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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 10:11

Nous publions ici un article sur la crise géorgienne du polémiste français Malakine qui tient un très intéressant blog appelé « horizons ». Il y dénonce l’occidentalisme qui mène droit à l’impasse.

 

Sans doute est-ce le signe d’un revirement de l’opinion qui en a assez des politiques ultralibérales qui mènent à la précarité et de ces guerres non voulues et non comprises qui font de « l’Occident » un agresseur permanent du reste du monde. 

 

Cependant, cette opinion doit s’inscrire dans une opposition structurée et forte. Ce n’est pas la social-démocratie actuelle qui en est capable. Il suffit de voir les ridicules batailles des « chefs » au PS français et les tergiversations du PS francophone belge qui s’agrippe au pouvoir car c’est sa seule raison d’être.

 

Le combat aura besoin d’hommes et de femmes bien plus forts et d’une structure politique populaire et efficace. Et ce n’est que dans le peuple que se trouve ce réservoir qui n’attend qu’une occasion pour s’exprimer.

 

La faiblesse de l’ultralibéralisme est de ne pas tenir compte du peuple. C’est son talon d’Achille.

Ce curieux besoin de s'inventer des ennemis


Les diplomaties occidentales, avec leurs cris de vierges effarouchées, n'auront fait que précipiter l'inéluctable issue de la crise géorgienne. Très logiquement, la Russie a reconnu l'indépendance des provinces sécessionnistes d'Ossétie du sud et d'Abkahzie. En dépit de toute rationalité comme de ses propres intérêts, la communauté internationale s'insurge depuis contre « cet acte irresponsable qui bafoue le sacro-saint principe d'intégrité territoriale », relayé en cela par un appareil de presse hystérique qui n'hésite plus à présenter la Russie comme la nouvelle grande menace géopolitique de ce siècle.

L'affaire géorgienne n'est pourtant qu'une réplique light du Kossovo où il est bien difficile de reprocher grand chose à la Russie. Contrairement au Kossovo, les provinces étaient déjà, de fait, indépendantes depuis une quinzaine d'années. Contrairement à l'OTAN en 1999, la Russie n'a pas inventé de toute pièce une menace contre les populations civiles pour intervenir. Elle n'a pas provoqué de nettoyage ethnique ni bombardé la capitale de l'ennemi, ni même destitué le responsable de l'agression. La Géorgie est toujours un état souverain. Saakachvili est toujours au pouvoir. Le pays n'est pas occupé militairement. Et les territoires séparatistes ne sont pas moins géorgiens aujourd'hui qu'ils ne l'étaient hier.
La Russie n'a même pas renié sa parole. Sa position sur cette affaire a toujours été d'une extrême clarté et d'une parfaire constance. En Mai dernier j'indiquais déjà que « Le message de la Russie à l'égard de ses voisins est très clair. L'adhésion à l'alliance atlantique ne pourra s'envisager qu'au prix d'un éclatement de ces pays. La Géorgie devra faire son deuil de l'Abkhazie et de l'Ossetie du sud ». Et au moment de la négociation du plan de paix par Sarkozy je n'avais pas manqué de souligner que « Quand Sarkozy insistait sur la souveraineté de la Géorgie, Medvedev en appelait à l'auto-détermination des républiques séparatistes, faisant explicitement référence au précédent du Kossovo ».

La reconnaissance de l'indépendance des deux républiques n'est une surprise que pour ceux qui cultivent la pire mauvaise foi ou pour ceux qui n'ont rien suivi de cette affaire. La France a d'ailleurs particulièrement tort de s'en offusquer. En renonçant à intégrer le principe d'intégrité territoriale dans les 6 points du plan de paix, elle a de fait accepté l'indépendance des régions séparatistes. Medevev a beau jeu d'affirmer aujourd'hui qu'il a respecté les principes du plan de paix négocié par Sarkozy.

Les commentateurs évoquent le risque de contagion, mais de quoi parle t-on exactement ? Ce risque est un pur fantasme. Il n'y a qu'un cas similaire dans toute l'ancienne URSS de région autonome ouvertement pro-russe, c'est le cas de la Transnistrie aux frontières de la Moldavie. Mais le président Moldave ne sera jamais assez fou pour lancer ses chars à la reconquête de ce territoire perdu depuis 15 ans ! Tout le monde n'est pas aussi mentalement dérangé que le président géorgien.
L'autre cas c'est bien évidemment l'Ukraine avec le cas de la Crimée, mais il n'y a pas ici d'autonomie que le pouvoir central pourrait chercher à reconquérir par la force. Et d'ailleurs, le rapport de forces en Ukraine a bien changé depuis la révolution orange. Le président Youchenko, ami personnel de Saakachvili et aussi américanophile que lui, est totalement marginalisé. La premier ministre, l'ancienne égérie de la révolution, Yulia Timochenko s'est montré beaucoup plus prudente dans cette affaire, au point de s'être fait accuser de haute trahison.
Il y a fort à parier que cette affaire aura mis un terme définitif au tropisme occidental de l'Ukraine. Les Ukrainiens, tout autant que les Russes, sont nostalgiques de la grandeur passée de l'Union soviétique. Il suffit que la Russie retrouve son rang et elle retrouvera sa force d'attraction à l'égard de ses voisins, d'autant plus sûrement dans le même temps l'Europe s'enfoncera dans la récession.

En réalité, malgré les menaces réciproques et les propos martiaux des dirigeants, la situation de crispation actuelle satisfait tout le monde.
Le Kremlin a pu montrer à l'opinion publique mondiale qu'il était capable de tenir tête, avec une détermination impressionnante, aux pressions de ceux qui n'ont eu de cesse que de l'humilier et de l'affaiblir depuis quinze ans. En agissant de manière aussi unilatérale que les Américains, la Russie s'est hissée à leur niveau, retrouvant ainsi son rang perdu de superpuissance.

De leur coté, les occidentaux ont également atteint leur objectif : s'inventer un nouvel ennemi pour recréer de toute pièce un manichéisme rassurant opposant des gentils et des méchants. Car aujourd'hui la nervosité est essentiellement de leur coté. En Europe, l'Occident s'évertue à restaurer un climat de guerre froide avec la Russie. Au Moyen Orient, il s'amuse à livrer des guerres de nature coloniale sous prétexte de lutter contre le terrorisme et pour la défense de la démocratie et les droits de l'homme.

Réinvestir le terrain des valeurs

L'Occident est confronté à une crise profonde qui le laisse désemparé. Son système économique produit toujours plus d'inégalités, sans plus créer de richesses. Le niveau de vie se dégrade. La crise systémique menace, sans que quiconque puisse l'éviter faute d'être en mesure d'imaginer des solutions alternatives. L'Horizon est bouché et le déclin est inexorable.

C'est pourquoi l'occident panique. Les gouvernants cherchent par-dessus tout à éviter le tête à tête avec leur opinion publique, qui pourrait les conduire devant le tribunal de l'histoire. Pour cela, rien de mieux que de s'inventer des ennemis et de livrer des guerres. Plus symboliques d'ailleurs que militaires car l'Ouest n'a plus les moyens de ses ambitions et plus guère de moyens de pressions sur ses nouveaux ennemis. La mondialisation qu'il a mis en place pour ses multinationales, fonctionne désormais au bénéfice exclusif des pays à bas coûts de main d'œuvre et des exportateurs d'hydrocarbures. Aujourd'hui, c'est eux qui ont l'argent. L'occident n'a plus que des dettes et des besoins non satisfaits.

