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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 23:46

 

 

Ah ! Ma coke…

 

Voilà donc le champion cycliste flandrien Tom Boonen contrôlé (pour la deuxième fois…) positif à la cocaïne. Un fameux pavé dans la mare après celui plus glorieux de Paris-Roubaix. Et puis, le tennisman français Richard Gasquet, grand espoir pour Rolland Garros, lui aussi pris dans la ligne de coke.


 

On se demande si ces deux sportifs usent de ce stupéfiant pour se sentir en forme lors des soirées branchées de la jet set sportive, ou comme dopant. Il est évident que la sanction est différente si l’usage de ce produit est fait à des fins privées ou « sportives ». On pourrait se poser la question : n’est-ce pas pour les deux usages, les deux champions étant devenus accrocs de cette dope…


 

Allons, Laurette va contrôler tout cela. Et nous saurons enfin de quoi il en retourne.

 

Kouchner indécis

 

Le french doctor n’en rate pas une. Voilà qu’il se déclare indécis pour l’élection européenne. Du coup, chacun y va de son interprétation : Xavier Bertrand, pour l’UMP, y voit un désaveu du PS et Harlem Désir, pour le PS, y voit un désaveu de l’UMP. Allez savoir après cela !


 

Soyons justes : on peut comprendre le désarroi de Koukouchpanière. Pas mal d’entre nous le partagent. Néanmoins, nous ne sommes pas ministre des Affaires étrangères de Sarkozy.


 

 

 

 

 

 

Là aussi, le compagnon de la reine Christine (tiens ! On ne l’entend plus, celle-là) devrait ne pas hésiter à démissionner en cas d’hésitation sur les élections européennes.

Allons ! Tout est rentré dans l'ordre : Kouchner votera UMP. Se serait-il fait remonter les bretelles par Sarkozy, notre vilain coco ?

 

La Bérézina du PS francophone belge

 

Jamais les sondages n’ont été aussi catastrophiques pour le « premier parti de Wallonie ». Dans l’arrondissement de Huy – Waremme, une chute de 16 %. A Bruxelles, une dégringolade de  18 points. Bien sûr, ce ne sont que des sondages. Cependant, par leur constance, ils dénotent une tendance qui est très forte qui ne fait qu’amplifier la cuisante défaite de juin 2007.

 

Il faut dire que les compromissions diverses, une politique opaque, les affaires et les frasques « voyageuses » de certains mandataires socialistes qui confondent un peu trop aisément leur patrimoine avec le bien public, contribuent à accroître cette tendance. Cependant, elle a des causes plus profondes que nous analyserons bientôt.

 




Si cette cata se confirme le 7 juin, elle signifie à moyen terme, la disparition pure et simple de la social-démocratie du paysage politique francophone en Belgique. Cela changerait fondamentalement les cartes dans le Royaume des fringants Saxe Cobourg.

 

Et cela confirme une tendance générale en Europe. Plus aucun parti social démocrate encore existant n’est en bonne santé politique.

 

Sale temps pour la gauche démocratique !

 

Fiat l’ogresse mégalomane

 

Il est intéressant de lire l’analyse que Georges Ugeux, le financier belge, spécialiste de l’Amérique au sujet de la crise du secteur automobile américain et de la venue de Fiat qui s’apprête à tout bouffer.

« Le « Chapter 11 » est l’équivalent américain de notre Concordat. Chrysler a bénéficié de cette procédure, mais la négociation est difficile à cause de 46 « hedge funds »qui ont fait capoter la négociation et refusé les offres du Gouvernement, ce que Barack Obama n’a pas manqué de préciser. On annonce que Chrysler pourrait sortir de « Chapter 11 » en 60 jours : il faut croire que beaucoup de choses ont été négociées « avant-faillite ».


Mais ici, nous n’avions pas que des banques. Les actionnaires, Daimler, ont en effet cédé leur participation à un fonds de « private equity » (capital-investissement), du nom prémonitoire de Cerberus. Ce fonds venait de surcroît venait de racheter le bras financier de General Motors (GMAC). Ils amenèrent à grand renforts de publicité et de capitaux, un nouveau CEO, Robert Nardelli. Ce dernier avait quitte General Electric pour ne pas avoir succédé au pape des  dirigeants d’entreprises, Jack Welsh. Il était alors entre chez Home Depot, entreprise de grands magasins en équipement de construction résidentielle,  ou son « mentor », Kenneth Langone, qui avait également multiplié le salaire de Dick Grasso au NYSE, lui fit un pont d’or. Refusant une baisse de ses rémunérations lorsque les performances de l’entreprise l’amenèrent à acter des pertes, Bob Nardelli claqua la porte avec un « parachute doré » de $ 140 millions.


Entré chez Chrysler, il ne parvint pas à retourner l’entreprise avec assez de rapidité et de conviction. Et c’est finalement la société Chrysler qui va faire la culbute. Ford, la mieux gérée des sociétés automobiles américaines, y a échappé en faisant cette semaine une restructuration solide, vendant des actifs et empruntant auprès du Trésor Américain. General Motors, dont on attendait la faillite, a survécu cette semaine grâce a une offre d’échange à ses créanciers de $ 25 milliards de sa dette contre actions de GM. »


C’est Fiat qui va reprendre les deux géants américains : Chrysler et GM. Fiat se pointe à l’horizon pour récupérer la société à bas prix. Nissan (c’est-a-dire Carlos Gohn et Renault) auraient décliné. Renault s’est déjà écrasé aux Etats Unis et a revendu a perte American Motors (y compris Jeep qui appartient a Chrysler).  Daimler s’est sabordé avant la chute de Chrysler.  Fiat a revendu à perte sa participation en General Motors, mais lorgne à nouveau sur Général Motors.


Ugeux ajoute : « Pourquoi certains grands européens tentent-ils de recourir aux acquisitions pour avoir une part du marché américain ? Certes, la démarche semble aisée, mais tout sépare ces industries. Les européens ont créé des processus qui permettent aux ouvriers d’être plus proches de la construction d’une voiture que d’un geste mécanique que ne désavouerait pas Charlie Chaplin dans les Temps Modernes. Les américains ont préféré avec l’accord de leurs syndicats, le travail à la chaine de la première phase de la révolution industrielle au XIXème siècle. Cela vaut dans les deux sens : un Vice Chairman de GE, Paolo Fresco, est devenu Chairman de Fiat, a acquis les actions GM et les a revendues. La crise de sa gestion n’a pu être résolue que par la conversion des dettes bancaires en capital de Fiat.



Nouveauté dans cette situation, le très puissant syndicat automobile se retrouverait actionnaire a 55% de Chrysler. Cela leur a été acquis contre la renonciation à certains avantages sociaux. Sergio Marchionne, le CEO de Fiat, devrait donc avoir comme actionnaires majoritaire les syndicats américains. Certes, il a l’expérience des syndicats italiens, mais sous Berlusconi, ils sont plutôt affaiblis. D’autre part, les contribuables italiens accepteront-ils de financer des activités de Fiat aux États-Unis ? A la base de cette démarche réside un immense pari : les conducteurs américains s’habitueront-ils a conduire les petites voitures dont la technologie devrait venir d’Italie. »



Mais, ce n’est pas tout.


Le géant automobile américain
General Motors (GM) envisage de prendre une participation au capital de l'italien Fiat en échange de ses activités en Europe et en Amérique latine, rapporte, jeudi 7 mai, le New York Times. Le patron de Fiat Sergio Marchionne aurait donné son assentiment pour céder 10 % du groupe à GM, mais le constructeur américain exigerait de son côté "au moins 30%", désirant ne pas brader ses branches sud-américaines, révèlent deux sources proches des négociations au quotidien. Cette négociation intervient dans le cadre du "Plan Phoenix", où Fiat entend s'inscrire comme numéro deux mondial de l'automobile, derrière le japonais Toyota. Après la finalisation d'une alliance avec l'américain Chrysler, le constructeur italien ambitionne publiquement de vouloir mettre la main sur les activités européennes de GM, dont les marques allemande Opel, suédoise Saab et britannique Vauxhall. Répondant à la crainte des salariés
allemands, Fiat a d'ores et déjà annoncé que son plan ne prévoit pas de fermetures de sites mais des restructurations, détaille à Reuters une source proche du dossier. L'italien dément ainsi les informations du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung lui attribuant la volonté de supprimer 18.000 emplois en fermant totalement ou partiellement dix usines en Europe.

"Aucune des quatre usines Opel" ne va fermer.


Sergio Marchionne a assuré que son groupe ne comptait fermer "aucune des quatre usines Opel en Allemagne", dans le journal Bild publié mardi, tout en ajoutant "évidemment, il faudra que les effectifs soient réduits", pour rendre les usines "plus productives".

Le dirigeant italien a réussi en quelques années seulement à redresser Fiat sans suppressions d'emplois massives. En mars dernier, il n'avait toutefois pas exclu de possibles fermetures d'usines en Italie, où le groupe est le premier employeur privé du pays.



