http://latelelibre.fr/index.php/2008/naomi-klein-et-la-crise-financiere-lintegrale-1-2-3/
A écouter de toute urgence. En plus, elle a du charme et de la classe, ce qui ne gâche rien !
http://latelelibre.fr/index.php/2008/naomi-klein-et-la-crise-financiere-lintegrale-1-2-3/
A écouter de toute urgence. En plus, elle a du charme et de la classe, ce qui ne gâche rien !
En juin prochain, le lycée d'aujourd'hui aura vécu.
Poussé par l'Elysée», le ministre Darcos va annoncer officiellement très prochainement trois révolutions jamais vues :
1 - Une réduction importante des horaires en lycée : 27 heures hebdomadaires au lieu de 28 à 35 (Ne dites pas que c'est pour accompagner les suppressions de postes de profs, ça ferait de la peine
à TF1.)
2 - Une formule compliquée d'options (« modules exploratoires » ou d' « accompagnement ») qui aura l'originalité d'être à rythme semestriel, soit deux demi-années scolaires au lieu d'une, et donc
la fin du groupe classe comme facteur de socialisation et de solidarité. C'est selon le propre aveu de Darcos le « lycée à la carte ». Il ne fera pas bon pour un professeur de s'être montré
exigeant et trop peu démagogique au premier semestre, s'il veut retrouver des élèves candidats au module du seconde semestre... Autant faire noter les profs tout de suite par les élèves et les
payer selon les résultats.
3 - Et pour finir, cette nouvelle inouïe. La suppression pure et simple de l'histoire-géographie du « tronc commun » obligatoire en première et en terminale. Certes, ce sera aussi le cas des
maths, mais ceux-ci n'en souffriront pas, restant matière dominante à sélection pour la filière Scientifique, hypocritement rebaptisée « dominante sciences » pour les futurs cadres de la société,
tandis que la filière L deviendra « Humanité et arts ». (Au fait, pourquoi pas d's à « humanités » ? Une faute de frappe du Journal du Dimanche ? Mystère.)
Supprimer l'histoire géographie pour tous et toutes à partir de l'âge de 15 ans constitue une rupture majeure avec tous les siècles précédents d'humanisme scolaire, de l'Ancien régime jusqu'à nos
jours. Cette suppression pourrait permettre un jour à un gouvernement populiste et vichysto-compatible de...
... Célébrer Guy Môquet tout en faisant ignorer pourquoi est-il mort ;
... Réunir les ministres européens à Vichy (en novembre prochain ! Une première ! Une idée d'Hortefeu ! Les ministres européens en charge de... l'Immigration ! ) pour en finir enfin avec
l'antifascisme culturel, avec le tabou vichyste et vichyssois, et faire oublier de quoi cette ville fut la capitale et le symbole ;
... Mieux faire admirer le colonialisme, le paternalisme et le cléricalisme d'antan tout en jetant pudiquement aux oubliettes des siècles de patients combats émancipateurs pour les droits
humains, sociaux, démocratiques, féministes, etc ;
... Épargner aux sarkoboys l'apprentissage de tant de dates funestes et qui portent malheur : 1789, 1830, 1848, 1936, 1944, 1945...
... Esquiver trop de questions gênantes des géographes sur l'habitat humain, le climat, l'écologie, et le remodelage des paysages et de la planète par les flux financiers et mafieux ;
... Flatter les mémoires particulières et communautaristes pour mieux ruiner définitivement la culture historique commune, base de citoyenneté et du Vivre ensemble ;
Bref, il est quand même flatteur de comprendre que Sarkozy veut personnellement prendre soin de nos enfants.
Que, malgré tout, malgré l'intensif bourrage de crânes des médias aux ordres, Sarkozy nous trouve encore trop intelligents et cultivés, encore trop peu obscurantistes, encore trop peu oublieux
des leçons de notre Histoire. Mais heureusement, Darcos est là.
Mais, voilà ! Face à la fronde lycéenne qu’on craint se transformer en contestation à la grecque, Darcos a bien dû faire un pas en arrière. Cependant, personne n’est dupe. Son plan
réapparaîtra au printemps. Souvenirs de 68 ? Attention, les godasses sont prêtes...
