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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 18:07

Sahara occidental, cela continue !

 

Depuis quelques jours, les villes occupées de la République Arabe Sahraouie Démocratique connaissent une nouvelle situation qui se caractérise par l’exode massif de milliers de leurs habitants en dehors de celles-ci. Voici la situation selon les propos tenus par le Ministre des affaires étrangères du Front Polisario, lors d’une conférence de presse à Alger, le 18 octobre.

 

Ainsi,  les habitants d’El Aaiun ont dressé dans la région de Gdem Izik, à 18km au sud-est de la ville,  un campement de fortune où croupissent, dans des conditions inhumaines, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes. Les forces d’occupation marocaines tentent,  moyennant une répression des plus sauvages,   d’interdire  aux habitants des autres villes d’en faire de même.

 

L’explosion de la situation socio-économique  dans les territoires spoliés est le résultat immédiat de la politique de l’occupant marocain qui a fait des Sahraouis, durant les trois dernières décennies, une minorité, désœuvrée, réprimée et humiliée à outrance au quotidien.

 

Cette politique coloniale marocaine est basée sur :

 

1.    Le pillage effréné des ressources naturelles des territoires occupés (Phosphates, pêche, agriculture et autres ….)  pour financer la guerre et équiper l’armée d’agression

 

2.    Le transfert  massif  des citoyens marocains vers les villes occupées dans le cadre d’une politique de colonisation de  peuplement. Les colons marocains, aujourd’hui, largement majoritaire  sur le plan numérique, sont pratiquement  les seuls bénéficiaires de l’emploi, l’habitat, la santé et l’enseignement.

 

3.    Les tentatives de liquider l’identité nationale sahraouie à travers une politique globale qui va de la liquidation physique, aux violations des droits de l’homme et aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dans l’objectif  de mettre fin à la volonté d’indépendance du peuple sahraoui.

 

 

4.    L’isolement des territoires occupés du monde extérieur  et l’interdiction systématique aux observateurs étrangers, à la presse internationale ainsi qu’aux ONG de  faire des visites  et des enquêtes indépendantes.

 

 

Un massacre organisé et massif de la population sahraouie par les forces marocaines est sans doute en préparation.

 

Les forces démocratiques en Europe doivent s’organiser pour empêcher cela. Qu’attendent-elles pour envoyer une délégation d’observateurs, en accord avec le Front Polisario, afin de faire le plus rapidement possible un rapport sur la situation dramatique au Sahara occidental ? Cela, afin d’exercer une pression sur le gouvernement français et la commission européenne, pour empêcher ces massacres et combattre ce néo-colonialisme.

 

Le silence des défenseurs des Droits de l’Homme, en l’occurrence, peut s’assimiler à de la complicité. Il n’existe pas de Droits à géométrie variable. La cause des Sahraouis mérite tout notre soutien au même titre que d’autres causes plus « médiatisées ».

 

Un faux combat : le congé de maternité

 

Le Parlement européen vient d’adopter, à grand spectacle, un projet de directive en vue de porter le congé de maternité à 20 semaines, au lieu de 14 ou 15 selon les Etats-membres, cela  afin de permettre une progression démographique sur le continent. Comme s’il y aura plus d’enfants si on ajoute cinq à six semaines de congé de maternité !

 

Enfin, une avancée sociale au niveau européen ! Dira-t-on. Cela reste à voir… Tout d’abord, le patronat s’y oppose farouchement et fait pression sur le Conseil européen pour refuser cette directive. Il est plus que probable qu’il obtiendra gain de cause. Ensuite, il il y a, en ce qui concerne les femmes, d’autres priorités dont, en premier lieu, l’égalité des salaires avec les travailleurs hommes. Une autre priorité concerne aussi les crèches sur les lieux de travail.

 

Ces deux revendications sont bien plus fondamentales car elles constitueraient, si elles sont rencontrées, des avancées sociales majeures pour les femmes.

 

Et là, ce sera bien plus efficace (et moins démagogique) pour une éventuelle poussée démographique, dont la nécessité reste à démontrer. N’oublions pas qu’en la matière, ce sont les femmes qui décident.

 

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:32

 

Le lecteur pardonnera la longueur de cet article. Afin de bien comprendre la difficulté de ce dossier qui entraîne tout un peuple qui n’a comme choix que l’exil, ou demeurer sous le joug d’une armée d’occupation, il faut en faire l’historique et comprendre les enjeux géopolitiques et économiques du conflit du Sahara occidental.

 

Le jeudi 7 octobre, la régionale de Bruxelles des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) présentait une exposition de photographies sur les camps de réfugiés Sahraouis dans le désert du Sud de l’Algérie. Cette manifestation était animée par Dominic Brumagne, animateur de FAM (Formation Action Militante). En effet, chaque été, les FPS reçoivent une vingtaine d’adolescents vivant dans ces camps pour leur permettre d’avoir un autre regard sur le monde, de passer les mois chauds dans de bonnes conditions et, dans certains cas, pour leur prodiguer certains soins médicaux qu’ils ne peuvent avoir sur place.

 

En 2009, les FPS ont donné un appareil de photos jetable à chacun des enfants avec pour « mission » de photographier leur « quotidien » dans ces camps de réfugiés qui sont leur seule maison. En été 2010, ils rapportèrent les appareils photos et la section de Jette des FPS s’est chargée de faire développer les films. Les enfants purent ainsi voir les photos qu’ils avaient prises et il leur fut demandé d’attribuer à chacune une légende. Ce sont ces photographies qui font l’objet de l’exposition.

 

L’inauguration eut lieu en présence de Madame Mariem Salma, députée au Parlement sahraouis en exil et de Monsieur Salek Abderrahman, représentant du Front Polisario pour la Belgique et le Luxembourg. Après avoir regardé les œuvres photographiques des jeunes réfugiés,  Madame Salma et Monsieur Abderrahman ont exposé, à l’occasion d’un débat informel, la situation dramatique des réfugiés et les perspectives d’avenir pour leur pays, le Sahara occidental.

 

Remontons le temps. Le Sahara occidental est un territoire de 267.000 km2 situé au Sud-est du Maroc et à l’Est de la Mauritanie. Il a en plus une frontière de quelque 40 km avec l’Algérie. Il fut de 1884 à 1975 une colonie espagnole. En 1973, des Sahraouis indépendantistes fondent le Front Polisario qui signifie Front Populaire de Libération de Saguia el-Hamra et du Rio de Oro, il est issu d’un mouvement plus ancien fondé en 1967, le Front de libération du Sahara. Le Front Polisario est parvenu à fédérer les différents courants au sein du mouvement autonomiste, ce qui lui permit d’entamer une lutte plus efficace contre le colonialisme de l’Espagne franquiste. En 1975, le régime fasciste espagnol affaibli est contraint de promettre non pas l’indépendance, mais l’autodétermination du Sahara occidental.  Ce fut fait à l’occasion du traité de Madrid signé par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Cet accord contenait les germes d’une guerre qui est loin d’être terminée aujourd’hui, le Maroc et la Mauritanie se partageant le territoire du Sahara occidental qui leur fut donnés par l’Espagne.

 

Marche « verte » ou « rouge » ?

 

Le 6 novembre 1975, le roi Hassan II du Maroc organise une « marche verte » à laquelle participent 300.000 Marocains afin d’occuper le Sahara occidental, les Espagnols encore présents fermant les yeux. Ce fut en réalité une expédition sanglante. Il y eut des massacres et des pillages sans que la « communauté » internationale ne lève le petit doigt. C’est pourquoi les Sahraouis qualifient cette « marche » de rouge, rouge  du sang de leur peuple. Pendant ce temps, la Mauritanie occupe le Sud du territoire.

Le Front Polisario rentre dès lors en lutte armée. Il emporte des succès militaires surtout sur les Mauritaniens. Dans la portion de territoire qu’il occupe, à l’Est du Sahara occidental, le Polisario proclame la République Arabe Démocratique Sahraouie.  En 1979, déstabilisée par cette défaite, la Mauritanie abandonne ses prétentions. Le Maroc, lui, poursuit et amplifie l’occupation de la plus grande partie du territoire su Sahara occidental.

 

Le trône et le phosphate

 

Plusieurs raisons poussent le Maroc à poursuivre cette violente occupation. Le régime chérifien est à la merci d’une déstabilisation, aussi voit-il dans cette guerre un excellent moyen de se refaire une aura auprès du peuple marocain. En poussant la fibre nationaliste, le trône désarme les partis de gauche qui sont mal à l’aise dans cette question et il éloigne l’armée vers le Sud, armée ainsi légitimée mais qui pourrait constituer un danger mortel pour la monarchie de Rabat, comme ce fut le cas lors du putsch de 1971. Durant la décennie 1970 – 80, le Maroc refuse de céder un pouce du territoire Sahraoui. En 1981, sous la pression de l’ONU, Hassan II accepte le principe d’un référendum sur l’autodétermination, tout en proposant aux chefs tribaux de faire allégeance. La guérilla menée par le Front Polisario est de plus en plus menaçante. L’armée se livre alors à une répression sanglante. Les pires exactions sont commises : massacres, disparitions de prisonniers, assassinats d’hommes et de femmes jetés d’hélicoptères, etc. Le Front Polisario est repoussé vers l’Est, dans le désert. Un mur est construit pour « protéger » les territoires habités et surtout les gisements de phosphates du Sahara occidental qui permettent ainsi au Maroc d’être le troisième producteur mondial (les deux premiers étant les Etats-Unis et la Chine). Le Maroc est également autorisé à faire des recherches pétrolières en ce territoire. En d’autres termes, la monarchie chérifienne peut en toute impunité piller les ressources du Sahara occidental et se livrer à toutes les exactions à l’égard d’une population martyrisée.

Mohammed VI n’a rien à craindre non plus de la part des défenseurs occidentaux des Droits de l’Homme. Pas un mot d’un tonitruant philosophe germanopratin et de ses sbires. Il est vrai que lorsqu’on possède une riad au Maroc, on est forcément tenu à un certain « devoir de réserve »… Encore une fois, les Droits de l’Homme sensés être universels, sont à géométrie variable.

 

Le mur de la honte et la République en exil

 

Le mur (appelé aussi « de la honte » par les Sahraouis), le plus long avant la grande muraille de Chine, isole complètement l’Ouest du Sahara occidental. Le Front Polisario se divise : des Sahraouis de Tindouf rallient le Maroc, répondant ainsi à l’appel du roi « à rejoindre la patrie clémente et miséricordieuse ». Plus de 160.000 Sahraouis fuient vers l’Est et se réfugient dans le désert au Sud de l’Algérie, dans la région de Tindouf. Des camps rudimentaires sont construits. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont désormais dépendants de l’aide humanitaire pour leur survie.

Cependant, le Front Polisario y organise la République Arabe Sahraouie avec un gouvernement, un Parlement, un pouvoir judiciaire. Ce parlement compte 53 députés dont 18 femmes. Il est élu au suffrage universel et les camps sont organisés administrativement en provinces, départements, etc. Cette organisation assure la cohérence de la population réfugiée et permet de mieux organiser l’aide humanitaire. Ce pouvoir, bien sûr, ne dispose d’aucun moyen propre. Il vit de l’aide humanitaire, particulièrement de celle de l’Algérie, mais aussi de plusieurs ONG sur place, dont Oxfam Belgique qui est présente depuis 1976. e gouvernement assure essentiellement l’éducation et la santé. Des dispensaires existent dans tous les camps et il y a une certaine scolarité. Les jeunes Sahraouis qui en ont les capacités, sont admis dans les Universités algériennes.

 

 

 AFRIQUE-SaharaOccidental-01-01

 

Carte du Sahara occidental. A l'Ouest, l'Océan Atlantique (pêche), au Nord, le Maroc, au Nord-Est l'Algérie et à l'Est et au Sud, la Mauritanie. La flèche verte montre la direction de la marche "verte", la zone jaune striée de vert est la partie occupée par l'armée marocaine et colonisée. La ligne rouge grenat représente le mur de séparation, ou "mur de la honte", la partie verte est la zone occupée par le Front Polisario. On voit près de la frontière entre l'Algérie et le Sahara occidental, Tindouf et les camps de réfugiés Sahraouis. 