Si les négociations aboutissent, General Motors se retrouverait contraint de se séparer de nombreuses marques dans le cadre de ses efforts de restructuration, l'administration américaine lui ayant donné jusqu'au 1er juin pour mettre en place les conditions d'un retour durable à la rentabilité s'il veut échapper au dépôt de bilan. GM a ouvert les comptes de sa filiale suédoise Saab à une dizaine de candidats potentiels au rachat de celle-ci. Parmi les repreneurs potentiels se trouvent des constructeurs automobiles chinois, des groupes d'investisseurs européens et des fonds de capital-risque, a déclaré mercredi à Reuters une source proche du dossier. (NouvelObs.com avec Reuters et AFP)




Et Ugeux ajoute :


« On ne peut qu’espérer que Fiat Chrysler réussisse, mais c’est un vrai pari…La presse italienne est en joie. Obama et Berlusconi l’ont approuvée. Pour ma part, ayant vécu de près les célébrations de Daimler-Chrysler, j’ai un sentiment de « déjà-vu ». Sergio Marchionne fera-t-il mieux que Jurgen Schrempp ? Dans les deux cas, les egos sont hauts et la visibilité plutôt basse. » 


Et puis, Fiat possède-t-elle les reins suffisamment solides pour assouvir ses ambitions ? En effet, on se retrouve devant un appétit boulimique, des promesses (notamment sur les fermetures et les emplois) non tenues. Une nouvelle catastrophe économico-sociale en préparation…


C'est l'analyse de Georges Ugeux qui dresse un historique de Fiat.

«Fiat a une histoire dynastique : celle de la famille Agnelli dont le fondateur et patriarche  Gianni, était appelé « l’ingeniere ».  Mais cette histoire est pour le moins tourmentée par des épisodes dans des métiers autres que l’automobile, et par des quasi-faillites dont les banques italiennes ont été “priées” de la sortir.

Tout indique que les ingrédients de la décision sont au départ influencés par une forme de mégalomanie qui inspire la méfiance. L’idée qu’il faut produire au moins 5.000.000 de voitures pour survivre est parfaitement absurde : tout dépend des produits et des marchés servis. Car ne l’oublions pas, s’il y a des gains possibles dus a la taille (notamment les achats groupés d’acier), c’est un métier éminemment culturel, proche du client et qui passe par des réseaux de vente, de financement et de services qui sont extrêmement coûteux et n’ont que d’effets de taille limités.

Qu’il faille absolument être sur le marché américain est aussi absurde. Nous savons que ce marché est en ce moment sous pression parce que les trois grands leaders sont quasiment en faillite pour cause de bureaucratie aiguë. La première tentative de Paolo Fresco, ancien Vice Chairman international de General Electric, et premier Chairman en dehors de la famille, s’est faite sur General Motors dont les actions durent être revendues à perte et en catastrophe pour éviter la culbute. Quant a Chrysler, il aura coûté plus d’une dizaine de milliards a Daimler Benz. Sergio Marchionne pense-t-il sérieusement qu’il arrivera à réussir la ou Jurgen Schrempp, qui avait, lui, une carrière entière dans l’automobile et la discipline nécessaire, a échoué ?
Oublie-t-il que les syndicats possèdent 55% des actions de Chrysler après faillite ? N’est-ce pas la un orgueil sur-dimensionné ? N’est-ce pas aussi un exemple typique du genre de rêves que les sociétés de conseil et les banques d’affaires continuent à vendre en flattant l’ego de leurs clients ?


Mais si l’on tient compte des actifs européens de General Motors, on ajoute Opel, Vauxhall, Saab qui s’ajouteront à Fiat, Maserati, Lancia, Alfa Romeo et Ferrari ? Quelle cohérence ? Mais aussi quel immense défi culturel. Ce sont des entreprises tellement différentes qui risquent d’être détruites par des incompréhensions culturelles. Il semblerait que Saab et Lancia seraient sacrifies.


La destruction d’emplois sera massive, particulièrement en Allemagne et en Grande Bretagne, ou la fusion des productions et des moteurs va coûter prés de 20.000 emplois et dix usines, essentiellement en dehors d’Italie. La fermeture d’usines en Allemagne et en Belgique était déjà programmée. Les syndicats de ces deux pays sont sur le pied de guerre : et les récentes négociations ne laissent certainement pas augurer d’une complaisance de leur part.


Quant à la dimension financière de cette opération, elle devrait faire frémir les actionnaires et les administrateurs indépendants, d’autant plus facilement que la société est cotée au NYSE depuis plus de dix ans. Une augmentation de capital diluerait les actionnaires dans des proportions inacceptables à moins que l’opération se fasse avec droit de souscription préférentiel. L’action a en effet perdu 50% en un an, même en tenant compte du rebond de ces dernières semaines. En effet, le bilan de Fiat fait état de $ 62 milliards, dont seulement $ 9 milliards en fonds propres. Y ajouter la dette de ces acquisitions ne peut se faire uniquement par recours à la dette. Qui plus est, la société a perdu $ 410 millions contre un bénéfice de $ 1.600 millions en 2007. Elle se trouve donc fragilisée.


Seuls les administrateurs indépendants, les actionnaires et/ou les syndicats peuvent encore arrêter cette course infernale à la croissance. Il ne faut pas compter sur Silvio Berlusconi pour mettre un frein à de telles ambitions.

Et si ce n’était pas assez, il semblerait que la fusion avec Peugeot-Citroën serait seulement au frigo. Ici aussi la grande banque d’affaires Mediobanca, dirigée par un ancien de chez Fiat, jouerait le rôle de conseil.

Il ne fait aucun doute qu’une consolidation de l’industrie automobile européenne est indispensable. Mais si la stratégie de Fiat est de participer à cette consolidation, il est urgent que Sergio Marchionne arrête l’alliance prévue avec Chrysler. S’ils fait les deux, je ne donne pas 3 ans pour que des difficultés importantes fassent leur apparition.

Décidément, dans certains milieux, les effets dramatiques de la crise financière ne semblent pas encore avoir été compris. Fiat semble prête à faire toutes les erreurs de Fortis… »

Nous avons mis en italique ce qui paraît important. Après Lippens chez Fortis, voici Marchionne avec Fiat qui se veut la grenouille plus grosse que le boeuf. Encore une fois, aucune leçon n'a été tirée de la crise financière. Les mégalomanes sévissent toujours et mènent notre société à sa perte.













Ces personnages n'ont pas tiré la leçon des "Aveugles de Breughel"...



 

 

 

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 22:53
Kenya : la greve du sexe

Les femmes kenyannes recrues de guerres civiles et d'epreuves ont decide de faire la greve des relations sexuelles d'abord pendant une semaine, tant que leurs hommes n'ont pas trouve un terrain d'entente pour que le pays sorte de la violence et de la misere.

On ne sait si ce mouvement social d'un nouveau genre sera efficace. On verra la semaine prochaine si cette forme  
originale de militantisme aura des effets.

En tout cas, Carla Bruni pourrait essayer pour tenter de calmer les ardeurs reformatrices de son mari et surtout pour lui eviter d'accumuler les gaffes.

La grippe A (H1N1)

Nous voila a nouveau confrontes a une pandemie due a l'elevage industriel de porcs au Mexique. 

Il serait temps de se pencher sur ce type d'elevages industriel (bovides avec la vache folle, poulets avec la dioxyne et maintenant les porcs) qui provoque des degats aussi bien sur le plan economique que sur le plan sanitaire. Encore une derive du neo-liberalisme qui se croit au-dessus des lois des hommes mais aussi de la nature. En oubliant que ces dernieres ne pardonnent jamais.

Notons au passage l'attitude de l'OMS (l'Organisation Mondiale de la Sante, une institution specialisee de l'ONU) qui se fait mousser dans cette affaire en usant d'un alarmisme excessif. Sans doute pour se faire pardonner certaines carences ?

Un 1er mai mitige

En France, la mobilisation du 1er mai est de loin moins importante que celle du 19 mars. On ne maintient pas une telle mobilisation sans le moindre resultat. Les organisations syndicales et les partis de gauche perdent petit a petit toute credibilite envers les travailleurs qui agissent d'initiative sans se rattacher a une quelconque structure. 

La aussi, la crise de confiance est patente. La gauche (extreme ou non) paie ses revirements constants. 

Le monde du travail se rend bien compte que la gauche telle qu'elle existe aujourd'hui ne repond plus a ses aspirations et est dans l'incapacite de peser sur l'evolution de la societe.

 

 
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 15:32

 

Beaucoup ont affirmé, au risque de se faire traiter de révisionnistes, qu’il y avait une alliance objective entre les néoconservateurs américains qui ont fait la pluie et le beau temps de l’Administration de George W Bush pendant huit années et les islamistes radicaux.

 

Ce qui s’est passé à Genève à la conférence de l’ONU contre le racisme, dite Durban II, du 20 au 22 avril le démontre à merveille.

 

Que s’est-il passé ? Le président iranien Ahmadinejad a prononcé un discours dont le contenu était attendu qui a provoqué l’indignation bien programmée des représentants européens. Il a qualifié Israël d’Etat raciste et fustigé le Sionisme comme une doctrine raciste et colonialiste se servant de la Shoah pour justifier l’invasion par les Juifs de la Palestine. Qu’a dit exactement le président iranien ?

« M. le président,

M. le secrétaire général des Nations Unies,


Mesdames et messieurs,


Nous sommes ici réunis, suite à la Conférence de Durban contre le racisme et les discriminations raciales, afin de nous accorder sur des lignes pratiques dans le cadre de notre campagne sacrée et humanitaire.


Au cours des derniers siècles, l’humanité a connu d’immenses souffrances et douleurs. Au Moyen-âge, les penseurs et scientifiques étaient condamnés à mort. Une période d’esclavage et de commerce d’êtres humains lui succéda, lorsque des innocents par millions furent capturés et séparés de leur famille et de leurs proches pour être conduits en Europe et en Amérique. Ce fut une période sombre qui connut également son lot d’occupations, de pillages et de massacres d’innocents.