Puisque la guerre économique est perdue et qu'elle fera des dégâts que l'on fera tout pour cacher, il faut réinvestir le terrain des valeurs, le seul qui puisse encore accréditer l'idée de la supériorité intrinsèque de l'Occident. Le clash des civilisations, voilà la solution pour demeurer, dans l'esprit de tous, le camp du progrès, de la liberté, des droits de l'homme et de la démocratie.

Medevdev n'y trompe pas lorsqu'il appelle les américains à s'occuper d'avantage de leur économie et moins de politique internationale « parce que l'économie américaine est au cœur de très nombreux problèmes »
En attendant, la figure de l'odieux taliban, terroriste international et barbare sanguinaire, comme celui de l'ours russe, mal élevé, imprévisible et brutal sont deux bénédictions pour les dirigeants occidentaux.

Retrouvez le blog de Malakine.
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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 12:39
Rosetta se rapproche de l'astéroïde Steins, sa première cible
 
La sonde européenne Rosetta doit croiser sur son chemin un petit astéroïde dénommé Steins le 5 septembre prochain. A mi-distance de son objectif final, la comète Churyumov- Gerasimenko, elle en profitera pour fournir de précieuses informations sur une famille d'astéroïdes encore peu connue.


La sonde Rosetta passera à seulement 800 km de l'astéroïde.
Crédit: ESA/AOES Medialab


Rendez-vous le 5 septembre

"Il existe seulement une vingtaine d'astéroïde de ce type sur plus de 165 000 découverts à ce jour. C'est la première fois qu'on a l'occasion d'en observer un de près." Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au CNES, ne cache pas son enthousiasme.

Lui qui suit la sonde depuis son lancement en 2004, attendait ce premier rendez-vous avec impatience. Car Rosetta est censée croiser 2 astéroïdes au cours des 10 années que dure son voyage, lors de ses traversées de la ceinture principale d'astéroïdes entre les orbites de Mars et de Jupiter. La première rencontre aura lieu le 5 septembre prochain avec un petit objet de 5 km de diamètre qui répond au nom de Steins.

La sonde survolera l'astéroïde à 800 km d'altitude à 20h37 (heure de Paris) et à la vitesse de 8,6 km/s. Certains de ses instruments prendront des photos de la surface de Steins à différentes longueurs d'ondes et avec une résolution de quelques mètres.


La sonde Rosetta est en orbite depuis 2004.
Crédit: ESA/AOES Medialab

"Nous connaîtrons ainsi mieux la forme de cet astéroïde. Il s'agit aussi de préciser sa composition que nous pensons a priori faite essentiellement de silicates pauvres en fer. Quant au nombre et à la localisation des cratères, ils vont nous renseigner sur l'histoire de l'astéroïde.» explique Philippe Gaudon.

Les scientifiques espèrent, grâce à ces précieuses informations, en savoir plus sur la formation et l'évolution des astéroïdes du système solaire interne de façon à compléter les connaissances sur un environnement finalement assez proche de la Terre.

L'exploration cométaire

Même si cette partie de la mission présente un grand intérêt, l'objectif final reste l'exploration cométaire. "Une comète vue depuis la Terre, c'est une petite tête brillante suivie d'une queue immense et diffuse. En réalité, c'est un corps de glace de quelques km de diamètre avec un noyau qui se sublime (se vaporise) en se rapprochant du soleil", décrit Philippe Gaudon.


Largage de l'atterrisseur de Rosetta en 2014.
Crédit: CNES

Rosetta est constituée d'un orbiteur qui gravitera autour du noyau de la comète Churuymora Gerasimenko en 2014 et d'un atterrisseur, Philae, qui se posera à sa surface. Ainsi, rien n'échappera à la sonde: elle prendra des images de la surface, analysera le contenu des gaz et des poussières de la queue, et réalisera une véritable radiographie du noyau. Elle effectuera aussi grâce à Philae des prélèvements et beaucoup d'analyses in situ.


L'atterrisseur en approche de la comète Churyumov Gerasimenko
Crédit: CNES/Ill. Laurence Mossay

"Cette mission est européenne, précise Philippe Gaudon, chaque pays membre a apporté sa contribution. Le CNES a participé au financement d'un grand nombre d'instruments scientifiques (12 sur l'orbiteur, 10 sur l'atterrisseur). Nous avons fourni les batteries de l'atterrisseur et développé son segment sol. Le système de communication entre l'orbiteur et l'atterrisseur est également signé CNES."

L'espoir est de trouver dans la glace de la surface du noyau ou dans les gaz et les poussières de la queue des molécules complexes et variées. Cela viendrait étayer l'hypothèse selon laquelle les comètes auraient contribué à l'apparition de la vie sur Terre.

Source:CNES - 25/08/2008

Cordialement
Jean
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Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@versateladsl.be
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Rassemble les derniers instants qu'il te reste, ils te seront de grandes valeurs
et partage les avec une personne de choix, ils deviendront encore plus précieux.
         
     
   
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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 17:32
W5, véritable arbre généalogique stellaire
 
Plusieurs générations d'étoiles peuvent être observées dans ce nouveau clichéinfrarouge du télescope spatial Spitzer. Dans cette pépinière d'étoiles, appelée W5, les étoiles les plus anciennes sont les taches bleues aux centres des deux cavités (d'autres points bleus sont des étoiles de fond ou de premier plan non associées à la région). De plus jeunes étoiles tapissent les rebords des cavités, comme les taches roses situées aux bouts des piliers en forme de trompe d'éléphant. De plus jeunes étoiles se forment dans des zones blanches inextricables. Les endroits de couleur rouge représentent des secteurs où la poussière échauffée infiltre les cavités, ceux de couleur verte sont des régions de nuages denses.


W5, un arbre généalogique d'étoiles

W5 couvre un secteur du ciel équivalent à la surface de quatre pleines lunes et se situe à environ 6.500 années-lumière dans la constellation de Cassiopée. L'image de Spitzer a été réalisée sur une période de 24 heures.

Comme d'autres régions de formation d'étoiles, telles Orion et Carina, W5 contient de grandes cavités qui ont été creusées par le rayonnement et les vents des étoiles les plus massives. Selon la théorie de déclenchement de la formation d'étoiles, le creusement de ces cavités repousse le gaz, l'entraînant à s'enflammer dans des générations successives de nouvelles étoiles.

Cette image est une des meilleures démonstrations de la théorie actuelle du déclenchement de la formation des étoiles. Les scientifiques en analysant la photo ont pu montrer que les âges des étoiles deviennent progressivement et systématiquement plus jeunes avec leur distance depuis le centre des cavités.

Le cliché est une composition en trois couleurs montrant les observations dans l'infrarouge de deux instruments de Spitzer. Le bleu représente la lumière à 3.6 microns et le vert celle à 8 microns, toutes les deux capturées par la caméra infrarouge de Spitzer. Le rouge est la lumière à 24 microns détectée par le photomètre d'imagerie multi bandes de l'observatoire spatial.

