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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 09:44

 

 

 

Nous nous sommes trompés. Il l’a donc fait ! Poutine s’est sciemment mis au ban de la communauté internationale et a violé la Charte des Nations Unies en décidant de pénétrer militairement dans le territoire de l’Ukraine, Etat indépendant membre de l’ONU. Avec toutes les conséquences afférentes : destructions, morts de femmes, d’enfants et d’hommes, chaos.

 

 

 

L'armée russe avance en Ukraine, mais rencontre une forte résistance.

L'armée russe avance en Ukraine, mais rencontre une forte résistance.

 

 

 

Le joueur d’échec Vladimir Poutine a pris un énorme risque : faire pat au lieu d’échec et mat, c’est-à-dire se retrouver dans une situation inextricable dont ni lui, ni les Occidentaux ne pourront se dépêtrer. Hubert Védrine, l’ancien ministre français des Affaires étrangères français, déclare au « Figaro » du 25 février : « Poutine commet une erreur historique ». C’est ainsi que l’affaire peut très mal tourner.

 

 

 

Le discours de Vladimir Poutine annonçant l'invasion de l'Ukraine expose son intention de construire une "grande" Russie impériale.

Le discours de Vladimir Poutine annonçant l'invasion de l'Ukraine expose son intention de construire une "grande" Russie impériale.

 

 

 

La question des nationalités et le choc des empires

 

Dans le discours télévisé où il annonce le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, le Président russe expose son objectif. Reconstruire la Russie comme elle le fut sous les tsars : un grand empire « sur une base multi ethnique comme il l’a toujours été », mais un empire centralisé. Mediapart rapporte les propos d’un historien et ancien ministre polonais des Affaires étrangères décédé en 2008, Boris Geremek : « Le rêve joue un rôle très important en politique, car il organise l’imagination et donne sens à l’action. Dans le rêve européen, il y a l’intégration économique et politique mais aussi l’ouverture à l’Est, y compris aux anciennes républiques européennes de l’ex-Union soviétique. La frontière de l’Europe n’a été construite ni par l’histoire, ni par la géographie, ni par la culture. C’est une frontière à l'américaine, une frontière mouvante et qui l’a toujours été. Il faut que la Russie accepte l’idée qu’une frontière n’est pas un mur, une barrière hermétique entre deux civilisations. Mais il faut aussi que nous-mêmes soyons réalistes. La Russie est quelque chose d’autre, la Russie est un empire. »

 

En plus, n’oublions pas que la question des nationalités a toujours été en débat en Russie, notamment après la prise de pouvoir des Bolchéviks en octobre 1917. Lénine était partisan d’une fédération avec une très large autonomie aux entités diverses aussi bien en Russie d’Europe qu’en Russie d’Asie, tandis que Staline qui était ministre des Nationalités voulait une fédération centralisée. Rosa Luxemburg qui était internationaliste avait averti Lénine que cette question le détournait de la lutte des classes. Et c’est finalement Staline qui a gagné. En URSS, le problème des nationalités a été mis brutalement sous le boisseau pendant la période stalinienne et poststalinienne et s’est exacerbée après la chute de l’Union Soviétique en 1991. Elle ne concerne d’ailleurs pas que la Russie. Rappelons-nous la guerre en ex-Yougoslavie en 1990 et des tensions se font jour à nouveau en Bosnie. Elle est source de tensions en Espagne, en Grèce, en Hongrie, en Roumanie et même… en Belgique !

 

 

 

Lénine et Staline étaient en désaccord sur la question des nationalités.

Lénine et Staline étaient en désaccord sur la question des nationalités.

 

 

 

Ainsi, ce mélange détonant entre l’impérialisme et les nationalismes va sans doute empoisonner l’histoire européenne pendant plusieurs années ! Cependant, il y a un principe essentiel qu’on oublie dans ce conflit entre « grandes puissances » par peuples interposés : c’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit à l’autodétermination.

 

Aussi, on peut se poser une question. L’Ukraine, nation indépendante, acceptera-t-elle d’être multiethnique ? Ce n’est certes pas le cas pour le moment et les événements récents le prouvent. Le 17 février, les forces ukrainiennes et le fameux bataillon Azov ont tenté d’occuper le Donbass. Le 18 février, les rapports de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe indiquaient clairement que le bombardement du Donbass s’intensifiait. Les banlieues de Donetsk sont aussi bombardées. Un raid de commando des forces spéciales ukrainiennes dans la province russe voisine de Rostov a été neutralisé. Cela a donné le prétexte à Poutine de lancer son offensive qui était préparée depuis longtemps.