Ce sera aussi la fin de l’esprit critique. La culture se limitera à « Plus belle la vie » ou à d’autres feuilletons débiles. La fin de l’esprit critique, cela veut dire la fin de la vraie démocratie, celle de la pression du peuple sur le cours des choses.
La fin d’une présidence en grandes pompes
Voilà donc un journaliste irakien qui gaspille sa paire de chaussures en les lançant à la tête de Georges W Bush ! Le journaliste visait bien, malheureusement « W » esquivait bien aussi. Dommage !
Bah, à défaut d’un coup de pied au postérieur, Bush aura eu un accueil en grandes pompes du peuple irakien représenté par ce journaliste.
Au lieu de le torturer, il aurait eu le bras cassé par les sbires collabos irakiens, c’est un devoir de libérer ce journaliste pour avoir eu le courage d’exprimer tout haut ce que pense l’immense majorité du peuple
irakien et de l’opinion publique mondiale. Ce sont des millions de godasses virtuelles qui ont volé à la tête du sinistre Bush.
La fin d'une autre présidence en grandes pompes
Voilà donc Sarkozy dit Pétain-le-petit qui termine sa présidence de l'Union européenne. Il en est fier le petit ! Qu'a-t-il obtenu ? Pas grand-chose. Il n'a pas
réussi à avoir un accord avec l'Allemagne qui est indispensable si l'on veut que l'Europe sorte de la crise. Les Russes l'ont manipulé dans la crise géorgienne et ont obtenu ce qu'ils voulaient.
Son "G20" a été un cirage de pompes (encore un !) de G.W. Bush. L'Union méditerranéenne, une belle idée pourtant, est mort-née. Mais pour le show, là le nabot de Neuilly est tout
fort.
Enfin, il a réussi le tour de force de se faire applaudir par les conservateurs et les socialistes à Strasbourg. Seul Daniel Cohn Bendit, tout aussi grande gueule que Sarko, y est allé de sa
ritournelle de contestataire sur le retour d'âge. Comme lui a rappelé un député de droite : "Au début, les flics te couraient après, aujourd'hui, c'est toi qui les suit dans les escortes
officielles. Les temps changent."
Mais non, les temps n'ont pas changé. Simplement, même en les cirant, les godasses de ces messieurs ont perdu leur lustre depuis longtemps.
Les godillots de Carolis
C’est à la frimousse de de Carolis, le patron de France-Télévision que l’on aurait dû lancer la godasse d’or pour avoir obéi à Sarkozy en supprimant la pub’ sur les chaînes de France Télévision après 20 heures, alors que la loi n’est pas encore votée à l’Assemblée. Un patron qui accepte de supprimer sans sourciller 30 % des recettes de son entreprise, mérite le coup de godasse de l’âne.
Si de Carolis croit qu’ainsi il maintiendra sa place à la tête de France Télévisions, il se met le doigt dans l’œil jusqu’à ses écrases merde.
La fin des rentiers
Le bras de fer qui oppose le gouvernement aux 2000 « petits » actionnaires de Fortis, signifie la fin du système d’économie de rentier belgicain. En effet, depuis la fin de la guerre, une grande partie de la bourgeoisie vivait (très bien, même) des rentes sous forme d’actions du holding Société générale qui avait son petit matelas en or de l’ex-colonie congolaise et comptait sur l’Etat pour reprendre les canards boiteux comme la sidérurgie. Toutes les bonnes choses ont une fin. Fortis qui représentait la dernière belle rente, s’est écroulée. Nos « élites » seront-elles capables de refaire de l’économie avec ce qu’il reste ? On verra car, là aussi, il y a des godasses qui risquent de se perdre.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste
avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la
Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'onle trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et
la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".
VOUS PENSIEZ A QUI ?
En fait il s'agit d'un texte de Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit " Etonnant, non ?
Et vous vous étonnez que nous L'appelons "Pétain le petit". C'est actualisé, c'est tout.


Florence Hartmann, journaliste au « Monde » et ex porte-parole du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, était une collaboratrice zélée de l’ex-procureur Carla Del Ponte qui a fait les dégâts que l’on sait.