De nombreuses années s’écoulèrent avant que les nations ne se soulèvent et combattent pour leur liberté. Elles sacrifièrent des millions de vies pour expulser les occupants et proclamer leur indépendance. Cependant les pouvoirs autoritaires imposèrent rapidement deux guerres mondiales en Europe, qui dévastèrent en outre une partie de l’Asie et de l’Afrique et causèrent la mort d’environ cent millions de personnes, laissant derrière elles une dévastation sans précédent. Si seulement nous avions retenu les leçons des oppressions, de l’horreur et des crimes de ces guerres, un rayon d’espoir aurait illuminé l’avenir. Les puissances victorieuses se sont proclamées conquérantes du monde, tout en ignorant ou en minimisant les droits des autres nations par l’imposition de lois et arrangements. [Déguisés en clowns, trois militants de l’Union des étudiants juifs de France introduits avec l’aide de la délégation diplomatique française, apostrophent l’orateur avant d’être évacués par le service de sécurité des Nations Unies.]


Mesdames et Messieurs,


Portons notre regard sur le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui figure parmi les héritages de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Quelle était la logique de l’auto-attribution du droit de véto par les grandes puissances ? Comment une telle logique peut-elle s’accorder avec les valeurs humanitaires ou spirituelles ? Se pourrait-il qu’elle soit en conformité avec les principes reconnus de la justice, de l’égalité devant la loi, de l’amour et de la dignité humaine, ou plutôt ceux de la discrimination, de l’injustice, de la violation des droits humains ou de l’humiliation de la majorité des nations ? Ce conseil est le centre de décision mondial le plus important pour la défense de la paix et de la justice internationales. Comment s’attendre à l’avènement de la paix et de la justice lorsque la discrimination est légalisée et que l’origine des lois est dominée par la coercition et la force plutôt que la justice et le droit ?

En dépit du fait qu’aujourd’hui de nombreux défenseurs du racisme condamnent la discrimination raciale par les mots et les slogans, des grandes puissances ont été autorisées à décider pour les autres nations, se basant sur leur propre intérêt et comme elles seules l’entendent. Elles peuvent facilement ridiculiser et enfreindre toutes les lois et valeurs humanitaires, comme elles l’ont montré. Après la Seconde Guerre mondiale, elles ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terre une nation entière, sous prétexte des souffrances juives [... correction. Ici, une partie du texte initialement publiée a été retirée parce que n’ayant pas été prononcée]. Elles ont envoyé des migrants d’Europe, des États-Unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement intégralement raciste en Palestine occupée et, de fait, à titre de compensation pour les graves conséquences du racisme en Europe, elles ont aidé à hisser au pouvoir les individus les plus cruels et les racistes les plus répressifs en Palestine.

Le Conseil de sécurité a contribué à la stabilisation du régime sioniste et a soutenu les sionistes durant les soixante dernières années, leur donnant un feu vert pour poursuivre leurs crimes. »

[Les ambassadeurs des États membres de l’Union européenne quittent la salle tandis que fusent les applaudissements des uns et les huées des autres]


Que dire de tout cela ?


Si on lit le discours tel qu’il aurait été prononcé selon le « script » effectué par l’ONU, il n’y a pas de la part d’Ahmadinejad une assimilation du sionisme au racisme ni une négation de la Shoah. Certes, il fustige le sionisme auquel il attribue un caractère criminel. Il dira plus loin : « Il est grand temps que l’idéal du sionisme, qui constitue le paroxysme du racisme, soit brisé. », ce qui, évidemment, est inacceptable pour les Occidentaux, mais ils avaient quitté la salle avant que cette phrase ne fût prononcée. Seul, le délégué de la Norvège (qui ne fait pas partie de l’Union européenne) est resté et est intervenu pour critiquer le discours d’Ahmadinejad. Notons enfin que les représentants des Etats membres de l’Union européenne n’étaient pas les Ministres, mais les ambassadeurs que l’on a contraint à effectuer un geste politique.


Ce cirque est vraiment un jeu de dupes. C’est en fait l’Union européenne, Bernard Kouchner en tête, qui a monté ce minable vaudeville. Les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux comme les Pays-Bas, n’ont pas assisté à la conférence et se sont abstenus de commentaires.


L’attitude des Européens est aussi ridicule qu’inefficace. A quoi sert-il de rester inscrit à une conférence pour la quitter quelques heures après son ouverture ? Quel est le résultat de cet acte politique ?

C’est la presse arabe qui donne l’analyse la plus intelligente de tout ce charivari (édition électronique du Courrier international). Cependant, on y lit des lacunes comme ici : « Ahmadinejad n'a pas prononcé le mot fatal [Oui, il l’a prononcé, mais après le départ des délégués de l’UE], mais les délégués européens attendaient le signal pour quitter la salle. Quand il a dénoncé le mutisme des alliés face à tous les massacres de « l'Entité raciste » [encore une fois, c’est faux puisque d’après le script, il n’a pas usé de l’expression « Entité raciste »], l'assistance s'est agitée et les 23 délégués européens se sont levés pour quitter la salle. Selon des sources diplomatiques, ils se seraient mis d'accord avant le discours pour partir dès qu'Ahmadinejad critiquerait Israël », écrit le quotidien de la gauche libanaise As-Safir. Il est donc clair que c’est sur la base du texte initial du discours du président iranien que les Européens ont effectué leur geste concerté préalablement.


Un autre avis : « 
Quand le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié Israël d'Etat raciste à la conférence de Durban II, qui s'est tenue à Genève avant-hier, il ne s'est pas adressé à la communauté internationale mais au monde arabe et musulman », estime Tariq Alhomayed, le rédacteur en chef du quotidien saoudien Asharq Al-Awsat. « Il a simplement donné une version allégée de ce qu'il avait dit par le passé, promettant qu'Israël serait rayé de la carte du monde et affirmant que l'Holocauste était une légende. En comparaison, son dernier discours était donc plutôt gentil. » Ici aussi, il y a un manque de lucidité de la part des Européens. N’importe quel analyste sait qu’Ahmadinejad est en campagne électorale en position difficile et qu’à une tribune internationale, il souhaitait s’allier les Arabes. Et c’est plutôt réussi.


Le reste de la presse arabe dénonce la politique du deux poids deux mesures des Occidentaux. L’analyse la plus intéressante vient du quotidien libanais « l’Orient – le Jour » peu suspect de sympathie pour Ahmadinejad. « Précisons-le tout de suite, nous sommes loin d'être, dans ce journal, des admirateurs de Mahmoud Ahmadinejad. Ni la profondeur légendaire de sa pensée ni le puissant charisme qui se dégage de son élégante personne ne sont arrivés à nous séduire. Et encore moins les dévastatrices ingérences de son pays dans les affaires du nôtre », affirme son éditorialiste, Issa Goraieb. « On ne voit pas très bien non plus quel bénéfice peuvent bien apporter à l'Iran toutes ces outrances verbales qu'affectionne tant son bouillant président. Car à s'obstiner à parler de rayer Israël de la carte à l'heure où les Arabes eux-mêmes n'y songent plus guère, et cela depuis des décennies, Ahmadinejad ne fait en réalité qu'accréditer vigoureusement la thèse du minuscule Etat juif invariablement menacé d'anéantissement. Cet édifiant programme, Ahmadinejad vient de le déballer une fois de plus à la conférence internationale Durban II de Genève, consacrée à la lutte contre le racisme. Et c'est précisément l'accusation de racisme, lancée contre Israël par le président iranien, qui a le plus choqué les participants, au point de les pousser à se retirer par dizaines de la salle", poursuit le journaliste.

Pas raciste, vraiment, Israël ? Que l'on commence, dans ce cas, par expliquer, ne serait-ce qu'au seul et vaste monde arabo-musulman, quel autre épithète il conviendrait de décerner à un Etat qui lui-même se veut juif et rien que juif. Qui s'entête à nier un fait national palestinien dont la réalité, pourtant, s'est imposée de longue date à la Terre tout entière. Qui traite en citoyens de seconde zone ses citoyens non juifs… Qui, s'il écoutait son propre ministre des Affaires étrangères, expulserait volontiers tous ces Israéliens non juifs. »

 

Les Européens qui, depuis longtemps, auraient pu jouer un rôle majeur au Proche Orient, en affichant une certaine neutralité, se sont au contraire, entraînés par Kouchner dont on connaît les positions bellicistes et occidentalistes, enlisés dans le marécage du « choc des civilisations ». D’un côté, ils fustigent avec vigueur un discours radical et notoirement antisémite, de l’autre, ils ferment les yeux sur les mesures racistes de l’Etat d’Israël qui crée des citoyens de seconde zone parce que non Juifs ainsi que sur les graves atteintes aux Droits de l’Homme en Turquie, que ce soit à l’égard des Kurdes, des laïques et de certains musulmans. Ils ne sanctionnent pas le gouvernement actuel composé d’éléments d’extrême droite aux postes clés comme les Affaires étrangères, qui refuse de reconnaître un Etat palestinien et poursuit sa politique de colonisation des « territoires ». Ils ne prévoient aucune mesure de rétorsion à l’égard de la Turquie.


 

On se retrouve à nouveau dans la diplomatie de la carpette telle qu’elle a été appliquée dans les années 1990 à l’égard de l’ex-Yougoslavie avec le résultat que l’on sait.