 

Les chancelleries et la presse mainstream s’interrogent : Poutine se limitera-t-il à l’Ukraine ? Notez au passage qu’au deuxième jour de l’attaque russe, on a l’air de considérer que les Ukrainiens ont perdu ! Quand on voit les appels angoissés du président ukrainien Zelensky à l’aide occidentale et sa détermination à se battre jusqu’au bout, cette manière de considérer les choses est indigne, d’autant plus que la résistance ukrainienne est plus coriace que prévu ! On ne connaît évidemment pas la réponse, mais on peut être sûr que quelle que soit l’issue de cette guerre, il y aura de profonds changements en Russie, car d’autres questions de nationalités ne sont toujours pas résolues, notamment en Tchétchénie et dans les républiques indépendantes voisines de la Russie dans le Caucase comme le Kazakhstan.

 

 

L'appel du président ukrainien Zelensky à résister et à l'aide de l'Europe montre qu'il est déterminé à combattre l'invasion russe.

L'appel du président ukrainien Zelensky à résister et à l'aide de l'Europe montre qu'il est déterminé à combattre l'invasion russe.

 

 

 

Les Etats-Unis, de leur côté, sont aussi un « empire » bien plus puissant que la Russie et sont aussi imprégné de cette idée de « nouvelle frontière », c’est-à-dire d’une expansion sans fin. Et n’oublions pas la Chine dont la province occidentale le Xin Jiang où les Ouighours sont traqués, passage obligé de la fameuse « route de la soie », signifie « nouvelle frontière ». Quant à l’Europe, l’UE s’aligne systématiquement sur la position étatsunienne. Il suffit de relire les déclarations et discours des responsables de l’Union européenne, Emmanuel Macron, Charles Michel et Ursula von der Leyen. Même le chancelier allemand Olaf Scholz qui avait exprimé quelques réticences à s’aligner, est rentré dans le rang. Donc, l’Europe n’existe pas. Elle n’est que le théâtre de l’affrontement entre les empires US et russe qui se déroule pour le moment en Ukraine. Elle est « l’arrière-cour » des Etats-Unis.

 

 

 

Emmanuel Macron, Charles Michel, Ursula von der Leyen, le triumvirat dirigeant d'une Union européenne impuissante

Emmanuel Macron, Charles Michel, Ursula von der Leyen, le triumvirat dirigeant d'une Union européenne impuissante

 

 

 

Dans ce choc des empires, il n’y a pas que l’Ukraine.

 

 

Le rapport de force dans le monde est en pleine mutation et pas seulement dans « l’arrière-cour » des États-Unis. La crise du Donbass, ce n’est qu’un élément dans une crise globale des rapports entre le bloc EU/OTAN et les puissances émergentes auxquelles s’associent les pays résolument indépendants, en particulier les 19 pays qui ont adhéré au Groupe des États défendant la Charte des Nations Unies. Ainsi, le Mexique, le grand voisin méridional des USA affiche en cette affaire une neutralité volontaire. D’ailleurs, n’oublions pas que le président mexicain a promis de donner le statut de réfugié politique à Julian Assange emprisonné à Londres et menacé d’extradition vers les Etats-Unis. De plus en plus de pays sans s’aligner sur Moscou ou Beijing s’éloignent de « l’Occident » …

 

 

 

 

Le Président du Mexique Andrés Manuel Lopez Obrador s'oriente vers le non alignement.

Le Président du Mexique Andrés Manuel Lopez Obrador s'oriente vers le non alignement.

 

 

 

La stratégie du mensonge

 

Védrine précise : « Le Poutine de 2022 est largement le résultat, tel un monstre à la Frankenstein, de la désinvolture et des erreurs occidentales depuis trente ans. »

 

La guerre froide terminée, les puissances auraient dû modifier profondément les relations internationales. Cela ne s’est pas passé ainsi : le « camp » occidental s’est considéré comme le « vainqueur » de la guerre froide et a maintenu la logique des blocs. C’est une des causes profondes de cette guerre.

