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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 13:49
HOLST | Les planètes
MATTHEWS | Pluto, the renewer

Orchestre philharmonique de Liège Wallonie-Bruxelles
François-Xavier Roth, direction - Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie

Quel lien entre les planètes de notre Système solaire et la musique des "Planètes" écrite par le compositeur anglais Gustav Holst (1874-1934) entre 1914 et 1917 ? Dans le cadre de l’Année internationale de l’astronomie, l’Orchestre philharmonique de Liège, en collaboration avec Réjouisciences - ULg, propose un concert étonnant alliant art et science. Le chef d'orchestre François-Xavier Roth et une astrophysicienne de l'ULg proposent une évocation croisée de notre Univers par le biais d'images et de musique.
L’occasion d’entendre (et de voir) une œuvre spectaculaire (avec plus de cent musiciens) et de répondre à la question : c’est quoi une planète ?


*Lien : http://www2.ulg.ac.be/sciences/astro/opl.htm
*Quand ? : Le samedi 26 septembre 2009 à 16h00
*Où ? : à la Salle Philharmonique, boulevard Piercot, 25-27 à 4000 Liège
*Réservations - Billetterie : 15 et 25 euros à boulevard Piercot, 25-27 -
4000 Liège -
http://www.opl.be - Tél. : +32 (0)4/220 00 00
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 13:58

Un militant à notre époque est devenu une denrée rare. En voici encore un qui disparaît.



Ernest Glinne est né à Forchies-la-Marche, non loin de Charleroi, en 1931 et décédé à Courcelles, le 10 août 2009. Il habitait Square Salvador Allende, tout un symbole !


Glinne fut licencié en sciences politiques et sociales de l’ULB. Il milita très vite à gauche. Il participa activement aux grèves de 1960-61 aux côtés d’André Renard et de la gauche du PSB. Il fut un des fondateurs du Mouvement populaire wallon.


Avec André Renard, Jacques Yerna, François Périn, Freddy Terwagne, Raymond Rifflet, Ernest Mandel, il fonda l’hebdomadaire « La Gauche » qui était toléré au Parti Socialiste qui avait défini sous la présidence de Léo Collard et avec l’appui de Spaak, un droit de tendance qui n’existe plus aujourd’hui. Malheureusement, la « Gauche » se déchira en grande partie à cause de « l’entrisme » trotskyste. Mouvement trotskyste que Glinne considéra malgré tout comme sincère, face au communisme des démocraties populaires qui n’était à son sens que du « capitalisme d’Etat ».


Il dut quitter le Mouvement populaire wallon en 1964, car il risquait l’exclusion du PSB. Il fut élu député de l’arrondissement de Charleroi en 1961. Un de ses premiers déchirements fut l’adoption par la majorité socialiste – sociale chrétienne de l’époque des lois répressives et liberticides contre les grévistes. Il s'abstint avec d'autres députés socialistes comme Cools, Hurez, Massart et Terwagne. De là vient le sobriquet : "Ernest le rebelle" dont il tirait une certaine fierté. C’était, à l’époque, une affaire assez comparable avec les lois « anti-terroristes » imposées par les Etats-uniens après le 11 septembre.
A la différence près qu'aucun député socialiste n'a eu le courage de s'abstenir...

En 1973 – 74, il fut ministre de l’Emploi et du Travail. Il tenta, avec plus ou moins de bonheur, de contribuer à l’émancipation des travailleurs, notamment avec la loi sur les crédits d’heures qui permettait aux travailleurs de suivre des cours en horaire décalé afin d’avoir la chance d’acquérir un diplôme tout en travaillant.


L’évolution du Parti socialiste l’inquiétait. Il le voyait de plus en plus social-démocrate, voire social-libéral. Il fonda en 1978 "Tribune socialiste" en vue de redonner un souffle de gauche au Parti. Ce fut un échec. Les compromissions l’écœuraient. En 1981, André Cools ayant démissionné de la présidence du PS, se sentant dans l’impasse, il fut candidat à sa succession contre Guy Spitaels, alors vice-premier ministre. Ces élections furent manifestement truquées. Un premier décompte donna 55 % des voix à Ernest Glinne. On procéda à un nouveau vote, certaines fédérations estimant devoir changer leur vote suite à un « fait nouveau ». On ne saura jamais de quoi il s’est agi.


Le Parti se divisa profondément entre une aile communautariste et une aile régionaliste après le victoire électorale de 1988 qui, si l’on calcule bien, ne fit que rattraper les échecs des deux derniers scrutins. Ernest Glinne se garda d’intervenir dans ce débat d’autant plus qu’il se méfiait du chef du courant régionaliste, l’ancien bourgmestre de Fourons, José Happart qu’il connaissait d’autant plus qu’il siégea avec lui au Parlement européen de 1979 à 1994.


Glinne était un Européen convaincu depuis longtemps. Il fut même président du Mouvement européen. Son assiduité, sa force de travail et sa conviction en firent le président du groupe socialiste du Parlement européen. Ernest Glinne était un véritable fédéraliste européen, partisan d’une Europe politique démocratique qu’il voyait comme réponse pour la Wallonie au belgicanisme décadent et à la montée en puissance de la nation flamande.

La rupture avec le PS commença en 1993. Ernest Glinne était alors vice-président de la fédération socialiste de Charleroi. Il apprit que son président, Richard Carlier, revendait en touchant des commissions des biens sociaux publics de Charleroi. Il exigea une enquête interne. En dépit de la passivité de Van Cau et de Busquin, et bien entendu, l’opposition de Carlier, le scandale éclata. Glinne, quant à lui, fut isolé. Il « émigra » politiquement à Thuin mais il s’y sentit mal à l’aise.


De plus, de graves affaires comme celles d’Agusta Dassault secouèrent durement le PS. Guy Spitaels dut démissionner de ses mandats avec Guy Mathot et Guy Coëme. Spitaels et Coëme furent sévèrement condamnés. Le Parti en a été considérablement affaibli. Un jeune président, Elio Di Rupo, parvint à le redresser mais il avait perdu son âme. Ce n’était plus le parti du changement, ce n’était plus le parti des travailleurs. Il se mua en parti de gestionnaires.


Glinne sentit qu’il n’avait plus rien à faire dans ce parti. Comme il l’a dit dans une interview à l’hebdomadaire « Pan » : « Il vaut mieux rester soi-même en changeant d’étiquette que se changer en gardant la même étiquette ». Il se tourna vers Ecolo où il resta jusqu’en 2004. Il passa ensuite au Rassemblement Wallonie France. Glinne ne croit plus en l’avenir de la Belgique : « Qu’est-ce qu’il nous en reste? L’Atomium et l’Expo universelle de 1958? Les quelques constructions publiques que Léopold II nous a laissées en échange de ses exactions génocidaires en Afrique? L’image romancée d’Albert Ier et de la Reine Astrid? Les prisonniers de guerre wallons en Allemagne? Internationaliste et européen, je suis en même temps wallon. »


Dans le discours qu’il prononça au conseil communal de sa bonne ville de Courcelles pour expliquer son passage au RWF, il y développe les convictions qui l’ont animé toute sa vie :

« Je ne crois plus du tout à l'acceptabilité de l'Etat belge et des mensonges triomphants qui passent encore sous ses plafonds en lézardes.


Il me FAUT choisir. Et le peuple de Flandre doit être pour moi désormais un bon voisin si possible, respecté dans la mesure du respectable, mais celles et ceux qu'il élit en trop grande force ne peuvent plus être des compatriotes dominants.


Le refus d'un système de type colonial imposé aux Wallons m’est personnellement indispensable, sans attendre un jour de plus, aux niveaux ou je suis une portion de l'âme wallonne.


J'abandonne donc - avec une certaine tristesse - mon appartenance au groupe ECOLO et je renonce donc aux mandats dérivés de ma qualité de conseiller municipal. Je remercie ces compagnons dont les luttes HORS DE LA STRUCTURE D'ETAT BELGICAINE resteront les miennes : je n'aurai pas à m'y associer puisque essentiellement, les objectifs en sont et resteront les miens.


C'est en homme de gauche que j'agis.


En partisan de la République, en enfant des corons qui ont fait le paysage d'affection du Nord cher à Bachelet le chanteur des houillères, et aussi l'image de Carmeaux, haut lieu du minerai de fer, si cher à Jaurès.

En enfant écarté du peuple de France et de son monde du travail par la géopolitique, mais « proche » - au sens familial - de ce peuple par rapport auquel les Wallons sont encore - provisoirement - des cousins non intégrés.


En citoyen aussi d'une Europe qui a besoin de patries cohérentes en leur sein pour être convergentes et associées dans leur destin.


En multilingue qui sait qu'on ne perçoit bien les cultures d'ailleurs qu'en valorisant d'abord et avant tout la sienne, en l'occurrence en passant par la francophonie répartie sur plusieurs continents.


Je siégerai ici dorénavant comme représentant du Rassemblement Wallonie-France. Dans un respect à l'égard de tous et en appuyant mes actes sur des convictions socialistes et laïques inébranlables.


Les valeurs socialistes sont toujours excellentes à mes yeux, dans le cœur de celles et ceux qui les vivent réellement hors des pièges de l'instrumentalisation.


La laïcité, quant à elle, est indispensable dans des sociétés contaminées par trop de ghettos, de replis et de cloisons et par une montée des fondamentalismes.


La loi française du 9 décembre 1905 instaurant, pour le bien commun, la séparation de la République et des cultes, dans le respect non subsidiant des options religieuses et philosophiques personnelles et démocratiquement associées, est et sera ma référence. 


Vive la Wallonie. Vive la Wallonie en France. Vive la République. Vive la France...


Vivent la Liberté, l'Egalité et la Fraternité… »


Toutes les idées d’Ernest Glinne sont exprimées dans ce discours. Pour terminer, il nous révèle ce que son beau-frère, mineur de fond lui disait en wallon à la Maison du Peuple qui fut toujours son havre de militantisme et de fraternité.


« t’saveu Ernest, vous quand vos astez à l’maison du peupe, vos parlè de l’Internationale, hé bin nous quand nos astons din l’fosse hein, on fait l’Internationale tous les djous. Qu’on fuche Flamin, qu’on fuche Italien, qu’on fuche Marocain. Quand y da uin qui ramasse su s’tiesse, on est tertous là ».


L’Internationale pensée et l’Internationale vécue, tout le combat du Socialisme. Ernest Glinne était de ce monde là. Il l’a bien représenté et s’est battu pour lui jusqu’à on dernier souffle.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 10:41

Iran : la manipulation continue.

 

Nous avons évoqué dans une livraison précédente la manipulation des Occidentaux dans les événements qui secouent l’Iran. Le rôle des Etats-Unis et de la France n’est plus à démontrer.

 

Dans une récente interview à la chaîne TV américaine CNN, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton avoue clairement le rôle des Etats-Unis dans la « révolution verte » iranienne.

 

En effet, l’opposition républicaine reprochait à Obama sa passivité envers la situation en Iran. Les services américains avaient nié toute intervention dans les troubles à Téhéran et le président affichait volontairement une neutralité silencieuse.


Or, dans un entretien accordé à Farred Zacharia, journaliste américain d’origine indienne, spécialiste du Moyen Orient, le 9 août 2009 sur CNN, la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, a confirmé ce que ses services niaient jusque là : les États-Unis ont joué un rôle très important dans la pseudo « révolution verte » en Iran et ont fabriqué de faux messages d’Iraniens sur Twitter.


En voici le script :


Fareed Zakaria : À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que le président et vous-même avez été trop lents à condamner ce qui paraît avoir été des élections frauduleuses ; trop lent à offrir un soutien aux gens d’en bas parce que vous vouliez préserver l’option de négociations avec l’Iran. Pouvez-vous réellement négocier avec l’Iran dans cette situation ?
Je comprends, qu’en général, on négocie avec toutes sortes de régimes. mais en pratique, maintenant, avec Ahmadinejad intronisé dans une atmosphère très conflictuelle, n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ?


Hillary Clinton : laissez-moi répondre à la première partie de votre question sur notre réaction. Il y avait un autre aspect très important. Nous ne voulions pas nous ne voulions pas nous trouver entre les protestations et manifestations légitimes du peuple iranien et le pouvoir. Et nous savions que si nous intervenions trop tôt, trop fort, l’attention aurait pu basculer et le pouvoir aurait essayé de nous utiliser pour unifier le pays contre les protestataires. C’était une décision difficile à prendre, mais je pense que, rétrospectivement, nous nous en sommes bien sortis. Ceci dit, en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez, la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez », malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous continuons à parler avec et à soutenir l’opposition.




Hillary Clinton voulait-elle calmer l’opposition républicaine ou jeter des bâtons dans les roues d’Obama ? Il est difficile de répondre.


Second aspect : l’attitude de la France. Y aurait-il une divergence entre Sarkozy et son va-t-en-guerre de Kouchner ? Tout d’abord le plus brillant diplomate de France n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat : « L'ambassade de France à Téhéran avait pour consigne d'accueillir des manifestants iraniens "poursuivis" si ceux-ci lui demandaient refuge, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, dans un entretien publié lundi 10 août dans Le « Parisien/Aujourd'hui ». Le « Monde » du 10 août rapporte : « Arrêtée aux côtés de l'universitaire française Clotilde Reiss et d'autres manifestants contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, Nazak Afshar, une employée franco-iranienne de l'ambassade, avait affirmé samedi lors de son procès avoir reçu comme consigne de son employeur de donner asile si nécessaire à des manifestants. "Si des manifestants poursuivis cherchaient refuge à l'ambassade de France, la consigne était d'ouvrir la porte", a déclaré M. Kouchner au Parisien, ajoutant : "C'est une consigne de tous les Européens. C'est notre tradition démocratique."



