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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 09:57

Savez-vous comment cela se passe aux Etats-Unis pour les personnes qui sont dans l'impossibilité de souscrire à une assurance privée soins de santé ? Le consultant en média et démocratie, ancien consultant de Cigna, une des premières sociétés privées américaines de soins de sante, Wendell Potter le raconte dans le "Monde" daté du 24 novembre 2009 :  comme dans une campagne publicitaire, on organisa une distribution gratuite de soins à des non-assurés. « La queue était interminable. Des gens avaient passé la nuit dans leur véhicule avec leurs mômes pour être sûrs d'être soignés. Je me suis dit : c'est ça, être malade en Amérique ? » 



Wendell Potter, un des plus chauds partisans de
la couverture publique des soins de santé

Potter sait de quoi il parle. Il a vu le système privé de près et en est indigné au point qu'il consacre toute son énergie à la combattre. En effet, selon ses recherches, les USA sont classés 27e pour la mortalité infantile et 28e pour l'espérance de vie. Voilà le brillant résultat de l'assurance privée qui ne songe qu'au profit. Pour les Démocrates progressistes américains et Barack Obama, c'en est assez. Il est plus que temps qu'une couverture publique soins de santé soit mise en place pour apporter la garantie de soins de santé décents pour tous les citoyens américains. Cefut un des thèmes fondamentaux de la campagne présidentielle de Barack Obama.

Un projet de loi est élaboré, mais il se heurte à l'opposition de deux des plus importants lobbies US : celui des assurances privées et celui des laboratoires pharmaceutiques.

Au terme de moult péripéties, le projet de loi de couverture soins de santé, projet essentiel pour le Président Barack Hussein Obama, a franchi le cap de la Chambre US à une très courte majorité (220 voix, la majorité requise étant de 215). Cependant, ce projet n’en est pas sorti intact et il doit encore passer une épreuve bien plus redoutable, celle de son adoption par le Sénat américain.

 

L’opposition de la droite conservatrice américaine, encore très influente et très influencée par les deux lobbies, porte sur deux points.

 

Le premier est l’option publique, à savoir l’intervention étatique dans l’assurance soins de santé. Le projet voté à la Chambre étatsunienne en est une version qui ne concurrencerait que fort peu les assureurs privés.


 
Le Président Obama fête sa première victoire
sur le projet de couverture santé avec ses partisans
à la Chambre US.


Un danger pour la démocratie

 

L’autre aspect de ce projet touche aux laboratoires pharmaceutiques. La version de la Chambre des représentants, pour la première fois, permet aux programmes tels que Medicare de négocier le prix des médicaments, afin d’assurer la transparence et la concurrence entre laboratoires. Cependant, cette disposition va en contrepied d’un un accord conclu entre les leaders du Sénat, la Maison Blanche et les laboratoires pharmaceutiques, en contrepartie de leur soutien à une réforme plus importante. Le projet de loi élaboré par la Commission des Finances du Sénat reprend cette disposition et, le soutien des laboratoires étant en jeu, il est probable qu’elle y reste.

 

On peut déjà conclure un point en l’espèce : on assiste à une sorte de « privatisation » de la démocratie : les laboratoires pharmaceutiques privés sont parties prenantes dans l’élaboration d’une loi. C’est une dérive très dangereuse qui menace d’ailleurs l’Europe. Nous avons eu l’occasion de dénoncer le rôle de plus en plus grand des lobbyistes dans le processus de décisions au niveau de l’Union européenne. C’est un danger considérable qui n’est pas assez mis en évidence.


Mais, en outre, ces lobbies sont très dangereux. Ils rémunèrent des candidats à la Chambre et au Sénat dont ils attendent un soutien efficace pour s'opposer au projet de loi d'Obama. Ainsi, le lobby des assureurs-santé a fait élire des Démocrates dits «blue dogs», c'est-à-dire conservateurs et opposés à une assurance - santé publique. Si le représentant ou Sénateur élu vote malgré tout pour le projet, le lobby peut détruire sa carrière en le déligitimant et en finançant un autre candidat. Comme on approche des élections à mi-mandat qui auront lieu en novembre 2010, plusieurs politiciens sont très sensibles à cet aspect des choses.


Ainsi, ce n'est plus le peuple qui élit ses représentants, mais des lobbies. La démocratie devient la lobbycratie !

Les lobbies agissent aux Etats-Unis et aussi en Europe depuis une trentaine d'années, c'est-à-dire en même temps que le changement de politique qui a mené au régime néolibéral. Ce n'est pas un hasard. Wendell Potter explique : « Depuis trente ans, un trident s'est installé entre certains secteurs d'activité, les lobbies et des groupes de réflexion ultraconservateurs, dont l'assurance-santé privée offre l'exemple type. Ils ont imposé un mode de pensée qui a vacillé avec la crise économique, mais reste très puissant.


Bien avant la victoire de Barack Obama, ils se sont préparés à parer la menace d'une assurance-santé publique concurrente. Les campagnes pour répandre des rumeurs fausses ou délirantes, sur, par exemple, les "escouades de la mort" d'Obama pour éliminer physiquement les vieillards ou les jeunes filles que l'Etat fédéral obligerait d'avorter en cas d'adoption de cette loi, viennent de ces réseaux.


Quand Sarah Palin ou Michèle Bachmann (représentante du Minnesota) [voir plus loin ] lancent ces idées folles, ou lorsqu'un politicien déclare que l'assurance-maladie universelle c'est "le socialisme", je sais par expérience que ces arguments ont été pensés et testés avant d'être lancés.»


Il y avait un autre système

Le système d'assurance privée entre les mains des seules compagnies d'assurances n'a pas toujours existé. Potter rappelle : «
Jusqu'aux années 1970, la couverture médicale aux Etats-Unis était amplement gérée par des réseaux à but non lucratif comme BlueCross BlueShield. Avec l'accession à la présidence de Ronald Reagan (en 1981), une succession de fusions-acquisitions a laminé les assurances non lucratives partout en Amérique. A la fin s'est formé un "cartel" de sept grands assureurs privés.»



Un coût soi disant trop élevé

 

La version adoptée par la Chambre revient à environ 1.200 milliards de dollars sur dix ans, celle du Sénat est estimée à quelques centaines de milliards de moins (environ 900 milliards). Faisons ici un simple calcul : 900 milliards d’USD sur dix ans, c’est 90 milliards par an, soit moins de 30 USD par habitant, par an ! D’autre part, le projet permettrait de faire une économie de 130 milliards de dollars sur dix ans et contribuer à réduire le déficit américain. Le Sénat pourrait au final écarter les aspects considèrés comme les plus coûteux du projet de loi de la Chambre, autrement dit les plus sociaux comme l’obligation pour les employeurs à souscrire une assurance santé à leurs employés, et à en assurer l’application. Les documents de travail du Sénat ne prévoient pas cette obligation.

En revanche, la disposition limitant le financement de l’avortement, ajoutée au projet de la Chambre en fin de parcours, suite à la pression  de Démocrates « pro-vie » n’a pas été adoptée lors du  vote.

 

En plus des aspects économiques du projet, la question fondamentale est de savoir s’il est légitime pour l’Etat d’être un acteur du marché.

 

C’est loin d’être perdu.

 

Une deuxième étape a été franchie le 21 novembre. Les Démocrates ont obtenu 60 % des voix, soit 60 Sénateurs (58 Démocrates et 2 Indépendants), pour pouvoir entamer les débats au Sénat, commençant le 30 novembre et se poursuivant durant trois semaines.




C'est encore possible de franchir le cap du Sénat.
 

Il y a donc fort à parier que les conservateurs exerceront une très forte pression. L'adoption du projet de loi par le Sénat le forcerait ainsi que la Chambre des représentants, qui a adopté son propre texte sur la réforme le 7 novembre, à négocier un compromis. Le Sénat et la Chambre devront ensuite voter ce texte de compromis avant de soumettre la loi à la signature du président Obama pour sa promulgation. Les républicains s'efforceront de prolonger la bataille pour la réforme du système de santé jusqu'à l'année prochaine, usant de la technique dite du « flibustier », c’est-à-dire prononcer des discours interminables  en espérant que la perspective des élections parlementaires de mi-mandat en novembre 2010 amènera les Sénateurs démocrates élus dans des Etats conservateurs à voter contre la réforme.

 

Dans un geste de concession envers les démocrates conservateurs, Harry Reid présentera un projet de loi qui prévoit une clause de désengagement pour les Etats ne souhaitant pas prendre part à ce volet de la réforme. Or, cela représente un danger majeur : dans certains Etats, un seul assureur domine le marché local, fisant sans concurrence les conditions d'accès aux soins et leur remboursement. En laissant cette faculté aux Etats de choisir entre le monopole de l'assurance privée interdisant la couverture publique et l'introduction de celle-ci, les assurances privées pourront continuer à abuser de leur monopole en toute tranquillité.

Autre grande différence, le projet du Sénat financerait le tout par un impôt sur les assureurs qui proposent des polices très onéreuses. Dans la version de la Chambre, le financement dérive principalement d'une hausse de l'impôt sur le revenu des gens les plus aisés. Cette différence sera l'un des principaux obstacles à surmonter lorsque le Sénat aura voté sa propre version et que les négociateurs des deux chambres devront rédiger la version définitive du projet. (Los Angeles Times, 9 novembre 2009)

 

C’est donc loin d’être gagné, mais rien n’est perdu.

 

Quid de l’opinion publique ?

 

L’opinion publique américaine est très peu politisée et ne comprend guère les enjeux fondamentaux de la société étatsunienne.

 

Le Courrier international  analyse ainsi la situation de cette opinion. Du temps de la campagne d'Obama, le ras-le-bol populaire vis-à-vis de George W. Bush était interprété comme un désir de changement. Aujourd'hui, à en croire les sondages, beaucoup d'électeurs indépendants se demandent si Obama a apporté les transformations qu'ils réclamaient. Il y a un an, le coût croissant de l'assurance santé était l'une des principales préoccupations des électeurs. Maintenant, avec un taux de chômage à deux chiffres, c'est l'emploi qui les inquiète au premier chef.  Le « Yes, we can ! » semble bien oublié… sauf par le Président Obama.