 

La reconnaissance virtuelle

 

L’objectif du Maroc est de faire inscrire le conflit avec le Sahara occidental dans une logique de politique intérieure et ainsi lui retirer son caractère international. L’ONU tente alors de débloquer la situation en proposant aux deux parties un plan de paix prévoyant un référendum sur l’autodétermination. La situation reste bloquée car l’ONU considère le Sahara occidental comme une entité autonome mais non comme un Etat indépendant. Cependant l’ONU impose en 1988 un plan de paix entre le Maroc et le Front Polisario prévoyant un cessez-le-feu et un référendum d’autodétermination. Hassan II accepte de l’organiser en 1992. Cette consultation n’a jamais eu lieu car il fut impossible d’avoir un accord sur la composition du corps électoral. Mais la véritable raison est que le résultat de ce référendum consacrerait la victoire franche et définitive de l’un des deux protagonistes du conflit. Le Front Polisario serait sans aucun doute le vainqueur de ce scrutin. Or, le Maroc considère que le Sahara occidental, au nom de ses « droits historiques » est partie intégrante de son territoire.

 

La tension Maroc – Algérie

 

Dès le départ, l’Algérie, le puissant voisin ennemi – ami du Maroc, a soutenu les Sahraouis. Le régime chérifien n’a pas réagi à ce soutien tablant sur un affaiblissement de son voisin lors de la guerre civile des années 1990. En 1998, Abdelaziz Bouteflika est élu pour la première fois président de la République algérienne. Il maintient, en dépit de l’espoir des Marocains, son appui aux Sahraouis et la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique  (RASD). En 2004, c’est autour de l’Afrique du Sud de reconnaître la RASD. Cela a pour conséquence, non seulement un plus grand rapprochement entre les deux voisins, mais aussi un isolement de Rabat. La RASD fait désormais partie de l’Union des Etats Africains tout en n’étant pas reconnue par toutes les nations d’Afrique.

 

Le conflit a un effet sérieux sur l’économie du Maghreb. En 1989 est fondée l’Union du Maghreb arabe regroupant le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie et la Lybie. Cette Union est destinée à créer une zone de libre échange entre ces cinq pays, dans l’idée de constituer la puissance économique du Grand Maghreb. Avec le conflit du Sahara occidental et la mésentente entre le Maroc et l’Algérie, cette Union est mort née. Cela a un coût social et économique considérable pour ces pays. Le « coût du non – Maghreb » concerne des secteurs essentiels comme l’énergie, les banques, les transports, l’agroalimentaire, l’éducation, la culture, le tourisme. Le commerce entre les Etats d’Afrique du Nord représente 1,3 % de leurs échanges extérieurs. C’est le taux le plus bas du monde ! Les conséquences en sont catastrophiques. Si la population peu âgée du Maghreb dispose d’une qualification qui a beaucoup augmenté depuis les indépendances et si les taux de naissance et de mortalité sont devenus beaucoup plus faibles, 50 % des jeunes sont sans emplois. « Remédier à ce déferlement exigerait, pendant deux décennies, un rythme de croissance plus élevé que celui de la Chine » (Francis Ghiles, Le « non-Maghreb coûte cher au Maghreb », le Monde diplomatique, janvier 2010). Or, les frontières fermées coûtent à ces pays la perte de deux points de croissance. Et des milliers de jeunes s’en vont chercher en Europe, souvent au péril de leur vie, une vie qu’ils croient meilleure et plus active.

 

Voilà ce que peut indirectement provoquer un conflit où par avidité et orgueil national, un peuple entier est martyrisé.

 

Les Etats-Unis et la France

 

Les « puissances » jouent un rôle négatif en l’espèce. Les Etats-Unis montrent une grande prudence en cette question. D’un côté, ils soutiennent le Maroc comme pays « ami » de l’occident – ils avaient accepté l’occupation du Sahara occidental par le Maroc en 1975, en raison de la « guerre froide –, mais d’un autre, l’Algérie leur est un puissant allié dans la « lutte contre le terrorisme ». Donc, Washington a toutes les cartes en main pour « persuader » les parties prenantes au conflit saharien de parvenir à un accord viable et durable mais rien ne bouge.

 

La France, quant à elle, a une attitude beaucoup plus négative. Jacques Chirac et puis Nicolas Sarkozy soutiennent ouvertement la position marocaine sur ce dossier. Il est vrai que la France a de puissants intérêts économiques au Maroc, bien plus qu’en Algérie. Elle est en concurrence avec les Etats-Unis qui cherchent à créer une vaste zone de libre échange avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie. Tout cela rappelle les pires moments de l’ère coloniale !  Par l’intermédiaire de James Baker, l’ancien secrétaire d’Etat américain au moment de la guerre du Golfe, nommé représentant spécial de l’ONU, propose en 2003 un plan quinquennal d’un statut de semi-autonomie du Sahara occidental en attendant l’organisation d’un référendum sur la question de l’indépendance. L’Algérie et le Front Polisario ont accepté ce plan, évidemment rejeté par le Maroc.

 

En 2007, le congrès du Polisario a exigé le départ de la MINUSRO (la Mission des Nations Unies aux Sahara Occidental), mais l’exécutif du Front a décidé de n’exercer aucune pression en ce sens. En 2011, il y aura un nouveau congrès et si rien  n’a bougé, il y a fort à parier que la position du Front se radicalisera et que le cessez-le-feu  datant de 1991 et surveillé par la MINUSRO sera caduc et que les armes reparleront.

 

Ce sont surtout les jeunes générations qui ont recours à la résistance pacifique active et ont réussi à alerter la communauté internationale sur les violations des Droits de l’Homme. Une militante Aminatou Haidar  a fait une grève de la faim en novembre 2009 en Espagne, le Maroc lui interdisant de revenir au Sahara occidental. Elle acheva son action fin décembre 2009 et fut admise à rentrer en son pays. Cette action a sensibilisé l’opinion internationale sur la question des Droits de l’Homme dans ce pays et Christopher Ross, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU a demandé le 28 janvier dernier d’inclure la surveillance du respect des Droits de l’Homme dans la MINURSO.

 

Une autre vision de la diplomatie et de… la politique

 

Il est temps que l’on éradique des relations entre les peuples, le néo-colonialisme dont le Maroc, la France et, dans une moindre mesure, les Etats-Unis, font preuve dans ce conflit.

 

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est fondamental. On ne peut violer les Droits de l’Homme au nom d’une occupation injuste et sans justification sinon géopolitique. Les Sahraouis doivent avoir leur autodétermination et disposer de leurs ressources. C’est l’intérêt de tous !

 

Le phosphate du Sahara occidental ne vaut pas  la violation permanente des Droits de l’Homme et aussi le blocage d’un projet aussi important que l’Union du Maghreb arabe qui, seul, pourrait provoquer le boom économique indispensable au développement de cette région et à l’amélioration du sort des peuples qui l’habitent.

 

En Belgique, la gauche ne bouge pas, de peur sans doute de se mettre à dos l’importante communauté marocaine. La politique de l’autruche n’est certes pas la bonne. Il faut avoir le courage de débattre et de dire que nos principes fondamentaux excluent que l’on ne tienne compte des Droits de l’Homme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il est d’ailleurs de l’intérêt du peuple marocain de trouver un accord en la matière et de tenir compte de la volonté d’indépendance du Sahara occidental.

 

Vingt ans d’exil, cela suffit, disent les jeunes Sahraouis ! Les graves violations des Droits de l’Homme doivent être punies. Le pillage des ressources (le phosphate et la pêche) doit cesser. Les Sahraouis ont droit à l’indépendance s’ils le désirent.

 

En tout cas, Madame la Députée Salma et Monsieur Abderrahman nous ont donné une fameuse leçon. Voilà un peuple qui a réussi à organiser en exil un régime démocratique et égalitaire. Par ses traditions de peuple nomade, la femme joue un rôle majeur dans la société, tous sont de fidèles Musulmans tolérants, sans intégrisme.

 

Par l’immobilisme, le sang risque de couler à nouveau. Et cette fois, nul ne pourra ignorer les responsabilités. On peut l’éviter. Il suffit d’un minimum de courage.

 

 

Pierre VERHAS

 

 

Sources :

 

- Yahia H. Zoubir, Le conflit du Sahara occidental enjeux régionaux et internationaux, CERI CNRS, Sciences Po., Paris, mars 2010

 

- Catherine Graciet, Sahara occidental : les enjeux du conflit, Cybercopie, mars 2004

 

- Kadija Finan, L'inextricable conflit du Sahara occidental, le Monde Diplomatique, janvier 2008

 

- Francis Ghiles, le "non-Maghreb" coûte cher au Maghreb, le Monde diplomatique, janvier 2010

 

- Le film "La République en exil" qui fut projeté lors de l'exposition. Il retrace l'histoire du Sahara occidental et montre la vie dans les camps de réfugiés, avec des interviews des exilés et du président du Front Polisario.

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 18:21

Nous sommes tous politiquement suspects.

 

Tout régime anti-social porte atteinte aux libertés. C’est une constante de l’histoire. En Belgique, la tendance s’affirme de plus en plus.

 

Ainsi (Belga 23/10/2010), les policiers et agents de quartier recevront dès fin 2011 une formation, ainsi qu'un manuel, pour rapidement déceler les comportements radicaux, et lutter ainsi contre le terrorisme. Ce manuel, dont la création a été annoncée jeudi à l'occasion d'une conférence de haut niveau à Anvers sur la radicalisation et le terrorisme, verra le jour à l'initiative de la Belgique et de dix autres pays européens.

En dehors de quelques exemples quelque peu loufoques – ceux qui portent un tee shirt marqué « 4/20 » ne sont pas des étudiants médiocres, mais des néo-nazis qui fêtent l’anniversaire d’Adolf Hitler (le 20 avril) - il n'y a aucune raison de mettre en route de telles mesures, sinon la volonté d'établir une démocratie surveillée. 

« La radicalisation prend toujours du temps », a ajouté Mme Turtelboom. « Nous devons être capable de le déceler dans cet intervalle. Les agents de quartier doivent être les yeux et les oreilles de la société ».
 
Pour l'heure, seule une version anglaise de ce manuel est prête. En Belgique, il devrait être diffusé à 25.000 ou 30.000 exemplaires au sein du corps de police. Les autres pays participant à ce projet sont l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Grande-Bretagne, la Finlande, la Suède, le Danemark, Chypre, la Hongrie et la Lettonie.

Autrement dit les agents dits de série ou de quartier auront pour mission le fichage des personnes politiquement suspectes !

Une autre atteinte potentielle aux libertés est dénoncée par la Ligue des Droits de l’Homme. Elle s’inquiète de l’usage que l’on peut faire de la carte « Mobib », carte électronique individuelle servant de titre de transport à la STIB qu’il faut « pointer » à chaque montée dans un véhicule de cette société. Ainsi, sont enregistrées plusieurs informations à caractère privé : nom, prénom, adresse, heure du voyage, numéro du véhicule, etc. Ces informations peuvent servir à analyser vos déplacements en vue d’enquêtes éventuelles à votre égard, sans, bien entendu, que vous en soyez informé. D’autre part, la LDH craint que l’on place sur le parcours des manifestations syndicales ou politiques, des enregistreurs de cartes « Mobib » qui pourraient ainsi permettre aux services policiers de connaître l’identité des manifestants.

Il paraît que nous vivons dans le monde libre…

Le néolibéralisme affine sa stratégie

La livraison du « Courrier international » de cette semaine (n° 1038 du 23 au 29 septembre 2010) dont le thème est « l’Etat Providence », publie un article édifiant de l’éditorialiste économique du Times, Anatole Kaletsky. Qui est-ce ? Kaletsky est né en 1952 à Moscou, a passé sa jeunesse en Pologne pour ensuite rejoindre l’Australie. Depuis 1966, il a vécu entre les USA et le Royaume Uni. Il a fait des études d’économétrie à l’Université de Cambridge, puis à l’Université de Harvard pour devenir journaliste à The Economist et au Financial Times, avant de travailler pour le Times lui-même. Ainis, Anatole Kaletsky a fait le parcours classique de la « tête d’œuf » du néolibéralisme. Ajoutons que son enfance en URSS et en Pologne l’ont profondément marqué et que, comme ses congénères, son anticommunisme s’est transformé en une adhésion totale aux thèses politiques et économiques du néolibéralisme.