 

C’est cette attitude hésitante qui est le limon des manifestations d’antisémitisme qui se multiplient en Europe. Avoir une position critique à l’égard de la politique israélienne contribue à sa sécurité et rend service à la communauté juive en Europe.

 

Il convient d’urgence d’éradiquer cette politique occidentaliste de « choc des civilisations » qui a démontré sa nuisance.


Plusieurs civilisations


C’est une croyance généralisée en Occident : il n’existe qu’une seule civilisation, la nôtre, bien sûr. Hubert Védrine, l’ancien secrétaire général de l’Elysée de François Mitterrand et l’ancien Ministre des affaires étrangères du gouvernement de cohabitation Chirac – Jospin,  lors d’une conférence prononcée en mai 2006 à Berlin tire un court « inventaire » des bases de cette « civilisation ».


 

« Les Occidentaux, et d’autres, voudraient croire qu’il n’y a plus sur notre planète qu’une seule civilisation : celle des droits de l'homme, de la démocratie et de l’économie de marché, même s’ils admettent qu’il y a plusieurs cultures.

A l’appui de cette thèse, je citerai : 

- la Charte de l’ONU, signée en 1945 à San Francisco.

-bien sûr, la Déclaration universelle des droits de l’homme signée en 1948.


- Les effets apparemment niveleurs de la mondialisation économique, juridique et culturelle, et des modes de vie.

Cette croyance est devenue encore plus forte depuis la fin de l’URSS en 1989/1991.

C’est alors que Francis Fukuyama a parlé de "fin de l’histoire" après cette victoire par KO des occidentaux. Tous les autres allaient devoir s’aligner sur leurs conceptions. Et donc, il n’y aurait plus d’occasion de conflits.

Mais démentent cette espérance :
 
- La réplique d’Huntington à Fukuyama même si on peut contester sa liste des civilisations.
- Plusieurs graves évènements mondiaux depuis 89/91,
- Les conceptions restées évidemment divergentes voire contradictoires des Occidentaux, des    Chinois, des Arabes, des Africains, des Russes, etc. sur la vie sociale, familiale, les rapports homme-femme, la place de la religion, la liberté d’expression, la peine de mort, les relations internationales, le rapport à la force etc.,
- Les difficultés de l’Occident à imposer ses normes autres qu’économiques via le système multilatéral,

- l’échec du sommet de l’ONU à Durban contre le racisme, sujet pourtant en principe unanime !

J’observe que même Kofi Annan (alors Secrétaire général de l’ONU)  souhaite une « alliance des civilisations » et a créé un groupe de réflexion portant ce nom. C’est donc bien qu’il y en a plusieurs.


C’est une évidence, il y a encore plusieurs civilisations. »


En réalité, les Droits de l’Homme étaient – du moins, c’est ce que les Occidentaux pensaient – la référence universelle de toutes les nouvelles règles et dispositions légales prises dans les pays du monde entier. Dès les débuts du XXIe siècle, on s’aperçut que c’était pure illusion. Robert Badinter, ancien Ministre de la Justice de François Mitterrand analyse ce « changement », dans une interview au « Nouvel Observateur ».


 

« Il y a dix ans [en 1998], c'était l'apothéose. Les droits de l'homme étaient reconnus comme la dimension morale de notre temps. Après la chute du mur de Berlin, nous avons vécu une décennie consacrant la victoire idéologique de Tocqueville sur Marx. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la défaite du nazisme avait commencé un affrontement Est-Ouest sans merci entre deux conceptions idéologiquement différentes des droits de l'homme. D'un côté, les droits «socialistes»; de l'autre, pour reprendre la terminologie marxiste, les droits «bourgeois» et les libertés «formelles», camouflage du capitalisme. Le modèle aronien [allusion au philosophe Raymond Aron] des droits de l'homme triomphait. Le 11 septembre 2001 a sonné le glas de cette parenthèse enchantée et a fait régresser la politique des droits de l'homme. Juridiquement, moralement, les attentats du 11-Septembre, qui frappent délibérément, pour des raisons idéologiques, des victimes innocentes et anonymes, relèvent du crime contre l'humanité. Mais après le 11-Septembre, George Bush a commis une faute historique dont on supportera longtemps le coût moral et politique. En inventant Guantanamo, zone de non-droit absolu, en faisant voter le Patriot Act, ces lois d'exception, en légalisant la torture, en multipliant les «charters de la CIA» avec la complicité de certains pays européens (Pologne, Roumanie, Allemagne...), les Etats-Unis, qui s'étaient toujours proclamés champions des droits de l'homme, ont bafoué leurs principes fondamentaux. Quel coup terrible porté aux droits de l'homme ! Leurs adversaires ont dès lors beau jeu de dénoncer le double langage de l'Occident. C'est le «double standard» : pour vous, le respect des droits de l'homme, l'habeas corpus, les cours constitutionnelles, la splendeur de l'Etat de droit; et pour nous autres, leur viol quand cela vous arrange ! Ne chantez pas l'universalisme des droits de l'homme quand en réalité vous les trahissez en fonction de vos intérêts. Cette accusation trouve malheureusement dans Guantanamo sa justification éclatante. Résultat : une haine tenace des masses musulmanes. Quelle régression depuis la célébration du cinquantenaire, en 1998 ! » Ajoutons qu’il n’y a pas que Guantanamo. Il y a toutes les exactions israéliennes en Palestine qui plonge ce peuple dans une « nabka » permanente.

 

En fait, on assista dès l’effondrement des « tours jumelles » à la fin du « droit-de-l’hommisme » qui est la pensée unique contemporaine. C’est le « droit-de-l’hommisme » qui est dénoncé par Régis Debray dans son dernier ouvrage « Le moment fraternité » (Gallimard 2009). Il appelle cela la ROC (la Religion Occidentale Contemporaine). Au-delà de son aspect de religion sans liturgie, la ROC distille une pensée aussi simpliste que manichéenne. Dès lors, elle ne convient pas à établir une base commune entre les civilisations où se sont développés des systèmes de valeurs différents.


Dans une interview accordée à « Libération » ce 22 avril 2009, Hubert Védrine répond à la question :
Durban II illustre-t-elle l’affrontement entre deux conceptions opposées des droits de l’homme ?

« C’est un temps fort dans un bras de fer plus général entre les Occidentaux et les autres, autant géopolitique qu’idéologique, pas seulement sur les droits de l’homme, même si c’est un domaine très sensible et très symbolique. Il porte sur la légitimité du milliard d’Occidentaux à imposer leurs conceptions aux 5,5 milliards de non-Occidentaux, dans ce domaine comme dans les autres. Cela était déjà évident, et préoccupant, depuis des années, contredisant les illusions nourries par nous après la fin de l’URSS. Les Occidentaux n’ont pas voulu voir ce problème, enivrés par l’ubris de leur victoire, mais aussi en raison de leurs sincères convictions universalistes et de la lutte contre le relativisme. Je suis moi-même le contraire d’un relativiste. La difficulté sur laquelle j’attire l’attention est autre : c’est celle des limites du prosélytisme droits-de-l’hommiste par le même Occident qui a colonisé le monde pendant plus de trois siècles - ce que nous sommes les seuls à avoir oublié. Quelle est sa légitimité pour imposer ses conceptions à cet autre monde qui émerge, même s’il prétend parler au nom de la «communauté» internationale » ? Si l’on constate que nos valeurs occidentales universelles ne sont pas universellement considérées comme universelles, il faut alors s’y prendre autrement. »


Comment s’y prendre dès lors ?


« En cassant les mécanismes et les engrenages qui structurent ce bloc contre bloc : Occidentaux contre non-Occidentaux, et tout particulièrement Occident contre islam, et en bâtissant une nouvelle majorité qui transcende ce clivage grâce à une politique étrangère occidentale différente. Cet antagonisme se nourrit certes de la rhétorique d’organisations comme l’Organisation pour la conférence islamique ou de médias arabo-islamiques, mais il a été aussi envenimé pendant huit ans par l’administration Bush, et cela, c’est notre responsabilité. Beaucoup de ceux qui prétendaient refuser la théorie du clash des civilisations se sont en fait inscrits dans cette approche et l’ont alimentée. Barack Obama est porteur d’un immense espoir mais il n’a pas encore eu le temps de désamorcer l’ensemble des bombes à retardement dont il a hérité : la rhétorique manichéenne globale et les conflits, en premier lieu celui du Proche-Orient. Avec lui, l’Occident redeviendra plus universel et moins occidentaliste. Mais il y a aussi dans le monde bien des forces hostiles à cette réorientation américaine, dont bien sûr Mahmoud Ahmadinedjad et tous les extrémistes musulmans, mais aussi les nationalistes russes ou chinois, la droite israélienne et tant d’autres - y compris aux Etats-Unis.


Pour désagréger ce bloc adverse, les Occidentaux disposent de gigantesques leviers s’ils sont bien employés. Par exemple : si le président américain continue à parler comme il l’a fait depuis la Turquie, s’il réussit à changer l’Iran, s’il obtient un règlement de paix équitable au Proche-Orient, tout cela finira par changer la donne globale. Il faut l’aider, alors que certains pays européens, dont la France, donnent l’impression de traîner les pieds sur la question iranienne. Tant que cela n’aura pas été fait, toute réunion onusienne restera caricaturale, et sera prise en otage. Aujourd’hui il serait impossible d’y faire adopter à l’unanimité la Déclaration universelle des droits de l’homme votée en 1948 ! C’est le paradoxe de cette notion «d’universel». »



On peut cependant reprocher à Obama son discours en Turquie qui ne tient pas compte du débat européen sur l’admission ou non de la Turquie dans l’Union européenne. Cela dit, il est vrai qu’il a fait avancer les choses en déclarant ouvertement que « les Etats-Unis ne feront jamais la guerre à l’Islam ». C’est un coup rude porté à l’idéologie du « choc des civilisations ». Il reste une autre pièce maîtresse du jeu à renverser : c’est l’unilatéralisme américain.