 

La violente contre offensive conservatrice

 
La foule qui s’est réunie à Washington, près du Capitole, le 5 novembre dernier, avait répondu à l’appel du député républicain Michele Bachmann. Elle accuse Barack Obama d'être un socialiste et elle est devenue la coqueluche des militants de droite, qui se pressent en foule à ses apparitions publiques.  L’hebdomadaire « The Observer » du 19 novembre 2009 la décrit ainsi : « A 53 ans, elle est l'égérie du Tea Party Movement, qui a mené une campagne féroce contre la réforme du système de santé, le plan de relance de l'économie et la loi sur le changement climatique. Elle est devenue l'une des personnalités politiques qui font le plus parler d'elles aux Etats-Unis et apparaît fréquemment sur Fox News, la chaîne d'information continue proche des conservateurs. Elle appartient à une vague de conservatisme "au féminin" de plus en plus visible et qui ne cesse de gonfler depuis l'élection d'Obama. On y trouve des commentatrices connues, comme Michelle Malkin et Ann Coulter, dont l'aversion pour les gens de gauche est encore montée d'un cran ces derniers mois. Et, bien entendu, Sarah Palin, qui reste une figure incontournable du paysage politique et médiatique et vient d'entamer une tournée de promotion pour vendre son autobiographie. Le livre [Going rogue] a déclenché la frénésie des médias et est déjà un best-seller.

Toutes ces femmes expriment un mécontentement conservateur de plus en plus prégnant et, selon certains spécialistes, de plus en plus radical. Les républicains ont été chassés de la Maison-Blanche et du Congrès. Le parti devient de plus en plus "blanc" et "sudiste" à mesure que les changements dans la démographie nationale donnent le pouvoir à d'autres régions et minorités. Beaucoup d'Américains souffrent également de la récession. C'est là un tableau bien sombre, qui rend beaucoup d'électeurs sensibles aux propos de ces agitatrices talentueuses. Pour de nombreux critiques, des personnes comme Michele Bachmann et Sarah Palin mettent un visage féminin séduisant sur un courant politique nauséabond. »

La foule qui s'est réunie à Washington, le 5 novembre, avait répondu à l'appel de Michele Bachmann. Sur Fox News et dans ses communiqués de presse, elle avait demandé aux militants de droite de débarquer à Washington et d'envahir les couloirs du Congrès pour exiger que leurs représentants bloquent la réforme du système de santé. Des milliers de gens ont accouru à ce grand rassemblement en scandant "Nous voulons Michele !" Mais le vilain visage de certains de ces conservateurs était bien visible parmi les manifestants. L'un d'eux portait un masque de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, serrant dans les mains des poignées de fœtus sanglants. Un autre brandissait une photo de cadavres de Juifs entassés dans le camp de concentration de Dachau. "Soins de santé national-socialistes", disait la légende.



La députée Michele Bachmann, l'égérie des néo-
conservateurs. Une future Présidente ?

Plus tard, Michele Bachmann a condamné ceux qui avaient fait référence à l'Holocauste. Mais il suffit de jeter un bref coup d'œil sur sa carrière pour voir que cette étoile montante est une habituée des propos extrémistes. En octobre 2008, elle a traité d'antiaméricains certains de ses pairs au Congrès. Elle a accusé Obama d'avoir des idées socialistes. Elle a réglé son compte au réchauffement climatique en déclarant : "le dioxyde de carbone n'est pas un gaz nocif mais inoffensif". Et elle a alimenté la crainte d'une réaction violente contre Obama en affirmant que "faire une révolution de temps en temps est une bonne chose". Elle est aussi extrêmement conservatrice sur les questions sociales, farouchement opposée à l'avortement et au mariage homosexuel, et elle est profondément religieuse. Elle se dit "folle de Jésus".

Sarah Palin et Michele Bachmann ont remplacé la voix suave des sénateurs grisonnants de Washington par les voyelles traînantes du Midwest et l'accent nasillard de l'Alaska. Elles ont connu une ascension rapide, avec des carrières bâties loin de Washington et en portant leur étiquette d'outsider avec fierté. Elles ont donné au conservatisme un look de soccer mom de banlieue [surnom des mères qui accompagnent leurs enfants à l'entraînement de foot]. C'est sans doute là que réside une grande partie de l'attrait de Mme Bachmann. Elle est née dans l'Iowa, puis sa famille a déménagé pour le Minnesota, où elle a appris ce que cela signifie de se serrer la ceinture pour arriver à la fin du mois. Mais elle a fini par "réussir". Son mari et elle dirigent aujourd'hui une petite clinique psychiatrique et sont parents de cinq enfants. La légende veut que sa carrière politique ait commencé lorsqu'elle a pris la parole lors d'un meeting du Parti républicain local et reproché au sénateur de son Etat d'avoir viré à gauche.

Mais Michele Bachmann et Sarah Palin sont plus que des personnages politiques. Les deux femmes sont devenues les égéries d'un mouvement social massif. Elles ont inspiré des lignes de tee-shirts, de tasses à café et même des poupées à leur image que leurs fans s'arrachent. Ce mouvement est apparu pour la première fois pendant les meetings du candidat républicain John McCain après qu'il a choisi Sarah Palin comme colistière. Ce choix avait électrisé une campagne qui ne parvenait pas à décoller. Des milliers de gens ont soudain afflué aux meetings républicains. Mais ils venaient pour Sarah Palin, pas pour John McCain. Le cocktail "palinien" de sagesse fruste, mélangé à un patriotisme à outrance et des positions inébranlables, a représenté une fraîcheur que recherchaient les conservateurs. Le tout associé à un conservatisme sans complexes ainsi que la propension à dire sans détour ce qu'elle pense des démocrates.

Ces femmes sont dangereuses mais nous ne pensons pas qu’elles réussiront à bloquer la route de Barack Obama.

Vers une loi de fortune

« C'est une réussite historique, mais je ne suis pas certain qu'elle soit en phase avec l'opinion publique », affirme Vin Weber, stratège républicain, à propos du vote de la Chambre. « Ils s'y sont attaqués à un moment où ils pensaient que nous entrions dans une nouvelle ère progressiste pour la politique américaine. Mais le public a changé d'attitude en ce qui concerne la fiscalité, les dépenses et le volume des déficits au cours des huit ou neuf derniers mois ». Ou plutôt suite à la crise financière. Il semble de plus en plus probable que l’adoption finale de la loi sur l’assurance maladie n’interviendra pas avant 2010, même si les dirigeants démocrates espèrent encore faire passer cette réforme en 2009. « C'est vraiment dommage que le président soit obligé de consacrer tout son temps à rassembler en urgence les votes de son propre parti, se lamente Jim Manley, porte-parole d'Harry Reid, chef de file de la majorité au Sénat. Mais je suis sincèrement persuadé que le vote de la Chambre va nous donner un élan dont le sénateur Reid va profiter quand il débattra du projet avec ses collègues ».

 

Vers un renouveau de la société américaine ?

 

Le New York Times du 8 octobre 2009 explique : Les Européens ne comprennent pas pourquoi les Américains ne reconnaissent pas que la couverture santé universelle est un élément fondamental auquel tout citoyen d’un pays développé devrait avoir droit. En fait, le fond du débat n’a rien à voir avec la santé. On ne peut pas nier le fait que le système de santé américain coûte cher et qu’il y a beaucoup de gaspillage. Des dizaines de millions de personnes ne sont pas assurées par un système qui engloutit malgré tout une part plus importante de la production nationale que dans n’importe quel autre pays riche. Dès lors, la mutualisation des risques constitue la meilleure façon de forger une société plus saine. Les Européens n’ont aucun problème avec cet engagement moral. En revanche, quand un Américain entend « mutualisation des risques », il pense immédiatement « quelqu’un veut profiter de mon travail ». Dans la plupart des pays européens, les liens sociaux sont assez importants pour qu’un contrat social profitable pour tous puisse être établi. Aux Etats-Unis, c’est différent. On craint toujours que le voisin ne reçoive plus que ‘sa part’ du gâteau. Les sociétés européennes modernes considèrent que l’individualisme sans entraves comporte plus de risques que la solidarité. Les Américains, nés dans la révolte contre l’Europe, se définissent depuis toujours par opposition aux modèles du Vieux Continent et idéalisent leur individualisme acharné en le considérant comme un garde-fou. Cela n’a rien à voir avec la santé, mais bien plutôt avec les mythes fondateurs de la nation et ses rapports à l’argent. Ce sont des éléments sur lesquels la logique a peu de prise, mais lorsqu’il est question de vie ou de mort, la mythologie doit céder la place à la réalité et le profit, au bien-être.

Les conservateurs affirment que la protection sociale mine l’éthique du travail et affaiblit la fibre morale. Si les chômeurs bénéficient de trop d’avantages, les gens choisiront de rester à la maison plutôt que d’aller travailler. Mais il est absurde d’appliquer cet argument aux soins de santé. Le fait de garantir une couverture santé universelle ne peut inciter personne à contracter une méningite. C’est pourtant ce que les républicains font lorsqu’ils agitent le spectre d’une « médecine socialisée ». Ils sous-entendent que les soins de santé offerts par le gouvernement pourraient nuire à la liberté d’initiative des Américains. Certains démocrates, sous la pression de compagnies d’assurance et de laboratoires pharmaceutiques, gobent eux aussi cet argument.

 

En fait, il y a fort à parier que si le projet est adopté, une grande majorité de l’opinion l’accueillera favorablement au vu des avantages qu’il comporte pour chacun. Cependant, l’Américain moyen est tellement conservateur et individualiste qu’il craint par-dessus tout le changement, surtout s’il vient de la puissance publique. Il y a néanmoins un aspect qu’on oublie : les 30 millions d’Américains ne bénéficiant d’aucune couverture soins de santé. Cependant, si la notion de charité est très développée aux USA, celle de solidarité est inexistante.



Anna Quindlen : la critique trop facile des
intellectuel(le)s


L’écrivaine et journaliste new yorkaise
Anna Quindlen a débuté sa carrière au New York Post, en 1974, avant de rejoindre The New York Times, en 1977, d’abord en tant que journaliste et puis comme chroniqueuse. En 1995, elle abandonne un temps sa carrière de journaliste pour se consacrer à l’écriture. Elle est l’auteure de plusieurs essais et de cinq romans, dont trois – Contrecœur, et L’enfant sourira peut-être – ont été traduits en français. Elle collabore depuis 1999 à l’hebdomadaire Newsweek. Elle fait l’analyse suivante :


« 
Barack Obama s’est engagé à effectuer ces grands projets, avec célérité et détermination, il s’y est engagé sans la moindre ambiguïté, et les électeurs l’ont cru sur parole il y a un an. A ceux qui rêvaient d’une politique progressiste qui changerait les règles du jeu pour les laissés-pour-compte il a promis de bien faire. Pour l’heure, il a surtout fait de la gestion politique.