Dans son article, Kaletsky a pour premier objectif, la réduction drastique des dépenses publiques accompagnée d’une hausse des impôts et des prestations sociales, pour résorber la dette publique. Il ne précise évidemment pas quelle catégorie sociale sera le plus touchée par la hausse des impôts et des cotisations sociales, mais il est beaucoup plus disert sur les dépenses publiques à réduire.

Il écrit : « L’expérience montre (…) que les transports, les routes, les compagnies d’énergie fonctionnent généralement mieux quad ils sont privés ». Tiens, on ne s’en est pas aperçu ! « L’Etat doit toutefois les encadrer, de manière à atteindre certains objectifs d’intérêt général. » Il préconise de créer un impôt sur la pollution, subventionner non plus les transports publics, mais l’accès de certains usagers aux transports en commun, etc. Autrement dit, l’Etat se transformerait en un immense CPAS qui soulagerait les frais d’utilisation des services dits d’intérêt général aux plus démunis. Aux orties, le principe de solidarité des systèmes de sécurité sociale et dans les « anciens » services publics !

Education, retraites, soins de santé : dépenses publiques = zéro…

Mais, c’est ici que l’on voit une stratégie plus fine, donc plus insidieuse : Kaletsky n’use plus du ton agressif de ses prédécesseurs comme Hayek ou von Mises, des gouvernants ultralibéraux de Thatcher à Blair (mais oui !), des baby Thatcher comme Reynders et Sarkozy ainsi que de Reagan à GW Bush. Kaletsky se préoccupe du sort des plus démunis. Enfin, jusqu’à un certain point : « Mais ce sont là des questions secondaires par rapport au principal défi que doivent relever les gouvernements : comment réduire les prestations liées à la santé, aux retraites et à l’éducation [primaire et secondaire] qui engloutissent environ 70 % des recettes fiscales de tous les pays développés ? »

Pour y arriver, c’est très simple : la privatisation. Pour l’éducation, prévoit-il, cela ne présentera pas de difficultés majeures puisque ce secteur « va connaître une plus grande concurrence et un plus fort investissement. ». C’est évidemment le secteur de la santé qui doit faire l’objet d’une offensive « privatisatrice » ! Cependant, Kaletsky, dans le cadre de la nouvelle stratégie, reconnaît que le système privé de santé américain – pas un mot de la réforme Obama ! – est  moins efficace que le NHS britannique (National Health Service, le service public de santé) tant décrié par les néolibéraux que ni Thatcher, ni Major, ni Blair n’ont réussi à privatiser ! En effet, les dépenses de santé aux USA représentent 18 % du PIB alors qu’elles prennent 9 % en Grande Bretagne, 11 % en France, alors que le taux de survie aux cancers et aux maladies cardiovasculaires est inférieur à la moyenne de l’OCDE aux USA et que ceux de la Grande Bretagne et de la France sont largement supérieurs à cette moyenne. Et, en dépit de ces évidences, Kaletsky souhaite la réduction substantielle des dépenses de santé. Son raisonnement est révélateur de « l’humanisme » néolibéral.

A la poubelle, les vieux !

« Pour la plupart des pays, » écrit Kaletsky « la réaction rationnelle à la crise budgétaire serait de reconnaître que les engagements pris, envers les baby-boomers vieillissants, en matière de couverture médicale et de retraites ne peuvent tout simplement plus être honorés dans leur intégralité. » Il prévoit l’effondrement des autres services publics si l’on maintient les choses en l’état.  Et pour l’éditorialiste du Times : « De bons établissements scolaires et des universités abordables comptent plus pour la prospérité future et pour la justice sociale que les hôpitaux, lesquels prennent surtout soin de citoyens vieillissants dont la contribution économique est réduite alors qu’ils représentent le groupe démographique le plus riche de la société. ».

En clair, à la poubelle, les vieux ! Et piquons leur pognon !

Enfin, Kaletsky cultive le paradoxe en affirmant : « La gauche devra alors faire campagne en faveur de la privatisation partielle de la santé. Et ce seront les conservateurs qui défendront avec la plus grande véhémence la responsabilité de l’Etat dans ce domaine, en se servant de l’augmentation inexorable des dépenses de santé comme d’un cheval de Troie pour renverser tous les autres programmes publics. »

Tout le néolibéralisme est là. « TINA » (There Is No Alternative) et la haine de l’Etat que l’on pourrait traduire par le rejet de la solidarité et du contrôle démocratique des dépenses et de la gestion des services publics.

Espérons que la gauche démocratique ne sombrera pas au chant de ces sirènes.

Pierre VERHAS

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 20:44

Suite à la chronique publiée par le principal leader politique flamand, Bart De Wever, nous avons envoyé au journal "Le Soir", la réponse ci-dessous. Il faut bien comprendre que l'actuelle crise belge est bien plus qu'une querelle de nationalités, elle est le choc de deux principes fondamentaux. D'un côté, la conception ethniste de la nation qui semble s'imposer, de l'autre, la nation comme ensemble consenti dans le cadre de valeurs universelles. Accepter par lâcheté la nation ethnique, revient à rejeter toutes les valeurs universelles. Les démocrates belges, flamands, comme bruxellois, comme wallons, par leur obsession de la paix civile à tout prix, jouent un jeu très dangereux. En se pliant au diktat des tenants de l'ethnisme, ils détruisent non seulement l'acquis démocratique en Belgique, mais mettent en péril la construction européenne basée sur le libre consentement de tous. Et nous saluons la Commissaire européenne à la Justice, Madame Viviane Reding, de l'avoir rappelé haut et fort suite à l'expulsion des Roms décrétée par le gouvernement français. Nos lecteurs savent que nous sommes opposés à l'Union européenne ultralibérale qui encourage indirectement l'ethnisme, amenant la balkanisation du Continent, mais nous appelons de nos voeux une construction politique forte qui permettra à tous les citoyens européens de s'épanouir dans la Justice qui n'est pas celle des Traités de Maastricht et de Lisbonne. Nous combattrons avec force et vigueur toute tentative de limiter les sociétés nationales et régionales aux seuls critères ethniques. Espérons que des responsables politiques aient le courage de le faire.

 

Jusqu’à quand, Messieurs, allez-vous accepter de renier les principes fondamentaux de notre société, au nom d’un accord impossible ? Comment, en effet, « concilier l’inconciliable », comme le tenta l’ex « préformateur » ? On ne peut concilier des principes aussi opposés sinon en se reniant et en se soumettant à l’adversaire ?

 

M. De Wever, dans sa tribune sur la collaboration, n’a affirmé qu’une vérité partielle : « Vous avez fait comme nous ! ». En rien, il n’a rejeté ce que fut la collaboration. Pire, il ne regrette pas son passé. Et il ose appeler à son secours François Mitterrand, pour justifier qu’il aurait évolué. Et vous accepteriez un tel raisonnement ? Ne comprenez-vous pas que la culture de cet homme n’a rien de commun avec les valeurs que vous prétendez défendre ?

 

L’enjeu n’est pas le seul avenir de la Belgique, il est plus fondamental : que seront les principes guidant l’organisation de notre société ? Veut-on une nation basée sur les seuls critères ethniques et linguistiques, ou un ensemble ouvert sur le monde régi par le libre consentement de tous les citoyens ? Comprenez-vous, Messieurs, que cet enjeu dépasse le petit territoire de la Belgique et l’interminable querelle Flamands - Wallons ? Lorsque, avec raison, la commissaire européenne Madame Viviane Reding fustige le recours à des critères ethniques contraires à la construction européenne, suite aux mesures discriminatoires prises par le gouvernement français à l’encontre des Roms, par votre obsession du compromis, vous vous apprêtez à accepter de les institutionnaliser au niveau d’un Etat. Vous prendriez une monstrueuse responsabilité historique dont vous ne calculez manifestement pas les conséquences.

 

Le compromis, Messieurs, a ses limites. Au lieu de renier le fondement de notre vie commune, par la dérisoire recherche d’un arrangement sans avenir, au lieu de céder à l’adversaire dans le timide espoir de garder quelques hochets, au lieu de prendre la ridicule posture de « Madame non », ayez le courage de fixer les limites principielles au delà desquelles, c’est le « Non possumus ».

 

Le 13 juin dernier, Messieurs, vous avez eu un mandat. Il ne comportait pas le reniement au nom d’un illusoire apaisement. Il vous obligeait à négocier un accord honorable. Et dans l’impossibilité, vous vous seriez grandis en rompant.

 

Résultat : « l’ennemi politique » comme l’a désigné Charles Picqué, a quasi gagné. Il fixe l’ordre du jour. Il pourra ainsi imposer son diktat, à moins qu’en dernier ressort, vous puissiez avoir un sursaut. Seul l’avenir nous le dira.

 

À l’abominable slogan de la branche la plus radicale du nationalisme flamand « Eigen volk eerst ! » opposons « Nos principes universels d’abord ! ».

 

 

Pierre VERHAS

 

 

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 00:56

Nous avons écrit à plusieurs reprises sur le blog « Uranopole » que nous assistions à la fin de l’Etat nation. Celui-ci est démantelé par les forces centrifuges des régionalismes (ou des sous-nationalismes selon ceux qui y sont hostiles) et les forces centripètes de la mondialisation dont les effets se font de plus en plus sentir.

 

Ce qui se passe en Belgique : les résultats des élections législatives du 13 juin dernier et les interminables négociations qui commencent à agacer plus qu’inquiéter l’opinion publique, montrent deux évidences. La première, il y a une conception contradictoire de l’avenir du pays en Flandre, en Wallonie, à Bruxelles. La seconde, la volonté majoritaire en Flandre de glisser « en douceur » vers une autonomie de plus en plus grande qui s’achèvera par l’indépendance.

 

Le drame est l’absence de perspective politique des Wallons et des Bruxellois. Ils ont un comportement ridicule dans les négociations. Ils ont commencé par répondre aux propositions flamandes en 2007 qu’ils « n’étaient demandeurs de rien ». Non seulement, c’est une grave erreur car elle signifie un refus de négocier, ce qui ne peut que braquer l’autre partie, ensuite c’est faux puisqu’ils ont réclamé de l’argent pour la région de Bruxelles capitale qui est quasi en faillite. Les « francophones » ont la terrible faiblesse de ne pas avoir de projet. La situation s’enlisant, il a bien fallu former un gouvernement pour affronter « les vrais problèmes », en laissant l’abcès communautaire sur le côté. Ce gouvernement a tenu vaille que vaille. Son plus bel exploit fut le bradage de la principale banque belge, Fortis, aux Français de BNP Paribas. Ce gouvernement a ainsi, comme ses prédécesseurs, contribué à l’affaiblissement de l’Etat et de l’économie du pays.

 

En effet, l’état de l’économie belge est un élément souvent négligé. Depuis 1988 – la crise de la holding Société générale de Belgique –, les fleurons de l’économie belge partent à l’étranger. Le secteur énergétique est entièrement dans des mains françaises : le pétrole, l’électricité, le gaz ; la sidérurgie est devenue d’abord française, puis luxembourgeoise et maintenant indienne ; le textile a carrément disparu ; les usines de montage automobile ont été ou sont en voie d’être délocalisées ; le secteur financier est passé chez les Français et les Néerlandais. Il n’y a plus une seule banque belge. Il reste la chimie, encore que sa branche pharmaceutique – la plus rentable – a été absorbée par les multinationales de la pharmacie. Il est évident que cette désertification économique qui touche les trois Régions, pèse lourd dans la négociation.

 

Face à ce constat et au regard d’une négociation qui s’éternise et dont on ne peut savoir ce qu’il en sortira. La question se pose : que va-t-il se passer ?

