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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 18:00

 

 

Voici le message d’une jeune Israélienne âgée de 18 ans qui refuse de faire son service militaire parce qu’elle refuse à participer à l’occupation de Palestine qui dure depuis plus d’un demi-siècle.

 

Mademoiselle Hallel Rabin s’est engagée de respecter les valeurs de liberté et de justice pour lesquelles elle a été éduquée dans le kibboutz où elle a passé son enfance et sa jeunesse.

 

Voilà un exemple pour toutes celles et tous ceux qui luttent pour ces valeurs dans le monde.

 

Libérez Hallel Rabin !

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

Israël : prisonnière de conscience pour la troisième fois !

 

 

 

Bonjour, je m'appelle Hallel Rabin. Je suis une dénieuse de 18 ans d'un kibboutz israélien et demain je serai envoyée en prison par l'armée israélienne. Juste avant que Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, j'ai refusé de rejoindre l'armée israélienne et a été détenue en prison militaire pendant les vacances. Je suis déjà emprisonnée depuis 14 jours parce que je ne veux pas être soldat de l'occupation de la Palestine. J'ai essayé de demander une dispense de conscience, mais l'armée a refusé de l'accorder. Au lieu de cela, j'ai été envoyé en prison encore et encore pour briser mon esprit. Demain je serai incarcérée pour la troisième fois en un mois.

 

 

Nous vivons dans une période de changement et de lutte. Partout dans le monde, les jeunes luttent pour la vraie démocratie et utilisent la désobéissance civile pour lutter contre le racisme et l'injustice. Mais pour les Palestiniens, les injustices du passé continuent de prévaloir. Dans les territoires occupés par Israël, les droits de l'homme et les libertés fondamentales sont constamment niés, tandis que les Palestiniens sont privés de la liberté de vivre librement.

 

 

J'ai été élevé dans les valeurs de liberté, de compassion et d'amour. Se battre pour garder une autre nation asservie contredit ces valeurs. Depuis trop longtemps, le bon peuple d'Israël a accepté de participer aux atrocités commises par l'occupation. Même si je sais que mon refus est petit et personnel, je souhaite être le changement que je veux voir dans le monde, et montrer qu'un autre chemin est possible. Les petites personnes font de grands changements. Il est temps de crier : Il n'y a pas de bonne répression, il n'y a pas de racisme justifiable et il n'y pas pas de place pour l'occupation israélienne.

 

 

 

http://www.wearenotyoursoldiers.org/14-days-in-jail/

#HumanRights

 

 

 

 

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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 20:37

 

 

 

175 années de détention aux Etats-Unis en vertu de l’Espionage Act et du Computer Fraud and Abuse Act, voilà ce que risque Julian Assange si le procès qui va débuter à Londres ce mercredi 27 octobre à la Court of Justice de Londres, l’équivalent de la Cour d’appel, aboutit à son extradition vers les Etats-Unis. Il s’agirait d’une réelle condamnation à mort. De toute façon, le sort du fondateur de Wikileaks sera bientôt scellé. Il lui restera un dernier recours éventuel à la Cour suprême britannique.  Celui qui a révélé au monde avec l’aide de Chelsea Manning, les câbles diplomatiques et des vidéos qui ont donné à l’opinion une tout autre vision de la guerre en Afghanistan et de celle en Irak intitulées chacune « guerre contre le terrorisme » risque réellement sa vie.

 

 

 

Il y en a tant qui souhaiteraient que Julian Assange se cache.

Il y en a tant qui souhaiteraient que Julian Assange se cache.

 

 

 

Si Assange est extradé, il sera jugé en Virginie, l’Etat où se trouve le siège de la NSA, second service de renseignements US et très gros employeur local. Le procès étatsunien, s’il a lieu, ne sera en aucune manière équitable. Donc, en cas d’extradition, le sort du journaliste est jeté.

 

 

A propos de journaliste, le jury suédois Nobel vient d’attribuer le prix Nobel de la Paix à deux journalistes : la philippine Maria Ressa et le russe Dmitry Muratov. Les deux lauréats refusent de se mobiliser pour Assange qui avait été nominé par plusieurs personnalités pour le même prix. On voit que, même pour deux journalistes censés défendre la liberté de la presse dans des conditions dangereuses et difficiles, on n’ose pas aller « trop » loin ! Cela transforme cette prestigieuse récompense en une mascarade ! Et malheureusement, ce n’est pas la première fois !

 

 

 

Dmitry Muratov et Maria Ressa, les deux journalistes Prix Nobel de la Paix 2021 refusent de reconnaître Julian Assange comme l'un des leurs !

Dmitry Muratov et Maria Ressa, les deux journalistes Prix Nobel de la Paix 2021 refusent de reconnaître Julian Assange comme l'un des leurs !

 

 

 

Les deux journalistes primés ont même laissé entendre qu’Assange n’est pas journaliste s’alignant ainsi sur l’argumentation des ennemis du fondateur de Wikileaks. Quel est donc cet acharnement à ne pas reconnaître l’apport considérable de Julian Assange ? Il est le premier à avoir compris et maîtrisé les techniques informatiques qui non seulement permettent de cacher des informations essentielles pour l’appréhension des processus de décision dans les conflits qui déchirent notre monde, mais aussi de les diffuser grâce au site Wikileaks. Des centaines de journalistes, par après, ont copié sa méthode de recherche de documents « confidentiels », notamment tous les « leaks » sur le scandale mondial de la fraude fiscale qui menace l’existence même de plusieurs Etats. Et, surtout, Julian Assange est indépendant. Il a toujours évité de s’aligner sur une quelconque puissance ou tendance. C’est pour le décrédibiliser que « l’on » a affirmé qu’il a servi Moscou dans la diffusion des e-mails de Hillary Clinton alors candidate démocrate contre Donald Trump.

 

Un arrêt d’appel qui est un véritable suspense !

 

Que va-t-il se passer mercredi prochain ? Depuis le jugement de première instance du 4 janvier 2021, la juge Baraister a refusé la demande US d’extradition d’Assange pour des raisons humanitaires tout en retenant les accusations lancées par la partie étatsunienne qui, en gros, considère que le travail journalistique d’unvestigation du fondateur de Wikileaks est en réalité de l’espionnage. Cette accusation est d’une gravité extrême aussi bien pour Assange, mais aussi pour l’ensemble de la communauté journalistique. Quand finit l’investigation journalistique et quand commence l’espionnage ? En ce cas-ci, l’accusation est la seule à avoir une réponse à cette question fondamentale et refuse de l’argumenter. Si ce concept est retenu par la Cour d’appel, le journalisme d’investigation est désormais en danger. Luk Vervaet a écrit sur le site « Le Grand Soir » du 16 janvier 2021 :

 

« Parce que, sur le fond, Baraitser a accepté toutes les accusations étasuniennes contre Assange. Selon la juge, Assange aurait droit à un procès équitable aux États-Unis. Pour elle, le journalisme d’investigation, c’est de « l’espionnage ». La liberté d’expression ne veut pas dire « qu’on peut publier tout ce qu’on veut ». Même si l’article 4 de la loi britannique sur l’extradition dit que : « L’extradition ne sera pas autorisée quand il s’agit d’un délit politique », elle a jugé que le traité d’extradition (le UK Extradition Act de 2003) s’appliquait bien dans le cas d’Assange. Enfin, la protection par Assange de ses sources, parmi lesquelles Chelsea Manning, équivaut à du « piratage criminel ».

 

En retenant, les accusations sur le fond, Baraister a ainsi empêché la libération de Julian Assange. Il continue ainsi à croupir dans la prison de haute sécurité de Belmarsch surnommée le « Guantanamo britannique ». Il s’est également produit un autre événement. D’après Joe Lauria de « Consortium News », un site d’investigation journalistique, les États-Unis ont fait appel de la décision d’interdiction de l’extradition. Le tribunal a accueilli trois des cinq motifs d'appel, à l'exclusion de la question de la santé d'Assange.

 

 

 

Joe Lauria, rédacteur en chef de "Consortium News", un grand journaliste étatsunien, soutient à fond Julian Assange.

Joe Lauria, rédacteur en chef de "Consortium News", un grand journaliste étatsunien, soutient à fond Julian Assange.

 

 

 

Les États-Unis ont donc contesté cette décision et lors d'une audience devant la Haute Cour le 11 août, le juge Holroyde a annulé la décision antérieure du tribunal, se rangeant du côté de l'argument américain selon lequel la conclusion de Baraitser sur la santé d'Assange pouvait faire l'objet d'un appel. On accuse Assange d’être un simulacre et de n’être pas assez malade pour interdire l’extradition !

 

 

 

Le Lord Justice Timothy Holroyd, pur produit de l'establishmant britannique, a cassé l'interdiction d'appel concernant l'état de santé de Julian Assange.

Le Lord Justice Timothy Holroyd, pur produit de l'establishmant britannique, a cassé l'interdiction d'appel concernant l'état de santé de Julian Assange.

