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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 21:49
 IL FAUT LANCER UNE SOUSCRIPTION PUBLIQUE POUR REALISER L'ENQUETE SCIENTIFIQUE SUR L'ASSASSINAT DE JULIEN LAHAUT !

Une fois de plus, la droite réactionnaire a frappé en Belgique. Une commission d'enquête parlementaire a été constituée pour connaître la vérité sur une des pages les plus obscures de l'histoire de la Belgique et de la Wallonie en particulier : l'assassinat du député communiste Julien Lahaut survenu en 1950 quelques jours après la prestation de serment de Baudouin Ier qui succéda à son père Léopold III qui dut abdiquer. C'était la fameuse "affaire royale".

Cette commission a estimé qu'un organisme indépendant (le CEGES, Centre d'études de la Seconde guerre mondiale) était le mieux à même de lui fournir les informations nécessaires sur cette tragique affaire. Lors de la confection du budget 2010, la ministre MR de la Politique scientifique, Sabine Laruelle, a refusé d'octroyer les crédits nécessaires à cette enquête, sous prétexte d'économies budgétaires. Il est clair que cette enquête effectuée par un organisme indépendant pourrait découvrir certaines vérités qui quasi soixante années après les événements, pourraient indisposer l'establihment belgicain et la monarchie en particulier.

L'initiative d'une souscription publique pour financer cette recherche,  prise par la Députée européenne PS Véronique De Keyser est particulièrement bienvenue. Finalement, c'est à nous les citoyens de faire en sorte que cette enquête ait lieu. Ce serait une fameuse leçon de démocratie à ces Messieurs Dames de l'establishment.



Véronique De Keyser, Députée européenne, Conseillère communale de Liège est scandalisée par le refus de mener à bien l'enquête sur l'assassinat de Julien Lahaut. Ne pouvant accepter cet état de fait, Véronique De Keyser va lancer une souscription publique afin que cette enquête puisse malgré tout être menée et dévoile enfin la vérité. Véronique de Keyser qui, en juin dernier, avait conduit son 1er " Circuit des Libertés" avait précisément choisi comme point de départ la tombe de Julien Lahaut. Elle s'était rendue ensuite au monument aux victimes de Grâce-Berleur, puis à Quaregnon et enfin à Bande, là où les résistants furent massacrés en 1944. Lieu doublement hautement symbolique puisque son père y sauta sur une mine et fut déchiqueté. "L'annonce du refus de débloquer les budgets pour une étude scientifique sur l'assassinat du Député communiste Julien Lahaut en 1950 est inacceptable. C'est de l'obscurantisme, du négationisme. C'est vouloir à nouveau mettre sous le maillet une enquête qui dérange. C'est pourquoi j'ai décidé de lancer une souscription publique afin de permettre aux citoyens, aux démocrates de faire réaliser eux-mêmes cette enquête qu'on nous refuse. La vérité doit enfin éclater et l'inquisition et le secret, voire d'Etat, n'ont pas leurs places en démocratie..."

Véronique De Keyser Députée européenne

veronique.dekeyser@europarl.europa.eu

Qui était Julien Lahaut ?




Ouvrier à 14 ans, militant syndical à 18 ans, Julien Lahaut est renvoyé suite aux grèves de 1902. Il se retrouve au Val Saint-Lambert où, avec J. Bondas, il fonde un nouveau syndicat de métallurgistes, Relève-toi (1905), qui deviendra la Centrale des Métallurgistes. Secrétaire permanent élu par ses camarades ouvriers (1908-1921), il lutte pour obtention du suffrage universel.

Engagé volontaire lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est versé dans les auto-canons et envoyé sur le front russe, à l'instar de Marcel Thiry. Il y vivra la Révolution russe. A peine rentré (1918), rempli des idéaux communistes et convaincu de la nécessité d'affilier son parti, le POB, à la IIIème Internationale de Lénine, il se retrouve à la tête des mouvements sociaux revendiquant des améliorations salariales et de conditions de travail.

Exclu de sa centrale syndicale et du POB (1921), Lahaut fonde les Chevaliers du Travail, point de départ de la future Centrale révolutionnaire des Mineurs, et adhère au PCB (1923). Opposé à la montée du fascisme et du nazisme dès 1933, il se lance dans la lutte en faveur de l'Espagne républicaine (1936). Député (1932-1950), secrétaire général du PCB, il s'occupe également du quotidien La Voix du Peuple.

Résistant, il jette les bases de l'Armée belge des Partisans. Opposant clandestin mais aussi opposant public, il contrecarre les visées de Degrelle (janvier 1941) et mène la grève des 100.000 (mai 1941) : tout le bassin industriel liégeois est immobilisé. Quand Hitler lance l'offensive contre l'URSS et donc contre le communisme, Lahaut est arrêté (1941). Il tente de s'échapper à quatre reprises puis est déporté au camp d'extermination de Mauthausen (1944-1945). Après 48 mois de captivité, il revient très affaibli. Mais sa popularité et son idéal n'ont pas été atteints. Il est porté à la présidence du PCB (11 août 1945).

Dans l'Affaire royale, il est au premier rang de l'action wallonne contre le retour de Léopold III. Le 11 août 1950, au moment où le prince royal va prêter le serment constitutionnel devant les Chambres réunies, un vibrant Vive la République ! éclate. On l'attribue à J. Lahaut. Le 18 août, deux tueurs abattent, devant sa maison, celui qu'un comte polonais qui partagea sa captivité appelait L'homme qui portait le soleil dans sa poche et en donnait un morceau à chacun.

Pour une biographie plus complète, on se reportera à la notice qui lui est consacrée dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon, sous la direction scientifique de Paul Delforge, Philippe Destatte et Micheline Libon, Charleroi, 2000, tome 2, p. 906-907.


(Source : Institut Jules Destrée)
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 23:31

C’est François Bayrou qui vient d’user de ce mot. Il a raison. La meute « médiatique » a été lâchée sur Frédéric Mitterrand et on est prêt à sonner l’hallali.


 

En revient-on aux temps bénis de l’Ordre moral ? Les faits.

 

Le cinéaste américain, et puis franco-polonais Roman Polanski, Juif d'origine polonaise dont les parents ont été victimes du ghetto de Varsovie et qui était persécuté par le régime communiste,  est arrêté à Zürich car il fait l’objet d’une demande d’extradition de la Justice américaine pour des faits de pédophilie datant de 1977. Ces faits ne sont pas prescrits par la loi américaine et Polanski a fui les Etats-Unis au moment où il craignait devoir purger une longue peine de prison. Il a donc fui la Justice de son pays d’accueil.

 

Toute l’intelligentsia parisienne, cette classe de scribouillards sans talent, de philosophes sans pensée, de romanichels des médias, intransigeante et imperméable à toute critique qui, sous la direction du Fouquier Tainville des pavés germanopratins, Bernard Henri Lévy,  monte au créneau pour défendre le cinéaste selon eux pris au piège pour des faits pas si graves et bien anciens. Pas si graves ? Une jeune gamine de treize ans sert de modèle pour une séance de photographie organisée par Polanski qui la drogue ou la fait boire, puis abuse d’elle. Poursuivi, suite à la plainte des parents de la jeune fille, une sorte de compromis est élaboré entre le Procureur de Los Angeles qui aurait volontairement menti à la presse et Polanski pour subir une peine légère d’une quarantaine de jours de prison qui seraient confirmées par un jugement, en échange de l’indemnisation de la famille de la jeune victime. Polanski craignit que le procès ne le condamne bien plus sévèrement et fuit les Etats-Unis. On n’entend plus parler de cette affaire. Roman Polanski exerce ses talents dans toute l’Europe. Il acquiert même une propriété en Suisse où il se rend régulièrement. La Suisse ? Elle a un traité d’extradition avec les USA. Aussi, lorsque les Etatsuniens demandent de procéder à l’extradition d’un individu, les Helvètes doivent s’y conformer. C’est la règle et peu importe s’il y a des bras de fer entre la Suisse et les Etats-Unis pour la question du « paradis » fiscal.

 Roman Polanski à l'origine de l'affaire

C’est cela que l’intelligentsia parisienne refuse d’admettre. Pour elle, la règle ne s’applique pas à Polanski car il fait partie de leur microcosme. Cette classe de bourgeois friqués a de plus en plus d’influence. Elle fait pression sur la Justice contre des journalistes et des caricaturistes qui ne rentrent pas dans ses normes. Elle est très influente dans les médias, plusieurs de ses membres se retrouvent dans la haute hiérarchie médiatique française. Elle contrôle des maisons d’édition. BHL fait la pluie et le beau temps aux éditions Grasset. Elle a des représentants au pouvoir en les personnes de Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand.


 

Kouchner intervient auprès de sa consœur américaine, Hillary Clinton qui le renvoie dans les roses en lui rappelant que le gouvernement américain n’interfère pas dans les affaires de Justice.

 

Mitterrand va encore plus loin. Il décrit une Amérique « dangereuse » face à une Amérique « qu’on aime ». Il exprime sa révolte à l’égard de cette arrestation qu’il considère comme « un piège ».