C’est sur la question du système de santé universel que le fossé entre ce qui devrait être et ce qui sera vraiment est le plus abyssal, et les limites du pouvoir présidentiel les plus visibles. Il est foncièrement déprimant de voir les chantres de l’exception américaine jurer en se frappant la poitrine que nos concitoyens n’ont pas besoin d’un système que trouvent efficace quasiment tous les autres pays développés. Alors que des élus prennent la pose et cherchent à gagner du temps, des familles se retrouvent acculées à la banqueroute par leurs dépenses de santé et contraintes de renoncer à des soins qu’elles n’ont pas les moyens de ­s’offrir. Les statistiques sur l’état de santé des Américains, de l’espérance de vie à la mortalité infantile, restent déplorables. Et, parce que nous avons ce fameux système de pouvoirs et de contre-pouvoirs, dans lequel le mouvement ne se produit le plus souvent que lentement et de façon sporadique, on risque fort de répondre à l’urgence d’une réforme de fond par une loi de fortune, ni assez profonde ni suffisamment large, qui peut-être un jour cédera la place à un autre dispositif moins mauvais et, à terme, à une loi véritablement bonne. On est bien loin de la réforme de la santé défendue par Obama pendant la campagne. Certes, les campagnes ne font pas de bons creusets dans lesquels fondre l’avenir. Elles appellent aux grandes aspirations, quand la gestion des affaires publiques est un processus lent et laborieux. »


USA Today, le plus important quotidien américain, conclut le 8 octobre 2009 : « Si les Américains veulent que leur président ressemble davantage au Barack Obama qu’ils ont élu, ils devraient sans doute commencer par se comporter davantage en électeurs qui ont voté pour lui et qui, une fois déjà, ont incontestablement contraint l’establishment politique à aller là où il ne voulait pas aller. »


Un changement fondamental

 

Comme beaucoup d’analystes américains le pensent, le projet de couverture santé d’Obama, s’il est adopté, ouvrira une nouvelle page dans le livre de l’histoire de la société américaine. Pour la première fois, même s’il est imparfait, un mécanisme de solidarité collective existera aux Etats-Unis. C’est un changement fondamental. C’est une brèche dans l’ultra conservatisme US et une première décision politique majeure qui ira à l’encontre de la vague néolibérale depuis une trentaine d’années.


Cependant, la menace demeurera, les lobbies ne déposeront pas les armes. Wendell Potter explique : «
S'ils voient qu'elle sera adoptée, ils feront tout pour dépouiller l'option publique de son intérêt. Ils chercheront à obtenir que les Etats puissent décider chacun séparément de s'y soustraire, pour pouvoir, ensuite, faire pression en ce sens à l'intérieur de chaque Etat. Quelle que soit la loi adoptée, il faudra qu'elle ne constitue qu'un début. Il y aura encore tant à faire à l'avenir pour mieux couvrir les besoins sanitaires des Américains et réduire le coût général de la santé.»

 

Si le projet d’Obama, même imparfaitement retoqué, aboutit, cela aura cependant d’importantes conséquences en Europe, car cela contraindra les gouvernements européens à prendre enfin une autre orientation et peut-être cela contribuera à redonner l’espoir au monde du travail. 

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 21:25

La députée européenne PS, Véronique De Keyser a donné les modalités pratiques pour financer l'enquête historique et scientifique pour approcher la vérité sur l'assassinat du député communiste Julien Lahaut le 18 août 1950, enquête qui avait été décidée par une commission parlementaire et "débudgetée" par la ministre libérale Sabine Laruelle chargée de la politique scientifique.

On peut souscrire la somme selon ses moyens au compte

001-5981690-67

Le but est de réunir dans les six mois la somme de 350.000 à 450.000 Euros afin de financer les recherches qui seraient confiées au CEGES (Centre d'études et de documentation Guerre et sociétés contemporaines). Si cet objectif n'est pas atteint, les sommes versées seront remboursées aux souscripteurs.

Véronique De Keyser a déclaré à ce sujet : "Dans toute démocratie, il est nécessaire de faire la vérité sur un passé parfois trouble, mais qui peut être instructif pour l'avenir".

Souscrivez nombreux pour aider à écrire l'histoire, la vraie, celle basée sur les faits et non sur les fantasmes et les peurs.

Pour qu'on refleurisse de la vérité le monument Julien Lahaut au cimetière de Seraing

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 23:15

 

 

Un vieux militant syndicaliste, ancien de toutes les luttes sociales, vétéran des Brigades internationales, résistant, ne cessait de dire aux jeunes attirés par le parti communiste : « N’y allez pas, vous allez être les suppôts d’un autre capitalisme, le capitalisme d’Etat ».

 

Le 9 novembre 1989, il était furieux : « C’est la pire nouvelle depuis longtemps ». Personne n’y comprenait rien. « C’est pourtant simple, expliqua-t-il, maintenant le capitalisme n’a plus d’adversaire. Il pourra faire tout ce qu’il voudra ! » Aujourd’hui, il y a plus de dix ans qu’il a disparu. Et, à la réflexion, il n’avait pas tort.

 

Depuis un mois, il y a une « murmania » qui envahit les médias. Sans doute, veut-on faire oublier les dégâts provoqués par l’ultralibéralisme en montrant que l’ancien système communiste était encore pire. Sortons de cette propagande nauséabonde et tentons d’analyser.

 

La chute du « Mur » : ses causes et ses conséquences

 

Il est évident que le 9 novembre 1989 est une date de rupture dans l’histoire européenne. Quelles en sont les causes ? Un inéluctable déclin de la puissance soviétique, puissance occupante de l’ensemble de l’Europe orientale et centrale. Le système économique et social replié sur lui-même s’effondrait. La course aux armements avec leurs derniers avatars, les euromissiles de Brejnev et la « guerre des étoiles » voulue par Reagan, l’échec patent de la guerre en Afghanistan (l’histoire se répéterait-elle pour l’Occident ?) ont grevé gravement l’économie des pays dits de « démocratie populaire ». De plus, le PNB de l’URSS était plus bas que celui du Japon et de l’Allemagne de l’Ouest, les deux ennemis de la guerre. Et pour couronner le tout, le baril de pétrole, principale ressource de l’Union soviétique, était au plus bas. Enfin, sur le plan international, l’impossibilité de l’URSS à mater la révolte ouvrière en Pologne achevait de l’affaiblir.


 

C’est ainsi que la gérontocratie post-brejnévienne fit place à un relativement jeune dirigeant, Michaël Gorbatchev. Il proclama très vite la « perestroïka » (restructuration) et la « glasnost » (transparence). Il fallait changer le système de fond en comble pour assurer sa pérennité. Il était dès lors normal que les peuples des pays du Pacte de Varsovie réclament aussi des réformes. Cela entraîna très vite une déstabilisation de ces pays. En Pologne, bien avant Gorbatchev, en 1980, il y eut la grève des ouvriers des chantiers navals de Gdansk ouvertement soutenue par le Pape et par Reagan suivie de la phase de la répression de l’armée polonaise dirigée par Jaruzelski. Cela ne pouvait qu’avoir un effet d’entraînement dans les autres pays dits de l’Est. Des mouvements divers eurent lieu dans d’autres « démocraties populaires », notamment en Roumanie et en DDR. Ceaucescu, le dictateur sanguinaire et caricatural des Carpates, fut renversé le 21 décembre 1989. Ce fut le second régime communiste européen à tomber, la DDR ayant été le premier.


 

Ceaucescu et Honecker : deux dictateurs en sursis

On connaît la suite : dès le début 1989, les Allemands de l’Est fuient vers l’Ouest via la Tchécoslovaquie et la Hongrie qui avaient ouvert leurs frontières. Des manifestations populaires eurent lieu à Leipzig demandant préalablement des réformes importantes et la fin de la dictature pour finir par revendiquer la réunification allemande. Gorbatchev fit comprendre à ses « alliés » du Pacte de Varsovie qu’il n’était pas question d’user de la violence et que l’URSS ne sortirait pas ses chars. Lors des cérémonies du quarantième anniversaire de la RDA, Gorbatchev voulut faire comprendre à Honecker qu’il devait se préparer à la fin du régime. La population de Berlin Est acclamait Gorbatchev. Honecker ne comprit pas pourquoi. La suite de l’histoire le fit comprendre. Les dirigeants de RDA, ignorant les signes avant-coureurs de la crise, fêtent le 7 octobre 1989 dans une grande parade les quarante années d'existence de leur état. Dans son allocution, Erich Honecker désigne la RDA, aujourd'hui comme hier, comme "le rempart contre l'impérialisme", comme la "vitrine" et le "brise-lame" des pays socialistes.



Le baiser de Judas


"En avant, toujours! En arrière, jamais!" dit-il encore, ne prêtant pas l'oreille aux avertissements de Michail Gorbatchev, qui l'encourage dans la voie d'une "Perestroïka" à l'allemande. Gorbatchev dira ensuite à la presse : "Celui qui prend du retard, celui-là, la vie le punira".



Honecker fut limogé quelques jours plus tard, le 18 octobre, et la nouvelle direction du parti communiste est-allemand donna pour finir l’autorisation d’ouvrir sa frontière avec l’Allemagne de l’Ouest, on était le 9 novembre 1989.

                                                                 
                                                                                                                                        
 

Si François Mitterrand avait vu juste ?

 

François Mitterrand, contrairement à la plupart des autres chefs d’Etat, ne manifesta pas un enthousiasme délirant suite à la chute du Mur. On a beaucoup reproché à feu le président français d’avoir voulu freiner un processus inéluctable qu’il n’avait pas vu venir. Bref, on a dit à son sujet ce que lui reprochait son rival Valéry Giscard d’Estaing, d’avoir été « un homme du passé ». A la réflexion, François Mitterrand voulut effectivement freiner la marche forcée vers la réunification allemande pour éviter un déséquilibre qui affaiblirait l’Europe.