Source:Spitzer News Release & Gilbert Javaux - PGJ Astronomie
Illustration:NASA/JPL-Caltech/L. Allen & X. Koenig (Harvard-Smithsonian CfA)

Cordialement
Jean
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 16:55

Dix paras français abattus comme au tir aux pipes dans une embuscade dans un défilé des montagnes afghanes non loin d’une localité du nom de Saroubi à l’Est de Kaboul.

 

Des familles endeuillées, d’autres, de tous les pays de l’OTAN, se morfondant – on les comprend – d’inquiétude pour leurs fils et filles engagés avec une légèreté coupable dans ce conflit.

 

Nous assistons là – et une fois de plus – au terrible échec de « l’occidentalisme » qui a été dénoncé depuis longtemps sur ce blog (d’abord lorsqu’il s’appelait « astropole » jusqu’à aujourd’hui). L’occidentalisme, ce manichéisme théorisé par Samuel Huntington dans « Le choc des civilisations » (Odile Jacob, 1997) appelé aussi « unilatéralisme » à l’opposé du « multilatéralisme », représenté en haut lieu dans l’administration Bush, a encore une fois sévi. La Yougoslavie, l’Irak, le refus d’un vrai dialogue israélo – palestinien par le soutien non caché aux faucons de Jérusalem et l’isolement des Palestiniens derrière un mur que personne n’a encore osé appeler « de la honte ». Et, enfin, dernière frasque : la Géorgie. Après avoir poussé les Géorgiens à la provocation en les incitant (et même les aidant, d’après certaines sources), les Américains veulent une fois de plus imposer leur suprématie par la force, avec l’aide de l’OTAN qui, malgré tout, s’est montré divisée sur la question géorgienne. L’alignement systématique sur les positions étatsuniennes commence à attraper du plomb dans l’aile.

 

C’est l’émotion suscitée par les attentats du 11 septembre 2001 qui ont été surmédiatisés par le clan néoconservateur américain, qui a déclenché l’intervention américaine puis celle de l’OTAN dans la guerre en Afghanistan pour lutter contre Al Qaida, les Talibans et « le terrorisme ». On a assisté à des épisodes grotesques dont l’impossibilité de mettre la main sur Ben Laden et la rocambolesque fuite en moto du mollah Omar.

 

On a la mémoire un peu courte dans le camp « occidentaliste ». « On » oublie que les Talibans ont été installés au pouvoir en Afghanistan par la volonté des Etats-Unis et de Reagan en particulier pour chasser les Soviétiques d’Afghanistan. Il s’agissait d’unifier les différentes tribus afghanes afin de devenir une armée efficace contre les Soviétiques. Les Talibans sont donc une création purement artificielle des Etatsuniens. De plus, les Américains ont fourni aux Talibans les armes les plus sophistiquées comme les fameux « Stringers » qui permettent à un seul homme d’abattre presqu’à coup sûr tout aéronef volant dans les parages. Les Talibans se sont retournés par après contre les Occidentaux et ont entraîné des groupes terroristes qui ont fait du dégât aux USA et en Europe (le 11 septembre, Londres, Madrid, etc.).

 

Cela dit, et c’est la première fois, le drame vécu par les hommes du 8e RPIMa de Castres semble susciter des doutes dans le camp occidentaliste. Dans un article du « Monde » du 21 août 2008, les journalistes Sylvain Cypel (à New York) et Natalie Nougayrède mettent en évidence deux problèmes :

1) « Les problèmes de l'effort international en Afghanistan sont identifiés depuis longtemps : manque de coordination entre le militaire et le travail de reconstruction, manque de troupes étrangères, corruption des autorités afghanes, spectre d'un narco-Etat. Mais face à une crise qui a pris une forte dimension régionale, des questions-clés, notamment celle de savoir s'il faut entamer un dialogue avec des talibans dits "modérés", ou bien quelle stratégie déployer face à la déstabilisation du Pakistan, n'ont toujours pas trouvé de réponse cohérente.

De l'avis de nombreux experts, certaines de ces réponses ne pourront pas être apportées avant l'arrivée d'une nouvelle administration américaine. »

Il est intéressant de noter que Barack Obama soutient l’idée d’un retrait partiel des troupes américaines en Irak pour renforcer le contingent Etatsunien en Afghanistan. Son « challenger » Mac Cain estime qu’il faut envoyer des troupes partout où les « intérêts » occidentaux sont menacés (Géorgie, Irak, Afghanistan). On se demande avec quels moyens il y arrivera, les capacités de l’armée américaine, en dépit des vertigineuses augmentations des budgets militaires à l’époque « bushienne », sont limitées et les événements que nous vivons prouvent qu’il est impossible pour les USA comme pour l’OTAN d’être présents de manière efficace sur tous les fronts.

2) La crainte évidente des milieux « occidentalistes » d’un échec majeur au Moyen Orient est pleinement justifiée. Les deux journalistes du « Monde » ajoutent : « Aux Etats-Unis, une certaine inquiétude gagne les milieux sécuritaires : l'Afghanistan est-il un bourbier ? En juin, pour la première fois, les pertes américaines ont été plus lourdes en Afghanistan qu'en Irak. Et la situation "va empirer dans les six prochains mois ", pronostique Bruce Riedel, un ancien de la CIA spécialiste de la région, qui estime que l'OTAN est sous-équipée "en hommes et en matériel" pour résister efficacement à l'offensive de ses adversaires.

"L'OTAN est en train de perdre cette guerre", dit pour sa part Michael O'Hanlon, expert des questions de défense de la Brookings Institution à Washington. La mesure la plus urgente serait selon lui d'envoyer quatre brigades supplémentaires. "Deux américaines et deux européennes ; 20 000 soldats de plus, ce serait insuffisant, mais assez significatif" pour éviter une débâcle.

L’intellectuel afghan, Ahmed Rachid, qui s’est spécialisé dans l’analyse du mouvement « taliban » fait une analyse assez pessimiste, mais indubitablement réaliste de la situation dans son pays.

« On assiste aujourd'hui à la première double offensive des talibans, en Afghanistan et au Pakistan, depuis le 11-Septembre.

La stratégie talibane est désormais de gagner autant de territoires que possible, de gagner autant d'influence auprès de la population que possible, et de créer une telle crise au sein de l'OTAN qu'un ou deux pays annoncent leur retrait de la coalition militaire présente en Afghanistan.

Les talibans cherchent des opportunités d'intervenir sur la scène internationale également à cause de l'élection américaine et du vacuum qui va exister durant quelques mois aux Etats-Unis. Et même si les Américains voulaient envoyer des renforts en Afghanistan, ils ne le pourraient pas.

Les talibans donnent à leur combat une véritable dimension politique et stratégique. Il va y avoir de plus en plus de combats jusqu'à l'entrée en fonctions du nouveau président américain. Puis, un jour, Washington et l'OTAN seront forcés de négocier avec les talibans.

(…)La double attaque contre la base américaine de Khost et la patrouille française près de Kaboul est-elle le signal d'une intensification des opérations militaires talibanes ?