Cette attitude de Kouchner est irresponsable. User d’une employée d’ambassade et d’une jeune universitaire dans un pays ayant un régime totalitaire parmi les plus dangereux, est inadmissible sur le plan de l’éthique, mais aussi de l’efficacité diplomatique. En agissant ainsi, Kouchner met la position de son pays en porte-à-faux.


Redoutant sans doute un retournement dans l’opinion publique, Sarkozy a décidé de s’occuper de cette affaire depuis son lieu de villégiature, le Cap Nègre. En clair, il règle cette question sans l’aide de Kouchner. Fi de « l’ingérence humanitaire », place à la négociation ! Et puis, il ne faut pas négliger les intérêts de ses amis : il faut laisser une porte ouverte pour la vente de nucléaire civil à l’Iran. Quels furent les enjeux de cette négociation qui s’est passée par l’intermédiaire de la Syrie ? On ne le sait pas encore, sinon qu’une caution de 300.000 Euros a été versée pour Nazak Afshar qui a été libérée. Clotilde Reiss sera probablement assignée à résidence à l’ambassade de France à Téhéran, au moment où nous « postons » cet article.


 












Passerait-on de la politique du pire à la Kouchner à la real-politique, incarnée par Sarkozy ? Néanmoins, comme l’écrit Marianne2.fr dans sa livraison de lundi 11 août : « Depuis son élection, le président français a adopté une position brouillonne face à l'Iran, un mélange de provocations verbales sans lendemain et d'ouverture : il s'est montré particulièrement hostile à l'Iran, mais en même temps il a toujours laissé la porte ouverte à un équipement nucléaire civil de l'Etat perse. Sarkozy a ainsi prêché les sanctions, appelé à la société civile (?), installé une base française à quelques kilomètres des côtes de l'Iran, et critiqué « l'ampleur de la fraude » électorale lors du scrutin de juin dernier. Mais il persiste aussi à proposer un accord nucléaire civil si l'Iran renonçait à ses plans militaires.

Une position qui tranchait avec le constat lucide de Barack Obama : « La différence entre M. Ahmadinejad et M. Moussavi en terme de politique pourrait ne pas être aussi grande que ce qui a été dit », avait-t-il déclaré en juin dernier. « D'un côté comme de l'autre, nous allons traiter avec un régime iranien historiquement hostile aux Etats-Unis ».

Cela tranche aussi avec la prise de position de Hillary Clinton.

Qui manipule qui, en cette affaire ?


Connaissez-vous la burqini ?


L’islamisme a aussi ses modes. Après la burqa, voici la burqini. Il s’agit d’une tenue de bain pour les femmes musulmanes qui recouvre la tête et qui, comme un training, recouvre une bonne partie du corps. C’est une certaine Aheda Zanetti, une musulmane vivant en Australie, qui a inventé ce curieux « habit ». C’est très à la mode en Turquie, notamment dans la station touristique de Antalya, où l’on a ouvert des hôtels islamiques qui ont pour caractéristique de séparer les hommes des femmes dans leurs activités estivales, notamment dans la piscine où les femmes plongent affublées de la burqini. Le soir, elles ont droit à leur propre night club où elles ont même le droit de batifoler entre nanas en robes décolletées. On n’arrête pas le progrès ! Au Sud du Liban contrôlé grâce à la grande vision géostratégique d’Israël, par le Hezbollah, il existe des plages réservées aux seules femmes en burqini.


A Emerainville, en Seine et Marne, une femme s’est présentée à la piscine municipale revêtue de sa burqini et a plongé. Le maître nageur l’a invitée fermement à remonter car sa tenue est contraire au règlement d’hygiène de cette piscine. En effet, on conçoit difficilement qu’un(e) nageur(se) plonge tout habillé(e)… Bien sûr, grand scandale ! La dame dépose plainte auprès du procureur de la République à Meaux et compte avertir le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) dont le communautarisme est bien connu.


Voilà donc un double interdit dans les piscines : le monokini (indécence…) et la burqini (hygiène). Par contre sur les – enfin certaines - plages, on fait ce que l’on veut. Il serait amusant que les femmes en burqini et en monokini s’y côtoient. Ce serait vraiment le progrès !













                                               La burqini ou le monokini, il faut choisir !

L’apprentissage très néolibéral des Ecolos


Plus d’un a été surpris parle casting Ecolo pour les gouvernements régionaux et communautaire de la partie Sud de la Belgique. L’hebdomadaire satirique « Pan » semble avoir la réponse. Bien sûr, la plupart des heureux élus sont issus de la FEF, Fédération des Etudiants Francophones, qui fut le fer de lance contre le manque de financement de l’enseignement de la Communauté française dans la décennie 1990. On y retrouve Jean-Marc Nollet, Philippe Henry, Emily Hoyos et des PS comme Bucella et Gregor Chapelle.


Rien à dire. C’est le parcours normal de jeunes se lançant dans la politique.


Par contre, certains d’entre eux ont subi une bien curieuse formation. Ils ont fait un séjour à l’Institut Aspen. De quoi s’agit-il ?


Cet institut est typique de la lettre et de l’esprit néolibéral. Une école privée discrète, ne faisant guère de publicité, dans un environnement de luxe avec un corps académique composé d’importants businessmen, forme des jeunes universitaires prometteurs à devenir les cadres politiques et les managers futurs. Sortir de ces écoles vaut bien plus dans un CV que tous les diplômes universitaires de  troisième cycle décrochés dans les plus prestigieuses Alma mater.


Qu’est-ce que l’Institut Aspen ?


L'institut Aspen est un cercle de réflexion et d'influence international à but non lucratif fondé en 1950 à Aspen dans le Colorado aux États-Unis dédié au « commandement éclairé, l'appréciation d'idées et valeur éternelles, un dialogue ouvert sur des thèmes actuels ». Son orientation en politique étrangère est d'inspiration atlantiste. L'institut a des chapitres à Berlin, Washington, Bucarest, Rome, Lyon, New-Delhi et Tokyo.


« Valeurs éternelles » et « atlantiste » dénotent bien la coloration néoconservatrice de cette formation.


Le Réseau Voltaire en dresse l’historique : « Mêlant festival culturel, formation aux humanités et réflexion stratégique mondiale, l’Institut Aspen ne veut être ni un think tank, ni un Davos états-unien, mais un club pour une élite raffinée. Cette prétention intellectuelle et artistique permet aussi d’attirer des dirigeants d’Europe et d’Asie que la vulgarité des nouveaux riches texans rebute. L’institut est aussi propriétaire du domaine de Wye River où les présidents des États-Unis aiment à recevoir les grands de ce monde à l’abri des regards. »


Il est intéressant e voir comment cet institut fut fondé par un riche homme d’affaires américain, grand amateur de musique classique et d’architecture. Cet Institut évolua rapidement de lieu de rencontre dans le cadre enchanteur d’une station de ski du nom de Aspen (les néolibéraux adorent le ski, regardez Davos !) à un centre de formation à l’idéologie néoconservatrice.




« À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le milliardaire Walter Paepcke, fondateur de la Container Corporation of America, rechercha un havre de paix où se ressourcer en écoutant de la musique et en dessinant de nouvelles lignes d’architecture. Le choix de l’esthète se posa sur le cadre enchanteur d’une station de ski naissante, Aspen (Colorado). Il y fit dresser par l’architecte finlandais Eero Saarinen une sorte de tente qui fasse amphithéâtre et salle de concert pour 2000 invités. Et il y convoqua un festival de musique classique à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Goethe, en 1949. En ce début de Guerre froide, Albert Schweitzer, Ortega y Gasset (philosophe fascisant) et quelques autres s’y laissèrent émouvoir par les mélodies romantiques interprétées par Arthur Rubinstein. Se plaisant au jeu, le mécène organisa l’été suivant un festival culturel de trois mois au cours duquel des conférences sur le Bauhaus alternèrent avec des concerts d’Isaac Stern et des projections cinématographiques. S’enhardissant, Walter Paepcke conçu le projet de délivrer à ses amis présents, chefs d’entreprises comme lui, une formation humaniste à la prise de décision inspirée de l’enseignement du professeur Mortimer J. Adler. Le mécène se muant en maître, il entreprit d’organiser, dès 1951, au cours du festival, un séminaire pour une vingtaine de dirigeants sur « Notre héritage américain », puis sur « La liberté humaine » et bientôt les conférences de Friedrich von Hayek (le penseur fondateur du néolibéralisme)  sur le libéralisme économique. C’est ainsi que naquit progressivement l’Institut Aspen pour les études humanistes. »


En 1978, l’Institut se vit offrir par de généreux mécènes le splendide domaine de Wye River (Maryland) qui lui sert désormais de siège.


En 1984, l’Institut se dote d’un Groupe de stratégie (Aspen Strategy Group), initialement pour favoriser un débat bipartisan sur la réduction de la course aux armements, puis pour aborder tous les grands sujets de politique étrangères.


L’Institut Aspen ouvre des filiales en Allemagne autour du Haut-commissaire états-unien Shepard Stone  (1974), en Italie (1984), en France avec l’ancien Premier ministre Raymond Barre (1985), et maintenant en Inde avec le « patron des patrons » Tarun Das (2004).


Le domaine de Wye River devient un haut lieu de la politique internationale. En 1990, c’est là que George W. Bush (père) et Lady Thatcher discutent du Nouvel ordre mondial avant que le président ne prononce son discours sur le sujet au Congrès. En 1991, il abrite la réunion préparatoire du sommet mondial de Rio sur l’environnement.

Aujourd’hui l’Institut Aspen est dirigé par Walter Isaacson, ancien directeur de CNN, puis de Time Magazine. Des personnalités prestigieuses de la politique ou de « l’industrie culturelle » siègent au Conseil d’administration : le prince saoudien Bandar bin Sultan, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine K. Albright, Michael Eisner (Disney), le secrétaire général adjoint de l’ONU Olara A. Otunu, ou encore Jack Valenti, le patron du syndicat d’Hollywood.


C’est à l’Institut Aspen à Lyon que nos « très progressistes » Ecolos ont effectué leur stage.



C’est l’ancien Premier ministre de Giscard d’Estaing, Raymond Barre, « le premier économiste de France » dont le néolibéralisme affiché n’empêchait pas l’expression d’un certain antisémitisme, qui développa l’Institut Aspen en France dans sa bonne ville de Lyon dont il fut maire. Cet Institut fut fondé à Paris en 1983 par Olivier Mellerio, grand patron dans le secteur du luxe.  Développé sous l’égide de Raymond Barre, établi à Lyon en 1994, l’Institut Aspen France est membre d’un réseau international créé aux Etats-Unis et présent en Allemagne, en Italie, en Roumanie, en Inde et au Japon.


                          Walter Isaacson


                            
Les programmes d’Aspen couvrent trois grands domaines thématiques :

  • la compréhension de la mondialisation, des contraintes et des opportunités qui en résultent ;
  • la prise de conscience des avancées scientifiques en cours dans de nombreux domaines, des promesses et des risques associés et des dilemmes qu’elles posent aux dirigeants ;
  • l’aggiornamento du modèle économique, politique et social français.

L’Institut Aspen France est présidé par Michel Pébereau, président du conseil de surveillance de BNP Paribas. Il dispose d’une équipe opérationnelle de 5 personnes et d’un budget annuel d’un million d’euros, financé pour un tiers par les collectivités territoriales de la région Rhône-Alpes et pour deux tiers par des mécènes privés, entreprises, fondations et personnes physiques.


A voir le profil de ses dirigeants, son programme et ses objectifs, il est inutile d’ergoter sur l’environnement idéologique de l’Institut Aspen. Le conseil de surveillance d’Aspen France comprend trente membres dont l’ancien PDG de Total, Thierry Desmarets, accusé d’être le responsable de la plus grande catastrophe écologique de la Manche, le naufrage de l’Erica. On y trouve aussi Gérard Mestrallet, le grand patron de Suez Gaz de France et chaud partisan de l’énergie nucléaire.


Curieuses fréquentations pour des Ecolos !


Autre aspect : comment conçoit-on la sécurité de l’Europe à l’Institut Aspen ? Ce fut un conférencier, spécialiste de la géostratégie et affichant ouvertement son atlantisme, Bruno Tertrais qui tenta d’apporter une réponse. C’est le Ba ba de l’atlantisme. Il distingue les risques certains et les risques fantasmatiques. Parmi les premiers, il y a bien entendu le « jihadisme » (logique du choc des civilisations), l’Iran pour sa potentielle puissance nucléaire, son « soutien au terrorisme international » et sa volonté de puissance au Moyen-Orient (en clair, il n’est pas question que l’Iran puisse devenir un arbitre dans la poudrière du Moyen-Orient), puis la Russie qui pourrait sanctionner l’Europe en coupant ses fournitures de gaz,  le trafic de drogue. Il y a des risques indirects comme la possibilité d’un basculement du Maroc dans l’islamisme ou un conflit de grande ampleur en Asie. Dans les risques dits fantasmiques, Tertrais énumère le risque nucléaire qui est très faible, une menace militaire qui est fort improbable, une guerre pour l’eau, elle aussi fort hypothétique. Et cerise sur le gâteau : « Les menaces issues du changement climatique. Même observation que ci-dessus : les effets du changement climatique (désertification ou inondation provoquant des migrations par exemple) pourront être un élément de conflits futurs, mais pas la cause directe. Notons que ces phénomènes ont toujours existé dans l’histoire et ne constituent en rien une nouveauté. » Le réchauffement climatique qui ne constitue pas une « nouveauté » et a toujours existé.