 

Cette tragédie part de mensonges depuis le départ, c’est-à-dire depuis la chute de l’URSS. Le premier : la fausse promesse des « occidentaux » de ne pas étendre l’OTAN au-delà de l’Elbe, c’est-à-dire de la frontière qui séparait les deux Allemagnes jusqu’en 1989. Et ce n’est pas une « fake news » comme on tente de le faire accroire ces temps-ci : Un document émanant des archives britanniques, révélé par le magazine allemand Der Spiegel, souligne que des accords écrits ont bien été passés avec Moscou pour ne pas étendre la sphère d’influence et d’action de l’Alliance atlantique au-delà de l’Elbe.

 

Un autre document émanant des archives nationales britanniques corrobore la thèse avancée par Moscou de l’existence d’un engagement de Washington et des puissances occidentales à ne pas étendre l’Alliance atlantique vers l’Est. Der Spiegel en révèle l’existence. Ce texte, longtemps classé secret défense, a été remonté des profondeurs des archives par le chercheur états-unien Joshua Shifrinson, professeur à l’université de Boston. Il y est question du procès-verbal d’une réunion des directeurs politiques des ministères des affaires étrangères des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, tenue à Bonn le 6 mars 1991. Le thème était la sécurité en Europe centrale et orientale. Une telle expansion serait « inacceptable » Le document fait part sans la moindre ambiguïté d’un engagement de Washington, Londres, Paris et Bonn à ne pas étendre l’Alliance atlantique vers l’Est.

 

Hubert Védrine rappelle dans son interview au Figaro  : « Henry Kissinger, qui a passé sa vie à combattre les Soviétiques, déplorait il y a une dizaine d’années qu’on n’ait fait aucun effort après la fin de l’URSS pour associer la Russie à un ensemble de sécurité en Europe. Brzezinski, polonais d’origine, très antirusse, considérait que c’était une provocation contre-productive d’annoncer l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN en 2004 et qu’il fallait au contraire bâtir un statut de neutralité, de finlandisation, avec une double garantie pour l’Ukraine et pour la Russie. Ça n’a pas été fait. »

 

Peut-être, n’a-t-on pas « voulu » le faire ?

 

 

 

L'ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement Jospin faut souvent des analyses pertinentes et sans concessions.

L'ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement Jospin faut souvent des analyses pertinentes et sans concessions.

 

 

 

La riposte lâche : les « sanctions »

 

Biden a bien précisé que les Etats-Unis prendront de « sévères » sanctions à l’égard de Moscou et n’interviendraient militairement que si un pays membre de l’OTAN était attaqué par la Russie.

 

Les Etats-membres de l’Union européenne se sont réunis et ont décidé aussi d’une liste de sanctions les plus dures les unes que les autres. Hubert Védrine, de son côté, précise : « Des sanctions sont nécessaires, mais n’oublions pas qu’elles sont un aveu d’impuissance. Le recours par les Etats-Unis à des sanctions extraterritoriales sous des motifs honorables mais pour servir leurs intérêts devrait être un scandale depuis plusieurs décennies. Ce n’est pas une panacée mais malheureusement, à chaud, elles sont inévitables. Elles doivent être intelligentes et ciblées : il faut faire attention à ne pas sanctionner les peuples ni à nous sanctionner. »

 

Les conséquences de ces sanctions pourraient provoquer pour l’Europe un bouleversement des échanges intra-européens, voire mondiaux qui ne feraient qu’accroître les tensions par une crise économique de grande ampleur. Ainsi, il est question de couper le réseau SWIFT d’échanges financiers à la Russie. Celle-ci a déjà une riposte et plusieurs pays européens dont l’Allemagne, l’Italie et la Hongrie s’y opposent. Interdire l’importation de céréales d’Ukraine grèverait sérieusement l’agriculture européenne. Bien des entreprises en Europe ont des contrats avec des entreprises russes, leur rupture pourrait entraîner faillites et chômage. Sur le plan énergétique, la coupure des gazoducs avec la Russie entraînerait une hausse insupportable des prix des hydrocarbures et du gaz en Europe. En dehors des peuples aussi bien russe qu’européens, cela entraînerait une crise sans précédent.

 

L’humiliation génère les guerres.