 

Deux conceptions se heurtent. Celle de la nation considérée comme porteuse d’une âme collective ou celle de la nation contractuelle issue de la volonté des hommes et des femmes qui l’habitent. En Flandre, on est attaché au principe du Volksgeist , c’est-à-dire, comme l’écrit Alain Finkielkraut dans la « Défaite de la pensée » (Gallimard, 1987) : « La nationalisation systématique des choses de l’esprit » En clair, tout tourne autour de la Nation prise comme une communauté. On s’en aperçoit dans l’attitude et la pensée des négociateurs flamands (et pas seulement de ceux de la NV-A) : l’intérêt supérieur ne se situe pas dans l’épanouissement de valeurs universelles, mais dans celui des valeurs nationales flamandes. C’est cela « l’inconciliable » comme disait le « préformateur » Elio Di Rupo lors de sa conférence de presse du 30 juillet.

 

Cette querelle n’est pas nouvelle. Elle existe depuis le XIXe siècle durant lequel l’Europe s’est structurée en nations. Ernest Renan écrivait dans Qu’est-ce qu’une nation ? : « L’homme n’est l’esclave ni de sa race, ni de la langue, ni de la religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagne ». Ainsi, Renan opposa la définition contractuelle de la société à l’idée d’une identité collective. Un homme libre de sa destinée à un homme lié fatalement à quelque-chose qui lui est supérieur, sa race, sa langue, etc. Ces propos sont d’une brûlante actualité aujourd’hui, en Belgique, mais aussi ailleurs.

 

Quel fut le sentiment national belge ? L’histoire de la création de la Belgique est confuse et se heurte à deux thèses : celle défendue par Pirenne qui veut démontrer qu’il existe une âme belge depuis les temps les plus reculés, c’est « Après des siècles et des siècles d'esclavage, Le Belge sortant du tombeau… » (extrait de la troisième version de l’hymne national belge « La Brabançonne », datant de 1860). Et la thèse défendue par d’autres historiens pour lesquels, il n’existait pas de sentiment national belge à proprement parler, mais une volonté d’indépendance vis-à-vis de puissances étrangères. Il ne faut pas oublier que la Constitution belge de 1831 était la plus démocratique dans une Europe dominée par les monarchies absolues, à l’exception de la France de Louis Philippe et de l’Angleterre qui étaient cependant des régimes très conservateurs. La domination de la bourgeoisie francophone a donné petit à petit naissance à une conscience nationale flamande. Le Mouvement flamand a commencé à revendiquer la reconnaissance officielle de la langue flamande et l’autonomie linguistique  dès la création du royaume de Belgique. Ce militantisme flamand de revendications d’ordre culturel s’est très vite transformé en un activisme politique inspiré du Volksgeist. Une élite flamande s’est constituée avec la ferme volonté d’unifier la langue et de la défendre dans un cadre national flamand.

 

Une démarche similaire n’a pas eu lieu en Wallonie. Avant la guerre 1914 – 18, l’intellectuel carolorégien Jules Destrée écrivit une lettre au roi Albert Ier intitulée « Sire, il n’y a plus de Belges ». L’auteur y voyait deux peuples antagonistes, les Wallons et les Flamands, les Bruxellois étant des « métis » sans importance. C’est après 1918 que le Mouvement wallon s’est structuré. Il accompagnait d’ailleurs le mouvement social de revendications des ouvriers mineurs et métallos des bassins de Liège, de Charleroi et de Mons – Borinage. Un congrès wallon issu du Mouvement de Résistance « Wallonie libre » d’inspiration gaulliste, eut lieu à Liège en 1945 où les idées de rattachement à la France et d’indépendance de la Wallonie  se sont exprimées. Ce congrès s’est achevé par une solution de compromis : le fédéralisme dans un cadre belge. C’est lors des grèves de 1960-61 que le Mouvement wallon prit de l’ampleur. La revendication de fédéralisme comme seul cadre permettant les réformes de structures, fut clairement exprimée par le président de la FGTB liégeoise, André Renard. Celui-ci fonda le Mouvement populaire wallon (MPW) en dehors du Parti socialiste et de la FGTB qui restaient partisans d’une Belgique unitaire. Le MPW eut une existence éphémère mais permit la constitution d’une force politique qui eut assez bien de succès dans les années 1965 – 75, le Rassemblement wallon. Celui-ci fit même partie d’un éphémère gouvernement en 1974 – 76 avec François Perin qui fit voter la première loi créant les Régions. Le Parti socialiste, sous la houlette d’André Cools, devint beaucoup plus régionaliste, au point qu’il se sépara de son « frère » flamand en 1978. Avec le splitsing du Parti socialiste, il n’y avait plus de partis unitaires en Belgique. Le Rassemblement wallon disparut progressivement, la plupart de ses dirigeants rejoignant le Parti libéral et le Parti socialiste. La création de la Région wallonne en 1980 et l’accroissement de ses compétences en 1988 firent tomber le Mouvement wallon en léthargie. L’épisode du mouvement Wallonie Région d’Europe fut un fiasco et ne servit qu’à la promotion des frères Happart. Suite à cela, deux tendances s’affirmèrent, surtout au sein du PS : les régionalistes et les partisans de la Communauté française. Suite aux manœuvres de la direction du Parti, les régionalistes furent mis en minorité. Cela a eu des conséquences sérieuses sur les négociations actuelles : en effet, les nationalistes flamands souhaitaient au départ se baser sur les seules communautés pour restructurer la Belgique. Cela revenait à nier l’existence de la Région de Bruxelles, dès lors Elio Di Rupo s’est trouvé en porte-à-faux, lui qui a toujours défendu la priorité de la Communauté française sur la Région wallonne. La Région bruxelloise est un cas particulier car elle est bilingue et ne dispose pas de l’ensemble de l’autonomie des Régions flamande et wallonne.

 

Contrairement au Mouvement flamand, le Mouvement wallon n’est pas nationaliste. C’est sans doute cela qui fit dire à François Perin lors de son éclatante démission au Sénat du 26 mars 1980 que la  Belgique est rongée  par plusieurs maux dont le premier est le nationalisme flamand. La Belgique est « une nation qui n’existe plus. »

 

 

Le nationalisme flamand s’est affirmé pour la première fois lors de l’occupation pendant la Grande guerre. Un Conseil national flamand fut constitué avec l’aval des Allemands. Il comptait en son sein plusieurs membres de l’élite flamande. En Wallonie, il y eut un équivalent à Namur mais qui n’eut pas l’impact de son alter ego flamand.

 

Le point important est que ce Conseil flamand dont les membres furent sévèrement punis pour haute trahison dès 1918, ne fut pas condamné par les dirigeants du Mouvement flamand. Pour la première fois, ce Mouvement se détachait de la Belgique en tant que nation. En plus, durant la Première guerre mondiale, l'élite flamande qui ne s'était pas inscrite dans la collaboration élaborait sa stratégie politique non plus dans un cadre belge solidaire, mais dans un rapport de force entre la Flandre et la Belgique. Ce fut le cas après la Seconde guerre mondiale où la revendication d’Amnistie fut bien plus forte et devint une des exigences les plus importantes des nationalistes flamands. Encore une fois, l’incivisme n’était pas conçu de la même manière de la part des radicaux flamands et des autres citoyens belges.



 

La revue wallonne Toudi a publié cette intéressante analyse : « Le parti catholique et ses descendants, pour assurer le maintien de sa position dominante fut le parti créateur et « perpétuateur » de la particratie à la belge et à la flamande. L'arrivée du suffrage universel après la Grande Guerre va l'obliger à passer un double compromis : d'abord sur le plan national, il accepte de partager le pouvoir alternativement avec les libéraux et les socialistes, mais principalement avec ces derniers vu leur dominance sur l'électorat wallon grâce à leurs bastions communaux et provinciaux. Le second compromis est interne au parti, il s'agira du recours à la fois alternatif et simultané entre la stratégie de la loi du nombre et l'appui aux idées « émancipatrices » qui agitent le mouvement flamand, en particulier lors de la première occupation allemande de la Belgique. Pour les partisans de la première stratégie, les Flamands étant les plus nombreux démographiquement, leurs revendications, notamment linguistico-culturelles, et les hommes portant celles-ci finiront « logiquement et automatiquement » par s'imposer dans le cadre unitaire belge. C'est la thèse que développa durant la Grande Guerre Frans Van Cauwelaert dans le journal publié aux Pays-Bas Vlaamsche Stem. L'autre tactique est celle du développement progressif d'institutions qui permettront à la Flandre d'atteindre son émancipation voire son autonomie. Dans la sphère économique, on peut penser au VEV et à la KB, dans le domaine politique, à la création des régions linguistiques dans les années 30 puis des communautés culturelles en 1970. Ces deux approches politiques du CVP ne furent nullement antagonistes, elles avancèrent longtemps main dans la main jusqu'au début des années 80. »

 

L’autre thèse, défendue par le courant le plus radical du CVP devenu depuis 1999, CD&V – affirmant ainsi son ancrage national flamand – tend à conquérir petit à petit une plus grande autonomie pour la Flandre, avec, à terme, son indépendance. Cette doctrine est aussi celle des partis nationalistes flamands qui ont pour « ancêtre » le VNV proche du fascisme d’avant-guerre et indépendantiste. Juste après la guerre, malgré l’épuration des éléments collaborationnistes du VNV, son héritière, la Volksunie est née. Ce parti ouvertement nationaliste et indépendantiste (on dit aussi « séparatiste ») a compté au fur et à mesure de ses progrès électoraux, une branche d’extrême droite issue du VNV qui avait réussi à fonder un mouvement de jeunesse violent et assez puissant, le VMO, véritable milice privée néo-nazie – dissoute en 1982 –  coupable de graves troubles dans les années 1975 – 80 dans les Fourons et dans les communes à facilités de la périphérie bruxelloise, et une branche plus démocratique souhaitant s’inscrire dans un Etat fédéral où la Flandre disposait d’une large autonomie. Lors des accords dits d’Egmont en 1978 qui consacraient les trois Régions du pays (Flandre, Wallonie, Bruxelles), la Volksunie qui faisait partie du gouvernement, se divise entre son aile démocratique et son aile radicale ultranationaliste et néofasciste qui fonde un nouveau parti, le Vlaams Blok. Cette formation radicalise l’opinion flamande, notamment sur les questions de racisme, mais sert aussi d’aiguillon quant aux revendications nationalistes flamandes spécialement sur les communes à facilités et sur Bruxelles. Au début des années 1990, la Volksunie éclate en deux partis : une aile gauche « Spirit » qui rejoint les Socialistes flamands et une aile droite nationaliste, la NV-A. Spirit disparaît du paysage politique, la NV-A, à l’initiative du leader chrétien de droite, Ministre Président du gouvernement flamand, Yves Leterme, entre en cartel avec le CD&V et permet à celui-ci de décrocher une victoire électorale le 10 juin 2007. Après l’échec des négociations dites de « l’Orange bleue », fin 2007, le cartel éclate et la NV-A vole de ses propres ailes pour provoquer un raz de marée aux élections du 13 juin 2010. Elle devient le premier parti de Flandre en sièges.

 

Les Wallons et les Bruxellois n’ont pas aperçu le changement de la stratégie flamande. Avant 2007, les Flamands travaillaient jusqu’à présent selon la doctrine Van Cauwelaert.

 

Dans « le Soir » du 25 août, le professeur Michel Quévit de l’UCL, analyste de l’évolution de l’économie wallonne, tire les conclusions de ces négociations qui n’en finissent pas de ne pas aboutir. Il craint que l’on passe du fédéralisme à un autre système qui mettrait en danger « l’avenir de la solidarité dans le système fédéral belge. » Il décrit le système actuel de solidarité à la belge : « Dans tout système fédéral, il faut répondre à la question suivante : comment rendre possible une distribution équitable des ressources fiscales des entités fédérées les plus prospères vers celles qui le sont moins ? Actuellement, cette solidarité s’exerce essentiellement par les compétences fédérales. (…) C’est parce que ces matières [les domaines sociaux] sont fédérales qu’il y a une solidarité en matière de sécurité sociale. » Quévit voit le risque « d’infléchir de manière déterminante et irréversible l’évolution de la construction d’un fédéralisme belge car d’un fédéralisme de coopération, nous nous dirigerions inévitablement vers la construction d’un fédéralisme concurrentiel. »  Il ajoute plus loin : « La plupart des Etats fédéralisés de l’Union européenne privilégient un système de solidarité entre leurs entités fédérées (Allemagne, Autriche, Espagne, etc.) et ne s’inscrivent dès lors, pas dans le schéma d’un fédéralisme concurrentiel. » Or, Michel Quévit omet une évidence. Bien que cela soit proclamé officiellement, la Belgique n’a jamais été un véritable Etat fédéral. Il suffit de relire l’histoire de l’évolution de sa structure.