Voilà un raisonnement que nos « académiciens » écolos auront bien difficile à soutenir devant leur base !

Parmi les ministres Ecolos qui ont fait un séjour à l’Institut Aspen, on compte Jean-Marc Nollet, le ministre bruxellois Christos Doulkeridis, le ministre wallon Philippe Henry et la députée fédérale Juliette Boulet. Au PS, on compte Jean-Charles Luperto, dit le « téléphoniste », jeune président du Parlement de la Communauté française.

Il est intéressant de voir ce que Doulkeridis en pense : « Comme d’autres personnalités politiques belges de sa génération (Doulkeridis a 38 ans l’époque), le député bruxellois se voit offrir une formation gratuite chez Aspen, en France. Pourquoi cette générosité ? « Les décideurs économiques ont dû se dire que, tant qu’à se retrouver face à des politiques, autant qu’ils soient à la hauteur... », répond sans ambages l’intéressé.


Cette année-là, trois hommes politiques belges sont finalement retenus au terme d’entretiens de motivation : Jean-Marc Nollet (actuel vice-président du gouvernement wallon)), Xavier Baeselen (député-échevin MR de Watermael-Boitsfort) et Doulkeridis lui-même. Aux côtés de ces trois Belges, des Français, deux Marocains, un Libanais, deux Égyptiens.




« Le principe était de mélanger tant les zones géographiques que les couleurs politiques démocratiques, précise notre interlocuteur. Nous avons suivi quatre séminaires de trois jours, sur six mois plus ou moins. À chaque fois, il s’agissait de déterminer comment l’on définit une stratégie : en comprenant un enjeu, puis en se mettant dans une position qui n’est pas la position de la dénonciation. En clair : comment est-ce que l’on arrive à comprendre, à apprendre, puis à convaincre, lorsque l’on se trouve dans une position bloquée ? »



                            Christos Doulkeridis

Le programme suivi par les élus comprend des séances de développement personnel, mais également des analyses de situations réellement vécues par des hommes politiques ou des personnalités du monde des entreprises. Christos Doulkeridis se souvient ainsi avoir étudié comment la France est parvenue, après des épisodes dramatiques, à construire la paix en Nouvelle-Calédonie, avoir entendu Simone Veil expliquer comment elle est parvenue à faire passer la loi sur l’IVG dans un contexte plutôt frileux sur le sujet (en 1974), ou avoir rencontré le ministre italien de la Fonction publique, Franco Bassanini, qui, de 1996 à 2001, mena à bien une réforme réputée « impossible » dans l’administration transalpine.


« L’idée n’était pas de copier ces stratégies, précise le président du Parlement francophone bruxellois, mais de se rendre compte que les prises de décision se sont faites dans le cadre de stratégies réfléchies, définies, puis seulement mises en place. Par ailleurs, on n’essayait pas de convaincre sur le fond, mais au contraire de tirer parti de nos différences, en nous confrontant à des enjeux communs. »

On est ébahi devant tant de candeur de la part d’un responsable politique.

Dans cette affaire, les Ecolos et certains Socialistes montrent leurs contradictions. Comment défendre une politique progressiste en acceptant d’être formé par une officine néolibérale ? Sans avoir analysé les objectifs et les méthodes de l’Institut Aspen, sa composition aurait dû constituer un signal d’alarme suffisamment audible pour nos jeunes politiciens.


Ecolo reste un parti fourre-tout qui se base sur des slogans et des a priori, mais qui est prêt à toutes les compromissions, sans doute malgré lui. Quant au PS, il a renoncé depuis longtemps à ses formations de base et son idéologie s’en est trouvé diluée. L’exemple d’un Luperto, animé par ses seules ambitions personnelles, est probant.

L’Olivier tel qu’il est parti, est loin d’annoncer des réformes progressistes, à moins qu’au sein d’Ecolo et du PS, des militants attachés à la dynamique progressiste se réveillent.

On peut rêver.

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:44

 

La polémique en France sur le projet Hadopi est loin d’être terminée. Il s’agit d’une réforme voulue par Sarkozy (une de plus !) destinée à combattre la « piraterie » sur Internet. Comme toutes les réformes sarkoziennes, celle-ci a aussi un agenda caché.

 

Le Bouffon de la République

 

Quand le nouveau Bouffon de la République, le sinistre Frédéric Mitterrand, s’adresse au Parlement par un discours qui restera dans les mémoires. : invoquant Arletty et Edith Piaf, le nouveau ministre a fait vibrer au delà du raisonnable sa voix de Britannicus pour crier la chute des artistes dans «le caniveau des pirates». Une pompe si étouffante qu'elle pourrait convaincre le PDG d'Universal de rallier le camp des anti-Hadopi ! Car, non content d'avoir été ramené à la vie publique pour ressusciter la mémoire politique d'un mort, l'occupant de la rue de Vallois n'a guère évoqué dans son argumentaire que des artistes ayant reçu les hommages posthumes : Arletty, Jean Seberg, Edith Piaf, Michel Serreault, Serge Gainsbourg... Sans parler de Platon et Balzac qui ont nourri son préambule.



 

Quand il se confie sur ses «goûts personnels», c'est Jane Birkin, Alain Souchon et Vincent Delerm qu'il invoque. Difficile de trouver pires exemples que les deux premiers pour battre en brèche les «rentiers» du système des droits d'auteur, régulièrement épinglés pour leur façon de profiter du système de l'intemittance. Pour défendre le concept, il ressort du formol «un compositeur français qui a fini sa vie dans une pauvreté pathétique». Mille noms viennent en tête. Mais l'ineffable brandit comme un étendard : «Rouget de Lisle» ! La démonstration culturelle vire à l'éloge patriotique malvenu : n'y avait-il pas assez des misères romantiques de Rimbaud et Van Gogh ? Non, et pour une raison simple : la création ne semble guère préoccuper notre ministre. (Voir Marianne2.fr)

 Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture


Lorsque des artistes de gauche comme Pierre Arditi ou Juliette Gréco lancent une pétition en faveur de ce projet de loi qui défendrait les revenus des auteurs et des artistes, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils sont manipulés. Car c’est justement le PDG de Vivendi - Universal, Jean-René Fourtou, qui est un des maîtres du jeu. Les artistes et les auteurs ne servent que de faire valoir dans cette affaire. Ce qui est proprement scandaleux ! On les manipule pour qu’ils revendiquent leur propre esclavage. Ce n’est plus la patrie qui est en danger, c’est l’art qui devient une simple marchandise comme les yaourts vendus en grande surface.


  




















Pierre Arditi et Juliette Gréco ont-ils été manipulés ? A-t-on joué sur leur haute conscience de leur profession ?

Qu’est donc ce projet qui mobilise tant l’opinion publique ?


Hadopi signifie « haute autorité pour la diffusion des œuvres et pour la protection des droits sur Internet » est la clé de ce projet. Cette Haute autorité aurait plusieurs missions. Elle serait chargée du suivi de l'interopérabilité des dispositifs de DRM, de l'élaboration d'études sur la question des droits d'auteur (« offre légale », liens piratage - vente en ligne, etc.) et de la surveillance des droits d'auteurs sur Internet[]. Elle aurait également pour mission d'évaluer les technologies de filtrage et tatouage des contenus : « L'Hadopi évalue (…) les expérimentations conduites dans le domaine des technologies de reconnaissance des contenus et de filtrage par les concepteurs de ces technologies, les titulaires de droits sur les œuvres et objets protégés et les personnes dont l’activité est d’offrir un service de communication au public en ligne. »

Il est aussi prévu de faire de cette autorité un intermédiaire entre l'ayant droit (chargé de fournir les adresses IP des abonnés suspectés d'avoir manqué à l'obligation de surveillance) et le fournisseur d'accès à Internet (chargé d'identifier les abonnés et de procéder in fine à la coupure de leur accès Internet).

L'indépendance de cette Haute autorité est contestée par les opposants au projet de loi, considérant que le président de l'Hadopi sera nommé par le pouvoir exécutif, via décret.
.

Le projet de loi « Hadopi 2 » déjà adopté par le Sénat et soumis à l’examen de l’Assemblée nationale, ne sera éventuellement adopté qu’à la rentrée suite à des manœuvres de l’opposition socialiste.

La loi création et internet, avant sa censure, avait pour but, en plus de la création de la haute autorité soi-disant indépendante de :

  • instaurer une sanction administrative punissant spécifiquement le défaut de surveillance de son accès Internet contre l'utilisation de celui-ci par un tiers pour la diffusion d'une œuvre auprès du public sans l'accord ses ayant-droit.
  • mettre en œuvre ces sanctions selon la méthode de la « réponse graduée » : un courriel d'avertissement en guise de premier rappel à la loi, puis un courrier d'avertissement par lettre recommandée, et la coupure de la connexion Internet en dernier ressort.
  • faire de cette autorité un intermédiaire entre l'ayant droit, chargé de fournir les adresses IP des abonnés suspectés d'avoir manqué à l'obligation de surveillance et le fournisseur d'accès à Internet, chargé d'identifier les abonnés et de procéder in fine à la coupure de leur accès Internet.

La censure du Conseil Constitutionnel interdit cette coupure, si elle n'est pas prononcée par un tribunal judiciaire, après débat contradictoire.


Les coûts d'application de la nouvelle loi, y compris après sa censure, sont estimés par le ministère de la Culture à 6,7 millions d'euros, mais les fournisseurs d'accès les chiffrent en dizaines de millions d'euros[ (100 millions selon La Fédération française des télécoms). De plus, les internautes recevraient l'injonction d'installer sur son ordinateur un logiciel de sécurisation payant et non interopérable.




La député socialiste Corinne Erhel  opposée au projet dit tout simplement : Zéro € pour la création : les seuls chiffres valables aux yeux du ministre sont ceux qui mettent en parallèle l'augmentation du piratage et la baisse des ventes de disques. Si les artistes sont payés, ce sera par leur propre succès dans un marché délicieusement délivré de la «concurrence déloyale du téléchargement». Des artistes libres dans un marché libre : que demandent les poètes ?

Les multinationales des médias engrangent un maximum dans cette loi, les artistes n’auront même pas des cacahuètes, ils n’auront rien !
 




Corinne Erhel

L’offensive des multinationales du « Net »


En clair, la Hadopi sera une sorte de police du Net. C’est bien entendu cela qui est contesté. En effet, aux Etats-Unis, récemment, un Américain de 25 ans du nom de Joel Tenenbaum vient d’être condamné à payer 675.000 USD pour avoir téléchargé trente morceaux de musique !


Il est symptomatique que la La Recording Industry Association of America (RIAA), l'association des éditeurs de musique aux Etats-Unis, s'est félicitée de ce jugement, estimant que Joel Tenenbaum "avait finalement reconnu que les artistes et l'industrie du disque devaient être rémunérés pour leur travail". A l'audience, lorsqu'on lui a demandé s'il regrettait d'avoir téléchargé de la musique illégalement, Joel Tenenbaum avait refusé de répondre, jugeant la question "biaisée". "Je ne regrette pas d'avoir bu de l'alcool alors que je n'avais pas l'âge légal quand j'étais à la fac, même si je me suis fait attraper plusieurs fois", a-t-il ajouté. Ce jeune « pirate » ne manque pas d’humour ! Il y a un précédent. Le mois dernier, Jammie Thomas, une Américaine de 32 ans, avait été condamnée à verser 1,92 millions de dollars aux maisons de disque pour le téléchargement de 24 chansons.


Ces deux affaires sont les seuls procès intentés jusqu’à présent par l'industrie du disque contre des particuliers qui soient allés jusqu'au verdict, la RIAA proposant en général un « règlement à l'amiable » pour un montant de quelques milliers de dollars qui est le plus souvent accepté.


Il est clair que la RIAA qui représente les multinationales du disque veut frapper fort et demande l’application stricte de la loi. Finis les « règlements à l’amiable ». On prononce des sanctions absolument disproportionnées avec la « gravité » du délit. Ces deux jeunes-gens sont ruinés jusqu’à la fin de leurs jours ! C’est une véritable mort civile qu’ont prononcé ces tribunaux. Où sont les droits de l’homme ? Allo, la LDH, aux abonnés absents ?!


Voilà donc le véritable objet de ces lois : protéger les éditeurs et non les auteurs. Ce ne sont pas les droits d’auteur qui sont « bafoués » par le piratage, mais les éditeurs qui estiment avoir été lésés par ces deux personnes.


L’Europe se rebiffe.


D’ailleurs, le Parlement européen ne s’est pas trompé. Si la Commission européenne ne voit aucune objection au projet de loi Hadopi, le 10 avril 2008, le Parlement européen adopte une résolution qui engage les États membres à « éviter l'adoption de mesures allant à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que l'interruption de l'accès à Internet ». Une résolution n'a pas force de loi mais indique la volonté du Parlement.


