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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 11:23
Nous conseillons vivement au lecteur intéressé de visiter ce site (voir ci-dessous). Il contient de splendides images de la Voie lactée telles que vous ne les avez jamais vues.

La seconde des trois images du projet "GigaGalaxy Zoom" de l’ESO vient juste d’être mise en ligne. Il s’agit d’une nouvelle et magnifique vue de 340 millions de pixels de la partie centrale de notre Galaxie comme on la voit depuis l’Observatoire Paranal de l’ESO, avec un télescope amateur.


La seconde image du projet GigaGalaxy Zoom - © ESO
 
Cette image, large de 34 par 20 degrés, nous permet de découvrir notre Galaxie telle que les astronomes amateurs du monde entier peuvent la contempler. Toutefois, l’incroyable beauté de cette image est essentiellement due à la qualité du site d’observation et à l’habilité de Stéphane Guisard, cet astrophotographe de renommée internationale qui est également ingénieur de l’ESO. Cette seconde image a en effet bénéficié de la qualité exceptionnelle du ciel de Paranal, un des ciels les plus "purs" de la planète là où se trouve justement le très grand télescope (VLT) de l’ESO. De plus, Stéphane Guisard est ingénieur opticien spécialisé dans les télescopes, une expertise rare dans le monde des astrophotographes. Stéphane Guisard, en tant que chef de l’équipe d’ingénierie optique de l’Observatoire Paranal, a la responsabilité d’assurer la meilleure performance optique du VLT.

Pour réaliser cette formidable mosaïque, en couleur réelle, de la région centrale de notre Galaxie, Stéphane Guisard a assemblé près de 1200 images. Cette création représente plus de 200 heures de temps de pose, réalisées durant 29 nuits durant les temps libres de Stéphane Guisard alors qu’il travaille de jour à Paranal.

L’image montre la région du ciel allant de la constellation du Sagittaire (l’Archer) à la constellation du Scorpion. La région très colorée de Rho Ophiuchi et d’Antares ressort très nettement sur la droite alors que des zones plus sombres, comme les nébuleuses de la Pipe et du Serpent, se distinguent également. La ligne de poussière de notre Voie Lactée traverse obliquement l’image, parsemée de remarquables nébuleuses rougeâtres et brillantes telles que la nébuleuse Trifide et celle de la Lagune, tout comme NGC 6357 et NGC 6334. Cette ligne sombre héberge également le centre même de notre Galaxie, là où un trou noir super-massif se dissimule.

"La zone que j’ai représentée sur cette image est une région du ciel incroyablement riche, une des plus belles régions du ciel selon moi" déclare Stéphane Guisard.

Ce magnifique paysage stellaire est la seconde des trois images à très haute résolution présentées dans le projet "GigaGalaxy Zoom", lancé par l’ESO dans le cadre de l’Année Mondiale de l’Astronomie (AMA 09). Le projet permet aux passionnés d’astronomie d’explorer et de découvrir l’Univers tel que l’on peut l’admirer à l’œil nu depuis les plus sombres et meilleurs sites d’observation au monde. "GigaGalaxy Zoom" propose un "outil web" permettant à ses utilisateurs de réaliser un époustouflant voyage au cœur de notre Voie Lactée. Grâce à cet outil, les utilisateurs peuvent, en un clic, en savoir plus sur de nombreux et surprenants objets de l’image, telles que des nébuleuses multicolores et des supernovae. En ce sens, le projet tente de faire le lien entre le ciel que nous pouvons tous contempler et le profond cosmos inaccessible à l’œil que les astronomes étudient quotidiennement. La très grande qualité des images témoigne réellement de la splendeur du ciel nocturne observable depuis les différents sites de l’ESO au Chili. Ce sont d’ailleurs les observatoires astronomiques les plus productifs au monde.

La troisième image du "GigaGalaxy Zoom" sera présentée la semaine prochaine, le 28 septembre 2009.

Liens
site web du projet GigaGalaxy Zoom: http://www.gigagalaxyzoom.org
site web de Stéphane Guisard: http://www.eso.org/~sguisard

Cordialement
Jean
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Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@base.be
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 22:44

 

 

Décidément, avec cette affaire du voile islamique, on n’en finira jamais !  Nous sommes arrivés, dans ce qui, en définitive, n’aurait dû être qu’une affaire subalterne, à un conflit majeur, un « choc des civilisations ».  Les protagonistes se trouvent de part et d’autre car, petit à petit, deux camps s’installent pour se préparer au choc : celui des islamistes qui veulent imposer leur modèle à tout le monde occidental et les rigoristes de la laïcité qui croient dur comme fer à la pérennité d’un système né au XIXe siècle et manifestement inadapté à la société actuelle.

 

Plus généralement, c’est le choc entre les tenants fort minoritaires, il faut le constater, du multiculturalisme et ceux d’un modèle de civilisation dominant qu’il soit musulman ou occidental. Ce clivage traverse aussi bien la communauté musulmane que la société européenne.

 

Que s’est-il passé ? L’Athénée d’Anvers qui était connue pour être un modèle de multiculturalité a dû, à cette rentrée scolaire, prendre un règlement interne d’interdiction du port du voile islamique dans l’établissement. La journaliste Martine Vandemeulebroucke rappelle dans « le Soir » du jeudi 10 septembre les tribulations de la directrice de l’Athénée Madame Karin Heremans, militante de l’interculturalité et ancienne vice-présidente du Spa (le Parti socialiste flamand) : « Karin Heremans s’est battue pour défendre le droit de porter le voile à l’école. Mais progressivement, l’école s’est retrouvée complètement isolée dans un paysage scolaire dominé par l’interdiction du voile.»

  Autrement dit, puisque l’Athénée d’Anvers autorisait le port du voile, les autres écoles de l’enseignement officiel de la Métropole décidèrent de l’interdire, comme cela on refilait la « patate chaude » à la seule Athénée. Elle est belle la solidarité laïque ! Certes, il y a eu la pression des parents et du fort courant islamophobe à Anvers, notamment par l’influence importante des extrémistes du Vlaams Belang, mais les confrères et consœurs de Madame Heremans ont fait preuve, il n’y a pas d’autre mot, d’une grande lâcheté qui n’a fait que dégrader la situation.

 
Le voile : ferment d'un conflit majeur ?

En effet, les choses étaient devenues impossibles pour la directrice de l’Athénée anversoise. Les islamistes entraînés par un imam ont exercé des pressions insupportables à son égard. La majorité des filles fréquentant l’école sont voilées. On empêche toute une série d’activités scolaires dont les excursions et les réunions de parents mixtes. Bref, on est dans le cycle de la provocation. Sans doute, le but des imams était d’extirper de l’Athénée d’Anvers de tous les élèves non musulmans. C’était intenable. Karin Heremans, à contrecœur,  a dû se résoudre à interdire le port du voile à l’intérieur de son établissement. Le jour de la rentrée, des manifestations ont eu lieu à l’entrée de l’école. Karin Heremans a été insultée et menacée publiquement par des islamistes. Des élèves ont introduit un recours au Conseil d’Etat.

 

Face au risque d’un arrêt favorable aux plaignantes, la Communauté flamande a décidé d’interdire le port du voile dans  toutes les écoles de son ressort.

 

Le résultat : l’ouverture d’une école islamique à Anvers. Le groupe d'action musulman « Vrije Keuze » (libre choix) a ouvert cette école en début de semaine. Les élèves proviennent des athénées d'Anvers et d'Hoboken où l'interdiction du port du voile est entrée en vigueur au début de l'année scolaire Comme matière philosophique, nous proposons uniquement l'islam, mais tout le monde est le bienvenu. Ce n'est pas une madrassa (école islamique). Mais non, on vous l’assure, ce ne sera pas une école islamique. Mais il y a un hic « Si quelqu'un veut suivre des cours de religion catholique chez nous, nous aurons toutefois du mal à trouver un enseignant pour cette matière », explique l'imam. (D’après La Libre Belgique du 12 septembre 2009). Ben tiens ! Certes, cette école est le fruit d'un projet ancien, mais son ouverture en ce moment est plus qu'opportune pour certains.

 

Beau bilan, Mesdames et Messieurs les matamores de la laïcité. Vous avez montré en plus une merveilleuse solidarité en laissant Madame Karin Heremans se débattre seule dans ses problèmes. Elle paye cher son ouverture d’esprit.

 

Le plus grave est qu’aucun directeur d’école n’osera désormais agir comme Madame Heremans. Les extrémistes des deux bords ont gagné une bataille importante.

 

Que va-t-il se passer ? Comme en France, les élèves musulmanes iront dans des écoles de l’enseignement confessionnel. C’est une sérieuse tuile pour l’enseignement officiel qui a échoué dans la politique menée courageusement par plusieurs responsables dont Madame Heremans tendant vers la multiculturalité. Plus tard, financée par les Emirats ou d’autres sources, des écoles musulmanes s’ouvriront un peu partout.

 

Grâce à la bêtise et à la lâcheté de certains milieux laïques, le communautarisme qu’ils prétendent combattre, va s’étendre au détriment de la paix civile et les premières victimes seront les musulmans et leurs filles qui ne demandent qu’à s’épanouir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 16:06


La RTBF et RTL-TVI ont annoncé ce samedi 29 août dans leurs JT de 13 h00 que le vol AF 348 d’Air France faisant la liaison Paris Mexico a été détourné mardi 19 août par les autorités américaines qui lui interdirent de survoler le territoire étatsunien.











Un vol qui aura coûté bien cher à Air - France, pour rien !

Motif de ce détour qui a coûté bien cher à la compagnie en combustible et aux passagers qui ont raté leur correspondance : la présence à bord de Paul-Émile Dupret, juriste belge, conseiller du groupe GUE-GVN du Parlement européen, militant altermondialiste et des droits de l’homme, qui se rendait a l’assemblée du Forum de Sao Paolo avec une délégation parlementaire. Le groupe GUE (Gauche unitaire européenne) compte 33 élus dont 4 élus tchèques, 1 Danois, 9 Allemands,1 Irlandais, 3 Grecs, 1 Espagnol, 2 Cypriotes, 2 Néerlandais, 1 Finlandais, 5 Portugais,  1 Suédois et 1 élu d’Irlande du Nord et 2 Français du Front des Gauches. Il s’agit d’élus qui ses situent idéologiquement à la gauche des Socialistes européens. Le Suédois est le représentant défendant le téléchargement illégal sur Internet (voir l’article « l’anti-pirate flibustier » du mardi 4 août 2009 sur le blog) et les deux Irlandais sont des indépendantistes du Sinn Fein.


C’est la deuxième fois que Washington décide d’une telle mesure. Il y a quelque mois, un autre appareil empruntant cet itinéraire a également été détourné de sa route habituelle à cause de la présence à son bord du journaliste colombien Hernando Calvo. Cette fois-là l’appareil, ne disposant pas du carburant nécessaire pour contourner les États-Unis, avait dû faire une escale dans les Caraïbes.


