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  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 19:30

 

 

 

Ce qu’on a coutume d’appeler le « conflit israélo-palestinien » est enlisé depuis des décennies. Il se traduit par une occupation militaire de la région de la rive Ouest du Jourdain appelée Judée – Samarie par les Israéliens et Palestine par les Palestiniens, tout en étant connue sous le nom de Cisjordanie, de Jérusalem – Est, sans compter le blocus interminable de Gaza. À cela, il faut ajouter un mur qui serpente tout au long de la Ligne verte (ligne séparant l’Israël de 1949 des territoires occupés par l’armée israélienne depuis juin 1967) et une colonisation de plus en plus importante de la rive Ouest qui transforme la Palestine en Bantoustan, avant une annexion pure et simple. On ne voit poindre à terme aucune solution à ce conflit et la situation devient de plus en plus tragique pour la population palestinienne à Gaza comme en Cisjordanie. Le professeur palestinien Naji El Khatib s’est penché de manière approfondie sur la question et sa fine analyse laisse entrevoir des solutions.

 

 

 

Naji El Khatib professeur de sociologie à l'université de Naplouse en Palestine, par sa fine analyse, laisse entrevoir une solution à cet interminable conflit.

Naji El Khatib professeur de sociologie à l'université de Naplouse en Palestine, par sa fine analyse, laisse entrevoir une solution à cet interminable conflit.

 

 

 

Dès 1967, des Palestiniens se sont penchés sur leur avenir après un des chocs les plus terribles qu’ils ont subi. 1967, c’était une seconde Nakba dont on est loin d’en connaître le terme. Suite à ce terrible traumatisme, les Palestiniens ont voulu s’organiser pour faire face à l’envahisseur israélien. L’Organisation de Libération de la Palestine a été fondée en 1964 à Jérusalem et mise sous la direction de Yasser Arafat. L’OLP rassemblait plusieurs mouvements palestiniens dont le Fatah, le Front populaire de Libération de la Palestine et le Front Démocratique de Libération de la Palestine. Après la guerre des Six jours, sous l’impulsion d’Arafat, elle s’organisa en mouvements de guérilla opérant depuis la Jordanie. En 1970, au terme d’un spectaculaire détournement d’avions civils, les Bédouins fidèles au roi Hussein persécutèrent les militants de l’OLP. Ce fut ce qu’on appela le septembre noir. Arafat et ses hommes se réfugièrent au Liban et l’OLP entama une réflexion sur l’avenir de la Palestine. L’idée d’un Etat palestinien séculier germa. En 1974, le programme en dix points de l’OLP prône la création d’un Etat démocratique recouvrant toute la Palestine.

 

 

 

Yasser Arafat savourant sa victoire à Gaza en 1994, au fond, a dramatiquement échoué.

Yasser Arafat savourant sa victoire à Gaza en 1994, au fond, a dramatiquement échoué.

 

 

 

Les Israéliens prirent prétexte de ce programme pour tenter d’éliminer l’OLP. Ils considéraient que la formation d’un Etat sur toute la Palestine impliquait la suppression de l’Etat d’Israël. Il est vrai que le libellé de ce point du programme palestinien est assez équivoque et maladroit. Dès lors, les services secrets et l’armée israélienne traquèrent l’OLP sans relâche. De son côté, l’organisation palestinienne et plusieurs groupuscules accentuèrent les actions terroristes. C’était des deux côtés la stratégie de la tension. Cela a abouti à la guerre civile au Liban, entamée en 1976 à la fois contre les Palestiniens et entre factions libanaises. Les deux puissances régionales intervinrent : la Syrie et Israël. En 1982, Tsahal envahit le Liban au Sud jusqu’à Beyrouth. Arafat et ses proches durent fuir pour s’installer en Tunisie. Il n’était dès lors plus possible de trouver une quelconque solution négociée au conflit.