 

 

 

Une nouvelle inquiétante

 

Ce même Holroyde, pur produit de l’establishment britannique, rejoindra la Cour de Justice le 27 octobre accompagné de Lady Judith Farbey de la même Haute Cour et qui n’a pipé mot lors de l’audience du 11 août. Cette procédure est extrêmement rare, car les juges qui ont déjà statué en faveur d’une des parties en première instance ne siègent jamais en appel. Or, Holroyde a tenu des propos très sévères à l’égard de l’éditeur de Wikileaks.

 

C’est incontestablement une nouvelle très inquiétante pour Assange et pour la Justice britannique !

 

Il y a cependant un élément rassurant d’après le même Joe Lauria qui est un journaliste chevronné comme ancien de Wall Street Journal, du Boston Globe, du Sunday Times et du New York Times, dans Consortium News. Le juge Burnett se joindra à Lord Justice Timothy Holroyde à la Cour de Justice mercredi prochain.

 

 

 

Le baron Burnett, un des plus puissants juges du Royaume Uni se prononcera sans doute contre l'extradition d'Assange. Un espoir !

Le baron Burnett, un des plus puissants juges du Royaume Uni se prononcera sans doute contre l'extradition d'Assange. Un espoir !

 

 

 

Burnett, connu sous le nom de Baron Burnett of Maldon, était le juge de la Haute Cour qui, pour des raisons humanitaires, a annulé une décision de justice antérieure selon laquelle le militant britannique Lauri Love, un hacker accusé d’avoir piraté les ordinateurs de la NASA et du FBI, devait être extradé vers les États-Unis. Burnett a décidé en février 2018 que l'extradition de Love serait « dangereuse en raison de son état physique et mental ». En outre, le juge Burnett est un des plus puissants du Royaume et du Pays de Galle. Il est clair que sa contribution pèsera sur le jugement final.

 

Enfin, en attendant, il s’est produit deux événements essentiels qui pourraient influencer les débats au sein de la Court of Justice. En premier lieu, un ancien collaborateur à Wikileaks, un ressortissant islandais Sigurdur Thordarson est actuellement en détention en Islande.

 

Un traître et faux témoin

 

Selon Bjartmar Oddur Þeyr Alexandersson, Gunnar Hrafn Jónsson, journalistes au journal islandais Stundin, un des organes de presse les plus réputés du pays des volcans, Thordarson est un témoin clé pour le ministère de la Justice des États-Unis, selon des documents présentés à un tribunal britannique dans le but d’obtenir l’extradition de Julian Assange. Il a été recruté par les autorités américaines pour monter un dossier contre Assange après leur avoir fait croire qu’il était auparavant un de ses proches collaborateurs. Dans une interview récente accordée à Stundin, il a admis avoir fabriqué des déclarations pour impliquer Assange et a contredit les propos qu’il aurait tenus dans des documents judiciaires américains. En fait, il s’était porté volontaire pour collecter des fonds pour Wikileaks en 2010, mais il a été découvert qu’il avait profité de cette occasion pour détourner plus de 50 000 dollars à l’organisation. À cette époque, Julian Assange était en visite en Islande, le pays d’origine de M. Thordarson, en raison de son travail avec les médias islandais et les membres du Parlement pour préparer l’Initiative islandaise pour les médias modernes, un projet de liberté de la presse qui a débouché sur une résolution parlementaire soutenant les lanceurs d’alerte et le journalisme d’investigation.

 

 

 

Julian Assange en très mauvaise compagnie avec le traître Thordarson

Julian Assange en très mauvaise compagnie avec le traître Thordarson

 

 

 

Thordarson est un récidiviste qui a été décrit comme un "sociopathe" par des psychologues mandatés par le tribunal lors d’un procès qui l’a vu emprisonné pour des crimes sexuels commis sur neuf garçons mineurs qu’il a trompés et contraints à lui accorder des faveurs sexuelles. Cinq autres affaires similaires ont été abandonnées en raison du manque de preuves. L’une des victimes s’est suicidée après que les procureurs ont abandonné les charges spécifiquement liées à ses abus.

Selon les sources de Stundin, la principale raison de l’arrestation récente de Thordarson est le nombre important et croissant de cas de fraude financière dont il est accusé, notamment la falsification de la signature de son propre avocat afin de gonfler frauduleusement la valeur nette des actifs de sa société.

 

Un projet de kidnapping

 

Stundin a demandé à Kristinn Hrafnsson, rédacteur en chef de Wikileaks, un commentaire sur l’arrestation de Thordarson, puisque ce dernier est un témoin clé dans l’affaire contre Julian Assange, ancien rédacteur en chef de Wikileaks, et a reçu la déclaration suivante :

 

« La semaine dernière, nous avons appris le plan de la CIA pour kidnapper ou tuer Assange dans le centre de Londres et maintenant le témoin clé de l’accusation américaine contre lui est en prison pour des délits en série - la même personne qui, il y a quelques semaines, a confirmé dans des interviews que les éléments de l’acte d’accusation contre Julian où il était le seul témoin, étaient des fabrications totales. Les poursuites contre Assange doivent être abandonnées et en aucun cas, compte tenu des récentes révélations, le Royaume-Uni ne peut l’extrader. »

Espérons qu’il aura raison !

 

Un projet d’assassinat

 

En outre, rapporte le site du « Grand Soir » le 21 septembre 2021 :

 

« En 2017, alors que Julian Assange entamait sa cinquième année de détention dans l’ambassade d’Équateur à Londres, la CIA a comploté pour kidnapper le fondateur de WikiLeaks, suscitant un débat animé parmi les responsables de l’administration Trump sur la légalité et l’aspect pratique d’une telle opération.

 

Certains hauts responsables au sein de la CIA et de l’administration Trump ont même discuté de l’assassinat d’Assange, allant jusqu’à demander des "ébauches " ou des " options " sur la façon de l’assassiner. Des discussions sur l’enlèvement ou le meurtre d’Assange ont eu lieu "aux plus hauts niveaux" de l’administration Trump, a déclaré un ancien haut responsable du contre-espionnage. "Il ne semblait y avoir aucune limite".

 

Ces conversations faisaient partie d’une campagne sans précédent de la CIA dirigée contre WikiLeaks et son fondateur. Les plans à plusieurs volets de l’agence comprenaient également l’espionnage intensif des associés de WikiLeaks, le développement de la discorde entre les membres du groupe et le vol de leurs appareils électroniques.

 

Alors qu’Assange était dans le collimateur des agences de renseignement américaines depuis des années, ces plans de guerre totale contre lui ont été déclenchés par la publication par WikiLeaks d’outils de piratage extraordinairement sensibles de la CIA, connus collectivement sous le nom de "Vault 7", dont l’agence a finalement conclu qu’ils représentaient "la plus grande fuite subie par la CIA de toute son histoire".

 

Le directeur de la CIA récemment nommé par le président Trump, Mike Pompeo, cherchait à se venger de WikiLeaks et d’Assange, qui s’était réfugié à l’ambassade d’Équateur depuis 2012 pour éviter d’être extradé vers la Suède en raison d’allégations de viol qu’il niait. Pompeo et d’autres hauts dirigeants de l’agence "étaient complètement détachés de la réalité parce qu’ils étaient tellement embarrassés par Vault 7", a déclaré un ancien responsable de la sécurité nationale de Trump. "Ils ont vu rouge".

 

La fureur de la CIA à l’égard de WikiLeaks a conduit Pompeo à décrire publiquement le groupe en 2017 comme un "service de renseignement hostile non étatique". Plus qu’un simple point de discussion provocateur, la désignation a ouvert la porte aux agents de l’agence pour prendre des mesures beaucoup plus agressives, traitant l’organisation comme elle traite les services d’espionnage adverses, ont déclaré d’anciens responsables du renseignement à Yahoo News. En l’espace de quelques mois, les espions américains ont surveillé les communications et les déplacements de nombreux membres du personnel de WikiLeaks, y compris la surveillance audio et visuelle d’Assange lui-même, selon d’anciens responsables. »

 

On comprend mieux l’acharnement de la CIA à éliminer Assange, non parce qu’il présente un danger, mais surtout comme exemple ! Avoir détecté le système de piratage « Vault 7 » représente pour cette agence un échec considérable ! Et c’est là le vrai danger pour le génial journaliste informaticien.

 

Même si, hypothèse peu probable, Julian Assange est libéré par la Justice britannique, lui et sa famille sont en danger. L’Etat profond de la principale puissance mondiale ne peut tolérer avoir essuyé un tel échec de la part d’un informaticien-journaliste attaché à la liberté au plus profond de lui-même En définitive, s’il ne représente plus un danger, il reste un exemple pour l’ensemble de la profession de l’information, et cela ne se pardonne pas !

 

En cas d’extradition ou d’élimination de Julian Assange, ce sera une des plus grandes impostures de l’histoire.

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

Tous ceux qui militent pour la liberté de la presse et celle de Julian Assange ne seront jamais assez reconnaissants envers Viktor Dedaj, un des responsables du site le Grand soir.info qui traduit, analyse et diffuse depuis des années des articles, communiqués, analyses consacrés à cette tragique affaire qui doit nous faire réfléchir et agir pour l’avenir d’une société libre, fraternelle, égalitaire.