 

Tout cela déclenche bien entendu une tempête dont la nomenklatura parisienne a le secret.

 

En premier lieu, ces Ministres qui ne cessent d’invoquer la Démocratie (avec un grand D) et les Droits de l’Homme (avec un grand H), ne respectent pas deux principes de base : l’égalité des citoyens devant la loi et la séparation des pouvoirs. Passons sur la faute diplomatique qui consiste à faire des commentaires peu amènes, lorsqu’on est membre d’un gouvernement, à l’égard d’une nation alliée. L’égalité n’existe plus dans l’esprit de ces messieurs dès lors  que l’on fait partie du microcosme. La séparation des pouvoirs et la souveraineté sont bafouées quand on fait pression sur la Justice de deux pays étrangers. C’est élémentaire, mon cher Montesquieu !


 

Il faut dire que nos deux pantins ont été tellement loin qu’ils se sont couverts de ridicule, ont rendu un mauvais service à celui qu’ils voulaient aider et surtout ont provoqué une gêne politique. Cohn Bendit lui-même, fustigea Frédéric Mitterrand, en dépit du tapage germanopratin.

 

Mais voilà que s’invite Marine Le Pen, digne fille de son père, spécialiste en provocations. Elle attaque Frédéric Mitterrand pour son livre – confession « La mauvaise vie » paru en 2005. Elle cite mais en déformant, en ajoutant un adjectif. Elle finit par le reconnaître. Elle a encore beaucoup à apprendre, la pouliche de l’homme du détail ! Mais le mal est fait. Dans cet ouvrage, l’auteur confesse son attirance pour les garçons prostitués en Thaïlande. A-t-il consommé ? Les garçons étaient-ils « jeunes » ou pas ? Ce n’est pas très clair dans son bouquin. Les Socialistes, comme un seul homme, tombent dans le panneau mariné par la fille Le Pen. Ils demandent des explications à Frédéric Mitterrand. Arnaud Montebourg demande sa démission. C’est pathétique la faiblesse de la gauche socialiste qui grimpe dans le train du Front national et qui ne parvient plus à trouver sa propre réponse aux défis posés par cette affaire.


 

Mitterrand, au vu de l’ampleur de la polémique, est sommé de s’expliquer publiquement. Il ne suffit pas de dire avec suffisance que c’est « un honneur d’être attaqué par le Front national et une honte pour un Socialiste ». Il tente de se justifier sur TF1. Pas convaincant son affirmation comme quoi il était accompagné de garçons de son âge. On est dans le degré zéro de la politique !

 

Que va-t-il se passer ? Sarkozy qui ne s’est pas montré en cette affaire, devra-t-il mettre son grain de sel ? Mitterrand devra-t-il démissionner ? On verra. En attendant, la meute ne lâchera plus sa proie. Autant, Mitterrand est un sinistre pantin, autant ce lynchage est abominable.

 

Cette ambiance est fétide. Elle rappelle l’Ordre moral de sinistre mémoire qui, dans le passé, traîna André Gide dans la boue et plus tard Jean Genêt. Il est vrai que ces deux écrivains avaient une autre envergure que l’ex-locataire de la Villa Médicis.

 

Voilà le résultat de la connerie de l’intelligentsia parisienne : deux des leurs sont en grande difficulté et on assiste au retour en force de l’Ordre moral et du Front national. Bravo, Messieurs !

 

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 14:59
Spitzer découvre le plus grand anneau de Saturne et dévoile le mystère sombre de Japet
Le télescope spatial Spitzer a découvert un énorme anneau autour de Saturne, de loin le plus grand des nombreux anneaux de la planète géante.

La nouvelle ceinture est aux confins du système saturnien, avec une orbite inclinée de 27 degrés par rapport au plan de l'anneau principal. La majeure partie de son matériel commence à environ six millions de kilomètres de la planète et s'étend vers l'extérieur encore approximativement sur 12 millions de kilomètres. L'une des lunes de Saturne les plus éloignées, Phoebe, circule dans l'anneau récemment découvert, et est probablement la source de son matériel.


L'anneau géant découvert par Spitzer

Cet anneau est également épais, sa dimension verticale fait environ 20 fois le diamètre de la planète. Il faudrait environ un milliard de Terres pour remplir l'anneau. "C'est un anneau de très grande dimension" commente Anne Verbiscer, astronome à l'University of Virginia, Charlottesville. "Si vous pouviez voir l'anneau, il s'étendrait sur la largeur de deux pleines lunes dans le ciel, de chaque côté de Saturne."

L'anneau lui-même est ténu, composé d'une mince trame de glace et de particules de poussières. Les yeux infrarouges de Spitzer ont pu apercevoir la lueur de la poussière froide de la bande. Le télescope, lancé en 2003, est actuellement à 107 millions de kilomètres de la Terre en orbite autour du Soleil.

La découverte peut aider à résoudre une très vieille énigme sur une des lunes de Saturne. Japet a un aspect étrange, un côté est lumineux et l'autre est vraiment foncé, dans un motif qui ressemble au symbole du yin-yang. L'astronome Jean-Dominique Cassini a repéré la première fois la lune en 1671, et les années suivantes a découvert qu'elle a un côté sombre, maintenant appelé Cassini Regio en son honneur.

Le gigantesque anneau de Saturne pourrait expliquer le mystère Cassini Regio. L'anneau circule dans la même direction que Phoebe, tandis que Japet, les autres anneaux et la plupart des lunes de Saturne vont tous dans le sens opposé. Selon les scientifiques, une partie du matériel sombre et poussiéreux de l'anneau extérieur se déplace à l'intérieur de l'orbite de Japet, frappant la lune comme des moustiques sur un pare-brise.

"Les astronomes ont longtemps suspecté qu'il existe une lien entre la lune externe Phoebe de Saturne et le matériel foncé sur Japet," note Douglas Hamilton (University of Maryland, College Park). "Ce nouvel anneau fournit la preuve convaincante de cette relation."

Verbiscer et ses collègues ont utilisé l'appareil-photo infrarouge de longue longueur d'onde de Spitzer pour balayer une partie du ciel loin de Saturne et un peu à l'intérieur de l'orbite de Phoebe. Les astronomes ont eu le pressentiment que Phoebe pourrait tourner dans une ceinture de poussières soulevées de ses collisions mineures avec des comètes. Effectivement, quand les scientifiques ont jeté un premier coup d'oeil à leurs données de Spitzer, une bande de poussières a surgi.

L'anneau serait difficile à voir avec les télescopes en lumière visible. Ses particules sont diffuses et peuvent même s'étendre au-delà de l'essentiel du matériel de l'anneau jusqu'à Saturne et vers l'espace interplanétaire. Le nombre relativement restreint de particules dans l'anneau ne refléterait pas beaucoup de lumière visible, spécialement au bord de Saturne où la lumière du Soleil est faible. "Les particules sont si diffuses qui si vous vous teniez dans l'anneau, vous ne le sauriez même pas," commente Verbiscer.

Spitzer a été capable de détecter la lueur de la poussière froide, qui est seulement d'environ 80 Kelvin (environ -193 degrés Celsius). Les objets froids brillent avec l'infrarouge, ou rayonnement thermique; par exemple, même une tasse de crème glacée brille avec la lumière infrarouge. Ces observations ont été faites avant que Spitzer ne vienne à cours de liquide réfrigérant en Mai et commence sa mission "chaude".

Source: Gilbert Javaux - PGJ Astronomie
Illustration: NASA/JPL-Caltech/Keck

Cordialement
Jean
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Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@base.be
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 10:23
Nous conseillons vivement au lecteur intéressé de visiter ce site (voir ci-dessous). Il contient de splendides images de la Voie lactée telles que vous ne les avez jamais vues.

La seconde des trois images du projet "GigaGalaxy Zoom" de l’ESO vient juste d’être mise en ligne. Il s’agit d’une nouvelle et magnifique vue de 340 millions de pixels de la partie centrale de notre Galaxie comme on la voit depuis l’Observatoire Paranal de l’ESO, avec un télescope amateur.


La seconde image du projet GigaGalaxy Zoom - © ESO
 
Cette image, large de 34 par 20 degrés, nous permet de découvrir notre Galaxie telle que les astronomes amateurs du monde entier peuvent la contempler. Toutefois, l’incroyable beauté de cette image est essentiellement due à la qualité du site d’observation et à l’habilité de Stéphane Guisard, cet astrophotographe de renommée internationale qui est également ingénieur de l’ESO. Cette seconde image a en effet bénéficié de la qualité exceptionnelle du ciel de Paranal, un des ciels les plus "purs" de la planète là où se trouve justement le très grand télescope (VLT) de l’ESO. De plus, Stéphane Guisard est ingénieur opticien spécialisé dans les télescopes, une expertise rare dans le monde des astrophotographes. Stéphane Guisard, en tant que chef de l’équipe d’ingénierie optique de l’Observatoire Paranal, a la responsabilité d’assurer la meilleure performance optique du VLT.