Cependant, la Commission n’en reste pas là. Elle prépare ce qu’on appelle le « paquet télécoms ». A l'origine, ce paquet n'a pas l'intention de réguler les contenus des réseaux de télécommunications, mais uniquement de régler des problèmes de concurrence communautaire.


En septembre 2008, la Commission Européenne tente de rajouter au paquet télécoms, des modifications validant le concept de riposte graduée.


Le 24 septembre 2008, en première lecture du paquet télécoms, le Parlement vote à 88 % pour l'amendement 138 qui dit : « Aucune restriction ne peut être imposée à l'encontre des droits fondamentaux et des libertés des utilisateurs finaux, sans décision préalable des autorités judiciaires, notamment conformément à l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sur la liberté d'expression et d'information, sauf si la sécurité publique est menacée. » Selon les interprétations de ses rédacteurs (Guy Bono, Daniel Cohn-Bendit et Zazana Roithová) et les opposants au texte de loi Hadopi, cet amendement empêcherait de confier à une autorité publique le droit de couper l'accès Internet à un individu, sans le recours à un juge, et donc à un débat contradictoire. Mais Sarkozy n’en reste pas là. Après avoir demandé à Barroso de retirer cet amendement de la directive, le Conseil européen refuse de donner raison au Français et maintient l’amendement. La France prend la présidence de l’Union européenne.

Suite à cette affaire, un député suédois a été élu le 7 juin dernier au Parlement européen avec pour seul programme la défense de la liberté de télécharger sur Internet ! Comme quoi, cette question préoccupe l’ensemble de la société. Le 20 novembre 2008, la France alors en charge de la présidence de l'Union européenne, décide de retirer cet amendement avant de présenter le texte au Conseil de l'Union européenne.


En mars 2009, il est annoncé que l'amendement 138 sera de nouveau présenté au Parlement européen en deuxième lecture, sous le numéro 46. Cette fois, il est présenté par la rapporteuse elle-même. Dans sa version finale, l'amendement insiste encore plus sur l'obligation d'un jugement équitable avant toute coupure d'Internet.

Le 23 mars 2009, le rapport Stavros Lambrinidis est voté. Il recommande de créer une directive européenne interdisant la surveillance automatisée d'Internet et considère le droit à l'éducation par Internet comme fondamental. Le rapport Medina Ortega, qui préconisait le principe de riposte graduée, est reporté sine die.


Le 21 avril 2009, le paquet télécoms est soumis au vote de la Commission ITRE (commission du Parlement européen compétente pour l'Industrie, la Technologie, la Recherche et l'Energie. Elle a la politique des médias dans ses compétences). La présentation de l'amendement 46 à l'Assemblée Européenne est accepté à 40 voix pour et 4 contre.Le 28 avril 2009, un nouveau compromis sur l'amendement 46, devant satisfaire la Grande-Bretagne et la Pologne, est trouvé. Le compromis est validé le 29 avril 2009 par le Conseil de l'Union européenne mais le texte original de l'amendement 138 est déposé en parallèle par des députés qui jugent le compromis trop ambigu.

Le 6 mai 2009, après plusieurs rebondissements quant à l'ordre des deux amendements concurrents, l'amendement reprenant le texte original de l'amendement 138 est voté à 404 voix pour et 57 voix contre. L'amendement 46 résultant du compromis avec le Conseil tombe (car sans objet, puisque le texte a été modifié par l'amendement concurrent). Les 12 et 13 juin 2009, le texte est examiné par le Conseil de l'UE.


Les pirates sont partout !


Un autre pays connaît des problèmes similaires : la Suède. Trois jeunes Suédois : Fredrik Neij, Gottfrid Svartholm et Peter Sunde sont les fondateurs de The Pirate Bay, un site internet d'échange de fichiers revendiquant plus de 22 millions d'utilisateurs qui est devenu la bête noire de Hollywood. Comme les trois mousquetaires qui étaient quatre, il y a, en outre,Carl Lundström, héritier d'une immense fortune (11 milliards de dollars de patrimoine !), connu pour son soutien à l'extrême- droite suédoise, il serait le sulfureux financier de cette flibuste ! Depuis le 16 février se tient à Stockholm le procès qui passionne les internautes du monde entier. Les quatre «pirates» risquent jusqu'à deux ans de prison et 123 000 euros d'amende chacun. Parties civiles au procès, les majors de la musique et du cinéma réclament 9,3 millions d'euros de dédommagement. «Nous n'avons pas d'argent, ils n'auront pas un cent !».

.Depuis 2003, les militants anti-copyrights de The Pirate Bay narguent les majors grâce au protocole BitTorrent qui permet aux utilisateurs de se connecter entre eux afin d'échanger films, CD ou logiciels. The Pirate Bay ne joue ainsi que le rôle d'entremetteur et n'héberge jamais directement les contenus. Jouant sur ce subtil distinguo, les pirates suédois ont, durant plusieurs années, échappés aux poursuites. En 2006, pourtant, la police suédoise perquisitionne leurs locaux et saisit leurs serveurs. Avec l'aide de militants, les administrateurs réussissent à remettre le site sur pied en trois jours. L'affaire fait de The Pirate Bay une véritable légende, et un symbole pour les militants du téléchargement libre. Mais le 31 janvier 2008 un procureur suédois décide de poursuivre. L'industrie de la culture semble vouloir faire un exemple. Les accusés, eux, ont décidé de faire de ce procès une tribune en faveur de la libre circulation des contenus. «Le mot pirate est une étiquette que l'on colle aux gens qui n'utilisent pas des moyens traditionnels de distribution», argue Peter Sunde, porte- parole de The Pirate Bay. Ils ont ainsi obtenu que l'intégralité des audiences soit diffusée sur le site de la télévision publique. Sur internet, des militants retranscrivent et traduisent les minutes quasiment en temps réel. L'accusation, elle, veut casser cette image de gentils corsaires. «Ce n'est pas un procès politique, ce n'est pas un procès qui a pour but de fermer une sorte de bibliothèque populaire», a ainsi déclaré Monique Wadsted, avocate de l'industrie du cinéma et du jeu vidéo américains.


Les pirates, eux, se disent confiants. Selon Per Samuelson, avocat de la défense, il est «légal d'offrir un service qui peut être utilisé de manière légale et illégale. Cela peut être comparé à la fabrication de voitures qui peuvent rouler plus vite que la vitesse autorisée». Quel que soit le verdict, attendu pour le début du mois de mars, The Pirate Bay a déjà annoncé qu'il poursuivrait ses activités.


En France, le nouveau projet « Hadopi » est d’apparence  moins répressif que le premier. La « Haute autorité » - surnommée « l’usine à gaz » par ses opposants – n’aura plus de pouvoir coercitif. Elle sera composée de magistrats qui après deux infractions constatées de la part d’un Internaute, et une proposition de transaction, pourra prononcer une sanction éventuelle d’amende et de suspension de l’accès à Internet. Si l’Internaute conteste, la sanction est suspensive et le dossier est transmis aux tribunaux.


Ce système s’appelle une loi d’exception qui ressemble fort aux lois du régime pétainiste. Des magistrats d’une juridiction d’exception transmettent aux magistrats des tribunaux le dossier après l’avoir traité et recommandé une sanction. Celle-ci de  « contractuelle » deviendra pénale. Retour à la case départ avec un peu plus d’hypocrisie.


Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir estime que «La loi Création et Internet ne règle aucun des problèmes fondamentaux. Le véritable enjeu, c'est l'accès de tous à la diversité culturelle, moyennant, bien entendu, une juste rémunération. Or cette loi part en guerre contre le téléchargement dans un contexte technique et juridique inapproprié. Qu'est-ce qui justifie une loi d'exception ? Il existe d'autres solutions. On pourrait mettre en place un système de licence collective. Chacun pourrait payer sur son abonnement internet une contribution de 2 euros, pour avoir accès à cette diversité.»

 


Alain Bazot est aussi président du BEUC.

Une atteinte aux libertés fondamentales

 

Ce qui justifie une loi d’exception est la pression des multinationales des médias à qui Sarkozy doit tout. Rappelez-vous son copinage avec Bolloré dès le début de son mandat, son projet de supprimer la publicité dans les chaînes publiques qui contenait aussi un agenda caché : l’affaiblissement financier des chaînes publiques et celui de certaines agences publicitaires en restreignant leur marché pour le plus grand intérêt d’autres agences. On est dans le même cas de figure avec le projet Hadopi., avec en prime de graves atteintes aux libertés fondamentales, comme l’accès à la culture pour tous. Ce serait la première fois dans l’histoire de la France depuis la Révolution que des citoyens soient sanctionnés par l’interdiction de disposer des informations de tous ordres accessibles à tout un chacun, sauf interdiction individuelle.

 

Quid des droits d’auteur ?

 

S’il y a atteinte manifeste par ces lois anti-piratage aux droits fondamentaux, il est clair que le droit des auteurs et des éditeurs à une juste rémunération des œuvres, de leur création et de leur diffusion est, lui aussi, un droit inaliénable. Le droit d’auteur est avant tout un droit moral qui se définit comme suit.

 

« Droit attaché à la personne de l’auteur, inaliénable, imprescriptible et discrétionnaire du vivant de l’auteur, composé de plusieurs prérogatives lui permettant, entre autre, de s’opposer aux droits des tiers (notamment de ses créanciers) et de ses cocontractants (cessionnaires des droits de propriété intellectuelle).  

Prérogatives liées au droit moral de l'auteur

1) un droit de divulgation de l’œuvre (de communication au public) qui s’exerce pour chaque mode de communication,

2) un droit à la paternité de l’œuvre (de respect du nom et de la qualité de l’auteur),

3) un droit au respect de l’œuvre (qui se traduit par une interdiction d’altérer l’œuvre dans l’un de ses éléments constitutifs ou dans son esprit) et enfin

4) un droit de retrait et de repentir (c’est à dire d’un droit exorbitant de cessation unilatérale des relations contractuelles) uniquement en cas de cession de ses droits patrimoniaux par l’auteur.

 

L’exercice de cette dernière prérogative ouvre droit au profit du cocontractant à une indemnisation préalable ainsi qu’un droit de préemption en cas de nouvelle décision d’exploiter l’œuvre. »

 

C’est le point 1 qui est en jeu ici. L’auteur doit rester maître de la divulgation de l’œuvre, sauf si elle tombe dans le domaine public. Il est évident que le piratage ne respecte pas cette disposition. Cependant, on peut se poser la question : on donne à chaque Internaute les moyens technique de télécharger, il dispose de mémoires colossales pour enregistrer musiques et films. Toute la logique du système est orientée vers l’appropriation de ce qui est diffusé sur « la toile ». C’est un peu comme si on donne le meilleur fusil à un chasseur en lui interdisant de s’en servir.

La problématique est donc d’assurer la juste rémunération des droits d’auteur et des frais encourus par l’éditeur. Une interdiction est inefficace. Nos brillants économistes néolibéraux devraient connaître cela. Car, en matière d’économie, tout interdit est détourné et échappe donc au contrôle des circuits économiques légaux. Voyez les trafics en tout genre, les embargos, etc.

 

La seule solution est de suivre le député Bazot qui prône une taxe sur l’abonnement au serveur Internet. Cependant, cette solution n’est possible que si elle dépasse le seul hexagone. Le Parlement européen doit se saisir du problème pour créer une réglementation dans ce sens au niveau de l’Union et essayer de trouver des accords avec d’autres pays.

 

De leur côté, artistes et éditeurs honnêtes doivent se regrouper dans une société d’auteurs et d’éditeurs qui percevrait et répartirait le fruit de cette taxe sur les fournisseurs d’accès.

 

Si de pareilles dispositions assurant une rémunération juste des auteurs et des éditeurs est appliquée, alors les fraudeurs pourront être sévèrement sanctionnés et il ne faudra pas de tribunaux d’exception pour appliquer cette réglementation. Les anti-pirates ne pourront plus jouer aux flibustiers et la Justice y retrouvera son rôle, tout son rôle.

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 21:57
J'ai failli me faire piéger ! Je tombe en surfant sur un test QI. Comme je veux mesurer l'état de ma connerie qui doit être de très haut niveau, je fais le test. Des questions habituelles de tests dits psychotechniques. A la fin, il me demande pour connaître le résultat de donner mon numéro de portable. Je me méfie un peu, mais je le donne tout de même.

Ah ! Le niveau de connerie reste très élevé. Je reçois un SMS où on me propose de composer un numéro 9...  On ajoute gentîment qu'en répondant à ce numéro, je m'abonne automatiquement à un truc dont je ne connais pas la finalité et qui me coûterait 18 € par semaine !

Là, mon niveau de connerie était largement dépassé. Je n'ai pas répondu et j'ai effacé ce message. Rebelote, il me renvoie le même SMS. J'efface à nouveau. Puis plus de nouvelles, ouf !