Des centaines de combattants sont en train d'arriver d'Irak, des Arabes. Arrivent aussi beaucoup de Pakistanais, et d'islamistes du Cachemire et d'Asie centrale. Tous ces gens sont bien entraînés et mieux armés qu'auparavant. L'opération contre les soldats français n'est pas si extraordinaire. Les attaques et les attentats-suicides sont de plus en plus sophistiqués, et vont continuer.

Les combattants sont recrutés de l'autre côté de la frontière, au Pakistan. N'oublions pas qu'il y a autant de pachtounes pakistanais qu'afghans. Les talibans n'ont pas de problème pour trouver des combattants.

En général, une guérilla perd une guerre parce qu'elle manque d'hommes et de moyens. Mais il est difficile de vaincre une insurrection qui n'a ni problème de combattants ni problème de ressources financières, les talibans pouvant compter sur l'argent de la drogue. »

Ajoutons qu’en dehors de l’OTAN, les Talibans n’ont pas d’adversaire sérieux. Ce n’est pas le gouvernement de Karzaï cloîtré dans un bunker à Kaboul et une armée peu fiable bourrée d’espions, qui peuvent gêner les Talibans dans leur incontestable progression en Afghanistan. D’ailleurs, Karzaï est loin d’être sûr : il est soupçonné lui aussi de trafic de drogue. Il est vrai que le pavot est la seule ressource dans ce pays !

D’autre part, Les propagandistes occidentalistes ne cessent de nous assommer avec la « guerre contre le terrorisme » - Sarkozy vient de le répéter lors de son éloge funèbre des dix paras du 8e RPIMa tués au combat – en oubliant un élément essentiel : on ne fait pas la guerre contre une arme – car le terrorisme est une arme et rien d’autre – mais contre ceux qui usent de cette arme. Or, on n’arrive pas à définir clairement de qui il s’agit. On sert Al Qaida à toutes les sauces : qu’il y ait des attentats en Algérie, c’est Al Qaida, en Turquie, c’est Al Qaida. Al Qaida est partout ! Gageons plutôt qu’il n’est nulle part. A la limite, on diffusera l’image d’un Ben Laden en démiurge du terrorisme qui prépare et ordonne les attentats de sa grotte à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan !

Cela dénote une réelle impuissance de la part des occidentalistes. Ils n’ont pas identifié clairement l’ennemi qu’ils combattent depuis une décennie. Comment veut-on gagner une guerre dans ces conditions ? En réalité, l’ennemi est une mosaïque de tribus et de bandes armées ayant une connaissance approfondie du terrain dont le point commun est une interprétation radicale de l’Islam qui sert ici plus de « ciment » que de religion. Cet Islam là est plus un code social de type médiéval que des préceptes religieux. D’ailleurs, la plupart des exégètes musulmans ne reconnaissent pas leur religion dans ce fatras « salafiste ». Cela dit, ce poison s’est répandu dans tout le Moyen Orient et dans les communautés musulmanes en Europe. Est-on vraiment capable de vaincre tout cela ? L’ancien ministre des affaires étrangères français, Hubert Védrine, qui avait averti le gouvernement Sarkozy – Fillon des dangers de « l’occidentalisation » de la guerre en Afghanistan ne se montre guère optimiste dans une interview qu’il a accordée à « France Soir » du 1er avril dernier, suite à son avertissement.

« Est-on en train de perdre en Afghanistan ? Je n’ai pas les rapports d’expertise. Mais tout dépend des objectifs que l’on souhaite atteindre. Reconstruire l’Afghanistan ? C’est inatteignable, car c’est un Etat qui n’existait pas avant la guerre. Eradiquer tout réseau terroriste sur le sol afghan ? Ce sera dur, pour ne pas dire impossible compte tenu du terrain difficile et de la culture tribale du pays. En revanche, s’il s’agit de maintenir une pression pour empêcher de se constituer une base terroriste, avec des camps d’entraînement qui exporteront la violence dans le monde entier, alors nous pouvons y arriver. »

Cependant, ce n’est certes avec ce manque de coordination stratégique et tactique que l’on y arrivera. De plus, comme nous l’avons vu, les buts de guerre sont loin d’être bien définis.

L’ancien ministre conclut : « L’occidentalisme est en revanche une attitude agressive de l’Occident, sur la défensive face à ce qu’il considère comme la menace arabe ou chinoise. C’est une politique extrêmement dangereuse. Ses défenseurs, que l’on retrouve notamment dans l’administration Bush, considèrent en effet que l’Occident doit passer à l’offensive pour défendre ses intérêts. »

Il faudra que la diplomatie reprenne le dessus. Cela implique de renoncer à l’idéologie du « choc des civilisations » qui a déjà fait tant de dégâts. Il est indispensable d’en revenir au «multilatéralisme » après le sanglant échec de « l’unilatéralisme » occidentaliste.

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Published by pierre verhas
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 22:31

Toute guerre est atroce, avec son lot de civils morts, étripés, violés, des villes détruites qu'il faudra des années à reconstruire. Eviter la guerre, sans pour autant sombrer dans un pacifisme béat, devrait être l'objectif de tous.

A qui la faute ? Avant tout à « l'Occident ». Tout montre que le scénario yougoslave recommence. Les Européens qui se veulent médiateurs, prennent fait et cause pour une des parties : la Géorgie. Kouchner - qui a déjà laissé un très mauvais souvenir en tant que délégué de l'ONU au Kosovo, où il a défavorisé systématiquement la minorité serbe - est envoyé par Sarkozy et propose d'emblée un plan de paix réclamant un cessez-le-feu et le retrait unilatéral des forces russes de Géorgie. Ce plan est évidemment accepté par Mikhaïl Saakachvili, le président géorgien. Il est rejeté par les Russes. Le bouillant et très brouillon chef de la diplomatie française a oublié que la Russie n'est pas la Serbie.

Les Russes ont-ils « provoqué » la Géorgie ? C'est possible mais non prouvé. Ils auraient fomenté des troubles en Ossétie du Sud pour forcer Saakashvili à intervenir militairement. Ce qu'il a fait. Cela a donné prétexte à Medvedev et Poutine de déclencher une opération militaire d'envergure, sans doute préparée depuis longtemps. On ne déploie pas autant de chars en deux jours d'un tour de cuiller à pot.



Néanmoins, la grande faute des Occidentaux et des Américains en particulier est de grignoter la zone d'influence russe. D'abord en Yougoslavie, ensuite en Ukraine et aussi en Géorgie qui est candidate à l'entrée dans l'OTAN, ce que les Russes ne peuvent en aucun cas accepter.

Il y a ensuite le fameux oléoduc Mer Caspienne - Mer Méditerranée qui passe à quelques kilomètres au Sud de l'Ossétie méridionale et qui, dès lors, échappe au contrôle russe.