La journaliste française est aujourd'hui assise sur le banc des accusés, devant ce Tribunal
qu'elle a défendu avec tant de vigueur pendant sept ans, jusqu'en 2006. Accusée d'outrage au Tribunal parce qu'elle aurait révélé des informations secrètes, elle risque une forte amende ou une
peine de sept ans de prison, voire les deux. Dans Paix et Châtiment, son livre paru en 2007, elle a dévoilé le contenu de deux décisions confidentielles rendues par des juges d'appel le
20 septembre 2005 et le 6 avril 2006, tout en soulignant justement leur caractère secret. Ces informations auraient porté sur le traitement réservé par le Tribunal à certains documents, dont les
minutes de certaines réunions du Conseil suprême de la défense de Serbie (SDC) pendant les guerres en ex-Yougoslavie dans les années 1990. Ces documents recèleraient des données cruciales quant à
l'implication de Belgrade dans ces conflits.
Si Florence Hartmann n'est pas la première journaliste à être accusée d'outrage au Tribunal par la cour, elle est la première ancienne employée du TPIY à se retrouver dans cette position. En tant
que porte-parole de l'ancien procureur Carla Del Ponte, il est évident qu'elle avait accès aux documents sensibles et confidentiels que détenait la cour. Tout tribunal, y compris celui de La
Haye, doit disposer de moyens pour éviter de telles fuites. Cela est normal si ces moyens sont utilisés à bon escient. Or, devant l'inculpation de Florence Hartmann, on peut se demander ce que le
Tribunal cherche vraiment à protéger dans cette affaire.
Ce livre est mauvais. Il pêche par omission. Il soutient une seule thèse : Milosevic est le seul responsable du conflit et des génocides qui en suivirent. Elle dresse un portrait dithyrambique de Carla Del Ponte. Ce fut une Justice guère sereine, c’est le moins qu’on puisse dire.
Il n’empêche, comme disent souvent les journalistes, Florence Hartmann risque sept ans de
prison au TPIY. On peut se poser deux questions : cette peine n’est-elle pas excessive ? D’autre part, il ne s’agit pas d’un crime de guerre, n’est-ce pas à un tribunal hollandais
ordinaire de juger le comportement de Florence Hartmann.
De plus, les journalistes devraient savoir qu’ils jouent un jeu dangereux en acceptant ce genre de mission de porte-parole d’un pouvoir quelconque. C’est une confusion des genres qui peut porter sérieusement préjudice à la liberté de la presse et à sa crédibilité.
Ce n’est pas une raison pour accepter une injustice notoire.
Voici un très intéressant article de la journaliste et économiste canadienne paru dans « The Nation ». Il montre comment Bush pratique la politique de la terre brûlée à l’égard de son successeur Barak Obama. Il le fait dans un autre domaine en refusant d’aider financièrement le secteur automobile, le principal secteur industriel US, subissant la crise financière de plein fouet.
Nous conseillons nos lecteurs de lire le dernier ouvrage de Naomi Klein : La stratégie du choc, Actes Sud, 2008. Il retrace l’histoire de l’ultralibéralisme depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. C’est un livre édifiant et passionnant à lire. Un vrai roman noir.
Le cadeau de départ du clan Bush : un dernier pillage frénétique des biens publics.
Par Naomi Klein
Le hold-up américain des richesses financées par le public, sans aucune contrepartie : une véritable aubaine pour les grandes entreprises.
Bienvenue au capitalisme sans risques.
Durant les derniers jours de la campagne présidentielle, beaucoup de républicains semblent avoir abandonnés la lutte pour le pouvoir. Mais ne vous y trompez pas : cela ne signifie pas qu’ils se reposent. Si vous voulez voir le véritable travail actif des républicains, vérifiez l’énergie qu’ils utilisent pour distribuer de gros paquets des 700 milliards de dollars qu’ils jettent par la fenêtre. Lors d’une récente audition d’un comité sénatorial bancaire, le républicain Bob Corker s’est vu assigné cette tâche, et avec une date butoir très claire en vue : l’investiture. "Combien pensez-vous qu’il soit possible environ de dépenser actuellement avant le 20 janvier ?" demandait Corker à Neel Kashkari, le banquier âgé de 35 ans qui était avant lui en charge du butin.