Pour réaliser cette formidable mosaïque, en couleur réelle, de la région centrale de notre Galaxie, Stéphane Guisard a assemblé près de 1200 images. Cette création représente plus de 200 heures de temps de pose, réalisées durant 29 nuits durant les temps libres de Stéphane Guisard alors qu’il travaille de jour à Paranal.

L’image montre la région du ciel allant de la constellation du Sagittaire (l’Archer) à la constellation du Scorpion. La région très colorée de Rho Ophiuchi et d’Antares ressort très nettement sur la droite alors que des zones plus sombres, comme les nébuleuses de la Pipe et du Serpent, se distinguent également. La ligne de poussière de notre Voie Lactée traverse obliquement l’image, parsemée de remarquables nébuleuses rougeâtres et brillantes telles que la nébuleuse Trifide et celle de la Lagune, tout comme NGC 6357 et NGC 6334. Cette ligne sombre héberge également le centre même de notre Galaxie, là où un trou noir super-massif se dissimule.

"La zone que j’ai représentée sur cette image est une région du ciel incroyablement riche, une des plus belles régions du ciel selon moi" déclare Stéphane Guisard.

Ce magnifique paysage stellaire est la seconde des trois images à très haute résolution présentées dans le projet "GigaGalaxy Zoom", lancé par l’ESO dans le cadre de l’Année Mondiale de l’Astronomie (AMA 09). Le projet permet aux passionnés d’astronomie d’explorer et de découvrir l’Univers tel que l’on peut l’admirer à l’œil nu depuis les plus sombres et meilleurs sites d’observation au monde. "GigaGalaxy Zoom" propose un "outil web" permettant à ses utilisateurs de réaliser un époustouflant voyage au cœur de notre Voie Lactée. Grâce à cet outil, les utilisateurs peuvent, en un clic, en savoir plus sur de nombreux et surprenants objets de l’image, telles que des nébuleuses multicolores et des supernovae. En ce sens, le projet tente de faire le lien entre le ciel que nous pouvons tous contempler et le profond cosmos inaccessible à l’œil que les astronomes étudient quotidiennement. La très grande qualité des images témoigne réellement de la splendeur du ciel nocturne observable depuis les différents sites de l’ESO au Chili. Ce sont d’ailleurs les observatoires astronomiques les plus productifs au monde.

La troisième image du "GigaGalaxy Zoom" sera présentée la semaine prochaine, le 28 septembre 2009.

Liens
site web du projet GigaGalaxy Zoom: http://www.gigagalaxyzoom.org
site web de Stéphane Guisard: http://www.eso.org/~sguisard

Cordialement
Jean
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 21:44

 

 

Décidément, avec cette affaire du voile islamique, on n’en finira jamais !  Nous sommes arrivés, dans ce qui, en définitive, n’aurait dû être qu’une affaire subalterne, à un conflit majeur, un « choc des civilisations ».  Les protagonistes se trouvent de part et d’autre car, petit à petit, deux camps s’installent pour se préparer au choc : celui des islamistes qui veulent imposer leur modèle à tout le monde occidental et les rigoristes de la laïcité qui croient dur comme fer à la pérennité d’un système né au XIXe siècle et manifestement inadapté à la société actuelle.

 

Plus généralement, c’est le choc entre les tenants fort minoritaires, il faut le constater, du multiculturalisme et ceux d’un modèle de civilisation dominant qu’il soit musulman ou occidental. Ce clivage traverse aussi bien la communauté musulmane que la société européenne.

 

Que s’est-il passé ? L’Athénée d’Anvers qui était connue pour être un modèle de multiculturalité a dû, à cette rentrée scolaire, prendre un règlement interne d’interdiction du port du voile islamique dans l’établissement. La journaliste Martine Vandemeulebroucke rappelle dans « le Soir » du jeudi 10 septembre les tribulations de la directrice de l’Athénée Madame Karin Heremans, militante de l’interculturalité et ancienne vice-présidente du Spa (le Parti socialiste flamand) : « Karin Heremans s’est battue pour défendre le droit de porter le voile à l’école. Mais progressivement, l’école s’est retrouvée complètement isolée dans un paysage scolaire dominé par l’interdiction du voile.»

  Autrement dit, puisque l’Athénée d’Anvers autorisait le port du voile, les autres écoles de l’enseignement officiel de la Métropole décidèrent de l’interdire, comme cela on refilait la « patate chaude » à la seule Athénée. Elle est belle la solidarité laïque ! Certes, il y a eu la pression des parents et du fort courant islamophobe à Anvers, notamment par l’influence importante des extrémistes du Vlaams Belang, mais les confrères et consœurs de Madame Heremans ont fait preuve, il n’y a pas d’autre mot, d’une grande lâcheté qui n’a fait que dégrader la situation.

 
Le voile : ferment d'un conflit majeur ?

En effet, les choses étaient devenues impossibles pour la directrice de l’Athénée anversoise. Les islamistes entraînés par un imam ont exercé des pressions insupportables à son égard. La majorité des filles fréquentant l’école sont voilées. On empêche toute une série d’activités scolaires dont les excursions et les réunions de parents mixtes. Bref, on est dans le cycle de la provocation. Sans doute, le but des imams était d’extirper de l’Athénée d’Anvers de tous les élèves non musulmans. C’était intenable. Karin Heremans, à contrecœur,  a dû se résoudre à interdire le port du voile à l’intérieur de son établissement. Le jour de la rentrée, des manifestations ont eu lieu à l’entrée de l’école. Karin Heremans a été insultée et menacée publiquement par des islamistes. Des élèves ont introduit un recours au Conseil d’Etat.

 

Face au risque d’un arrêt favorable aux plaignantes, la Communauté flamande a décidé d’interdire le port du voile dans  toutes les écoles de son ressort.

 

Le résultat : l’ouverture d’une école islamique à Anvers. Le groupe d'action musulman « Vrije Keuze » (libre choix) a ouvert cette école en début de semaine. Les élèves proviennent des athénées d'Anvers et d'Hoboken où l'interdiction du port du voile est entrée en vigueur au début de l'année scolaire Comme matière philosophique, nous proposons uniquement l'islam, mais tout le monde est le bienvenu. Ce n'est pas une madrassa (école islamique). Mais non, on vous l’assure, ce ne sera pas une école islamique. Mais il y a un hic « Si quelqu'un veut suivre des cours de religion catholique chez nous, nous aurons toutefois du mal à trouver un enseignant pour cette matière », explique l'imam. (D’après La Libre Belgique du 12 septembre 2009). Ben tiens ! Certes, cette école est le fruit d'un projet ancien, mais son ouverture en ce moment est plus qu'opportune pour certains.

 

Beau bilan, Mesdames et Messieurs les matamores de la laïcité. Vous avez montré en plus une merveilleuse solidarité en laissant Madame Karin Heremans se débattre seule dans ses problèmes. Elle paye cher son ouverture d’esprit.

 

Le plus grave est qu’aucun directeur d’école n’osera désormais agir comme Madame Heremans. Les extrémistes des deux bords ont gagné une bataille importante.

 

Que va-t-il se passer ? Comme en France, les élèves musulmanes iront dans des écoles de l’enseignement confessionnel. C’est une sérieuse tuile pour l’enseignement officiel qui a échoué dans la politique menée courageusement par plusieurs responsables dont Madame Heremans tendant vers la multiculturalité. Plus tard, financée par les Emirats ou d’autres sources, des écoles musulmanes s’ouvriront un peu partout.

 

Grâce à la bêtise et à la lâcheté de certains milieux laïques, le communautarisme qu’ils prétendent combattre, va s’étendre au détriment de la paix civile et les premières victimes seront les musulmans et leurs filles qui ne demandent qu’à s’épanouir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 15:06


La RTBF et RTL-TVI ont annoncé ce samedi 29 août dans leurs JT de 13 h00 que le vol AF 348 d’Air France faisant la liaison Paris Mexico a été détourné mardi 19 août par les autorités américaines qui lui interdirent de survoler le territoire étatsunien.











Un vol qui aura coûté bien cher à Air - France, pour rien !

Motif de ce détour qui a coûté bien cher à la compagnie en combustible et aux passagers qui ont raté leur correspondance : la présence à bord de Paul-Émile Dupret, juriste belge, conseiller du groupe GUE-GVN du Parlement européen, militant altermondialiste et des droits de l’homme, qui se rendait a l’assemblée du Forum de Sao Paolo avec une délégation parlementaire. Le groupe GUE (Gauche unitaire européenne) compte 33 élus dont 4 élus tchèques, 1 Danois, 9 Allemands,1 Irlandais, 3 Grecs, 1 Espagnol, 2 Cypriotes, 2 Néerlandais, 1 Finlandais, 5 Portugais,  1 Suédois et 1 élu d’Irlande du Nord et 2 Français du Front des Gauches. Il s’agit d’élus qui ses situent idéologiquement à la gauche des Socialistes européens. Le Suédois est le représentant défendant le téléchargement illégal sur Internet (voir l’article « l’anti-pirate flibustier » du mardi 4 août 2009 sur le blog) et les deux Irlandais sont des indépendantistes du Sinn Fein.