En envahissant l'Ossétie du Sud, croyant sans doute à un soutien concret des Occidentaux, Saakachvili a commis une grave erreur stratégique qui risque de lui valoir sa place de chef de l'Etat géorgien. « Plusieurs facteurs expliquent l'éclatement du conflit. Le nationalisme imprudent du président géorgien Mikhaïl Saakachvili ne peut être passé sous silence. Il s'est fait élire en 2004 avec la promesse de « réunifier » son pays, c'est-à-dire de reprendre le contrôle des régions indépendantistes comme l'Ossétie du Sud ou l'Abkhazie. Ses pressions ont été tellement mal vécues que les Ossètes méridionaux ont proclamé leur « indépendance » par référendum en 2006. La semaine dernière, des troubles ont éclaté en Ossétie du Sud dans des conditions encore mal éclaircies. Ce qui est sûr, c'est que l'armée géorgienne en a profité pour essayer de reprendre le contrôle de la région. » Telle est l'analyse d'Eric Dupin de Marianne2.fr (11 août 2008). Et puis, Saakachvili a déclenché la guerre sans mesurer les immenses sacrifices qu'il imposait ainsi à son peuple.

De l'autre côté, les Russes sont connus pour ne pas faire dans la dentelle, d'autant plus qu'ils s'attaquaient à une petite armée mal équipée, mal entraînée, malgré l'aide des Américains. Et puis, ils ont ainsi leur revanche sur le Kosovo. Poutine a parlé de « génocide » en Ossétie du Sud, c'est manifestement exagéré, mais pour une fois, il s'attribue le beau rôle. C'est donc tout bénéfice pour la Russie : elle fait comprendre aux Occidentaux que la Russie dispose toujours de sa zone d'influence.

L'analyse de M. Eric Hoesli, spécialiste du Caucase (le Soir 12 août 2008) est intéressante et résume bien la situation.

1) « Pour la Russie, c'est une alliance militaire hostile [l'OTAN] qui cherche à l'encercler. Les Russes n'ont pas oublié le rôle offensif de l'Alliance atlantique en Afghanistan ou en Serbie. Le présent conflit apparaît, pour la Russie, comme un test de crédibilité. Peu de régions caucasiennes lui sont favorables. Les Ossètes et, dans une moindre mesure, les Abkhazes sont les plus prorusses. L'Arménie a aussi des sympathies pour son grand voisin. Pour Moscou, il était dès lors impensable de laisser les Géorgiens occuper le territoire d'un allié sans réaction. Le pouvoir russe devait montrer qu'il peut tenir ses promesses de puissance protectrice. Le Kremlin risque de profiter du peu de temps qu'il lui reste pour humilier Mikhaïl Saakachvili sans s'aliéner complètement l'opinion publique géorgienne en portant des coups très coûteux à sa défense »


2) « Le calcul de Saakachvili est certes de démontrer aux opinions publiques américaine et européenne que la Géorgie est à la merci des sautes d'humeur du Kremlin. Trop faible, elle n'aurait pas d'autre option que d'adhérer à l'Otan, objectif prioritaire de Tbilissi depuis 2004. Toutefois, la Géorgie ne figure pas sur le protocole d'adhésion adopté par les membres de l'Otan au sommet de Bucarest. Maintenant, après l'intervention géorgienne en Ossétie du Sud, on peut se demander quelle sera l'attitude de l'Otan. Le fait que la Géorgie est prête à utiliser la force pour régler un problème interne pourrait pousser les membres de l'Alliance atlantique à penser qu'elle est un partenaire trop encombrant. »

Il convient d'ajouter l'analyse du professeur Charles Urjewicz dans « Libération » du 14 août : « Par ailleurs, alors que le pays est confronté à une situation économique difficile, singulièrement aggravée par la hausse des matières premières, le retour de Shida Kartli (nom géorgien de l'Ossétie du Sud) au sein de la nation aurait permis au président Saakachvili, que ses opposants accusent de dérive autoritaire, de redorer un blason singulièrement terni depuis la brutale répression des manifestations de l'automne 2007. Retour d'autant plus important que le président géorgien a promis solennellement à son peuple de lui rendre les territoires perdus dans les plus brefs délais ; il en va d'une part non négligeable de sa légitimité.
L'impatience géorgienne avait d'autres causes. La présence à ses frontières d'une Russie de plus en plus riche et puissance, et dont le pouvoir d'attraction est d'autant plus grand qu'elle avait complaisamment octroyé la citoyenneté aux habitants des territoires sécessionnistes, Abkhazie et Ossétie du Sud, inquiète fortement la république de Géorgie. On y craint une intégration rapide de ces territoires dans la Fédération de Russie, accusée de menées annexionnistes. De fait, la perspective des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, pourrait accélérer l'absorption des républiques séparatistes dans le tissu économique russe, rendant leur retour dans l'Etat géorgien difficile, voire impossible. »

Il y a donc des causes intérieures dans l'attitude de Saakachvili qui semble ne pas être le bon démocrate et le bon gestionnaire tel que dépeint par les Occidentaux.

Reprenons le raisonnement d'Eric Hoesli.

3) « Ils [les Occidentaux] sont en pleine contradiction. Une fois que les Serbes avaient pris des mesures contre la purification ethnique, on leur a dit qu'ils avaient perdu le droit moral de présider aux destinées du Kosovo. Les Ossètes sont une minorité ethnique totalement différente des Géorgiens. Ils sont issus des Scythes, ces nomades des steppes qui ont grandement influencé la culture du Nord Caucase. Leur langue n'a rien à voir avec le géorgien. Si l'on applique les critères du Kosovo, ils devraient pouvoir demander leur indépendance. »

Ce que pour des raisons évidentes, les Occidentaux refusent car l'indépendance de l'Ossétie augmenterait l'influence russe dans le Caucase et permettrait surtout à la Russie de contrôler le fameux oléoduc Caspienne - Méditerranée indispensable pour les Américains en particulier.

4) « La Russie, engluée dans ses nostalgies impériales, n'arrive pas encore à accepter que d'anciennes républiques soviétiques soient des États pleinement souverains. Elle doit pourtant finir par l'admettre. Quant à la Géorgie, l'État caucasien qui a reçu le plus d'aide américaine par habitant après Israël, elle n'accepte toujours pas la différence, car ce serait remettre en question son existence. Elle devrait aussi accepter qu'elle a une frontière avec l'État russe. Avec une diaspora géorgienne de un million de travailleurs en Russie, avec son principal débouché d'exportations, elle ne peut pas faire comme si elle n'existait pas. »

Cependant l'affaire est loin d'être conclue. A entendre les leaders occidentaux, ils sont prêts à accepter la paix, à la condition que la Russie se retire totalement de la Géorgie, ce qui est inacceptable pour elle et créerait une zone de troubles graves dans les territoires qui lui sont favorables.
D'ailleurs, la gigantesque machine de propagande occidentale s'est mise en route. CNN diffuse des nouvelles fausses destinées à inquiéter comme une soi-disant offensive russe sur Tbilissi, la capitale de la Géorgie. En France « la police de la pensée » germanopratine s'est mobilisée. Dans le même « Libération » du 14 août, notre grand ami Bernard Henri Lévy et André Glucksmann ont lancé le signal de l'offensive : « Il reste peu de temps. Commençons donc par énoncer qui est l'agresseur : la Russie de Poutine et de Medvedev, ce «libéral» fameux et inconnu censé pondérer le nationalisme du premier. Rompons, ensuite, avec le régime de la tergiversation et des vessies prises pour lanternes : les 200 000 tués de Tchétchénie, des «terroristes» ; le sort du Caucase Nord, une «affaire intérieure» ; Anna Politkovskaïa, une suicidaire ; Litvinenko, un ovni... Et admettons enfin que l'autocratie poutinienne, née par la grâce des attentats obscurs qui ensanglantèrent Moscou en 1999, n'est pas un partenaire fiable, encore moins une puissance amie. De quel droit cette Russie là, agressive et de mauvaise foi, est-elle encore membre du G8 ? Pourquoi siège-t-elle au Conseil de l'Europe, institution vouée à défendre les valeurs de notre continent ? A quoi bon maintenir les lourds investissements, notamment allemands, du gazoduc sous la Baltique pour le seul avantage - russe - de court-circuiter les tuyaux qui passent par l'Ukraine et la Pologne ? Si le Kremlin persiste dans son agression caucasienne, ne convient-il pas que l'UE reconsidère l'ensemble de ses relations avec son grand voisin ? Il a autant besoin de vendre son pétrole que nous de l'acheter. Il n'est pas toujours impossible de faire chanter un maître chanteur. L'Europe, si elle trouve l'audace et la lucidité de relever le défi, est forte. Sinon, elle est morte. »