Quand les colonialistes européens ont réalisé qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de redonner le pouvoir aux citoyens indigènes, ils ont souvent concentré toute leur attention à dérober les trésors locaux de l’or et de tout le bétail qui avait de la valeur. S’ils étaient vraiment cruels, comme les portugais au Mozambique dans la moitié des années 1970, ils allaient jusqu’à verser du béton dans les ascenseurs des puits des mines.
Rien d’aussi barbare en ce qui concerne le clan Bush. Plutôt que d’utiliser le pillage ouvert, ils préfèrent les outils bureaucratiques, comme les actions "des actifs précaires" et le "programme d’achats de capitaux". Mais ne vous méprenez pas : le but est bien le même que celui utilisé par les portugais vaincus - un dernier pillage frénétique des richesses publiques avant qu’ils ne rendent les clés du coffre fort.
Comment autrement expliquer les décisions étranges qui ont dominé lors des discours sur l’argent du renflouement ?
Quand l’administration Bush a annoncé qu’elle voulait investir 250 milliards de dollars dans les banques américaines en échange de crédits, le plan était alors largement mentionné comme une
"nationalisation partielle" - une mesure radicale indispensable pour que les banques puissent encore donner des emprunts. Henry Paulson, le Ministre de l’Economie et des Finances, a eu
une idée de génie, nous a-t-on dit, et suivait l’exemple de Gordon Brown. En fait, il n’y a jamais eu aucune nationalisation, partielle ou autre. Les contribuables américains n’ont gagné aucun
contrôle significatif sur les banques, et c’est pourquoi les banques sont libres de dépenser ce nouvel argent comme bon leur semble.
Chez Morgan Stanley, il semblerait que la plus grande partie du butin servira à payer les primes annuelles. Citigroup a
fait comprendre qu’ils utiliseraient leur 25 milliards pour acheter d’autres banques, alors que John Thain, le directeur général de Merrill Lynch, disait aux analystes financiers : "au
moins pour le prochain trimestre, cela va juste nous servir de coussin".
Pendant ce temps, le gouvernement américain, est réduit à supplier les banques pour qu’elles utilisent au moins une partie du butin des contribuables pour des prêts - officiellement, la raison de
tout le programme.
Quel est alors le véritable objectif du renflouement ? Mes craintes sont que cet empressement de transactions est quelque chose de bien plus ambitieux qu’un cadeau unique aux grandes entreprises : mais que la version de Bush d’une "nationalisation partielle" est une manipulation pour transformer le trésor américain en un distributeur de billets géant et sans fond pour les banques dans les années à venir.
Souvenez-vous que la préoccupation principale parmi les acteurs des grands marchés, en particulier des banques, ce n’est
pas le manque de crédits mais le prix des crédits "toxiques".
Les investisseurs ont perdu toute confiance dans l’honnêteté des grands acteurs financiers, et avec de bonnes raisons. C’est là que le renflouement du trésor
public paie un maximum. En achetant des intérêts dans ces institutions financières, le trésor public envoie un signal au marché en disant que c’est un pari sûr.
Pourquoi sûr ? Non pas parce que leur niveau de risque a été finalement évalué avec précision. Ni parce qu’ils
auraient renoncés aux sortes d’outils exotiques et aux taux variables à outrance qui ont créé la crise. Mais parce que le marché va maintenant être assuré que le gouvernement américain ne
laissera pas ces entreprises particulières faire faillite. Si ces entreprises se mettent en difficultés, les investisseurs vont dorénavant assumer que le gouvernement continuera à trouver
toujours plus d’argent pour les renflouer, puisque leur permettre de faire faillite signifierait perdre totalement l’investissement du capital initial, et pour beaucoup d’entre elles, cela
se chiffrera en billions. (Il suffit d’observer le géant des assurances AIG, qui s’est déjà retourné vers les contribuables pour une rallonge, et qui semble apparemment prêt à en demander une
troisième fois.) Ce fait de relier les intérêts publics aux entreprises privées est le véritable objectif du plan de renflouement : Paulson choisit
toutes les entreprises qui sont admises à ce programme - un nombre d’environ plusieurs milliers - une garantie implicite du Ministère de l’Economie et des Finances.
Pour les investisseurs capricieux et frileux qui cherchent des placements sûrs pour conserver leur argent, ces
transactions de capitaux seront encore plus sécurisants qu’un triple A de l’agence d’évaluation Moody.