Paul-Émile Dupret a été informé par Air France qu’il ne pourra pas prendre le vol direct de retour du Mexique vers Paris et qu’il devra donc faire une escale dans un pays d’Amérique centrale. Selon le juriste, il existe entre son propre cas et celui de Hernando Calvo des similitudes intéressantes. Tous deux ont dénoncé par des voies pacifiques les politiques agressives de certaines transnationales des États-Unis dans le monde et les méthodes violentes utilisées par ce pays pour les imposer ; tous deux ont dénoncé le plan Colombie et la loi Helms-Burton ; tous deux ont salué, notamment par des articles dans le Monde diplomatique, le fait que surgissent des alternatives prometteuses dans des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, entre autres…


Paul-Émile Dupret qui n’ignore pas qu’il figure sur une liste noire, estime que les autorités US savent très bien qu’il n’est lié à aucune armée, qu’il ne fait pas de prosélytisme de la lutte armée et que, au contraire, il a toujours plaidé en faveur d’issues pacifiques aux conflits que connaissent des pays tels que la Colombie, la Palestine ou plus récemment le Honduras. Ce type de comportement des États-Unis qui prohibent une partie de leur territoire à plus de 10 000 mètres d’altitude, n’aura, souligne encore Paul-Émile Dupret, pas l’effet escompté d’intimidation de ceux et de celles qui s’opposent aux agissements et aux privilèges des transnationales et à la militarisation néolibérale.

Sans doute, est-ce lié au conflit actuel entre la Colombie soutenue par les USA et le Venezuela de Chavez.

Il est clair, en l’occurrence, qu’il ne s’agit pas de terroristes mais d’intellectuels radicaux qui défendent le courant progressiste personnalisé par des Hugo Chavez (Venezuela), des Evo Morales (Bolivie). Au-delà du caractère hallucinant et liberticide de la décision de Washington et du flicage international, c’est la soumission de la France et de l’Union européenne à ce type d’agissements qui interpelle. Quand on sait combien de véritables tortionnaires de la CIA  ont pu voyager en toute quiétude et liberté sur le territoire européen.

Il est évident qu’il faut avoir le courage d’interpeller le gouvernement US pour qu’il supprime cette liste, qu’il en démontre l’utilité et la nécessité pour la sécurité des Etats-Unis. Il serait important de savoir quels sont les critères de fichage d’une personne sur cette liste. Il est fondamental qu’il y ait des recours possibles pour être éventuellement rayé de cette liste. Enfin, et c’est le plus important, il est fondamental de fixer les limites des mesures de sécurité afin qu’elles ne portent atteinte aux droits fondamentaux.

On peut d’ailleurs sincèrement se poser la question de savoir si ces mesures n’ont pas justement pour objectif réel et caché de limiter les libertés fondamentales. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

En attendant, entamons notre liste noire : George W Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld…


A vous de compléter. Vous avez du pain sur la planche.

 

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 21:11

Le lecteur sera surpris par le ton de cet article. Loin de nous l'idée de défendre les paradis fiscaux. Il s'agit ici d'avoir un regard critique sur la politique de lutte contre les paradis fiscaux menée par les Etats-Unis qui, en réalité, cache d'autres objectifs. 


Le bras de fer entre les Etats-Unis et la principale banque suisse (l’Union des Banques Suisses, UBS) commencé en 2008, lors de l’éclatement de la crise financière,  vient de se terminer ce 19 août 2009 en faveur des Etatsuniens. L’UBS devra livrer aux USA l’identité de quelque 4.450 détenteurs de compte au disc américain.

Une lutte ciblée et partielle


En contrepartie de cette "entraide administrative" entre les deux pays, le département de la justice américain renonce à ses plaintes au civil ainsi qu'à la requête d'exécution visant à obtenir l'identité de 52 000 titulaires de comptes de la banque. UBS va de son côté avertir ses clients concernés que leurs données ont été transmises au fisc américain, les encourageant à collaborer, faute de quoi ils pourraient être poursuivis au pénal. Le fisc américain a salué mercredi une "étape capitale" contre l'évasion fiscale.


Peu après cette annonce, les autorités suisses ont déclaré qu'elles allaient se désengager "intégralement" de la banque, dans laquelle elles détiennent une participation de 9 %.


Les Suisses prétendent que le secret bancaire est cependant gardé après cet accord. Rien n’est moins vrai. George Clarke, avocat chez Miller Chevalier à Washington D.C a beau déclarer que cet accord "ressemble à une victoire assez nette pour UBS. La banque s'en sort sans amende, en ne dévoilant qu'une petite partie de sa clientèle. Il me semble que le secret bancaire suisse n'a pas été touché". Il ment effrontément.


Les Suisses auraient dénoncé ne fût-ce qu’un nom, cela aurait été un nom de trop
. Il est certains que les capitaux asiatiques, européens, russes, des pays pétroliers, etc. placés dans ce qui était le pays-roi des paradis fiscaux, vont s’échapper vers des cieux plus cléments et  des cachettes plus sûres. Le banquier belge Georges Ugeux qui tient un très intéressant blog dans le cadre du journal « Le Monde » intitulé « Démystifier la finance »  http://finance.blog.lemonde.fr/  écrit : « Le même jour, la SEC (l’organisme qui est chargé de surveiller les opérations de Bourse) annonce une unité spéciale qui va analyser les infractions au « Foreign Corrupt Practices Act » des entreprises cotées aux Etats-Unis, entendez, les sociétés étrangères. Il s’agit de « chasser » le paiement de commissions occultes a des régimes corrompus, alors que c’est parfaitement légal en dehors des Etats-Unis. » Il est donc évident que l’affaire est loin d’être terminée.


Comment cela s’est-il passé ? Les Etats-Unis et UBS étaient en conflit depuis des mois, Washington accusant la banque suisse d'avoir sciemment aidé des clients américains à frauder leur fisc en ouvrant des comptes bancaires off-shore. Le fisc américain exigeait l'identité de 52 000 clients anonymes dont les comptes secrets étaient estimés à quelque 14,8 milliards de dollars. Un geste qui aurait violé le droit suisse qui protège les données bancaires de la Confédération.


Au terme d'un bras de fer, les parties étaient parvenues le 12 août à un accord dont le contenu était resté secret jusqu'à présent. Sans la conclusion de cet accord, la Confédération "serait entrée dans un conflit juridique, un conflit entre la souveraineté de la Suisse et des Etats-Unis", a expliqué la ministre de la justice suisse, Eveline Widmer-Schlumpf.

Le « Monde » écrit dans ses éditions du 19 août : « La fin de ce litige devrait donner un peu d'oxygène à la banque qui a été sortie du gouffre en octobre 2008 grâce à une aide de 6 milliards des autorités suisses. Après une année noire, ses comptes sont toujours dans le rouge malgré une légère amélioration. Mais elle n'est toujours pas parvenue à enrayer la fuite des capitaux qui marquent une défiance persistante de ses clients. » Répétons-le : rien n’est moins sûr. Les clients vont fuir UBS car si elle a lâché 4.450 noms sur ses 52.000 clients américains, l’affaire est loin d’être terminée pour les 47.550 épargnés jusqu’alors. Le nouvel organisme de la SEC et – on les oublie – les lois anti-terroristes états-uniennes permettent aux pandores US de poursuivre hors du territoire des Etats-Unis.

Ecraser la souveraineté sous prétexte de lutte contre la fraude fiscale


Quelles sont les conséquences de tout cela ?


En premier lieu, l’administration Obama continue la politique de ses prédécesseurs en la matière : piétiner la souveraineté des autres nations. Cela signifie un affaiblissement des nations, en particulier en Europe, et la domination des USA dans des domaines vitaux comme la défense, la politique étrangère, la politique commerciale (avec l’OMC), la Justice (les lois anti-terroristes) et maintenant la politique financière.


Ne jouons pas les « vertueux » à se réjouir de la « victoire » des USA sur les « vilaines » banques suisses. La véritable conséquence est une perte de souveraineté financière pour l’ensemble de l’Europe et le dangereux affaiblissement d’un Etat du continent, la Suisse. Ce pays qui aura perdu son principal atout, son système bancaire, se retrouvera dans une situation équivalente à celle de la Belgique : plus d’industrie nationale, un chômage endémique, un déficit public abyssal. La Suisse finira par être absorbée par l’Union européenne dans les pires conditions.


Les US ne touchent pas aux autres paradis fiscaux, car ce n’est pas leur intérêt. Sans doute, pour la forme, s’attaqueront-ils à une île quelconque ou à un micro-Etat alpin ou pyrénéen, mais il y a fort à parier qu’ils en resteront là. La lutte contre LES paradis fiscaux restant un vœu pieux.


Cela démontre en outre l’inefficacité du G20. On se souvient. Il s’est réuni à Londres en avril 2009 et, comme d’habitude, la montagne a accouché d’une souris, en dépit du tapage indécent des médias : L'ensemble des mesures prises par le G20 aurait dû permettre d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010. Nous en serions fort surpris ! Certes, on connaît une petite relance pendant les vacances ( !). Attendons la rentrée… Puisque Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue d’un G20 en septembre, après l’Assemblée générale des Nations Unies.

Ce qui est touchant avec le G20, c’est la résolution sur les paradis fiscaux : Une liste des paradis fiscaux va aussi être publiée immédiatement par l'OCDE pour décourager l'évasion fiscale. Cette publication est une exigence de l'Allemagne et de la France. «L'ère du secret bancaire est révolue», assure notamment le communiqué. Ben, tiens !

Par ailleurs, les pays du G20 se sont mis d'accord pour mettre en œuvre de «nouvelles règles» sur les salaires et les bonus des dirigeants au niveau mondial.



Paroles, paroles...


Un conflit était apparu ces derniers jours entre pays européens soucieux de mettre en œuvre prioritairement une réforme de la régulation, et les Etats-Unis qui prônaient de nouveaux engagements de relance de la part de leurs partenaires. Mais, ces divergences ont été totalement lissées dans le communiqué final. Du moins, c'est ce qu'on dit.





Barack Obama et les nains hilares

Gordon Brown a considéré que ce sommet marquait la naissance d'un «nouvel ordre mondial» émergeant de la crise économique, et «le jour où le monde s'est mis ensemble pour combattre la récession».

«Nous partons du principe que la prospérité est indivisible, que la croissance pour être durable doit être partagée (...). Nous pensons que la seule fondation sûre d'une mondialisation soutenable et l'augmentation de la prospérité pour tous est une économie ouverte fondée sur le principes de marché, une régulation efficace et des institutions mondiales solides», affirme le communiqué. « Paroles, paroles… » chantait Dalida.

La fin du système suisse affaiblira à terme l'Europe


Les conséquences pour la Suisse et pour l’Europe sont incalculables. Les Helvètes devront entrer dans l’UE, la queue entre les jambes. La Suisse est cependant une nation souveraine qui a une longue histoire qui n’est pas seulement celle de ses banques. Elle est un modèle de fédéralisme où trois communautés linguistiques vivent en paix. Sa neutralité permit la signature de nombreux traités de paix qui mirent fin à des bains de sang. La Suisse est un paradis pour la recherche scientifique. Ce n’est pas pour rien que le principal centre de recherches européen se soit installé en Suisse, le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire). Son affaiblissement serait une catastrophe. L’abandon de sa neutralité romprait l’équilibre fragile de l’Europe d’aujourd’hui.