Voilà donc l'avertissement lancé et l'amalgame. Qu'ont à voir Anna Politkovskaïa et Litvinenko dans cette affaire ? Pour ces deux intellectuels, il faut faire rentrer l'Ukraine et la Géorgie dans l'OTAN, ce qui serait la garantie d'un conflit majeur entre la Russie et l'Amérique avec comme champ de bataille l'Europe centrale. Et puis, que ferait l'OTAN face à la puissance russe ? Elle est déjà incapable de neutraliser une armée en haillons, les Talibans en Afghanistan.

Voilà donc de la part de nos flics de la pensée un raisonnement ringard, un raisonnement de guerre froide tel que le tient le lobby néoconservateur américain. En effet, les Etatsuniens pensent toujours en termes de guerre froide malgré la chute du Mur de Berlin. D'ailleurs, le projet de bouclier anti-missile en Tchéquie, soi-disant visant l'Iran, est un geste typique de guerre froide.

Si les Européens veulent retrouver une certaine influence, ils doivent se refuser de s'aligner sur cette « pensée de la guerre froide » et exiger aussi bien des partenaires Américains que Russes de cesser de raisonner ainsi. Il convient une fois pour toutes de délimiter les zones d'influences de chacun et non d'essayer de grignoter systématiquement celles de la Russie.

La Russie n'est certes pas un exemple de démocratie, mais les Etats-Unis non plus au regard de Guantanamo et des assassinats politiques qui reprennent, comme celui du chef du parti démocrate en Arkansas. Et la France évolue de plus en plus vers un régime autoritaire comme nous aurons l'occasion de le voir bientôt.

L'Europe doit accepter un nouveau partage des zones d'influences entre les trois grands partenaires de l'hémisphère Nord : les Etats-Unis, la Russie et l'Europe.

Il y a quelques années, l'idée avait été émise par quelques hommes politiques de fixer les frontières de l'Europe. On s'était gaussé de cette idée jugée ringarde par l'establishment, voire porteuse d'un racisme « nauséabond ». Aujourd'hui, on s'aperçoit que ce projet n'était pas si stupide. Les Européens n'ont rien à faire dans le giron russe, surtout si c'est pour défendre les intérêts pétroliers américains. Il faut une fois pour toutes sortir de cette doctrine nuisible qu'est le néoconservatisme qui entretient cette idée abominable de choc des civilisations.

La paix est à ce prix.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 12:47
 
Le 11 aout, la sonde spatiale Cassini a focalisé ses caméras et autres instruments de télémesure sur la lune Encelade de Saturne en mettant l'accent sur la zone du pôle Sud de la lune, là où des fissures et des fractures plus ou moins parallèles surnommées Tiger Stripes tapissent la région. Ce secteur est d'un intérêt particulier en raison des geysers de glace d'eau et de vapeur sortant de ces failles et qui alimentent en matière l'anneau E de la planète géante. Les scientifiques espèrent en apprendre plus sur les fissures et savoir si l'eau liquide est effectivement le moteur qui alimente les geysers.

A son point le plus proche de la surface, la sonde a survolé Encelade à 50 km d'altitude, à la vitesse relative de 17,7 kilomètres par seconde
.

Cairo Sulcus traverse la partie supérieure de cette image.
Une fracture s'incurve autour du coin inférieur droit.
L'image a été prise par le téléobjectif de Cassini le 11 Août 2008,
à une distance d'approximativement 3027 kilomètres au-dessus de la surface.
L'échelle est d'environ 20 mètres par pixel.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir


Damascus Sulcus traverse la partie supérieure de cette image.
L'image a été prise par le téléobjectif de Cassini le 11 Août 2008,
à une distance d'approximativement 4742 kilomètres au-dessus de la surface.
L'échelle est d'environ 30 mètres par pixel.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir


Une région proche de Cairo Sulcus jonchée de blocs de glace.
L'image a été prise par le téléobjectif de Cassini le 11 Août 2008,
à une distance d'approximativement 1288 kilomètres au-dessus de la surface.
L'échelle est d'environ 10 mètres par pixel.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Deux autres survols d'Encelade sont prévus pour octobre. Le premier d'entre eux permettra de réduire la distance du survol de lundi de moitié et portera la sonde à un remarquable 25 kilomètres de la surface. Encelade mesure environ 500 km de diamètre, un septième du diamètre de notre propre Lune.

Source:NASA& Gilbert Javaux - PGJ Astronomie
Illustrations:NASA/JPL/Space Science Institute

Cordialement
Jean
===========================================================
Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB)
http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex)
http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
Jean Schwaenen apexoccult@versateladsl.be
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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 09:35

Il y a bien longtemps que les Jeux olympiques dits « modernes » ne répondent plus aux principes édictés par leur fondateur, le français Pierre Coubertin.

 

Les intérêts financiers et la politique se sont introduits dans ce show médiatique qui touche le monde entier. Mais, à ses jeux, toutes les barrières de l’absurde ont été franchies. Passons-les en revue.

 

1)     La « démocratie »

 

Les JO s’accommodent mal des régimes totalitaires. 1936, Berlin, 1968, Mexico – à l’époque le Mexique était une dictature, aujourd’hui c’est plus ou moins une démocratie, mais c’est surtout la domination des cartels de la drogue -, 1980, Moscou. Avoir accepté Pékin était une erreur colossale. La candidature de Pékin avait été agréée encore du temps de Samaranch qui est un personnage que les scrupules démocratiques n’envahissent guère. La Chine avait promis à l’époque une substantielle avancée démocratique qui serait concrétisée à l’ouverture des Jeux. On a vu ce qu’il en était. Il fallait faire preuve de naïveté ou de duplicité (sans doute les deux) pour donner du crédit ne fût-ce qu’un seul instant à cet « engagement » de l’Empire du Milieu.

 

La presse allemande écrit : « Au milieu d'une presse allemande assez critique à l'égard de ces jeux, le quotidien Frankfurter Rundschau estime qu'un seul constat s'impose : « La Chine est encore le pays de la non-liberté. Malgré des avancées sociétales, malgré la croissance économique, malgré des logements modernes, la toute puissance du parti communiste reste la même. Les libertés apparentes dans la vie quotidienne des Chinois, comme les vacances à l'étranger, ne sont en réalités que des faveurs accordées par le parti » (voir édition électronique du « Courrier international »).