 

 

 

 

 

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 22:27
Le Z est-il un taliban ?

Qui sait si le Z n'est pas en réalité un taliban ?

 

Il y a manifestement un petit air de famille !

 

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 20:34

 

 

 

Qui se souvient des femmes combattantes kurdes qui luttaient en Syrie contre l'Etat islamique ?

 

Que sont-elles devenues ?

 

L'OTAN si prompte à dénoncer puis à bombarder demandera-t-elle des comptes à Erdogan ? 

 

Un moment d'illusion...

 

 

 

Ah ! La mémoire sélective !
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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 17:27

 

 

 

La décision de la Cour constitutionnelle polonaise de nier la primauté du droit européen sur le droit national a déclenché un séisme. Tout le monde a l’air surpris. Les éditoriaux indignés se multiplient. Les déclarations en tout genre font cascade.

 

Or, si on analyse bien, ce n’est pas une surprise. Cela fait déjà une dizaine d’années que les dirigeants des pays de l’ancienne Mitteleuropa prennent leurs distances avec les principes de base de la construction européenne. Ce qu’on appelle l’illibéralisme de la Hongrie et de la Pologne en est un exemple. Que s’est-il donc passé ?

 

 

 

La Cour de Justice de Pologne a jeté un fameux pavé dans la mare de l'Union européenne.

La Cour de Justice de Pologne a jeté un fameux pavé dans la mare de l'Union européenne.

 

 

 

Il ne fallait pas se faire d’illusions !

 

Il ne fallait pas se faire d’illusions : la saga du Brexit laisserait des traces. D’autre part, la brutalité avec laquelle la fameuse Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) a traité la Grèce en 2015 a sérieusement écorné l’idée positive que l’on se faisait de la construction européenne. Un des points faibles de l’Union européenne est sa direction bicéphale. La Commission « supranationale » et le Conseil « des gouvernements des Etats-membres ». Le Conseil étant intergouvernemental supplante la Commission qui, elle, est « fédérale ». Comme la Commission est chargée d’appliquer les décisions du Conseil, cela provoque immanquablement des conflits. Pire. On constate de la part des autorités européennes et particulièrement de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) une interprétation restrictive des traités (TFUE) qui interdit alors toute souplesse dans le traitement de dossiers qui nécessitent de tenir compte de facteurs régioneux, culturels, économiques, sociaux propres à chaque Etat-membre.

 

La Cour polonaise n’est d’ailleurs pas la seule à remettre en question les décisions de l’UE et les traités. La Cour de Justice de Karlsruhe rue depuis longtemps dans les brancards notamment sur les questions monétaires où d’après elle, certaines décisions européennes en la matière sont contraires à la Constitution de l’Allemagne fédérale. Cependant, ici, la Cour polonaise va beaucoup plus loin. Elle remet en question la suprématie du droit européen sur le droit national polonais. En France, Michel Barnier, ancien commissaire européen et négociateur pour l’Union européenne sur le Brexit préconise lui aussi de passer outre, s’il y a lieu, les arrêts de la Cour de Justice européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme sur la question de l’immigration. De son côté, Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste, a affirmé qu’il était « est nécessaire que la constitution rappelle la supériorité de la loi nationale, la supériorité du Parlement » et il propose que le Parlement puisse « modifier, amender, corriger toutes décisions de l’Union européenne indésirables qui viendraient à s’appliquer sur le sol national ». Cela reviendrait tout simplement à quitter l’Union européenne ! En tout cas, manifestement, l’idée de redonner priorité au droit national sur les normes européennes est dans l’air et cela risque de ne pas s’arrêter de sitôt.

 

 

 

 

Même le très européen Michel Barnier a sa part de souverainisme.

Même le très européen Michel Barnier a sa part de souverainisme.

 

 

 

Aussi, que se passe-t-il si dans trois des plus importants Etats-membres de l’Union européenne, il y a remise en cause de la hiérarchie des normes européenne ? Dans le « Monde » du 8 octobre, la juriste Tania Racho, experte en droit européen, professeure à l’Université de Paris III et rédactrice au « Surligneur », estime que l’arrêt de la Cour de Justice polonaise ne signifie pas une volonté de Varsovie de quitter l’UE, mais s’inscrit dans le débat des « valeurs » lancé par la Commission européenne à la suite du Brexit. Elle estime qu’il ne faut pas comparer la décision de la Cour de justice de Karlsruhe avec celle de Varsovie. « En Allemagne, on est sur le terrain technique, en Pologne on est sur celui de l’Etat de droit. » dit-elle. Rappelons que la Cour allemande avait considéré le rachat de titres de la dette d’Etat par la Banque centrale européenne comme contraire à la Constitution de la République fédérale. Une question économique de cette importance ne semble pas être purement technique !

 

Des sanctions peu probables et un Parlement hors jeu

 

Des sanctions européennes face à cette remise en cause fondamentale des Traités n’est guère évidente. Il y a deux possibilités : on applique l’article 4 du TFUE qui permet de sanctionner les manquements d’un Etat-membre, cependant il faut l’unanimité des Etats membres pour ce faire. La Pologne et la Hongrie empêcheront évidemment cette unanimité ! La seconde possibilité est le recours en manquement aux règles de l’Union européenne. Il s’agit d’une procédure longue et compliquée déclenchée par la Commission européenne qui se déroule en quatre étapes. La première consiste en un dialogue entre la Commission et l’Etat membre concerné. Si un accord se produit, cela s’arrête là, sinon la Commission saisit la CJUE pour établir le manquement et valider juridiquement la démarche. Troisième étape : nouveau dialogue entre la Commission et l’Etat-membre. S’il y a échec, quatrième étape, la Cour de Justice peut prendre des sanctions financières contre ledit Etat. On n’est pas sorti de l’auberge !

 

Remarquons au passage que le Parlement européen figure aux abonnés absents dans cette procédure ! Et on s’étonne de l’absence de démocratie dans les institutions européennes…

 

Dans un autre domaine, les traités européens imposent aux Etats-membres de respecter les doits fondamentaux. La Hongrie a adopté une loi limitant les droits des LGBT+. « Là, il est question d’Etat de droit, de protection des minorités. Dans ce contexte, la procédure du recours en manquement est repensée pour viser des cas où les valeurs sont en jeu. » selon Tania Racho. Cependant, on se heurte aux mêmes difficultés. La lourdeur du recours au manquement et les dispositions des articles 4 et 7 du TFUE qui requièrent l’unanimité !

 

 

 

 

La juriste française Tania Racho ne croit pas au "Polexit".

La juriste française Tania Racho ne croit pas au "Polexit".

 

 

 

Observons au passage l’inefficacité des traités qui rendent quasi impossibles la protection des règles et des principes fondamentaux dont l’UE se réclame !

 

Alors, que va-t-il se passer ? On parle déjà de « Polxit » ou de « Hongriexit ». Cependant ; il y a peu de chances. La Pologne comme la Hongrie ont besoin des subventions européennes et n’entameront pas de procédure d’exit de sitôt ! Cependant, il y aura débat sur la question de la primauté des règles européennes et nationales et aussi des pouvoirs de la Commission.

 

Remontons l’histoire. Après la réunification allemande en 1991, on a lancé le turbo pour l’adhésion des pays de l’ancien bloc de l’Est à l’Union européenne. On n’a quasi pas vérifié si ces pays étaient prêts et surtout comment les aider à se préparer. Il y avait manifestement une pression étatsunienne pour élargir l’OTAN et en parallèle l’Union européenne. C’est là un des grands points faibles de l’UE : l’alignement systématique sur l’Alliance atlantique. Il y avait aussi une énorme différence de développement entre les pays de l’Europe occidentale et ceux d’Europe centrale. Cette différence n’est toujours pas comblée, surtout pour les pays balkaniques comme la Roumanie et la Bulgarie. Un épisode significatif de la politique européenne fut la fameuse directive Bolkestein qui légalisait le travail en noir créant ainsi une concurrence entre les travailleurs d’Europe centrale et ceux de l’Ouest. Rappelons-nous le fameux « plombier polonais » !

 

L’élargissement à marche forcée est en définitive un échec. Il n’a que fort peu contribué au développement des Etats-membres ayant fait partie de l’ancien bloc de l’Est et a fort peu contribué à y asseoir solidement les valeurs fondamentales de la démocratie européenne.

 

Ajoutons que si l’on peut déplorer un relatif échec de la construction européenne à l’Est, l’Union européenne n’est pas exempte de critiques. Le traité de Maastricht de 1992 qui a été complété par celui de Lisbonne de 2009 ont mené l’Union dans une politique néolibérale qui est particulièrement destructrice. Nous avons évoqué la crise grecque de 2015, mais il y a aussi cette politique systématique de destruction des services publics au profit d’entreprises transnationales qui ne sont pas toutes européennes. Tout cela au nom de la sacro-sainte concurrence qui est prise dans son sens le plus large.