 

 

Une frange de la gauche a plus tendance à soutenir la partie russe et cautionner Poutine, alors qu’il ne faut pas oublier qu’il est le dirigeant d’une grande partie de l’oligarchie russe qui a remplacé la « nomenklatura » soviétique après 1991. L’autre tendance est de s’aligner sur la politique occidentale au nom de la démocratie et des droits humains. Cependant, il y a un élément fondamental que nul n’a pris en compte.

 

 

Montesquieu a dit, il y a bien longtemps : « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les déclenchent, mais ceux qui les ont rendues inévitables. » Dès 1990, les Occidentaux se prenant pour les vainqueurs de la guerre froide ont humilié la Russie, lui ont imposé des mesures drastiques, lui ont menti sur leurs objectifs réels. Ils ont fait de même en 1919 à Versailles où ils ont humilié le vaincu, l’Allemagne. Cela a donné Hitler en 1933 et Poutine en 1999. Cela a déclenché deux guerres, la première en 1939 et celle-ci en 2022. Les « grands » de ce monde sont décidément incapables de tirer les leçons de l’histoire.

 

 

 

L'humiliation subie par la Russie d'après la guerre froide est à l'origine de cette offensive.

L'humiliation subie par la Russie d'après la guerre froide est à l'origine de cette offensive.

 

 

 

Enfin, au-delà de ces froides analyses, n’oublions jamais qu’il y a nombre de femmes, d’hommes, d’enfants dont l’avenir est écrasé, dont la liberté est éradiquée, qui doivent s’enterrer pour échapper aux bombes, qui n’ont plus que l’exil pour échapper à la mort et à la destruction. C’est le lot de la guerre et comme toujours, on se demande si cela était nécessaire et surtout si on ne pouvait l’éviter.

 

 

 

Une famille ukrainienne fuyant la guerre entre en Slovaquie. L'atroce lot des guerres...

Une famille ukrainienne fuyant la guerre entre en Slovaquie. L'atroce lot des guerres...

 