C’est la deuxième fois que Washington décide d’une telle mesure. Il y a quelque mois, un autre appareil empruntant cet itinéraire a également été détourné de sa route habituelle à cause de la présence à son bord du journaliste colombien Hernando Calvo. Cette fois-là l’appareil, ne disposant pas du carburant nécessaire pour contourner les États-Unis, avait dû faire une escale dans les Caraïbes.


Paul-Émile Dupret a été informé par Air France qu’il ne pourra pas prendre le vol direct de retour du Mexique vers Paris et qu’il devra donc faire une escale dans un pays d’Amérique centrale. Selon le juriste, il existe entre son propre cas et celui de Hernando Calvo des similitudes intéressantes. Tous deux ont dénoncé par des voies pacifiques les politiques agressives de certaines transnationales des États-Unis dans le monde et les méthodes violentes utilisées par ce pays pour les imposer ; tous deux ont dénoncé le plan Colombie et la loi Helms-Burton ; tous deux ont salué, notamment par des articles dans le Monde diplomatique, le fait que surgissent des alternatives prometteuses dans des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, entre autres…


Paul-Émile Dupret qui n’ignore pas qu’il figure sur une liste noire, estime que les autorités US savent très bien qu’il n’est lié à aucune armée, qu’il ne fait pas de prosélytisme de la lutte armée et que, au contraire, il a toujours plaidé en faveur d’issues pacifiques aux conflits que connaissent des pays tels que la Colombie, la Palestine ou plus récemment le Honduras. Ce type de comportement des États-Unis qui prohibent une partie de leur territoire à plus de 10 000 mètres d’altitude, n’aura, souligne encore Paul-Émile Dupret, pas l’effet escompté d’intimidation de ceux et de celles qui s’opposent aux agissements et aux privilèges des transnationales et à la militarisation néolibérale.

Sans doute, est-ce lié au conflit actuel entre la Colombie soutenue par les USA et le Venezuela de Chavez.

Il est clair, en l’occurrence, qu’il ne s’agit pas de terroristes mais d’intellectuels radicaux qui défendent le courant progressiste personnalisé par des Hugo Chavez (Venezuela), des Evo Morales (Bolivie). Au-delà du caractère hallucinant et liberticide de la décision de Washington et du flicage international, c’est la soumission de la France et de l’Union européenne à ce type d’agissements qui interpelle. Quand on sait combien de véritables tortionnaires de la CIA  ont pu voyager en toute quiétude et liberté sur le territoire européen.

Il est évident qu’il faut avoir le courage d’interpeller le gouvernement US pour qu’il supprime cette liste, qu’il en démontre l’utilité et la nécessité pour la sécurité des Etats-Unis. Il serait important de savoir quels sont les critères de fichage d’une personne sur cette liste. Il est fondamental qu’il y ait des recours possibles pour être éventuellement rayé de cette liste. Enfin, et c’est le plus important, il est fondamental de fixer les limites des mesures de sécurité afin qu’elles ne portent atteinte aux droits fondamentaux.

On peut d’ailleurs sincèrement se poser la question de savoir si ces mesures n’ont pas justement pour objectif réel et caché de limiter les libertés fondamentales. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

En attendant, entamons notre liste noire : George W Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld…


A vous de compléter. Vous avez du pain sur la planche.

 

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 20:11

Le lecteur sera surpris par le ton de cet article. Loin de nous l'idée de défendre les paradis fiscaux. Il s'agit ici d'avoir un regard critique sur la politique de lutte contre les paradis fiscaux menée par les Etats-Unis qui, en réalité, cache d'autres objectifs. 


Le bras de fer entre les Etats-Unis et la principale banque suisse (l’Union des Banques Suisses, UBS) commencé en 2008, lors de l’éclatement de la crise financière,  vient de se terminer ce 19 août 2009 en faveur des Etatsuniens. L’UBS devra livrer aux USA l’identité de quelque 4.450 détenteurs de compte au disc américain.

Une lutte ciblée et partielle


En contrepartie de cette "entraide administrative" entre les deux pays, le département de la justice américain renonce à ses plaintes au civil ainsi qu'à la requête d'exécution visant à obtenir l'identité de 52 000 titulaires de comptes de la banque. UBS va de son côté avertir ses clients concernés que leurs données ont été transmises au fisc américain, les encourageant à collaborer, faute de quoi ils pourraient être poursuivis au pénal. Le fisc américain a salué mercredi une "étape capitale" contre l'évasion fiscale.


Peu après cette annonce, les autorités suisses ont déclaré qu'elles allaient se désengager "intégralement" de la banque, dans laquelle elles détiennent une participation de 9 %.


Les Suisses prétendent que le secret bancaire est cependant gardé après cet accord. Rien n’est moins vrai. George Clarke, avocat chez Miller Chevalier à Washington D.C a beau déclarer que cet accord "ressemble à une victoire assez nette pour UBS. La banque s'en sort sans amende, en ne dévoilant qu'une petite partie de sa clientèle. Il me semble que le secret bancaire suisse n'a pas été touché". Il ment effrontément.


Les Suisses auraient dénoncé ne fût-ce qu’un nom, cela aurait été un nom de trop
. Il est certains que les capitaux asiatiques, européens, russes, des pays pétroliers, etc. placés dans ce qui était le pays-roi des paradis fiscaux, vont s’échapper vers des cieux plus cléments et  des cachettes plus sûres. Le banquier belge Georges Ugeux qui tient un très intéressant blog dans le cadre du journal « Le Monde » intitulé « Démystifier la finance »  http://finance.blog.lemonde.fr/  écrit : « Le même jour, la SEC (l’organisme qui est chargé de surveiller les opérations de Bourse) annonce une unité spéciale qui va analyser les infractions au « Foreign Corrupt Practices Act » des entreprises cotées aux Etats-Unis, entendez, les sociétés étrangères. Il s’agit de « chasser » le paiement de commissions occultes a des régimes corrompus, alors que c’est parfaitement légal en dehors des Etats-Unis. » Il est donc évident que l’affaire est loin d’être terminée.


Comment cela s’est-il passé ? Les Etats-Unis et UBS étaient en conflit depuis des mois, Washington accusant la banque suisse d'avoir sciemment aidé des clients américains à frauder leur fisc en ouvrant des comptes bancaires off-shore. Le fisc américain exigeait l'identité de 52 000 clients anonymes dont les comptes secrets étaient estimés à quelque 14,8 milliards de dollars. Un geste qui aurait violé le droit suisse qui protège les données bancaires de la Confédération.


Au terme d'un bras de fer, les parties étaient parvenues le 12 août à un accord dont le contenu était resté secret jusqu'à présent. Sans la conclusion de cet accord, la Confédération "serait entrée dans un conflit juridique, un conflit entre la souveraineté de la Suisse et des Etats-Unis", a expliqué la ministre de la justice suisse, Eveline Widmer-Schlumpf.

Le « Monde » écrit dans ses éditions du 19 août : « La fin de ce litige devrait donner un peu d'oxygène à la banque qui a été sortie du gouffre en octobre 2008 grâce à une aide de 6 milliards des autorités suisses. Après une année noire, ses comptes sont toujours dans le rouge malgré une légère amélioration. Mais elle n'est toujours pas parvenue à enrayer la fuite des capitaux qui marquent une défiance persistante de ses clients. » Répétons-le : rien n’est moins sûr. Les clients vont fuir UBS car si elle a lâché 4.450 noms sur ses 52.000 clients américains, l’affaire est loin d’être terminée pour les 47.550 épargnés jusqu’alors. Le nouvel organisme de la SEC et – on les oublie – les lois anti-terroristes états-uniennes permettent aux pandores US de poursuivre hors du territoire des Etats-Unis.

Ecraser la souveraineté sous prétexte de lutte contre la fraude fiscale


Quelles sont les conséquences de tout cela ?


En premier lieu, l’administration Obama continue la politique de ses prédécesseurs en la matière : piétiner la souveraineté des autres nations. Cela signifie un affaiblissement des nations, en particulier en Europe, et la domination des USA dans des domaines vitaux comme la défense, la politique étrangère, la politique commerciale (avec l’OMC), la Justice (les lois anti-terroristes) et maintenant la politique financière.


Ne jouons pas les « vertueux » à se réjouir de la « victoire » des USA sur les « vilaines » banques suisses. La véritable conséquence est une perte de souveraineté financière pour l’ensemble de l’Europe et le dangereux affaiblissement d’un Etat du continent, la Suisse. Ce pays qui aura perdu son principal atout, son système bancaire, se retrouvera dans une situation équivalente à celle de la Belgique : plus d’industrie nationale, un chômage endémique, un déficit public abyssal. La Suisse finira par être absorbée par l’Union européenne dans les pires conditions.


