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  • : Le blog de pierre verhas
  • : Blog consacré à l'actualité dans les domaines de la politique et de l'astronomie, vus au sens large. Ce blog n'est pas neutre : il se positionne à gauche, de philosophie laïque et donnant la primauté à l'expérience sur la spéculation. Ce blog est ouvert au débat, à l'exception des invectives, des attaques personnelles et des insultes qui seront systématiquement rejetées afin de permettre à chacun(e) de débattre en toute liberté et dans la sérénité qui n'exclut en rien la passion.
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 20:24

 

Obama, homme de gauche ?

 

L’ « Obamania » ne cesse de s’étendre, surtout sur les médias européens au fur et à mesure de l’échéance du 4 novembre.

 

La droite lui reproche d’être trop à gauche. Ainsi le député UMP Hervé Mariton qui est un des rares à s’affirmer pour Mc Cain déclare-t-il au « Figaro » du 29 octobre : « Alors quand on me dit «Obamania», j'ai envie de gratter un peu plus loin. Le charisme est une qualité en soi, mais le jeu excessif du charisme devient un défaut. J'observe une très grande ambiguïté dans son positionnement. Obama, c'est un mélange d'incertitudes et de références idéologiques très marquées à gauche. Le pire n'est jamais sûr. McCain, à l'inverse, incarne un républicanisme de bon aloi avec ce qu'il y a d'histoire des idées et en même temps d'adaptation au moment actuel, avec un pragmatisme solide. »

 

A gauche, du moins aux Etats-Unis, on lui reproche d’être trop à droite. Ainsi, le journal de la gauche américaine, « The Nation » publie une sévère critique du programme du sénateur de l’Illinois.

 

« Obama appelle au changement. Pourtant, jamais la lourde main du passé n'a si solidement tenu un candidat "réformateur" par le cou. Est-il possible de faire face aux problèmes de l'Amérique sans parler du budget de l'armement ? Le Pentagone dépense aujourd'hui plus qu'à n'importe quel moment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En "dollars réels", les 635 milliards de dollars [508 milliards d'euros] alloués à l'exercice 2007 sont supérieurs de 5 % au record précédent, en 1952. Or, Obama veut accroître les effectifs des forces armées de 90 000 hommes. Il jure qu'il va pousser à une escalade dans les opérations militaires américaines en Afghanistan, qu'il attaquera le territoire pakistanais si Islamabad empêche toute opération américaine unilatérale visant à tuer Oussama Ben Laden, et qu'il mènera la guerre contre le terrorisme dans une centaine de pays, qu'il créera une nouvelle infrastructure internationale de renseignement et police afin d'éliminer les réseaux terroristes.

Un nouveau départ ? En quoi cela est-il différent de la déclaration de Bush qui, le 20 septembre 2001, s'était engagé à poursuivre une "guerre contre le terrorisme" qui dure encore, contre "tous les groupes terroristes de portée mondiale" et "toute nation qui continue à abriter ou soutenir le terrorisme" ? A gauche, les défenseurs d'Obama se rassurent à l'idée qu'il "fallait qu'il dise ça pour être élu". C'est faux. Après huit ans de Bush, les Américains sont prêts à réévaluer le rôle impérial de leur pays. Obama préfère ignorer cette occasion.

Une éventuelle réduction des troupes en Irak si Obama l'emporte ne sera qu'un bref hoquet dans le tintamarre tonitruant de la nouvelle "détermination" pour le règlement du conflit amenée par la nouvelle administration. La conséquence la plus immédiate à l'étranger d'une victoire du démocrate sera sans doute une brutale réaffirmation de l'empire. Déjà, Joe Biden [le colistier d'Obama], porte-étendard usé de l'intransigeance israélienne et de l'hystérie propre à l'époque de la Guerre froide, pousse des aboiements stridents sur le fait que le "courage" du nouveau gouvernement sera mis à l'épreuve au cours de ses six premiers mois d'existence par les Russes et leurs sbires. Concernant l'Iran, Obama est beaucoup plus va-t-en guerre que McCain.

Après huit ans d'assaut sans relâche contre les libertés constitutionnelles orchestré par Bush et Cheney, l'enthousiasme de l'opinion et de la justice pour la tyrannie s'est dissipé. Mais Obama a préféré appuyer Bush et Cheney. En février, quand il s'efforçait d'adopter un profil de gauche durant les primaires, il s'était opposé aux écoutes sans mandat. Son engagement en faveur de la liberté n'a pas duré bien longtemps. Cinq mois plus tard, il votait pour, et déclarait que "la capacité à surveiller et suivre la trace d'individus qui veulent attaquer les Etats-Unis est un outil vital de la lutte anti terroriste".