Alors, si vous tombez sur le site : www.test-qi.be , ne répondez pas !
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 17:19
Nous assistons depuis les élections présidentielles iraniennes à une révolte contre le pouvoir de Khameney et d'Ahmadinejad, qui s'exprime surtout à Téhéran et qui semble issue des "beaux" quartiers du Nord de la capitale persane. Loin de nous la défense d'un régime abominable basé sur une interprétation ultra-réactionnaire de l'Islam, responsable d'une répression féroce, responsable d'une guerre atroce, responsable de l'affaiblissement de l'Iran qui aurait pu servir de puissance modératrice dans un Moyen-Orient mis à feu et à sang.

Cependant, si on analyse bien les derniers événements, on ne peut s'empêcher de se poser des questions. Cette opposition a deux tendances : mettre Moussavi, un islamiste radical, Premier ministre durant la pire période du "khomeynisme", ou réinstaller les Palhavi soutenus par les Etatsuniens. On a même parlé d'une "révolution de couleur" à Téhéran comme cela s'est passé en Europe de l'Est : les Etats-Unis appuient des dirigeants issus de la haute bourgeoisie locale, en leur donnant tous les moyens de propagande afin de soulever la jeunesse essentiellement universitaire de ces pays. Le but étant d'installer une nouvelle élite dévouée à l'occidentalisme.

Est-ce ce qui se passe à Téhéran ? On peut se poser la question. Dans nos pays occidentaux, l'information sur ce sujet fait preuve d'un unanimisme suspect - c'est un des aspects de ces fameuses "ravolutions colorées", se rallier l'opinion publique des pays occidentaux - qui empêche toute analyse critique qui se trouve aussitôt assimilée à de la complicité objective avec des régimes honnis. C'est ce qui s'est passé avec l'offensive israélienne à Gaza, c'est ce qui semble se reproduire avec les mouvements à Téhéran.

Ajoutons que la venue au pouvoir de Moussavi ne signifiera pas nécessairement la fin du régime islamiste, si on se réfère à son passé, et que l'éventuel retour des Palhavi ramènera une dictature implacable dont les crimes et les excès furent justement à l'origine de la prise de pouvoir par Khomeyni en 1979.

Heureusement, face à cet unanimisme occidentaliste, il y a des intellectuels prestigieux qui s'insurgent et qui appellent à une analyse critique et libre destinée nà éclairer l'opinion publique. C'est le cas du philosophe Pierre Lévy qui a écrit le 10 juillet dernier une lettre au journal "de référence" parisien "le Monde" pour lui faire part de ses critiques à l'égard de la manière dont il décrit et commente les événements de Téhéran. Nous vous livrons cette lettre qui a été publiée par le site "géostratégie.com".

- geostrategie.com - http://www.geostrategie.com -


Pierre Lévy interpelle Gérard Courtois sur le traitement par Le Monde du dossier iranien.


Posted By geostrategie On Vendredi, 10 juillet 2009 @ 7:13

Monsieur le directeur éditorial et cher confrère,

Comme certainement beaucoup de vos lecteurs, j’ai suivi avec grande attention les événements qui ont marqué l’Iran dans la dernière période. Je voudrais vous faire part ici de ma réaction quant au traitement que votre journal a réservé à ce dossier.


Ces dernières années, Le Monde n’avait jamais fait montre de tendresse immodérée pour le président Ahmadinejad. Avant, pendant, et plus encore après le scrutin du 12 juin, il n’a pas caché sa préférence marquée pour le principal concurrent de celui-ci. C’est le droit le plus strict du Monde que de choisir sa ligne éditoriale, en cette matière comme dans toutes les autres. Du reste, ce choix ne saurait surprendre.


En revanche – et tel est en l’occurrence mon propos – tout se passe comme si, dès lors qu’il s’agit d’un pays et d’un dirigeant associé à « l’axe du Mal », les qualités journalistiques essentielles, qui font la réputation de votre quotidien, semblaient ne plus s’imposer. Un peu comme si, dès l’instant où est en cause un responsable politique étranger démonisé par le chœur médiatique, une sorte d’« état d’urgence » suspendait, par exception, les règles que vous vous prévalez, souvent à bon droit, d’appliquer pour le reste de l’actualité.


De fait, Le Monde ne fait nullement exception dans un concert quasiment sans fausse note – du Figaro à l’Humanité, sans parler de l’imbattable Libération. Simplement, il n’est pas illégitime de faire preuve d’un niveau d’exigence sensiblement plus élevé à l’égard de votre journal.


Bref, la ligne éditoriale est une chose. Le renoncement aux règles habituelles d’équilibre, de vérification de l’information, de prudence et de distance en matière d’analyse en est une autre. J’ai en outre été frappé par les rafales successives de tribunes (« Horizons Débats ») accordées aux partisans, souvent très virulents, de l’opposition, alors que pas un seul texte – sauf omission de ma part – n’était signé d’un auteur soutenant l’actuel président, ou même souhaitant exprimer un point de vue nuancé. Plus remarquable encore : l’émission Internationales, diffusée par TV5 Monde, recevait le 21 juin l’ambassadeur d’Iran en France, sans qu’une seule ligne dans vos colonnes ne fasse écho à ce long entretien, et ce, alors même que Le Monde est partenaire associé de la dite émission. Une situation qui me semble pour le moins paradoxale, pour ne pas dire schizophrénique.

Votre journal, comme à peu près toute la presse, écrite ou audio-visuelle, a ainsi décliné une thèse qu’on pourrait résumer ainsi : Mahmoud Ahmadinejad a, lors de son précédent mandat, conduit son pays au désastre, et n’a dû sa réélection qu’à une fraude massive (« que plus personne ne conteste », 23/06/09), en contradiction avec la vague d’espoir populaire qui a marqué la campagne et devait assurer la victoire de Mir Hussein Moussavi.

S’agissant de l’« échec économique » imputé au président sortant par les éminents commentateurs occidentaux, on pourrait être tenté d’ironiser sur les brillants succès dont peuvent s’enorgueillir les dirigeants européens ou américains quant à leurs propres économies, succès qui justifient ainsi à l’évidence cette hautaine condescendance quant aux résultats économiques de l’Iran.


De même, les appels lancés depuis Paris, Londres, Berlin ou Bruxelles appelant à « respecter le vote des électeurs » résonnent étrangement aux oreilles de qui se souvient que, exactement un an auparavant, soit le 12 juin 2008, les citoyens irlandais opposaient un Non sans bavure au dit « traité de Lisbonne » ; et que, six mois plus tard, le Conseil européen décidait très officiellement que ce verdict était nul et non avenu et qu’il convenait de revoter.

Plus prosaïquement, s’agissant de la fraude alléguée en Iran, je n’ai vu aucune information permettant d’affirmer avec certitude son existence ou de mesurer son ampleur, si ce n’est bien sûr, les affirmations de l’opposition. Ces dernières ne sont probablement pas à balayer, mais il est également difficile de les prendre pour argent comptant. Quoiqu’il en soit, il me semble que tout esprit rationnel devrait s’interroger sur la difficile vraisemblance d’une fraude portant sur les onze millions de suffrages qui séparaient les deux premiers candidats selon les résultats officiels.


Comme vous, je regrette bien sûr que plusieurs confrères aient dû quitter Téhéran (même si on ne peut totalement exclure qu’un petit nombre d’entre eux aient eu une conception, disons, extensive de leur mission). Il est cependant dommage que leurs rédactions respectives ne leur aient pas demandé de profiter de cette circonstance pour faire un crochet, géographiquement modeste, par Sanaa. Je ne vous apprendrai rien en rappelant que les autorités du Yémen ont prestement repoussé à 2011 les élections qui devaient avoir lieu, sans que cela semble émouvoir outre-mesure les chancelleries occidentales. Au contraire, le Yémen va bénéficier d’une aide renforcée de la part de l’Union européenne. Sans doute faut-il en conclure qu’il vaut mieux annuler un scrutin, que de le tenir en s’exposant aux accusations d’en fausser les résultats.


Cependant, n’étant nullement spécialiste de l’Iran, je n’ai aucune compétence pour discuter plus avant les arguments de tous ceux qui vouent le régime du président réélu aux gémonies. Il y a en revanche une affirmation récurrente, dans vos colonnes comme partout ailleurs, susceptible de laisser perplexe qui s’intéresse tant soit peu aux relations internationales : il s’agit de la thèse selon laquelle les quatre années de présidence Ahmadinejad auraient abouti à un fiasco diplomatique se traduisant par « l’isolement » de la République islamique, isolement qui serait encore renforcé par son attitude actuelle.


Ainsi, dans votre édition du 18 juin, une « étudiante iranienne à Paris » conclut sa contribution en déplorant une « présidence qui nous place au ban des nations ». Cette affirmation ne se retrouve pas seulement dans nombre de « tribunes », mais également dans vos articles d’information. Pour ne prendre que la même édition, Marie-Claude Decamps termine son papier en s’inquiétant de ce que M. Ahmadinejad ne veuille « seul contre tous, s’enfoncer dans une spirale fondamentaliste ». Seul contre tous ?


Il se trouve que, précisément ce même 18 juin, votre manchette de Une affirme : « Iran : la Russie et la Chine soutiennent Ahmadinejad ». Un titre au demeurant parfaitement justifié, soutenu par le cliché des présidents russe et iranien, et appuyé par le long développement en pages relatant le sommet des dirigeants de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Mahmoud Ahmadinejad a donc reçu l’appui de Moscou et de Pékin, ainsi que des pays d’Asie centrale.


Exception asiatique ? En réalité, les liens de la République islamique se sont développés, depuis quelques années, avec plusieurs pays latino-américains, dont Cuba ; avec le Venezuela, les relations s’étaient forgées entre ces deux fondateurs de l’OPEP bien avant l’arrivée au pouvoir de leurs dirigeants actuels, et se sont renforcées. A l’instar du président brésilien, aucun chef d’État du continent sud-américain n’a jugé utile de prendre ses distances par rapport au président réélu – tant il va de soi, pour leurs peuples, que les protestations démocratiques des dirigeants occidentaux sont suspectes. Il en va de même en Afrique, si ce n’est – et encore – dans le cas de certains dirigeants arabes, pour des raisons qui ne tiennent peut-être pas essentiellement à l’amour de la transparence électorale.


Bref, pour un pays mis « au ban des nations », on a connu pire isolement.


Sauf, bien sûr, à donner un sens très particulier au terme d’« isolement » : serait ainsi réputé « isolé » tout pays placé sous le feu des critiques (voire pire) des dirigeants occidentaux, souvent humblement auto-baptisés « communauté internationale ». Peut-être ceux-ci devraient-ils cependant prendre garde : à force d’« isoler » avant-hier les dirigeants yougoslaves, hier ceux du Venezuela, du Zimbabwe, de la Biélorussie, de la Syrie, du Soudan, du Sri Lanka, de la RPDC, aujourd’hui de l’Iran…, ils pourraient bien s’apercevoir que les plus isolés ne sont pas forcément ceux qu’on pense.


Pour l’heure, je vous souhaite sincèrement de veiller à ne pas trop « isoler » votre journal, en prenant soin de traiter les pays et les dirigeants avec la même rigueur journalistique, quels que soient les sentiments que vous pouvez nourrir à leur égard.


Bien cordialement


Article printed from geostrategie.com: http://www.geostrategie.com

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:11

La coïncidence est extraordinaire. Alors qu’il y a exactement 15 ans, jour pour jour, une comète s’écrasait sur la surface de Jupiter, un autre impact d'un petit corps céleste vient d’être observé à sa surface le 20 juillet 2009.

Il y a exactement 15 ans, entre le 16 et le 22 juillet 1994, les fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 tombaient les uns après les autres sur la surface de Jupiter en y créant des traces d’impacts dont les tailles dépassaient parfois le diamètre de la Terre. SL9, une comète dont la période était estimée à 200 ans, avait été découverte un an avant, le 22 mars 1993, par Carolyn et Eugene Shoemaker, en compagnie de David Levy.

Passée trop près de Jupiter en 1992, c'est-à-dire à l’intérieur de sa limite de Roche, SL9 a subi les forces de marée de la planète géante, qui l'ont mise en pièces, formant un chapelet de fragments égrainés le long d'une orbite. A la surprise des mécaniciens célestes, un impact avec Jupiter avait été prévu pour l’année 1994.


Les taches sombres sur la surface de Jupiter prises par le télescope Hubble dans le visible sont dues à la chute des fragments de Shoemaker-Levy 9. Crédit : H. Hammel (SSI), WFPC2, HST, Nasa

En six jours, 21 fragments de comètes heurtèrent la surface de Jupiter et le plus gros d’entre eux libéra une énergie équivalente à 600 fois l’explosion de tout l’arsenal nucléaire mondial, c'est-à-dire six millions de mégatonnes de TNT.

Plusieurs images des impacts furent prises par Hubble ou par des télescopes terrestres observant par exemple dans le proche infrarouge comme le Infrared Facility Telescope (IRTF) du Mauna Kea à Hawaï.


Un zoom sur une des taches sombres sur la surface de Jupiter prises par le télescope Hubble dans le visible en 1994. Crédit : Nasa

L’histoire semble se répéter car, ce 20 juillet 2009, un astronome amateur australien, Anthony Wesley, prévenait les astronomes du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa en charge du IRTF qu’une nouvelle tache sombre, similaire à celles des impacts de 1994, venait d’apparaître à la surface de Jupiter.