 

En effet, la réunion des deux Allemagnes signifiait l’élargissement de l’Europe. Les autres pays de l’Est suivraient forcément. On risquait dès lors de construire une Europe politiquement inexistante qui se transformerait progressivement en une vaste zone de libre échange, ce qui allait à l’encontre de l’idée européenne. Mitterrand souhaitait que, préalablement à tout élargissement,  l’on approfondisse les institutions politiques de l’Europe existante à l’époque qui était composée de douze Etats membres. Il n’a pas été suivi et aujourd’hui, plus d’un regrettent un élargissement anarchique qui a transformé l’Europe de projet d’épanouissement en une entité mal définie, mal dirigée, antidémocratique, devenue le gendarme tatillon des dogmes économiques néolibéraux. Mitterrand souhaitait, et cela lui fut reproché, éviter que l’Allemagne ait un poids trop grand au sein de l’Europe, au détriment des autres Etats et facteur de déséquilibre comme cela s’est vu en ex-Yougoslavie où l’Europe, au lieu d’afficher une réelle neutralité qui lui aurait permis d’exercer un arbitrage efficace entre les parties, a pris ouvertement parti pour la Croatie et la Bosnie contre la Serbie. Ce fut la pression conjuguée de l’Allemagne, des Etats-Unis et même du Vatican qui a mené à cela. Il fallait désigner un ennemi : à travers la Serbie, c’était bien sûr la Russie. On connaît le résultat.

 

Le président français commit des erreurs, notamment celle de ne pas évaluer la fin du régime soviétique suite au putsch qui renversa Gorbatchev, mais, en définitive, François Mitterrand ne fut pas « l’homme du passé » mais l’homme qui tenta de forcer l’avenir.

 

Et pour les « ex » Allemands de l’Est ?

 

La réunification à marche forcée de l’Allemagne imposée par le chancelier Kohl fut en fait une absorption des länder est-allemands par la République fédérale. Ceux-ci constituaient un réservoir de main d’œuvre à bon marché et disposaient de terrains très bon marché pour délocaliser des usines allemandes vers l’Est. Voici un exemple concret de transformation subie en DDR.



Logements sociaux à Berlin Est

« Leipzig ville fantôme »
titrait récemment le « Courrier International » : « Il était une fois une cité industrielle de 530 000 habitants qui faisait figure de ville d’avant-garde dans la lutte pacifique contre le régime de la RDA : quand le mur de Berlin tomba, en 1989, ce fut en grande partie grâce aux manifestations incessantes de la population de Leipzig. Moins de dix ans plus tard, en 1998, la deuxième ville d’Allemagne de l’Est après Berlin avait perdu presque 100 000 habitants. Et l’exode continue. La réunification a eu des conséquences dramatiques. Toute l’infrastructure économique des nouveaux Länder a été oblitérée d’un coup. Le déclin industriel et le chômage forcent les jeunes à partir pour faire leur vie ailleurs, dans la prospère et si proche Bavière, par exemple. A cela s’ajoute une chute spectaculaire de la natalité dans toute l’Allemagne de l’Est. Résultat : presque 60 000 logements sont aujourd’hui inoccupés, et la municipalité de Leipzig commence à envisager des démolitions d’immeubles à grande échelle. Ces projets d’urbanisme en peau de chagrin ont des noms de code romantiques comme “Sombre forêt” ou “Bois ensoleillé”, qui cachent une recette assez simple : raser les quartiers vétustes ou défavorisés et transformer les surfaces ainsi gagnées en espaces verts pour faire plaisir à ceux qui veulent bien continuer à habiter la ville. Afin de frapper les imaginations (et pour rire), on a même évoqué l’idée d’un grand parc animalier à côté de la gare centrale flambant neuve ».


« La municipalité incite les propriétaires à faire démolir leurs immeubles, car ils ne les loueront plus jamais »
, résume « Der Spiegel ». « Ensuite, ils sont invités à faire don des terrains à la ville. Quant à ceux qui refusent, ils finiront par vendre leur bien, devenu inexploitable, à très bas prix, estiment les urbanistes ».


Jusqu’à 400 000 logements seront ainsi supprimés dans les années à venir ! Il va de soi que ces terrains sont dévolus à la spéculation immobilière car l’Allemagne veut faire de Leipzig sa vitrine « high tech », cette ville étant le siège de nombreux salons, dont la fameuse foire de Leipzig.


Selon l’historien Ingo Schultz, la disparité économique entre les deux pays était phénoménale, il aurait fallu une période de transition avant le brusque passage à l’économie de marché, mais on a préféré reporter les problèmes (par exemple le dumping social provoqué par l’arrivée sur le marché du travail des travailleurs est-allemands). La cause fut à la fois un manque de courage politique, mais aussi la doctrine de la thérapie de choc néolibérale.

Schultz conclut (Courrier international 992 du 5 au 11 novembre 2009) :  « Parler et débattre d’une révolution pacifique vieille de vingt ans, c’est aussi réfléchir au monde d’aujourd’hui. Peut-être ma vision des choses se révèlera-t-elle fauuse. Cela ne me dérangerait pas. Ce qui me dérange, en revanche, c’est la suffisance des « vainqueurs de l’histoire », l’arrogance avec laquelle ils se placent au-dessus de toute discussion, de toute argumentation, de toute revendication, pour agir à leur guise. »


En 1999, USA Today écrivait « Quand le Mur de Berlin est tombé, les Allemands de l’Est se sont imaginé une vie de liberté et d’abondance, où les difficultés auraient disparu. Dix ans plus tard, un remarquable 51% aux élections a fait savoir qu’ils étaient plus heureux sous le communisme ».  À peu près au même moment, un nouveau proverbe russe voyait le jour : « Tout ce que les communistes vous ont dit du communisme était faux, mais tout ce qu’ils vous ont dit du capitalisme était vrai. »

 

Après l’euphorie

 

L’euphorie passée, en juillet 1991, Gorbatchev fut invité à Londres à participer au G7. C’était la première fois que son pays y participait. Sa politique, à l’époque, suscitait une curiosité teintée de sympathie de la part de l’opinion publique occidentale. Naomi Klein, dans La stratégie du choc (Actes Sud, 2008), écrit : « Au début des années 1990, Gorbatchev, guidé par deux politiques jumelles, la glasnost (transparence) et la perestroïka (restructuration), avait déjà mené à un bien remarquable exercice de démocratisation : la presse avait été libérée, le Parlement, les conseils locaux, le président et le vice-président de la Russie avaient été élus, et la Cour constitutionnelle était indépendante. Sur le plan économique, Gorbatchev s’orientait vers le libre marché doublé d’un solide filet de sécurité sociale – démarche qui, estimait-il, prendrait dix à quinze ans -, le secteur public conservant sa mainmise sur les principales industries. Son but ultime était de construire une social-démocratie à la scandinave, un phare socialiste pour l’humanité entière. »



 

Si l’opinion publique occidentale, une large part des dirigeants politiques et les forces vives des pays de l’Est saluaient ce programme, ce n’était pas le cas des dirigeants occidentaux déjà imprégnés du néo-libéralisme thatchérien et reaganien poursuivi par Clinton. A son arrivée au G7, Gorbatchev reçut une volée de bois vert. Naomi Klein ajoute : « Le message quasi unanime des autres chefs d’Etat était le suivant : si vous n’administrez pas immédiatement la thérapie de choc radicale, nous allons couper la corde et vous laisser tomber. »

 

Autrement dit, pas question d’un programme socialiste dans une économie de marché, il faut appliquer les recettes du néo-libéralisme : privatisation, baisse drastique des dépenses sociales et déréglementation. On sait ce qui s’est passé par après : un coup d’Etat organisé par les communistes traditionalistes échoua. Gorbatchev était définitivement affaibli et fut remplacé par son rival, Boris Eltsine, qui appliqua le programme néolibéral et favorisa ce qu’on appelle les oligarques, ces hommes d’affaire dont la fortune n’est pas toujours d’origine très nette. Avec une équipe convertie à l’école de Chicago, Eltsine obtint des pouvoirs spéciaux pour mener sa politique de réformes aussi soudaines que radicales de l’économie russe. Il démantela l’Union soviétique en accordant l’indépendance à l’Ukraine, la Géorgie et la Biélorussie, ce qui lui permit d’agir en toute liberté avec l’appui non dissimulé de Clinton et de son clan, lui aussi issu de l’école de Chicago. Il alla jusqu’à « éliminer » le Parlement en envoyant des chars, comme cela se fait en toute bonne démocratie, ce avec l’appui à peine caché de Clinton. Cette situation est tout à fait comparable à celle du Chili en 1973 où les Etats-Unis aidèrent ouvertement Pinochet et imposèrent les réformes ultralibérales. Partout, le radicalisme ultralibéral s’accompagne de dictatures. On sait ce qu’il en advint : la Russie est devenu une dictature, l’anarchie règne un peu partout, les mafias ont la mainmise sur l’économie. Le successeur de feu Eltsine, Poutine, tente de redresser cette situation catastrophique avec plus ou moins de bonheur.




Les deux compères en néolibéralisme
 

Est-ce cela que voulaient ceux qui ont lutté contre une autre dictature, celle des démocraties dites populaires ?


Une donnée fondamentale n’est pas reprise dans l’histoire officielle de la fin du communisme soviétique : les peuples de l’Est ne souhaitaient pas vivre dans une société capitaliste libérale. L’ancien dissident slovène Slavoj Sizek écrit récemment dans une tribune au « Monde » : « D'ailleurs, l'immense majorité des dissidents de l'Est ne manifestaient pas pour le capitalisme. Ils voulaient plus de solidarité et un semblant de justice, ils voulaient être libres de mener leur vie sans être sans cesse contrôlés par l'Etat, libres de se réunir et de parler ouvertement, ils voulaient une vie honnête et décente, débarrassée du bourrage de crâne, de l'hypocrisie et du cynisme. Comme plusieurs observateurs l'ont bien vu, les idéaux qui sous-tendaient leur révolte étaient largement inspirés de l'idéologie dominante : on aspirait à quelque chose comme "un socialisme à visage humain".


Mais la seule réponse à l'utopie socialiste est-elle le capitalisme réel ? La chute du Mur a-t-elle vraiment ouvert la voie à un capitalisme mature, rendant obsolète toute utopie ? Et s'il s'agissait là aussi d'une utopie ? Le 9 novembre 1989 annonçait les "joyeuses années 1990", le rêve de la "fin de l'histoire" chère à Fukuyama, la conviction que la démocratie libérale avait triomphé, que le but était atteint, que la communauté globale et libérale était au coin de la rue, que les obstacles résiduels à ce happy-ending hollywoodien n'étaient que contingents (quelques poches de résistance, là où les dirigeants n'avaient pas encore compris qu'ils avaient fait leur temps). »


Et Sizek ajoute
 : « Le 11-Septembre est venu sonner la fin de l'ère Clinton : il inaugure une époque qui voit se dresser de nouveaux murs, entre Israël et la Cisjordanie, autour de l'Union européenne, à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, et à l'intérieur même des Etats. Comme si la thèse de Fukuyama avait dû mourir deux fois. En effet, l'effondrement de l'utopie politique de la démocratie libérale après le 11-Septembre n'a pas affecté l'autre utopie, économique celle-là, portée par le capitalisme mondialisé. Si la crise financière de 2008 a un sens historique, c'est qu'elle renverse le pan économique des rêveries "fukuyamesques".