La fin de la Suisse faciliterait de manière significative la transformation déjà entamée de l’Union européenne en une vaste zone de libre échange extensible au-delà de l’espace européen, contrôlée par les multinationales et dont la défense sera assurée par l'OTAN. Le prix de la « vertu » fiscale est en définitive très élevé ! Et il en restera des paradis fiscaux en Europe. Rappelez-vous, on a appelé le dernier Tour de France, le « Tour des paradis fiscaux ». En effet, il partait de Monaco pour passer par la Suisse et par Andorre. Et on oublie en outre le grand nombre de « zones franches » où les échanges commerciaux sont pratiquement détaxés.


Quant à la lutte contre les paradis fiscaux voulue par le G20, elle est restée lettre morte. La fameuse liste est incomplète et a d’ailleurs déjà subi de nombreuses modifications. La seule manière est de s’unir pour exercer une pression insupportable sur le secteur bancaire qui a besoin de paradis fiscaux comme de pain. On le voit en France où Nicolas Sarkozy va "engueuler" les banques. D'ailleurs, un orfèvre en la matière, le nouveau CEO de "Fortis", Bruno Colmant, a déclaré : "Il est impossible de moraliser le système financier". On a « lâché » la Suisse car elle n’a pas suivi l’évolution des paradis fiscaux et était donc bien plus facile à neutraliser.


De toute façon, tant qu’il restera un seul paradis fiscal sur Terre, la lutte contre la grande fraude fiscale qui appauvrit les Etats restera lettre morte.
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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 14:49
HOLST | Les planètes
MATTHEWS | Pluto, the renewer

Orchestre philharmonique de Liège Wallonie-Bruxelles
François-Xavier Roth, direction - Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie

Quel lien entre les planètes de notre Système solaire et la musique des "Planètes" écrite par le compositeur anglais Gustav Holst (1874-1934) entre 1914 et 1917 ? Dans le cadre de l’Année internationale de l’astronomie, l’Orchestre philharmonique de Liège, en collaboration avec Réjouisciences - ULg, propose un concert étonnant alliant art et science. Le chef d'orchestre François-Xavier Roth et une astrophysicienne de l'ULg proposent une évocation croisée de notre Univers par le biais d'images et de musique.
L’occasion d’entendre (et de voir) une œuvre spectaculaire (avec plus de cent musiciens) et de répondre à la question : c’est quoi une planète ?


*Lien : http://www2.ulg.ac.be/sciences/astro/opl.htm
*Quand ? : Le samedi 26 septembre 2009 à 16h00
*Où ? : à la Salle Philharmonique, boulevard Piercot, 25-27 à 4000 Liège
*Réservations - Billetterie : 15 et 25 euros à boulevard Piercot, 25-27 -
4000 Liège -
http://www.opl.be - Tél. : +32 (0)4/220 00 00
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 14:58

Un militant à notre époque est devenu une denrée rare. En voici encore un qui disparaît.



Ernest Glinne est né à Forchies-la-Marche, non loin de Charleroi, en 1931 et décédé à Courcelles, le 10 août 2009. Il habitait Square Salvador Allende, tout un symbole !


Glinne fut licencié en sciences politiques et sociales de l’ULB. Il milita très vite à gauche. Il participa activement aux grèves de 1960-61 aux côtés d’André Renard et de la gauche du PSB. Il fut un des fondateurs du Mouvement populaire wallon.


Avec André Renard, Jacques Yerna, François Périn, Freddy Terwagne, Raymond Rifflet, Ernest Mandel, il fonda l’hebdomadaire « La Gauche » qui était toléré au Parti Socialiste qui avait défini sous la présidence de Léo Collard et avec l’appui de Spaak, un droit de tendance qui n’existe plus aujourd’hui. Malheureusement, la « Gauche » se déchira en grande partie à cause de « l’entrisme » trotskyste. Mouvement trotskyste que Glinne considéra malgré tout comme sincère, face au communisme des démocraties populaires qui n’était à son sens que du « capitalisme d’Etat ».


Il dut quitter le Mouvement populaire wallon en 1964, car il risquait l’exclusion du PSB. Il fut élu député de l’arrondissement de Charleroi en 1961. Un de ses premiers déchirements fut l’adoption par la majorité socialiste – sociale chrétienne de l’époque des lois répressives et liberticides contre les grévistes. Il s'abstint avec d'autres députés socialistes comme Cools, Hurez, Massart et Terwagne. De là vient le sobriquet : "Ernest le rebelle" dont il tirait une certaine fierté. C’était, à l’époque, une affaire assez comparable avec les lois « anti-terroristes » imposées par les Etats-uniens après le 11 septembre.
A la différence près qu'aucun député socialiste n'a eu le courage de s'abstenir...

En 1973 – 74, il fut ministre de l’Emploi et du Travail. Il tenta, avec plus ou moins de bonheur, de contribuer à l’émancipation des travailleurs, notamment avec la loi sur les crédits d’heures qui permettait aux travailleurs de suivre des cours en horaire décalé afin d’avoir la chance d’acquérir un diplôme tout en travaillant.


L’évolution du Parti socialiste l’inquiétait. Il le voyait de plus en plus social-démocrate, voire social-libéral. Il fonda en 1978 "Tribune socialiste" en vue de redonner un souffle de gauche au Parti. Ce fut un échec. Les compromissions l’écœuraient. En 1981, André Cools ayant démissionné de la présidence du PS, se sentant dans l’impasse, il fut candidat à sa succession contre Guy Spitaels, alors vice-premier ministre. Ces élections furent manifestement truquées. Un premier décompte donna 55 % des voix à Ernest Glinne. On procéda à un nouveau vote, certaines fédérations estimant devoir changer leur vote suite à un « fait nouveau ». On ne saura jamais de quoi il s’est agi.


Le Parti se divisa profondément entre une aile communautariste et une aile régionaliste après le victoire électorale de 1988 qui, si l’on calcule bien, ne fit que rattraper les échecs des deux derniers scrutins. Ernest Glinne se garda d’intervenir dans ce débat d’autant plus qu’il se méfiait du chef du courant régionaliste, l’ancien bourgmestre de Fourons, José Happart qu’il connaissait d’autant plus qu’il siégea avec lui au Parlement européen de 1979 à 1994.


Glinne était un Européen convaincu depuis longtemps. Il fut même président du Mouvement européen. Son assiduité, sa force de travail et sa conviction en firent le président du groupe socialiste du Parlement européen. Ernest Glinne était un véritable fédéraliste européen, partisan d’une Europe politique démocratique qu’il voyait comme réponse pour la Wallonie au belgicanisme décadent et à la montée en puissance de la nation flamande.

La rupture avec le PS commença en 1993. Ernest Glinne était alors vice-président de la fédération socialiste de Charleroi. Il apprit que son président, Richard Carlier, revendait en touchant des commissions des biens sociaux publics de Charleroi. Il exigea une enquête interne. En dépit de la passivité de Van Cau et de Busquin, et bien entendu, l’opposition de Carlier, le scandale éclata. Glinne, quant à lui, fut isolé. Il « émigra » politiquement à Thuin mais il s’y sentit mal à l’aise.


De plus, de graves affaires comme celles d’Agusta Dassault secouèrent durement le PS. Guy Spitaels dut démissionner de ses mandats avec Guy Mathot et Guy Coëme. Spitaels et Coëme furent sévèrement condamnés. Le Parti en a été considérablement affaibli. Un jeune président, Elio Di Rupo, parvint à le redresser mais il avait perdu son âme. Ce n’était plus le parti du changement, ce n’était plus le parti des travailleurs. Il se mua en parti de gestionnaires.


Glinne sentit qu’il n’avait plus rien à faire dans ce parti. Comme il l’a dit dans une interview à l’hebdomadaire « Pan » : « Il vaut mieux rester soi-même en changeant d’étiquette que se changer en gardant la même étiquette ». Il se tourna vers Ecolo où il resta jusqu’en 2004. Il passa ensuite au Rassemblement Wallonie France. Glinne ne croit plus en l’avenir de la Belgique : « Qu’est-ce qu’il nous en reste? L’Atomium et l’Expo universelle de 1958? Les quelques constructions publiques que Léopold II nous a laissées en échange de ses exactions génocidaires en Afrique? L’image romancée d’Albert Ier et de la Reine Astrid? Les prisonniers de guerre wallons en Allemagne? Internationaliste et européen, je suis en même temps wallon. »


Dans le discours qu’il prononça au conseil communal de sa bonne ville de Courcelles pour expliquer son passage au RWF, il y développe les convictions qui l’ont animé toute sa vie :

« Je ne crois plus du tout à l'acceptabilité de l'Etat belge et des mensonges triomphants qui passent encore sous ses plafonds en lézardes.


Il me FAUT choisir. Et le peuple de Flandre doit être pour moi désormais un bon voisin si possible, respecté dans la mesure du respectable, mais celles et ceux qu'il élit en trop grande force ne peuvent plus être des compatriotes dominants.


Le refus d'un système de type colonial imposé aux Wallons m’est personnellement indispensable, sans attendre un jour de plus, aux niveaux ou je suis une portion de l'âme wallonne.


J'abandonne donc - avec une certaine tristesse - mon appartenance au groupe ECOLO et je renonce donc aux mandats dérivés de ma qualité de conseiller municipal. Je remercie ces compagnons dont les luttes HORS DE LA STRUCTURE D'ETAT BELGICAINE resteront les miennes : je n'aurai pas à m'y associer puisque essentiellement, les objectifs en sont et resteront les miens.


C'est en homme de gauche que j'agis.


En partisan de la République, en enfant des corons qui ont fait le paysage d'affection du Nord cher à Bachelet le chanteur des houillères, et aussi l'image de Carmeaux, haut lieu du minerai de fer, si cher à Jaurès.

En enfant écarté du peuple de France et de son monde du travail par la géopolitique, mais « proche » - au sens familial - de ce peuple par rapport auquel les Wallons sont encore - provisoirement - des cousins non intégrés.


En citoyen aussi d'une Europe qui a besoin de patries cohérentes en leur sein pour être convergentes et associées dans leur destin.


En multilingue qui sait qu'on ne perçoit bien les cultures d'ailleurs qu'en valorisant d'abord et avant tout la sienne, en l'occurrence en passant par la francophonie répartie sur plusieurs continents.


Je siégerai ici dorénavant comme représentant du Rassemblement Wallonie-France. Dans un respect à l'égard de tous et en appuyant mes actes sur des convictions socialistes et laïques inébranlables.


Les valeurs socialistes sont toujours excellentes à mes yeux, dans le cœur de celles et ceux qui les vivent réellement hors des pièges de l'instrumentalisation.


La laïcité, quant à elle, est indispensable dans des sociétés contaminées par trop de ghettos, de replis et de cloisons et par une montée des fondamentalismes.