Espérons qu’Obama y viendra et que des Européens parviendront à l’en convaincre. Cependant, ce n’est pas sur des Gordon Brown, des Nicolas Sarkozy et des Angela Merkel qu’il faut compter. Ils sont trop les godillots des USA, surtout à l’époque de Bush. Sans doute est-ce la raison de la méfiance de Barack Obama envers Sarkozy.


Enfin, Védrine remet les montres à l’heure en ce qui concerne Ahmadinejad.


« Bien sûr que non. Les Iraniens eux-mêmes ne le sont pas [antisémites]. Ils sont même fascinés par l’Amérique. Si le président iranien a obtenu un tel succès d’estrade, révoltant à nos yeux, c’est parce que le ressentiment accumulé contre l’Occident reste très enraciné et que le conflit du Proche-Orient continue de tout empoisonner. En attendant qu’une nouvelle politique occidentale envers l’Iran ait produit ses effets, il faut, je crois, déjouer la tactique d’Ahmadinejad qui se livre périodiquement à des provocations délibérées, surtout en période électorale. Il mise sciemment sur les réactions indignées des Occidentaux pour se poser en leader des musulmans et des opprimés face à l’Occident et afin de renforcer sa popularité interne. Stratégie assez semblable à celle de Jean-Marie Le Pen. Privons-le de cet effet facile. Au lieu de hurler et de tomber dans ses pièges, mieux vaut je crois tenter de le ridiculiser et de le minimiser, y compris vis-à-vis de son opinion interne en soulignant qu’on ne peut croire qu’un tel personnage représente le grand peuple iranien. En maintenant les ouvertures qui le gênent. Et en ne désertant pas le terrain onusien, ce qui serait un aveu de faiblesse. »


En effet, les provocations du président iranien ne servent-elles pas à empêcher les ouvertures que propose Obama. D’ailleurs, il lui a répondu en déclarant qu’il souhaitait toujours une rencontre avec les Iraniens. N’en déplaise au « french doctor » qui doit regretter George Walker Bush.

Le « choc des civilisations » a pris à Genève un fameux coup dans l’aile, grâce à ses soutiens les plus radicaux : Ahmadinejad et Bernard Kouchner.


Il y a encore plusieurs civilisations, a dit Védrine, espérons qu’il y aura toujours plusieurs civilisations. Et il y a une stratégie indispensable à la concrétisation de leur alliance, c’est celle du respect.


La stratégie du respect

 

Il y a un point commun à toutes les civilisations, c’est le respect des morts. Or, notre époque montre que ce respect n’existe plus car on exploite les morts pour justifier les causes les plus abjectes des vivants. Le XXe siècle a connu trois génocides : l’Arménien en 1915, la Shoah pendant la Seconde guerre mondiale et le Rwanda en 1994. Ces trois génocides ont un point commun : le négationnisme. Les Turcs nient le génocide arménien car sa reconnaissance pourrait provoquer des troubles politiques et les musulmans ne supporteraient pas d’être culpabilisés. La Shoah est niée par les néo-nazis européens et par les islamistes radicaux qui lui reprochent de servir de justification à la politique israélienne. Le génocide du Rwanda fait l’objet de négationnisme de la part de l’élite hutue et de plusieurs Européens dont des journalistes et des hommes politiques français.

 

Rappelons ce principe essentiel du respect sans lequel la vie commune est impossible : un génocide ne peut en aucun cas servir de prétexte à une quelconque politique. Personne n’a le droit de parler au nom des victimes. Ce principe du respect au-delà des débats qui divisent les hommes, est inaliénable.

 

Sans respect, il est impossible de faire une alliance des civilisations, si les radicaux de tous les côtés continuent à dominer le débat.

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 09:00
 
Une équipe d'astronomes franco-suisse-portugaise vient de découvrir l’exoplanète de plus petite masse encore jamais mise en évidence. La dénommée Gl581e (4ème planète découverte dans ce système) a une masse seulement 2 fois supérieure à celle de la Terre. Elle orbite en 3,15 jours autour de son étoile: Gliese 581. Les observations de cette équipe révisent aussi légèrement l'orbite d'une autre planète du système, Gl581d (7 masses terrestres), la plaçant de manière plus évidente dans la zone habitable de son étoile. Cette observation démontre qu'il sera bientôt possible de détecter des planètes de la masse de la Terre.


L'exoplanète GL581d, le point blanc près de l’étoile: Gl581e nouvellement détectée

La majorité des planètes extrasolaires découvertes aujourd'hui sont des planètes géantes, plus de 100 fois plus massives que la Terre, essentiellement constituées de gaz comme Jupiter. La recherche de planètes équivalentes à notre Terre a nécessité une amélioration conséquente des méthodes de détections. Celle-ci se concrétise aujourd'hui par les mises en évidence de planètes de type Super-Terre (moins de 10 fois la masse de la Terre). Un nouveau pas vient d'être franchi avec la découverte de Gl581e, une exoplanète de seulement 2 fois la masse de la Terre. Elle orbite autour de la naine rouge Gl581, qui fait le tiers de la masse du Soleil et est située à 20 années-lumière de nous.

Trois planètes étaient déjà connues autour de cette étoile, respectivement de 16, de 5 et de 7 fois la masse de la Terre. Les scientifiques européens qui avaient découvert ce système ont continué à le scruter de manière intensive avec le spectrographe HARPS situé sur le télescope de 3,6m de l'ESO (European South Observatory) à l'Observatoire de La Silla (Chili). C'est ainsi que la petite dernière s'est révélée ; elle est la plus interne du système, orbitant en seulement 3,15 jours et est surchauffée par la proximité de son étoile.


La zone dite "habitable" pour l’étoile Gliese 581 et le positionnement des différentes exoplanètes

Ces mêmes mesures précisent également l'orbite de la planète externe, de 7 fois la masse de la Terre (Gl581d), qui était auparavant connue pour être à la frontière externe de la zone dite "habitable", définie comme la région entourant l'étoile où les conditions de température permettent aux planètes d'héberger de l'eau liquide à leur surface. La légère correction indique que Gl581d est effectivement proche de cette frontière, mais à l'intérieur de la zone habitable: de l'eau liquide peut donc être présente à sa surface.

Le Graal actuel de la recherche des exoplanètes est de trouver une planète analogue à la Terre, à la fois en terme de masse et de température. Soit une planète aussi peu massive que Gl581e mais à l'emplacement de Gl581d ! Xavier Bonfils, responsable de ce programme au LAOG, a de quoi s'enthousiasmer: "Avec des observations semblables, nous pouvons détecter les exoplanètes de la masse de la Terre dans la zone habitable des étoiles naines rouges !". En effet, via la méthode utilisée, la détection de planètes habitables autour de ces étoiles, plus petites et moins massives que le Soleil et peuplant majoritairement notre Galaxie, est plus facile qu'autour des étoiles semblables au Soleil. Le Graal des chasseurs de planètes semble donc à portée de télescope...

Cette découverte a été annoncée le 21 Avril à la conférence JENAM durant la semaine européenne de l'Astronomie et des Sciences Spatiales à l'université de Hertfordshire (Grande-Bretagne).
Source: CNRS
Illustrations: © ESO & © Franck Selsis, CNRS, ESO

Cordialement
Jean
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Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 09:31
 
Une équipe internationale, dirigée par des astronomes de l'Université de Hertfordshire a découvert un objet quasi stellaire autour de Wolf 940, une naine rouge située à seulement 40 années-lumière de la Terre.



La naine rouge Wolf 940 et son compagnon.
Les étoiles naines rouges sont les plus nombreuses dans Voie Lactée de sorte que des systèmes
similaires à Wolf 940 sont bien plus courants que ce que laissent à penser nos observations.

Cet objet quasi stellaire est en fait une naine brune, sorte de trait d'union entre étoiles et planètes. Il s'agit d'objets n'ayant pas une masse suffisante pour enclencher ou maintenir la fusion nucléaire en son centre. Elles sont moins massives et plus froides que les étoiles, mais plus massives et plus chaudes que les planètes de sorte que leur masse est comprise entre 13 fois celle de Jupiter et 0,08 fois celle du Soleil.

Baptisé Wolf 940b, cet objet tourne autour de son étoile à quelque 440 fois la distance de la Terre au Soleil. A cette échelle, il lui faut près de 18000 ans pour réaliser une seule orbite. Sa température de surface est d'environ 300 degrés Celsius, ce qui le rend difficilement visible dans l'optique. Il est beaucoup plus lumineux dans l'infrarouge ce qui explique pourquoi le Télescope spatial de la NASA l'a observé récemment.

La proximité de ce système binaire en fait une cible de choix pour les astronomes qui n'hésitent pas à parler de Pierre de Rosette. En effet, les informations que nous possédons sur ces objets sont très incomplètes. Les scientifiques vont pouvoir s'appuyer sur ce qu'ils savent de l'étoile parent pour mieux déterminer les propriétés de Wolf 940B comme son âge et sa composition chimique. Un des aspects les plus intéressants concerne la question des atmosphères de ces naines brunes. Pour cela, les astronomes comptent bien affiner les modèles de la lumière émise par ces objets ce qui permettra une modélisation essentielle à une meilleure compréhension de ce que l'on observe quand on étudie des planètes autour d'autres étoiles.