  
 Le mur Mexique - USA et le mur Israël Palestine dont le libéralisme s'accomode très bien...



Le libéralisme se voulait une anti-utopie, le néolibéralisme tournait le dos aux idéologies responsables de l'horreur totalitaire du XXe siècle. Mais on comprend aujourd'hui que la période utopique par excellence aura été les années 1990, dans leur croyance que l'humanité avait enfin trouvé la formule socio-économique optimale. Or l'expérience des dernières décennies montre clairement que le marché n'est pas un mécanisme inoffensif qui agit au mieux quand on le laisse faire. Pour créer les conditions de son fonctionnement, une grande violence préalable est requise. Face aux ravages qu'ils ont eux-mêmes provoqués, les fondamentalistes du marché retrouvent les réflexes typiques de la mentalité totalitaire : ils imputent leur échec aux compromis passés par ceux qui ont traduit leurs visions en politique (trop d'intervention étatique, etc.), et exigent une application plus radicale encore de la doctrine du marché. »

 

Les premières manifestations qui annoncèrent le délitement de la DDR eurent lieu à Leipzig. Les manifestants scandaient « Wir sind das volk » (Nous sommes le peuple) puis le slogan s’est mué en « Wir sind ein volk » (Nous sommes un peuple). Franchement, nous préférions le premier slogan.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 21:49
 IL FAUT LANCER UNE SOUSCRIPTION PUBLIQUE POUR REALISER L'ENQUETE SCIENTIFIQUE SUR L'ASSASSINAT DE JULIEN LAHAUT !

Une fois de plus, la droite réactionnaire a frappé en Belgique. Une commission d'enquête parlementaire a été constituée pour connaître la vérité sur une des pages les plus obscures de l'histoire de la Belgique et de la Wallonie en particulier : l'assassinat du député communiste Julien Lahaut survenu en 1950 quelques jours après la prestation de serment de Baudouin Ier qui succéda à son père Léopold III qui dut abdiquer. C'était la fameuse "affaire royale".

Cette commission a estimé qu'un organisme indépendant (le CEGES, Centre d'études de la Seconde guerre mondiale) était le mieux à même de lui fournir les informations nécessaires sur cette tragique affaire. Lors de la confection du budget 2010, la ministre MR de la Politique scientifique, Sabine Laruelle, a refusé d'octroyer les crédits nécessaires à cette enquête, sous prétexte d'économies budgétaires. Il est clair que cette enquête effectuée par un organisme indépendant pourrait découvrir certaines vérités qui quasi soixante années après les événements, pourraient indisposer l'establihment belgicain et la monarchie en particulier.

L'initiative d'une souscription publique pour financer cette recherche,  prise par la Députée européenne PS Véronique De Keyser est particulièrement bienvenue. Finalement, c'est à nous les citoyens de faire en sorte que cette enquête ait lieu. Ce serait une fameuse leçon de démocratie à ces Messieurs Dames de l'establishment.



Véronique De Keyser, Députée européenne, Conseillère communale de Liège est scandalisée par le refus de mener à bien l'enquête sur l'assassinat de Julien Lahaut. Ne pouvant accepter cet état de fait, Véronique De Keyser va lancer une souscription publique afin que cette enquête puisse malgré tout être menée et dévoile enfin la vérité. Véronique de Keyser qui, en juin dernier, avait conduit son 1er " Circuit des Libertés" avait précisément choisi comme point de départ la tombe de Julien Lahaut. Elle s'était rendue ensuite au monument aux victimes de Grâce-Berleur, puis à Quaregnon et enfin à Bande, là où les résistants furent massacrés en 1944. Lieu doublement hautement symbolique puisque son père y sauta sur une mine et fut déchiqueté. "L'annonce du refus de débloquer les budgets pour une étude scientifique sur l'assassinat du Député communiste Julien Lahaut en 1950 est inacceptable. C'est de l'obscurantisme, du négationisme. C'est vouloir à nouveau mettre sous le maillet une enquête qui dérange. C'est pourquoi j'ai décidé de lancer une souscription publique afin de permettre aux citoyens, aux démocrates de faire réaliser eux-mêmes cette enquête qu'on nous refuse. La vérité doit enfin éclater et l'inquisition et le secret, voire d'Etat, n'ont pas leurs places en démocratie..."

Véronique De Keyser Députée européenne

veronique.dekeyser@europarl.europa.eu

Qui était Julien Lahaut ?




Ouvrier à 14 ans, militant syndical à 18 ans, Julien Lahaut est renvoyé suite aux grèves de 1902. Il se retrouve au Val Saint-Lambert où, avec J. Bondas, il fonde un nouveau syndicat de métallurgistes, Relève-toi (1905), qui deviendra la Centrale des Métallurgistes. Secrétaire permanent élu par ses camarades ouvriers (1908-1921), il lutte pour obtention du suffrage universel.

Engagé volontaire lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est versé dans les auto-canons et envoyé sur le front russe, à l'instar de Marcel Thiry. Il y vivra la Révolution russe. A peine rentré (1918), rempli des idéaux communistes et convaincu de la nécessité d'affilier son parti, le POB, à la IIIème Internationale de Lénine, il se retrouve à la tête des mouvements sociaux revendiquant des améliorations salariales et de conditions de travail.

Exclu de sa centrale syndicale et du POB (1921), Lahaut fonde les Chevaliers du Travail, point de départ de la future Centrale révolutionnaire des Mineurs, et adhère au PCB (1923). Opposé à la montée du fascisme et du nazisme dès 1933, il se lance dans la lutte en faveur de l'Espagne républicaine (1936). Député (1932-1950), secrétaire général du PCB, il s'occupe également du quotidien La Voix du Peuple.

Résistant, il jette les bases de l'Armée belge des Partisans. Opposant clandestin mais aussi opposant public, il contrecarre les visées de Degrelle (janvier 1941) et mène la grève des 100.000 (mai 1941) : tout le bassin industriel liégeois est immobilisé. Quand Hitler lance l'offensive contre l'URSS et donc contre le communisme, Lahaut est arrêté (1941). Il tente de s'échapper à quatre reprises puis est déporté au camp d'extermination de Mauthausen (1944-1945). Après 48 mois de captivité, il revient très affaibli. Mais sa popularité et son idéal n'ont pas été atteints. Il est porté à la présidence du PCB (11 août 1945).

Dans l'Affaire royale, il est au premier rang de l'action wallonne contre le retour de Léopold III. Le 11 août 1950, au moment où le prince royal va prêter le serment constitutionnel devant les Chambres réunies, un vibrant Vive la République ! éclate. On l'attribue à J. Lahaut. Le 18 août, deux tueurs abattent, devant sa maison, celui qu'un comte polonais qui partagea sa captivité appelait L'homme qui portait le soleil dans sa poche et en donnait un morceau à chacun.

Pour une biographie plus complète, on se reportera à la notice qui lui est consacrée dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon, sous la direction scientifique de Paul Delforge, Philippe Destatte et Micheline Libon, Charleroi, 2000, tome 2, p. 906-907.


(Source : Institut Jules Destrée)
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 23:31

C’est François Bayrou qui vient d’user de ce mot. Il a raison. La meute « médiatique » a été lâchée sur Frédéric Mitterrand et on est prêt à sonner l’hallali.


 

En revient-on aux temps bénis de l’Ordre moral ? Les faits.

 

Le cinéaste américain, et puis franco-polonais Roman Polanski, Juif d'origine polonaise dont les parents ont été victimes du ghetto de Varsovie et qui était persécuté par le régime communiste,  est arrêté à Zürich car il fait l’objet d’une demande d’extradition de la Justice américaine pour des faits de pédophilie datant de 1977. Ces faits ne sont pas prescrits par la loi américaine et Polanski a fui les Etats-Unis au moment où il craignait devoir purger une longue peine de prison. Il a donc fui la Justice de son pays d’accueil.

 

Toute l’intelligentsia parisienne, cette classe de scribouillards sans talent, de philosophes sans pensée, de romanichels des médias, intransigeante et imperméable à toute critique qui, sous la direction du Fouquier Tainville des pavés germanopratins, Bernard Henri Lévy,  monte au créneau pour défendre le cinéaste selon eux pris au piège pour des faits pas si graves et bien anciens. Pas si graves ? Une jeune gamine de treize ans sert de modèle pour une séance de photographie organisée par Polanski qui la drogue ou la fait boire, puis abuse d’elle. Poursuivi, suite à la plainte des parents de la jeune fille, une sorte de compromis est élaboré entre le Procureur de Los Angeles qui aurait volontairement menti à la presse et Polanski pour subir une peine légère d’une quarantaine de jours de prison qui seraient confirmées par un jugement, en échange de l’indemnisation de la famille de la jeune victime. Polanski craignit que le procès ne le condamne bien plus sévèrement et fuit les Etats-Unis. On n’entend plus parler de cette affaire. Roman Polanski exerce ses talents dans toute l’Europe. Il acquiert même une propriété en Suisse où il se rend régulièrement. La Suisse ? Elle a un traité d’extradition avec les USA. Aussi, lorsque les Etatsuniens demandent de procéder à l’extradition d’un individu, les Helvètes doivent s’y conformer. C’est la règle et peu importe s’il y a des bras de fer entre la Suisse et les Etats-Unis pour la question du « paradis » fiscal.

 Roman Polanski à l'origine de l'affaire

C’est cela que l’intelligentsia parisienne refuse d’admettre. Pour elle, la règle ne s’applique pas à Polanski car il fait partie de leur microcosme. Cette classe de bourgeois friqués a de plus en plus d’influence. Elle fait pression sur la Justice contre des journalistes et des caricaturistes qui ne rentrent pas dans ses normes. Elle est très influente dans les médias, plusieurs de ses membres se retrouvent dans la haute hiérarchie médiatique française. Elle contrôle des maisons d’édition. BHL fait la pluie et le beau temps aux éditions Grasset. Elle a des représentants au pouvoir en les personnes de Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand.


 

Kouchner intervient auprès de sa consœur américaine, Hillary Clinton qui le renvoie dans les roses en lui rappelant que le gouvernement américain n’interfère pas dans les affaires de Justice.