Bon ou méchant, tout politicien est un opportuniste ambitieux. Mais sous cette couche superficielle, ceux qui apposent leur marque constructive sur l'histoire restent fidèles à une idée centrale. Dans le cas d'Obama, cette "idée", c'est la distillation ultime de la politique identitaire : l'idée de sa couleur noire. Ceux qui prétendent qu'il cavalcaderait sans effort jusqu'à la Maison-Blanche s'il était blanc ne comprennent pas que sans sa caractéristique physique la plus saillante, il ne serait considéré que comme un sénateur de second rang au parcours peu impressionnant.

La campagne d'Obama a été la négation de presque tous les principes de la gauche, sans même un bêlement de protestation des progressistes qui pourraient lui demander des comptes. Les Michael Moore de ce monde se taisent. Obama a fait allégeance aux banquiers et à Wall Street, aux compagnies pétrolières, à l'industrie du charbon, au lobby du nucléaire, aux grands groupes agroalimentaires. Il n'a pas craint d'offenser la gauche et s'est montré constant dans sa volonté d'apaiser les puissants. »

 

Lorsque nous disions la semaine dernière que Obama serait considéré comme un ultralibéral s’il présentait son programme en Europe. Alors ? Quid des belles envolées lyriques sur le renouveau et le changement ? Comme toujours, nos bobos vont pleurer lorsqu’ils verront enfin (et trop tard, bien sûr…) la réalité en face. A moins que la majorité des électeurs étatsuniens aient décidé de voter pour Mc Cain…

 

Fortis : hou ! La menteuse…

 

Ce n’est pas parce que c’est le cinquantième anniversaire de la NASA qu’il faut découvrir la Lune à tout bout de champs. Rappelons les faits. Chute de 18 % du titre Fortis en mai dernier. Les petits actionnaires demandent en vain la tenue d’une assemblée générale extraordinaire d’autant plus que Fortis sollicite une augmentation de capital de 13,4 milliards d’Euros pour acheter ABN Amro. A ce moment-là, durant le quatrième trimestre 2007, la direction de Fortis était parfaitement au courant des risques encourus dans des placements effectués dans les fameuses subprimes américaines. Pour que l’opération ABN Amro réussisse, il était indispensable de cacher ces risques et leurs conséquences catastrophiques. Afin de calmer les petits actionnaires de plus en plus nerveux, la direction décida d’organiser des réunions d’information où il fut jeté de la poudre aux yeux. On licencia le directeur général Vottron et on le remplaça par le Hollandais Dierckx. En réalité, personne n’était dupe. On cachait quelque-chose, c’était une évidence.

 

Le gouvernement intervient d’urgence pour sauver Fortis de la faillite puis la brade au groupe BNP-Parisbas. Les actionnaires ne savent plus à quels titres se vouer, les épargnants sont paniqués. Les nomenklaturistes de l’establishment se cachent ou font profil bas. C’est la fin peu glorieuse d’une histoire peu glorieuse.

La Belgique de l’establishment vit sur le mensonge et la tromperie. Il est vrai qu’elle a affaire à un « bon peuple » naïf et ne disposant d’aucune culture politique. Des procès à venir ? Rions un peu lorsque l’on sait que l’association d’actionnaires « Deminor » est dirigée par le fils d’un membre « éminent » de la nomenklatura du nom de Nothomb.

 

Le monde du travail va une fois de plus trinquer, mais notre petit doigt nous dit que cette fois-ci, cela ne se fera pas sans heurts.

 

Carrefour : le croisement des conflits sociaux

 

Carrefour ; un consortium de grandes surfaces qui lèse les consommateurs, les paysans, les travailleurs. Cela fait beaucoup de monde. Un patronat d’une dureté sans précédent prêt à user de tous les moyens dont une Justice complice, pour briser les grèves dues à l’inquiétude d’une récession sociale des plus fortes depuis une trentaine d’années.

 

N’y a-t-il pas là un test pour l’ensemble du patronat ? Si la direction de Carrefour gagne dans son bras de fer, c’est un formidable encouragement pour procéder à l’abolition des droits sociaux les plus élémentaires. Déjà, la FEB dit : si on supprime les « parachutes dorés », il n’y a aucune raison de maintenir les préavis de licenciement.

 

On peut se préparer à un tsunami social qui pourrait mener à la violence aveugle. Certains l’auront bien cherché.


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Published by pierre verhas
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