 

Pour cette manifestation de prestige qui ne durera que trois semaines, il a été dépensé des centaines de millions d’Euros, des quartiers entiers ont été rasés pour le village olympique, jetant des milliers d’habitants dans la rue. Une question : que deviendront ces installations flambant neuves après les Jeux ? Voilà un beau sujet de reportage pour un futur proche.

 

2)     Les réactions

 

Suite à la répression au Tibet, au début de l’année, d’importantes manifestations ont été organisées un peu partout dans les pays occidentaux sous la houlette de « Reporters sans frontières » (RSF). Cette organisation n’est pas exempte de tout soupçon car, à plusieurs reprises, elle a été surprise par son dévouement aux services secrets américains.

 

D’autre part, ces manifestations et notamment les attaques contre la flamme olympique, ont eu pour effet de réveiller le nationalisme non seulement en Chine, mais aussi dans la diaspora chinoise qui y voyait un mouvement d’hostilité à l’égard de leur pays au-delà des clivages idéologiques.

 

3)     Les vraies raisons

 

Dans cette organisation des JO, il est manifeste que ce sont les colossaux intérêts financiers des multinationales en Chine qui ont fait pression pour que tout « se passe bien ». Sarkozy, dit Pétain-le-petit, avait adopté une position matamoresque puis a fait une courbe rentrante – il est vilain d’aller à l’encontre de ses bons amis, les grands patrons du CAC 40 – pour faire un « saut de puce » à Pékin. Cela n’est pas très honorable. Il aurait mieux valu la fermer et faire comme Angela Merkel qui a pris prétexte de son agenda pour ne pas assister à la cérémonie d’ouverture.

 

Il y a aussi des raisons politiques. On a besoin de la Chine pour faire pression sur l’Iran et contrebalancer la volonté de puissance russe. Les Droits de l’homme sont en tout cas bien loin de ces préoccupations géopolitiques.

 

4)     Et le sport dans tout cela ?

 

Il est bien malmené. Le CIO (Comité international olympique) dirigé par le Belge Jacques Rogge, montre une faiblesse sans pareil à l’égard des Chinois et dans la lutte contre le dopage, malgré les déclarations musclées de Rogge.

 

D’ailleurs, cela a bien commencé. Le match de football opposant les espoirs brésiliens aux espoirs belges a tourné au ridicule. L’arbitrage de toute évidence était de parti pris pour les Brésiliens en sanctionnant par l’exclusion deux fautes imaginaires de jeunes joueurs belges.

 

Il est clair que tout sera fait pour que la Chine emporte un maximum de médailles.

 

Ah oui ! Cerise sur le gâteau et elle est Belge. Le fils de Jacques Rogge, Philippe Rogge, est le chef de la délégation belge. Dans ces milieux-là, le népotisme existe aussi.

 

Laissons la conclusion à   Xu Guogi comme le rapporte l’édition électronique du « Courrier international ».


« Dans son livre Olympic Dreams, l'historien Xu Guoqi décrit parfaitement comment les Jeux olympiques et la vie politique s'entremêlent en Chine, où cet événement sportif mondial évoque depuis plus d'un siècle les idées de sursaut nationaliste et de prestige. Les Chinois ne se sont lancés dans les sports de compétition qu'après leur humiliante défaite militaire contre les Japonais, en 1895, et c'est pour contrecarrer une manœuvre de propagande japonaise qu'ils ont participé pour la première fois aux Jeux olympiques de 1932, à Los Angeles. Les Japonais venaient d'occuper le nord de la Chine et comptaient envoyer un sprinter chinois pour représenter leur Etat fantoche du Mandchoukouo. Le pouvoir chinois s'était alors empressé de trouver des fonds pour envoyer cet athlète en tant que représentant et unique membre de la délégation chinoise.

Les festivités organisées en 2001 pour célébrer la désignation de Pékin comme ville d'accueil en disaient long sur l'importance de ce choix pour les Chinois. Le gouvernement n'a d'ailleurs pas hésité à se servir des Jeux et de leur symbole. En mars dernier, lors du départ de la flamme sur la place Tian'anmen et alors que des troubles venaient d'éclater au Tibet, le président Hu Jintao a allumé une grande coupe gravée de nuages. Selon l'agence de presse officielle Xinhua, ces « 56 nuages symbolisaient l'amitié de 56 groupes ethniques chinois envers le reste du monde ».

 

Fermez votre télé pendant trois semaines et profitez de la fin de l’été, c’est la meilleure chose à faire.

 

 

 

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 13:25
Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l'occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d'aujourd'hui contient une part de vérité ; je vous l'apporte en ami, non en adversaire.

Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j'ai été amené à dire des choses que l'on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d'alors.(...)

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu'à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d'un accès subit de vaillance et d'intransigeance, à l'égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l'Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d'Indépendance.)Aujourd'hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

L'indépendance de l'individu à l'égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n'auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d'élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l'épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l'argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

Même la biologie nous enseigne qu'un haut degré de confort n'est pas bon pour l'organisme. Aujourd'hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s'est choisie l'organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j'appellerais légaliste. Les limites des droits de l'homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l'Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l'aide d'un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu'un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n'en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n'entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu'aux extrêmes limites des cadres légaux.

J'ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu'une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n'allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s'en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l'homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d'une structure sociale légaliste.

Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l'Ouest, de défendre non pas temps les droits de l'homme que ses devoirs.

D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)

L'évolution s'est faite progressivement, mais il semble qu'elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n'a pas disparu à l'Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (...) Quelle responsabilité s'exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l'encontre de son lectorat, ou de l'histoire ? S'ils ont trompé l'opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l'Etat, avons-nous le souvenir d'un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s'en tirera toujours. Etant donné que l'on a besoin d'une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d'avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s'installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d'opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d'Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l'intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c'est un slogan faux, fruit d'une époque fausse ; d'une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n'a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d'information. (...) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l'Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d'idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d'esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d'intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d'une compétition mais d'une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

Sans qu'il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d'idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n'ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d'être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l'engouement à la mode. Sans qu'il y ait, comme à l'Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d'apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l'apparition d'un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m'est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes ... peut-être un professeur d'un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l'entendre, car les média n'allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (...)

Il est universellement admis que l'Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d'hommes à l'Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l'accusent de plus être au niveau de maturité requis par l'humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J'espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l'idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d'une telle alternative. (...) Mais si l'on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l'Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s'affaiblissent à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d'anarchie, comme c'est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c'est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d'oppression, l'âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd'hui par les habitudes d'une société massifiée, forgées par l'invasion révoltante de publicités commerciales, par l'abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l'histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l'occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d'Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C'est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu'elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l'Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L'Ouest a continué à avancer d'un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s'est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l'erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l'époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l'inflexion qui s'est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l'épuisement, en raison d'une répression intolérable de la nature charnelle de l'homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s'écartant de l'esprit, l'homme s'empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s'est proclamée notre guide, n'admettait pas l'existence d'un mal intrinsèque en l'homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d'atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l'adoration de l'homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l'accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d'une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d'intérêt de l'Etat et du système social, comme si la vie n'avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s'y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd'hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l'intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l'homme individuels reposaient sur la croyance que l'homme est une créature de Dieu. C'est-à-dire que la liberté était accordée à l'individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l'héritage du siècle passé.