 

Mitterrand va encore plus loin. Il décrit une Amérique « dangereuse » face à une Amérique « qu’on aime ». Il exprime sa révolte à l’égard de cette arrestation qu’il considère comme « un piège ».

 

Tout cela déclenche bien entendu une tempête dont la nomenklatura parisienne a le secret.

 

En premier lieu, ces Ministres qui ne cessent d’invoquer la Démocratie (avec un grand D) et les Droits de l’Homme (avec un grand H), ne respectent pas deux principes de base : l’égalité des citoyens devant la loi et la séparation des pouvoirs. Passons sur la faute diplomatique qui consiste à faire des commentaires peu amènes, lorsqu’on est membre d’un gouvernement, à l’égard d’une nation alliée. L’égalité n’existe plus dans l’esprit de ces messieurs dès lors  que l’on fait partie du microcosme. La séparation des pouvoirs et la souveraineté sont bafouées quand on fait pression sur la Justice de deux pays étrangers. C’est élémentaire, mon cher Montesquieu !


 

Il faut dire que nos deux pantins ont été tellement loin qu’ils se sont couverts de ridicule, ont rendu un mauvais service à celui qu’ils voulaient aider et surtout ont provoqué une gêne politique. Cohn Bendit lui-même, fustigea Frédéric Mitterrand, en dépit du tapage germanopratin.

 

Mais voilà que s’invite Marine Le Pen, digne fille de son père, spécialiste en provocations. Elle attaque Frédéric Mitterrand pour son livre – confession « La mauvaise vie » paru en 2005. Elle cite mais en déformant, en ajoutant un adjectif. Elle finit par le reconnaître. Elle a encore beaucoup à apprendre, la pouliche de l’homme du détail ! Mais le mal est fait. Dans cet ouvrage, l’auteur confesse son attirance pour les garçons prostitués en Thaïlande. A-t-il consommé ? Les garçons étaient-ils « jeunes » ou pas ? Ce n’est pas très clair dans son bouquin. Les Socialistes, comme un seul homme, tombent dans le panneau mariné par la fille Le Pen. Ils demandent des explications à Frédéric Mitterrand. Arnaud Montebourg demande sa démission. C’est pathétique la faiblesse de la gauche socialiste qui grimpe dans le train du Front national et qui ne parvient plus à trouver sa propre réponse aux défis posés par cette affaire.


 

Mitterrand, au vu de l’ampleur de la polémique, est sommé de s’expliquer publiquement. Il ne suffit pas de dire avec suffisance que c’est « un honneur d’être attaqué par le Front national et une honte pour un Socialiste ». Il tente de se justifier sur TF1. Pas convaincant son affirmation comme quoi il était accompagné de garçons de son âge. On est dans le degré zéro de la politique !

 

Que va-t-il se passer ? Sarkozy qui ne s’est pas montré en cette affaire, devra-t-il mettre son grain de sel ? Mitterrand devra-t-il démissionner ? On verra. En attendant, la meute ne lâchera plus sa proie. Autant, Mitterrand est un sinistre pantin, autant ce lynchage est abominable.

 

Cette ambiance est fétide. Elle rappelle l’Ordre moral de sinistre mémoire qui, dans le passé, traîna André Gide dans la boue et plus tard Jean Genêt. Il est vrai que ces deux écrivains avaient une autre envergure que l’ex-locataire de la Villa Médicis.

 

Voilà le résultat de la connerie de l’intelligentsia parisienne : deux des leurs sont en grande difficulté et on assiste au retour en force de l’Ordre moral et du Front national. Bravo, Messieurs !

 

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 14:59
Spitzer découvre le plus grand anneau de Saturne et dévoile le mystère sombre de Japet
Le télescope spatial Spitzer a découvert un énorme anneau autour de Saturne, de loin le plus grand des nombreux anneaux de la planète géante.

La nouvelle ceinture est aux confins du système saturnien, avec une orbite inclinée de 27 degrés par rapport au plan de l'anneau principal. La majeure partie de son matériel commence à environ six millions de kilomètres de la planète et s'étend vers l'extérieur encore approximativement sur 12 millions de kilomètres. L'une des lunes de Saturne les plus éloignées, Phoebe, circule dans l'anneau récemment découvert, et est probablement la source de son matériel.


L'anneau géant découvert par Spitzer

Cet anneau est également épais, sa dimension verticale fait environ 20 fois le diamètre de la planète. Il faudrait environ un milliard de Terres pour remplir l'anneau. "C'est un anneau de très grande dimension" commente Anne Verbiscer, astronome à l'University of Virginia, Charlottesville. "Si vous pouviez voir l'anneau, il s'étendrait sur la largeur de deux pleines lunes dans le ciel, de chaque côté de Saturne."

L'anneau lui-même est ténu, composé d'une mince trame de glace et de particules de poussières. Les yeux infrarouges de Spitzer ont pu apercevoir la lueur de la poussière froide de la bande. Le télescope, lancé en 2003, est actuellement à 107 millions de kilomètres de la Terre en orbite autour du Soleil.

La découverte peut aider à résoudre une très vieille énigme sur une des lunes de Saturne. Japet a un aspect étrange, un côté est lumineux et l'autre est vraiment foncé, dans un motif qui ressemble au symbole du yin-yang. L'astronome Jean-Dominique Cassini a repéré la première fois la lune en 1671, et les années suivantes a découvert qu'elle a un côté sombre, maintenant appelé Cassini Regio en son honneur.

Le gigantesque anneau de Saturne pourrait expliquer le mystère Cassini Regio. L'anneau circule dans la même direction que Phoebe, tandis que Japet, les autres anneaux et la plupart des lunes de Saturne vont tous dans le sens opposé. Selon les scientifiques, une partie du matériel sombre et poussiéreux de l'anneau extérieur se déplace à l'intérieur de l'orbite de Japet, frappant la lune comme des moustiques sur un pare-brise.

"Les astronomes ont longtemps suspecté qu'il existe une lien entre la lune externe Phoebe de Saturne et le matériel foncé sur Japet," note Douglas Hamilton (University of Maryland, College Park). "Ce nouvel anneau fournit la preuve convaincante de cette relation."

Verbiscer et ses collègues ont utilisé l'appareil-photo infrarouge de longue longueur d'onde de Spitzer pour balayer une partie du ciel loin de Saturne et un peu à l'intérieur de l'orbite de Phoebe. Les astronomes ont eu le pressentiment que Phoebe pourrait tourner dans une ceinture de poussières soulevées de ses collisions mineures avec des comètes. Effectivement, quand les scientifiques ont jeté un premier coup d'oeil à leurs données de Spitzer, une bande de poussières a surgi.

L'anneau serait difficile à voir avec les télescopes en lumière visible. Ses particules sont diffuses et peuvent même s'étendre au-delà de l'essentiel du matériel de l'anneau jusqu'à Saturne et vers l'espace interplanétaire. Le nombre relativement restreint de particules dans l'anneau ne refléterait pas beaucoup de lumière visible, spécialement au bord de Saturne où la lumière du Soleil est faible. "Les particules sont si diffuses qui si vous vous teniez dans l'anneau, vous ne le sauriez même pas," commente Verbiscer.

Spitzer a été capable de détecter la lueur de la poussière froide, qui est seulement d'environ 80 Kelvin (environ -193 degrés Celsius). Les objets froids brillent avec l'infrarouge, ou rayonnement thermique; par exemple, même une tasse de crème glacée brille avec la lumière infrarouge. Ces observations ont été faites avant que Spitzer ne vienne à cours de liquide réfrigérant en Mai et commence sa mission "chaude".

Source: Gilbert Javaux - PGJ Astronomie
Illustration: NASA/JPL-Caltech/Keck

Cordialement
Jean
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Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@base.be
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 10:23
Nous conseillons vivement au lecteur intéressé de visiter ce site (voir ci-dessous). Il contient de splendides images de la Voie lactée telles que vous ne les avez jamais vues.

La seconde des trois images du projet "GigaGalaxy Zoom" de l’ESO vient juste d’être mise en ligne. Il s’agit d’une nouvelle et magnifique vue de 340 millions de pixels de la partie centrale de notre Galaxie comme on la voit depuis l’Observatoire Paranal de l’ESO, avec un télescope amateur.


La seconde image du projet GigaGalaxy Zoom - © ESO
 
Cette image, large de 34 par 20 degrés, nous permet de découvrir notre Galaxie telle que les astronomes amateurs du monde entier peuvent la contempler. Toutefois, l’incroyable beauté de cette image est essentiellement due à la qualité du site d’observation et à l’habilité de Stéphane Guisard, cet astrophotographe de renommée internationale qui est également ingénieur de l’ESO. Cette seconde image a en effet bénéficié de la qualité exceptionnelle du ciel de Paranal, un des ciels les plus "purs" de la planète là où se trouve justement le très grand télescope (VLT) de l’ESO. De plus, Stéphane Guisard est ingénieur opticien spécialisé dans les télescopes, une expertise rare dans le monde des astrophotographes. Stéphane Guisard, en tant que chef de l’équipe d’ingénierie optique de l’Observatoire Paranal, a la responsabilité d’assurer la meilleure performance optique du VLT.

Pour réaliser cette formidable mosaïque, en couleur réelle, de la région centrale de notre Galaxie, Stéphane Guisard a assemblé près de 1200 images. Cette création représente plus de 200 heures de temps de pose, réalisées durant 29 nuits durant les temps libres de Stéphane Guisard alors qu’il travaille de jour à Paranal.

L’image montre la région du ciel allant de la constellation du Sagittaire (l’Archer) à la constellation du Scorpion. La région très colorée de Rho Ophiuchi et d’Antares ressort très nettement sur la droite alors que des zones plus sombres, comme les nébuleuses de la Pipe et du Serpent, se distinguent également. La ligne de poussière de notre Voie Lactée traverse obliquement l’image, parsemée de remarquables nébuleuses rougeâtres et brillantes telles que la nébuleuse Trifide et celle de la Lagune, tout comme NGC 6357 et NGC 6334. Cette ligne sombre héberge également le centre même de notre Galaxie, là où un trou noir super-massif se dissimule.

"La zone que j’ai représentée sur cette image est une région du ciel incroyablement riche, une des plus belles régions du ciel selon moi" déclare Stéphane Guisard.