Une telle assurance est inestimable. Mais pour les banques, la meilleur partie du cadeau c’est que le gouvernement les paie pour qu’elles acceptent sa certification. Pour les contribuables, de l’ autre côté, la totalité du plan est extrêmement risquée, et pourrait vraisemblablement leur coûter bien plus que l’idée originale de Paulson d’acheter pour 700 milliards de dollars de dettes toxiques. Dorénavant les contribuables ne sont pas seulement dépendants pour les dettes, mais probablement, aussi pour le destin de chaque entreprise qui leur vend ces crédits.
Il est intéressant de voir que les géants des fonds hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, ont tous les deux bénéficié de ce genre de garantie tacite avant qu’ils ne soient "nationalisés" au début de cette crise. Durant des décennies, le marché avait compris que, puisque ces acteurs privés étaient impliqués avec le gouvernement, on pouvait faire confiance à l’Oncle Sam pour sauver la mise. C’était, comme beaucoup l’ont dénoncé, le pire de tous les maux de la terre. Non seulement les profits sont privatisés alors que les risques sont socialisés, mais le soutien implicite du gouvernement créait ainsi une incitation des systèmes de primes puissantes pour des pratiques d’affaires dangereuses.
Avec le nouveau programme de rachat des emprunts, Paulson a utilisé le modèle discrédité de Fannie et Freddie et l’a appliqué à une majeur partie du système industriel privé bancaire. De nouveau, il n’y a aucune raison de s’écarter des paris dangereux, particulièrement depuis que le Ministère de l’économie et des finances n’a posé aucune exigence aux banques (apparemment, ils ne veulent pas d’un "contrôle minimum") Pour stimuler plus encore la confiance du marché, le gouvernement fédéral a également annoncé des garanties publiques illimitées pour beaucoup de comptes bancaires de dépôts. Oh, et comme si ce n’était pas suffisant, le Ministère de l’économie et des finances a encouragé les banques à se regrouper, certifiant que les seules entreprises qui resteront seront "trop grandes pour faire faillite", et garantit ainsi leur renflouement.
De trois façons différentes, le marché est informé haut et fort que Washington ne permettra pas que les institutions
financières subissent les conséquences de leurs comportements. Il est possible que cela soit l’innovation de Bush la plus créatrice : un capitalisme sans risques.
Il y a une étincelle d’espoir. En réponse à la question du sénateur Corker, le Ministère de l’économie et des finances a en effet des difficultés à distribuer les fonds du renflouement. Jusqu’à présent environ 350 milliards de dollars ont été demandés sur les 700, mais la plus grande partie n’est pas encore sortie des caisses de l’état. Cependant, il devient de plus en plus clair chaque jour que le renflouement a été "vendu" à la population sous de faux prétextes. Clairement, cela n’a jamais vraiment concerné la fluidité des emprunts. C’était depuis toujours pour mettre en place ce qui est fait : transformer l’état en une agence d’assurance géante pour Wall Street, un filet de sécurité pour les personnes qui en ont le moins besoins, subventionnés par les populations qui auraient le plus besoins de la protection de l’état dans la tornade économique qui arrive.
Cette duplicité est une opportunité politique. Qui gagnera les élections le 4 novembre aura une autorité morale énorme. Elle devrait être utilisée pour exiger un moratoire et l’arrêt de la distribution des fonds, non pas après l’investiture, mais dès le départ. Tous les contrats devraient être renégociés, cette fois l’obtention de garanties du public.
Il est risqué bien sûr d’interrompre le processus du renflouement. Rien ne pourrait être plus dangereux, cependant, que d’autoriser le clan Bush à faire ce cadeau d’adieu aux grandes entreprises - le cadeau qui va continuer à vider les caisses publiques.