 

D’autre part, la Commission européenne dépasse largement le cadre de ses compétences en s’introduisant dans la politique sociale des Etats-membres. La privatisation forcée de la Poste et celle des chemins de fer est une catastrophe et pourrait à terme nuire au développement des pays membres de l’UE. Un autre exemple : le plan de relance décidé par le Conseil européen au terme de la crise sanitaire est conditionné par la Commission à une réforme des pensions dans chaque Etat-membre bénéficiaire dudit plan. En quoi les instances européennes sont-elles compétentes en matière sociale ?

 

 

 

Ursula von der Leyen veut réformer les pensions en Europe, alors que ce n'est pas dans les compétences de l'UE.

Ursula von der Leyen veut réformer les pensions en Europe, alors que ce n'est pas dans les compétences de l'UE.

 

 

 

L’Union européenne est loin d’être une construction parfaite et harmonieuse. Elle doit profondément se réformer si elle veut survivre et surtout si elle ne veut pas par ses excès ouvrir la porte à la résurgence des doctrines d’exclusion et de rejet qui reviennent au galop suite aux politiques irresponsables des dirigeants européens. Zemmour en France, Van Grieken en Belgique, Orban en Hongrie, Kaczynski en Pologne sont des personnages représentant un danger majeur qu’il faut combattre avec force et vigueur. Que l’Union européenne enfermée dans sa politique figée par des traités inadaptés ne leur donne pas en plus l’eau au moulin dont ils ont un pressant besoin et pour qu’elle ne fasse pas son propre « exit » !

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 10:12

 

 

 

Et encore une ! Voilà que l’ICIJ – le consortium international de journalistes d’investigation regroupant des journalistes appartenant aux plus grands organes de presse occidentaux – vient de sortir un énième rapport sur la grande fraude fiscale, les « Pandora papers », Pandora dans le sens boîte de Pandore. Cela provoque un séisme médiatique. On peut cependant douter de l’ampleur des répliques politiques et judiciaires en l’occurrence. Et il y a fort à parier qu’une fois le peu de dégâts réparés, ce sera business as usual.

 

Après les Luxleaks, Panama papers et autres Paradise papers, voici les Pandora papers. En définitive, c’est la multiplication du même à cette différence près que sont impliqués nommément des Premiers ministres et des Chefs d’Etat d’Europe, de Russie, d’Afrique d’Amérique du Sud et du Proche-Orient, ainsi que de célèbres personnalités du show business. Mais posons-nous la question : pourquoi ces fuites ?

 

 

 

« Pandora papers » : pourquoi ces fuites ?

 

 

 

Il y a cinq ans, nous avons publié sur le blog « Uranopole » un article relatif aux #Panama papers ( https://uranopole.over-blog.com/2016/04/curieux-papiers.html ) où nous citions les commentaires de spécialistes des finances et des circuits financiers, comme l’avocate Sabrina Scarna spécialiste en droit fiscal et chargée de conférence à la Solvay Business School à l’ULB et Paul Jorion qui n’est plus à présenter. Il n’y a rien à changer à leurs propos tenus en 2016.

 

 

 

Il y a cinq ans, Paul Jorion a remis les montres à l'heure sur ces révélations.

Il y a cinq ans, Paul Jorion a remis les montres à l'heure sur ces révélations.

 

 

 

Une indignation savamment orchestrée

 

« Si on écoute une spécialiste comme Sabrina Scarna, avocate au barreau de Bruxelles et chargée de cours à Solvay Brussels School – la HEC de l’ULB – « Les gens qui fonctionnent dans des structures pareilles, je les appelle les derniers des Mohicans. » (Le « Soir » 9/10 avril 2016). Autrement dit, le système « off shore » est dépassé et a depuis longtemps été remplacé.

 

 

L'avocate fiscaliste Sabrina Scarna

L'avocate fiscaliste Sabrina Scarna

 

 

 

Cependant, tout cela n’a pas manqué de provoquer une réaction d’indignation dans le monde, mais cette réaction est-elle si spontanée ?
 

 

Que voilà, en effet, une indignation savamment orchestrée ! Une fois de plus, on invite le bon peuple à découvrir la Lune via des journaux comme le « Guardian », le « Monde », le « Soir », etc. ; en tout 109 rédactions dans 76 pays. Tous organes de presse assez proches du pouvoir.

 

 

De là à se poser des questions sur les objectifs réels de cette immense campagne de « révélations », il n’y a qu’un pas à franchir !

 

Paul Jorion qui n’est pas spécialement un « complotiste » se pose lui aussi des questions : « Comment se fait-il qu’on s’indigne à certains moments de choses connues depuis des années ? De gros livres existent sur les paradis fiscaux, tous les mécanismes y ont été décrits. Un des plus récents, Treasure islands : tax havens and the men who stole the world (Iles au trésor : les havres fiscaux et les personnes qui ont volé le monde) de Nicolas Shaxson, a été en 2011 un best-seller aux Etats-Unis. »

 

Et il ajoute : « … je ne pense pas que ces fuites surviennent par hasard. Le Monde et Süddeutche Zeitung ne sont pas des journaux révolutionnaires. En février 2010, Der Spiegel avait eu des fuites, qui révélaient que la Grèce avait trafiqué ses comptes pour entrer dans la zone euro. Quelle en était l’origine : Angela Merkel elle-même, ou Jens Weidmann, le président de la Banque centrale allemande ? Des choses sont sues dont personne ne s’indigne, puis l’indignation apparaît soudainement… »

 

 

Il s’agit d’un grand travail journalistique.

 

Entendons-nous bien : les journalistes d’investigation regroupés dans l’ICIJ exercent leur métier avec honnêteté, rigueur et courage. Cependant, on peut se poser des questions sur ce consortium. Son financement permet de douter de l’indépendance de cet organisme. Dans le même article, nous notions :

 

« Le Consortium international des journalistes d’investigation qui se présente comme une Organisation non gouvernementale. L’acronyme anglais est ICIJ. Son siège est à Washington et il est financé par :

 

- La fondation Ford

- La fondation Carnegie

- La fondation de la famille Rockefeller

- La Fondation W K Kellogg

- La Fondation pour une société ouverte (du milliardaire Soros)

 

L’ICIJ fait partie du Projet de rapport sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) qui est financé par le gouvernement américain à travers l’USAID (l’agence de coopération internationale du gouvernement US).

 

 

À voir ses sources de financement on peut légitimement – sans tomber dans un « antiaméricanisme » primaire – se poser des questions sur l’indépendance de l’ICIJ… et sur son caractère « non gouvernemental » !

 

 

Quid des Etats-Unis ?

 

 

Remarquons que comme dans les « papers » précédents, il ne figure dans les Pandora papers aucun nom de personnalité politique ou du show business étatsunienne. Les Etats-Unis auraient-ils intérêt à contribuer aux investigations sur la grande fraude fiscale dans le monde sauf chez eux ?

 

 

 

Le président US Joe Biden n'est pas très clair sur la question de l'évasion fiscale.

Le président US Joe Biden n'est pas très clair sur la question de l'évasion fiscale.

 

 

 

Le « Monde » du 6 octobre le rappelle : Le 3 juin, la Maison Blanche a publié un mémorandum établissant la lutte contre la corruption comme une priorité nationale. S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre, Joe Biden avait estimé que « la corruption (…) se répand par-delà les frontières, et génère des souffrances humaines. Ce n’est rien de moins qu’une menace à la sécurité nationale au XXIe siècle ». Cependant, on « oublie » de signaler que Biden fut durant trente-six ans sénateur de l’Etat du Delaware qui est un paradis fiscal au sein de l’Union au même titre que l’Alaska, le Nevada, le New Hampshire et surtout le Dakota du Sud. Donc, aux USA on fraude entre soi !

 

Cela dit, ces révélations par épisodes montrent qu’il existe un système financier mondial parallèle à l’économie financière classique. Les « Pandora », « Paname », « Dubaï » papers et autres Luxleaks ne sont que l’infime partie d’une galaxie de société offshore établies dans tous les paradis fiscaux et pays où l’investigation est quasi impossible. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré le juge Michel Claise dans une interview au journal conservateur belge La Libre Belgique que nous avons rapportée dans notre précédente livraison.

 

Les économistes atterrés (une association d’économistes français n’adhérant pas à l’école classique) écrivent de leur côté : « Si ce système prospère, c’est parce que certaines institutions jouent un rôle de facilitateur, qu’il s’agisse de banques, de cabinets d'avocats ou de comptables aux États-Unis comme en Europe ». Les Pandora Papers représentent l’enquête la plus importante jamais menée par le Consortium ICIJ et ses partenaires. Bravo à eux ! Durant de nombreux mois, 600 journalistes de 150 médias répartis dans 117 pays ont épluché 11,9 millions de documents issus de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore. »

 

L’Union européenne complice ?

 

Comme institution, il y a entre autres l’Union européenne. Le ‘Monde » là aussi explique :

 

l’ICIJ s’interroge sur l’efficacité de certaines des mesures prises jusqu’ici par l’Union européenne, comme la fin du secret bancaire, ou l’échange automatique d’informations entre Etats sur les comptes des citoyens à l’étranger. Ainsi, la très grande majorité des Etats cités dans ce scandale, comme Hongkong, Belize, les îles Vierges britanniques, ou encore Chypre, ne font pas partie des paradis fiscaux inscrits sur une liste de l’UE créée en décembre 2017 après les « Panama Papers » et « LuxLeaks », et dont les pays qui y figurent peuvent se voir privés de fonds européens. Autrement dit, les dirigeants européens si prompts à donner des leçons aux Etats-membres sur leurs déficits, ferment les yeux sur bien des choses en matière d’évasion fiscale !