 

Depuis le tracé de la frontière linguistique en 1963 qui fut le premier acte de désunion du pays, toutes les réformes institutionnelles qui ont été mises en chantier visaient à un transfert des compétences de l’Etat central d’abord vers les Communautés, ensuite vers les Régions. C’est donc un processus de séparation et non de fédéralisation. De plus, la loi de financement des entités fédérées qui date de 1989, instaure un mécanisme de solidarité des Régions les plus fortes vers les Régions les plus faibles, mécanisme de solidarité. C’est précisément ce mécanisme que critiquent les Flamands. Ils ne veulent plus de transferts financiers vers la Wallonie et ils rechignent à refinancer Bruxelles. La solidarité n’existe plus et il est illusoire de penser que l’on reviendra en arrière.

 

En conclusion, Michel Quévit évoque l’Europe. « On peut d’ailleurs s’étonner du silence de la Présidence européenne face à la mouvance politique actuelle belge qui, sous la pression de la NV-A (…), s’inscrit en porte-à-faux avec les principes de cohésion territoriale européenne. » On peut cependant se poser la question : ces principes sont-ils encore ceux de l’Union européenne d’aujourd’hui ? Après tout, certains ultralibéraux européens ne doivent pas voir cette évolution d’un mauvais œil : le démantèlement des Etats nation est une étape indispensable vers la constitution d’une vaste zone de libre échange transatlantique dérégulée et placée sous le seul contrôle des marchés. N’oublions pas que Bart de Wever a dit un jour : « Je ne fais rien sans le VOKA ». Le VOKA est l’association patronale flamande, une des plus réactionnaires

d’Europe. Il suffit d’ailleurs de lire le communiqué du patronat flamand paru dans la « Libre Belgique » du 30 août : « Les employeurs flamands saluent les résultats déjà atteints par les négociateurs et espèrent que le travail sera poursuivi », ont-ils fait savoir dans une réaction commune. En cas d'échec, « le prochain gouvernement fédéral ne pourrait pas s'attaquer aux défis immenses qui nous attendent et aucune stabilité n'existerait pendant les quatre prochaines années ».



« Les trois organisations plaident pour le transfert de paquets de compétences homogènes et cohérents, en particulier en ce qui concerne le marché du travail. Elles plaident également pour une révision de la loi de financement, ainsi que pour une autonomie fiscale accrue, aussi bien pour l'impôt des personnes physiques (IPP) que pour l'impôt des sociétés (ISoc).



« Ce n'est que de cette manière que la Régions seront responsabilisées face à leurs choix politiques, leurs revenus et leurs dépenses ». C’est quasi mot pour mot les exigences de la NVA et du CD&V : transfert de compétences, révision de la loi de financement, autonomie fiscale par la régionalisation de l’IPP et de l’ISoc.

 

Donc, nous nous situons dans un conflit de nationalité accompagné d’un débat droite – gauche, disons-le, d’une lutte des classes. Et nous revenons à la case départ : le démantèlement de l’Etat nation Belgique par la force centrifuge du nationalisme flamand en accord avec la force centripète de la mondialisation qui transforme la structure Union européenne en une vaste zone de libre échange déréglementée (euphémisme pour dire sans protections, ni lois).



On commence par l’Etat le plus faible, la Belgique. D’autres suivent. L’Espagne est confrontée aux nationalismes catalans et basques qui montent en puissance. La Ligue du Nord néo-fasciste italienne fait la pluie et le beau temps du gouvernement Berlusconi. Le nationalisme écossais a un grand poids en Grande Bretagne.

 

En définitive, si un Etat membre de l’Union européenne est démantelé, d’autres vont rapidement suivre et une Europe balkanisée sera celle du capital. Ses victimes, les travailleurs, les allocataires sociaux, une jeune génération sacrifiée. Espérons que les laissés pour compte de ce nouveau triomphe du capital puissent, par leur nombre, par leur volonté, inverser le rapport de force.

 

 

 

 

  

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 22:47

 

C’est le Wall Street Journal dans son édition du 3 juillet qui ouvre ce débat essentiel : depuis la flottille humanitaire pour Gaza, violemment attaquée et détournée par l’armée israélienne, faisant neuf victimes, la stratégie des résistances palestiniennes prend une toute autre orientation. De la violence des bombes et des roquettes, elle place à la résistance non violente : désobéissance civile, boycott des produits israéliens, etc. S’inspirant de Gandhi et du mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis, aussi bien le Hezbollah que le Hamas semblent vouloir changer leur mode de résistance à l’égard d’Israël.

 

« La flottille a fait plus pour Gaza que 10.000 roquettes ! » « Quand nous utilisons la violence, nous aidons Israël à gagner le soutien international » déclare Aziz Dweik, juriste membre du Hamas, au Wall Street Journal. De son côté, rapporte le quotidien financier new yorkais, le Hezbollah souhaite lui aussi changer de tactique et s’orienter vers les actions non violentes. Certes, pour les deux mouvements islamiques, ce n’est pas officiel, mais on sent un évident changement d’attitude.

 

flottille_palestine07.jpg

La flottille a fait plus pour Gaza que 10.000 roquettes !

 

Même du côté israélien, on constate un changement dans la stratégie des deux mouvements. Un membre du ministère des Affaires étrangères d’Israël constate qu’il y a un changement dans la conception stratégique du Hamas et des « autres mouvements de résistance ». Depuis l’affaire de la flottille, il n’y a plus d’infiltration de groupes se livrant à des attaques et à des destructions mais qu’ils obtiendraient l’isolement militaire d’Israël par des actions non violentes. Néanmoins, le porte parole du gouvernement de Jérusalem, Mark Regev,  estime que « les gens qui provoquent des violences usent des protestations pacifiques comme couverture ».

 

Les partisans de la résistance non-violente furent au départ la risée du Hamas. Ils comparaient la méthode non violente à une lutte de femmes ! Cela changea en 2008 après que le premier bateau d’aide humanitaire ait pu rompre le blocus israélien sur Gaza.  Actuellement, le Hamas organise lui-même des marches de protestations pacifiques à la frontière de Gaza et d’Israël.

 

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Des manifestations non violentes sont bien plus

efficaces.

 

Le Wall Street Journal conclut que le Hamas cherche à sortir de son isolement international en adoptant une stratégie de la non violence, afin qu’il puisse être reconnu internationalement comme le représentant officiel du peuple Palestinien et aussi de traduire les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale ou dans les pays d’Europe, dont la Belgique, qui ont adopté une loi de compétences universelles.

 

Boycott-Israel-2.jpg

 

Un boycott des produits des colonies israéliennes

assez efficace

 

On peut d’ailleurs constater que le boycott des produits israéliens fabriqués dans les colonies est assez efficace en Cisjordanie avec le soutien de l’Autorité palestinienne. Donc, sur ce plan là, les deux « frères » ennemis palestiniens, le Hamas et le Fatah,  son d’accord. Les militants du boycott, en général jeunes, disent ouvertement que la violence utilisée par leurs aînés n’a servi à rien et que la résistance pacifique caractérisera leur génération tant qu’il n’y aura pas une paix juste entre les deux parties. « C’est nous qui négocierons dans le cadre du processus de paix ! » disent-ils avec fierté.

 

Deux questions se posent : pourquoi un tel changement et pourquoi est-ce le Wall Street Journal qui le rapporte ?

 

On peut émettre plusieurs hypothèses. Nous retiendrons celle-ci. L’Iran cherche aussi à sortir de son isolement et veut éviter une guerre ouverte avec les Etats-Unis et Israël. La menace est réelle puisque l’on sait qu’une puissante flotte de guerre US est en route vers le Golfe Persique. Aussi, en plus de fortes pressions du peuple en Palestine, le gouvernement d’Ahmadinejad  « encourage » ses alliés palestiniens à changer fondamentalement de stratégie. Enfin, et cela expliquerait ces révélations du Wall Street Journal, des milieux d’affaires américains encourageraient le président Obama à adopter une attitude modérée à l’égard de l’Iran et à faire pression pour un assouplissement de l’attitude du gouvernement israélien.

 

ahmadinejad.jpg

Ahmadinejad veut à tout prix éviter une attaque conjointe

US - Israël sur l'Iran.

 

Si les choses tournent ainsi, c’est une excellente nouvelle. Et cela veut dire que la génération montante veut vivre autrement. Des deux côtés, elle le mérite.

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 00:02

Croissez et multipliez

 

Tel est le mot d’ordre que Jésus Christ lança aux apôtres. L’objet de l’Eglise est clair : le prosélytisme. Et l’Eglise catholique, apostolique, romaine comme d’ailleurs toutes les Eglises depuis des siècles, s’occupe en priorité de l’enseignement et de l’éducation afin de faire un maximum d’ouailles. Pour ce faire, elle a élaboré le plus grand et efficace réseau éducatif au monde.

 

Dès sa proclamation d’indépendance, la Belgique fut confrontée à la question de l’enseignement, l’Eglise voulant garder ses prérogatives en la matière. Un compromis a été élaboré où la liberté de l’enseignement fut inscrite dans la Constitution de 1831. Un enseignement catholique, dit libre, fut mis en place. L’Eglise s’appropria l’Université de Louvain  qui avait été rouverte par les Hollandais avec le statut d’établissement d’Etat. En réaction, les libres penseurs fondèrent l’Université libre de Bruxelles. Une cohabitation hostile émailla l’histoire de la Belgique depuis. Le conflit atteignit son paroxysme en 1957 lorsque le Ministre socialiste Collard de l’Instruction publique prôna la fondation de l’école pluraliste. Les catholiques jaloux de leurs privilèges en matière d’enseignement, déclenchèrent une véritable révolte et le gouvernement dut abandonner son projet. Un pacte scolaire s’ensuivit qui fixa les « frontières » entre les deux réseaux d’enseignement, l’officiel et le « libre » et une stricte égalité de traitement plus ou moins respectée. Depuis lors, il n’y eut plus de conflit majeur, mais l’enseignement libre a vu sa puissance s’accroître par la fondation de l’Université de Louvain la Neuve et l’enseignement officiel est affaibli par la crise économique qui provoque des restrictions budgétaires trop fortes.

 

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Léo Collard déclencha une tempête

avec son projet d'école pluraliste.

 

L’enseignement libre catholique a réussi à se développer bien plus que son concurrent, même s’il subit aussi la crise. Pour comprendre son principe, il faut se référer à un des dirigeants du pouvoir organisateur qui déclara publiquement que l’objectif de l’enseignement catholique est « d’évangéliser ». Autrement dit, cette communauté éducative n’a pas comme priorité la diffusion du savoir. Cette déclaration est fondamentale est une explication des scandales de pédophilie dont le corps ecclésiastique belge s’est rendu coupable.

 

Il serait stupide de nier la qualité pédagogique d’une partie de l’enseignement libre qui a donné de grands savants comme le chanoine Lemaître et le mathématicien de la Vallée Poussin, des médecins de qualité, des ingénieurs, des écrivains, etc. C’est le système qui est en cause. La tutelle qu’exerce l’Eglise sur ces écoles est sans doute la cause principale des graves dérives pédophiles qui sont mises sur la place publique depuis quelques années.