La loi française du 9 décembre 1905 instaurant, pour le bien commun, la séparation de la République et des cultes, dans le respect non subsidiant des options religieuses et philosophiques personnelles et démocratiquement associées, est et sera ma référence. 


Vive la Wallonie. Vive la Wallonie en France. Vive la République. Vive la France...


Vivent la Liberté, l'Egalité et la Fraternité… »


Toutes les idées d’Ernest Glinne sont exprimées dans ce discours. Pour terminer, il nous révèle ce que son beau-frère, mineur de fond lui disait en wallon à la Maison du Peuple qui fut toujours son havre de militantisme et de fraternité.


« t’saveu Ernest, vous quand vos astez à l’maison du peupe, vos parlè de l’Internationale, hé bin nous quand nos astons din l’fosse hein, on fait l’Internationale tous les djous. Qu’on fuche Flamin, qu’on fuche Italien, qu’on fuche Marocain. Quand y da uin qui ramasse su s’tiesse, on est tertous là ».


L’Internationale pensée et l’Internationale vécue, tout le combat du Socialisme. Ernest Glinne était de ce monde là. Il l’a bien représenté et s’est battu pour lui jusqu’à on dernier souffle.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 11:41

Iran : la manipulation continue.

 

Nous avons évoqué dans une livraison précédente la manipulation des Occidentaux dans les événements qui secouent l’Iran. Le rôle des Etats-Unis et de la France n’est plus à démontrer.

 

Dans une récente interview à la chaîne TV américaine CNN, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton avoue clairement le rôle des Etats-Unis dans la « révolution verte » iranienne.

 

En effet, l’opposition républicaine reprochait à Obama sa passivité envers la situation en Iran. Les services américains avaient nié toute intervention dans les troubles à Téhéran et le président affichait volontairement une neutralité silencieuse.


Or, dans un entretien accordé à Farred Zacharia, journaliste américain d’origine indienne, spécialiste du Moyen Orient, le 9 août 2009 sur CNN, la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, a confirmé ce que ses services niaient jusque là : les États-Unis ont joué un rôle très important dans la pseudo « révolution verte » en Iran et ont fabriqué de faux messages d’Iraniens sur Twitter.


En voici le script :


Fareed Zakaria : À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que le président et vous-même avez été trop lents à condamner ce qui paraît avoir été des élections frauduleuses ; trop lent à offrir un soutien aux gens d’en bas parce que vous vouliez préserver l’option de négociations avec l’Iran. Pouvez-vous réellement négocier avec l’Iran dans cette situation ?
Je comprends, qu’en général, on négocie avec toutes sortes de régimes. mais en pratique, maintenant, avec Ahmadinejad intronisé dans une atmosphère très conflictuelle, n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ?


Hillary Clinton : laissez-moi répondre à la première partie de votre question sur notre réaction. Il y avait un autre aspect très important. Nous ne voulions pas nous ne voulions pas nous trouver entre les protestations et manifestations légitimes du peuple iranien et le pouvoir. Et nous savions que si nous intervenions trop tôt, trop fort, l’attention aurait pu basculer et le pouvoir aurait essayé de nous utiliser pour unifier le pays contre les protestataires. C’était une décision difficile à prendre, mais je pense que, rétrospectivement, nous nous en sommes bien sortis. Ceci dit, en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez, la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez », malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous continuons à parler avec et à soutenir l’opposition.




Hillary Clinton voulait-elle calmer l’opposition républicaine ou jeter des bâtons dans les roues d’Obama ? Il est difficile de répondre.


Second aspect : l’attitude de la France. Y aurait-il une divergence entre Sarkozy et son va-t-en-guerre de Kouchner ? Tout d’abord le plus brillant diplomate de France n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat : « L'ambassade de France à Téhéran avait pour consigne d'accueillir des manifestants iraniens "poursuivis" si ceux-ci lui demandaient refuge, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, dans un entretien publié lundi 10 août dans Le « Parisien/Aujourd'hui ». Le « Monde » du 10 août rapporte : « Arrêtée aux côtés de l'universitaire française Clotilde Reiss et d'autres manifestants contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, Nazak Afshar, une employée franco-iranienne de l'ambassade, avait affirmé samedi lors de son procès avoir reçu comme consigne de son employeur de donner asile si nécessaire à des manifestants. "Si des manifestants poursuivis cherchaient refuge à l'ambassade de France, la consigne était d'ouvrir la porte", a déclaré M. Kouchner au Parisien, ajoutant : "C'est une consigne de tous les Européens. C'est notre tradition démocratique."



Cette attitude de Kouchner est irresponsable. User d’une employée d’ambassade et d’une jeune universitaire dans un pays ayant un régime totalitaire parmi les plus dangereux, est inadmissible sur le plan de l’éthique, mais aussi de l’efficacité diplomatique. En agissant ainsi, Kouchner met la position de son pays en porte-à-faux.


Redoutant sans doute un retournement dans l’opinion publique, Sarkozy a décidé de s’occuper de cette affaire depuis son lieu de villégiature, le Cap Nègre. En clair, il règle cette question sans l’aide de Kouchner. Fi de « l’ingérence humanitaire », place à la négociation ! Et puis, il ne faut pas négliger les intérêts de ses amis : il faut laisser une porte ouverte pour la vente de nucléaire civil à l’Iran. Quels furent les enjeux de cette négociation qui s’est passée par l’intermédiaire de la Syrie ? On ne le sait pas encore, sinon qu’une caution de 300.000 Euros a été versée pour Nazak Afshar qui a été libérée. Clotilde Reiss sera probablement assignée à résidence à l’ambassade de France à Téhéran, au moment où nous « postons » cet article.


 












Passerait-on de la politique du pire à la Kouchner à la real-politique, incarnée par Sarkozy ? Néanmoins, comme l’écrit Marianne2.fr dans sa livraison de lundi 11 août : « Depuis son élection, le président français a adopté une position brouillonne face à l'Iran, un mélange de provocations verbales sans lendemain et d'ouverture : il s'est montré particulièrement hostile à l'Iran, mais en même temps il a toujours laissé la porte ouverte à un équipement nucléaire civil de l'Etat perse. Sarkozy a ainsi prêché les sanctions, appelé à la société civile (?), installé une base française à quelques kilomètres des côtes de l'Iran, et critiqué « l'ampleur de la fraude » électorale lors du scrutin de juin dernier. Mais il persiste aussi à proposer un accord nucléaire civil si l'Iran renonçait à ses plans militaires.

Une position qui tranchait avec le constat lucide de Barack Obama : « La différence entre M. Ahmadinejad et M. Moussavi en terme de politique pourrait ne pas être aussi grande que ce qui a été dit », avait-t-il déclaré en juin dernier. « D'un côté comme de l'autre, nous allons traiter avec un régime iranien historiquement hostile aux Etats-Unis ».

Cela tranche aussi avec la prise de position de Hillary Clinton.

Qui manipule qui, en cette affaire ?


Connaissez-vous la burqini ?


L’islamisme a aussi ses modes. Après la burqa, voici la burqini. Il s’agit d’une tenue de bain pour les femmes musulmanes qui recouvre la tête et qui, comme un training, recouvre une bonne partie du corps. C’est une certaine Aheda Zanetti, une musulmane vivant en Australie, qui a inventé ce curieux « habit ». C’est très à la mode en Turquie, notamment dans la station touristique de Antalya, où l’on a ouvert des hôtels islamiques qui ont pour caractéristique de séparer les hommes des femmes dans leurs activités estivales, notamment dans la piscine où les femmes plongent affublées de la burqini. Le soir, elles ont droit à leur propre night club où elles ont même le droit de batifoler entre nanas en robes décolletées. On n’arrête pas le progrès ! Au Sud du Liban contrôlé grâce à la grande vision géostratégique d’Israël, par le Hezbollah, il existe des plages réservées aux seules femmes en burqini.


A Emerainville, en Seine et Marne, une femme s’est présentée à la piscine municipale revêtue de sa burqini et a plongé. Le maître nageur l’a invitée fermement à remonter car sa tenue est contraire au règlement d’hygiène de cette piscine. En effet, on conçoit difficilement qu’un(e) nageur(se) plonge tout habillé(e)… Bien sûr, grand scandale ! La dame dépose plainte auprès du procureur de la République à Meaux et compte avertir le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) dont le communautarisme est bien connu.


Voilà donc un double interdit dans les piscines : le monokini (indécence…) et la burqini (hygiène). Par contre sur les – enfin certaines - plages, on fait ce que l’on veut. Il serait amusant que les femmes en burqini et en monokini s’y côtoient. Ce serait vraiment le progrès !













                                               La burqini ou le monokini, il faut choisir !

L’apprentissage très néolibéral des Ecolos


Plus d’un a été surpris parle casting Ecolo pour les gouvernements régionaux et communautaire de la partie Sud de la Belgique. L’hebdomadaire satirique « Pan » semble avoir la réponse. Bien sûr, la plupart des heureux élus sont issus de la FEF, Fédération des Etudiants Francophones, qui fut le fer de lance contre le manque de financement de l’enseignement de la Communauté française dans la décennie 1990. On y retrouve Jean-Marc Nollet, Philippe Henry, Emily Hoyos et des PS comme Bucella et Gregor Chapelle.


Rien à dire. C’est le parcours normal de jeunes se lançant dans la politique.


Par contre, certains d’entre eux ont subi une bien curieuse formation. Ils ont fait un séjour à l’Institut Aspen. De quoi s’agit-il ?


Cet institut est typique de la lettre et de l’esprit néolibéral. Une école privée discrète, ne faisant guère de publicité, dans un environnement de luxe avec un corps académique composé d’importants businessmen, forme des jeunes universitaires prometteurs à devenir les cadres politiques et les managers futurs. Sortir de ces écoles vaut bien plus dans un CV que tous les diplômes universitaires de  troisième cycle décrochés dans les plus prestigieuses Alma mater.


Qu’est-ce que l’Institut Aspen ?


L'institut Aspen est un cercle de réflexion et d'influence international à but non lucratif fondé en 1950 à Aspen dans le Colorado aux États-Unis dédié au « commandement éclairé, l'appréciation d'idées et valeur éternelles, un dialogue ouvert sur des thèmes actuels ». Son orientation en politique étrangère est d'inspiration atlantiste. L'institut a des chapitres à Berlin, Washington, Bucarest, Rome, Lyon, New-Delhi et Tokyo.


« Valeurs éternelles » et « atlantiste » dénotent bien la coloration néoconservatrice de cette formation.


Le Réseau Voltaire en dresse l’historique : « Mêlant festival culturel, formation aux humanités et réflexion stratégique mondiale, l’Institut Aspen ne veut être ni un think tank, ni un Davos états-unien, mais un club pour une élite raffinée. Cette prétention intellectuelle et artistique permet aussi d’attirer des dirigeants d’Europe et d’Asie que la vulgarité des nouveaux riches texans rebute. L’institut est aussi propriétaire du domaine de Wye River où les présidents des États-Unis aiment à recevoir les grands de ce monde à l’abri des regards. »


Il est intéressant e voir comment cet institut fut fondé par un riche homme d’affaires américain, grand amateur de musique classique et d’architecture. Cet Institut évolua rapidement de lieu de rencontre dans le cadre enchanteur d’une station de ski du nom de Aspen (les néolibéraux adorent le ski, regardez Davos !) à un centre de formation à l’idéologie néoconservatrice.