 

Le capitalisme du mélange

 

Alors, que conclure ? Si on se réfère aux propos du juge Claise et de l’ancien juge français Van Ruymbeke, les dés sont pipés. La corruption se généralise. Les paradis fiscaux malgré tout « protégés » par les institutions officielles sont aussi des paradis judiciaires dans lesquels aucune juridiction nationale ou internationale ne peut intervenir. Pire, l’origine de la plupart des fonds déposés dans ces paradis fiscaux est camouflée par les milliers de sociétés offshore. Aussi, l’argent de la drogue cohabite avec les fonds de richards, de clubs de football, de banques, etc. C’est le capitalisme du mélange !

 

Assez paradoxalement, ce capitalisme du mélange qui arrive aisément à passer au-dessus des Justices nationales et internationales presque totalement désarmées, pourrait être à l’origine d’une crise financière sans précédent qui pourrait sonner à terme le glas du capitalisme.

 

 

Pierre Verhas

 

 

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 19:47

 

 

 

Le « centre » s’éclate !

 

Depuis des décennies, surtout depuis l’ère néolibérale Reagan-Thatcher, les pays d’Europe occidentale sont gouvernés par des coalitions dites du centre, soit centre-gauche, soit centre-droit, ce qui revient grossomodo au même.

 

Les dernières élections législatives allemandes – rappelons que l’Allemagne est le plus important Etat-membre de l’Union européenne – ont montré un éclatement du centre, c’est-à-dire de la « grande coalition » qui réunit la CDU-CSU, chrétienne centre droit et le SPD, social-démocrate centre gauche, au profit de ce dernier. Cependant, la reconduction de cette association momentanée sera sans doute difficile à reconstituer. « Mutti » n’est plus là pour recoller les morceaux. D’autres formules sont possibles : un des « grands » partis s’allie aux Verts et aux Libéraux qui ont obtenu un bon résultat. Mais, elles feront l’objet d’âpres négociations et aboutiront sans doute à un gouvernement condamné à l’immobilisme.

 

 

 

C'est avec une certaine amertume qu'Angela Merkel quitte la chancellerie de la RFA. Il faut lui reconnaître sa solidarité envers les migrants. Merkel, en tant qu'ancienne citoyenne de la RDA, savait très bien ce que signifie le mot réfugié.

C'est avec une certaine amertume qu'Angela Merkel quitte la chancellerie de la RFA. Il faut lui reconnaître sa solidarité envers les migrants. Merkel, en tant qu'ancienne citoyenne de la RDA, savait très bien ce que signifie le mot réfugié.

 

 

 

C’est le cas de la Belgique avec sa coalition dite « Vivaldi » réunissant les libéraux, les socialistes, les sociaux-chrétiens flamands et les écologistes qui a succédé à la très droitière « Suédoise ». Les circonstances sont évidemment différentes, compte tenu de la division du pays entre le Nord et le Sud. Néanmoins, on observe ici aussi une absence de netteté dans le processus de décision qui est en tous les domaines, dicté par des compromis. On l’observe d’ailleurs dans la gestion pour le moins chaotique de la pandémie et au niveau wallon des conséquences des inondations.

 

En France, c’est le chaos politique depuis le début du mandat de Macron. Et même auparavant, lorsqu’il était le ministre de l’Économie de François Hollande. On a assisté au démantèlement des fleurons de l’industrie française comme Alstom, à une régression sociale jamais vue depuis la Libération. Tout cela a déclenché le phénomène « Gilets jaunes » qui a déconcerté tout l’establishment. C’est pourtant simple : une marge importante du « petit peuple » a exprimé à sa manière son désarroi. La violence de la réaction du pouvoir a aussi déconcerté et indigné pas mal de monde. Et comme d’habitude, l’affaire s’est terminée en eau de boudin, mais nul doute qu’elle laissera des traces.

 

En tout cas, voilà un président tout à fait déconnecté de la société civile qui s’accroche à un programme ultralibéral provoquant ainsi bien des dégâts. On observe aussi une dérive totalitaire, là aussi dans la gestion de la pandémie.

 

 

 

Emmanuel Macron ne peut cacher son angoisse de l'avenir.

Emmanuel Macron ne peut cacher son angoisse de l'avenir.

 

 

 

Aujourd’hui qu’on est à l’approche de l’échéance électorale, règne aussi le chaos dans les rapports de force politiques. La gauche est démantelée, la droite républicaine en pleine déliquescence et l’on ne s’intéresse plus qu’au débat entre les extrêmes. On vient de le voir avec le curieux débat télévisé entre le Z et Mélenchon.

 

 

Le débat entre Mélenchon et Zemmour n'a servi à rien sinon à renforcer le centre qui aura beau jeu de démolir toute idée critique en laissant le paysage médiatique à l'expression extrémiste.

Le débat entre Mélenchon et Zemmour n'a servi à rien sinon à renforcer le centre qui aura beau jeu de démolir toute idée critique en laissant le paysage médiatique à l'expression extrémiste.

 

 

 

Voilà donc les résultats du « centre » en trois pays. Et il est probable que le centrisme sera encore aux affaires dans les années à venir, car entre les formations centristes qui vont des Verts à la droite libérale, en passant par une social-démocratie de plus en plus faible, les extrêmes de droite comme de gauche ne parviennent pas à percer sérieusement, le choix est fait. Electoralement, le centre s’affaiblit au profit des radicaux, mais il reste encore suffisamment puissant pour ne pas craindre pour le moment une véritable poussée extrémiste. Ce qui permet à Cohn Bendit d’affirmer que les Allemands veulent être gouvernés au centre, comme s’ils ne l’étaient pas depuis longtemps !

 

Il existe aussi l’extrême-centre. Après tout, pourquoi il n’y aurait que les extrêmes de droite et de gauche ? C’est une tendance qui refuse tout regard et expression critique envers le néolibéralisme que les formations centristes ont imposé dans les pays où elles sont au pouvoir.

 

Cependant, la contestation peut venir d’ailleurs, car le drame du centrisme est l’immobilisme et l’alignement sur les exigences économiques et sociales des entreprises transnationales et sur les diktats de la principale puissance mondiale, les Etats-Unis.

 

Et c’est ici la tragédie du centre : il n’a plus le sens de l’Etat ni de ses principes de solidarité et de souveraineté. Il a remplacé l’intérêt général par la somme des intérêts particuliers.

 

 

Fraude et corruption au programme

 

 

Dans une interview retentissante à la « Libre Belgique » de samedi 25 septembre 2021, le juge d’instruction Michel Claise spécialisé en criminalité financière, n’y va pas par quatre chemins ! « Nous sommes dans un pays corrompu ! » affirme-t-il sereinement. Claise s’inscrit dans la continuité de la mercuriale du Procureur général près la Cour d’appel de Bruxelles qui a prévenu : « la police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles ne mènera désormais plus toutes les enquêtes pénales qui devraient lui être confiées. J’ai pris cette décision compte tenu de l'arriéré judiciaire trop important de la cour d'appel de Bruxelles, en particulier dans les dossiers de criminalité financière, mais aussi au vu du nombre sans cesse décroissant d'enquêteurs spécialisés à la PJF de Bruxelles. » En clair, la Justice n’exercera plus ses devoirs en cette matière ! Du jamais vu, là aussi !

 

 

 

 

Le juge Michel Claise qui n'a jamais eu la langue dans sa poche !

Le juge Michel Claise qui n'a jamais eu la langue dans sa poche !

 

 

 

Pour le Juge Claise, la criminalité financière ne suscite que peu d’intérêts. Ainsi, par exemple : « le dossier de fraude fiscale liée à la banque HSBC a permis de récupérer 300 millions d'euros. Mais on oublie très vite. La preuve : qu'est-ce qu'il y a eu après ? Rien. En mars, la médiatisation de l'opération Sky ECC (NdlR, décryptages de messages échangés sur le système de cryptophone utilisé par les trafiquants à Anvers) démontrait, une fois encore, l'intérêt de telles investigations. Les montants dont il est question sont colossaux. Mais quel est le résultat aujourd'hui ? Avons-nous plus de moyens pour mener davantage d'enquêtes de ce genre ? Non. » De toute façon, depuis longtemps, pour la PJF, la criminalité financière n’est plus une priorité.

 

 

Remarquons que c’est une constante dans l’organisation de la Justice belge. Lorsqu’un service devient trop gênant, on le supprime ou on l’affaiblit. Ce fut le cas il y a bien longtemps du CSC (Comité Supérieur de Contrôle) chargé de traquer la fraude et la corruption dans les services publics. Il a été purement et simplement dissous par feu l’ancien Premier ministre Wilfried Martens. Un autre service dépendant du ministère des Finances (devenu SPF Finances), l’Inspection Spéciale des Impôts (ISI) a été réduit à sa plus simple expression. Quand un magistrat affirme que « nous sommes dans un pays corrompu », on peut aisément comprendre pourquoi on a procédé ainsi au plus haut niveau de l’Etat.