 

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Louvain la Neuve : une formidable conquête de

l'enseignement catholique

 

On dit que l’Eglise n’est pas une secte. C’est exact. Elle ne répond pas aux critères juridiques établis par des commissions d’enquête parlementaire dans plusieurs pays suite à l’expansion inquiétante du phénomène sectaire dans les sociétés européennes. Elle a cependant dans son organisation un point commun avec les sectes : son enfermement. Ses prêtres ne sortent que pour « évangéliser », c’est-à-dire dans certains cas, enseigner et dans d’autres, faire du prosélytisme.

 

Or, c’est dans les écoles et dans les mouvements de jeunesse catholiques que les cas de pédophilie se sont multipliés de manière telle qu’ils constituent un système. Et ce, depuis longtemps. Il suffit de lire dans la littérature française du XIXe siècle et du début du XXe, les descriptions des relations ambiguës entre des jeunes gens et des prêtres chargés de leur éducation. Tout cela est resté plus ou moins secret à cause de cet enfermement, à cause du refus de traiter de la sexualité, de sa diabolisation, à cause du véritable privilège spirituel de l’Eglise qui a pour conséquence qu’elle est intouchable en tant qu’institution et que ses prêtres ne peuvent être soumis aux lois de la nation dans l’exercice de leur ministère. L’Eglise qui se veut être un moteur spirituel, une force politique et intellectuelle, n’est pas dans la société. Elle s’affirme être au dessus de la société.

 

Dans la réalité, elle ne reconnaît pas l’Etat. Elle a sa propre justice basée sur le droit canon qui est imposé par Rome. D’ailleurs, dans l’histoire, chaque fois que l’Eglise a dû s’incliner devant les règles publiques, les pouvoirs politiques ont dû l’imposer. Ce fut le cas par exemple de Napoléon qui imposa les règles de gestion des biens de l’Eglise en 1814, règles toujours en vigueur. Ce fut le cas en France avec la fameuse loi de 1905 qui fixa le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Loi remise en question par l’actuel président français. La Belgique qui a été dirigée pendant pratiquement toute son histoire par le parti catholique, n’a pas réussi à placer l’Etat au-dessus de l’Eglise. La faiblesse de l’Etat en l’occurrence est une explication.

 

Depuis deux décennies, et surtout depuis l’affaire Dutroux, l’opinion publique mondiale est sensibilisée par la pédophilie qui était considérée auparavant comme une déviance coupable, certes, mais non majeure. Des affaires d’abus sexuels sur des mineurs de la part de prêtres catholiques sont dénoncées un peu partout. Cela provoque une gêne considérable pour l’Eglise catholique dont la haute hiérarchie voit dans ses affaires à rebondissements un danger majeur. Tout d’abord, on tenta d’étouffer en dépit de la révolte de l’opinion, du peu de cas fait aux victimes et surtout, de la protection des coupables.

 

Un exemple : la Justice des Etats-Unis a réagi rapidement face aux accusations de pédophilie contre le clergé catholique américain depuis 1990. Des prélats et des prêtres ont été auditionnés. Benoît XVI a dû réagir fermement en « nettoyant » la hiérarchie de l’Eglise américaine. On va comprendre pourquoi il a agi ainsi, alors qu’il a été bien plus passif en d’autres cas.

Deux documents, le « Crimen sollicitationis » et le « De delictis gravioribus » déclenchent la citation en justice, en février 2005, du cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi en charge des procédures ecclésiastiques à propos des prêtres pédophiles. Citation faite devant la cour du district du comté d'Harris (Texas) aux motifs d'« obstruction à la justice ».

En effet, selon l'accusation, le texte émanant de la congrégation pour la doctrine pour la foi favoriserait la protection de prêtres impliqués aux Etats-Unis dans des cas de violence et d'abus sexuels sur des mineurs. En février 2005, la cour de justice américaine précitée fait partir un ordre de comparution à l'adresse du préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Josef Ratzinger. Toujours la protection !

Trois mois après, Josef Ratzinger est élu pape. Ses conseillers juridiques aux Etats-Unis s'adressent alors au département d'Etat américain pour demander l'immunité diplomatique en sa faveur. L'administration Bush, ce n’est évidemment pas surprenant, répond favorablement à cette demande. Toute l’affaire qui a pourtant déclenché un scandale majeur aux USA, est donc étouffée.

 

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Benoît XVI défend l'Eglise contre tout le monde.

 

En Belgique, les cas dénoncés se multiplient. Le cardinal Danneels, prélat de Belgique, connaît des difficultés avec la Justice pour être accusé d’avoir couvert un prêtre pédophile, l’abbé Vanderlyn, en 1996. Lors du mariage du prince Philippe, héritier du trône de Belgique, en 1999, des téléspectateurs reconnaissent dans le chef des choristes lors de la cérémonie religieuse, un prêtre pédophile qui sera d’ailleurs condamné en Justice puis réhabilité par l’Eglise. Le cardinal Danneels a toujours nié avoir couvert des abus sexuels sur des mineurs commis par des prêtres et a même considéré que ces accusations étaient absurdes. Le journal français Libération écrit le 3 mars 1997 : « Les enquêteurs semblent, eux, convaincus que le prêtre a fait l'objet de protections. Avec cette affaire, c'est plus généralement le comportement de l'Eglise catholique qui est mis en question. Jusqu'alors préservée des scandales, au même titre que le roi des Belges, l'Eglise semble manier deux discours. Elle a certes su, après le début de l'affaire Dutroux, condamner les déviances de certains membres du clergé. L'année dernière, le cardinal a d'ailleurs demandé pardon, à la télévision, à toutes les victimes des prêtres déviants. » Il y a un vent de panique à Malines. Danneels fait ouvrir une ligne téléphonique pour l’écoute des victimes. Le délégué aux droits de l’enfant de l’époque, Claude Lelièvre, réplique que cette ligne existe déjà dans son institution dépendant de la Communauté française de Belgique.

 

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Godfried Danneels n'a pas fait la lumière

sur cette question majeure.

 

En 2010, le cardinal Godfried Danneels laisse la place au très contesté Mgr André Léonard, évêque de Namur. Entre temps, comme dans d’autres pays, de nombreuses plaintes pour des abus sexuels commis par des prêtres sont déposées. Danneels fonde au sein de l’Eglise une «  Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale ». Cette commission porte le nom d’Andriaenssens, son président. En réalité, elle est chargée de traiter les plaintes des victimes afin de les indemniser et surtout d’éviter qu’elles aillent ester en Justice. Si l’Eglise envisage des indemnisations, elle ne fait rien pour que les abuseurs soient punis. De là à penser qu’elle les protège, il n’y a qu’un pas. La question prend une toute autre proportion en avril 2010. L’évêque de Bruges, un haut prélat, est convaincu d’abus sexuels sur mineurs. Il est contraint à la démission. Le tout frais émoulu archevêque de Bruxelles Malines est quant à lui obligé de réagir fermement. En dehors de déclarations musclées, rien de concret. Comme si on voulait laisser passer l’orage.

Cependant, le système est évidemment déstabilisé dès lors que le secret soigneusement enfoui remonte à la surface. Par un effet de miroir, les dérives affectives et sexuelles des uns déstabilisent les autres, alors même qu'ils ne sauraient raisonnablement être accusés des mêmes turpitudes. En réalité, l'équilibre du système -aujourd'hui de plus en plus fragilisé- repose sur un déni réciproque et secrètement complice. Personne n'a intérêt à lever le lièvre.

 

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André Joseph Mutien Léonard est bien ennuyé !

 

Toute institution tend à se protéger elle-même, à se couvrir, à éviter le discrédit. Les hommes d'Eglise ne font pas exception à la règle. Mais ce qui choque, c'est le contraste entre la prétention d'être au-dessus du sort commun des hommes en assénant à l'humanité entière des leçons de morale, et la réalité effective.

 

Toutes ces tergiversations, ces dénégations, ces « protections », une opinion publique de plus en plus révoltée, des victimes laissées pour compte ou subissant des pressions, un réel sentiment d’impunité font que la Justice belge a décidé de frapper un grand coup. Jeudi 24 juin, une perquisition a été organisée au sein même de l’épiscopat. Des documents, des ordinateurs sont saisis. On a même ouvert des tombes d’anciens prélats qui venaient d’être rénovées. Horresco referens !

 

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Des perquisitions qui font du bruit !

 

L’affaire ébranle toute l’Eglise jusqu’au Vatican. Benoît XVI réagit dimanche 27 juin comme n’importe quel justiciable prompt à dénoncer les abus des magistrats et des policiers, ces perquisitions effectuées "avec certaines modalités surprenantes et déplorables" par la police belge dans des locaux de l'épiscopat local, dans le cadre d'une enquête sur la pédophilie dans ce pays. « Je désire vous exprimer, cher Frère dans l'Épiscopat, ainsi qu'à tous les Évêques de Belgique, ma proximité et ma solidarité en ce moment de tristesse, dans lequel, avec certaines modalités surprenantes et déplorables, des perquisitions ont été menées y compris dans la cathédrale de Malines et dans les locaux où l'Épiscopat belge était réuni en Session plénière », écrit le pape dans un message en français adressé au chef des évêques belges, l'archevêque André-Joseph Mutien Léonard.

Autre conséquence, plus sérieuse celle-là, la commission Andriaenssens démissionne collectivement. Son président est longuement entendu par les enquêteurs qui cherchent à savoir si cette commission n’a pas voulu étouffer des plaintes et couvrir des coupables. Ses déclarations à la sortie de son interrogatoire, sont claires : surtout que les victimes ne déposent pas plainte ! Il n’est donc pas question que la société civile s’en mêle. C’est une affaire interne à l’Eglise, point barre !

 

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Adriaenssens : circulez, il n'y a rien à voir !

 

Le plus effarant est ce que rapporte le journaliste du « Soir » Marc Metdepenningen le 26 juin : « l’ex-magistrate Godelieve Haselberghe et les membres de la première Commission »avaient pris, en toute discrétion, la décision de démissionner de leurs fonctions en février 2009, constatant que l’Eglise, en dépit, nous dit-elle, de « cette initiative généreuse et sincère que constitua la création de la Commission » refusa d’assumer les conséquences de ses constats et recommandations : essentiellement l’indemnisation des victimes. « J’étais face aux victimes, j’ai écrit 7 ou 8 fois aux prélats sans recevoir de réponse. J’ai découvert l’envers de la façade qu’entendait montrer l’Eglise ». Le point de rupture et sa décision de démissionner : les questions financières, l’indemnisation des victimes. Dans un document adressé à l’évêque de Tournai Mgr Harpigny, révélé naguère par Michel Bouffioux dans « Paris-Match », et dont nous répète le contenu Mme Haselberghe, elle constatait : « Il nous a été dit (par l’Eglise) que par le fait de la prononciation des vœux de « chasteté, pauvreté, obéissance », les prêtres et les religieux appartiennent à une caste supérieure à celle dans laquelle se trouvent ceux qui n’ont pas prononcé ces vœux et que ceux qui se trouvent dans une caste supérieure ne sont nullement soumis au paiement d’indemnités ». Et un autre rapport interne à la Commission ajoutait : « Dès qu’il sera connu que l’Eglise dédommage les victimes, il y aura un énorme afflux de plaintes. Les statistiques révèlent que pas moins de trente enfants peuvent être approchés par un religieux ou un séculier ; ce nombre peut même s’élever à soixante enfants. Il y a un risque de faillite de l’Eglise, avec comme conséquences la faillite d’œuvres caritatives. La Commission a fait observer qu’un fonds financier pourrait être créé. La réponse a été qu’un tel fonds à créer entre les différentes congrégations ne verrait jamais le jour : jamais les ordres financièrement plus riches n’accepteraient de verser une contribution plus élevée qu’un ordre financièrement moins pourvu ».

 

Quand on se souvient que Sarkozy avait osé déclarer au début de son quinquennat que le curé a un rôle plus important que l’instituteur. L’Eglise peut compter sur l’appui du « bras séculier » dans certains pays et estimer que la loi de Dieu, c’est-à-dire la sienne, est supérieure à la loi des hommes.

 

 

Dans ce débat, que deviennent les victimes ? Quand punira-t-on les coupables ? Quand la société civile aura-t-elle le courage d’imposer la loi qui est celle du peuple et de faire comprendre aux hiérarques ecclésiastiques qu’ils n’appartiennent pas à une caste supérieure et qu’ils sont soumis au principe d’égalité entre les citoyens, d’égalité devant la loi ?