Les US ne touchent pas aux autres paradis fiscaux, car ce n’est pas leur intérêt. Sans doute, pour la forme, s’attaqueront-ils à une île quelconque ou à un micro-Etat alpin ou pyrénéen, mais il y a fort à parier qu’ils en resteront là. La lutte contre LES paradis fiscaux restant un vœu pieux.


Cela démontre en outre l’inefficacité du G20. On se souvient. Il s’est réuni à Londres en avril 2009 et, comme d’habitude, la montagne a accouché d’une souris, en dépit du tapage indécent des médias : L'ensemble des mesures prises par le G20 aurait dû permettre d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010. Nous en serions fort surpris ! Certes, on connaît une petite relance pendant les vacances ( !). Attendons la rentrée… Puisque Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue d’un G20 en septembre, après l’Assemblée générale des Nations Unies.

Ce qui est touchant avec le G20, c’est la résolution sur les paradis fiscaux : Une liste des paradis fiscaux va aussi être publiée immédiatement par l'OCDE pour décourager l'évasion fiscale. Cette publication est une exigence de l'Allemagne et de la France. «L'ère du secret bancaire est révolue», assure notamment le communiqué. Ben, tiens !

Par ailleurs, les pays du G20 se sont mis d'accord pour mettre en œuvre de «nouvelles règles» sur les salaires et les bonus des dirigeants au niveau mondial.



Paroles, paroles...


Un conflit était apparu ces derniers jours entre pays européens soucieux de mettre en œuvre prioritairement une réforme de la régulation, et les Etats-Unis qui prônaient de nouveaux engagements de relance de la part de leurs partenaires. Mais, ces divergences ont été totalement lissées dans le communiqué final. Du moins, c'est ce qu'on dit.





Barack Obama et les nains hilares

Gordon Brown a considéré que ce sommet marquait la naissance d'un «nouvel ordre mondial» émergeant de la crise économique, et «le jour où le monde s'est mis ensemble pour combattre la récession».

«Nous partons du principe que la prospérité est indivisible, que la croissance pour être durable doit être partagée (...). Nous pensons que la seule fondation sûre d'une mondialisation soutenable et l'augmentation de la prospérité pour tous est une économie ouverte fondée sur le principes de marché, une régulation efficace et des institutions mondiales solides», affirme le communiqué. « Paroles, paroles… » chantait Dalida.

La fin du système suisse affaiblira à terme l'Europe


Les conséquences pour la Suisse et pour l’Europe sont incalculables. Les Helvètes devront entrer dans l’UE, la queue entre les jambes. La Suisse est cependant une nation souveraine qui a une longue histoire qui n’est pas seulement celle de ses banques. Elle est un modèle de fédéralisme où trois communautés linguistiques vivent en paix. Sa neutralité permit la signature de nombreux traités de paix qui mirent fin à des bains de sang. La Suisse est un paradis pour la recherche scientifique. Ce n’est pas pour rien que le principal centre de recherches européen se soit installé en Suisse, le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire). Son affaiblissement serait une catastrophe. L’abandon de sa neutralité romprait l’équilibre fragile de l’Europe d’aujourd’hui.


La fin de la Suisse faciliterait de manière significative la transformation déjà entamée de l’Union européenne en une vaste zone de libre échange extensible au-delà de l’espace européen, contrôlée par les multinationales et dont la défense sera assurée par l'OTAN. Le prix de la « vertu » fiscale est en définitive très élevé ! Et il en restera des paradis fiscaux en Europe. Rappelez-vous, on a appelé le dernier Tour de France, le « Tour des paradis fiscaux ». En effet, il partait de Monaco pour passer par la Suisse et par Andorre. Et on oublie en outre le grand nombre de « zones franches » où les échanges commerciaux sont pratiquement détaxés.


Quant à la lutte contre les paradis fiscaux voulue par le G20, elle est restée lettre morte. La fameuse liste est incomplète et a d’ailleurs déjà subi de nombreuses modifications. La seule manière est de s’unir pour exercer une pression insupportable sur le secteur bancaire qui a besoin de paradis fiscaux comme de pain. On le voit en France où Nicolas Sarkozy va "engueuler" les banques. D'ailleurs, un orfèvre en la matière, le nouveau CEO de "Fortis", Bruno Colmant, a déclaré : "Il est impossible de moraliser le système financier". On a « lâché » la Suisse car elle n’a pas suivi l’évolution des paradis fiscaux et était donc bien plus facile à neutraliser.


De toute façon, tant qu’il restera un seul paradis fiscal sur Terre, la lutte contre la grande fraude fiscale qui appauvrit les Etats restera lettre morte.
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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 13:49
HOLST | Les planètes
MATTHEWS | Pluto, the renewer

Orchestre philharmonique de Liège Wallonie-Bruxelles
François-Xavier Roth, direction - Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie

Quel lien entre les planètes de notre Système solaire et la musique des "Planètes" écrite par le compositeur anglais Gustav Holst (1874-1934) entre 1914 et 1917 ? Dans le cadre de l’Année internationale de l’astronomie, l’Orchestre philharmonique de Liège, en collaboration avec Réjouisciences - ULg, propose un concert étonnant alliant art et science. Le chef d'orchestre François-Xavier Roth et une astrophysicienne de l'ULg proposent une évocation croisée de notre Univers par le biais d'images et de musique.
L’occasion d’entendre (et de voir) une œuvre spectaculaire (avec plus de cent musiciens) et de répondre à la question : c’est quoi une planète ?


*Lien : http://www2.ulg.ac.be/sciences/astro/opl.htm
*Quand ? : Le samedi 26 septembre 2009 à 16h00
*Où ? : à la Salle Philharmonique, boulevard Piercot, 25-27 à 4000 Liège
*Réservations - Billetterie : 15 et 25 euros à boulevard Piercot, 25-27 -
4000 Liège -
http://www.opl.be - Tél. : +32 (0)4/220 00 00
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 13:58

Un militant à notre époque est devenu une denrée rare. En voici encore un qui disparaît.



Ernest Glinne est né à Forchies-la-Marche, non loin de Charleroi, en 1931 et décédé à Courcelles, le 10 août 2009. Il habitait Square Salvador Allende, tout un symbole !


Glinne fut licencié en sciences politiques et sociales de l’ULB. Il milita très vite à gauche. Il participa activement aux grèves de 1960-61 aux côtés d’André Renard et de la gauche du PSB. Il fut un des fondateurs du Mouvement populaire wallon.


Avec André Renard, Jacques Yerna, François Périn, Freddy Terwagne, Raymond Rifflet, Ernest Mandel, il fonda l’hebdomadaire « La Gauche » qui était toléré au Parti Socialiste qui avait défini sous la présidence de Léo Collard et avec l’appui de Spaak, un droit de tendance qui n’existe plus aujourd’hui. Malheureusement, la « Gauche » se déchira en grande partie à cause de « l’entrisme » trotskyste. Mouvement trotskyste que Glinne considéra malgré tout comme sincère, face au communisme des démocraties populaires qui n’était à son sens que du « capitalisme d’Etat ».


Il dut quitter le Mouvement populaire wallon en 1964, car il risquait l’exclusion du PSB. Il fut élu député de l’arrondissement de Charleroi en 1961. Un de ses premiers déchirements fut l’adoption par la majorité socialiste – sociale chrétienne de l’époque des lois répressives et liberticides contre les grévistes. Il s'abstint avec d'autres députés socialistes comme Cools, Hurez, Massart et Terwagne. De là vient le sobriquet : "Ernest le rebelle" dont il tirait une certaine fierté. C’était, à l’époque, une affaire assez comparable avec les lois « anti-terroristes » imposées par les Etats-uniens après le 11 septembre.
A la différence près qu'aucun député socialiste n'a eu le courage de s'abstenir...

En 1973 – 74, il fut ministre de l’Emploi et du Travail. Il tenta, avec plus ou moins de bonheur, de contribuer à l’émancipation des travailleurs, notamment avec la loi sur les crédits d’heures qui permettait aux travailleurs de suivre des cours en horaire décalé afin d’avoir la chance d’acquérir un diplôme tout en travaillant.


L’évolution du Parti socialiste l’inquiétait. Il le voyait de plus en plus social-démocrate, voire social-libéral. Il fonda en 1978 "Tribune socialiste" en vue de redonner un souffle de gauche au Parti. Ce fut un échec. Les compromissions l’écœuraient. En 1981, André Cools ayant démissionné de la présidence du PS, se sentant dans l’impasse, il fut candidat à sa succession contre Guy Spitaels, alors vice-premier ministre. Ces élections furent manifestement truquées. Un premier décompte donna 55 % des voix à Ernest Glinne. On procéda à un nouveau vote, certaines fédérations estimant devoir changer leur vote suite à un « fait nouveau ». On ne saura jamais de quoi il s’est agi.