Ce magnifique paysage stellaire est la seconde des trois images à très haute résolution présentées dans le projet "GigaGalaxy Zoom", lancé par l’ESO dans le cadre de l’Année Mondiale de l’Astronomie (AMA 09). Le projet permet aux passionnés d’astronomie d’explorer et de découvrir l’Univers tel que l’on peut l’admirer à l’œil nu depuis les plus sombres et meilleurs sites d’observation au monde. "GigaGalaxy Zoom" propose un "outil web" permettant à ses utilisateurs de réaliser un époustouflant voyage au cœur de notre Voie Lactée. Grâce à cet outil, les utilisateurs peuvent, en un clic, en savoir plus sur de nombreux et surprenants objets de l’image, telles que des nébuleuses multicolores et des supernovae. En ce sens, le projet tente de faire le lien entre le ciel que nous pouvons tous contempler et le profond cosmos inaccessible à l’œil que les astronomes étudient quotidiennement. La très grande qualité des images témoigne réellement de la splendeur du ciel nocturne observable depuis les différents sites de l’ESO au Chili. Ce sont d’ailleurs les observatoires astronomiques les plus productifs au monde.

La troisième image du "GigaGalaxy Zoom" sera présentée la semaine prochaine, le 28 septembre 2009.

Liens
site web du projet GigaGalaxy Zoom: http://www.gigagalaxyzoom.org
site web de Stéphane Guisard: http://www.eso.org/~sguisard

Cordialement
Jean
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Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@base.be
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 21:44

 

 

Décidément, avec cette affaire du voile islamique, on n’en finira jamais !  Nous sommes arrivés, dans ce qui, en définitive, n’aurait dû être qu’une affaire subalterne, à un conflit majeur, un « choc des civilisations ».  Les protagonistes se trouvent de part et d’autre car, petit à petit, deux camps s’installent pour se préparer au choc : celui des islamistes qui veulent imposer leur modèle à tout le monde occidental et les rigoristes de la laïcité qui croient dur comme fer à la pérennité d’un système né au XIXe siècle et manifestement inadapté à la société actuelle.

 

Plus généralement, c’est le choc entre les tenants fort minoritaires, il faut le constater, du multiculturalisme et ceux d’un modèle de civilisation dominant qu’il soit musulman ou occidental. Ce clivage traverse aussi bien la communauté musulmane que la société européenne.

 

Que s’est-il passé ? L’Athénée d’Anvers qui était connue pour être un modèle de multiculturalité a dû, à cette rentrée scolaire, prendre un règlement interne d’interdiction du port du voile islamique dans l’établissement. La journaliste Martine Vandemeulebroucke rappelle dans « le Soir » du jeudi 10 septembre les tribulations de la directrice de l’Athénée Madame Karin Heremans, militante de l’interculturalité et ancienne vice-présidente du Spa (le Parti socialiste flamand) : « Karin Heremans s’est battue pour défendre le droit de porter le voile à l’école. Mais progressivement, l’école s’est retrouvée complètement isolée dans un paysage scolaire dominé par l’interdiction du voile.»

  Autrement dit, puisque l’Athénée d’Anvers autorisait le port du voile, les autres écoles de l’enseignement officiel de la Métropole décidèrent de l’interdire, comme cela on refilait la « patate chaude » à la seule Athénée. Elle est belle la solidarité laïque ! Certes, il y a eu la pression des parents et du fort courant islamophobe à Anvers, notamment par l’influence importante des extrémistes du Vlaams Belang, mais les confrères et consœurs de Madame Heremans ont fait preuve, il n’y a pas d’autre mot, d’une grande lâcheté qui n’a fait que dégrader la situation.

 
Le voile : ferment d'un conflit majeur ?

En effet, les choses étaient devenues impossibles pour la directrice de l’Athénée anversoise. Les islamistes entraînés par un imam ont exercé des pressions insupportables à son égard. La majorité des filles fréquentant l’école sont voilées. On empêche toute une série d’activités scolaires dont les excursions et les réunions de parents mixtes. Bref, on est dans le cycle de la provocation. Sans doute, le but des imams était d’extirper de l’Athénée d’Anvers de tous les élèves non musulmans. C’était intenable. Karin Heremans, à contrecœur,  a dû se résoudre à interdire le port du voile à l’intérieur de son établissement. Le jour de la rentrée, des manifestations ont eu lieu à l’entrée de l’école. Karin Heremans a été insultée et menacée publiquement par des islamistes. Des élèves ont introduit un recours au Conseil d’Etat.

 

Face au risque d’un arrêt favorable aux plaignantes, la Communauté flamande a décidé d’interdire le port du voile dans  toutes les écoles de son ressort.

 

Le résultat : l’ouverture d’une école islamique à Anvers. Le groupe d'action musulman « Vrije Keuze » (libre choix) a ouvert cette école en début de semaine. Les élèves proviennent des athénées d'Anvers et d'Hoboken où l'interdiction du port du voile est entrée en vigueur au début de l'année scolaire Comme matière philosophique, nous proposons uniquement l'islam, mais tout le monde est le bienvenu. Ce n'est pas une madrassa (école islamique). Mais non, on vous l’assure, ce ne sera pas une école islamique. Mais il y a un hic « Si quelqu'un veut suivre des cours de religion catholique chez nous, nous aurons toutefois du mal à trouver un enseignant pour cette matière », explique l'imam. (D’après La Libre Belgique du 12 septembre 2009). Ben tiens ! Certes, cette école est le fruit d'un projet ancien, mais son ouverture en ce moment est plus qu'opportune pour certains.

 

Beau bilan, Mesdames et Messieurs les matamores de la laïcité. Vous avez montré en plus une merveilleuse solidarité en laissant Madame Karin Heremans se débattre seule dans ses problèmes. Elle paye cher son ouverture d’esprit.

 

Le plus grave est qu’aucun directeur d’école n’osera désormais agir comme Madame Heremans. Les extrémistes des deux bords ont gagné une bataille importante.

 

Que va-t-il se passer ? Comme en France, les élèves musulmanes iront dans des écoles de l’enseignement confessionnel. C’est une sérieuse tuile pour l’enseignement officiel qui a échoué dans la politique menée courageusement par plusieurs responsables dont Madame Heremans tendant vers la multiculturalité. Plus tard, financée par les Emirats ou d’autres sources, des écoles musulmanes s’ouvriront un peu partout.

 

Grâce à la bêtise et à la lâcheté de certains milieux laïques, le communautarisme qu’ils prétendent combattre, va s’étendre au détriment de la paix civile et les premières victimes seront les musulmans et leurs filles qui ne demandent qu’à s’épanouir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 15:06


La RTBF et RTL-TVI ont annoncé ce samedi 29 août dans leurs JT de 13 h00 que le vol AF 348 d’Air France faisant la liaison Paris Mexico a été détourné mardi 19 août par les autorités américaines qui lui interdirent de survoler le territoire étatsunien.











Un vol qui aura coûté bien cher à Air - France, pour rien !

Motif de ce détour qui a coûté bien cher à la compagnie en combustible et aux passagers qui ont raté leur correspondance : la présence à bord de Paul-Émile Dupret, juriste belge, conseiller du groupe GUE-GVN du Parlement européen, militant altermondialiste et des droits de l’homme, qui se rendait a l’assemblée du Forum de Sao Paolo avec une délégation parlementaire. Le groupe GUE (Gauche unitaire européenne) compte 33 élus dont 4 élus tchèques, 1 Danois, 9 Allemands,1 Irlandais, 3 Grecs, 1 Espagnol, 2 Cypriotes, 2 Néerlandais, 1 Finlandais, 5 Portugais,  1 Suédois et 1 élu d’Irlande du Nord et 2 Français du Front des Gauches. Il s’agit d’élus qui ses situent idéologiquement à la gauche des Socialistes européens. Le Suédois est le représentant défendant le téléchargement illégal sur Internet (voir l’article « l’anti-pirate flibustier » du mardi 4 août 2009 sur le blog) et les deux Irlandais sont des indépendantistes du Sinn Fein.


C’est la deuxième fois que Washington décide d’une telle mesure. Il y a quelque mois, un autre appareil empruntant cet itinéraire a également été détourné de sa route habituelle à cause de la présence à son bord du journaliste colombien Hernando Calvo. Cette fois-là l’appareil, ne disposant pas du carburant nécessaire pour contourner les États-Unis, avait dû faire une escale dans les Caraïbes.


Paul-Émile Dupret a été informé par Air France qu’il ne pourra pas prendre le vol direct de retour du Mexique vers Paris et qu’il devra donc faire une escale dans un pays d’Amérique centrale. Selon le juriste, il existe entre son propre cas et celui de Hernando Calvo des similitudes intéressantes. Tous deux ont dénoncé par des voies pacifiques les politiques agressives de certaines transnationales des États-Unis dans le monde et les méthodes violentes utilisées par ce pays pour les imposer ; tous deux ont dénoncé le plan Colombie et la loi Helms-Burton ; tous deux ont salué, notamment par des articles dans le Monde diplomatique, le fait que surgissent des alternatives prometteuses dans des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, entre autres…


Paul-Émile Dupret qui n’ignore pas qu’il figure sur une liste noire, estime que les autorités US savent très bien qu’il n’est lié à aucune armée, qu’il ne fait pas de prosélytisme de la lutte armée et que, au contraire, il a toujours plaidé en faveur d’issues pacifiques aux conflits que connaissent des pays tels que la Colombie, la Palestine ou plus récemment le Honduras. Ce type de comportement des États-Unis qui prohibent une partie de leur territoire à plus de 10 000 mètres d’altitude, n’aura, souligne encore Paul-Émile Dupret, pas l’effet escompté d’intimidation de ceux et de celles qui s’opposent aux agissements et aux privilèges des transnationales et à la militarisation néolibérale.

Sans doute, est-ce lié au conflit actuel entre la Colombie soutenue par les USA et le Venezuela de Chavez.

Il est clair, en l’occurrence, qu’il ne s’agit pas de terroristes mais d’intellectuels radicaux qui défendent le courant progressiste personnalisé par des Hugo Chavez (Venezuela), des Evo Morales (Bolivie). Au-delà du caractère hallucinant et liberticide de la décision de Washington et du flicage international, c’est la soumission de la France et de l’Union européenne à ce type d’agissements qui interpelle. Quand on sait combien de véritables tortionnaires de la CIA  ont pu voyager en toute quiétude et liberté sur le territoire européen.

Il est évident qu’il faut avoir le courage d’interpeller le gouvernement US pour qu’il supprime cette liste, qu’il en démontre l’utilité et la nécessité pour la sécurité des Etats-Unis. Il serait important de savoir quels sont les critères de fichage d’une personne sur cette liste. Il est fondamental qu’il y ait des recours possibles pour être éventuellement rayé de cette liste. Enfin, et c’est le plus important, il est fondamental de fixer les limites des mesures de sécurité afin qu’elles ne portent atteinte aux droits fondamentaux.