« À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le milliardaire Walter Paepcke, fondateur de la Container Corporation of America, rechercha un havre de paix où se ressourcer en écoutant de la musique et en dessinant de nouvelles lignes d’architecture. Le choix de l’esthète se posa sur le cadre enchanteur d’une station de ski naissante, Aspen (Colorado). Il y fit dresser par l’architecte finlandais Eero Saarinen une sorte de tente qui fasse amphithéâtre et salle de concert pour 2000 invités. Et il y convoqua un festival de musique classique à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Goethe, en 1949. En ce début de Guerre froide, Albert Schweitzer, Ortega y Gasset (philosophe fascisant) et quelques autres s’y laissèrent émouvoir par les mélodies romantiques interprétées par Arthur Rubinstein. Se plaisant au jeu, le mécène organisa l’été suivant un festival culturel de trois mois au cours duquel des conférences sur le Bauhaus alternèrent avec des concerts d’Isaac Stern et des projections cinématographiques. S’enhardissant, Walter Paepcke conçu le projet de délivrer à ses amis présents, chefs d’entreprises comme lui, une formation humaniste à la prise de décision inspirée de l’enseignement du professeur Mortimer J. Adler. Le mécène se muant en maître, il entreprit d’organiser, dès 1951, au cours du festival, un séminaire pour une vingtaine de dirigeants sur « Notre héritage américain », puis sur « La liberté humaine » et bientôt les conférences de Friedrich von Hayek (le penseur fondateur du néolibéralisme)  sur le libéralisme économique. C’est ainsi que naquit progressivement l’Institut Aspen pour les études humanistes. »


En 1978, l’Institut se vit offrir par de généreux mécènes le splendide domaine de Wye River (Maryland) qui lui sert désormais de siège.


En 1984, l’Institut se dote d’un Groupe de stratégie (Aspen Strategy Group), initialement pour favoriser un débat bipartisan sur la réduction de la course aux armements, puis pour aborder tous les grands sujets de politique étrangères.


L’Institut Aspen ouvre des filiales en Allemagne autour du Haut-commissaire états-unien Shepard Stone  (1974), en Italie (1984), en France avec l’ancien Premier ministre Raymond Barre (1985), et maintenant en Inde avec le « patron des patrons » Tarun Das (2004).


Le domaine de Wye River devient un haut lieu de la politique internationale. En 1990, c’est là que George W. Bush (père) et Lady Thatcher discutent du Nouvel ordre mondial avant que le président ne prononce son discours sur le sujet au Congrès. En 1991, il abrite la réunion préparatoire du sommet mondial de Rio sur l’environnement.

Aujourd’hui l’Institut Aspen est dirigé par Walter Isaacson, ancien directeur de CNN, puis de Time Magazine. Des personnalités prestigieuses de la politique ou de « l’industrie culturelle » siègent au Conseil d’administration : le prince saoudien Bandar bin Sultan, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine K. Albright, Michael Eisner (Disney), le secrétaire général adjoint de l’ONU Olara A. Otunu, ou encore Jack Valenti, le patron du syndicat d’Hollywood.


C’est à l’Institut Aspen à Lyon que nos « très progressistes » Ecolos ont effectué leur stage.



C’est l’ancien Premier ministre de Giscard d’Estaing, Raymond Barre, « le premier économiste de France » dont le néolibéralisme affiché n’empêchait pas l’expression d’un certain antisémitisme, qui développa l’Institut Aspen en France dans sa bonne ville de Lyon dont il fut maire. Cet Institut fut fondé à Paris en 1983 par Olivier Mellerio, grand patron dans le secteur du luxe.  Développé sous l’égide de Raymond Barre, établi à Lyon en 1994, l’Institut Aspen France est membre d’un réseau international créé aux Etats-Unis et présent en Allemagne, en Italie, en Roumanie, en Inde et au Japon.


                          Walter Isaacson


                            
Les programmes d’Aspen couvrent trois grands domaines thématiques :

  • la compréhension de la mondialisation, des contraintes et des opportunités qui en résultent ;
  • la prise de conscience des avancées scientifiques en cours dans de nombreux domaines, des promesses et des risques associés et des dilemmes qu’elles posent aux dirigeants ;
  • l’aggiornamento du modèle économique, politique et social français.

L’Institut Aspen France est présidé par Michel Pébereau, président du conseil de surveillance de BNP Paribas. Il dispose d’une équipe opérationnelle de 5 personnes et d’un budget annuel d’un million d’euros, financé pour un tiers par les collectivités territoriales de la région Rhône-Alpes et pour deux tiers par des mécènes privés, entreprises, fondations et personnes physiques.


A voir le profil de ses dirigeants, son programme et ses objectifs, il est inutile d’ergoter sur l’environnement idéologique de l’Institut Aspen. Le conseil de surveillance d’Aspen France comprend trente membres dont l’ancien PDG de Total, Thierry Desmarets, accusé d’être le responsable de la plus grande catastrophe écologique de la Manche, le naufrage de l’Erica. On y trouve aussi Gérard Mestrallet, le grand patron de Suez Gaz de France et chaud partisan de l’énergie nucléaire.


Curieuses fréquentations pour des Ecolos !


Autre aspect : comment conçoit-on la sécurité de l’Europe à l’Institut Aspen ? Ce fut un conférencier, spécialiste de la géostratégie et affichant ouvertement son atlantisme, Bruno Tertrais qui tenta d’apporter une réponse. C’est le Ba ba de l’atlantisme. Il distingue les risques certains et les risques fantasmatiques. Parmi les premiers, il y a bien entendu le « jihadisme » (logique du choc des civilisations), l’Iran pour sa potentielle puissance nucléaire, son « soutien au terrorisme international » et sa volonté de puissance au Moyen-Orient (en clair, il n’est pas question que l’Iran puisse devenir un arbitre dans la poudrière du Moyen-Orient), puis la Russie qui pourrait sanctionner l’Europe en coupant ses fournitures de gaz,  le trafic de drogue. Il y a des risques indirects comme la possibilité d’un basculement du Maroc dans l’islamisme ou un conflit de grande ampleur en Asie. Dans les risques dits fantasmiques, Tertrais énumère le risque nucléaire qui est très faible, une menace militaire qui est fort improbable, une guerre pour l’eau, elle aussi fort hypothétique. Et cerise sur le gâteau : « Les menaces issues du changement climatique. Même observation que ci-dessus : les effets du changement climatique (désertification ou inondation provoquant des migrations par exemple) pourront être un élément de conflits futurs, mais pas la cause directe. Notons que ces phénomènes ont toujours existé dans l’histoire et ne constituent en rien une nouveauté. » Le réchauffement climatique qui ne constitue pas une « nouveauté » et a toujours existé.


Voilà un raisonnement que nos « académiciens » écolos auront bien difficile à soutenir devant leur base !

Parmi les ministres Ecolos qui ont fait un séjour à l’Institut Aspen, on compte Jean-Marc Nollet, le ministre bruxellois Christos Doulkeridis, le ministre wallon Philippe Henry et la députée fédérale Juliette Boulet. Au PS, on compte Jean-Charles Luperto, dit le « téléphoniste », jeune président du Parlement de la Communauté française.

Il est intéressant de voir ce que Doulkeridis en pense : « Comme d’autres personnalités politiques belges de sa génération (Doulkeridis a 38 ans l’époque), le député bruxellois se voit offrir une formation gratuite chez Aspen, en France. Pourquoi cette générosité ? « Les décideurs économiques ont dû se dire que, tant qu’à se retrouver face à des politiques, autant qu’ils soient à la hauteur... », répond sans ambages l’intéressé.


Cette année-là, trois hommes politiques belges sont finalement retenus au terme d’entretiens de motivation : Jean-Marc Nollet (actuel vice-président du gouvernement wallon)), Xavier Baeselen (député-échevin MR de Watermael-Boitsfort) et Doulkeridis lui-même. Aux côtés de ces trois Belges, des Français, deux Marocains, un Libanais, deux Égyptiens.




« Le principe était de mélanger tant les zones géographiques que les couleurs politiques démocratiques, précise notre interlocuteur. Nous avons suivi quatre séminaires de trois jours, sur six mois plus ou moins. À chaque fois, il s’agissait de déterminer comment l’on définit une stratégie : en comprenant un enjeu, puis en se mettant dans une position qui n’est pas la position de la dénonciation. En clair : comment est-ce que l’on arrive à comprendre, à apprendre, puis à convaincre, lorsque l’on se trouve dans une position bloquée ? »



                            Christos Doulkeridis

Le programme suivi par les élus comprend des séances de développement personnel, mais également des analyses de situations réellement vécues par des hommes politiques ou des personnalités du monde des entreprises. Christos Doulkeridis se souvient ainsi avoir étudié comment la France est parvenue, après des épisodes dramatiques, à construire la paix en Nouvelle-Calédonie, avoir entendu Simone Veil expliquer comment elle est parvenue à faire passer la loi sur l’IVG dans un contexte plutôt frileux sur le sujet (en 1974), ou avoir rencontré le ministre italien de la Fonction publique, Franco Bassanini, qui, de 1996 à 2001, mena à bien une réforme réputée « impossible » dans l’administration transalpine.


« L’idée n’était pas de copier ces stratégies, précise le président du Parlement francophone bruxellois, mais de se rendre compte que les prises de décision se sont faites dans le cadre de stratégies réfléchies, définies, puis seulement mises en place. Par ailleurs, on n’essayait pas de convaincre sur le fond, mais au contraire de tirer parti de nos différences, en nous confrontant à des enjeux communs. »

On est ébahi devant tant de candeur de la part d’un responsable politique.

Dans cette affaire, les Ecolos et certains Socialistes montrent leurs contradictions. Comment défendre une politique progressiste en acceptant d’être formé par une officine néolibérale ? Sans avoir analysé les objectifs et les méthodes de l’Institut Aspen, sa composition aurait dû constituer un signal d’alarme suffisamment audible pour nos jeunes politiciens.


Ecolo reste un parti fourre-tout qui se base sur des slogans et des a priori, mais qui est prêt à toutes les compromissions, sans doute malgré lui. Quant au PS, il a renoncé depuis longtemps à ses formations de base et son idéologie s’en est trouvé diluée. L’exemple d’un Luperto, animé par ses seules ambitions personnelles, est probant.

L’Olivier tel qu’il est parti, est loin d’annoncer des réformes progressistes, à moins qu’au sein d’Ecolo et du PS, des militants attachés à la dynamique progressiste se réveillent.

On peut rêver.