Aujourd'hui, le IRTF détecte une élévation de température et la présence d'une tache similaire à celles des impacts de SL9 en 1994. Crédit : Nasa/JPL/Infrared Telescope Facility

Effectivement, les observations conduites avec l’IRTF à 1,65 micron de longueur d’onde confirmèrent la présence de la tache avec une remontée de particules brillantes dans l’atmosphère supérieure, accompagnée d’un échauffement de la troposphère et d’émissions probables dans l’infrarouge moyen de molécules d’ammoniac.

Pour le moment, on ne sait pas bien si l'on a affaire à un impact de comète ou d'astéroïde. De nouvelles prises d'images et des analyses sont en cours.

Source : Futura-Sciences

Jean
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Ajoutons que la presse et les groupes dits "d'information" sur Internet, ont tout de suite parlé d'OVNI ! La fiction imbécile se vend mieux qu'une réalité splendide.
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 10:51
Rien n'interdit de spéculer sur un sujet aussi complexe. Il est assez paradoxal d'y ajouter un argument qui relève plus de la politique que de l'évolution humaine. Enfin, amusons-nous...


Le paradoxe de Fermi est un argument invoqué pour conclure à l’absence de forme de vie intelligente technologiquement développée autre que l’espèce humaine dans la Galaxie. Deux membres de la Pennsylvania State University pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une faille dans le raisonnement de Fermi : la non prise en compte des contraintes d’un développement durable.


L’image est légendaire. En 1950, alors qu’ils sont occupés à concevoir la bombe à hydrogène, Enrico Fermi et Edward Teller déjeunent avec quelques collègues à Los-Alamos. La conversation porte sur la possibilité que les Ovnis commençant à défrayer la chronique aux Etats-Unis soient effectivement des engins extraterrestres capables de franchir le mur de la lumière.


Habitué aux estimations rapides des ordres de grandeurs en physique, Fermi ne tarde pas à estimer le temps qu’il faudrait à une civilisation croissant dans la Galaxie selon une loi exponentielle pour en coloniser toutes les étoiles, même en se déplaçant à une infime fraction de la vitesse de la lumière.

Sa conclusion semble sans appel. Il faudrait moins de cent millions d’années, probablement même un seul million d’années si un dixième de la vitesse de la lumière peut être atteint, ce qui n’est pas impensable lorsque l’on considère des projets comme Daedalus utilisant des explosions thermonucléaires.


Or, même à cette époque, on savait que l’âge de l’Univers et en particulier de la Voie lactée devait être supérieur à quelques milliards d’années. Si l’on imaginait l’apparition ne serait-ce que de quelques civilisations extraterrestres dans la Galaxie pendant ce temps, elles auraient largement eu le temps de créer un empire galactique dont nous ferions partie. Au minimum, les constructions issues d’empires successifs dans la Voie lactée devraient être partout autour de nous dans le système solaire. Fermi s’exclama alors : « mais où sont donc les extraterrestres ? ».

Depuis des décennies, les tenants des contacts entre ET et humains se démènent pour échapper à la conclusion pessimiste issue de l’argument baptisé depuis le paradoxe de Fermi.


L’un des derniers avatars de ce débat provient d’un article publié sur Arxive par Jacob Haqq-Misra et Seth Baum. Pour eux, de même qu’un développement exponentiel est impossible sur Terre et que, de plus en plus, nous sommes confrontés aux contraintes d’un développement durable, un empire à l’échelle de la Galaxie rencontrerait aussi ces limites, contraignant les civilisations à ralentir leur expansion et interdisant une colonisation complète de la Galaxie.


Une civilisation ne pourrait-elle pas maîtriser sa progression ?


Le concept est intéressant mais bien peu convaincant… Il suppose qu’une civilisation voulant coloniser la galaxie devrait nécessairement voir croître de façon exponentielle sa population et son utilisation des ressources. Cela semble absurde.

Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une civilisation développée saura aussi limiter sa population sur chaque planète habitable de son système principal et laisserait l’étude et la surveillance des autres à une flottille de machines de Von Neumann. On peut très bien considérer une population d’une centaine de milliers d’individus par planète habitable par exemple.


Qui plus est, si l’on pose l’hypothèse de l’existence de centaines de civilisations technologiquement développées dans la Galaxie depuis quelques milliards d’années, même en imaginant que chacune d’entre elles ne colonise qu’un dixième de la Galaxie, on n’échappe pas à l’argument de Fermi. Une extrême rareté de la vie intelligente technologiquement développée dans l’espace et dans le temps, ou peu s’en faut, semble l'hypothèse la plus probable à l'échelle d'une galaxie.


Les arguments de Misra et Baum seraient sans doute plus convaincants s'ils s’accompagnaient de calculs numériques, même simples, dans un modèle de colonisation donné, mais ils n’en donnent aucun.


Cordialement

Jean
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 13:11
Les scientifiques européens de la mission conjointe NASA/ESA Cassini ont détecté pour la première fois des sels de sodium dans les particules de glace de l’anneau E de Saturne, qui est alimenté par les panaches de vapeur d’eau et de particules de glace émis par la lune. Encelade de Saturne. La détection de glace salée indique que la petite lune abrite un réservoir d’eau liquide - peut-être même un océan - sous sa surface.


Les geysers d’Encelade

Cassini a découvert des geysers d’eau glacée sur Encelade en 2005. Ces jets, émis par des fractures à proximité de son pôle sud, projettent de minuscules particules de glace et de vapeur, dont certaines échappent à la gravité du satellite pour alimenter l'anneau externe de Saturne, l’anneau E.

L’analyseur de poussière cosmique de Cassini, exploité par l'équipe du chercheur principal Ralf Srama de l’Institut Max Planck de Physique nucléaire de Heidelberg en Allemagne, a examiné la composition de ces grains et découvert qu'ils contenaient du chlorure de sodium (du sel de table).

"Nous pensons que le matériau salé provient des profondeurs d’Encelade où la roche est en contact avec une couche liquide", déclare Frank Postberg, scientifique de la mission Cassini sur l’Analyseur de poussière cosmique à l’Institut Max Planck de Physique nucléaire de Heidelberg. Frank Postberg est le principal contributeur d’une étude publiée dans l'édition du 25 juin du journal Nature.

Les chercheurs travaillant sur l’Analyseur de poussière cosmique concluent que de l'eau liquide doit être présente, parce que c'est le seul moyen de dissoudre des quantités significatives de minéraux capables d’expliquer les niveaux de sel détectés. Le processus de sublimation - le mécanisme par lequel de la vapeur est directement émise par de la glace solide dans la croûte - ne peut expliquer la présence de sel.

La constitution des particules de l’anneau E, déterminée par une analyse chimique de milliers de chocs de particules à vitesse élevée enregistrés par Cassini, fournit des informations indirectes sur la composition des panaches et sur ce que renferme Encelade. Alors que les particules de l’anneau E sont presque de l’eau pure à l’état de glace, l’analyseur de poussière a détecté du sodium à l’intérieur des particules dans pratiquement chaque analyse de composition.


Encelade

"Nos mesures révèlent qu’en plus du sel de table, les particules contiennent également des carbonates tels que la soude, et ces deux composants sont dans des concentrations telles qu’elles correspondent à la composition prévue d’un océan d’Encelade", déclare Frank Postberg. "Les carbonates entraînent également un pH légèrement alcalin. Si la source liquide est un océan, ce fait, associé à la chaleur mesurée à la surface à proximité du pôle sud de la lune et aux composés organiques découverts à l’intérieur des panaches, pourrait démontrer que l’environnement d’Encelade est propice à la formation de précurseurs des formes de vie."

L’une des priorités essentielles de Cassini pendant son voyage prolongé baptisé "mission Équinoxe de Cassini" consiste à déterminer la nature et l’origine du panache.
Source: ESA
Illustrations: NASA/JPL/Space Science Institute

Cordialement
Jean
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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 14:00

 

 

C’est une vieille histoire, celle des relations entre l’Union européenne, les Eglises et ce qu’on appelle la laïcité organisée.

 

N’oublions pas que la Communauté européenne fut une création avant tout démocrate chrétienne visant à instaurer la paix en Europe en unissant les économies des Etats membres. Au départ, les Traités européens ne contenaient aucune disposition relative aux relations de la Communauté européenne et des Eglises, essentiellement l’Eglise catholique, apostolique romaine, si ce n’est qu’un représentant de l’Etat du Vatican – un Nonce – était détaché auprès des institutions européennes. Il ne faut pas oublier non plus que la plupart des présidents de la Commission européenne furent des démocrates chrétiens.

 

La question des relations entre les Eglises et l’Union européenne ont commencé à se concrétiser lors du débat sur la Constitution européenne qui a suivi l’adoption du Traité de Nice en 2001. Ce projet de Constitution européenne a d’abord été discuté au sein d’une Convention, puis fut élaboré à la Conférence intergouvernementale présidée par l’ancien Président français Valéry Giscard d’Estaing et deux anciens Premiers ministres, le Belge Jean-Luc Dehaene et l’Italien Giuliano Amato. Notons que ces trois hommes politiques sont de confession catholique, ce qui a été dénoncé à l’époque par plusieurs milieux.

 

La religion s’invite la première fois

 

Pour la première fois, un projet de Traité contenait des dispositions relatives aux relations de l’Union européenne et des Eglises, entendez l’Eglise catholique romaine qui est la plus puissante d’Europe.

 

Tout avait commencé lors des débats de la Convention, par une revendication émanant du Vatican demandant d’inscrire en préambule à la Constitution la notion de « racines chrétiennes de l’Europe ». Entendez encore une fois chrétienne = catholique. Cette demande suscita un débat passionné et ce projet ne fut pas adopté pour le projet de Constitution.

 

Tout d’abord, qu’en est-il sur le fond ? Référons-nous à l’excellent ouvrage de Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) (Albin Michel), paru en 2007, qui raconte la conversion au christianisme de l’empereur Constantin en 312 et ses conséquences sur l’histoire mondiale. L’auteur, archéologue et historien, écrit : Il faut donc en finir avec le lieu commun selon lequel l’Europe devrait au christianisme d’avoir séparé religion et politique, le Christ ayant dit qu’il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Belle découverte, mais due au césarisme et non au christianisme. Car la vérité est le contraire de ce lieu commun. Le chrétien Constantin n’a pas eu à séparer Dieu et César : ils étaient nés séparément dès la naissance. Constantin était un César, non un chef spirituel et temporel à la fois, un Mahomet, un calife, et l’Eglise était déjà une organisation achevée, puissante et indépendante lorsqu’un des Césars est entré en relation avec elle. Elle a traité avec les successeurs de ce César Constantin comme de puissance à puissance. »

« On n’avait pas attendu le Christ pour savoir que Dieu et César font deux. (...) Le christianisme demandera aux rois ce que le paganisme n’avait jamais demandé au pouvoir : "Etendre le plus possible le culte de Dieu et se mettre au service de sa majesté divine" »


C’est cet enjeu là que Veyne met en avant : étendre le pouvoir de l’Eglise dans le monde temporel. Objectif en vigueur depuis deux millénaires. L’auteur ajoute : « Notre Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’homme, de la liberté de penser, de la liberté sexuelle, du féminisme, du socialisme ou de la réduction des inégalités. Toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui. La morale chrétienne, elle, prêchait l’ascétisme, qui nous est sorti de l’esprit, l’amour du prochain (vaste programme, resté vague) et nous enseignait de ne pas tuer ni voler, mais tout le monde le savait déjà. Tranchons le mot : l’apport du christianisme à l’Europe actuelle, qui compte toujours une forte proportion de chrétiens, se réduit presque à la présence de ceux-ci parmi nous. S’il fallait absolument nous trouver des pères spirituels, notre modernité pourrait nommer Kant et Spinoza... »


Le danger tel que le dénonce Paul Veyne est de mettre en question les conquêtes de la démocratie laïque en Europe.


La logique du « choc des civilisations »


En mettant en avant les prétendues racines chrétiennes de l’Europe, l’on s’inscrit dans la logique du choc des civilisations. En effet, rappelons-le, les « racines chrétiennes de l’Europe » signifient les racines catholiques, apostoliques, romaines.


Cette démarche ne peut qu’aboutir à une situation conflictuelle. L’Europe est multi religieuse et aussi laïque. En effet, la Grèce, la Serbie, la Bulgarie et la Roumanie sont de confession chrétienne orthodoxe, la Bosnie est musulmane, sans compter les églises luthériennes et calvinistes et la confession juive. D’autre part, nous le verrons plus loin, cela pose un problème au niveau de l’adhésion éventuelle de la Turquie à l’Union européenne.


Tout cela ne pourra que diviser l’Europe et risque de nuire à son harmonisation en la conduisant à des divisions religieuses et philosophiques.


La relation Eglise(s) Etat dans l’Europe d’aujourd’hui


A ce stade-ci, il est intéressant de comparer les différents régimes en la matière dans l’Etats – membres de l’Union européenne. On s’apercevra que les régimes sont différents d’un pays à l’autre et que la laïcité est minoritaire dans l’Union.


La laïcité « à la française ».


La laïcité en France est avant tout une construction juridique, à valeur constitutionnelle, non une idéologie particulière : elle relève du droit public, non de l’intimité des consciences.