Le Parti se divisa profondément entre une aile communautariste et une aile régionaliste après le victoire électorale de 1988 qui, si l’on calcule bien, ne fit que rattraper les échecs des deux derniers scrutins. Ernest Glinne se garda d’intervenir dans ce débat d’autant plus qu’il se méfiait du chef du courant régionaliste, l’ancien bourgmestre de Fourons, José Happart qu’il connaissait d’autant plus qu’il siégea avec lui au Parlement européen de 1979 à 1994.


Glinne était un Européen convaincu depuis longtemps. Il fut même président du Mouvement européen. Son assiduité, sa force de travail et sa conviction en firent le président du groupe socialiste du Parlement européen. Ernest Glinne était un véritable fédéraliste européen, partisan d’une Europe politique démocratique qu’il voyait comme réponse pour la Wallonie au belgicanisme décadent et à la montée en puissance de la nation flamande.

La rupture avec le PS commença en 1993. Ernest Glinne était alors vice-président de la fédération socialiste de Charleroi. Il apprit que son président, Richard Carlier, revendait en touchant des commissions des biens sociaux publics de Charleroi. Il exigea une enquête interne. En dépit de la passivité de Van Cau et de Busquin, et bien entendu, l’opposition de Carlier, le scandale éclata. Glinne, quant à lui, fut isolé. Il « émigra » politiquement à Thuin mais il s’y sentit mal à l’aise.


De plus, de graves affaires comme celles d’Agusta Dassault secouèrent durement le PS. Guy Spitaels dut démissionner de ses mandats avec Guy Mathot et Guy Coëme. Spitaels et Coëme furent sévèrement condamnés. Le Parti en a été considérablement affaibli. Un jeune président, Elio Di Rupo, parvint à le redresser mais il avait perdu son âme. Ce n’était plus le parti du changement, ce n’était plus le parti des travailleurs. Il se mua en parti de gestionnaires.


Glinne sentit qu’il n’avait plus rien à faire dans ce parti. Comme il l’a dit dans une interview à l’hebdomadaire « Pan » : « Il vaut mieux rester soi-même en changeant d’étiquette que se changer en gardant la même étiquette ». Il se tourna vers Ecolo où il resta jusqu’en 2004. Il passa ensuite au Rassemblement Wallonie France. Glinne ne croit plus en l’avenir de la Belgique : « Qu’est-ce qu’il nous en reste? L’Atomium et l’Expo universelle de 1958? Les quelques constructions publiques que Léopold II nous a laissées en échange de ses exactions génocidaires en Afrique? L’image romancée d’Albert Ier et de la Reine Astrid? Les prisonniers de guerre wallons en Allemagne? Internationaliste et européen, je suis en même temps wallon. »


Dans le discours qu’il prononça au conseil communal de sa bonne ville de Courcelles pour expliquer son passage au RWF, il y développe les convictions qui l’ont animé toute sa vie :

« Je ne crois plus du tout à l'acceptabilité de l'Etat belge et des mensonges triomphants qui passent encore sous ses plafonds en lézardes.


Il me FAUT choisir. Et le peuple de Flandre doit être pour moi désormais un bon voisin si possible, respecté dans la mesure du respectable, mais celles et ceux qu'il élit en trop grande force ne peuvent plus être des compatriotes dominants.


Le refus d'un système de type colonial imposé aux Wallons m’est personnellement indispensable, sans attendre un jour de plus, aux niveaux ou je suis une portion de l'âme wallonne.


J'abandonne donc - avec une certaine tristesse - mon appartenance au groupe ECOLO et je renonce donc aux mandats dérivés de ma qualité de conseiller municipal. Je remercie ces compagnons dont les luttes HORS DE LA STRUCTURE D'ETAT BELGICAINE resteront les miennes : je n'aurai pas à m'y associer puisque essentiellement, les objectifs en sont et resteront les miens.


C'est en homme de gauche que j'agis.


En partisan de la République, en enfant des corons qui ont fait le paysage d'affection du Nord cher à Bachelet le chanteur des houillères, et aussi l'image de Carmeaux, haut lieu du minerai de fer, si cher à Jaurès.

En enfant écarté du peuple de France et de son monde du travail par la géopolitique, mais « proche » - au sens familial - de ce peuple par rapport auquel les Wallons sont encore - provisoirement - des cousins non intégrés.


En citoyen aussi d'une Europe qui a besoin de patries cohérentes en leur sein pour être convergentes et associées dans leur destin.


En multilingue qui sait qu'on ne perçoit bien les cultures d'ailleurs qu'en valorisant d'abord et avant tout la sienne, en l'occurrence en passant par la francophonie répartie sur plusieurs continents.


Je siégerai ici dorénavant comme représentant du Rassemblement Wallonie-France. Dans un respect à l'égard de tous et en appuyant mes actes sur des convictions socialistes et laïques inébranlables.


Les valeurs socialistes sont toujours excellentes à mes yeux, dans le cœur de celles et ceux qui les vivent réellement hors des pièges de l'instrumentalisation.


La laïcité, quant à elle, est indispensable dans des sociétés contaminées par trop de ghettos, de replis et de cloisons et par une montée des fondamentalismes.


La loi française du 9 décembre 1905 instaurant, pour le bien commun, la séparation de la République et des cultes, dans le respect non subsidiant des options religieuses et philosophiques personnelles et démocratiquement associées, est et sera ma référence. 


Vive la Wallonie. Vive la Wallonie en France. Vive la République. Vive la France...


Vivent la Liberté, l'Egalité et la Fraternité… »


Toutes les idées d’Ernest Glinne sont exprimées dans ce discours. Pour terminer, il nous révèle ce que son beau-frère, mineur de fond lui disait en wallon à la Maison du Peuple qui fut toujours son havre de militantisme et de fraternité.


« t’saveu Ernest, vous quand vos astez à l’maison du peupe, vos parlè de l’Internationale, hé bin nous quand nos astons din l’fosse hein, on fait l’Internationale tous les djous. Qu’on fuche Flamin, qu’on fuche Italien, qu’on fuche Marocain. Quand y da uin qui ramasse su s’tiesse, on est tertous là ».


L’Internationale pensée et l’Internationale vécue, tout le combat du Socialisme. Ernest Glinne était de ce monde là. Il l’a bien représenté et s’est battu pour lui jusqu’à on dernier souffle.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 10:41

Iran : la manipulation continue.

 

Nous avons évoqué dans une livraison précédente la manipulation des Occidentaux dans les événements qui secouent l’Iran. Le rôle des Etats-Unis et de la France n’est plus à démontrer.

 

Dans une récente interview à la chaîne TV américaine CNN, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton avoue clairement le rôle des Etats-Unis dans la « révolution verte » iranienne.

 

En effet, l’opposition républicaine reprochait à Obama sa passivité envers la situation en Iran. Les services américains avaient nié toute intervention dans les troubles à Téhéran et le président affichait volontairement une neutralité silencieuse.


Or, dans un entretien accordé à Farred Zacharia, journaliste américain d’origine indienne, spécialiste du Moyen Orient, le 9 août 2009 sur CNN, la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, a confirmé ce que ses services niaient jusque là : les États-Unis ont joué un rôle très important dans la pseudo « révolution verte » en Iran et ont fabriqué de faux messages d’Iraniens sur Twitter.


En voici le script :


Fareed Zakaria : À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que le président et vous-même avez été trop lents à condamner ce qui paraît avoir été des élections frauduleuses ; trop lent à offrir un soutien aux gens d’en bas parce que vous vouliez préserver l’option de négociations avec l’Iran. Pouvez-vous réellement négocier avec l’Iran dans cette situation ?
Je comprends, qu’en général, on négocie avec toutes sortes de régimes. mais en pratique, maintenant, avec Ahmadinejad intronisé dans une atmosphère très conflictuelle, n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ?


Hillary Clinton : laissez-moi répondre à la première partie de votre question sur notre réaction. Il y avait un autre aspect très important. Nous ne voulions pas nous ne voulions pas nous trouver entre les protestations et manifestations légitimes du peuple iranien et le pouvoir. Et nous savions que si nous intervenions trop tôt, trop fort, l’attention aurait pu basculer et le pouvoir aurait essayé de nous utiliser pour unifier le pays contre les protestataires. C’était une décision difficile à prendre, mais je pense que, rétrospectivement, nous nous en sommes bien sortis. Ceci dit, en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez, la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez », malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous continuons à parler avec et à soutenir l’opposition.




Hillary Clinton voulait-elle calmer l’opposition républicaine ou jeter des bâtons dans les roues d’Obama ? Il est difficile de répondre.


Second aspect : l’attitude de la France. Y aurait-il une divergence entre Sarkozy et son va-t-en-guerre de Kouchner ? Tout d’abord le plus brillant diplomate de France n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat : « L'ambassade de France à Téhéran avait pour consigne d'accueillir des manifestants iraniens "poursuivis" si ceux-ci lui demandaient refuge, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, dans un entretien publié lundi 10 août dans Le « Parisien/Aujourd'hui ». Le « Monde » du 10 août rapporte : « Arrêtée aux côtés de l'universitaire française Clotilde Reiss et d'autres manifestants contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, Nazak Afshar, une employée franco-iranienne de l'ambassade, avait affirmé samedi lors de son procès avoir reçu comme consigne de son employeur de donner asile si nécessaire à des manifestants. "Si des manifestants poursuivis cherchaient refuge à l'ambassade de France, la consigne était d'ouvrir la porte", a déclaré M. Kouchner au Parisien, ajoutant : "C'est une consigne de tous les Européens. C'est notre tradition démocratique."