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 09:44

 

La polémique en France sur le projet Hadopi est loin d’être terminée. Il s’agit d’une réforme voulue par Sarkozy (une de plus !) destinée à combattre la « piraterie » sur Internet. Comme toutes les réformes sarkoziennes, celle-ci a aussi un agenda caché.

 

Le Bouffon de la République

 

Quand le nouveau Bouffon de la République, le sinistre Frédéric Mitterrand, s’adresse au Parlement par un discours qui restera dans les mémoires. : invoquant Arletty et Edith Piaf, le nouveau ministre a fait vibrer au delà du raisonnable sa voix de Britannicus pour crier la chute des artistes dans «le caniveau des pirates». Une pompe si étouffante qu'elle pourrait convaincre le PDG d'Universal de rallier le camp des anti-Hadopi ! Car, non content d'avoir été ramené à la vie publique pour ressusciter la mémoire politique d'un mort, l'occupant de la rue de Vallois n'a guère évoqué dans son argumentaire que des artistes ayant reçu les hommages posthumes : Arletty, Jean Seberg, Edith Piaf, Michel Serreault, Serge Gainsbourg... Sans parler de Platon et Balzac qui ont nourri son préambule.



 

Quand il se confie sur ses «goûts personnels», c'est Jane Birkin, Alain Souchon et Vincent Delerm qu'il invoque. Difficile de trouver pires exemples que les deux premiers pour battre en brèche les «rentiers» du système des droits d'auteur, régulièrement épinglés pour leur façon de profiter du système de l'intemittance. Pour défendre le concept, il ressort du formol «un compositeur français qui a fini sa vie dans une pauvreté pathétique». Mille noms viennent en tête. Mais l'ineffable brandit comme un étendard : «Rouget de Lisle» ! La démonstration culturelle vire à l'éloge patriotique malvenu : n'y avait-il pas assez des misères romantiques de Rimbaud et Van Gogh ? Non, et pour une raison simple : la création ne semble guère préoccuper notre ministre. (Voir Marianne2.fr)

 Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture


Lorsque des artistes de gauche comme Pierre Arditi ou Juliette Gréco lancent une pétition en faveur de ce projet de loi qui défendrait les revenus des auteurs et des artistes, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils sont manipulés. Car c’est justement le PDG de Vivendi - Universal, Jean-René Fourtou, qui est un des maîtres du jeu. Les artistes et les auteurs ne servent que de faire valoir dans cette affaire. Ce qui est proprement scandaleux ! On les manipule pour qu’ils revendiquent leur propre esclavage. Ce n’est plus la patrie qui est en danger, c’est l’art qui devient une simple marchandise comme les yaourts vendus en grande surface.


  




















Pierre Arditi et Juliette Gréco ont-ils été manipulés ? A-t-on joué sur leur haute conscience de leur profession ?

Qu’est donc ce projet qui mobilise tant l’opinion publique ?


Hadopi signifie « haute autorité pour la diffusion des œuvres et pour la protection des droits sur Internet » est la clé de ce projet. Cette Haute autorité aurait plusieurs missions. Elle serait chargée du suivi de l'interopérabilité des dispositifs de DRM, de l'élaboration d'études sur la question des droits d'auteur (« offre légale », liens piratage - vente en ligne, etc.) et de la surveillance des droits d'auteurs sur Internet[]. Elle aurait également pour mission d'évaluer les technologies de filtrage et tatouage des contenus : « L'Hadopi évalue (…) les expérimentations conduites dans le domaine des technologies de reconnaissance des contenus et de filtrage par les concepteurs de ces technologies, les titulaires de droits sur les œuvres et objets protégés et les personnes dont l’activité est d’offrir un service de communication au public en ligne. »

Il est aussi prévu de faire de cette autorité un intermédiaire entre l'ayant droit (chargé de fournir les adresses IP des abonnés suspectés d'avoir manqué à l'obligation de surveillance) et le fournisseur d'accès à Internet (chargé d'identifier les abonnés et de procéder in fine à la coupure de leur accès Internet).

L'indépendance de cette Haute autorité est contestée par les opposants au projet de loi, considérant que le président de l'Hadopi sera nommé par le pouvoir exécutif, via décret.
.

Le projet de loi « Hadopi 2 » déjà adopté par le Sénat et soumis à l’examen de l’Assemblée nationale, ne sera éventuellement adopté qu’à la rentrée suite à des manœuvres de l’opposition socialiste.

La loi création et internet, avant sa censure, avait pour but, en plus de la création de la haute autorité soi-disant indépendante de :

  • instaurer une sanction administrative punissant spécifiquement le défaut de surveillance de son accès Internet contre l'utilisation de celui-ci par un tiers pour la diffusion d'une œuvre auprès du public sans l'accord ses ayant-droit.
  • mettre en œuvre ces sanctions selon la méthode de la « réponse graduée » : un courriel d'avertissement en guise de premier rappel à la loi, puis un courrier d'avertissement par lettre recommandée, et la coupure de la connexion Internet en dernier ressort.
  • faire de cette autorité un intermédiaire entre l'ayant droit, chargé de fournir les adresses IP des abonnés suspectés d'avoir manqué à l'obligation de surveillance et le fournisseur d'accès à Internet, chargé d'identifier les abonnés et de procéder in fine à la coupure de leur accès Internet.

La censure du Conseil Constitutionnel interdit cette coupure, si elle n'est pas prononcée par un tribunal judiciaire, après débat contradictoire.


Les coûts d'application de la nouvelle loi, y compris après sa censure, sont estimés par le ministère de la Culture à 6,7 millions d'euros, mais les fournisseurs d'accès les chiffrent en dizaines de millions d'euros[ (100 millions selon La Fédération française des télécoms). De plus, les internautes recevraient l'injonction d'installer sur son ordinateur un logiciel de sécurisation payant et non interopérable.




La député socialiste Corinne Erhel  opposée au projet dit tout simplement : Zéro € pour la création : les seuls chiffres valables aux yeux du ministre sont ceux qui mettent en parallèle l'augmentation du piratage et la baisse des ventes de disques. Si les artistes sont payés, ce sera par leur propre succès dans un marché délicieusement délivré de la «concurrence déloyale du téléchargement». Des artistes libres dans un marché libre : que demandent les poètes ?

Les multinationales des médias engrangent un maximum dans cette loi, les artistes n’auront même pas des cacahuètes, ils n’auront rien !
 




Corinne Erhel

L’offensive des multinationales du « Net »


En clair, la Hadopi sera une sorte de police du Net. C’est bien entendu cela qui est contesté. En effet, aux Etats-Unis, récemment, un Américain de 25 ans du nom de Joel Tenenbaum vient d’être condamné à payer 675.000 USD pour avoir téléchargé trente morceaux de musique !


Il est symptomatique que la La Recording Industry Association of America (RIAA), l'association des éditeurs de musique aux Etats-Unis, s'est félicitée de ce jugement, estimant que Joel Tenenbaum "avait finalement reconnu que les artistes et l'industrie du disque devaient être rémunérés pour leur travail". A l'audience, lorsqu'on lui a demandé s'il regrettait d'avoir téléchargé de la musique illégalement, Joel Tenenbaum avait refusé de répondre, jugeant la question "biaisée". "Je ne regrette pas d'avoir bu de l'alcool alors que je n'avais pas l'âge légal quand j'étais à la fac, même si je me suis fait attraper plusieurs fois", a-t-il ajouté. Ce jeune « pirate » ne manque pas d’humour ! Il y a un précédent. Le mois dernier, Jammie Thomas, une Américaine de 32 ans, avait été condamnée à verser 1,92 millions de dollars aux maisons de disque pour le téléchargement de 24 chansons.


Ces deux affaires sont les seuls procès intentés jusqu’à présent par l'industrie du disque contre des particuliers qui soient allés jusqu'au verdict, la RIAA proposant en général un « règlement à l'amiable » pour un montant de quelques milliers de dollars qui est le plus souvent accepté.


Il est clair que la RIAA qui représente les multinationales du disque veut frapper fort et demande l’application stricte de la loi. Finis les « règlements à l’amiable ». On prononce des sanctions absolument disproportionnées avec la « gravité » du délit. Ces deux jeunes-gens sont ruinés jusqu’à la fin de leurs jours ! C’est une véritable mort civile qu’ont prononcé ces tribunaux. Où sont les droits de l’homme ? Allo, la LDH, aux abonnés absents ?!


Voilà donc le véritable objet de ces lois : protéger les éditeurs et non les auteurs. Ce ne sont pas les droits d’auteur qui sont « bafoués » par le piratage, mais les éditeurs qui estiment avoir été lésés par ces deux personnes.


L’Europe se rebiffe.


D’ailleurs, le Parlement européen ne s’est pas trompé. Si la Commission européenne ne voit aucune objection au projet de loi Hadopi, le 10 avril 2008, le Parlement européen adopte une résolution qui engage les États membres à « éviter l'adoption de mesures allant à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que l'interruption de l'accès à Internet ». Une résolution n'a pas force de loi mais indique la volonté du Parlement.


Cependant, la Commission n’en reste pas là. Elle prépare ce qu’on appelle le « paquet télécoms ». A l'origine, ce paquet n'a pas l'intention de réguler les contenus des réseaux de télécommunications, mais uniquement de régler des problèmes de concurrence communautaire.


En septembre 2008, la Commission Européenne tente de rajouter au paquet télécoms, des modifications validant le concept de riposte graduée.


Le 24 septembre 2008, en première lecture du paquet télécoms, le Parlement vote à 88 % pour l'amendement 138 qui dit : « Aucune restriction ne peut être imposée à l'encontre des droits fondamentaux et des libertés des utilisateurs finaux, sans décision préalable des autorités judiciaires, notamment conformément à l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sur la liberté d'expression et d'information, sauf si la sécurité publique est menacée. » Selon les interprétations de ses rédacteurs (Guy Bono, Daniel Cohn-Bendit et Zazana Roithová) et les opposants au texte de loi Hadopi, cet amendement empêcherait de confier à une autorité publique le droit de couper l'accès Internet à un individu, sans le recours à un juge, et donc à un débat contradictoire. Mais Sarkozy n’en reste pas là. Après avoir demandé à Barroso de retirer cet amendement de la directive, le Conseil européen refuse de donner raison au Français et maintient l’amendement. La France prend la présidence de l’Union européenne.

Suite à cette affaire, un député suédois a été élu le 7 juin dernier au Parlement européen avec pour seul programme la défense de la liberté de télécharger sur Internet ! Comme quoi, cette question préoccupe l’ensemble de la société. Le 20 novembre 2008, la France alors en charge de la présidence de l'Union européenne, décide de retirer cet amendement avant de présenter le texte au Conseil de l'Union européenne.


En mars 2009, il est annoncé que l'amendement 138 sera de nouveau présenté au Parlement européen en deuxième lecture, sous le numéro 46. Cette fois, il est présenté par la rapporteuse elle-même. Dans sa version finale, l'amendement insiste encore plus sur l'obligation d'un jugement équitable avant toute coupure d'Internet.