• A version of this column first appeared in The Nation (www.thenation.com)
Traduit par Anik le 8 novembre 2008.
par Olivier Favier
Un rapide balayage de la presse francophone suffirait à nous l’apprendre. La situation politique italienne est devenue plus qu’inquiétante -elle l’est déjà depuis plusieurs années. Les mouvements sociaux de ces dernières semaines, qui ont vu défiler plusieurs centaines de milliers de personnes, disent pourtant combien la résistance est potentiellement forte, dans un pays où les agressions et les crimes racistes se sont multipliés depuis septembre , où les déclarations officielles se suivent pour réhabiliter le fascisme . Pour autant, devant une gauche désorganisée ou qui a renoncé à dire son nom , face à un monde syndical très largement impuissant, la péninsule se retrouve une fois de plus confrontée au risque de rebellions autonomes, fragiles et manipulables, promptes à faire le jeu d’un pouvoir qui sait jouer sur les peurs. Dans un tel contexte, qui pourrait bien servir de modèle à la France -dont les évolutions récentes ressemblent sous de nombreux aspects aux premières années du berlusconisme, avec l’efficacité accrue d’une recette éprouvée-, la solidarité internationale a son rôle à jouer. Elle est, parmi d’autres, un rempart nécessaire contre une fascisation du régime qu’on peut désormais évoquer comme une menace réelle. En octobre dernier, le juge di Pietro a ainsi déclaré : "Quand la dictature est à nos portes, on doit résister immédiatement, pas quand il est trop tard."
Le 23 octobre dernier, Francesco Cossiga, figure historique de la démocratie chrétienne, ex-président de la république italienne, sénateur à vie, a tenu sur trois journaux des propos qui sur plusieurs points contreviennent aux lois d’un pays démocratique. Devant les manifestations de masse des étudiants, il a appelé à renouer avec la stratégie de la tension, dont les méthodes sont enfin reconnues par ceux qui les ont mises en œuvre : “Laisser faire (les étudiants). Retirer les forces de police des rues et des universités, infiltrer le mouvement avec des agents provocateurs prêts à tout, et laisser pendant une dizaine de jours les manifestants dévaster les magasins, brûler les voitures et mettre la ville à feu et à sang. (...) Ensuite, assuré du consensus populaire, le bruit des sirènes des ambulances devra dominer celui des voitures de police et des carabiniers. (...) Dans le sens où les forces de l’ordre devront massacrer les manifestants sans pitié et les envoyer tous à l’hôpital. Ne pas les arrêter, parce que de toute façon les magistrats les remettraient aussitôt en liberté, mais les frapper, et frapper aussi ces professeurs qui les agitent.”
Plusieurs plaintes ont été déposées contre lui. Nous les soutenons toutes, mais nous avons décidé de nous associer à la première d’entre elles, rédigée à Rome par un simple citoyen italien, monsieur Piero Leone. Une pétition a été lancée qu’on pourra retrouver en page d’accueil du site : www.dormirajamais.org. La pétition peut être aussi relayée directement avec le lien suivant : http://www.easy-petition.com/cossiga/
Olivier Favier
(1) Le 14 septembre, un jeune d’origine burkinabée est tué à coups de barres de fer par les gérants d’un snack-bar milanais. « Sale nègre », entendent les témoins. Le 18 septembre, à Castel Volturno, dans les environs de Naples, sept personnes, dont six Africains, sont massacrés par les tueurs de la Camorra. Le 29 à Parme, un autre jeune d’origine ghanéenne ressort du commissariat avec un œil poché et une jambe en compote. Faute d’avoir compris son nom de famille, les policiers ont écrit sur ses papiers : « Emanuele Negro ». Le 2 octobre à Rome, un homme d’origine chinoise est roué de coups par cinq adolescents devant un arrêt de bus. Que dire enfin des mesures de ségrégation prises à l’encontre des Roms en juillet dernier, qui ont rappelé à certains les lois raciales de 1938 ?
(2) Exemple parmi tant d’autres, le ministre de la défense Ignazio La Russa a déclaré, lors des cérémonies commémoratives du 8 septembre dernier : « Ce serait ne pas écouter la voix de ma conscience que de ne pas commémorer les soldats de la république sociale de Salò qui, de leur point de vue, se sont battus pour les valeurs de la patrie et ont résisté à l’avancée des troupes anglo-américaines en Italie. Ils méritent aussi le respect de tous ceux qui considèrent l’histoire de l’Italie avec objectivité. »
(3) Walter Veltroni, rival malheureux de Silvio Berlusconi aux dernières élections, a affirmé sur El pais le 1er mars dernier : « Nous sommes réformistes et non de gauche ». Ce qui n’a pas empêché le nouveau président du conseil de le décrire quelques mois plus tard comme un « nouveau Staline ».
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