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 14:30

Deux millions de travailleurs dans la rue, jeudi 24 juin, une unité syndicale enfin retrouvée, une réprobation unanime, c’est bien, mais cela a un goût de trop peu. La réforme des retraites concoctée par la droite ultralibérale au pouvoir en France depuis 2002, cela a difficile à passer, mais on finira par l’avaler malgré tout.

 

manif retraite

 

Une mobilisation qui a un goût de trop peu.

 

Pourtant, la méthode est de plus en plus dure. Une réforme préparée dans le secret, annoncée à la veille des vacances, débattue a à l’Assemblée nationale à la mi-juillet, c’est du jamais vu. Le procédé devient de plus en plus totalitaire : plus de concertation, ou concertation bidon ; débat inexistant, raisonnements du genre « C’est à prendre ou à laisser ! » ou « Il n’y a pas d’alternative ! ». Et, allons-y, enlevez, c’est pesé ! La méthode Sarko, quoi. Et l’on annonce encore plus « dur » pour la rentrée !

 

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Sarkozy et Woerth : un objectif clair de

démantèlement de l’Etat Providence

 

L’objectif ? Il est clair, il a été exprimé dès 2007 : démanteler le modèle social. L’ami commun à Sarkozy et à Strauss-Kahn, ex-numéro 2 du Medef, Denis Kessler, l’a dit ouvertement : supprimer le programme du Conseil National de la Résistance. Ce programme instituant un système de sécurité sociale basé sur la solidarité et jetant les bases d’une démocratie sociale est le fruit d’un accord pris entre les principaux mouvements de Résistance, des communistes aux gaullistes, à la fin de l’occupation en France, pour mieux organiser et avec plus de Justice, la société française d’après guerre. Les principes édictés dans ce programme ont une telle importance qu’il figure en préambule de la Constitution de 1958 et jusqu’à présent, aucun président français n’a osé y toucher car il déclencherait la guerre sociale. Sarkozy, lui, est bien décidé à déclarer cette guerre et ce, depuis le début de son mandat, sans que cela ne déclenche un quelconque mouvement de protestations.

 

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Denis Kessler, ancien soixante-huitard, devenu idéologue du

Medef et de la droite néolibérale

 

La révolution sarkozienne

 

En 1979, personne ne crut que Margaret Thatcher, cette « épicière » atterrie au poste de Premier ministre du Royaume uni, allait profondément changer la structure sociale de la Grande Bretagne et, par la suite, celle de l’Europe.

 

En 2010, presque personne ne croit que Nicolas Sarkozy est en train de procéder à une véritable révolution en France, la démolition par étape de la France jacobine attachée à l’Etat garant des libertés et à l’Etat providence garanti par la Constitution. Beaucoup se sont laissés aveugler par le fameux côté « bling bling » et se gaussent de ses échecs apparents. Sarkozy a un art consommé du camouflage.

 

A-t-il une opposition ? Le seul parti pouvant prétendre renverser Sarkozy aux prochaines élections est le Parti socialiste. Assommé par la défaite de 2002, il n’en est pas encore remis. Il ne propose pas d’alternative et ne parvenant plus à reconquérir l’électorat populaire, il est contraint de se tourner vers le centre. Cela signifie la fin d’un programme de gauche pour un libéralisme légèrement teinté de « social ». L’alternative se pose ainsi : ou la droite libérale, c’est-à-dire Nicolas Sarkozy, ou la gauche de droite. Un seul homme peut incarner cette dernière : Dominique Strauss-Kahn qui fait son apprentissage au très néolibéral FMI.

 

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Le PS français ne s’est jamais remis du cuisant échec

du 19 avril 2002.

 

dsk.jpg                                                                                       Dominique Strauss-Kahn : seul  rival sérieux 

                                                                                       de Nicolas Sarkozy en 2012, mais  la  même                                                                                        vision ultralibérale                             

 

                                                                                             

Y a-t-il atteinte aux principes démocratiques ?  Oui et non. « Dans certains cas, bien entendu, l’adoption des politiques de libéralisation des marchés se fit de façon démocratique : l’élection de Ronald Reagan aux Etats-Unis et, plus récemment, celle de Nicolas Sarkozy en France en constituent des exemples frappants. » écrit Naomi Klein dans son dernier ouvrage la stratégie du choc (Actes Sud, 2008). Il faut rétorquer qu’aussi bien Reagan que Sarkozy n’avaient pas de rivaux sérieux. Concernant Reagan, Carter était tout à fait démonétisé après son cuisant échec en Iran et en France, Ségolène Royal ne faisait pas le poids face à Sarkozy et sa formidable machine de propagande. Pourtant, l’un comme l’autre, durant leurs campagnes respectives ont dit ouvertement ce qu’ils feraient. Ils habillèrent le tout du beau manteau de changement et cela a suffi à appâter l’électeur.

 

Malgré cela,  l’opinion publique européenne n’est pas prête à admettre le néolibéralisme : les délocalisations, la faillite provoquée des services sociaux collectifs, le démantèlement des services publics ne sont pas acceptés par une large majorité de citoyens. Mais dispose-t-elle des moyens pour l’exprimer ? Naomi Klein ajoute : « Dans de tels cas cependant, les croisés du libéralisme économique se heurtent à l’opposition du public et doivent adoucir ou modifier leurs projets radicaux, accepter les changements à la pièce plutôt qu’une reconversion totale. » C’est justement ce qu’a compris Sarkozy qui procède par petits paquets successifs et qui effectue un repli stratégique pour les projets par trop contestés  pour les réintégrer par après dans le contexte d’une loi, voire les faire temporairement oublier tant l’opinion publique n’est pas prête à les recevoir.

 

Cette politique des petits paquets finit cependant par transformer profondément la société française. C’est cela la révolution sarkozienne.  Cependant, c’est une révolution camouflée. Le « bling bling » fait partie de la stratégie de Sarkozy. Son divorce, son remariage, l’étalage de sa vie privée, les minauderies de Carla Bruni, tout cela ayant commencé le soir même de son élection par la réception qu’il organisa au Fouquet’s où il invita les patrons du CAC 40 et le sommet du monde médiatico – affairiste. Dès le départ, il annonça la couleur ! Nicolas Sarkozy n’est pas le président de tous les Français, mais le serviteur d’un clan.

 

Sarkozy n’est pas seul en Europe. Berlusconi dont on ne compte plus les frasques sexuelles, qui a su s’approprier les médias privés italiens et qui cherche à tuer la presse d’opposition et mettre la très officielle R.A.I. au pas, agit de la même façon. En plus, il tente de s’approprier l’Etat et particulièrement la Justice. Christophe Ventura, membre d’Attac France, fait une analyse pertinente de la politique de Berlusconi qui n’est pas aussi fantaisiste qu’en donnent les apparences.

 

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Silvio Berlusconi : la même ligne politique libérale et nationaliste

que Nicolas Sarkozy

 

« Rhétorique économique patriotique (Alitalia et critiques de la Banque centrale européenne) ; ouverture d'un marché de l'éducation ; mobilisation du secteur patronal ; stigmatisation de la figure de l'immigré ; renforcement de la libéralisation du travail et de la mise en concurrence des travailleurs ; enrichissement des catégories les plus aisées ; encadrement idéologique et soumission de la population aux logiques privées et de compétitivité (médias et éducation) ; recours test au tout-sécuritaire (armée dans l'espace public) : tels sont les axes d'un nouveau type de régime politique national. Ce mélange de néo-bonapartisme politique et social puise dans les registres de la personnalisation de l'exercice du pouvoir, de l'autoritarisme, de la répression et de la réaction, ainsi que du nationalisme libéral économique intégré au cadre de fonctionnement de l'Union européenne et au capitalisme mondialisé. »

Ce régime est singulier. Il emprunte, comme le fait Sarkozy, au néolibéralisme ses logiques de soumission de la société aux impératifs de l'économie et des marchés, et au patriotisme conservateur un discours de type nationaliste censé flatter et rassurer les classes moyennes et la petite bourgeoisie. Rappelons-nous le récent « débat » sur l’identité nationale en France. Il impulse également une forte mobilisation sécuritaire des institutions de l'Etat qui doit permettre, le cas échéant, le contrôle de la société et d'éventuels débordements sociaux. Politique cependant inefficace dans la protection des citoyens. Enfin, par une «communication d'Etat privée» rendue possible par la main mise de Silvio Berlusconi sur les médias, il développe une «privatisation de l'espace public»  afin de mieux le contrôler et le manipuler. Nicolas Sarkozy, bien qu’il ne dispose pas des moyens médiatiques de Berlusconi,  procède de la même manière avec la récente tentative d’appropriation du « Monde » par des intérêts qui lui sont proches.


Dans un contexte de ralentissement économique et d'explosion des inégalités sociales - amplifiés par l'onde de choc de la crise financière – les offensives berlusconienne comme sarkozienne  pourraient témoigner d'une évolution des formes du néolibéralisme en Europe : plus national, plus intimement géré par un Etat aux tendances répressives, et conduit par un exécutif fort, dans le cadre d'une «démocratie limitée». Mais il se heurte au capitalisme contemporain qui ampute  les gains des classes dirigeantes nationales, et il sécrète toujours plus de pauvreté, de mécontentements sociaux, de remises en cause intellectuelles, de concurrence entre les salariés, les travailleurs pauvres et les exclus du travail, etc.

L’erreur du « sarko/berlusconisme »


Recomposition/reconfiguration de bourgeoisies nationales ou d'intérêts de classes bourgeois nationaux dans le cours de la mondialisation : voilà l’erreur du « sarko/berlusconisme ». La « révolution sarkozienne » n’est que de transition. Ce type de pouvoir est voué à l’échec par la politique d’affaiblissement de l’Etat nation par l'Union européenne, sans compter l’influence grandissante des G8 et G20 qui transfèrent les pouvoirs de l’échelle nationale, en passant par la dimension européenne, au monde capitaliste. C’est la prise de pouvoir de la bourgeoisie financière mondialisée au détriment de la bourgeoisie industrielle et médiatique – celle du Fouquet’s –  qui n’a pas réussi à s’adapter à la nouvelle dimension. Et comme toute passation de pouvoir, elle génère des résistances. Rappelons-nous ce qu’écrivit Karl Marx dans le « Manifeste » : « 
La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire. » Elle le poursuit aujourd’hui et les Sarkozy et Berlusconi ne sont que ses instruments afin d’assurer la transition vers un capitalisme encore plus fort à l’échelle mondiale. Lorsqu’un spécialiste comme Jacques Attali dit : « Les lois sont nationales et les décisions sont mondiales », on ferait bien de l’écouter !

 

Jacques attali 

 

Jacques Attali : on ferait bien de l’écouter

de temps en temps.

 

Le capitalisme n’est pas malade, comme certains le prétendent, il poursuit son œuvre de destruction du système politique, social et économique actuel, basé sur l’Etat nation, puis sur l’Union européenne,  au profit d’un nouveau rapport de forces à l’échelle mondiale. C’est l’objectif de la fin de l’histoire proclamée durant la décennie 1990-2000 par le philosophe Fukuyama, qui connaîtra elle aussi son déclin et sa disparition.


 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 22:08

Voici un texte sous forme de conte qui explique la naissance et le développement du capitalisme. On rejette à tort la pensée de Karl Marx. Ce petit conte en fait un résumé clair et permet de tirer de fameuses leçons.

 

Bonne lecture

 

Un conte sur le capitalisme

Jordi SOLER ALOMA

Sur la planète Ómniun vivaient quatre habitants seulement. Chacun d’eux possédait une zone de la planète. Ils n’avaient pas de besoins physiques, car leur organisme était un circuit clos.

 

Dans la zone où vivait Admetus il y avait de petits cailloux de couleur bleue, tous de même taille et de même forme, avec lesquels il faisait des mosaïques sur le sol ce qui lui procurait un très grand plaisir esthétique. Dryads faisait de même, mais avec des cailloux de couleur verte, et de son côté Nyx en faisait tout autant avec des cailloux rouges tout comme Syrinx avec des cailloux jaunes.