Le 23 mars 2009, le rapport Stavros Lambrinidis est voté. Il recommande de créer une directive européenne interdisant la surveillance automatisée d'Internet et considère le droit à l'éducation par Internet comme fondamental. Le rapport Medina Ortega, qui préconisait le principe de riposte graduée, est reporté sine die.


Le 21 avril 2009, le paquet télécoms est soumis au vote de la Commission ITRE (commission du Parlement européen compétente pour l'Industrie, la Technologie, la Recherche et l'Energie. Elle a la politique des médias dans ses compétences). La présentation de l'amendement 46 à l'Assemblée Européenne est accepté à 40 voix pour et 4 contre.Le 28 avril 2009, un nouveau compromis sur l'amendement 46, devant satisfaire la Grande-Bretagne et la Pologne, est trouvé. Le compromis est validé le 29 avril 2009 par le Conseil de l'Union européenne mais le texte original de l'amendement 138 est déposé en parallèle par des députés qui jugent le compromis trop ambigu.

Le 6 mai 2009, après plusieurs rebondissements quant à l'ordre des deux amendements concurrents, l'amendement reprenant le texte original de l'amendement 138 est voté à 404 voix pour et 57 voix contre. L'amendement 46 résultant du compromis avec le Conseil tombe (car sans objet, puisque le texte a été modifié par l'amendement concurrent). Les 12 et 13 juin 2009, le texte est examiné par le Conseil de l'UE.


Les pirates sont partout !


Un autre pays connaît des problèmes similaires : la Suède. Trois jeunes Suédois : Fredrik Neij, Gottfrid Svartholm et Peter Sunde sont les fondateurs de The Pirate Bay, un site internet d'échange de fichiers revendiquant plus de 22 millions d'utilisateurs qui est devenu la bête noire de Hollywood. Comme les trois mousquetaires qui étaient quatre, il y a, en outre,Carl Lundström, héritier d'une immense fortune (11 milliards de dollars de patrimoine !), connu pour son soutien à l'extrême- droite suédoise, il serait le sulfureux financier de cette flibuste ! Depuis le 16 février se tient à Stockholm le procès qui passionne les internautes du monde entier. Les quatre «pirates» risquent jusqu'à deux ans de prison et 123 000 euros d'amende chacun. Parties civiles au procès, les majors de la musique et du cinéma réclament 9,3 millions d'euros de dédommagement. «Nous n'avons pas d'argent, ils n'auront pas un cent !».

.Depuis 2003, les militants anti-copyrights de The Pirate Bay narguent les majors grâce au protocole BitTorrent qui permet aux utilisateurs de se connecter entre eux afin d'échanger films, CD ou logiciels. The Pirate Bay ne joue ainsi que le rôle d'entremetteur et n'héberge jamais directement les contenus. Jouant sur ce subtil distinguo, les pirates suédois ont, durant plusieurs années, échappés aux poursuites. En 2006, pourtant, la police suédoise perquisitionne leurs locaux et saisit leurs serveurs. Avec l'aide de militants, les administrateurs réussissent à remettre le site sur pied en trois jours. L'affaire fait de The Pirate Bay une véritable légende, et un symbole pour les militants du téléchargement libre. Mais le 31 janvier 2008 un procureur suédois décide de poursuivre. L'industrie de la culture semble vouloir faire un exemple. Les accusés, eux, ont décidé de faire de ce procès une tribune en faveur de la libre circulation des contenus. «Le mot pirate est une étiquette que l'on colle aux gens qui n'utilisent pas des moyens traditionnels de distribution», argue Peter Sunde, porte- parole de The Pirate Bay. Ils ont ainsi obtenu que l'intégralité des audiences soit diffusée sur le site de la télévision publique. Sur internet, des militants retranscrivent et traduisent les minutes quasiment en temps réel. L'accusation, elle, veut casser cette image de gentils corsaires. «Ce n'est pas un procès politique, ce n'est pas un procès qui a pour but de fermer une sorte de bibliothèque populaire», a ainsi déclaré Monique Wadsted, avocate de l'industrie du cinéma et du jeu vidéo américains.


Les pirates, eux, se disent confiants. Selon Per Samuelson, avocat de la défense, il est «légal d'offrir un service qui peut être utilisé de manière légale et illégale. Cela peut être comparé à la fabrication de voitures qui peuvent rouler plus vite que la vitesse autorisée». Quel que soit le verdict, attendu pour le début du mois de mars, The Pirate Bay a déjà annoncé qu'il poursuivrait ses activités.


En France, le nouveau projet « Hadopi » est d’apparence  moins répressif que le premier. La « Haute autorité » - surnommée « l’usine à gaz » par ses opposants – n’aura plus de pouvoir coercitif. Elle sera composée de magistrats qui après deux infractions constatées de la part d’un Internaute, et une proposition de transaction, pourra prononcer une sanction éventuelle d’amende et de suspension de l’accès à Internet. Si l’Internaute conteste, la sanction est suspensive et le dossier est transmis aux tribunaux.


Ce système s’appelle une loi d’exception qui ressemble fort aux lois du régime pétainiste. Des magistrats d’une juridiction d’exception transmettent aux magistrats des tribunaux le dossier après l’avoir traité et recommandé une sanction. Celle-ci de  « contractuelle » deviendra pénale. Retour à la case départ avec un peu plus d’hypocrisie.


Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir estime que «La loi Création et Internet ne règle aucun des problèmes fondamentaux. Le véritable enjeu, c'est l'accès de tous à la diversité culturelle, moyennant, bien entendu, une juste rémunération. Or cette loi part en guerre contre le téléchargement dans un contexte technique et juridique inapproprié. Qu'est-ce qui justifie une loi d'exception ? Il existe d'autres solutions. On pourrait mettre en place un système de licence collective. Chacun pourrait payer sur son abonnement internet une contribution de 2 euros, pour avoir accès à cette diversité.»

 


Alain Bazot est aussi président du BEUC.

Une atteinte aux libertés fondamentales

 

Ce qui justifie une loi d’exception est la pression des multinationales des médias à qui Sarkozy doit tout. Rappelez-vous son copinage avec Bolloré dès le début de son mandat, son projet de supprimer la publicité dans les chaînes publiques qui contenait aussi un agenda caché : l’affaiblissement financier des chaînes publiques et celui de certaines agences publicitaires en restreignant leur marché pour le plus grand intérêt d’autres agences. On est dans le même cas de figure avec le projet Hadopi., avec en prime de graves atteintes aux libertés fondamentales, comme l’accès à la culture pour tous. Ce serait la première fois dans l’histoire de la France depuis la Révolution que des citoyens soient sanctionnés par l’interdiction de disposer des informations de tous ordres accessibles à tout un chacun, sauf interdiction individuelle.

 

Quid des droits d’auteur ?

 

S’il y a atteinte manifeste par ces lois anti-piratage aux droits fondamentaux, il est clair que le droit des auteurs et des éditeurs à une juste rémunération des œuvres, de leur création et de leur diffusion est, lui aussi, un droit inaliénable. Le droit d’auteur est avant tout un droit moral qui se définit comme suit.

 

« Droit attaché à la personne de l’auteur, inaliénable, imprescriptible et discrétionnaire du vivant de l’auteur, composé de plusieurs prérogatives lui permettant, entre autre, de s’opposer aux droits des tiers (notamment de ses créanciers) et de ses cocontractants (cessionnaires des droits de propriété intellectuelle).  

Prérogatives liées au droit moral de l'auteur

1) un droit de divulgation de l’œuvre (de communication au public) qui s’exerce pour chaque mode de communication,

2) un droit à la paternité de l’œuvre (de respect du nom et de la qualité de l’auteur),

3) un droit au respect de l’œuvre (qui se traduit par une interdiction d’altérer l’œuvre dans l’un de ses éléments constitutifs ou dans son esprit) et enfin

4) un droit de retrait et de repentir (c’est à dire d’un droit exorbitant de cessation unilatérale des relations contractuelles) uniquement en cas de cession de ses droits patrimoniaux par l’auteur.

 

L’exercice de cette dernière prérogative ouvre droit au profit du cocontractant à une indemnisation préalable ainsi qu’un droit de préemption en cas de nouvelle décision d’exploiter l’œuvre. »

 

C’est le point 1 qui est en jeu ici. L’auteur doit rester maître de la divulgation de l’œuvre, sauf si elle tombe dans le domaine public. Il est évident que le piratage ne respecte pas cette disposition. Cependant, on peut se poser la question : on donne à chaque Internaute les moyens technique de télécharger, il dispose de mémoires colossales pour enregistrer musiques et films. Toute la logique du système est orientée vers l’appropriation de ce qui est diffusé sur « la toile ». C’est un peu comme si on donne le meilleur fusil à un chasseur en lui interdisant de s’en servir.

La problématique est donc d’assurer la juste rémunération des droits d’auteur et des frais encourus par l’éditeur. Une interdiction est inefficace. Nos brillants économistes néolibéraux devraient connaître cela. Car, en matière d’économie, tout interdit est détourné et échappe donc au contrôle des circuits économiques légaux. Voyez les trafics en tout genre, les embargos, etc.

 

La seule solution est de suivre le député Bazot qui prône une taxe sur l’abonnement au serveur Internet. Cependant, cette solution n’est possible que si elle dépasse le seul hexagone. Le Parlement européen doit se saisir du problème pour créer une réglementation dans ce sens au niveau de l’Union et essayer de trouver des accords avec d’autres pays.

 

De leur côté, artistes et éditeurs honnêtes doivent se regrouper dans une société d’auteurs et d’éditeurs qui percevrait et répartirait le fruit de cette taxe sur les fournisseurs d’accès.

 

Si de pareilles dispositions assurant une rémunération juste des auteurs et des éditeurs est appliquée, alors les fraudeurs pourront être sévèrement sanctionnés et il ne faudra pas de tribunaux d’exception pour appliquer cette réglementation. Les anti-pirates ne pourront plus jouer aux flibustiers et la Justice y retrouvera son rôle, tout son rôle.

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 22:57
J'ai failli me faire piéger ! Je tombe en surfant sur un test QI. Comme je veux mesurer l'état de ma connerie qui doit être de très haut niveau, je fais le test. Des questions habituelles de tests dits psychotechniques. A la fin, il me demande pour connaître le résultat de donner mon numéro de portable. Je me méfie un peu, mais je le donne tout de même.

Ah ! Le niveau de connerie reste très élevé. Je reçois un SMS où on me propose de composer un numéro 9...  On ajoute gentîment qu'en répondant à ce numéro, je m'abonne automatiquement à un truc dont je ne connais pas la finalité et qui me coûterait 18 € par semaine !

Là, mon niveau de connerie était largement dépassé. Je n'ai pas répondu et j'ai effacé ce message. Rebelote, il me renvoie le même SMS. J'efface à nouveau. Puis plus de nouvelles, ouf !