 

La situation se débloqua peu à peu dès 1990. Sous la pression des Américains qui souhaitaient asseoir leur influence sur l’ensemble du Moyen-Orient, après la guerre du Golfe, des négociations furent entamées entre Israéliens et Palestiniens. Elles aboutirent aux accords d’Oslo de 1993 avec en vue la fameuse solution à « deux Etats ». En réalité, ces accords étaient léonins : Israël, par le partage de la Cisjordanie en trois zones, poursuivait en réalité son occupation en zones B et C et s’octroyait le droit d’intervenir en zone A. L’Autorité palestinienne ainsi instaurée à Gaza et en Cisjordanie était un embryon d’Etat : elle ne pouvait disposer ni d’une armée, ni d’une police en armes, ni d’une monnaie.

 

 

 

La célèbre poignée de main entre Ihtzak Rabin et Yassert Arafat à Washington après la signature des accords dits d'Oslo, aura couté la vie aux deux hommes.

La célèbre poignée de main entre Ihtzak Rabin et Yassert Arafat à Washington après la signature des accords dits d'Oslo, aura couté la vie aux deux hommes.

 

 

 

Après l’assassinat d’Itzhak Rabin en 1995, les accords d’Oslo furent vidés de leur substance. La colonisation reprit de plus belle. Le droit de circulation des Palestiniens fut réduit au strict minimum. La seconde Intifada en 2000 déclenchée par les provocations d’Ariel Sharon en 2000 ne fit qu’accroître les tensions. La répression israélienne fut terrible en Cisjordanie. Arafat décède en 2004. En 2005, le Hamas chassa le Fatah de Gaza. La même année, Sharon décida d’évacuer le bande Gaza en la transformant en une « prison à ciel ouvert » comme l’écrivit Stéphane Hessel. La situation est figée depuis : le mur dit de séparation, appelé d’apartheid s’étend et se renforce, la colonisation se poursuit, le sort des Palestiniens est de plus en plus précaire, La solution « à deux Etats » devient une sinistre mascarade, bien qu’elle soit officiellement prônée par toutes chancelleries.

 

Il faut en sortir ! De plus en plus de Palestiniens, mais aussi des Israéliens penchent sur ce qui semble être aujourd’hui une utopie : la fondation d’un seul Etat séculier et démocratique sur toute la Palestine avec les Israéliens et les Palestiniens. Des Israéliens militent pour l’Etat nation du peuple juif tel qu’il a été adopté par la Knesset en juillet 2018, Etat où seuls les Juifs disposeraient de la citoyenneté. Etat juif, Etat palestinien, Etat binational sont-ils vraiment le Sésame qui ouvrirait la porte à une paix véritable, à une entente entre les deux peuples ? Va-t-il réellement libérer les deux peuples de leurs carcans politiques, stratégiques, religieux, culturels ? Rien n’est moins sûr. La « solution » simplement « étatique » fait partie du vocabulaire diplomatique ou géopolitique, mais pas de la réalité vécue par les hommes et les femmes vivant sur la terre de Palestine.

 

Oui, si les Palestiniens subissent une occupation intolérable, s’ils sont à la merci des Juifs fanatiques qui colonisent leurs territoires, si le Mur d’apartheid les enferme dans un Bantoustan où les seules perspectives sont l’oppression et la misère, les Israéliens se sont enfermés eux-mêmes avec ce Mur destiné à « protéger » leur Etat. Rien de bon n’est généré par l’enfermement, sinon un destin menant au néant.

 

Pour le professeur palestinien Naji El Khatib, ces solutions « étatiques » éloignent de l’objectif initial de la lutte palestinienne : la libération. « Libération socio-culturelle pour les Palestiniens, libérations des Juifs israélisés de l’emprise de l’idéologie sioniste, libération des femmes palestiniennes et juives de la domination masculine, de la misogynie ancestrale et de la violence sexuelle, réelle et symbolique. »

 

 

 

Le Mur d'apartheid à Bethlehem. Cet édifice, en définitive, enferme les deux peuples de Palestine.