 

« On vit à Disneyland en prenant du Xanax. »

 

Après ce constat de carence, le juge Claise met en garde sur les dangers de la criminalité financière pour notre société. En définitive, celle-ci se manifeste dans tous les domaines d’activités délictuelles. Le magistrat prend l’exemple de la drogue.

 

« Le trafic de drogues, sur le plan planétaire, représente plus en termes d’activité que n’importe quelle entreprise dans le monde, aussi géante soit-elle. Plus de 500 milliards de dollars ! D’après l’OCDE, il y a 12 à 13 milliards d’euros détectés dans le trafic de cannabis en provenance du Rif (Maroc). La contrefaçon en Europe représente entre 250 et 300 milliards d’euros, les carrousels TVA, entre 200 et 250 milliards d’euros. Et je ne vous parle pas de cybercriminalité qui, avec la crise sanitaire, a pris une ampleur phénoménale. On ne se rend pas compte de la pénétration de ces différentes formes de criminalité chez nous, au travers du blanchiment d’argent notamment… On ne s’en rend tellement pas compte qu’autant se dire qu’on vit à Disneyland en prenant du Xanax… »

 

A tout cela, il faut ajouter la classique fraude fiscale. « sur le site du SPF Finances, vous allez trouver que l’évasion fiscale est évaluée à 30 milliards d’euros en Belgique. C’est 6 % de notre PIB ! Tout juste l’ampleur de notre déficit… »

 

Enfin, Michel Claise exprime sa colère à l’égard du monde politique et particulièrement envers l’un d’entre eux : Paul Magnette, président du PS, parti qui inscrit prioritairement dans son programme, la lutte contre la fraude fiscale.

 

 

 

 

Le Président du PS Paul Magnette se montre plus qu'hésitant dans la lutte contre le criminalité financière.

Le Président du PS Paul Magnette se montre plus qu'hésitant dans la lutte contre le criminalité financière.

 

 

 

« Paul Magnette a été interviewé lors d’une interview télévisée avant que n’éclate Sky ECC. Le journaliste lui demandait pourquoi le gouvernement avait décidé de supprimer le secrétariat à la lutte contre la fraude fiscale et sociale sous cette législature. Le président du PS avait répondu que les pouvoirs du SPF Finances allaient être renforcés, et que l’échange automatique d’informations fiscales entre administrations fiscales européennes allait bien aider… De qui se moque-t-on ? Comme si les malfrats ne le savaient pas. Les grands blanchisseurs connaissent mieux que quiconque les règles… »

 

C’est un argument similaire qui a été utilisé pour justifier la réforme de l’ISI : mieux l’intégrer à l’administration fiscale. Ce qui revient à l’affaiblir, car auparavant, grâce à sa relative autonomie, ce service pouvait diligenter des enquêtes qui n’étaient pas ordonnées par l’administration, mais consécutives à des investigations initiées par l’ISI.

 

En conclusion de son interview, Michel Claise voit trois hypothèses dans l’immobilisme du monde politique : « Soit ils ne comprennent pas. Soit ça les ennuie parce que cela pourrait toucher à leur fonds de commerce, à savoir les grandes entreprises. Soit eux-mêmes sont corrompus. Ne négligez pas cette troisième hypothèse… Nous sommes dans un pays corrompu. Il ne faut pas négliger ce constat. »

 

Pour étayer son constat, le juge fait remarquer : « … rien n’est fait véritablement pour lutter contre la criminalité financière. Les effectifs sont largement insuffisants. Même dans le cadre de la lutte contre la fraude fiscale, il ne se passe rien. » Et il insiste : « Nous sommes, je le redis, dans un pays corrompu. Je vous assure, c’est quelque chose d’épouvantable. Il y a le feu au lac, car l’argent sale et l’argent licite se mêlent de plus en plus. Le blanchiment passe aussi au travers d’entreprises tout à fait respectables. Nous ne maîtrisons plus aujourd’hui la présence de l’argent sale dans notre économie. » Et c’est toujours la même chose : pour lutter efficacement contre ce phénomène, il faut des effectifs et pour diverses raisons, les ministres de la Justice et de l’Intérieur rechignent à recruter, cela souvent sans motif. « En attendant, quand je demande des policiers supplémentaires, on me dit qu’il faut que le dossier soit prioritaire. Ce qui signifie donc que toute une série de dossiers ne seront pas traités parce qu’ils ne sont pas prioritaires. C’est un déni de justice ! J’en suis catastrophé. Concevez-vous, comme l’a dit Johan Delmulle, qu’il faille établir des priorités ? Pourquoi n’engage-t-on pas plus, alors que les enjeux financiers sont gigantesques ? C’est pour cela que je suis furieux contre le monde politique, et contre Paul Magnette en particulier, car ils ne sont pas conscients que cette criminalité financière va nous "bouffer la figure", si vous me passez cette expression. »

 

 

En plus du recrutement indispensable, Michel Claise insiste aussi pour qu’il y ait un statut du lanceur d’alerte comme on l’a fait en France. Une fois de plus, l’immobilisme de la classe politique ! Si le magistrat concède qu’il y a certaines améliorations, on est cependant loin du compte et il ne peut que conclure : « J’ai l’impression de parler dans le vide et qu’à chaque grosse affaire qui éclate, on se sent catastrophé… et puis plus rien. C’est un peu comme lorsqu’on dit que la planète va mal. On le répète depuis des années, les rapports énonçant des catastrophes environnementales font état de situations dénoncées il y a de nombreuses années. Et pourtant on en parle aujourd’hui comme si on découvrait tout ça. Pour la criminalité financière, c’est exactement la même chose. Ce qui se passe, c’est une forme de terrorisme financier, une bombe qui explose tous les jours et qui touche tout le monde. »

 

 

Un ancien président de la République française vient d’être condamné pour corruption et on vient de révéler un énorme scandale de corruption dans le monde du football belge…

 

 

A propos de Julian Assange

 

C’est donc les 27 et 28 octobre que l’on sera fixé sur le sort de Julian Assange à la suite des audiences de la Cour d’appel à Londres. Et on vient de révéler qu’en 2017, la CIA a envisagé d’assassiner ou d’enlever le fondateur de Wikileaks encore réfugié à l’ambassade d’Equateur

 

 

 

Julian Assange toujours prêt à combattre !

Julian Assange toujours prêt à combattre !

 

 

Tout est donc à craindre. La mobilisation pour libérer Assange doit se renforcer ! C’est plus que jamais devenu une question de vie ou de mort.

 

BRUXELLES, NAMUR ET AILLEURS ! - Rassemblement pour la libération de Julian Assange. Acte 131 - comité Free.Assange.Belgium et La Manif chez Moi

 

La "justice" du Royaume-Uni a reçu l’appel des Etats-Unis et fixé les dates de son examen :
les 27 et 28 octobre.

Appel reçu sur base de promesses dont on sait qu’elles ne seront pas tenues.
Appel reçu qui remet en cause un témoin de la défense, un neuropsychiatre reconnu.
Appel reçu, alors que par contre, un témoin clef de l’accusation qui a admis avoir menti n’est pas remis en cause...
Appel reçu et de nouvelles procédures tirant en longueur s’ouvrent...

Le 4 octobre, ce sera le 10e rassemblement depuis le refus de l’extradition !
L’injustice a assez duré.
Assange devrait être libre.
Assange doit être libéré.

Venez nous rejoindre à Bruxelles devant l’ambassade du Royaume-Uni ou à Namur, place de l’Ange

»» https://www.facebook.com/events/295209285371482/

 

Pierre Verhas

 

 

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 09:10

 

Vaccins : une querelle d’enfants gâtés

 

« La pandémie a aggravé le décalage Sud/Nord. Je vois le Nord s’éloigner, avec une certaine indifférence. Il suffit de se pencher sur l’inégalité en termes de couverture vaccinale des pays du Sud. »

 

Voilà les propos tenus à la séance solennelle de rentrée académique ce 17 septembre à l’Université Libre de Bruxelles par Madame Faouzia Charfi, Docteur d’Etat, professeur de physique à l’Université de Tunis, ancienne secrétaire d’Etat à l’éducation du gouvernement issu de la révolution tunisienne de 2011 et membre de l’Académie des arts, des lettres et de la science de Tunisie.

 

Devant de tels propos que penser de notre querelle européo centrée sur l’opportunité ou non du vaccin immunisant du COVID 19 ?

 

 

 

Ce charmant Monsieur proteste contre le pass sanitaire affublé de l'étoile jaune ! Le confusionnisme en plein !

Ce charmant Monsieur proteste contre le pass sanitaire affublé de l'étoile jaune ! Le confusionnisme en plein !