Toutes les limitations de cette sorte s'émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l'héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l'espace, du Progrès tant célébré n'ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n'aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

L'humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d'être utilisés d'abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s'est avéré que ce jugement était loin d'être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d'un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l'égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n'est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l'Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s'agit d'un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l'Ouest et de l'Est aujourd'hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (...)

Je ne pense pas au cas d'une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d'une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

Elle a fait de l'homme la mesure de toutes choses sur terre, l'homme imparfait, qui n'est jamais dénué d'orgueil, d'égoïsme, d'envie, de vanité, et tant d'autres défauts. Nous payons aujourd'hui les erreurs qui n'étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s'est enrichie, mais nous avons perdu l'idée d'une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en soient atteints d'une maladie analogue. Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés.

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. Ce n'est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l'humanité peut s'élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d'être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne.

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut."

Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978




 
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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 09:27
 
Après un premier survol en 2004, lasonde de l'Agence spatiale européenne a de nouveau survolé Phobos, une des deux lunes de Mars. Lors de ce second survol, la sonde s'est approchée bien plus près de Phobos qu'elle ne l'avait fait en 2004. Elle est passée à seulement 93 km de sa surface à la vitesse de 3 km/s, contre 200 km d'altitude.


Phobos survolé par Marx Express le 23 juillet 2008.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir (4514 x 3187 pixels)

Retour scientifique

Les images acquises lors de ce survol sont d'un très grand intérêt scientifique. Les plus fines, celles dont la résolution atteint 3,7 m par pixel sont les plus détaillées jamais obtenues.

Elles ont été acquises dans plusieurs longueurs d'ondes ce qui permettra de mieux déterminer les propriétés physiques de la surface de Phobos. Des régions mal connues ont également été partiellement photographiées en haute définition et des images en 3D révèlent la surprenante topographie de cette lune caractérisée par de grandes stries

Notez que ces images, comme celles acquises par MRO en avril 2008, seront utilisées par les responsables russes de la mission Phobos-Grunt pour déterminer le site d'atterrissage le plus approprié de cette ambitieuse mission de retour d'échantillons (2009).

Phobos

Phobos est une des plus petites lunes du Système Solaire aux formes très irrégulières (27 km x 22 x 19 km). Sa surface est littéralement criblée de cratères d'impact. Son plus grand cratère a un diamètre de 10 km, soit plus de 30 % de la taille du satellite.

Il se situe à 6000 km au-dessus de Mars. Aucun autre satellite dans le système solaire n'est aussi proche de sa planète. En raison de cette proximité à la planète rouge, Phobos est condamné. Dans environ 40 millions d'années, soit il se brisera pour former un anneau autour de Mars, soit il s'écrasera à sa surface.

De l'histoire de Phobos, on ne sait pas grand-chose. Il n'est même pas sûr que cette lune de Mars se soit formée en même temps que la planète rouge. L'idée qui prévaut actuellement est que, comme Deimos, Phobos serait un astéroïde de la ceinture de Kuiper capturé par Mars. Reste que le mécanisme de ces captures n'est pas très bien compris.

Source:ESA & flashespace.com
Illustration:ESA/ DLR/ FU Berlin (G. Neukum)

Cordialement
Jean
==================================================================
Cercle Astronomique de Bruxelles (CAB) http://www.astro-cab.be/
Occultations of stars by the Moon (Apex) http://www.astrosurf.com/apex-occult
European Asteroïdal Occultation Network (EAON) http://www.astrosurf.com/eaon/
Popular Astronomy http://home.versateladsl.be/apexoccult/
 
Jean Schwaenen apexoccult@versateladsl.be
         
     
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 15:56

Il convient de compléter notre article sur Siné en citant la phrase incriminée de la plume de Siné parue le 2 juillet.«  […] Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il (JS) vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

 

Le jeune homme en question est donc le fils de Nicolas Sarkozy. Cela ne fait que confirmer ce que nous avons écrit : est antisémite tout qui est opposé à Sarkozy. Et cela aurait été un quidam à la place de Jean Sarkozy, gageons qu’il ne se serait rien passé de même si la donzelle en question avait été la fille d’un milliardaire texan ou russe.

 

Comme l’écrit Thierry Savatier, chroniqueur au « Monde » : « A force de crier à l’antisémitisme à tout propos, ne court-on pas le risque, particulièrement dangereux, de décrédibiliser une juste cause, d’en banaliser la notion et de lasser une opinion qui restera sourde si un jour survient une alerte sérieuse ? Les avertisseurs d’incendie, pour être efficaces, ne doivent retentir que lors d’un véritable incendie, sinon, ce ne sont que des sirènes aux chants trompeurs. »

 

Savatier rappelle l’affaire Hannah Arendt suite à la publication de son ouvrage Eichmann à Jérusalem où elle assista à tout le procès.

 
On lui reprocha son antisémitisme suite à la publication en français de son ouvrage. En effet Arendt, une des plus grandes philosophes du XXe siècle, parla de « banalisation du crime » : « On lui reprocha sa théorie de la « banalisation du mal », en l’interprétant plus ou moins délibérément de façon erronée, et surtout on lui fit grief d’avoir écrit que certaines autorités juives (les Conseils juifs dans quelques pays occupés) avaient coopéré avec les nazis, en désignant des victimes pour, en théorie, en sauver d’autres. Une telle vision de l’histoire était inacceptable aux bien-pensants. On fustigea Arendt pour avoir dévoilé une réalité gênante. On posa ouvertement la question « Arendt est-elle antisémite ? » Cependant, elle n’avait rien inventé : elle ne faisait que retranscrire les conclusions des juges Yitzak Raveh et Halévi (qu’il serait ridicule de soupçonner d’antisémitisme) que l’on peut retrouver en lisant les minutes du procès Eichmann. » Savatier ajoute : « La philosophe, que je tiens, sous ma seule responsabilité, comme l’un des plus grands esprits du XXe siècle, fut l’objet d’un lynchage médiatique dont elle souffrit jusqu’à sa mort, parce qu’elle était sortie des propos convenus. » Sortir des propos convenus, voilà ce qu’il est interdit de faire !

 

Une autre persécution eut lieu en 2002. La victime expiatoire fut Edgar Morin, sociologue universellement connu.

  

Il publia en 2002 dans le « Monde » un article intitulé : « Israël – Palestine, le cancer ». Suite à un violent lynchage médiatique, il fut condamné par la Cour d’appel de Versailles en 2005 pour « discrimination raciale ». La Cour de cassation cassa cet arrêt en juillet 2006.

 

Nous nous trouvons une fois de plus dans le cas d’un écrivain connu qui est traîné devant les tribunaux pour « antisémitisme ».

 

Cette Inquisition représente un grave danger et s’inscrit bien dans la lignée du « sarkozysme » qui refuse toute liberté critique. La patrie de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité et des Droits de l’Homme et du Citoyen est en danger.

 

 

 

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