Le Mur d'apartheid à Bethlehem. Cet édifice, en définitive, enferme les deux peuples de Palestine.

 

 

 

Naji El Khatib est professeur de sociologie à Naplouse et à Paris. Il milite pour la fondation d’un seul Etat en Palestine pour tous les citoyens juifs comme arabes ou autres.

 

Cela implique évidemment énormément de renoncements de part et d’autre ! Un mouvement est né en dehors de l’OLP, du Fatah et du Hamas, essentiellement constitué d’intellectuels palestiniens qui constate l’échec de la « solution à deux Etats ». Il est en gestation et s’appelle ODS (One Democratic State).

 

Il part d’un principe considéré comme essentiel. La solution à deux Etats est partielle et « raciste ». Partielle, parce qu’elle se réfère à une seule des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la 242 qui exige qu’Israël se retire des territoires occupés. Raciste, parce que la solution à deux Etats implique la constitution de deux Etats ethniquement « purs » : un Etat juif et un Etat arabe.

 

Le raisonnement d’ODS est tout autre. Elle se réfère d’abord à la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l’ONU qui décrète le droit au retour des Arabes expulsés par les Israéliens en 1948 et, bien entendu, à la 242.

 

« Prétendre à une recherche de la paix sans justice est le maître mot de ces « solutions » dites de « paix ». Et si une partie minime des palestiniens adhère à ce genre d’initiative en imaginant pouvoir se débarrasser des forces Israéliennes d’occupation, cela dénote d’une illusion qui s’opère au détriment de droits de deux autres tiers restants, alors il est difficile de parler d’une paix durable.

 

Or, la sécurité, la stabilité et la paix ont besoin d’une justice véritable qui manque visiblement à cette initiative comme il a manqué à tous les autres efforts américains pendant ces 23 années de comédie de négociations-tromperies, absurdes et inutiles. »

 

Aussi, conclut l’ODS :

 

« Ainsi, sur le terrain en Palestine, émerge du chaos et du désespoir une force de résistance pacifique avec une capacité de résilience incroyable : une capacité à se réinventer, produire une nouvelle pensée politique vivante, progressiste, non ethnique et hautement éthique. Pas de cris de guerre ou de vengeance aveugle mais une lutte pacifique et déterminée.

 

L’État Démocratique Unique que cette initiative promeut est un État pour tous ses citoyens, juifs, palestiniens de l’intérieur et ceux de l’extérieur (DR pour tous les réfugiés et l’obtention de leurs droits spoliés depuis 1948 et leurs droits du moment, droits politiques et civiques à la fois).

 

Il insiste sur le fait que la lutte palestinienne en ce moment n’a aucune hostilité envers la population juive de l’État actuel d’Israël, ces populations juives seront les partenaires futurs d’une citoyenneté partagée. Une citoyenneté en-devenir à construire ensemble.

 

Dans cet État unique pour un seul pays pour tous les citoyens, la paix durable sera possible, une paix basée sur la justice, le respect de la différence, et ainsi, la stabilité régionale et une garantie pour la paix mondiale.

 

Cette initiative civique palestinienne est la seule alternative à l’Initiative Française qui restera une lettre morte dans les archives poussiéreuses des chancelleries lointaines. »

 

Une telle solution qui mènerait incontestablement vers une paix réelle entre Juifs israéliens et Arabes palestiniens qui disposeraient ainsi d’une citoyenneté commune avec des droits égaux. Depuis les accords de Sikes Picot de 1916 entre l’Angleterre et la France qui, après le démantèlement de l’empire ottoman, ont organisé l’occupation coloniale de l’ensemble du Croissant fertile et divisé la Palestine, toutes les « solutions », tous les « partages » se basaient sur ces funestes accords. Avec les conséquences tragiques qui ensanglantent cette région pendant plus d’un siècle. L’ODS réussira-t-elle ? Le poids de l’histoire et la réalité des rapports de forces est telle que l’on peut en douter. Mais point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, car un Etat unique démocratique est la solution qui s’approche le plus de la Justice.