 

 

 

Depuis plusieurs semaines, un mouvement « antivax » manifeste un peu partout en Europe, de manière parfois violente en usant d’arguments « massues ». Tout y passe : la prétendue nocivité des vaccins administrés, les théories du complot les plus aberrantes, la compromission des gouvernements avec le lobby Big pharma, etc. Ce mouvement monte en puissance et a une influence sur la décision gouvernementale. En effet, nos gouvernements faibles en décision et forts en répression hésitent quant à une politique claire à prendre en matière de vaccination. Ils n’osent pas décréter la vaccination obligatoire et instaurent le « covid safe ticket » ou le « pass sanitaire ». Autrement dit, ils créent une discrimination entre vaccinés et non vaccinés. Résultat : cela ne fait que renforcer le mouvement « antivax » !

 

De plus, même des juristes éminents, des médecins pro-vaccins tirent la sonnette d’alarme au sujet de ce « pass ». Ils craignent que sa généralisation mène à une nouvelle restriction des libertés. Et on peut effectivement se poser des questions sur des méthodes de contrôles pour le moins curieuses. Cependant, encore   fois, les comportements irrationnels l’emportent chez certains jusqu’à l’odieux. Porter l’étoile jaune comme signe de non-vaccination est inadmissible ! C’est une confusion des esprits qui peut mener aux pires excès ! Et le résultat est un renforcement du pouvoir !

 

On peut, si on veut, discuter sur le vaccin et sur son éventuelle nocivité par des effets secondaires indésirables. Le résultat est là : là où une proportion significative de la population est vaccinée, l’épidémie recule sensiblement.

 

Cependant, tout cela n’est-il pas querelle d’enfants gâtés ? On ne se penche guère sur les conséquences sociales de la pandémie. Les deux confinements en Belgique ont mis en évidence les terribles inégalités notamment dans le domaine du logement et de l’accès aux soins de santé. On a pu constater un phénomène passé inaperçu jusqu’alors : la précarité étudiante. Et aussi a-t-on mesuré l’impact des politiques restrictives qui ont duré deux décennies sur le système hospitalier ? Les hôpitaux ont été au bord de la saturation pendant la première vague épidémique. Et ce fut à peine mieux lors de la seconde vague.

 

 

 

Aide alimentaire pour des étudiants précaires. Les joies de notre société ultralibérale...

Aide alimentaire pour des étudiants précaires. Les joies de notre société ultralibérale...

 

 

 

En plus, chanter victoire aujourd’hui est aussi stupide qu’inopportun. Certes, dans la plupart des pays européens, la pandémie a diminué de manière significative, mais on oublie qu’un virus circule au-delà des mers et des frontières. Si dans une partie significative de l’Europe, la vaccination fait ses effets, c’est loin d’être le cas dans les pays du Tiers-monde et notamment dans le Sud méditerranéen comme le rappelle Faouzia Charfi. Or, c’est le simple bon sens qui doit dicter de massives campagnes de vaccination dans ces contrées si on veut réduire la pandémie à défaut de l’éradiquer. Mais là, aucun effort n’est consenti ! Dans l’esprit de ses dirigeants, la petite Europe est sans doute une île isolée dans l’Océan ! Et il ne faut pas oublier Big Pharma qui favorise systématiquement les pays riches dans la distribution des vaccins.

 

Une femme exceptionnelle !

 

Nous venons de l’évoquer dans le billet précédent. La professeure de physique expérimentale à l'Université de Tunis, ancienne secrétaire d'Etat à l'éducation du gouvernement issu de la révolution tunisienne de 2011, Faouzia Charfi est aujourd'hui à Bruxelles où elle a présidé lundi 20 septembre après-midi à l'Académie royale de Belgique le jury de la Fondation Henri Lafontaine qui a accordé son prix biennal à une école libre et laïque au Rwanda.

 

 

 

Madame Faouzia Charfi à l'Académie royale de Belgique pour la remise du prix Henri Lafontaine

Madame Faouzia Charfi à l'Académie royale de Belgique pour la remise du prix Henri Lafontaine

 

 

 

Faouzia Charfi est l'auteure d'un livre extraordinaire intitulé "La science voilée" (Odile Jacob, 2013) où elle raconte comment la science dans le monde arabe qui était très développée au Haut Moyen-âge a décliné à la suite de la domination du dogmatisme islamique. Elle met en parallèle avec le dogmatisme de l'Eglise catholique qui a persécuté Giordano Bruno et Galilée aux XVIe et XVIIe siècles. Elle vient de publier à la même maison d'édition, un ouvrage intitulé « L'Islam et la Science. En finir avec le compromis » qui est diffusé depuis mercredi en France.

 

 

Dans son discours, Faouzia Charfi a insisté sur la primauté de la méthode scientifique sur le dogmatisme qui revient en force sous plusieurs aspects. Méthode scientifique qui est un fondement de la pensée libre. Elle a également traité de la condition des femmes dans le monde arabo musulman surtout après la débâcle de Kaboul mais aussi en Occident, conditions menacées par les mêmes offensives dogmatiques.

 

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 08:40

 

 

 

Le méga-procès destiné à juger les coupables des attentats meurtriers du 13 novembre 2015 à Paris vient de s’ouvrir. La question est posée : à quoi va servir ce véritable show judiciaire et politique sensé durer neuf mois ?

 

En effet, c’est gigantesque : 1 800 parties civiles, 300 avocats, 20 coaccusés et un million de pages de dossier ! Les coaccusés ? Tous des seconds couteaux à commencer par le plus célèbre d’entre eux, Salah Abdeslam, le jeune habitant de Molenbeek, seul survivant des commandos islamistes du 13 novembre.

 

 

 

Les différentes parties attendent de pouvoir rentrer dans la salle d'audience.

Les différentes parties attendent de pouvoir rentrer dans la salle d'audience.

 

 

Voici ce qu’en écrit sur Facebook M. Benichou Hamid, musulman d’origine algérienne, ancien policier à la commune bruxelloise de St-Josse ten Noode et qui lutte depuis longtemps contre l’islamisme.

 

 

 

Benichou Hamid, ancien policier à St-Josse ten Noode dénonce le communautarisme depuis des années.

Benichou Hamid, ancien policier à St-Josse ten Noode dénonce le communautarisme depuis des années.

 

 

 

« Les médias nous saoulent avec du Salah Abdeslam et par l'occasion, ternissent l'image de tous les citoyens de foi ou de culture musulmane.

 

Il n'en demeure pas moins, qu'il reste un délinquant de quartier qui s'est, soi-disant, recyclé en djihadiste pour cette opération dont la cible était de tuer des innocents au nom de d'une vision de l'islam inculquée par des frero-salafistes depuis des décennies à Bruxelles avec la complicité non déclarée de nos responsables locaux, assos et éducateurs de rue

Le costume que certains médias belges et français lui mettent lors de ce procès est trop grand pour ce délinquant des rues Molenbeekoises.

 

Pour moi, Il n'est ni le commanditaire et encore moins l'idéologue de ces attentats mais un simple participant de seconde zone.

 

Aujourd’hui, profitant des caméras, il veut se donner le rôle d'un défenseur assidu du djihadisme assassin et faire croire qu'il est ce qu'il n'a jamais été à savoir un djihadiste.

Il demeure un criminel frustré et incapable de s'insérer dans notre société due à un manque de culture, de formation, d'éducation etc.

 

Il n'est pas le seul hélas à avoir emprunté cette voie sans issue.

 

Quant à sa radicalisation en prison, c'est du n'importe quoi.

 

Nous savons tous que ces délinquants, dès qu'ils mettent les pieds dans un centre pénitencier s'orientent automatiquement vers la religion au lieu de se diriger vers le savoir, les sciences etc.… et deviennent des supra-musulmans, des leaders de bande recyclés en fous de dieu.

Ce parcours est connu de tous les services de police qui combattent ces voyous depuis plus de 30 ans.

 

Rien de nouveau, alors silence et laissons la justice faire son travail. »

 

 

 

L'impressionnant dispositif pour conduire Salah Abdeslam  au Palais de Justice de Paris.

L'impressionnant dispositif pour conduire Salah Abdeslam au Palais de Justice de Paris.

 

 

 

Oui, laissons la Justice faire son travail, mais dans la sérénité. Celle-ci est impossible dans cette atmosphère de show médiatisé avec un coaccusé qui a choisi comme stratégie de systématiquement perturber les audiences. En effet, il n’a plus rien à perdre. Cependant, le président de la Cour d’Assises spéciale trouvera sans doute le moyen de le calmer. On verra.

 

 

Cela dit, ces accusés ne sont pas les véritables terroristes. Ils sont pour la plupart des « pieds nickelés » issus de la délinquance « classique »et ont servi de « supplétifs ». Les vrais sont morts ou se trouvent cachés dans une planque au Moyen Orient. La véritable question à laquelle il faut répondre si on veut que les parties civiles fassent leur deuil : qui sont les commanditaires et quelle est leur stratégie ? Par exemple, pourquoi Paris était-il particulièrement visé ? Un indice : on sait que les attentats de Bruxelles en mars 2016 n’étaient pas programmés. Ils eurent lieu parce que la bande qui se préparait à frapper à nouveau la capitale française était repérée. Même si les attaques à Bruxelles furent meurtrières – plus d’une trentaine de morts – ils étaient improvisés. Ce qui a sans doute « limité » les dégâts. Bruxelles servait de base arrière aux terroristes.