 

Un jour, Admetus rêva qu’il faisait une mosaïque avec des cailloux de différentes couleurs et ce rêve l’impressionna énormément. Il se réveilla tout bouleversé et réfléchit : comment puis-je me procurer des cailloux d’autres couleurs ? Il s’en alla voir Dryads et lui raconta son rêve qui impressionna ce dernier également beaucoup. Alors, il lui demanda quelques-uns des cailloux de couleur verte qu’il possédait. Dryads lui répondit qu’il devait aller les chercher dans une grotte et que cela lui prendrait un certain temps. Admetus lui répondit qu’il attendrait le temps nécessaire.

 

Dryads se dirigea donc vers sa grotte, mais en chemin il pensa que lui aussi il aimerait bien faire une mosaïque de plusieurs couleurs et que puisqu’il rapporterait à Admetus des cailloux, ce dernier pourrait bien en faire tout autant pour lui-même. Lorsqu’il fut de retour avec une douzaine de cailloux, il dit à Admetus qu’il voulait des cailloux bleus. Admetus fut d’accord et lui dit qu’il ne tarderait pas longtemps. Au bout d’une demi-heure, il revint avec douze cailloux bleus. Dryads resta songeur un moment. Il avait mis quatre heures pour rapporter douze cailloux alors qu’Admetus n’avait mis que trente minutes.

 

Dryads fit un rapide calcul et expliqua à Admetus que s’il avait obtenu 12 cailloux en 30 minutes, chaque caillou avait requis 2,5 minutes. De sorte que dans le temps nécessaire à Dryads pour obtenir un caillou vert, Admetus, lui, avait obtenu 8 cailloux bleus. Admetus, chagriné, convint qu’il avait raison et échangea 8 cailloux bleus contre 1 caillou vert. La première transaction économique de la planète Ómnium venait d’avoir lieu.

 

Ce que venaient de faire Dryads et Admetus c’était calculer la valeur de leurs cailloux respectifs en fonction du temps nécessaire pour les obtenir. Il était par conséquent établi que :

8 cailloux bleus = 1 caillou vert.

 

Du point de vue d’Admetus, les 8 cailloux bleus n’avaient pas d’autre valeur que le fait d’avoir investi un certain temps pour leur obtention, alors que le caillou vert possédait la valeur de pouvoir être utilisé comme élément innovant dans sa mosaïque : c’est-à-dire qu’il avait une « valeur d’usage ». Admetus voyait dans cette « valeur d’usage » le reflet de ses 8 cailloux bleus (c’est-à-dire, la « valeur d’échange » de ses cailloux bleus s’exprimait dans la « valeur d’usage » du caillou vert). Cette relation donnait à un caillou vert la qualité d’être l’équivalent de 8 cailloux bleus, c’est-à-dire conférait à un caillou vert la propriété d’être directement échangeable contre 8 cailloux bleus, d’être par conséquent le miroir dans lequel les cailloux bleus pouvaient voir l’image de leur valeur (invisible autrement).

 

Admetus avait, en outre, besoin de cailloux rouges et jaunes pour réaliser la mosaïque de son rêve. Il rendit donc visite à Nyx et à Syrinx avec qui il établit respectivement que :

4 cailloux bleus = 1 caillou rouge
2 cailloux bleus = 1 caillou jaune

Comme il leur manquait encore les concepts pour se référer à ces nouvelles situations qu’ils venaient de créer, ils nommèrent cette façon de mettre les cailloux bleus en rapport avec les autres cailloux pour fixer leur valeur « forme relative de la valeur », et la propriété que possédaient les autres cailloux de refléter la valeur (autrement invisible) des cailloux bleus « forme équivalente ». Désormais, ils possédaient une grille pour la valeur des cailloux bleus :

1 caillou vert
8 cailloux bleus = 2 cailloux rouges
4 cailloux jaunes

Ils nommèrent cette liste : « forme dépliée de la valeur » et ils nommèrent le procédé précédent pour le distinguer de celui-ci : « forme simple ».

 

Dès lors, tous les cailloux reflétèrent leur valeur en cailloux bleus. Cela convertit les cailloux bleus en l’équivalent universel, de sorte que chacun voulait posséder des cailloux bleus pour pouvoir les échanger sans aucune difficulté contre des cailloux d’autres couleurs. Ils nommèrent cette norme établie pour l’échange « forme argent » et les cailloux bleus commencèrent à prendre le nom d’« argent » au lieu de cailloux bleus.

 

Admetus finit sa mosaïque. Il n’eut plus besoin d’autres cailloux. Cependant, les trois autres étaient encore en pleine réalisation de leur mosaïque. Il advint soudain qu’Admetus ressentit une immense paresse et lorsque les autres vinrent échanger leurs cailloux il leur dit qu’il n’en avait plus en magasin, mais il leur proposa un marché : Admetus les autorisait à pénétrer dans sa zone pour y chercher des cailloux bleus, mais à deux conditions : a) : ils devaient le faire selon un horaire déterminé, et b) : ils déposeraient tous les cailloux dans l’entrepôt d’Admetus et lui, Admetus, leur remettrait des petits rectangles de papier portant inscrite la quantité déterminée de cailloux bleus qu’ils représentaient et, en outre, en guise de compensation, chacun d’eux devrait réaliser une copie de sa propre mosaïque dans la zone d’Admetus. On convint aussi d’une clause de sécurité : Admetus pourrait devenir propriétaire de la zone de la planète appartenant à celui qui ne respecterait pas ce pacte. Comme les papiers d’Admetus remplacèrent ses cailloux en tant qu’équivalent, on commença à leur donner le nom d’« argent » (alors qu’en réalité ce n’étaient que des bouts de papier rectangulaires avec un nombre imprimé dessus). L’action d’échanger des bouts de papier contre des cailloux fut appelée « acheter » et l’action d’échanger des cailloux contre des bouts de papier fut appelée « vendre ». Le fait d’utiliser les cailloux dans la mosaïque s’appela « consommation ». La quantité de bouts de papier (argent) que chacun recevait en échange de son action de ramassage de cailloux fut appelée « salaire ».

 

Admetus comprit l’énorme pouvoir sur les autres que lui conférait le fait d’être l’émetteur de l’argent et le propriétaire des cailloux bleus. Il commença à en user pour s’amuser aux dépens des autres. La première chose qu’il fit ce fut d’acheter tous les cailloux jaunes que possédait Syrinx et il les vendit plus cher aux autres. Il en fit autant avec les cailloux d’autres couleurs. Finalement, tous les cailloux de la planète aboutirent dans l’entrepôt d’Admetus qui les disposa sur des présentoirs avec un numéro qui représentait le coût de chaque caillou (ce numéro fut appelé « prix »). Admetus fixa arbitrairement des prix élevés pour tous les cailloux, en même temps qu’il baissa les salaires de sorte que les autres furent incapables de respecter la clause de sécurité si bien qu’Admetus devint le propriétaire de la totalité de la planète. Désormais, il possédait tout. Que pouvait-il désirer de plus ? Il ne lui restait qu’une passion : accumuler (même au prix de la soumission des autres à l’esclavage salarial).


Nota : le lecteur est libre d’imaginer les prolongements ultérieurs du conte.

Jordi Soler Alomà
Rebelión
http://www.rebelion.org/noticia.php...

traduit par Manuel Colinas pour InvestigAction http://www.michelcollon.info/

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:44

 

Le vote massif exprimé en Belgique en faveur du parti nationaliste N-VA, et aussi en faveur du Parti Socialiste Wallonie-Bruxelles, reflète un réflexe « identitaire et conservateur », a analysé mardi le chef du groupe écologiste au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit. Le « patron » des Verts européens a remis une couche : « C'est ce que j'appelle la culture Ligue Lombarde ou 'comment se protéger face aux problèmes de la mondialisation ».

 

cohn bendit01

 

Daniel Cohn Bendit : en réalité un ultralibéral

 

Certes, notre « ancien des barricades de mai 68 », comme dit la Presse (en réalité Cohn Bendit a participé et même dirigé l’occupation de la Sorbonne mais n’est jamais monté sur une barricade), a ses contradictions. Comme le fit remarquer à juste titre l’eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella, il accueille « la » parlementaire européenne NV-A Frieda Brepoels dans son groupe (les Verts forment une association avec l’alliance libre européenne qui comprend les parlementaires régionalistes, afin d’avoir le poids d’un groupe parlementaire à part entière). Et le député PS vraiment mécontent estime qu’il est « regrettable de voir certains vautours se faire de la publicité médiatique sur la faiblesse passagère de certains Etats membres ». Cela n’a pas empêché Cohn Bendit de lancer l’estocade finale : Les scrutins récents risquent de reléguer au second plan la présidence belge, mais aussi la présidence hongroise qui la suivra. « Peut-être qu'on va découvrir tout d'un coup qu'on n'a plus besoin de la présidence tournante. On va s'apercevoir que l'Europe peut fonctionner sans présidence tournante », autrement dit avec le moins possible d’intervention des Etats membres, en clair, la dictature de la Commission.

 

Marc Tarabella 440

 

Marc Tarabella ne s'en laisse pas raconter.

 

Cela vole bas ! Cependant, Dany dit le « Rouge» suit sa logique ! Il est clair que le vote en Belgique a été motivé surtout au Nord du pays par une volonté d’autonomie de la Flandre et au Sud du pays par le rejet des programmes d’austérité que l’Europe veut imposer à tous les Etats membres. Deux formations aux antipodes de l’échiquier politique se retrouvent côte à côte.

 

Dany Cohn Bendit qui a depuis longtemps remisé son vernis « rouge » au placard pour un « vert » de plus en plus bleuté de néo-libéralisme, ne supporte pas les mouvements sociaux issus de ce qu’on a appelé la crise grecque et considère comme ringard toute défense des conquêtes sociales. En bon mondialiste, il rejette aussi toute velléité d’autonomie régionale ou nationale. Aussi, son analyse du scrutin belge du 13 juin est conforme à son schéma : une mondialisation libérale ne peut accepter des Socialistes « conservateurs » associés à des nationalistes « identitaires ».

 

De-Wever.jpg

 

Le nationaliste Bart De Wever et le social

démocrate Elio Di Rupo ensemble. Ce n'est pas

si étonnant !

 

Soit dit en passant, il est temps que le mouvement écologiste se réclamant des valeurs de la gauche surmonte ses contradictions. Sa division, comme c’est le cas en France, à cause du même Cohn Bendit, est nuisible à l’ensemble de la gauche.

 

Dans une Europe à la croisée des chemins (pour la première fois, son existence est menacée), on peut comprendre que Cohn Bendit soit inquiet. La montée nationaliste, voire de la droite dure – il a évoqué le cas des récentes élections en Hongrie – et celle de la gauche démocratique dans certains pays comme en Belgique et en France, entravent le projet ultralibéral européen. C’est sans doute la réponse à l’offensive du système bancaire sur l’Europe !

 

Cohn Bendit n’arrive pas à affiner ses analyses, on le sait. Mettre dans le même sac les sociaux démocrates et les nationalistes renverrait un étudiant en 1er Bac de Science po en septembre ! Il ne perçoit pas le danger que constitue la montée des sous-nationalismes qui, non seulement, représentent une menace pour l’Europe, un danger pour la démocratie et surtout, mais là le beau Dany s’en fout, un facteur de division du monde du travail qui a besoin d’unité comme de pain.

 

Di-Rupo01.jpg

 

Elio Di Rupo : un mandat impératif

des travailleurs

 

Ainsi, le rôle historique de la gauche politique est bien redéfini. Ce séisme électoral qui amène les nationalistes aux portes du pouvoir, tout en redonnant force et vigueur à la gauche sociale démocrate traduit à la fois une crainte majeure des peuples qui se réfugient dans le repli sur soi et un sursaut de rejet de l’ultralibéralisme par le monde du travail.

 

La gauche politique et le PS Wallonie- Bruxelles devront travailler avec cette contradiction. C’est le mandat impératif que leur ont donné les travailleurs d’Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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