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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 16:48

 

 

 

On brûle des livres ! Où ? Chez les talibans ? Dans le Xing Jiang ? A Médine ? Non, vous n’y êtes pas ! Dans le très « civilisé » Etat d’Ontario au Canada !

 

La purification par la flamme

 

Au sud-ouest de l’Ontario, le Conseil scolaire catholique Providence regroupant 30 écoles a opéré à une véritable purge dans les bibliothèques des établissements. Près de 5 000 livres jeunesse au sujet des Autochtones ont été détruits, déclare Radio-Canada. L’affaire remonte à 2019. Lors d'une « cérémonie de purification par la flamme » dans l'une des écoles du complexe, des titres bannis des rayons ont été brûlés, dans un but éducatif. Les cendres ont ensuite servi d'engrais pour planter un arbre, explique le Conseil scolaire. Une vidéo destinée aux élèves explique la démarche : « Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous peuvent vivre en prospérité et en sécurité ».

 

Au total 155 œuvres différentes ont été retirées (soit 4716 livres), et 193 sont en évaluation actuellement. Tous les livres n'ont pas été brûlés. D'autres cérémonies devaient se tenir dans les autres établissements, mais la pandémie de Covid-19 les a retardées. Parmi les œuvres éliminées figurent des bandes dessinées d'Hergé (« Tintin en Amérique », « Le temple du soleil »), des Lucky Luke, « Astérix et les Indiens », ou encore des romans et des encyclopédies autour des Autochtones.

 

 

 

Obélix ne peut pas être amoureux d'une "Autochtone" sexy. C'est le comble du racisme !

Obélix ne peut pas être amoureux d'une "Autochtone" sexy. C'est le comble du racisme !

 

 

 

C’est donc un autodafé, acte que l’on pensait définitivement révolu depuis la chute du nazisme. Autodafé : terme d’origine portugaise qui émane du latin « actus fidei », acte de foi. On se trouve ainsi dans la pire et criminelle démarche dogmatique !

 

 

 

Les autodafés des nazis à Berlin en 1933. Des manifestations quasiment religieuse. Où est la différence aujourd'hui ?

Les autodafés des nazis à Berlin en 1933. Des manifestations quasiment religieuse. Où est la différence aujourd'hui ?

 

 

 

L’antiracisme a pris un autre visage.

 

Le combat contre le racisme mené depuis la décennie 1960-70 s’inscrit dans la décolonisation en Europe et dans la lutte pour l’égalité aux Etats-Unis. Combien de sacrifices furent consentis pour cette cause ? Combien d’hommes et de femmes furent massacrées ? Et ce ne fut pas en vain. Les lois ont changé, les vrais criminels sont poursuivis et condamnés et surtout les mentalités ont évolué. Une majorité a fini par accepter l’Autre qui, en définitive, est Sien. Tout aurait dû évoluer vers une harmonie.

 

Eh non ! Illusions ! Aujourd’hui, l’antiracisme a pris un autre visage. Celui de l’Inquisition. Il faut éliminer les coupables, détruire ce qu’ils ont créé, effacer leurs abominations de la mémoire. C’est la fameuse pensée woke, c’est la cancel culture. Vient ensuite une discrimination à l’envers : les femmes, les « racisés » se réunissent entre eux excluant le boomer blanc hétérosexuel quinquagénaire.

 

On déboulonne les statues glorifiant les conquérants colonialistes, on censure les écrits non conformes et, aujourd’hui, on est passé à un stade supérieur : on brûle des livres bannis dans un cérémonial « purificateur » digne des pires moments de l’Inquisition des XVIe et XVIIe siècles et du nazisme du XXe siècle.

 

Une petite colère…

 

Et cela ne se limite pas aux livres. Le grand historien professeur à l'Université Libre de Bruxelles, Jean-Philippe Schreiber rapporte dans sa chronique sur le réseau social Facebook, le 19 juin dernier :

 

 

 

L'historien, professeur à l'Université Libre de Bruxelles connu pour sa défense de l'universalisme est lui aussi victime de la pensée woke.

L'historien, professeur à l'Université Libre de Bruxelles connu pour sa défense de l'universalisme est lui aussi victime de la pensée woke.

 

 

 

« J’avais envie, aujourd’hui, de vous faire part d’une petite colère, une colère... disons, post-coloniale... Je m’explique. J’ai toujours considéré, dans mon métier, que les collaborations internationales étaient essentielles pour faire progresser les connaissances, développer l’enseignement et la recherche, favoriser l’ouverture et la curiosité. Voilà pourquoi j’ai des partenariats ~ et surtout de belles amitiés forgées grâce à ceux-ci ~, depuis de longues années, avec des universités de ce que l’on appelle le nord, et d’autres situées dans ce que l’on appelle le sud, au Rwanda, au Congo, en Tunisie ou en Côte d’Ivoire notamment. Il s’agit là de collaborations équilibrées, où chacun des partenaires apporte une plus-value à l’autre, où la circulation se fait dans les deux sens, les enseignants du sud venant enseigner au nord et inversement. Pour renforcer cette collaboration, déjà soutenue pour partie par la Fédération Wallonie-Bruxelles et mon Université, nous avons avec une collègue introduit une demande de financement auprès d’un organisme que je ne nommerai pas, afin de réaliser des capsules vidéo à vocation pédagogique sur le fait religieux, répondant ainsi aux souhaits de nos partenaires du sud, auxquels elles sont pour partie destinées. Une façon de réduire les coûts pour éviter de systématiquement envoyer des enseignants à l’étranger et de s’appuyer sur l’accès de plus en plus développé aux technologies de la communication dans les pays tiers. Quelle ne fut pas notre surprise, ma collègue et moi, de recevoir le motif de la fin de non-recevoir à notre demande de financement : le rapport du ou des évaluateurs anonymes considérait en effet que notre proposition était « malvenue dans une perspective postcoloniale » car « le choix de faire des capsules vidéo européennes pour ‘expliquer’ le fait religieux au monde africain est malvenu et des questions légitimes peuvent être posées sur la pertinence d’un rapport ´à l’ancienne´ » ...

 

Je crois rêver... Non seulement parce que sur un préjugé et une méconnaissance totale du type de relations que nous entretenons avec nos partenaires, le rapporteur anonyme prive nos étudiants du sud d’un outil pédagogique des plus utiles... Mais surtout parce que je n’imaginais pas qu’un jour si proche la « cancel culture » s’insinuerait jusque dans le financement de la recherche, et qu’un simple outil de diffusion des connaissances serait proscrit au motif qu’un rapporteur exalté l’anathémiserait pour déviationnisme post-colonial. Ce monde devient fou, ainsi livré à des ayatollahs de la pensée... »

 

Donc, voilà un organisme officiel qui se réfère à la pensée « postcoloniale » pour empêcher une coopération entre Européens et Africains ! Là aussi, c’est très grave.

 

Le néoracisme

 

Ainsi, ce néoracisme – qualifions-le ainsi – s’installe partout, gangrène nos sociétés et au nom d’une pensée aussi unique que dogmatique interdit tout acte considéré comme non conforme.

 

C'est un combat vital : éliminer cette dangereuse dérive avec force et vigueur. Nous sommes tous et toutes les filles et les fils des Lumières et nous devons donner toute notre énergie pour la protéger et l’épanouir pour le progrès de l’humanité pour que ces fous ne rallument pas les bûchers !

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

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