 

 

Alors, à quoi sert ce méga-procès ? Tout va être passé en revue avec les innombrables témoins qui se trouveront à la barre. Même le président de l’époque, François Hollande, apportera sa contribution. Il y aura à la fin de sévères condamnations fermes, d’autres avec sursis, peut-être même des relaxes pour l’un ou l’autre insignifiant sous-fifre. C’est évidemment le rôle d’une Cour de Justice, mais tout cela dans quel but ?

 

 

Le terrorisme, ne l’oublions pas, est avant tout un acte de guerre. Et la guerre est difficile à juger. Surtout lorsque les combattants qui sont tombés dans les mailles du filet de la Justice sont de simples soldats. Un acte de guerre qu’un tribunal a très difficile à analyser parce que ce n’est pas son rôle.

 

 

C’est ainsi que la locution « guerre contre le terrorisme » n’a aucun sens. Le terrorisme est un moyen de mener la guerre, une arme en quelque sorte. On ne mène pas la guerre contre une arme ! Il s’est agi, sous prétexte de terrorisme, d’une guerre impérialiste comme les autres avec comme objectif le contrôle des hydrocarbures au Proche Orient par les Etatsuniens essentiellement.

 

La débâcle de Kaboul marque sans doute la fin de ce type de conflit. Si les dirigeants européens font preuve d’un minimum de courage et de lucidité afin d’enfin tenter de prendre notre destin en main sans dépendre d’une superpuissance qui connaît un déclin manifeste. Et cela marquera sans doute la fin de cette vague de terrorisme.

 

On verra !

 

 

Pierre Verhas

 

 

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 16:48

 

 

 

On brûle des livres ! Où ? Chez les talibans ? Dans le Xing Jiang ? A Médine ? Non, vous n’y êtes pas ! Dans le très « civilisé » Etat d’Ontario au Canada !

 

La purification par la flamme

 

Au sud-ouest de l’Ontario, le Conseil scolaire catholique Providence regroupant 30 écoles a opéré à une véritable purge dans les bibliothèques des établissements. Près de 5 000 livres jeunesse au sujet des Autochtones ont été détruits, déclare Radio-Canada. L’affaire remonte à 2019. Lors d'une « cérémonie de purification par la flamme » dans l'une des écoles du complexe, des titres bannis des rayons ont été brûlés, dans un but éducatif. Les cendres ont ensuite servi d'engrais pour planter un arbre, explique le Conseil scolaire. Une vidéo destinée aux élèves explique la démarche : « Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous peuvent vivre en prospérité et en sécurité ».

 

Au total 155 œuvres différentes ont été retirées (soit 4716 livres), et 193 sont en évaluation actuellement. Tous les livres n'ont pas été brûlés. D'autres cérémonies devaient se tenir dans les autres établissements, mais la pandémie de Covid-19 les a retardées. Parmi les œuvres éliminées figurent des bandes dessinées d'Hergé (« Tintin en Amérique », « Le temple du soleil »), des Lucky Luke, « Astérix et les Indiens », ou encore des romans et des encyclopédies autour des Autochtones.

 

 

 

Obélix ne peut pas être amoureux d'une "Autochtone" sexy. C'est le comble du racisme !

Obélix ne peut pas être amoureux d'une "Autochtone" sexy. C'est le comble du racisme !

 

 

 

C’est donc un autodafé, acte que l’on pensait définitivement révolu depuis la chute du nazisme. Autodafé : terme d’origine portugaise qui émane du latin « actus fidei », acte de foi. On se trouve ainsi dans la pire et criminelle démarche dogmatique !

 

 

 

Les autodafés des nazis à Berlin en 1933. Des manifestations quasiment religieuse. Où est la différence aujourd'hui ?

Les autodafés des nazis à Berlin en 1933. Des manifestations quasiment religieuse. Où est la différence aujourd'hui ?

 

 

 

L’antiracisme a pris un autre visage.

 

Le combat contre le racisme mené depuis la décennie 1960-70 s’inscrit dans la décolonisation en Europe et dans la lutte pour l’égalité aux Etats-Unis. Combien de sacrifices furent consentis pour cette cause ? Combien d’hommes et de femmes furent massacrées ? Et ce ne fut pas en vain. Les lois ont changé, les vrais criminels sont poursuivis et condamnés et surtout les mentalités ont évolué. Une majorité a fini par accepter l’Autre qui, en définitive, est Sien. Tout aurait dû évoluer vers une harmonie.

 

Eh non ! Illusions ! Aujourd’hui, l’antiracisme a pris un autre visage. Celui de l’Inquisition. Il faut éliminer les coupables, détruire ce qu’ils ont créé, effacer leurs abominations de la mémoire. C’est la fameuse pensée woke, c’est la cancel culture. Vient ensuite une discrimination à l’envers : les femmes, les « racisés » se réunissent entre eux excluant le boomer blanc hétérosexuel quinquagénaire.

 

On déboulonne les statues glorifiant les conquérants colonialistes, on censure les écrits non conformes et, aujourd’hui, on est passé à un stade supérieur : on brûle des livres bannis dans un cérémonial « purificateur » digne des pires moments de l’Inquisition des XVIe et XVIIe siècles et du nazisme du XXe siècle.

 

Une petite colère…

 

Et cela ne se limite pas aux livres. Le grand historien professeur à l'Université Libre de Bruxelles, Jean-Philippe Schreiber rapporte dans sa chronique sur le réseau social Facebook, le 19 juin dernier :

 

 

 

L'historien, professeur à l'Université Libre de Bruxelles connu pour sa défense de l'universalisme est lui aussi victime de la pensée woke.

L'historien, professeur à l'Université Libre de Bruxelles connu pour sa défense de l'universalisme est lui aussi victime de la pensée woke.

 

 

 

« J’avais envie, aujourd’hui, de vous faire part d’une petite colère, une colère... disons, post-coloniale... Je m’explique. J’ai toujours considéré, dans mon métier, que les collaborations internationales étaient essentielles pour faire progresser les connaissances, développer l’enseignement et la recherche, favoriser l’ouverture et la curiosité. Voilà pourquoi j’ai des partenariats ~ et surtout de belles amitiés forgées grâce à ceux-ci ~, depuis de longues années, avec des universités de ce que l’on appelle le nord, et d’autres situées dans ce que l’on appelle le sud, au Rwanda, au Congo, en Tunisie ou en Côte d’Ivoire notamment. Il s’agit là de collaborations équilibrées, où chacun des partenaires apporte une plus-value à l’autre, où la circulation se fait dans les deux sens, les enseignants du sud venant enseigner au nord et inversement. Pour renforcer cette collaboration, déjà soutenue pour partie par la Fédération Wallonie-Bruxelles et mon Université, nous avons avec une collègue introduit une demande de financement auprès d’un organisme que je ne nommerai pas, afin de réaliser des capsules vidéo à vocation pédagogique sur le fait religieux, répondant ainsi aux souhaits de nos partenaires du sud, auxquels elles sont pour partie destinées. Une façon de réduire les coûts pour éviter de systématiquement envoyer des enseignants à l’étranger et de s’appuyer sur l’accès de plus en plus développé aux technologies de la communication dans les pays tiers. Quelle ne fut pas notre surprise, ma collègue et moi, de recevoir le motif de la fin de non-recevoir à notre demande de financement : le rapport du ou des évaluateurs anonymes considérait en effet que notre proposition était « malvenue dans une perspective postcoloniale » car « le choix de faire des capsules vidéo européennes pour ‘expliquer’ le fait religieux au monde africain est malvenu et des questions légitimes peuvent être posées sur la pertinence d’un rapport ´à l’ancienne´ » ...

 

Je crois rêver... Non seulement parce que sur un préjugé et une méconnaissance totale du type de relations que nous entretenons avec nos partenaires, le rapporteur anonyme prive nos étudiants du sud d’un outil pédagogique des plus utiles... Mais surtout parce que je n’imaginais pas qu’un jour si proche la « cancel culture » s’insinuerait jusque dans le financement de la recherche, et qu’un simple outil de diffusion des connaissances serait proscrit au motif qu’un rapporteur exalté l’anathémiserait pour déviationnisme post-colonial. Ce monde devient fou, ainsi livré à des ayatollahs de la pensée... »

 

Donc, voilà un organisme officiel qui se réfère à la pensée « postcoloniale » pour empêcher une coopération entre Européens et Africains ! Là aussi, c’est très grave.

 

Le néoracisme

 

Ainsi, ce néoracisme – qualifions-le ainsi – s’installe partout, gangrène nos sociétés et au nom d’une pensée aussi unique que dogmatique interdit tout acte considéré comme non conforme.

 

C'est un combat vital : éliminer cette dangereuse dérive avec force et vigueur. Nous sommes tous et toutes les filles et les fils des Lumières et nous devons donner toute notre énergie pour la protéger et l’épanouir pour le progrès de l’humanité pour que ces fous ne rallument pas les bûchers !

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

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