On peut d’ailleurs sincèrement se poser la question de savoir si ces mesures n’ont pas justement pour objectif réel et caché de limiter les libertés fondamentales. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

En attendant, entamons notre liste noire : George W Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld…


A vous de compléter. Vous avez du pain sur la planche.

 

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 20:11

Le lecteur sera surpris par le ton de cet article. Loin de nous l'idée de défendre les paradis fiscaux. Il s'agit ici d'avoir un regard critique sur la politique de lutte contre les paradis fiscaux menée par les Etats-Unis qui, en réalité, cache d'autres objectifs. 


Le bras de fer entre les Etats-Unis et la principale banque suisse (l’Union des Banques Suisses, UBS) commencé en 2008, lors de l’éclatement de la crise financière,  vient de se terminer ce 19 août 2009 en faveur des Etatsuniens. L’UBS devra livrer aux USA l’identité de quelque 4.450 détenteurs de compte au disc américain.

Une lutte ciblée et partielle


En contrepartie de cette "entraide administrative" entre les deux pays, le département de la justice américain renonce à ses plaintes au civil ainsi qu'à la requête d'exécution visant à obtenir l'identité de 52 000 titulaires de comptes de la banque. UBS va de son côté avertir ses clients concernés que leurs données ont été transmises au fisc américain, les encourageant à collaborer, faute de quoi ils pourraient être poursuivis au pénal. Le fisc américain a salué mercredi une "étape capitale" contre l'évasion fiscale.


Peu après cette annonce, les autorités suisses ont déclaré qu'elles allaient se désengager "intégralement" de la banque, dans laquelle elles détiennent une participation de 9 %.


Les Suisses prétendent que le secret bancaire est cependant gardé après cet accord. Rien n’est moins vrai. George Clarke, avocat chez Miller Chevalier à Washington D.C a beau déclarer que cet accord "ressemble à une victoire assez nette pour UBS. La banque s'en sort sans amende, en ne dévoilant qu'une petite partie de sa clientèle. Il me semble que le secret bancaire suisse n'a pas été touché". Il ment effrontément.


Les Suisses auraient dénoncé ne fût-ce qu’un nom, cela aurait été un nom de trop
. Il est certains que les capitaux asiatiques, européens, russes, des pays pétroliers, etc. placés dans ce qui était le pays-roi des paradis fiscaux, vont s’échapper vers des cieux plus cléments et  des cachettes plus sûres. Le banquier belge Georges Ugeux qui tient un très intéressant blog dans le cadre du journal « Le Monde » intitulé « Démystifier la finance »  http://finance.blog.lemonde.fr/  écrit : « Le même jour, la SEC (l’organisme qui est chargé de surveiller les opérations de Bourse) annonce une unité spéciale qui va analyser les infractions au « Foreign Corrupt Practices Act » des entreprises cotées aux Etats-Unis, entendez, les sociétés étrangères. Il s’agit de « chasser » le paiement de commissions occultes a des régimes corrompus, alors que c’est parfaitement légal en dehors des Etats-Unis. » Il est donc évident que l’affaire est loin d’être terminée.


Comment cela s’est-il passé ? Les Etats-Unis et UBS étaient en conflit depuis des mois, Washington accusant la banque suisse d'avoir sciemment aidé des clients américains à frauder leur fisc en ouvrant des comptes bancaires off-shore. Le fisc américain exigeait l'identité de 52 000 clients anonymes dont les comptes secrets étaient estimés à quelque 14,8 milliards de dollars. Un geste qui aurait violé le droit suisse qui protège les données bancaires de la Confédération.


Au terme d'un bras de fer, les parties étaient parvenues le 12 août à un accord dont le contenu était resté secret jusqu'à présent. Sans la conclusion de cet accord, la Confédération "serait entrée dans un conflit juridique, un conflit entre la souveraineté de la Suisse et des Etats-Unis", a expliqué la ministre de la justice suisse, Eveline Widmer-Schlumpf.

Le « Monde » écrit dans ses éditions du 19 août : « La fin de ce litige devrait donner un peu d'oxygène à la banque qui a été sortie du gouffre en octobre 2008 grâce à une aide de 6 milliards des autorités suisses. Après une année noire, ses comptes sont toujours dans le rouge malgré une légère amélioration. Mais elle n'est toujours pas parvenue à enrayer la fuite des capitaux qui marquent une défiance persistante de ses clients. » Répétons-le : rien n’est moins sûr. Les clients vont fuir UBS car si elle a lâché 4.450 noms sur ses 52.000 clients américains, l’affaire est loin d’être terminée pour les 47.550 épargnés jusqu’alors. Le nouvel organisme de la SEC et – on les oublie – les lois anti-terroristes états-uniennes permettent aux pandores US de poursuivre hors du territoire des Etats-Unis.

Ecraser la souveraineté sous prétexte de lutte contre la fraude fiscale


Quelles sont les conséquences de tout cela ?


En premier lieu, l’administration Obama continue la politique de ses prédécesseurs en la matière : piétiner la souveraineté des autres nations. Cela signifie un affaiblissement des nations, en particulier en Europe, et la domination des USA dans des domaines vitaux comme la défense, la politique étrangère, la politique commerciale (avec l’OMC), la Justice (les lois anti-terroristes) et maintenant la politique financière.


Ne jouons pas les « vertueux » à se réjouir de la « victoire » des USA sur les « vilaines » banques suisses. La véritable conséquence est une perte de souveraineté financière pour l’ensemble de l’Europe et le dangereux affaiblissement d’un Etat du continent, la Suisse. Ce pays qui aura perdu son principal atout, son système bancaire, se retrouvera dans une situation équivalente à celle de la Belgique : plus d’industrie nationale, un chômage endémique, un déficit public abyssal. La Suisse finira par être absorbée par l’Union européenne dans les pires conditions.


Les US ne touchent pas aux autres paradis fiscaux, car ce n’est pas leur intérêt. Sans doute, pour la forme, s’attaqueront-ils à une île quelconque ou à un micro-Etat alpin ou pyrénéen, mais il y a fort à parier qu’ils en resteront là. La lutte contre LES paradis fiscaux restant un vœu pieux.


Cela démontre en outre l’inefficacité du G20. On se souvient. Il s’est réuni à Londres en avril 2009 et, comme d’habitude, la montagne a accouché d’une souris, en dépit du tapage indécent des médias : L'ensemble des mesures prises par le G20 aurait dû permettre d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010. Nous en serions fort surpris ! Certes, on connaît une petite relance pendant les vacances ( !). Attendons la rentrée… Puisque Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue d’un G20 en septembre, après l’Assemblée générale des Nations Unies.

Ce qui est touchant avec le G20, c’est la résolution sur les paradis fiscaux : Une liste des paradis fiscaux va aussi être publiée immédiatement par l'OCDE pour décourager l'évasion fiscale. Cette publication est une exigence de l'Allemagne et de la France. «L'ère du secret bancaire est révolue», assure notamment le communiqué. Ben, tiens !

Par ailleurs, les pays du G20 se sont mis d'accord pour mettre en œuvre de «nouvelles règles» sur les salaires et les bonus des dirigeants au niveau mondial.



Paroles, paroles...


Un conflit était apparu ces derniers jours entre pays européens soucieux de mettre en œuvre prioritairement une réforme de la régulation, et les Etats-Unis qui prônaient de nouveaux engagements de relance de la part de leurs partenaires. Mais, ces divergences ont été totalement lissées dans le communiqué final. Du moins, c'est ce qu'on dit.





Barack Obama et les nains hilares

Gordon Brown a considéré que ce sommet marquait la naissance d'un «nouvel ordre mondial» émergeant de la crise économique, et «le jour où le monde s'est mis ensemble pour combattre la récession».

«Nous partons du principe que la prospérité est indivisible, que la croissance pour être durable doit être partagée (...). Nous pensons que la seule fondation sûre d'une mondialisation soutenable et l'augmentation de la prospérité pour tous est une économie ouverte fondée sur le principes de marché, une régulation efficace et des institutions mondiales solides», affirme le communiqué. « Paroles, paroles… » chantait Dalida.

La fin du système suisse affaiblira à terme l'Europe


Les conséquences pour la Suisse et pour l’Europe sont incalculables. Les Helvètes devront entrer dans l’UE, la queue entre les jambes. La Suisse est cependant une nation souveraine qui a une longue histoire qui n’est pas seulement celle de ses banques. Elle est un modèle de fédéralisme où trois communautés linguistiques vivent en paix. Sa neutralité permit la signature de nombreux traités de paix qui mirent fin à des bains de sang. La Suisse est un paradis pour la recherche scientifique. Ce n’est pas pour rien que le principal centre de recherches européen se soit installé en Suisse, le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire). Son affaiblissement serait une catastrophe. L’abandon de sa neutralité romprait l’équilibre fragile de l’Europe d’aujourd’hui.


La fin de la Suisse faciliterait de manière significative la transformation déjà entamée de l’Union européenne en une vaste zone de libre échange extensible au-delà de l’espace européen, contrôlée par les multinationales et dont la défense sera assurée par l'OTAN. Le prix de la « vertu » fiscale est en définitive très élevé ! Et il en restera des paradis fiscaux en Europe. Rappelez-vous, on a appelé le dernier Tour de France, le « Tour des paradis fiscaux ». En effet, il partait de Monaco pour passer par la Suisse et par Andorre. Et on oublie en outre le grand nombre de « zones franches » où les échanges commerciaux sont pratiquement détaxés.


Quant à la lutte contre les paradis fiscaux voulue par le G20, elle est restée lettre morte. La fameuse liste est incomplète et a d’ailleurs déjà subi de nombreuses modifications. La seule manière est de s’unir pour exercer une pression insupportable sur le secteur bancaire qui a besoin de paradis fiscaux comme de pain. On le voit en France où Nicolas Sarkozy va "engueuler" les banques. D'ailleurs, un orfèvre en la matière, le nouveau CEO de "Fortis", Bruno Colmant, a déclaré : "Il est impossible de moraliser le système financier". On a « lâché » la Suisse car elle n’a pas suivi l’évolution des paradis fiscaux et était donc bien plus facile à neutraliser.


De toute façon, tant qu’il restera un seul paradis fiscal sur Terre, la lutte contre la grande fraude fiscale qui appauvrit les Etats restera lettre morte.
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