Elle est définie par la loi du 9 décembre 1905, qui dispose que la République

 
  assure la liberté de conscience (qui inclut le droit de ne pas croire), objectif premier ;
  garantit le libre exercice des cultes l’expression publique de la religion, objectif second, car subordonné au respect de la liberté de conscience (qui la précède) et sous réserve des mesures d’ordre public (édictées par la même loi, ou en général) ;
  « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » : la « séparation des églises et de l’Etat » repose sur le principe de non-reconnaissance juridique : 1) sont protégées (obligation de neutralité et égalité de traitement des citoyens) seulement les personnes de droit public ou exerçant une mission de service public – essentiellement l’école ; 2) la religion s’exerce bien « en public » (processions, sonneries de cloche), mais dans le cadre du droit privé associatif ; 3) seule la croyance individuelle relève de la sphère privée, protégée par le principe de liberté de conscience.

Le concept de « laïcité » n’existe juridiquement  que dans trois pays : la France, la Belgique, et le Portugal.

Reconnaissance d’un « courant laïque » mais identitarisme religieux : Belgique et Pays-Bas.

La société y est organisée en « piliers » (courants d’identité idéologique), auxquels les individus se rattachent de la naissance à la mort, et qui organisent assurances mutuelles et services à leurs ressortissants.

  En Belgique, 3 piliers : catholique (le plus puissant), libéral, et socialiste ; les deux derniers sont laïques avec des nuances pour le pilier libéral. L’Etat rétribue les ministres des cultes reconnus, mais aussi la laïcité qui est reconnue comme un culte ! A l’école, enseignement religieux, mais également la « morale laïque ».

  Aux Pays-Bas : 3 piliers : protestant, catholique, qui ont des écoles, et « général » ou « humaniste » (qui n’en a pas). Il n’existe pas de religion officielle, ni de subventionnement des églises, mais celles-ci assurent des services publics : santé, école (70 % sont privées). L’Islam n’a pas de structure et se trouve donc isolé dans la société néerlandaise.

Pays concordataires : Espagne, Portugal, Italie.

Le catholicisme a perdu le statut de religion d’Etat, mais bénéficie d’un accord international lui reconnaissant notamment un rôle particulier dans la société. Mais cette « sécularisation » du catholicisme, d’un effet strictement interne à ce culte, ne représente qu’une simple adaptation de celui-ci à la société civile : elle ne doit pas être confondue avec la laïcité, qui est d’ordre public. Le statut de religion reconnue permet une intervention systématique de l’Eglise dans la sphère publique.

Espagne : Constitution de 1978, séparation de l’Eglise et de l’Etat ; les mariages religieux n’ont plus de valeur civile. Mais accords concordataires de 1978 : enseignement religieux dans les écoles publiques, financement par l’Etat de l’enseignement et de l’église catholique, régime étendu à 3 autres cultes « enregistrés » : protestant, juif, islamique. Le gouvernement Zapatero a, en outre, supprimé l’épreuve d’instruction religieuse obligatoire au baccalauréat

Portugal : laïcité formelle, ou plutôt séparation car il y a un concordat. A défaut de financement public, l’Eglise catholique dispose d’un important patrimoine immobilier, source de revenus.

Italie : le concordat date de 1984 - en réalité c’est un simple aménagement des accords de Latran (conclus sous le fascisme), très éloigné de la laïcité. Le clergé n’est plus rémunéré par les fonds publics. Mais les principes du catholicisme sont reconnus comme « patrimoine historique », le mariage religieux a valeur civile et il existe un enseignement religieux dans les écoles publiques.

Il faut également mentionner divers pays où le catholicisme, anciennement religion d’Etat, reste reconnu officiellement comme religion « de la majorité des citoyens » : l’Irlande et Malte ainsi que la Pologne.

Le cas de l’Allemagne : séparation formelle, mais reconnaissance juridique des Eglises.

La loi fondamentale de 1949 proclame la neutralité de l’Etat mais avec une référence aux « responsabilités devant Dieu » du peuple allemand. Les Eglises sont des « corporations de droit public », grâce à un régime d’accords (concordat pour les catholiques) avec l’Etat fédéral et les Länder (seul le Land de Hambourg  connaît une séparation claire).

Elles perçoivent 10 % de l’impôt sur le revenu sur leurs « affiliés » l’appartenance religieuse est connue des employeurs et de l’administration. Depuis la réunification, les protestants sont majoritaires. 25 % des Allemands ne payent pas l’impôt ecclésial.

Les Eglises assurent des services publics : éducation, santé, garderie - un des premiers employeurs très riche, est l’Eglise évangéliste (= catholiques plus protestants) ; dans l’enseignement public, les écoles interconfessionnelles sont majoritaires ; l’instruction religieuse est obligatoire sauf dispense. Les Eglises jouent un rôle officiel (contrôle de la TV, formation de la police).

Pays à église officielle contrôlée par l’Etat : Royaume-Uni, Danemark

  Royaume-Uni : un christianisme national. Institution de l’église anglicane en Angleterre et presbytérienne en Ecosse : la Reine est chef de l’église anglicane, défenseur de la foi. L’église à un rôle dans l’organisation des pouvoirs publics (26 évêques sont lords, les assemblées de l’église sont des organes législatifs, les pasteurs des magistrats). Mais l’Etat contrôle la doctrine, le culte, le personnel dirigeant. L’Eglise est financièrement autonome, ses pasteurs ne sont pas rémunérés, elle n’a pas de privilèges en matière d’éducation.

Seule évolution, l’Educational  Act de 1988 : extension de ce statut limitée exclusivement aux autres religions chrétiennes ; prière du matin dans les écoles publiques « totalement ou principalement de caractère chrétien ». Il existe également un délit de blasphème sauf pour les religions non chrétiennes.

  Danemark : une église d’Etat L’église luthérienne nationale est intégrée à l’Etat comme service public, dirigée par lui. Les pasteurs sont des fonctionnaires, des impôts d’église sont prélevés par l’Etat. L’identitarisme religieux est de droit commun (sauf déclaration de non appartenance à l’église). Celle-ci assure l’état civil et les enterrements (le droit de conférer le mariage a été étendu aux autres confessions). Il existe un délit de blasphème. Cependant l’éducation reste à l’Etat.

  La Suède a récemment renoncé à l’établissement de l’église luthérienne, qui reste cependant religion « nationale ».

Pays où le cléricalisme domine

  L’Irlande : la morale catholique au pouvoir. Officiellement l’Etat est neutre, il ne subventionne aucun culte, il n’y a pas de religion d’Etat. Depuis 1972 l’Eglise est séparée de l’Etat, le catholicisme ne jouit plus d’une position officielle, quoiqu’il touche la grande majorité des citoyens. Mais la Constitution de 1937 reconnaît la « sacro-sainte Trinité de laquelle découle toute autorité ». La morale officielle est catholique, comme en témoigne la Constitution à propos de la famille, du rôle parental de l’éducation, de la propriété privée. L’Eglise est par ailleurs un service public, notamment éducatif - l’Etat n’exerce qu’une faible influence sur l’école.

  La Pologne connaît  une situation morale et idéologique analogue.

  Malte également.

  la Grèce : « l’helléno-christianisme ». L’Eglise orthodoxe est intégrée à l’Etat, de droit public (elle émet des actes administratifs), le prêtre est fonctionnaire. Mais elle exerce en fait son emprise sur l’Etat : elle avait notamment obtenu la mention de la religion sur les passeports, supprimée par la Commission européenne. L’interdiction de tout prosélytisme défavorise en fait les autres religions. Les tensions avec les Albanais (musulmans) et la Macédoine montrent le danger de ce nationalisme renforcé par le cléricalisme.


L’attitude de Sarkozy


Le Président français est depuis longtemps le plus ardent défenseur du principe des « racines chrétiennes de l’Europe ». Dès sa campagne présidentielle en 2004, il insista sur cette question. Le « Monde » du 19 avril 2007 rapporte : « 
L’irruption de la dimension religieuse dans le discours politique s’inscrit, chez M. Sarkozy, dans une trajectoire, marquée en en 2004 par la publication d’un livre d’entretiens au titre explicite, La République, les religions, l’espérance (Cerf). Une première pour un homme politique qui y livre ses croyances, - il se définit volontiers comme un " catholique croyant qui prie quand il souffre " - mais aussi sa conception sur la place des religions dans le débat public. Il y apparaît profondément convaincu que " l’esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté ".


" Les religions ont leur mot à dire dans les grands débats de société ", défend-il aussi dans un récent entretien au magazine catholique La Vie, regrettant qu’" elles ne le fassent pas assez ". " Il a perçu l’importance de la croyance religieuse comme source de dynamisme, capable de donner un contenu à un engagement politique ", souligne Thibaud Collin, professeur de philosophie, l’un des auteurs des entretiens réalisés en 2004 avec M. Sarkozy. " L’analyse n’est pas nouvelle ; ce qui est nouveau c’est qu’un homme politique le dise ". 

Dans cette campagne, M. Sarkozy se trouve opposé à un " catholique pratiquant " revendiqué, le centriste François Bayrou et à une candidate socialiste, imprégnée d’une culture familiale catholique connue, qui en érigeant " l’ordre juste " en slogan de campagne, se réfère implicitement à une notion présente dans le dogme social de l’Eglise catholique. »

Soulignons que François Bayrou, catholique pratiquant, est tout à fait opposé à la démarche de Sarkozy et met en avant la laïcité de la République française.


Sarkozy est en plein accord avec le pape Benoît XVI sur cette question. Le 25 mars 2007, le souverain pontife a prononcé un discours très dur à l’égard de l’Union européenne, à l’occasion de son cinquantenaire, qui n’avait pas adopté le préambule des racines chrétiennes de l’Europe, ni dans le projet de Traité constitutionnel, ni dans le Traité de Lisbonne. « 
Le pape Benoît XVI a prononcé un discours très sévère envers l’Union européenne qui fête ses 50 ans, l’accusant de s’aliéner les populations du continent en reniant ses racines chrétiennes et a appelé les croyants à édifier un "nouvelle Europe".

"On ne peut pas penser construire une vraie maison commune européenne en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent (...), une identité historique, culturelle et morale (...) constituée d’un ensemble de valeurs que le christianisme a aidé à forger", a dit le pape en recevant au Vatican les participants à une conférence organisée par les évêques européens à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire des Traités de Rome.


Benoît XVI a utilisé un mot très fort, l’apostasie, dénonçant une "singulière forme d’apostasie" de l’Europe qui, tout en souhaitant se présenter "comme une communauté de valeurs, semble de plus en plus souvent contester l’existence de valeurs universelles et absolues". » (AFP). L’usage du mot « apostasie » témoigne de la virulence du débat.

Le 20 décembre 2007, à l’occasion d’une visite au Vatican, Nicolas Sarkozy a prononcé un important discours, le discours dit de Latran. Il affirme : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. » Cela rejoint le thème des « racines chrétiennes de l’Europe ». Ensuite, il se penche sur la laïcité : « La France a beaucoup changé. Les Français ont des convictions plus diverses qu’autrefois. Dès lors la laïcité s’affirme comme une nécessité et une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile. Et c’est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter l’interdiction des signes ostentatoires à l’école.

Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. »

L’essentiel reste donc les « racines chrétiennes », c’est à « la laïcité » à changer.  « C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. Il ne s’agit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905. Les Français ne le souhaitent pas et les religions ne le demandent pas. Il s’agit en revanche de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et d’avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à la leur compliquer. »



Sarkozy à la Basilique St-Jean de Latran

Tout est dit. Nicolas Sarkozy, il faut le lui laisser, n’a jamais caché ses intentions. Il veut progressivement supprimer la séparation de l’Eglise et de l’Etat en France qui va bien au-delà d’une simple question institutionnelle, car elle pose la question de la liberté de pensée et de son indépendance à l’égard de l’Eglise.

Tout cela a cependant des conséquences sérieuses sur la laïcité en France. Dans un article au « Monde » du 2 mais 2009, Caroline Fourest explique : « Dans une autre partie de son discours, moins célèbre, le président regrettait que la République ne reconnaisse pas la “valeur des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur catholique”. On pensait à la reconnaissance de diplôme de théologie… Ils n’ont pas à être validés par la République puisqu’elle ne “reconnaît aucun culte”. Mais le président s’obstine. Notamment avec l’arrière-pensée de pouvoir estampiller la formation des imams rêvée par le ministère de l’intérieur mais dispensée par la Catho. Un bricolage qui ne fait que renforcer l’impression d’une gestion postcoloniale de l’islam, donc la propagande islamiste. Tout en tuant à coup sûr l’esprit de 1905.


L’affaire est plus grave qu’il n’y paraît. Les décrets de cet accord – signé en catimini entre la France et le Vatican le 18 décembre 2008 – viennent de tomber. Ils prévoient la “reconnaissance mutuelle des diplômes de l’enseignement supérieur délivré sous l’autorité compétente de l’une des parties”. Or cette “reconnaissance” ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, le baccalauréat ou d’éventuels masters.


L’accord feint d’appliquer une directive européenne (le processus de Bologne), pensée pour reconnaître les diplômes étrangers, mais il change de nature à partir du moment où il est signé avec le Vatican, pour “reconnaître” des diplômes délivrés sur le sol français par des établissements de l’Eglise. Ce qui revient non seulement à casser le monopole des diplômes qu’avait l’Etat depuis 1880, mais aussi l’esprit de l’article 2 de la loi de 1905.