UKIDSS (UKirt Infrared Deep Sky Survey)

Wolf 940B a été découvert dans le cadre du Survey UKIDSS. Cette couverture photographique du ciel a débuté en mai 2005 et doit s'achever en 2012. Elle vise à sonder 7500 degrés carrés de l'hémisphère nord et prend la suite de 2MASS qui a couvert le ciel dans l'infrarouge de 1997 à février 2001. UKIDSS utilise WFCAM, une des caméras infrarouges la plus puissante au monde construite par le Centre UK ATC et qui équipe le télescope infrarouge du Royaume-Uni à Hawaii (UKIRT).

Ce relevé sera plus fin et plus précis que 2MASS. Mais ce n'est pas son seul intérêt. Il sera la contrepartie dans le proche infrarouge du Sloan Digital Sky Survey (SDSS) un autre relevé astronomique, dans plusieurs couleurs, démarré en 1998 et achevé en 2005.
Source: Flashespace.com
Illustration: UKIDSS Database & arXiv.org

Cordialement
Jean
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 10:10
 
Un de nos voisins galactiques parmi les plus proches montre toute son impressionnante splendeur dans cette nouvelle image réalisée grâce au télescope spatial Spitzer M33, également connu sous le nom de galaxie du Triangle, est un membre de notre groupe local de galaxies. Avec notre Voie Lactée, ce groupe de galaxies gravitationnellement liées voyagent de concert dans l'univers. En fait, M33 est l'une des quelques galaxies qui se déplace en direction de la Voie Lactée en dépit de l’expansion de l’univers.


La galaxie M33 vue dans l'infrarouge.

Observée avec les yeux infrarouges de Spitzer, cette élégante galaxie en spirale étincelle de mille feux. Les étoiles apparaissent comme des gemmes bleues scintillantes (de nombreuses sont en réalité des étoiles de notre propre galaxie en premier plan), alors que la poussière dans le disque en spirale de la galaxie flamboie dans le rose et dans le rouge.

Cette nouvelle image montre également que M33 est étonnement bien plus vaste que les clichés en lumière visible ne le suggèrent. Grâce à sa capacité à détecter la poussière froide et sombre, Spitzer peut observer l'émission des matériaux plus froids bien au delà du disque visible de M33. Les phénomènes qui font que ce matériel froid s’échappe de la galaxie restent encore mystérieux, mais des vents stellaires géants ou des supernovae pourraient en être à l’origine.

M33 est situé environ 2,9 millions d'années-lumière dans la constellation du Triangle. Cette image composite a été prise par l’objectif infrarouge de Spitzer. La couleur bleue représente la lumière infrarouge à 3,6 microns, le vert à 4,5 microns, et le rouge à 8,0 microns.
Source et illustration: NASA/JPL-Caltech
 

Cordialement
Jean
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 15:51

Aux Etats-Unis, les lois sur le sexe les plus folles

États-Unis - Voici une liste des 10 lois les plus insolites en vigueur aux États-Unis qui régissent les comportements sexuels.

 1 - A Bakersfield en Californie, si vous prévoyez d'avoir des relations sexuelles avec Satan, vous devez utiliser des préservatifs.

2 - En Floride, il est interdit de tripoter un porc-épic.

3 - Au Minnesota, on ne peut pas avoir de relations sexuelles avec un poisson vivant. Par contre, s'il est mort, tout est possible.

4 - A Dyersburg (Tennessee), il est interdit pour les femmes de proposer un rendez-vous galant à un homme.

5 - A Merryville (Missouri), les femmes ne doivent pas tenter de modifier leur tour de taille : de ce fait, les corsets sont interdits.

6 - En Alabama, la vente de jouets sexuels est interdite.

7 - Dans l'état de Washington, il est tout à fait légal de faire l'amour avec un animal, à condition qu'il ne pèse pas plus de 18 kg.

8 - A Washington D.C., le missionnaire est la seule position autorisée.

9 - Au Colorado, il est interdit d'embrasser une femme qui dort.

10 - Dans l'Utah, il est interdit d'avoir des relations sexuelles avec des animaux contre de l'argent.

Il est temps que Benoît XVI mette de l’ordre dans ce bordel ! Il sait de quoi il parle, le Pontife Durex…

Bruxelles : la liste PS enfin connue


Le Congrès du PS bruxellois, enfin, en réalité, le comité des sages a tranché. La liste PS qui part avec l’handicap de sondages catastrophiques est composée de Charles Picqué, tête de liste, seul à faire un score honorable de voix de préférence, suivi de Françoise Dupuis ex-épouse Moureaux, dite « sœur sourire » et ensuite d’Emir Kir. En plaçant son ex deuxième, Philippe Moureaux montre qu’il est encore le patron à Bruxelles, Emir Kir fera un paquet de voix chez les Turcs de Bruxelles, en dépit de la petite casserole qu’il traîne sur le génocide arménien. Quant à Fadila Laanan reléguée aux ténèbres extérieures et qui n’a pas été si mauvaise ministre de la Culture, elle paye le départ très médiatisé, un peu par sa faute,  de Jean-Claude Defossé pour Ecolo !

Enfin, on verra le 7 juin au soir si ces intrigues de couloir ne sont pas à jeter aux poubelles de la petite histoire.


Après Mémé, Papa ?


Mémé Zinzin termine lamentablement sa carrière ce soir à Huy. Après Van Cau à Charleroi, Anselme et Close à Namur, Mémé Zinzin à Huy, le bel Elio par « Soir » et RTBF interposés s’attaque maintenant à Michel Daerden, dit Papa. Gros morceaux s’il en est ! On dirait que le tyran des Doudous veut se payer toutes les locomotives électorales du PS wallon. Curieuse manière de mener son Parti à la victoire aux élections !

Cependant, ce morceau là, il n’est pas prêt de l’avaler. Daerden l’a rappelé récemment : son taux de pénétration – sans aucune allusion scabreuse, on vous l’assure – est de loin le meilleur à Liège. Résultat : Papa retrouve la tête de liste à la Région qui était dévolue à Marcourt et comme lot de consolation, Elio a bien dû lui donner la tête de liste aux Européennes.

Tout le monde aime Papa, sauf Elio !


Sur la capote, le CDH se tait dans toutes les langues
.


Que les sorties africaines de l’ex Mgr Ratsinger n’aient pas enthousiasmé le CDH, c’est certain. Mais, prudentissime, le parti ex-chrétien de Madame « Non » s’est bien abstenu de se joindre aux concerts de protestations et d’indignation venus de partout. Sa situation ne lui permet pas de perdre les quelques électeurs cathos de droite que les « Humanistes » espèrent garder.
 

Big Loulou de retour


Le commissaire européen à la coopération qui s’est plus occupé du Congo et des problèmes de son parti, le MR, que de la politique de coopération européenne, revient en sauveur du MR, bateau ivre en perdition grâce aux multiples frasques de son « patron » Reynders. Il s’est proclamé tête de liste aux Européennes.

Pari dangereux pour Louis Michel : la prochaine commission ne comptera plus un commissaire par Etat-membre. Le barbu de Jodoigne pourrait payer son évanescence européenne. Et puis, rien ne dit que le gouvernement le désignera à sa propre sucession…


Le respect des mandats


Une des caractéristiques des libéraux du MR est leur mépris affiché pour les mandats pour lesquels ils se sont fait élire. On se souvient du jeu de chaises musicales des présidents libéraux de l’exécutif bruxellois. Et cela continue. Le bel Armand De Decker, dit le fantôme, président du Sénat et deuxième personnage de l’Etat (il y tient à ce titre purement protocolaire. Cela comble quelque peu son vide politique abyssal) se présente pour devenir Ministre président de la Région de Bruxelles capitale.

C’est cela le respect des électeurs. Comme pour Sarkozy en France, ceux qui voteront MR n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

 

 

 

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:40

Un excellent article vient de paraître dans « Libération » (une fois n’est pas coutume !), intitulé Karl Marx, penseur de la Guadeloupe dont l’auteur est Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie à Fort-de-France,  au sujet de la révolte en Guadeloupe.

Voyons tout d’abord la situation : l’affaire coince, non pas, du côté de la Guadeloupe, mais du côté de Sarkozy. Tout d’abord, il envoie son sous-fifre, Jego, négocier sans mandat pour calmer le jeu. Jego promet des augmentations de salaire. Colère de Sarkozy ! Si on accepte de rehausser les salaires en Guadeloupe, c’est toute la métropole qui va suivre ! Il rappelle Jégo à Paris au grand dam des Guadeloupéens qui se sentent méprisés et abandonnés. Le mouvement social tourne petit à petit à l’insurrection.

 

Il est vrai que la situation en Guadeloupe est intenable. Cette île est entre les mains de quelques dizaines de familles françaises qui détiennent toute l’économie et qui se croient encore au temps « béni » des colonies. La population autochtone vit dans la misère et est surexploitée. Le gouvernement de Pétain le petit s’obstine dans ses réformes en dépit de la crise, réformes qui touchent les plus faibles économiquement, dont bien sûr les habitants des DOM TOM, ces espèces de sous-colonies d’un autre âge. La crise mondiale a frappé ces territoires plus durement qu’en métropole.

 

Mais, en retour, la révolte de Guadeloupe pourrait s’étendre à la France et sans doute dans l’ensemble du monde industrialisé. Voici l’analyse de Pigeard de Gurbert . Il commence par faire un historique, se référant à Karl Marx.