Alors, si vous tombez sur le site : www.test-qi.be , ne répondez pas !
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 18:19
Nous assistons depuis les élections présidentielles iraniennes à une révolte contre le pouvoir de Khameney et d'Ahmadinejad, qui s'exprime surtout à Téhéran et qui semble issue des "beaux" quartiers du Nord de la capitale persane. Loin de nous la défense d'un régime abominable basé sur une interprétation ultra-réactionnaire de l'Islam, responsable d'une répression féroce, responsable d'une guerre atroce, responsable de l'affaiblissement de l'Iran qui aurait pu servir de puissance modératrice dans un Moyen-Orient mis à feu et à sang.

Cependant, si on analyse bien les derniers événements, on ne peut s'empêcher de se poser des questions. Cette opposition a deux tendances : mettre Moussavi, un islamiste radical, Premier ministre durant la pire période du "khomeynisme", ou réinstaller les Palhavi soutenus par les Etatsuniens. On a même parlé d'une "révolution de couleur" à Téhéran comme cela s'est passé en Europe de l'Est : les Etats-Unis appuient des dirigeants issus de la haute bourgeoisie locale, en leur donnant tous les moyens de propagande afin de soulever la jeunesse essentiellement universitaire de ces pays. Le but étant d'installer une nouvelle élite dévouée à l'occidentalisme.

Est-ce ce qui se passe à Téhéran ? On peut se poser la question. Dans nos pays occidentaux, l'information sur ce sujet fait preuve d'un unanimisme suspect - c'est un des aspects de ces fameuses "ravolutions colorées", se rallier l'opinion publique des pays occidentaux - qui empêche toute analyse critique qui se trouve aussitôt assimilée à de la complicité objective avec des régimes honnis. C'est ce qui s'est passé avec l'offensive israélienne à Gaza, c'est ce qui semble se reproduire avec les mouvements à Téhéran.

Ajoutons que la venue au pouvoir de Moussavi ne signifiera pas nécessairement la fin du régime islamiste, si on se réfère à son passé, et que l'éventuel retour des Palhavi ramènera une dictature implacable dont les crimes et les excès furent justement à l'origine de la prise de pouvoir par Khomeyni en 1979.

Heureusement, face à cet unanimisme occidentaliste, il y a des intellectuels prestigieux qui s'insurgent et qui appellent à une analyse critique et libre destinée nà éclairer l'opinion publique. C'est le cas du philosophe Pierre Lévy qui a écrit le 10 juillet dernier une lettre au journal "de référence" parisien "le Monde" pour lui faire part de ses critiques à l'égard de la manière dont il décrit et commente les événements de Téhéran. Nous vous livrons cette lettre qui a été publiée par le site "géostratégie.com".

- geostrategie.com - http://www.geostrategie.com -


Pierre Lévy interpelle Gérard Courtois sur le traitement par Le Monde du dossier iranien.


Posted By geostrategie On Vendredi, 10 juillet 2009 @ 7:13

Monsieur le directeur éditorial et cher confrère,

Comme certainement beaucoup de vos lecteurs, j’ai suivi avec grande attention les événements qui ont marqué l’Iran dans la dernière période. Je voudrais vous faire part ici de ma réaction quant au traitement que votre journal a réservé à ce dossier.


Ces dernières années, Le Monde n’avait jamais fait montre de tendresse immodérée pour le président Ahmadinejad. Avant, pendant, et plus encore après le scrutin du 12 juin, il n’a pas caché sa préférence marquée pour le principal concurrent de celui-ci. C’est le droit le plus strict du Monde que de choisir sa ligne éditoriale, en cette matière comme dans toutes les autres. Du reste, ce choix ne saurait surprendre.


En revanche – et tel est en l’occurrence mon propos – tout se passe comme si, dès lors qu’il s’agit d’un pays et d’un dirigeant associé à « l’axe du Mal », les qualités journalistiques essentielles, qui font la réputation de votre quotidien, semblaient ne plus s’imposer. Un peu comme si, dès l’instant où est en cause un responsable politique étranger démonisé par le chœur médiatique, une sorte d’« état d’urgence » suspendait, par exception, les règles que vous vous prévalez, souvent à bon droit, d’appliquer pour le reste de l’actualité.


De fait, Le Monde ne fait nullement exception dans un concert quasiment sans fausse note – du Figaro à l’Humanité, sans parler de l’imbattable Libération. Simplement, il n’est pas illégitime de faire preuve d’un niveau d’exigence sensiblement plus élevé à l’égard de votre journal.


Bref, la ligne éditoriale est une chose. Le renoncement aux règles habituelles d’équilibre, de vérification de l’information, de prudence et de distance en matière d’analyse en est une autre. J’ai en outre été frappé par les rafales successives de tribunes (« Horizons Débats ») accordées aux partisans, souvent très virulents, de l’opposition, alors que pas un seul texte – sauf omission de ma part – n’était signé d’un auteur soutenant l’actuel président, ou même souhaitant exprimer un point de vue nuancé. Plus remarquable encore : l’émission Internationales, diffusée par TV5 Monde, recevait le 21 juin l’ambassadeur d’Iran en France, sans qu’une seule ligne dans vos colonnes ne fasse écho à ce long entretien, et ce, alors même que Le Monde est partenaire associé de la dite émission. Une situation qui me semble pour le moins paradoxale, pour ne pas dire schizophrénique.

Votre journal, comme à peu près toute la presse, écrite ou audio-visuelle, a ainsi décliné une thèse qu’on pourrait résumer ainsi : Mahmoud Ahmadinejad a, lors de son précédent mandat, conduit son pays au désastre, et n’a dû sa réélection qu’à une fraude massive (« que plus personne ne conteste », 23/06/09), en contradiction avec la vague d’espoir populaire qui a marqué la campagne et devait assurer la victoire de Mir Hussein Moussavi.

S’agissant de l’« échec économique » imputé au président sortant par les éminents commentateurs occidentaux, on pourrait être tenté d’ironiser sur les brillants succès dont peuvent s’enorgueillir les dirigeants européens ou américains quant à leurs propres économies, succès qui justifient ainsi à l’évidence cette hautaine condescendance quant aux résultats économiques de l’Iran.


De même, les appels lancés depuis Paris, Londres, Berlin ou Bruxelles appelant à « respecter le vote des électeurs » résonnent étrangement aux oreilles de qui se souvient que, exactement un an auparavant, soit le 12 juin 2008, les citoyens irlandais opposaient un Non sans bavure au dit « traité de Lisbonne » ; et que, six mois plus tard, le Conseil européen décidait très officiellement que ce verdict était nul et non avenu et qu’il convenait de revoter.

Plus prosaïquement, s’agissant de la fraude alléguée en Iran, je n’ai vu aucune information permettant d’affirmer avec certitude son existence ou de mesurer son ampleur, si ce n’est bien sûr, les affirmations de l’opposition. Ces dernières ne sont probablement pas à balayer, mais il est également difficile de les prendre pour argent comptant. Quoiqu’il en soit, il me semble que tout esprit rationnel devrait s’interroger sur la difficile vraisemblance d’une fraude portant sur les onze millions de suffrages qui séparaient les deux premiers candidats selon les résultats officiels.


Comme vous, je regrette bien sûr que plusieurs confrères aient dû quitter Téhéran (même si on ne peut totalement exclure qu’un petit nombre d’entre eux aient eu une conception, disons, extensive de leur mission). Il est cependant dommage que leurs rédactions respectives ne leur aient pas demandé de profiter de cette circonstance pour faire un crochet, géographiquement modeste, par Sanaa. Je ne vous apprendrai rien en rappelant que les autorités du Yémen ont prestement repoussé à 2011 les élections qui devaient avoir lieu, sans que cela semble émouvoir outre-mesure les chancelleries occidentales. Au contraire, le Yémen va bénéficier d’une aide renforcée de la part de l’Union européenne. Sans doute faut-il en conclure qu’il vaut mieux annuler un scrutin, que de le tenir en s’exposant aux accusations d’en fausser les résultats.


Cependant, n’étant nullement spécialiste de l’Iran, je n’ai aucune compétence pour discuter plus avant les arguments de tous ceux qui vouent le régime du président réélu aux gémonies. Il y a en revanche une affirmation récurrente, dans vos colonnes comme partout ailleurs, susceptible de laisser perplexe qui s’intéresse tant soit peu aux relations internationales : il s’agit de la thèse selon laquelle les quatre années de présidence Ahmadinejad auraient abouti à un fiasco diplomatique se traduisant par « l’isolement » de la République islamique, isolement qui serait encore renforcé par son attitude actuelle.


Ainsi, dans votre édition du 18 juin, une « étudiante iranienne à Paris » conclut sa contribution en déplorant une « présidence qui nous place au ban des nations ». Cette affirmation ne se retrouve pas seulement dans nombre de « tribunes », mais également dans vos articles d’information. Pour ne prendre que la même édition, Marie-Claude Decamps termine son papier en s’inquiétant de ce que M. Ahmadinejad ne veuille « seul contre tous, s’enfoncer dans une spirale fondamentaliste ». Seul contre tous ?


Il se trouve que, précisément ce même 18 juin, votre manchette de Une affirme : « Iran : la Russie et la Chine soutiennent Ahmadinejad ». Un titre au demeurant parfaitement justifié, soutenu par le cliché des présidents russe et iranien, et appuyé par le long développement en pages relatant le sommet des dirigeants de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Mahmoud Ahmadinejad a donc reçu l’appui de Moscou et de Pékin, ainsi que des pays d’Asie centrale.


Exception asiatique ? En réalité, les liens de la République islamique se sont développés, depuis quelques années, avec plusieurs pays latino-américains, dont Cuba ; avec le Venezuela, les relations s’étaient forgées entre ces deux fondateurs de l’OPEP bien avant l’arrivée au pouvoir de leurs dirigeants actuels, et se sont renforcées. A l’instar du président brésilien, aucun chef d’État du continent sud-américain n’a jugé utile de prendre ses distances par rapport au président réélu – tant il va de soi, pour leurs peuples, que les protestations démocratiques des dirigeants occidentaux sont suspectes. Il en va de même en Afrique, si ce n’est – et encore – dans le cas de certains dirigeants arabes, pour des raisons qui ne tiennent peut-être pas essentiellement à l’amour de la transparence électorale.


Bref, pour un pays mis « au ban des nations », on a connu pire isolement.


Sauf, bien sûr, à donner un sens très particulier au terme d’« isolement » : serait ainsi réputé « isolé » tout pays placé sous le feu des critiques (voire pire) des dirigeants occidentaux, souvent humblement auto-baptisés « communauté internationale ». Peut-être ceux-ci devraient-ils cependant prendre garde : à force d’« isoler » avant-hier les dirigeants yougoslaves, hier ceux du Venezuela, du Zimbabwe, de la Biélorussie, de la Syrie, du Soudan, du Sri Lanka, de la RPDC, aujourd’hui de l’Iran…, ils pourraient bien s’apercevoir que les plus isolés ne sont pas forcément ceux qu’on pense.


Pour l’heure, je vous souhaite sincèrement de veiller à ne pas trop « isoler » votre journal, en prenant soin de traiter les pays et les dirigeants avec la même rigueur journalistique, quels que soient les sentiments que vous pouvez nourrir à leur égard.


Bien cordialement


Article printed from geostrategie.com: http://www.geostrategie.com

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