Jusqu’ici, les établissements catholiques privés pouvaient parfaitement préparer des élèves au bac, mais ceux-ci devaient passer leur diplôme avec tous les autres. Petite astuce connue des professeurs : de nombreux établissements privés choisissent de ne présenter que les meilleurs élèves sous leurs couleurs et d’envoyer les autres en candidats libres pour améliorer leur score de réussite au bac. Appâtés par des pourcentages tournant autour de 100 %, de plus en plus de parents se tournent vers ces établissements au détriment de l’école publique.


Le gouvernement fait tout pour encourager ce choix : démantèlement de la carte scolaire, baisse du nombre de professeurs dans le public… Le plan banlieue est à sec, mais on racle les fonds de tiroirs pour financer – sur fonds publics – l’ouverture de 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Un grand lycée Jean-Paul-II est sur les rails. Un collège tenu par l’Opus Dei est déjà sous contrat. »


De sérieuses conséquences en politique étrangère


Il y a un autre aspect.


L’ancien député socialiste français, Jean-Luc Mélenchon analyse ce discours dans la perspective de l’idéologie du choc des civilisations : « Cependant, l’outrance de ce point de vue a son mérite. Elle signale avec force la piste par laquelle le « raisonnement » religieux fournit une passerelle conceptuelle efficace vers un autre corps de doctrine plus trivialement préoccupé de réalité géopolitique. Il s’agit de la théorie du « choc des civilisations » formulée par Samuel Huntington. Elle est au coeur de la pensée du président Sarkozy à propos de la réalité mondiale de notre époque. Il y a exprimé à de très nombreuses reprises son adhésion intellectuelle. C’est au point que l’on peut se demander si les manifestations d’enthousiasme religieux du président ne sont pas la conséquence de son adhésion à cette théorie plutôt que l’inverse. Le raisonnement de politique étrangère serait premier, l’intime conviction religieuse serait seconde. On pourrait être conduit vers cette conclusion par l’écart remarquable qui apparaît entre la vie réelle du président et ses déclarations de foi religieuse et d’adhésion à la morale catholique. Sans entrer dans les détails qui nous égareraient dans les colonnes de la presse people, on retiendra seulement combien il est étrange qu’une personne excommuniée du fait de ses divorces puisse accepter d’être « chanoine honoraire » de la paroisse du Vatican lui-même. Mais il faudrait alors s’étonner que ceux qui l’ont excommunié n’y voient eux-mêmes aucun obstacle, alors même que leur intransigeance doctrinale peut-être aussi violente que les citations précédentes l’ont rappelé… »


Cela expliquerait aussi l’étrange attitude du président français à l’égard de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Sarkozy qui est un atlantiste convaincu s’oppose avec vigueur à un des pions majeurs de la géopolitique atlantiste actuelle, rappelé récemment par le Président Obama : l’adhésion de la Turquie. Il use d’ailleurs de tous les moyens de pression en l’espèce en n’hésitant pas à créer des incidents diplomatiques.


Ainsi, tout récemment, Nicolas Sarkozy a annulé une visite officielle qu’il devait effectuer en Suède le mardi 2 juin, officiellement pour des raisons d’agenda, en fait parce qu’il désapprouve la prise de position du Premier ministre Suédois, Carl Bildt, en faveur de l’adhésion de la Turquie. Cette visite est reportée au 3 juillet. Il y a là manifestement une pression majeure de Sarkozy d’autant plus que le Suédois est candidat au poste de Ministre des affaires étrangères de l’Europe.

Il est clair qu’en cas d’adhésion de la Turquie, important pays musulman, la référence aux « racines chrétiennes de l’Europe » est dès lors caduque. C’est la raison pour laquelle le Vatican – et donc Sarkozy – y est farouchement opposé.


Tout commence avec l’article 51.


Outre la polémique autour des « racines chrétiennes de l’Europe », il a été introduit, sous la pression du Vatican, un article 51 au projet de Traité constitutionnel qui est libellé comme suit :


Art I – 51 Statut des églises et des organisations non confessionnelles


1. L'Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.

2. L'Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.

3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l'Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.


Sous un dehors d’ouverture, ces dispositions cachent les objectifs réels de ce projet. En réalité, l'article 51 est le résultat d'efforts de lobbying inlassables de la part du Vatican et des évêques sur le plan national et européen pour associer l’Eglise à la construction européenne et y imposer ses conceptions. Les discussions sur cet article ont fait l’objet de débats virulents. Ainsi, en Hongrie, une députée socialiste qui avait dénoncé dans les médias le lobbying du Vatican pour accroître son influence au sein de l'Union est devenue la cible d'attaques de la part de l'Eglise en Hongrie. On l'accusa d'anticatholicisme et exigea qu'elle retire sa candidature aux élections européennes. Elle fut quand-même élue. Elle s’appelle Magda Kosa Kovacs.


On observe, bien qu’il y ait plusieurs religions en Europe, que c’est la seule Eglise catholique qui fit pression pour obtenir cet article 51. Qu’y a-t-il donc derrière cet article ? D’après le député radical italien Maurizio Turco, il y a deux éléments fondamentaux.

  1. « (…) les deux premiers paragraphes de l'article 51 interdisent à l'Union d'examiner ou de remettre en cause la situation des églises dans les États membres. Ce qui signifie que et article garantit la pérennité des privilèges acquis par les institutions religieuses au niveau national, empêchant toute vérification de leur compatibilité avec les droits et les libertés fondamentaux des citoyens européens ainsi qu'avec les politiques et le droit de l'Union.
    Ce sont des positions de privilège juridique dont jouit, en particulier, l'Eglise catholique, dans sa double qualité de confession religieuse et d'Etat souverain, grâce aux concordats stipulés avec certains Etats nationaux. Des concordats qui furent signés entre l'Eglise catholique et Franco en Espagne, Mussolini en Italie, Salazar au Portugal et Hitler en Allemagne.
    C'est ainsi qu'en Allemagne, même les travailleurs et les chômeurs sans confession sont soumis à l'impôt ecclésiastique.

    C'est ainsi qu'en Espagne et au Portugal, l'Eglise catholique bénéficie de l'exemption de TVA - outre un financement public garanti plantureux en Espagne - en violation manifeste de l'article 13 de la Directive européenne sur la TVA qui ne prévoit pas une telle exemption en faveur des institutions religieuses. Le droit communautaire se trouve ainsi bafoué au nom du bon maintien des relations entre les Etats membres et le Saint Siège.

  2. Cet article oblige a priori l'Union européenne à un dialogue régulier avec les institutions religieuses en reconnaissance de leur identité et de leur contribution spécifiques. En contradiction patente avec le principe de séparation entre institutions publiques et institutions religieuses, les Églises se voient donc reconnaître un droit d'ingérence dans l'exercice des pouvoirs publics européens. Au nom de ce dialogue structuré, le risque est grand de voir institutionnalisée l'influence obscurantiste de l'Eglise catholique en matière éthique et scientifique. Par exemple, au nom de ce dialogue, devrons-nous accepter que l’Église catholique parvienne à faire interdire la recherche scientifique utilisant des embryons humains privant ainsi des millions de malades de possibilités de soins?
    De même, maintenir un dialogue avec une institution dont l'organisation est opaque reviendrait à lui reconnaître une influence institutionnelle on ne peut plus contestable. Je pense en particulier à l'Etat de la Cité du Vatican qui, à mes yeux, représente un véritable "Etat canaille". Savez vous qu'en tant qu'Etat souverain (Etat de la Cité du Vatican), l'Eglise Catholique jouit, entre autres, de la possibilité d'importer des biens provenant de l'Union qui jouissent d'aides à l'importation et de la possibilité de battre monnaie (l'Euro), alors qu'il n'a pas adopté de loi anti blanchiment et que sa "banque centrale" - l'Institut pour les œuvres de religion - n'adhère à aucun organisme international de contrôle et n'est donc pas soumise aux contrôles et aux vérifications auxquels sont soumises toutes les banques centrales des pays membres. Ce qui fait de cet Etat une centrale de blanchiment "potentielle" de l'argent sale en Europe. Eventualité qui n'est pas seulement théorique et qui, grâce au Concordat stipulé avec l'Etat Italien, n'est même pas susceptible d'être soumise à la justice des hommes étant donné que le Vatican jouit d'une immunité illimitée.

    En bref, grâce à l'article 51, les Églises pourront tantôt invoquer les compétences de l'Union pour jouir d'un statut institutionnel, tantôt les législations nationales pour échapper aux obligations juridiques de l'Union. Vous conviendrez tout comme moi que cela ne peut pas contribuer au renforcement de la sécurité juridique.

    L'ex-Président de la Commission européenne et actuel eurodéputé démocrate-chrétien Jacques Santer [à l’époque, en 2004], lui-même, s'était opposé, au nom du gouvernement luxembourgeois, à cet article en raison de sa terminologie inappropriée pour un texte constitutionnel et susceptible de faire naître de multiples controverses juridiques.
    Enfin, on ne peut justifier la présence de cette disposition juridique spécifique au nom du respect de la liberté d'organisation et d'action des institutions religieuses. Comme le faisait remarquer le Ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, leur liberté de s'organiser et d'agir est déjà couverte par l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux et la possibilité d'un dialogue avec l'Union est, quant à elle, couverte par la formulation générale de l'article 46 relatif aux associations représentatives et à la société civile. »

Le député dénonce le maintien des privilèges dont disposent les Eglises dans les Etats membres empêchant ainsi de vérifier la concordance du « message » religieux avec les libertés garanties par la Charte des droits fondamentaux annexée à la Constitution européenne.


Ensuite, il déplore l’obligation que s’impose l’Union à un dialogue régulier avec les institutions religieuses, dans le cadre d’une Constitution et pour débattre de sujets relevant de la compétence de l’Union européenne, ce qui est fondamentalement contraire au principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (ou de la puissance publique) qui avait été respecté jusqu’alors par les institutions européennes.

Enfin, les Eglises pourront invoquer les règles nationales ou les règles européennes quand elles le jugeront nécessaires et à leur seul avantage, cassant ainsi la hiérarchie des normes qui est à la base de l’Union européenne : Réglementation européenne supérieure à réglementation nationale.


Ajoutons que beaucoup de catholiques ne sont pas d’accord avec l’article 51. Ainsi, en Belgique : « Des parlementaires européens et des ONG, dont la Fédération humaniste européenne et Catholics for a free choice – ceux-ci se présentant comme représentatifs de chrétiens de base – ont organisé le 5 novembre [2004] une conférence de presse pour contester l’article 51 du projet de constitution européenne. Cet article stipule que « l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec (les) Églises et organisations (non confessionnelles) ». Les critiques y voient une ingérence des Églises dans les institutions de l'Union européenne et contestent que les Églises et la laïcité bénéficient d’un privilège institutionnel qui, selon eux, les mettrait au dessus de la loi commune. Personne ne pourrait se placer au dessus des lois de l’État de droit démocratique – présumé réalisé...
 »

Il n’y a pas que les laïques à vouloir la séparation de l’Eglise et de l’Etat et on peut s’étonner du jeu ambigu de certaines organisations laïques.


Barroso dans l’illégalité


La Constitution européenne n’ayant pas été ratifiée, est remplacée par le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, mieux connu sous le nom de Traité de Lisbonne. L’article 16 C de ce Traité reprend mot à mot les dispositions de l’article 51 de la Constitution.

A ce jour, le Traité de Lisbonne n’est pas encore ratifié par tous les Etats membres et risque d’ailleurs de ne pas l’être. Il n’est donc pas d’application. Ce sont les dispositions du Traité de Nice qui sont toujours en vigueur.


Or, le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a décidé d’entamer le dialogue avec les organisations confessionnelles et non confessionnelles prévu à l’alinéa 3  de l’article 16 C. Il a déjà eu une première réunion avec les associations confessionnelles. Il organise pour le 26 juin prochain une réunion sur les mêmes thèmes avec les associations non-confessionnelles. Il s’agit de donner leur avis sur la financière et économique, « les valeurs européennes et la contribution des organisations humanistes au processus d intégration de l Union Européenne, tenant compte en particulier de certains faits tels que la crise financière et économique, les élections européennes, le traité de Lisbonne et les perspectives d élargissements futurs de l Union Européenne »


On s’aperçoit qu’il s’agit d’un ordre du jour à connotation politique et donc fondamentalement contraire au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il est regrettable que les associations « non confessionnelles » entrent dans ce jeu, sans compter que le Président de la Commission européenne applique une disposition qui n’est pas en vigueur.


Cela en dit long sur ses intentions réelles. Il est clair que Barroso institue en catimini un processus de codécision entre l’Union et l’Eglise catholique, les  autres églises et les associations non confessionnelles comptent pour du beurre en l’espèce. La laïcité en Europe est en danger et derrière cela, notre culture démocratique et nos libertés fondamentales.


La Cité du Vatican sera-t-elle le centre spirituel
de l'Europe ?

Rappelons aussi que le principe de base de l'Union européenne, c'est d'ailleurs sa devise, est l'unité dans la diversité. Les racines de l'Europe sont diverses. Elles sont chrétiennes, certes, et de plusieurs confessions, mais elles sont aussi musulmanes, juives, grecques, celtiques, germaniques, scandinaves. Un petit exemple : si l'on a pu progresser dans la connaissance de l'Univers et dans les mathématiques dès la Renaissance, c'est grâce à l'apport des Arabes.


 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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Published by pierre verhas
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