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

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commentaires

G
Tout à fait d'accord avec votre analyse. Je voudrais apporter ici une nuance sur le "méchant" Poutine. Ce dernier à bien redressé son pays après le pillage le la Russie par les occidentaux sous Eltsine. Quand ce dernier, malade et alcoolique, a mesuré le désastre, il a fait appel à Poutine pour redresser le pays. Ce dernier à fait du bon travail jusqu'en 2014. La révolution du Maidan à montré que le projet formulé dès 2003 à la conférence de Bucarest de faire entrer l'Ukraine dans l'OTAN était sur le point de se réaliser à coup de milliards de dollars investis par les USA dans ce projet. et ainsi rendre la Russie indéfendable sans usage de la dissuasion nucléaire. l'UE n'a aucun intérêt à intégrer l'Ukraine, par contre un accord de coopération à long terme avec la Russie serait tellement bénéfique pour les deux parties que ça en devenait inacceptable pour les USA. Devant les refus systématiques de coopération, il ne restait plus qu'a la Russie de se réarmer pour être en mesure de protéger sa souveraineté, c'est pourquoi je souscrit entièrement à la position de Solon
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S
Il est très intéressant de synthétiser les réactions des occidentaux.<br /> Ils font deux choses :<br /> 1 - ils aboient,<br /> 2 - ils sanctionnent très rapidement.<br /> <br /> Et ne font rien d’autre.<br /> Les aboiements sont convenus, des cris, des cris de jouisseurs satisfaits,<br /> les sanctions totalement inutiles car depuis longtemps énoncées.<br /> <br /> Tout se passe comme si tout cela était exactement la situation voulue par l’Empire !<br /> À force de cogner sur la bête, la bête a mordu.<br /> Mais la bête a mordu une chèvre sacrifiée par un chasseur ignoble.<br /> Cris de joie du chasseur pour pouvoir justifier d’abattre la bête féroce.<br /> <br /> 1 Pousser la Russie à prouver aux lobotomisés sa diablerie<br /> 2 Légitimer l’affaiblissement et/ou la destruction de la Russie pour lui interdire toute collaboration avec l’Europe.<br /> <br /> Car l’association Europe-Russie est la certitude de la suprématie sur les États-Unis.<br /> L’Europe a du savoir-faire (par ailleurs pillé systématiquement par l’Empire),<br /> L’Europe a la richesse intellectuelle et financière<br /> La Russie a tout ce qui manque à l’Europe, espaces cultivables et matières premières (dont l’énergie).<br /> <br /> Cette association faite dominerait largement les États-Unis. Et toute domination serait insupportable à ces déments avec le culte du fric, de la réussite par l’accumulation (démente) de fric en le transformant en un produit, une ressource mortifère.<br /> <br /> L’OTAN et l’UE sont les barrières opérationnelles (forces actives) construites par l’Empire <br /> pour interdire tant dans nos esprits que dans les actes cette association de raison.<br /> <br /> La crise ukrainienne est un montage de l’Empire, elle EST TOURNÉE contre l’Europe puissance.<br /> <br /> <br /> Calendrier :<br /> en 1999 l’intégration à l’OTAN de la Pologne, la république tchèque, la Hongrie était une violation d’accords précédents déclarant ne pas étendre l’OTAN vers l’Est.<br /> <br /> Puis en 2004 cela reprend : intégration des pays baltes, Roumanie, Bulgarie.<br /> <br /> La révolution orange de 2004 est clairement une intervention, une ingérence, des États-Unis en Ukraine. Ils ne s’en cachent pas.<br /> <br /> <br /> Mais malgré les alarmes, les États-Unis, étant les plus puissants militairement, imposent sans risque leur domination militaire. l’OTAN est une organisation de guerre.<br /> <br /> Puis vient le sommet OTAN de 2008 qui dépasse les bornes.<br /> <br /> NATO welcomes Ukraine’s and Georgia’s Euro-Atlantic aspirations for membership in NATO.  We agreed today that these countries will become members of NATO.  <br /> Srce (§23): https://www.nato.int/cps/en/natolive/official_texts_8443.htm <br /> <br /> Cette déclaration a été explicitement refusée par certains membres (comme l’Allemagne) durant le sommet MAIS rajoutée par le rédacteur tout-puissant états-unien.<br /> <br /> La Russie a réagi très clairement :<br /> Georgias and Ukraine membership in the alliance is a huge strategic mistake which will have most serious consequences for pan-european security.<br /> Poutine a dit : Georgia and Ukraine becoming part of NATO is a direct threat to Russia.<br /> Et ceci a été répété.<br /> <br /> On voit donc que les États-Unis harcèlent la Russie dans la durée.<br /> <br /> Qui est l’agresseur ? La Russie ou les États-Unis ?<br /> <br /> C’est une évidence que transformer l’Ukraine en pays hostile est inadmissible pour la Russie.<br /> <br /> Imaginez le Canada et/ou le Mexique dépendants de l’humeur de la Russie. Ce serait inadmissible à juste titre de la part des États-Unis.<br /> Donc la situation est claire. Pas touche à l’Ukraine.<br /> Mais les États-Unis continuent d’agresser.<br /> Ils font entrer des armes, ils entraînent les nazies ukrainiens (dans le cadre OTAN, ces nazies sont entraînés au Canada).