« 
Le capitalisme est né aux Antilles et aux Amériques au XVIe siècle. En 1846 (soit deux ans avant l’abolition de l’esclavage dans les Antilles françaises), Marx pose l’équation entre l’esclavage, la colonisation et le capitalisme : «Sans esclavage, vous n’avez pas de coton ; sans coton vous n’avez pas d’industrie moderne. C’est l’esclavage qui a donné de la valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont créé le commerce du monde, c’est le commerce du monde qui est la condition nécessaire de la grande industrie machinelle. Aussi, avant la traite des nègres, les colonies ne donnaient à l’ancien monde que très peu de produits et ne changeaient visiblement pas la face du monde. Ainsi l’esclavage est une catégorie économique de la plus haute importance.» Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que nous soyons, ici, aujourd’hui, aux avant-postes du surdéveloppement du capitalisme. Il se pourrait bien que la révolte sociale qui secoue les Antilles françaises, ces pays pauvres qui survivent à l’ultrapériphérie de la riche Europe, manifeste les premiers tremblements d’un séisme mondial.



« Par une politique coloniale puis postcoloniale, le capitalisme s’est répandu plus rapidement et plus efficacement ici qu’en métropole, subordonnant ces territoires à leur centre producteur des marchandises et les réduisant à l’état de simples marchés pour écouler ces dernières. Véritables colonies modernes d’hyperconsommation, omnidépendantes de leur centre de tutelle, ces pays se retrouvent logiquement avec un taux de chômage colossal et, pire encore, livrés à des sous-existences privées de sens. La destruction concertée du tissu productif local a placé les existences sous un régime de possibles aliénés.

« Ajoutez à ce désastre le principe d’irresponsabilité politique, vous avez ces pays exsangues, encagés dans «des jours étrangers» (Cesaire), administrés à l’aveugle et de loin, qui font entendre leur révolte. De la colonisation à la globalisation, ces régions ultrapériphériques ont toujours été assujetties à une économie parallèle qui leur interdit «de croître selon le suc de cette terre» (Césaire, encore). C’est cette «pwofitasyon», cette injustice, qui désigne d’abord en créole un abus de pouvoir, qui n’est plus supportable. C’est contre elle que les peuples de Guadeloupe et de Martinique font lien et front.

« C’est indissociablement la violence économique qui est combattue, qui est une force cyclopéenne qui n’a que l’œil du profit privé et à laquelle manque l’œil de l’humain. Cette monstrueuse cécité est une infirmité de naissance du capitalisme, comme le rappelle encore Marx : «La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques qui signalent l’ère capitaliste à son aurore.» L’actuel tiers-monde n’est lui-même pas une entorse extérieure au système capitaliste mais son pur produit, né de «la colonisation de contrées étrangères qui se transforment en greniers de matières premières pour la mère-patrie.» »

Ce n’est pas très à la mode, certes, mais cette analyse de Marx est prophétique. Il serait temps de s’y pencher sérieusement. On s’apercevra, à la lecture du cahier de revendications du LKP (Lyiannaj Kont Pwofitasyon en gros, lutte contre l’injustice),  le principal syndicat de l’île qu’il ne s’agit pas d’un simple problème social, mais d’une véritable lutte de classes. Une révolution est en gestation. Elle éclatera tôt ou tard en pleine face d’une élite incapable d’apporter une réponse à la crise mondiale.
 

La plateforme du LKP concerne toute l’organisation sociale de la Guadeloupe. Elle concerne le pouvoir d’achat (c’est là bien sûr que cela achoppe), le logement, l’environnement, les transports, l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi et les licenciements, les droits syndicaux et les libertés syndicales, les services publics, l’eau, la santé, la production agricole et la pêche, l’aménagement du territoire et les infrastructures, la culture et un « ARÉTÉ PWOFITASYON ». On y trouve des revendications intéressantes qui ne sont pas uniquement à caractère social. Outre, l’indispensable pouvoir d’achat qui est la priorité pour les Syndicalistes guadeloupéens, un vaste programme de construction de logements sociaux, en matière d’environnement, l’arrêt de l’abus de dissémination de la chlordécone, un pesticide particulièrement toxique et cancérigène qui est utilisé intensivement par les grands propriétaires terriens, la mise en place d’un service public de transports au service de la population et de l’économie locale. Il y a des revendications plus « guadeloupéennes » en matière d’enseignement, d’emplois et dans le domaine de la culture. Cela peut paraître « nationaliste », mais cela est aussi destiné à favoriser la population locale et à interdire l’emploi de semi-esclaves en provenance d’Amérique latine dans les grandes exploitations agricoles. Concernant la politique de l’eau, un service public d’exploitation de l’eau, un prix fixe et transparent de l’eau, modernisation du réseau d’adduction et de distribution d’eau. Le reste de la plateforme consiste en une revendication d’une réelle justice distributive en matière agricole et de préservation de l’économie guadeloupéenne en protégeant notamment les zones agricoles et en faisant participer les Guadeloupéens dans la société des hôtels de luxe. Il serait trop long, ici, de poursuivre cette analyse.

 

Le gouvernement Sarkozy cale sur l’aspect financier car il craint en cédant, de déclencher une tempête dans l’hexagone.  La toute récente reculade de Sarkozy ne résout rien. Les choses vont peut être se calmer pendant quelques temps, le temps de reprendre son souffle car rien n’est résolu car, comme l’ajoute Guillaume Pigeard de Gurbert :

« C’est donc ici que l’aube post-capitaliste se lève, dans la haute nécessité de repenser les conditions d’existence sociales et politiques. Le travail productif comme paradigme de toute activité socialisante s’applique à une part de plus en plus petite d’individus et rejette une masse grandissante de potentialités d’actions non plus seulement dans le non-être intérimaire du chômage mais dans le néant a priori du rebut. Les Indiens caraïbes d’avant la colonisation ne connaissaient que les activités mobiles, créatrices, en un mot ouvertes. Au point que «les Américains n’auraient importé tant de Noirs que parce qu’ils ne pouvaient pas utiliser les Indiens, qui se laissaient plutôt mourir.» (Deleuze-Guattari). Les colons ne cessent pas pour autant de se plaindre des Noirs : «Ils ne savent pas ce qu’est le travail» (idem). Il faut dire que les Noirs se suicidaient en mangeant de la terre, de la chaux et de la cendre, espérant ainsi retourner chez eux post mortem et échapper ainsi à l’enfer de l’esclavage. Le père Labat, ce Bouvard-et-Pécuchet esclavagiste aux Antilles, appelle cela pudiquement la «mélancolie noire». Aussi bien faut-il inverser le diagnostic actuel qui sanctifie la valeur-travail, et, à partir des sociétés caraïbes, actives sans être laborieuses, concevoir positivement nos nouvelles sociétés. »

Jacques Delors (cité par André Gorz) écrivait en 1988 dans La France par l’Europe : «Un homme salarié de vingt ans avait, en 1946, la perspective de passer au travail en moyenne un tiers de sa vie éveillée ; en 1975, un quart ; et aujourd’hui, moins d’un cinquième. Ces fractures récentes mais profondes devraient se prolonger et induire d’autres logiques de production et d’échange.» Vingt ans après et avec la révolution informatique, c’est encore plus vrai. Les crises successives (crise asiatique, bulle Internet, etc.) puis la crise économique mondiale en cours et que Delors lui-même a contribué à provoquer avec l’Acte unique et le traité de Maastricht, n’est pas une menace pour le système capitaliste lui-même mais un processus de rationalisation globale en même temps qu’une opportunité d’en accélérer le mouvement. Les faillites en cascade permettent une plus grande concentration des capitaux en même temps qu’un meilleur rendement du capital par une diminution considérable et rapide de la masse salariale. Le point de vue violemment unilatéral du capital sur le système évacue le problème d’une nouvelle socialisation indépendante de la valeur-travail et abandonne les peuples à la misère et à cette colère qui a déjà grondé dans les banlieues de l’hexagone qui sont comme ses colonies de l’intérieur.

En ce début de XXIe siècle, il est grand temps de signer ici, ansanm ansanm ("ensemble, ensemble!"), l’acte de décès de ce système mondial de pwofitasyion.

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 22:06

Le « Figaro » que l’on ne peut guère soupçonner d’anti-européisme et d’altermondialisme, publie dans sa livraison du 14 février, un « papier » sur le lobbying auprès de la Commission européenne. Cela en dit long sur la conception européenne de la démocratie !

 

Il faut savoir qu’une pléthore de « lobbyistes » pullule dans le quartier européen à Bruxelles, auprès des bâtiments abritant la Commission  le Parlement européens. Comment cela fonctionne-t-il ? Cela fait des années que des lobbies de toute sorte se sont installés auprès des institutions européennes dans le but de faire pression sur les décisions réglementaires prises par le Conseil, la Commission et le Parlement. Le plus célèbre d’entre eux est le BEUC (Bureau européen des Unions de Consommateurs) qui essaie d’orienter les décisions européennes en faveur des intérêts des consommateurs. Lisez : dans ce que ces Unions disent être l’intérêt des consommateurs, ces Unions faisant elles-mêmes l’objet de la pression des lobbies industriels et agricoles. Mais, il existe d’innombrables lobbies dans tous les secteurs du commerce et de l’industrie.

