droits de l’homme inconnu

 

Connaissez-vous Muhammad Ibn al-Dheeb al-Ajami ? Non ? Sans doute sous son nom de poète : Mohammed Ibn al Dheeb ? Toujours pas ? Allons, je vais vous aider. Il s’agit d’un célèbre poète qatari qui vient d’être condamné à la prison à vie pour avoir «  avoir insulté le régime, diffamé le prince héritier Tamin et attaqué la constitution » (sic). Mohammed Ibn al Dheeb a été arrêté en novembre 2011, mis au secret, son procès a été secret, ainsi que le chef d’accusation.

 

 

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Il faut sauver le poète Mohamed Ibn al Dheeb !

 

 

Question à un pétrodollar : les nombreux délégués à la conférence de Doha (capitale du Qatar) sur le climat, vont-ils faire pression sur le très susceptible émir qatari pour exiger la libération du poète ?

 

Notre petit doigt nous dit qu’ils préféreront sans doute discuter du réchauffement climatique global plutôt que de risquer de refroidir le climat des relations diplomatiques avec le Qatar en évoquant cette condamnation inepte et scandaleuse. Il reste à Mohammed Ibn al-Dheeb la possibilité d’interjeter appel. Affaire à suivre.

 

Le gâchis Arcelor Mittal

 

 

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Les syndicalistes de Florange ont manifesté à Paris le 15 novembre dernier. Ayrault ne les a pas entendus !

 

 

Ce soir, au journal de France 2, Ayrault avait vraiment l’air gêné dans ses entournures en se vantant du glorieux résultat qu’il a obtenu sur l’avenir du site sidérurgique de Florange en Lorraine française. Pas de plan social, pas de licenciements ! La belle affaire ! Aucun plan industriel sérieux, des promesses sans garanties d’investissements de la part de Mittal. Tout cela est bidon ! Et Montebourg qui a joué les matamores en brandissant l’idée de la nationalisation « provisoire » dans l’attente d’un hypothétique repreneur. Désavoué, il ne démissionne pas ! Enfin, on dit que Hollande aurait refusé sa démission. Allez savoir ! En attendant, sa crédibilité en a pris un sacré coup et la « gauche » française au pouvoir, aussi ! Le Medef (patronat français) a gagné. Quant aux principaux intéressés, c’est-à-dire les travailleurs, ils sont condamnés à attendre…

 

La Justice belge se réveille… un peu tard !

 

 

 

 

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Maurice Lippens peut faire un doigt d'honneur à la Justice belge.

 

 

Voilà, après quatre inculpations d’anciens gros pontes de Fortis, l’ex-numéro 1, Maurice Lippens, qui passe lui aussi à la trappe. Cinq années après les faits, mieux vaut tard que jamais ! Rassurez-vous, ces messieurs ont d’excellents avocats qui vont jouer l’obstruction et atteindre ainsi gentiment la prescription et on n’en parlera plus. Les petits actionnaires, c’est-à-dire tous les épargnants qui se sont fait piéger n’auront plus que leurs larmes pour pleurer. Cela n’empêchera pas Lippens d’inviter ses acolytes à une partie de golf à Knokke – Le Zoute dont le maire n’est autre que le frangin dudit Maurice.

 

Marcourt s’emmêle les pinceaux !

 

 

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Une min guerre scolaire sur le râble de Jean-Claude Marcourt : un peu lourd !

 

 

Voilà que le très régionaliste ministre wallon de l’enseignement supérieur, le PS liégeois Jean-Claude Marcourt, qui se paye une réforme du « paysage » de l’enseignement supérieur. Les étudiants n’auront le choix de « passerelles » d’une école supérieure à l’autre que dans une zone géographique bien délimitée. Cette idée « régionaliste » fait hurler le milieu universitaire, surtout chez les cathos ! En effet, certaines de leurs hautes écoles du réseau dit « libre » risquent de se voir vidées d’une proportion importante de leurs étudiants. Régionaliser et se payer en prime une mini guerre scolaire, c’est un peu beaucoup pour le Ministre principautaire qui a aussi le dossier Arcelor Mittal Liège dans les pattes. Attention au burn out Jean-Claude !

 

Maingain désavoué ?

 

 

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Maingain sera-t-il victime de ses convictions laïques ?

 

 

Le sémillant président, qu’on croyait à vie, du FDF (le parti francophone bruxellois), Olivier Maingain, risque de perdre des plumes au prochain congrès de son parti qui devait renouveler son mandat de président. Il a un challenger (comme on dit en bon français…) en la personne de l’Ucclois Emmanuel De Bock qui est soutenu par Bernard Clairfayt. Maingain paierait-il  son projet d’inscrire la laïcité dans la Constitution belge ? Il y a de fortes chances que cela n’ait pas plu à l’aile catho du parti bruxellois.

 

Le maire de Londres veut une autre Europe.

 

 

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Boris Johnson est fatigué de dire que l'Europe, c'est une zone de libre échange !

 

Boris Johnson, le très populaire maire conservateur de Londres, veut que l’Union européenne soit une zone de libre échange, point à la ligne. Scandale ! Pourtant, c’est ce que la Grande Bretagne a toujours voulu : faire de l’Europe une vaste zone de libre échange, avec en plus une zone de libre échange transatlantique. Il n’y a que des has been comme Verhofstadt et Cohn Bendit pour penser que l’on pourra construire une Europe politique fédérale.

 

Ecce homo

 

 

 

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Yves Mersch n'a pas dû attendre sa nomination très longtemps !

 

 

Eh oui ! C’est un homme. Le Luxembourgeois Yves Mersch, candidat au directoire de la Banque centrale européenne (BCE) est finalement passé. Ce mâle très monétariste est donc assuré de son poste, puisqu’il a disposé de la majorité qualifiée des dix-sept Etats de la zone Euro, malgré une campagne virulente pour que ce poste soit assuré par une femme. Encore une fois, l’Union européenne n’a rien à faire des mouvements de l’opinion publique et s’assoit sur ses grands principes d’égalité hommes – femmes, par exemple.

 

Pierre Verhas

 

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