<br /> Tout comme ailleurs dans le monde, ils utilisent les plus faciles à manipuler, des ‘extrémistes’, il suffit de les armer et de les former rapidement pour qu’ils tuent là où on leur dit de faire...<br /> <br /> <br /> La déclaration OTAN de 2008 rend fou les dirigeants géorgiens qui se retrouvent très désappointés quand ils s’aperçoivent que les États-Unis se moquent comme d’un guigne de leurs espoirs imbéciles de devenir une base OTAN. La Géorgie a tout comme l’Ukraine plus tard, été déstabilisée de la même manière par les États-Unis, une répétition générale avant de passer l’Ukraine.<br /> <br /> (Je passe sur l’épisode 2014 que tout le monde connaît.)<br /> <br /> Les déclarations actuelles du président ukrainien sont tout aussi pathétiques : pourquoi l’OTAN ne nous aide pas comme promis ? <br /> Quand un dirigeant ose montrer publiquement un tel désarroi, il est clair qu’il n’est que la chèvre mise en place par le chasseur pour attraper un loup. <br /> Les États-Unis ont démembré l’Ukraine en intervenant depuis 20 ans, ils se servent de leur puissance pour l’affaiblir et la soumettre.<br /> Ils arment des milices et l’armée pour faire faire à la Russie, ce faux-pas obligé.<br /> Les États-Unis savent parfaitement qu’armer l’Ukraine n’est pas acceptable.<br /> Et que cela fera réagir tôt ou tard la Russie.<br /> Et que cela mettra pour longtemps la Russie dans le camp du MAL.<br /> Interdisant toute association de la Russie avec l’Europe.<br /> Les États-Unis sont donc des saloperies qui sacrifient les gens à leurs intérêts de pourris.<br /> D’autant que cela ne profite qu’à une microscopique classe d’ultra-riches.<br /> <br /> Et il est absurde voire imbécile de ne pas comprendre ces évidences. <br /> <br /> Cela-dit Poutine est tout autant une ordure.<br /> Pour autant la Russie ne trahit JAMAIS ses alliés alors que les États-Unis les trahissent toujours, inutile de le montrer, les exemples foisonnent.<br /> <br /> Pour renforcer s’il en était besoin, l’argumentaire il faudrait se poser quelques questions :<br /> - pourquoi les propositions répétées de la Russie de faire un accord économique Russie-Ukraine-UE ne sont jamais prises en compte ?<br /> - pourquoi les États-Unis ont arrêté au dernier moment la construction du gazoduc Russie-Allemagne ?<br /> - Pourquoi l’UE, construite PAR les États-Unis, n’a pas de composante politique ?<br /> - Pourquoi les États-Unis, n’ont cessé de menacer ou de poser des missiles en Europe (Turquie, Pologne, ..) .. menaçant directement la Russie ?<br /> Pourquoi, alors que l’URSS communiste a disparu pour basculer dans une Russie Capitaliste, la Russie reste un ennemi harcelé par les États-Unis ?<br /> <br /> <br /> La réponse unique, triviale, est la suivante :<br /> pour interdire à l’Europe toute alliance avec la Russie, ce qui rendrait cette zone du monde, un féroce compétiteur.<br /> Grâce à l’UE et l’OTAN, l’Europe n’est qu’une marionnette dans les mains de l’Empire.<br /> CQFD
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P
Votre analyse oublie un détail majeur, tout en accumulant clichés démagogiques et donc erronés : la faiblesse de la population russe. Le Russe est politiquement médiocre et vit en esclave. La seule révolte aboutie date de février 1917 ! Cela va faire 105 ans d'ici quelques jours. Depuis les Russes acceptent d'être soumis à la dictature et l'arbitraire (URSS, la clique de Poutine) avec à peine une toute petite éclaircie en août 1991 quand les Moscovites se sont "bougés" pour réagir à un nouveau Coup anti-Gorbatchev. Tous les pays possèdent un Service de Renseignements, mais la Russie elle est un pays possédé par un Service de renseignements. La solution à la Crise ukrainienne est simple et (unique que la population russe se soulève et renverse la dictature (à peine déguisée : opposant(e)s et journalistes assassiné(e)s, presse non libre, liberté d'expression bafouée, etc, etc...). Mais les Russes préfèrent laisser mourir des Géorgiens et maintenant les Ukrainiens que de se soulever. Les Russes sont soumis, très lâches et donc médiocres. Un régal pour les dictatures qui se suivent. Militairement ? illusion pathétique ! Excepté quelques généraux du 19e siècle, les armées russes sont imposantes mais mal commandées. Elles prônent la loi du nombre et donc des massacres/sacrifices inutiles (Stalingrad, Kharkov, Koursk, Berlin). Pour le reste ? échec en Afghanistan et les pays équipes de matos russes se sont fait "découper" (exemple Irak deux fois). L'agression brutale de l'Ukraine confirme avec des colonnes impressionnantes pour finalement bombarder des civils ! Sans son hiver, la Russie aurait été capturée cent fois ! Russes réveillez-vous !
P
Votre point de vue ne manque pas de pertinence, mais il convient de nuancer. La Russie de Poutine devient de plus en plus une dictature autocratique et donc dangereuse. Si Biden n'a pas raison, Poutine n'a pas raison non plus. Je pense d'ailleurs qu'il va trop loin, notamment en brandissant l'arme de la dissuasion. L'armée le suivra-t-il ? Rien n'est moins certain. Et s'il est renversé, qui viendra à sa place ? Pas de réponse possible. Et cela prouve que le bloc occidental n'est pas en mesure de réagir.