 

S’ils ne se contentaient d’exister et d’essayer d’influencer les décisions par des contacts extérieurs, il n’y aurait pas grand-chose à dire, bien que la pression d’intérêts particuliers sur l’intérêt général soit par définition malsaine. Mais ils participent directement au processus d’élaboration des règlements via des ONG « reconnues » que ces lobbies contrôlent. Il nous est revenu de la part d’un fonctionnaire européen travaillant à la fameuse DG de la Concurrence qu’un agent d’un lobbyiste est rentré dans son bureau et s’est emparé, sans lui demander la permission, d’un dossier qu’il était en train de traiter. Le fonctionnaire s’en est plaint auprès de sa hiérarchie qui a considéré le comportement du lobbyiste comme tout à fait normal. Au bout de quelques heures, le dossier lui est revenu et il a pu en reprendre le traitement pour l’élaboration d’une note d’élaboration d’un nouveau règlement. Lorsque la décision fut prise par la Commission en la matière, il s’aperçut que ses propositions n’étaient pas retenues et que la disposition réglementaire nouvelle avait été modifiée en tenant compte de l’intérêt du lobby en question.

 

Voilà donc une démarche typiquement néolibérale qui cadre bien avec  l’esprit et la lettre de l’Union européenne. L’intérêt général n’est que la somme des intérêts particuliers. L’influence des lobbies devient de plus en plus grande. Ils interviennent à l’intérieur du processus réglementaire. Les règles élémentaires de la démocratie – qui n’est par ailleurs pas très florissante au sein des institutions de l’UE – sont bafouées sans que personne ne trouve rien à objecter.

 

Le « Figaro » rapporte un incident qui révèle l’ampleur de ce mal qui ronge les institutions européennes. « Il règne un climat de paranoïa à la commission européenne depuis la découverte, la semaine dernière, d'une opération de piratage du registre d'enregistrement des lobbyistes à Bruxelles. Une mystérieuse société financière britannique, baptisée Fare Banks Ltd s'est inscrite, le plus simplement du monde, sur la liste des multiples groupes de pression opérant au sein du quartier européen.

Sur sa fiche d'identité, le cabinet en question affirme réaliser 250 millions d'euros de chiffres d'affaires, un revenu quarante fois supérieur à celui des plus gros cabinets de la place, comme Hill & Knowlton ! Son patron a tout l'air d'être un faux nez cachant un politicien italien, proche de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Le personnage en question, Gennaro Ruggiero, fantaisiste et hâbleur, est également lié à une douzaine d'ONG, également inscrites dans le fichier bruxellois. Ce qui permet à ces dernières d'être associées à l'élaboration des lois. »

Donc, il y a une sorte de processus de reconnaissance (sur la base de quels critères ?) des lobbies qui travaillent auprès de la Commission européenne.  Le « Figaro » ajoute : « Pour cette institution européenne, qui s'est longtemps flattée d'être une maison de verre, l'affaire fait désordre. La mise sur pied, le 23 juin dernier, de cette banque d'enregistrement des lobbyistes, qui fonctionne sur une base volontaire, avait pour but d'accroître la transparence, au sein d'une profession dont les méthodes restent opaques. En s'enregistrant sur la liste, les groupes de pression doivent notamment « veiller à ne pas obtenir ou chercher malhonnêtement des informations, et ne pas inciter le personnel européen à enfreindre les normes de comportement qui leur sont applicables ». Mais aujourd'hui, «le fait que douze sociétés douteuses puissent ainsi figurer sur ce registre, décrédibilise la démarche et met en lumière l'absence de contrôle de la part de la commission», critique Erik Wesselius, représentant d'Alter EU, une ONG spécialisée dans la surveillance des lobbys bruxellois. »

Savourons l’humour involontaire de ce commentaire sur cette banque de données qui a « pour but d'accroître la transparence, au sein d'une profession dont les méthodes restent opaques ».

A propos d’opacité, la presse est tenue éloignée de toute information  sur le processus de décision européen. Selon le journaliste Jean Quatremer, correspondant de « Libération » à Bruxelles et « européiste » convaincu, il explique dans son blog (http://bruxelles.blogs.liberation.fr): « Des cas récents montrent que la menace de l’espionnage contre la Commission croît de jour en jour, certains pays, des groupes de pression, des journalistes et des agences privées cherchant à obtenir des informations sensibles et protégées ». Cette note, émanant du chef de la sécurité de la Commission, a été envoyée à l’ensemble des services, comme l’a confirmé aujourd’hui Valérie Rampi, la porte-parole du commissaire chargé de l’administration, à la suite d’un article du quotidien allemand, la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Il a manifestement échappé au chef de la sécurité que le travail des journalistes, assimilés à des "groupes de pression" et des "agences privées" est justement de se procurer des informations « sensibles et protégées » et que cela fait partie de leur travail qui est essentiel au bon fonctionnement de la démocratie. Valérie Rampi s’est enfoncée en se défendant : « il n’y a pas une suspicion généralisée envers les journalistes » et il "peut aussi s'agir d'une jeune et jolie stagiaire aux longues jambes" (le boudin n'est donc pas concerné :-D). Le lapsus (« généralisé ») est révélateur : seuls les fouineurs sont visés, ceux qui estiment que l’information n’est pas donnée lors du point de presse quotidien de la Commission. Et précisions à Valérie Rampi que la note ne parle pas de "jeunes et jolies stagiaires" mais bien de "journalistes". »

Voilà donc deux piliers du totalitarisme assemblés : l’opacité du processus de décision et la mise à l’écart de la Presse.

Si on veut que l’Europe se construise, elle doit profondément changer et être une réelle démocratie. Tout le mouvement qui a mené au « non » au Traité constitutionnel, n’est pas nécessairement opposé à la construction européenne. Il est opposé à un processus d’installation d’un système totalitaire dont l’objet est la destruction de la société d’inspiration sociale- démocrate européenne. Les élections européennes, elles pourraient réserver de drôles de surprises.

La démocratie européenne est une fiction. A l’instar de la victime d’un délit qui demande : « Que fait la police ? », on peut poser la question à l’égard de l’Europe : « Que fait le politique ? » Réponse : pas grand-chose puisqu’il a renoncé à exercer son métier.

 

 

 

 

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 10:37

Le 10 février, une épave de satellite russe a percuté un satellite de communications opérationnel. Le choc a répandu un grand nombre de débris dans l’espace circumterrestre.

La société américaine Iridium Satellite LLC opère actuellement une constellation de 66 satellites dévolus aux communications directes au moyen de téléphones portables dédiés, au service du particulier comme des militaires. Lancé le 14 septembre 1997, Iridium 33, parfaitement opérationnel, se trouvait sur une orbite pratiquement circulaire de 783,2 x 786,4 km inclinée à 86,4° (donc quasiment polaire) et décrite en 100,4 minutes. Se trouvait, car il a cessé d’exister le 10 février dernier à très exactement 10 h 56 TU lorsqu’il a croisé la trajectoire de Cosmos 2251...


Représentation des quelque 18.000 satellites et objets divers actuellement en orbite autour de la Terre. Crédit Esa

Celui-ci, de conception russe, ne fonctionnait plus depuis une dizaine d’années et figurait donc sur la liste des épaves de l’espace. Lancé le 16 juin 1993, il faisait partie de la famille Strela-2 et avait assuré une partie des communications entre le QG de l'Armée russe et les forces militaires sur le terrain depuis une orbite de 783,6 x 806,6 km inclinée à 74°. L’incroyable s’est produit lorsque, il y a deux jours, les deux objets, dont la masse est relativement similaire (environ une tonne) se sont trouvés en trajectoire de collision et se sont heurtés.

Choc violent !

Le choc s’est montré particulièrement violent à une vitesse relative avoisinant la dizaine de kilomètres par seconde. Les réseaux du Norad américain ont jusqu’à présent détecté environ 600 débris, un nombre toujours en augmentation.

Selon Nicholas Johnson, dirigeant le centre de surveillance des débris orbitaux au centre Johnson de la Nasa, la collision s’est produite au-dessus du nord de la Sibérie à une altitude de 790 kilomètres. La Station Spatiale Internationale ne semble pas menacée, mais il n’a encore pu être déterminé si un risque existe pour d’autres satellites civils ou militaires. « Il nous faudra encore environ deux jours pour dresser une carte de la répartition des débris, mais je pense que la majorité d’entre eux suivent des trajectoires similaires aux orbites initiales des satellites détruits », affirme Nicholas Johnson.


Collision entre le satellite français Cerise et un débris spatial en 1992. Crédit CNRS

Selon Iridium Satellite, la perte de ce satellite n’aura qu’une incidence mineure sur l’exploitation du réseau de télécommunications. 95 satellites Iridium ont été lancés à ce jour (avec quelques échecs) et plusieurs exemplaires de réserve se trouvent déjà en orbite, prêts à pallier un incident de ce genre, ou une simple panne.

Des collisions exceptionnelles

Bien qu’extrêmement rares, de telles collisions se sont déjà produites par le passé. La première d’entre elles mit hors service le petit satellite militaire français Cerise, en 1992, dont l’antenne fut sectionnée par un débris spatial. D’autres satellites (trois identifiés à ce jour) ont été détruits de cette façon en orbite.

Sur un autre registre, l’Américaine Lottie Williams est la seule personne (connue) au monde à avoir été atteinte et blessée par la chute d’un débris spatial, le 22 janvier 1997 alors que, souffrant d’insomnie, elle se promenait dans un jardin public en Oklahoma.

Source : Futura-Sciences
Cordialement
Jean
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Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@versateladsl.be
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