 

Le professeur Naji El Khatib garde lui la tête froide tout en étant convaincu que la solution de l’Etat unique est la seule. Il livre ici son analyse dans un texte où il définit les véritables enjeux en se référant à l’histoire politique palestinienne.

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

Le drapeau palestinien a beau flotter auprès du siège de l'ONU à New York, l'Etat palestinien ne sera jamais reconnu.

Le drapeau palestinien a beau flotter auprès du siège de l'ONU à New York, l'Etat palestinien ne sera jamais reconnu.

 

 

 

Archéologie de la mémoire politique palestinienne – la libération et / ou l’Etat

 

Les faits de la Nakba, du déracinement et du déplacement qui ont accompagné la création de l‘ « État d’Israël » sur les ruines de la Palestine ont été les conditions dans lesquelles les slogans de libération et de retour ont été produits en tant que slogans programmatiques d’un mouvement de libération nationale.

 

Ces faits, avant d'être traduits politiquement et militairement, exprimaient anthropologiquement une vie collective marquée par la souffrance et la prévalence de sentiments de perte et d'éloignement.

 

La politisation ultérieure de ces expériences collectives traumatiques de la conscience individuelle et collective était une tentative d’intervertir ces effets « post-traumatiques » afin de s'élever à des niveaux qui les transcendent afin de « résister » à leurs horreurs. Ici, les slogans de « libération » et de « retour » étaient les clés de la résilience, alimentant ainsi l'action de résistance et le refus d’admettre la défaite, ou ce que nous pourrions appeler dans le langage de la psychologie un acte vif pour surmonter les effets du traumatisme par la résilience.

 

Ainsi, les questions de « libération » et de « retour » ont dominé la vie politique palestinienne, laissant peu de place pour la question de l’État qui été faiblement posée pendant cette époque (1948-1967). A-t-elle été latente, attendant un changement de l’environnement stratégique ?

 

Dans le début des années 70, le slogan programmatique de l’OLP évoque la création d’un État démocratique et séculier pour toute la Palestine comme le but ultime de la lutte nationale.

 

À cette même époque, nous avons assisté à l’apparition de quelques propositions émanant des chancelleries occidentales pour résoudre le conflit, y compris un éventuel retrait des territoires occupées de la Cisjordanie et Gaza. Ces propositions ont produit un changement d’approche au sein des cercles dirigeants de l’OLP :  pour couper courts à un retour de ces territoires sous les autorités jordaniennes et égyptiennes, la question refoulée de l’État sur ces territoires refait surface dans le discours politique palestinien.

 

Ce retour fort du refoulé étatique se transforme progressivement en obsession aggravée par les défaites militaires et les échecs de la lutte menée de l’extérieur de la Palestine. L’OLP, avec ses structures semi-étatique dans une situation d’extra-territorialité a besoin vital d’un État et des territoires, à n’importe quel prix.  

 

Le « programme en dix points » de l'OLP de 1974 a inauguré une nouvelle ère de l'histoire palestinienne, une ère dans laquelle la lutte palestinienne a dévié de ses objectifs nationaux : objets du consensus général palestinien, ouvrant ainsi la voie à l'adoption de la solution dite de  « Deux-États », à l'engagement plus tard dans les « Accords d'Oslo de 1993 », et au marathon des négociations futiles qui se sont poursuivis depuis 1993 jusqu'à « le Deal du Siècle » de Trump.

 

La série de ces développements dramatiques a conduit à la distorsion de la conscience nationale palestinienne et au début de la création de conflits d’intérêts entre les composantes centrales du peuple palestinien en séparant les Palestiniens de Cisjordanie et Gaza des masses de réfugiés du Liban, de la Syrie et de la Jordanie, et en plus l'abandon des Palestiniens de 1948 en les considérant comme « Une affaire purement israélienne ».