Cette attitude de Kouchner est irresponsable. User d’une employée d’ambassade et d’une jeune universitaire dans un pays ayant un régime totalitaire parmi les plus dangereux, est inadmissible sur le plan de l’éthique, mais aussi de l’efficacité diplomatique. En agissant ainsi, Kouchner met la position de son pays en porte-à-faux.


Redoutant sans doute un retournement dans l’opinion publique, Sarkozy a décidé de s’occuper de cette affaire depuis son lieu de villégiature, le Cap Nègre. En clair, il règle cette question sans l’aide de Kouchner. Fi de « l’ingérence humanitaire », place à la négociation ! Et puis, il ne faut pas négliger les intérêts de ses amis : il faut laisser une porte ouverte pour la vente de nucléaire civil à l’Iran. Quels furent les enjeux de cette négociation qui s’est passée par l’intermédiaire de la Syrie ? On ne le sait pas encore, sinon qu’une caution de 300.000 Euros a été versée pour Nazak Afshar qui a été libérée. Clotilde Reiss sera probablement assignée à résidence à l’ambassade de France à Téhéran, au moment où nous « postons » cet article.


 












Passerait-on de la politique du pire à la Kouchner à la real-politique, incarnée par Sarkozy ? Néanmoins, comme l’écrit Marianne2.fr dans sa livraison de lundi 11 août : « Depuis son élection, le président français a adopté une position brouillonne face à l'Iran, un mélange de provocations verbales sans lendemain et d'ouverture : il s'est montré particulièrement hostile à l'Iran, mais en même temps il a toujours laissé la porte ouverte à un équipement nucléaire civil de l'Etat perse. Sarkozy a ainsi prêché les sanctions, appelé à la société civile (?), installé une base française à quelques kilomètres des côtes de l'Iran, et critiqué « l'ampleur de la fraude » électorale lors du scrutin de juin dernier. Mais il persiste aussi à proposer un accord nucléaire civil si l'Iran renonçait à ses plans militaires.

Une position qui tranchait avec le constat lucide de Barack Obama : « La différence entre M. Ahmadinejad et M. Moussavi en terme de politique pourrait ne pas être aussi grande que ce qui a été dit », avait-t-il déclaré en juin dernier. « D'un côté comme de l'autre, nous allons traiter avec un régime iranien historiquement hostile aux Etats-Unis ».

Cela tranche aussi avec la prise de position de Hillary Clinton.

Qui manipule qui, en cette affaire ?


Connaissez-vous la burqini ?


L’islamisme a aussi ses modes. Après la burqa, voici la burqini. Il s’agit d’une tenue de bain pour les femmes musulmanes qui recouvre la tête et qui, comme un training, recouvre une bonne partie du corps. C’est une certaine Aheda Zanetti, une musulmane vivant en Australie, qui a inventé ce curieux « habit ». C’est très à la mode en Turquie, notamment dans la station touristique de Antalya, où l’on a ouvert des hôtels islamiques qui ont pour caractéristique de séparer les hommes des femmes dans leurs activités estivales, notamment dans la piscine où les femmes plongent affublées de la burqini. Le soir, elles ont droit à leur propre night club où elles ont même le droit de batifoler entre nanas en robes décolletées. On n’arrête pas le progrès ! Au Sud du Liban contrôlé grâce à la grande vision géostratégique d’Israël, par le Hezbollah, il existe des plages réservées aux seules femmes en burqini.


A Emerainville, en Seine et Marne, une femme s’est présentée à la piscine municipale revêtue de sa burqini et a plongé. Le maître nageur l’a invitée fermement à remonter car sa tenue est contraire au règlement d’hygiène de cette piscine. En effet, on conçoit difficilement qu’un(e) nageur(se) plonge tout habillé(e)… Bien sûr, grand scandale ! La dame dépose plainte auprès du procureur de la République à Meaux et compte avertir le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) dont le communautarisme est bien connu.


Voilà donc un double interdit dans les piscines : le monokini (indécence…) et la burqini (hygiène). Par contre sur les – enfin certaines - plages, on fait ce que l’on veut. Il serait amusant que les femmes en burqini et en monokini s’y côtoient. Ce serait vraiment le progrès !













                                               La burqini ou le monokini, il faut choisir !

L’apprentissage très néolibéral des Ecolos


Plus d’un a été surpris parle casting Ecolo pour les gouvernements régionaux et communautaire de la partie Sud de la Belgique. L’hebdomadaire satirique « Pan » semble avoir la réponse. Bien sûr, la plupart des heureux élus sont issus de la FEF, Fédération des Etudiants Francophones, qui fut le fer de lance contre le manque de financement de l’enseignement de la Communauté française dans la décennie 1990. On y retrouve Jean-Marc Nollet, Philippe Henry, Emily Hoyos et des PS comme Bucella et Gregor Chapelle.


Rien à dire. C’est le parcours normal de jeunes se lançant dans la politique.


Par contre, certains d’entre eux ont subi une bien curieuse formation. Ils ont fait un séjour à l’Institut Aspen. De quoi s’agit-il ?


Cet institut est typique de la lettre et de l’esprit néolibéral. Une école privée discrète, ne faisant guère de publicité, dans un environnement de luxe avec un corps académique composé d’importants businessmen, forme des jeunes universitaires prometteurs à devenir les cadres politiques et les managers futurs. Sortir de ces écoles vaut bien plus dans un CV que tous les diplômes universitaires de  troisième cycle décrochés dans les plus prestigieuses Alma mater.


Qu’est-ce que l’Institut Aspen ?


L'institut Aspen est un cercle de réflexion et d'influence international à but non lucratif fondé en 1950 à Aspen dans le Colorado aux États-Unis dédié au « commandement éclairé, l'appréciation d'idées et valeur éternelles, un dialogue ouvert sur des thèmes actuels ». Son orientation en politique étrangère est d'inspiration atlantiste. L'institut a des chapitres à Berlin, Washington, Bucarest, Rome, Lyon, New-Delhi et Tokyo.


« Valeurs éternelles » et « atlantiste » dénotent bien la coloration néoconservatrice de cette formation.


Le Réseau Voltaire en dresse l’historique : « Mêlant festival culturel, formation aux humanités et réflexion stratégique mondiale, l’Institut Aspen ne veut être ni un think tank, ni un Davos états-unien, mais un club pour une élite raffinée. Cette prétention intellectuelle et artistique permet aussi d’attirer des dirigeants d’Europe et d’Asie que la vulgarité des nouveaux riches texans rebute. L’institut est aussi propriétaire du domaine de Wye River où les présidents des États-Unis aiment à recevoir les grands de ce monde à l’abri des regards. »


Il est intéressant e voir comment cet institut fut fondé par un riche homme d’affaires américain, grand amateur de musique classique et d’architecture. Cet Institut évolua rapidement de lieu de rencontre dans le cadre enchanteur d’une station de ski du nom de Aspen (les néolibéraux adorent le ski, regardez Davos !) à un centre de formation à l’idéologie néoconservatrice.




« À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le milliardaire Walter Paepcke, fondateur de la Container Corporation of America, rechercha un havre de paix où se ressourcer en écoutant de la musique et en dessinant de nouvelles lignes d’architecture. Le choix de l’esthète se posa sur le cadre enchanteur d’une station de ski naissante, Aspen (Colorado). Il y fit dresser par l’architecte finlandais Eero Saarinen une sorte de tente qui fasse amphithéâtre et salle de concert pour 2000 invités. Et il y convoqua un festival de musique classique à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Goethe, en 1949. En ce début de Guerre froide, Albert Schweitzer, Ortega y Gasset (philosophe fascisant) et quelques autres s’y laissèrent émouvoir par les mélodies romantiques interprétées par Arthur Rubinstein. Se plaisant au jeu, le mécène organisa l’été suivant un festival culturel de trois mois au cours duquel des conférences sur le Bauhaus alternèrent avec des concerts d’Isaac Stern et des projections cinématographiques. S’enhardissant, Walter Paepcke conçu le projet de délivrer à ses amis présents, chefs d’entreprises comme lui, une formation humaniste à la prise de décision inspirée de l’enseignement du professeur Mortimer J. Adler. Le mécène se muant en maître, il entreprit d’organiser, dès 1951, au cours du festival, un séminaire pour une vingtaine de dirigeants sur « Notre héritage américain », puis sur « La liberté humaine » et bientôt les conférences de Friedrich von Hayek (le penseur fondateur du néolibéralisme)  sur le libéralisme économique. C’est ainsi que naquit progressivement l’Institut Aspen pour les études humanistes. »


En 1978, l’Institut se vit offrir par de généreux mécènes le splendide domaine de Wye River (Maryland) qui lui sert désormais de siège.