 

L’abandon de la revendication de la libération et du droit au retour, la reconnaissance de-facto de la légitimité de l'État sioniste et de la validité de son récit fondateur, aurait enfoncé les premiers clous dans le cercueil de la cause nationale contemporaine en créant des illusions d'une solution négociée menant à la création d'un État palestinien sur 22% de la Palestine historique.

 

Les illusions de la "solution négociée à deux États" ont abouti concrètement à l'expansion des colonies et au plus de déracinement des Palestiniens de leurs terres, ce qui a conduit à un retour en force à la proposition d'un État unique démocratique et laïque pour toute la Palestine comme la seule solution. L'émergence de nombreux courants autour du slogan de « l’État démocratique unique » n'était rien d'autre que le retour à l'expression authentique, enracinée dans la pensée politique palestinienne, qui dans le passé - avant - Oslo a accompagné un mouvement national dynamique et combatif.

 

Ce que nous pouvons remarquer dans ce retour au programme de l’État unique, c'est qu'il y a une forte proéminence du terme de « l’État » comme s'il s’agissait d’un attachement obsessionnel qui occulte toutes les autres questions qui sont devenues secondaires.

 

Or, nous avons assisté à l’absence d’un approfondissement de la recherche et de l'analyse de la structure politique de cet État, de son système démocratique, de ses structures sociaux, culturels et économiques, en relation avec les questions de modernité et de la laïcité.

 

Le seul slogan d’« un État unique » a été lancé sans accompagner cette proposition d'une lourde batterie de réflexion politique et d'une analyse critique.

 

Ainsi, les courants de l'État unique ont rétabli la fixation et la sacralisation de la question de l'État que nous avons déjà observé chez les porteurs de la « solution à deux États ». Cette obsession chez ces derniers de « l’État-national indépendant et Jérusalem pour capitale »( à coté de l’État d’Israël) a été une idée qui dominait la conscience politique occultant d'autres faits, en particulier les changements provoqués par la colonisation rampante sur le terrain, ramenant les 22% théoriquement alloués à l'établissement de l'État à 10% au maximum.

 

Dans ces conditions, et pour que les courants de l'État unique ne tombent pas dans l'écueil du penchant « sacralisant » l'«État », des autres paradigmes doivent être abordés et approfondies afin d'éviter de tomber dans la vénération de cette question au détriment des autres discussions nécessaires avant, et non après, la discussion sur le lointain «État à venir».

 

Dans ce contexte, il faut réhabiliter les paradigmes de la "libération" et du "retour" en tant buts politiques unificateurs pour tous les Palestiniens, ce que nous amène aux questions relatives au démantèlement de l'État sioniste comme une tâche qui incombe aux partisans de l’«État unique ». Il faut également, réhabiliter la discussion autour des questions sociétales pour une culture démocratiques sécularisant et inclusive, l'interrogation de la démocratie comme système et la laïcité comme modèle, etc.

 

Le paradigme de « Libération » dans ce contexte, aura la tâche d’inclure la libération de la terre de la Palestine comme faisant partie d’un large mouvement de libération à diverses facettes : libération socio-culturelle pour les palestiniens, libération des juifs israélisés de l’emprise de l’idéologie sioniste, libération des femmes palestiniennes et juives israélisées de la domination masculine, de la misogynie ancestrale et de la violence sexuelle réelle et symbolique.

 

Ainsi, il est nécessaire d'organiser les axiomes du discours palestinien pour une sécularisation et démocratisation accrue de la culture politique palestinienne, d’approfondir les discussions autour de  « l’État unique » en mettant en avant la priorité de la libération de la Palestine des sionistes, libérer la Palestine de l’État raciste d’Israël, c'est-à-dire le démantèlement de l'État sioniste comme objectif stratégique dans un long processus de la création d’un État démocratique et séculier pour tous les habitants de la Palestine juifs et palestiniens y compris  les réfugiés Palestiniens. Ainsi nous mettons le cheval devant la charrette, pas derrière.

 

 

Naji El Khatib

 

 

 

 

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