En 1984, l’Institut se dote d’un Groupe de stratégie (Aspen Strategy Group), initialement pour favoriser un débat bipartisan sur la réduction de la course aux armements, puis pour aborder tous les grands sujets de politique étrangères.


L’Institut Aspen ouvre des filiales en Allemagne autour du Haut-commissaire états-unien Shepard Stone  (1974), en Italie (1984), en France avec l’ancien Premier ministre Raymond Barre (1985), et maintenant en Inde avec le « patron des patrons » Tarun Das (2004).


Le domaine de Wye River devient un haut lieu de la politique internationale. En 1990, c’est là que George W. Bush (père) et Lady Thatcher discutent du Nouvel ordre mondial avant que le président ne prononce son discours sur le sujet au Congrès. En 1991, il abrite la réunion préparatoire du sommet mondial de Rio sur l’environnement.

Aujourd’hui l’Institut Aspen est dirigé par Walter Isaacson, ancien directeur de CNN, puis de Time Magazine. Des personnalités prestigieuses de la politique ou de « l’industrie culturelle » siègent au Conseil d’administration : le prince saoudien Bandar bin Sultan, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine K. Albright, Michael Eisner (Disney), le secrétaire général adjoint de l’ONU Olara A. Otunu, ou encore Jack Valenti, le patron du syndicat d’Hollywood.


C’est à l’Institut Aspen à Lyon que nos « très progressistes » Ecolos ont effectué leur stage.



C’est l’ancien Premier ministre de Giscard d’Estaing, Raymond Barre, « le premier économiste de France » dont le néolibéralisme affiché n’empêchait pas l’expression d’un certain antisémitisme, qui développa l’Institut Aspen en France dans sa bonne ville de Lyon dont il fut maire. Cet Institut fut fondé à Paris en 1983 par Olivier Mellerio, grand patron dans le secteur du luxe.  Développé sous l’égide de Raymond Barre, établi à Lyon en 1994, l’Institut Aspen France est membre d’un réseau international créé aux Etats-Unis et présent en Allemagne, en Italie, en Roumanie, en Inde et au Japon.


                          Walter Isaacson


                            
Les programmes d’Aspen couvrent trois grands domaines thématiques :

  • la compréhension de la mondialisation, des contraintes et des opportunités qui en résultent ;
  • la prise de conscience des avancées scientifiques en cours dans de nombreux domaines, des promesses et des risques associés et des dilemmes qu’elles posent aux dirigeants ;
  • l’aggiornamento du modèle économique, politique et social français.

L’Institut Aspen France est présidé par Michel Pébereau, président du conseil de surveillance de BNP Paribas. Il dispose d’une équipe opérationnelle de 5 personnes et d’un budget annuel d’un million d’euros, financé pour un tiers par les collectivités territoriales de la région Rhône-Alpes et pour deux tiers par des mécènes privés, entreprises, fondations et personnes physiques.


A voir le profil de ses dirigeants, son programme et ses objectifs, il est inutile d’ergoter sur l’environnement idéologique de l’Institut Aspen. Le conseil de surveillance d’Aspen France comprend trente membres dont l’ancien PDG de Total, Thierry Desmarets, accusé d’être le responsable de la plus grande catastrophe écologique de la Manche, le naufrage de l’Erica. On y trouve aussi Gérard Mestrallet, le grand patron de Suez Gaz de France et chaud partisan de l’énergie nucléaire.


Curieuses fréquentations pour des Ecolos !


Autre aspect : comment conçoit-on la sécurité de l’Europe à l’Institut Aspen ? Ce fut un conférencier, spécialiste de la géostratégie et affichant ouvertement son atlantisme, Bruno Tertrais qui tenta d’apporter une réponse. C’est le Ba ba de l’atlantisme. Il distingue les risques certains et les risques fantasmatiques. Parmi les premiers, il y a bien entendu le « jihadisme » (logique du choc des civilisations), l’Iran pour sa potentielle puissance nucléaire, son « soutien au terrorisme international » et sa volonté de puissance au Moyen-Orient (en clair, il n’est pas question que l’Iran puisse devenir un arbitre dans la poudrière du Moyen-Orient), puis la Russie qui pourrait sanctionner l’Europe en coupant ses fournitures de gaz,  le trafic de drogue. Il y a des risques indirects comme la possibilité d’un basculement du Maroc dans l’islamisme ou un conflit de grande ampleur en Asie. Dans les risques dits fantasmiques, Tertrais énumère le risque nucléaire qui est très faible, une menace militaire qui est fort improbable, une guerre pour l’eau, elle aussi fort hypothétique. Et cerise sur le gâteau : « Les menaces issues du changement climatique. Même observation que ci-dessus : les effets du changement climatique (désertification ou inondation provoquant des migrations par exemple) pourront être un élément de conflits futurs, mais pas la cause directe. Notons que ces phénomènes ont toujours existé dans l’histoire et ne constituent en rien une nouveauté. » Le réchauffement climatique qui ne constitue pas une « nouveauté » et a toujours existé.


Voilà un raisonnement que nos « académiciens » écolos auront bien difficile à soutenir devant leur base !

Parmi les ministres Ecolos qui ont fait un séjour à l’Institut Aspen, on compte Jean-Marc Nollet, le ministre bruxellois Christos Doulkeridis, le ministre wallon Philippe Henry et la députée fédérale Juliette Boulet. Au PS, on compte Jean-Charles Luperto, dit le « téléphoniste », jeune président du Parlement de la Communauté française.

Il est intéressant de voir ce que Doulkeridis en pense : « Comme d’autres personnalités politiques belges de sa génération (Doulkeridis a 38 ans l’époque), le député bruxellois se voit offrir une formation gratuite chez Aspen, en France. Pourquoi cette générosité ? « Les décideurs économiques ont dû se dire que, tant qu’à se retrouver face à des politiques, autant qu’ils soient à la hauteur... », répond sans ambages l’intéressé.


Cette année-là, trois hommes politiques belges sont finalement retenus au terme d’entretiens de motivation : Jean-Marc Nollet (actuel vice-président du gouvernement wallon)), Xavier Baeselen (député-échevin MR de Watermael-Boitsfort) et Doulkeridis lui-même. Aux côtés de ces trois Belges, des Français, deux Marocains, un Libanais, deux Égyptiens.




« Le principe était de mélanger tant les zones géographiques que les couleurs politiques démocratiques, précise notre interlocuteur. Nous avons suivi quatre séminaires de trois jours, sur six mois plus ou moins. À chaque fois, il s’agissait de déterminer comment l’on définit une stratégie : en comprenant un enjeu, puis en se mettant dans une position qui n’est pas la position de la dénonciation. En clair : comment est-ce que l’on arrive à comprendre, à apprendre, puis à convaincre, lorsque l’on se trouve dans une position bloquée ? »



                            Christos Doulkeridis

Le programme suivi par les élus comprend des séances de développement personnel, mais également des analyses de situations réellement vécues par des hommes politiques ou des personnalités du monde des entreprises. Christos Doulkeridis se souvient ainsi avoir étudié comment la France est parvenue, après des épisodes dramatiques, à construire la paix en Nouvelle-Calédonie, avoir entendu Simone Veil expliquer comment elle est parvenue à faire passer la loi sur l’IVG dans un contexte plutôt frileux sur le sujet (en 1974), ou avoir rencontré le ministre italien de la Fonction publique, Franco Bassanini, qui, de 1996 à 2001, mena à bien une réforme réputée « impossible » dans l’administration transalpine.


« L’idée n’était pas de copier ces stratégies, précise le président du Parlement francophone bruxellois, mais de se rendre compte que les prises de décision se sont faites dans le cadre de stratégies réfléchies, définies, puis seulement mises en place. Par ailleurs, on n’essayait pas de convaincre sur le fond, mais au contraire de tirer parti de nos différences, en nous confrontant à des enjeux communs. »

On est ébahi devant tant de candeur de la part d’un responsable politique.

Dans cette affaire, les Ecolos et certains Socialistes montrent leurs contradictions. Comment défendre une politique progressiste en acceptant d’être formé par une officine néolibérale ? Sans avoir analysé les objectifs et les méthodes de l’Institut Aspen, sa composition aurait dû constituer un signal d’alarme suffisamment audible pour nos jeunes politiciens.


Ecolo reste un parti fourre-tout qui se base sur des slogans et des a priori, mais qui est prêt à toutes les compromissions, sans doute malgré lui. Quant au PS, il a renoncé depuis longtemps à ses formations de base et son idéologie s’en est trouvé diluée. L’exemple d’un Luperto, animé par ses seules ambitions personnelles, est probant.

L’Olivier tel qu’il est parti, est loin d’annoncer des réformes progressistes, à moins qu’au sein d’Ecolo et du PS, des militants attachés à la dynamique progressiste se réveillent.

On peut rêver.

 

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Published by pierre verhas
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